Mesure de la réflexion sociomorale – Version courte (SRM-SF)

La Mesure de la réflexion sociomorale – Version courte (SRM-SF), conçue par John C. Gibbs, Karen S. Basinger et Dick Fuller (1992), est un instrument psychométrique d’évaluation du développement et du raisonnement moral à travers 11 items structurés.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

La Mesure de la réflexion sociomorale – Version courte (Sociomoral Reflection Measure – Short Form, ou SRM-SF), développée par John C. Gibbs, Karen S. Basinger et Dick Fuller en 1992, constitue un instrument psychométrique d’évaluation structurée du développement du raisonnement moral. Conçu comme une alternative méthodologique rigoureuse mais allégée à l’entretien de jugement moral de Kohlberg (Moral Judgment Interview, MJI), le SRM-SF permet d’appréhender les structures de pensée sociomorale sans imposer les contraintes d’administration et de cotation particulièrement lourdes des dilemmes hypothétiques classiques.

L’instrument se compose de 11 items ouverts sollicitant une évaluation d’importance (« Très important », « Important », « Pas important ») suivie d’une justification écrite ou orale détaillée. Ces items couvrent des valeurs morales fondamentales regroupées au sein du modèle socio-développemental de Gibbs : le respect des promesses et des contrats moraux (envers des pairs, des inconnus et des enfants), la vérité, l’entraide familiale et prosociale, la préservation de la vie (vie d’un ami, d’un étranger et valeur intrinsèque de la vie), les droits de propriété, ainsi que l’autorité légale et la justice rétributive.

D’un point de vue psychométrique, le SRM-SF présente une remarquable cohérence interne (coefficients alpha de Cronbach généralement compris entre 0,85 et 0,92) et une stabilité temporelle attestée par des corrélations test-retest de l’ordre de r = 0,88. La fidélité inter-juges atteint régulièrement des corrélations intraclasses supérieures à 0,90 après formation standardisée des cotateurs. Les analyses de validation convergente démontrent une corrélation élevée avec le MJI de Kohlberg (r variant de 0,80 à 0,85) et avec le Defining Issues Test (DIT) de Rest. Utilisable dès l’école élémentaire (dès l’âge de 9-10 ans) jusqu’à l’âge adulte, auprès de populations ordinaires comme de populations délinquantes ou cliniques, le SRM-SF s’est imposé comme une référence internationale en psychologie du développement, en criminologie et en psychologie de l’éducation.

2. Mots-clés / Keywords

Développement moral, raisonnement sociomoral, SRM-SF, John Gibbs, Lawrence Kohlberg, jugement moral, psychométrie, évaluation cognitive-développementale, délinquance juvénile, comportement prosocial, justice distributive, éthique.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu et validé par :

  • John C. Gibbs, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie du développement au Département de psychologie de l’Université d’État de l’Ohio (The Ohio State University, Columbus, Ohio, États-Unis). Spécialiste mondialement reconnu du développement moral, des interventions socio-cognitives (notamment le programme EQUIP) et de la délinquance juvénile. Courriel institutionnel de contact : [email protected].
  • Karen S. Basinger, Ph.D. : Chercheuse en psychologie du développement et collaboratrice de recherche à The Ohio State University, co-auteure du manuel de référence sur la maturité morale.
  • Dick Fuller, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur en psychologie cognitive et sociale, co-développeur des critères opérationnels de cotation des justifications sociomorales.

4. Objectif / Purpose

Le Sociomoral Reflection Measure – Short Form (SRM-SF) a été élaboré pour surmonter les limites pratiques et méthodologiques substantielles inhérentes aux méthodes traditionnelles d’évaluation du jugement moral. Historiquement, le paradigme structuraliste initié par Jean Piaget (1932) et perfectionné par Lawrence Kohlberg (1969, 1984) reposait sur l’administration de dilemmes moraux complexes (comme le célèbre dilemme de Heinz) au moyen du Moral Judgment Interview (MJI). Bien que cliniquement riche, le MJI nécessite entre 45 et 90 minutes d’entretien semi-directif individuel, une transcription intégrale fastidieuse et des dizaines d’heures de cotation hautement spécialisée par des experts formés, ce qui le rendait quasi inutilisable dans les recherches à grande échelle, les milieux scolaires ou les expertises médico-légales.

