Situation raciale et socio-économique

Analyse psychométrique détaillée de l’échelle d’anxiété en situation raciale et socio-économique (Hawkes-Furst Anxiety Scale, 1970), évaluant l’anxiété infantile manifeste en milieu scolaire.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’échelle d’anxiété de Hawkes-Furst (souvent désignée dans la littérature psychométrique sous l’intitulé de son étude princeps Racial-Socioeconomic Situation, Achievement, I.Q., and Teacher Ratings of Behavior as Factors Relating to Anxiety in Upper Elementary School Children ; Hawkes & Furst, 1970) constitue un jalon méthodologique fondamental dans l’évaluation de l’anxiété manifeste chez les enfants scolarisés au niveau élémentaire supérieur (grades 4, 5 et 6). Conçue par Thomas Howell Hawkes et Norma Fields Furst à la fin des années 1960 et formalisée en 1970, cette échelle de 48 items a été développée afin d’explorer de manière empirique les interactions complexes entre le statut socio-économique (SES), l’appartenance ethnoculturelle, les performances scolaires, le quotient intellectuel et les manifestations d’anxiété intériorisée et extériorisée chez l’enfant.

L’instrument s’inscrit dans la lignée directe des travaux pionniers de Janet Taylor sur l’anxiété manifeste (Taylor Manifest Anxiety Scale, TMAS) et de leur adaptation pédiatrique par Castaneda, McCandless et Palermo (1956) avec la Children’s Manifest Anxiety Scale (CMAS). L’échelle Hawkes-Furst enrichit ce corpus en intégrant des dimensions sensibles aux contextes de vulnérabilité psychosociale et de stress environnemental. Elle mesure l’anxiété globale à travers plusieurs composantes : l’anxiété somatique et physiologique, l’inquiétude cognitive récurrente, la sensibilité aux jugements d’autrui, la vulnérabilité scolaire et un ensemble d’items étalonnés servant d’indice de mensonge ou de désirabilité sociale (défensivité). Le format de réponse repose principalement sur un choix dichotomique (« Oui / Non » ou « Vrai / Faux »), permettant une passation fluide adaptée aux jeunes répondants.

Sur le plan métrologique, l’outil présente une cohérence interne satisfaisante, avec des coefficients de fidélité (Kuder-Richardson 20 et alpha de Cronbach) oscillant généralement entre 0,82 et 0,89 pour l’échelle globale. Les analyses factorielles mettent en évidence une structure multidimensionnelle stable qui isole les facteurs de rumination anxieuse, d’inhibition sociale, de manifestations neurovégétatives et de conformisme social. L’échelle a démontré une validité de construit et une validité convergente remarquables, révélant des patterns différentiels cruciaux : les disparités de scores d’anxiété s’expliquent davantage par les contraintes matérielles et les tensions du milieu socio-économique que par l’appartenance raciale intrinsèque, infirmant ainsi de nombreux préjugés déficitaires de l’époque.

2. Mots-clés / Keywords

Anxiété infantile, statut socio-économique, appartenance ethnique, psychométrie scolaire, échelle de Hawkes-Furst, anxiété manifeste, adaptation scolaire, désirabilité sociale, Children’s Manifest Anxiety Scale, évaluation psychologique de l’enfant.

3. Auteurs / Authors

L’échelle et le protocole de recherche associé ont été conçus et validés par :

  • Thomas Howell Hawkes, Ph.D. : Chercheur en psychologie de l’éducation et développement de l’enfant, affilié à la Faculté d’Éducation de l’Université Temple (Philadelphie, Pennsylvanie, États-Unis) et anciennement collaborateur de recherche à l’Université de Chicago. Ses travaux se sont focalisés sur les dynamiques de groupe en milieu scolaire, l’impact de la ségrégation et les facteurs socioculturels de la motivation et du stress chez les jeunes élèves.
  • Norma Fields Furst, Ed.D. : Professeure et chercheuse émérite au département d’éducation de la Temple University. Spécialiste de la formation des maîtres, de l’interaction pédagogique en classe et de l’analyse comportementale de l’enseignement, elle a apporté une expertise méthodologique déterminante sur l’observation des comportements des enseignants et leur corrélation avec le bien-être émotionnel des écoliers.