Face à ces contraintes, James Rest (1979) a développé le Defining Issues Test (DIT), un questionnaire à choix multiples évaluant la reconnaissance de principes moraux. Cependant, Gibbs et ses collègues ont souligné qu’un test de reconnaissance passive (DIT) ne mesure pas la même compétence cognitive qu’une tâche de production spontanée de justifications (MJI). Le SRM-SF a donc été expressément conçu pour préserver la nature de production spontanée du raisonnement moral tout en éliminant le format des dilemmes narratifs longs au profit d’un format de questionnaire auto-administré semi-structuré, administrable par écrit en groupe ou lors d’entretiens individuels en 20 à 35 minutes.

Les objectifs spécifiques du SRM-SF sont multiples :

  • Mesurer le niveau structurel de maturité morale : Déterminer le stade sociomoral atteint par l’individu (des stades immatures unilatéraux aux stades matures mutuels et systémiques) à travers le calcul d’un score moyen global de réflexion sociomorale (Sociomoral Reflection Maturity Score, SRMS).
  • Applications en recherche clinique et criminologique : Identifier les retards de développement moral et les distorsions cognitives chez les adolescents présentant des troubles des conduites, des comportements antisociaux ou des actes délinquants. L’échelle sert de diagnostic initial et de mesure d’efficacité thérapeutique pour des programmes de remédiation socio-morale tels que le modèle EQUIP (Gibbs, Potter, & Goldstein, 1995).
  • Applications éducatives et scolaires : Évaluer les progrès sociocognitifs d’élèves de l’école primaire et du secondaire à la suite de programmes d’éducation civique, d’apprentissage coopératif ou de médiation par les pairs.
  • Recherche transculturelle et développementale : Analyser l’universalité des stades de décentration socio-cognitive et de réciprocité à travers différentes cultures, langues et contextes socio-économiques.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par le SRM-SF est la réflexion sociomorale (sociomoral reflection), définie comme la structure cognitive sous-jacente par laquelle un individu conceptualise, justifie et coordonne ses perspectives sociales et morales quant à ce qui est juste, obligatoire ou équitable. Loin d’évaluer la simple adhésion à des normes culturelles conventionnelles ou le degré de conformité superficielle, l’instrument capture la logique interne et la complexité structurelle du raisonnement moral.

Le modèle de Gibbs conceptualise le développement moral le long de deux grands niveaux, subdivisés en quatre stades fondamentaux (avec des stades de transition intermédiaires) :

Niveau standard ou immature (Immaturité sociomorale)

  • Stade 1 : Réciprocité unilatérale et physique (Obéissance physique / Pouvoir) : L’obligation morale est subordonnée à la force physique, à l’autorité concrète ou à l’évitement unilatéral de la punition. La règle est absolue mais comprise de façon purement externe et littérale. Par exemple, à l’item 9 sur le vol, une justification de Stade 1 affirmera : « Il ne faut pas voler parce que le policier va vous attraper et vous mettre en prison » ou « parce que le propriétaire est plus fort ».
  • Stade 2 : Échange pragmatique et instrumental (Réciprocité concrète / Marchandage) : La morale est comprise comme un échange mécanique « donnant-donnant » (quid pro quo). L’individu reconnaît des intérêts divergents mais les coordonne de manière utilitaire et immédiate. Par exemple, à l’item 1 sur la promesse : « Il faut tenir ses promesses envers ses amis pour qu’ils tiennent leurs promesses envers vous la prochaine fois que vous aurez besoin d’eux ».

Niveau mature (Maturité sociomorale)

  • Stade 3 : Réciprocité mutuelle et prosociale (Attentes interpersonnelles et relationnelles) : Le raisonnement intègre la perspective d’autrui par l’empathie, la sympathie et le maintien de relations interpersonnelles de confiance et d’affection mutuelle. La règle d’or (« Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ») est intériorisée sur le plan psychologique. À l’item 4 sur la vérité : « Dire la vérité est indispensable pour qu’une relation repose sur la confiance ; si vous mentez, vous brisez le lien affectif et l’autre personne sera blessée ».
  • Stade 4 : Systèmes sociaux et valeurs universelles (Coordination sociale et conscience morale) : La justice et les devoirs moraux sont compris en référence aux nécessités d’organisation d’une société juste, aux droits humains fondamentaux et à l’intégrité de la conscience morale personnelle. À l’item 10 sur la loi : « Les lois sont nécessaires pour maintenir l’ordre social et protéger les droits de tous les citoyens ; sans lois coordonnées, la société s’effondrerait dans le chaos et la loi du plus fort ».

Les 11 items opérationnalisent ces structures cognitives à travers sept grandes dimensions ou domaines de valeurs morales :

  1. Respect des contrats et des promesses (Items 1, 2 et 3) : Analyse de l’obligation morale de tenir un engagement verbal selon le statut d’interlocuteur (ami intime, inconnu ou enfant/relation asymétrique parent-enfant).
  2. Vérité et honnêteté (Item 4) : Compréhension de la véracité et des conséquences structurelles du mensonge sur les relations humaines.
  3. Solidarité et entraide familiale (Item 5) : Évaluation des devoirs filiaux et de la réciprocité générationnelle.
  4. Préservation de la vie humaine (Items 6, 7 et 8) : Évaluation de l’impératif de sauver la vie d’un pair, d’un étranger inconnu, et reconnaissance de la valeur intrinsèque de la vie humaine face à la souffrance ou au renoncement individuel.
  5. Droits de propriété (Item 9) : Légitimité et fondements de l’interdiction du vol et du respect de la possession d’autrui.
  6. Ordre juridique et autorité sociétale (Item 10) : Justification de l’obéissance aux lois au sein du corps social.
  7. Justice rétributive et institutionnelle (Item 11) : Finalités et principes du châtiment judiciaire et de l’incarcération.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le SRM-SF s’ancre directement dans l’approche cognitive-développementale de la morale, issue des travaux pionniers de Jean Piaget (Le Jugement moral chez l’enfant, 1932) et développée par Lawrence Kohlberg (1969, 1984). Selon ce courant, l’apprentissage moral n’est ni une simple internalisation passive de normes culturelles via le conditionnement social (béhaviorisme), ni le résultat de pulsions inconscientes réprimées (psychanalyse), mais un processus actif d’auto-construction de structures logiques au fil des interactions sociales.

Toutefois, John Gibbs (1979, 1992, 2014) a apporté une révision théorique majeure au modèle classique de Kohlberg. Alors que Kohlberg postulait l’existence de six stades invariables menant à des principes éthiques post-conventionnels universels (Stades 5 et 6), Gibbs a démontré que les Stades 5 et 6 relèvent davantage de méta-théories philosophiques et existentielles propres à une élite académique que d’un développement moral universellement observable. Gibbs a ainsi distingué deux composantes majeures :

  • Le développement standard universel (Stades 1 à 4) : Une trajectoire cognitive-développementale universelle, invariante et transculturelle, structurée par la décentration cognitive et la prise de perspective d’autrui (role-taking). Ce niveau standard s’étend de la petite enfance à la maturité adulte commune et constitue l’objet exclusif de mesure du SRM-SF.
  • La réflexion existentielle ou post-standard : Un développement philosophique optionnel, non universel, caractérisé par des réflexions métaphysiques sur le cosmos, la justice abstraite et l’éthique réflexive, qui n’est pas requis pour une vie morale mature au sein de la société.