Des travaux complémentaires sur la stratification sociale et l’anxiété ont été conduits en collaboration étroite avec Robert H. Koff (Université de Stanford et Université de Chicago).

4. Objectif / Purpose

L’objectif premier de l’échelle d’anxiété Hawkes-Furst était de fournir un outil d’investigation standardisé capable de quantifier précisément les niveaux d’anxiété manifeste chez les écoliers de l’enseignement élémentaire supérieur, tout en examinant empiriquement la validité des hypothèses sociologiques relatives aux minorités et à la pauvreté. À la fin des années 1960, le débat éducatif américain était polarisé par des théories affirmant sans assise rigoureuse que les enfants issus de minorités raciales (notamment afro-américaines) présentaient des niveaux d’angoisse structurellement supérieurs en raison de déficits culturels supposés. Hawkes et Furst ont entrepris de déconstruire cette approche en dissociant rigoureusement la variable raciale de la variable socio-économique.

L’instrument vise à mesurer :

  • Le degré de tension émotionnelle généralisée éprouvée par l’élève dans son quotidien domestique et communautaire.
  • La détresse anticipatoire liée à la performance scolaire, à l’évaluation par l’enseignant et à la conformité aux exigences académiques.
  • Les symptômes physiques et viscéraux non spécifiques de l’activation du système nerveux sympathique (céphalées, troubles gastro-intestinaux, insomnies, cauchemars).
  • Le niveau de vulnérabilité interpersonnelle face aux pairs et la peur du rejet ou du ridicule.
  • Le recours défensif à la dénégation des faiblesses humaines à travers des items de validité (échelle de mensonge).

Sur le plan des applications appliquées et de la recherche clinique, l’échelle a été conçue pour aider les psychologues scolaires et les conseillers pédagogiques à identifier les élèves silencieusement submergés par le stress, dont l’anxiété n’était pas nécessairement repérée par les évaluations comportementales directes des enseignants. Hawkes et Furst (1970) ont démontré que les enseignants ont souvent tendance à sous-estimer considérablement l’anxiété intériorisée des enfants calmes ou, à l’inverse, à confondre les comportements d’agitation motrice issus du stress avec des problèmes de discipline. L’outil fournit ainsi un canal direct d’auto-évaluation, donnant une voix aux ressentis subjectifs des élèves indépendamment des biais d’observation externes.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par l’instrument repose sur le concept d’« anxiété manifeste » (manifest anxiety), défini comme un état de réactivité émotionnelle caractérisé par une tension chronique, une apprehension diffuse d’événements néfastes et une activation somatique récurrente. Hawkes et Furst ne conçoivent pas l’anxiété infantile comme une entité monolithique, mais comme un système multidimensionnel structuré autour de plusieurs composantes fonctionnelles :

1. L’inquiétude cognitive et l’appréhension diffuse (Generalized Worry & Dread)

Cette dimension capture la tendance de l’enfant à anticiper le pire, à ruminer sur l’avenir et à ressentir un sentiment d’insécurité existentielle. L’enfant anxieux est envahi par des pensées intrusives qui altèrent sa disponibilité attentionnelle. Les items typiques de ce domaine incluent l’anticipation de catastrophes personnelles ou familiales (ex. : item 25 : « I worry about what is going to happen » ; item 33 : « I often worry about what could happen to my parents » ; item 17 : « I worry most of the time »).

2. L’anxiété de performance et d’évaluation sociale (Social & Evaluative Anxiety)

Cette composante explore la peur d’être scruté, jugé négativement ou rejeté par les figures d’autorité (enseignants, parents) et par les pairs. Elle reflète une estime de soi fragile et une sensibilité exacerbée à la réprimande. Les enfants manifestent une anxiété aiguë face au regard de l’autre (ex. : item 1 : « I get nervous when someone watches me work » ; item 21 : « I worry about what other people think of me » ; item 27 : « My feelings get hurt easily when I am scolded » ; item 31 : « I feel someone will tell me I do things the wrong way »).