Dans le modèle de Gibbs, le passage d’un stade à l’autre repose sur la réciprocité :

Au Stade 1, la réciprocité est quasi inexistante ou unilatérale (l’autorité décide). Au Stade 2, elle devient concrète et instrumentale (un échange d’actions directes). Au Stade 3, elle s’intériorise sous forme de réciprocité idéale et affective (la règle d’or psychologique, où l’on se met intuitivement à la place de l’autre). Au Stade 4, elle s’élargit à une réciprocité généralisée et sociétale (le respect des lois et des institutions comme garantie mutuelle des droits et devoirs de chaque individu).

Cette armature théorique confère au SRM-SF une grande robustesse : les réponses ne sont pas jugées sur le plan de leur contenu idéologique ou politique, mais uniquement sur la forme structurelle de la coordination sociocognitive exprimée dans la justification.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du SRM-SF a été rigoureusement démontrée à travers un vaste ensemble de recherches empiriques conduites par Gibbs et ses collaborateurs (1992), ainsi que par de nombreuses équipes de recherche internationales indépendantes.

Validité de construit et validité développementale

Conformément aux postulats structuralistes de Piaget et Kohlberg, un instrument de développement cognitif doit démontrer que les scores progressent de façon monotone et significative avec l’âge au cours de l’enfance et de l’adolescence, avant de se stabiliser à l’âge adulte. Les données normatives de Gibbs, Basinger et Fuller (1992) auprès d’échantillons allant du CM1 (4e année) à l’université mettent en évidence une progression linéaire hautement significative des scores de maturité sociomorale (SRMS) en fonction de l’âge et du niveau scolaire (F > 120,00, p < 0,001), avec une taille d’effet majeure (eta-carré > 0,55).

Validité convergente et concurrente

La validité convergente du SRM-SF avec l’étalon-or historique, le Moral Judgment Interview (MJI) de Kohlberg, est exceptionnellement élevée. Dans l’étude de validation princeps (Gibbs et al., 1992), la corrélation de Pearson entre le score global de maturité du SRM-SF et le score standard de maturité morale du MJI s’établit à r = 0,85 (p < 0,0001). Lorsqu’il est comparé au Defining Issues Test (DIT) de Rest (score P), le SRM-SF montre des corrélations modérées à fortes (comprises entre r = 0,50 et r = 0,68), ce qui est théoriquement attendu dans la mesure où le DIT évalue la reconnaissance de dilemmes tandis que le SRM-SF exige la production spontanée de raisonnements.

Validité discriminante et différentielle

L’instrument discrimine avec une grande précision les populations d’adolescents tout-venant et les adolescents délinquants ou présentant un trouble des conduites. De nombreuses études (par exemple, Gavaghan, Arnold, & Gibbs, 1983 ; Gregg, Gibbs, & Basinger, 1994 ; van Vugt et al., 2011) démontrent que les jeunes délinquants présentent un retard structurel massif de développement moral, plafonnant massivement aux stades 1 et 2 (égocentriques et pragmatiques), tandis que leurs pairs non délinquants appariés selon l’âge et le statut socio-économique raisonnent de manière prédominante au stade 3 (réciprocité mutuelle). La corrélation avec l’intelligence verbale (QI) est modérée (environ r = 0,35 à 0,45), démontrant que le SRM-SF ne se réduit pas à une simple mesure de compétence linguistique ou d’intelligence générale.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité du SRM-SF ont été documentées sur des échantillons diversifiés d’enfants, d’adolescents et d’adultes :

Cohérence interne

La cohérence interne du SRM-SF, évaluée par l’alpha de Cronbach sur l’ensemble des 11 items justifiés, se situe systématiquement entre 0,85 et 0,92 selon les études (Gibbs et al., 1992 ; Ferguson, 1996 ; Langdon et al., 2010). Ces valeurs démontrent que les sept domaines moraux évalués convergent vers un construit unifié de maturité sociomorale sans redondance excessive.

Stabilité test-retest

La fidélité temporelle a été mesurée à des intervalles variant de deux à six semaines auprès de groupes d’adolescents et d’étudiants n’ayant reçu aucune intervention socio-morale. Les coefficients de corrélation test-retest oscillent entre r = 0,86 et r = 0,90, confirmant que le score SRMS mesure des structures sociocognitives stables et non des fluctuations émotionnelles passagères ou des états d’humeur.

Fidélité inter-juges et intra-juge

La cotation du SRM-SF reposant sur l’analyse de justifications qualitatives à l’aide d’un manuel de critères rigoureux, la fidélité inter-cotateurs constitue un indicateur critique. Les travaux de Gibbs, Basinger et Fuller (1992) font état d’un coefficient de corrélation intraclasse (CCI) ou d’un coefficient de Pearson entre deux évaluateurs indépendants compris entre r = 0,90 et r = 0,95 pour le score SRMS continu. L’accord parfait sur le stade modal assigné dépasse régulièrement 80 %, et l’accord à un demi-stade près (ex. accord entre Stade 2 et Stade 2/3) atteint 98 % à 100 %.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle du SRM-SF a fait l’objet d’analyses exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) pour tester l’unidimensionnalité du construit de maturité sociomorale sous-jacent aux 11 items.

Unidimensionnalité du construit de raisonnement moral

Les analyses factorielles exploratoires conduites par Gibbs et ses collaborateurs (1992) sur la matrice inter-items des scores de stades ont invariablement extrait un facteur général prédominant expliquant entre 48 % et 58 % de la variance totale. Les saturations factorielles de l’ensemble des 11 items sur ce premier facteur non tourné sont toutes hautement satisfaisantes, s’échelonnant généralement entre 0,62 et 0,82.

Les items relatifs à la préservation de la vie (Items 6, 7 et 8), à la promesse (Items 1 et 2) et à l’honnêteté (Item 4) affichent systématiquement les saturations les plus fortes (> 0,70), illustrant leur rôle central de piliers dans la décentration sociomorale. Les items portant sur la loi et la justice rétributive (Items 10 et 11) saturent également de manière substantielle sur cette dimension générale (entre 0,60 et 0,72).

Modélisation en équations structurelles et analyses confirmatoires

Des analyses factorielles confirmatoires menées dans des adaptations internationales (notamment en versions néerlandaise, italienne et française ; e.g., Brugman et al., 2003) ont comparé un modèle unifactoriel à des modèles multifactoriels scindant les items en « morale interpersonnelle » (promesse, vérité, affiliation) et « morale institutionnelle/légale » (propriété, loi, justice). Les résultats indiquent que bien qu’un modèle à deux facteurs corrélés offre parfois un ajustement marginalement acceptable, la corrélation latente entre les deux dimensions est extrêmement forte (généralement r > 0,80), justifiant pleinement l’utilisation d’un modèle hiérarchique ou unifactoriel de second ordre dominé par la Maturité Réflexive Sociomorale globale (indices d’ajustement typiques : CFI > 0,94, TLI > 0,92, RMSEA < 0,06).

10. Instrument de mesure / Instrument

Le SRM-SF est un instrument psychométrique semi-ouvert qui se caractérise par la structure suivante :