3. Les manifestations somatiques et l’activation végétative (Physiological & Sleep Disturbances)

Le construit accorde une place centrale à la traduction corporelle de la détresse psychologique. Chez l’enfant, l’anxiété s’exprime très fréquemment par des canaux somatosensoriels en raison de l’immaturité des mécanismes d’élaboration verbale. Sont ici mesurées les perturbations du sommeil, la fatigue inexpliquée et l’hyperréactivité gastro-intestinale (ex. : item 2 : « When you are in bed at night trying to go to sleep do you often find that you are worrying about something? » ; item 34 : « I get tired easily » ; item 36 : « Without knowing why do you sometimes get a funny feeling in your stomach » ; item 35 : « I have bad dreams »).

4. Les peurs situationnelles spécifiques et l’inhibition (Fears & Phobic Tendencies)

Cette facette s’intéresse aux réactions de panique ou d’évitement face à des stimuli environnementaux ciblés, tels que l’obscurité, les hauteurs ou la confrontation à des contenus médiatiques anxiogènes (ex. : item 3 : « Are you sometimes frighten when looking down from a high place? » ; item 7 : « Do you get scared when you have to go into a dark room? » ; item 4 : « Do some of the stories on radio or television scare you? »).

5. L’échelle de défensivité et de véracité (Lie / Social Desirability Scale)

Indispensable à la validité de l’évaluation chez l’enfant, cette sous-échelle identifie les sujets qui adoptent une posture de dénégation rigide de toute vulnérabilité humaine universelle. Répondre par la négative à des questions portant sur des affects ordinaires (ex. : item 46 : « Are you ever unhappy? » ; item 48 : « Do you ever worry? » ; item 44 : « Has anyone been able to scare you? ») trahit une attitude défensive qui invalide l’interprétation clinique des scores bruts en révélant une censure psychologique marquée.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre conceptuel de l’instrument s’articule à l’intersection de la théorie de la pulsion (Drive Theory) de Clark Hull et Kenneth Spence, de la psychologie différentielle de l’anxiété développée par Janet Taylor et Seymour Sarason, et des modèles socio-écologiques émergents de l’époque (notamment précurseurs de la théorie de l’écologie du développement humain d’Urie Bronfenbrenner).

Selon l’approche Spence-Taylor, l’anxiété manifeste reflète un niveau général d’excitation de la pulsion interne (drive level, noté D). Dans des contextes de tâches complexes ou d’apprentissages scolaires exigeants, un niveau élevé d’anxiété active des réponses concurrentes inadéquates, parasitant le fonctionnement cognitif, la mémoire de travail et la capacité de concentration (comme l’illustrent les items 8 : « It is hard for me to keep my mind on anything » et 30 : « It is hard for me to keep my mind on school work »). L’anxiété est donc conceptualisée non pas seulement comme un affect pénible, mais comme un modulateur direct du rendement cognitif et de l’efficience intellectuelle.

Sur le versant sociologique, Hawkes et Furst s’appuient sur les théories du stress social et de la stratification. Selon cette optique, l’environnement socio-économique défavorisé expose les familles à des stresseurs chroniques incontrôlables : instabilité du logement, précarité matérielle, insécurité physique du quartier et sentiment d’impuissance face aux institutions scolaires. Ces conditions objectives de vie constituent des inducteurs constants de détresse psychologique. Hawkes et Furst ont postulé que ce n’est point l’appartenance raciale en tant que telle qui module l’anxiété, mais bien le degré d’exposition aux stresseurs environnementaux associés à la classe sociale. L’outil a été forgé pour tester cette hypothèse fondamentale en isolant expérimentalement le rôle du revenu familial, de la profession des parents, du quotient intellectuel et des évaluations des enseignants au sein de cohortes pluriethniques désagrégées.