  • Type de test : Questionnaire de production de justifications socio-cognitives (évaluation du jugement et du raisonnement moral).
  • Format d’administration : Questionnaire papier-crayon auto-administré ou entretien individuel dirigé (notamment recommandé pour les jeunes enfants de moins de 10 ans ou les personnes présentant des difficultés de lecture/écriture).
  • Nombre d’items : 11 items structurés. Chaque item comporte deux volets : une évaluation d’importance fermée suivie d’une invite ouverte à expliciter les motifs de ce jugement.
  • Échelle de réponse (partie fermée) : Échelle ordinale à trois modalités : Very important (Très important), Important (Important), Not important (Pas important).
  • Partie ouverte (cœur psychométrique) : Rédaction ou verbalisation libre en réponse à la question relance : « Why is that very important/important/not important (whichever one you circled)? ».
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Chaque justification écrite est appariée aux critères du manuel de cotation de Gibbs, Basinger et Fuller (1992), qui répertorie des centaines de justifications types classées par stades (Stades 1, 2, 3, 4) et transitions (1/2, 2/3, 3/4).
    • Pour chaque item cotable, une note de stade est attribuée (ex. Stade 1 = 1,00 ; Stade 1/2 = 1,50 ; Stade 2 = 2,00 ; Stade 2/3 = 2,50 ; Stade 3 = 3,00 ; Stade 3/4 = 3,50 ; Stade 4 = 4,00).
    • Pour qu’un protocole soit jugé valide et interprétable, un minimum de 7 items cotables sur 11 est formellement requis.
    • Le score global de maturité sociomorale (SRMS, Sociomoral Reflection Maturity Score) est obtenu en calculant la moyenne arithmétique des notes de stade attribuées à l’ensemble des items cotables. Ce score continu varie de 1,00 à 4,00.
    • Un stade global qualitatif (stade modal pur ou de transition) est ensuite déterminé à partir de l’intervalle dans lequel s’inscrit le SRMS global.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Le SRM-SF a été publié en 1992 dans l’ouvrage de référence : Moral maturity: measuring the development of sociomoral reflection (Lawrence Erlbaum Associates, Hillsdale, NJ).

  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : L’instrument et son manuel de cotation détaillé sont protégés par le droit d’auteur (Copyright © 1992 par Lawrence Erlbaum Associates, Inc. / Taylor & Francis Group, et John C. Gibbs).
  • Conditions d’utilisation et permissions : Le questionnaire a également été mis à la disposition de la communauté scientifique dans le domaine public à travers le compendium des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis (Dahlberg et al., 2005, Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths). Pour toute utilisation officielle dans la recherche, les adaptations linguistiques ou pour acquérir le manuel de cotation standardisé, il convient de contacter directement le Pr John C. Gibbs :
    John C. Gibbs, Ph.D.
    Psychology Department, The Ohio State University
    137 Townshend Hall, 1885 Neil Avenue, Columbus, Ohio 43210, USA
    Tél : (614) 292-7918 | Fax : (614) 292-4537 | Courriel : [email protected]
  • Tarifs : L’administration du questionnaire dans un cadre de recherche académique non commerciale est généralement exempte de redevances directes sous réserve d’autorisation préalable de l’auteur et d’acquisition du manuel de référence pour la cotation.

12. Références / References

Les publications de référence ci-dessous fournissent l’assise méthodologique et théorique du SRM-SF :

  • Brugman, D., Podolskij, A. I., Heymans, P. G., Boom, J., Karabanova, O., & Idobaeva, O. (2003). Perception of moral atmosphere in school and moral judgment in dyadic interaction in young Russian adolescents. European Journal of Developmental Psychology, 1(1), 59-80. https://doi.org/10.1080/17405620444000049
  • Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (2nd ed., pp. 115-118). Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/YV_Compendium.pdf
  • Ferguson, E. (1996). The Sociomoral Reflection Measure–Short Form: An evaluation of its psychometric properties and construct validity. British Journal of Educational Psychology, 66(3), 393-404. https://doi.org/10.1111/j.2044-8279.1996.tb01206.x
  • Gavaghan, M. P., Arnold, K. D., & Gibbs, J. C. (1983). Social perception in delinquents and nondelinquents. Journal of Abnormal Psychology, 92(1), 58-67. https://doi.org/10.1037/0021-843X.92.1.58
  • Gibbs, J. C. (1979). Kohlberg’s moral stage theory: A Piagetian revision. Human Development, 22(2), 89-112. https://doi.org/10.1159/000272443
  • Gibbs, J. C. (2014). Moral Development and Reality: Beyond the Theories of Kohlberg, Hoffman, and Haidt (3rd ed.). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780199973873.001.0001
  • Gibbs, J. C., Basinger, K. S., & Fuller, D. (1992). Moral maturity: Measuring the development of sociomoral reflection. Lawrence Erlbaum Associates, Inc. https://doi.org/10.4324/9781315807188
  • Gibbs, J. C., Potter, G. B., & Goldstein, A. P. (1995). The EQUIP program: Teaching youth to think and act responsibly through a peer-helping approach. Research Press.
  • Gregg, V., Gibbs, J. C., & Basinger, K. S. (1994). Patterns of developmental delay in moral judgment by male and female delinquents. Internal Journal of Behavioral Development, 17(3), 531-553. https://doi.org/10.1177/016502549401700308
  • Kohlberg, L. (1984). The Psychology of Moral Development: The Nature and Validity of Moral Stages (Essays on Moral Development, Vol. 2). Harper & Row.
  • Langdon, P. E., Murphy, G. H., Clare, I. C. H., Steverson, T., & Palmer, E. J. (2010). Relationships among moral reasoning, empathy, and distorted cognitions in men with intellectual disabilities and a history of criminal offending. American Journal on Intellectual and Developmental Disabilities, 115(5), 438-456. https://doi.org/10.1352/1944-7558-115.5.438
  • Piaget, J. (1932). Le jugement moral chez l’enfant. Félix Alcan.
  • Rest, J. R. (1979). Development in Judging Moral Issues. University of Minnesota Press.
  • van Vugt, E., Gibbs, J. C., Stams, G. J., Hendriks, J., van der Laan, P., Dakof, G. A., & Asscher, J. J. (2011). Moral development and recidivism: A meta-analysis. International Journal of Offender Therapy and Comparative Criminology, 55(8), 1234-1250. https://doi.org/10.1177/0306624X11399653

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format for each item:

Very important  |  Important  |  Not important

Followed by justification: Why is that very important/important/not important (whichever one you circled)?


  1. Think about when you’ve made a promise to a friend of yours. How important is it for people to keep promises‚ if they can‚ to friends?
    Why is that very important/important/not important (whichever one you circled)?
  2. What about keeping a promise to anyoneHow important is it for people to keep promises‚ if they can‚ even to someone they hardly know?
    Why is that very important/important/not important (whichever one you circled)?
  3. What about keeping a promise to a childHow important is it for parents to keep promises to their children?
    Why is that very important/important/not important (whichever one you circled)?
  4. In general‚ how important is it to tell the truth?
    Why is that very important/important/not important (whichever one you circled)?
  5. Think about when you’ve helped your mother or father. How important is it for children to help their parents?
    Why is that very important/important/not important (whichever one you circled)?
  6. Let’s say a friend of yours needs help and may even die‚ and you’re the only person who can save him or her. How important is it for a person (without losing his or her own life) to save the life of a friend?
    Why is that very important/important/not important (whichever one you circled)?
  7. What about saving the life of anyoneHow important is it for a person (without losing his or her own life) to save the life of a stranger?
    Why is that very important/important/not important (whichever one you circled)?
  8. How important is it for a person to live even if that person doesn’t want to?
    Why is that very important/important/not important (whichever one you circled)?
  9. How important is it for people not to take things that belong to other people?
    Why is that very important/important/not important (whichever one you circled)?
  10. How important is it for people to obey the law?
    Why is that very important/important/not important (whichever one you circled)?
  11. How important is it for judges to send people who break the law to jail?
    Why is that very important/important/not important (whichever one you circled)?
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Looti, M. (2026, octobre 2). Mesure de la réflexion sociomorale – Version courte (SRM-SF). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/sociomoral-reflection-measure-short-form-srm-sf/
Looti, Mohammed. “Mesure de la réflexion sociomorale – Version courte (SRM-SF).” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/sociomoral-reflection-measure-short-form-srm-sf/.
Looti, Mohammed. “Mesure de la réflexion sociomorale – Version courte (SRM-SF).” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/sociomoral-reflection-measure-short-form-srm-sf/.