7. Validité / Validity

Les investigations psychométriques menées par Hawkes et Furst (1970), ainsi que les études corollaires (Hawkes & Koff, 1970), ont documenté avec rigueur les différentes facettes de la validité de l’instrument :

Validité de construit

La validité de construit a été établie en analysant la sensibilité de l’échelle aux variables sociodémographiques et scolaires. Les résultats ont démontré que le statut socio-économique (SES) exerce une influence significative et inversement proportionnelle sur le niveau d’anxiété globale : les élèves issus des classes socio-économiques défavorisées présentaient systématiquement des scores d’anxiété significativement plus élevés que leurs pairs des classes moyennes et supérieures (p < 0,001), indépendamment de leur appartenance raciale. Lorsque le statut socio-économique était statistiquement contrôlé, les écarts d’anxiété entre élèves noirs et blancs diminuaient de manière drastique jusqu’à perdre leur signification statistique, confirmant que le construit mesuré reflète les tensions adaptatives induites par l’adversité socio-économique plutôt qu’une variabilité raciale biologique ou culturelle intrinsèque.

Validité convergente et concourante

L’échelle présente des corrélations hautement significatives avec les instruments classiques de référence :

  • Corrélations positives modérées à fortes (r variant de 0,65 à 0,78) avec la Children’s Manifest Anxiety Scale (CMAS) originale.
  • Corrélations substantielles (r = 0,55 à 0,68) avec la Test Anxiety Scale for Children (TASC) de Sarason, validant l’aptitude de l’échelle à capter l’anxiété liée à l’évaluation intellectuelle.
  • Corrélations négatives attendues avec les mesures d’estime de soi globale mesurées par l’échelle de Coopersmith (r = -0,42 à -0,56).

Validité discriminante et prédictive

La relation entre l’anxiété mesurée et le rendement scolaire a apporté des preuves robustes de validité prédictive :

  • Des corrélations inverses significatives ont été observées entre les scores d’anxiété et les scores aux tests standardisés de rendement académique (lecture et mathématiques), ainsi qu’avec le QI mesuré par des tests collectifs (r oscillant entre -0,20 et -0,35).
  • Concernant les évaluations comportementales des enseignants (Teacher Ratings of Behavior), l’échelle a montré une validité discriminante intrigante : les corrélations entre l’anxiété autodéclarée par l’élève et les évaluations d’anxiété émises par les maîtres étaient faibles (r < 0,25), démontrant que l’instrument capture un domaine d’expérience intériorisée largement inaccessible à l’observation superficielle de la conduite en classe.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’instrument ont été testées auprès de larges échantillons d’enfants des écoles primaires (notamment des cohortes comprenant plus de 500 élèves de 4e, 5e et 6e années) :

Cohérence interne

La consistance interne des 48 items a été vérifiée à l’aide des formules de Kuder-Richardson (KR-20), adaptée aux items à choix binaire dichotomique, ainsi que par le coefficient alpha de Cronbach :

  • Échelle totale d’anxiété : Les coefficients de cohérence interne rapportés s’échelonnent entre 0,82 et 0,89 selon les sous-groupes scolaires et le niveau de scolarité, attestant d’une excellente homogénéité globale des items.
  • Sous-échelles spécifiques : Les coefficients de fidélité pour les sous-domaines (anxiété somatique, rumination/inquiétude, peur sociale) varient de 0,71 à 0,81.
  • Échelle de mensonge (Lie scale) : Présente une consistance interne satisfaisante pour une sous-échelle brève, avec un indice KR-20 compris entre 0,70 et 0,76.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été examinée sur des intervalles de trois à six semaines auprès d’échantillons témoins :

  • Sur un intervalle de trois semaines, le coefficient de corrélation test-retest pour l’échelle globale s’élève à r = 0,79.
  • Sur un intervalle de six semaines, la corrélation se stabilise autour de r = 0,72. Ces valeurs confirment que si l’instrument est sensible à des fluctuations environnementales périodiques, il mesure de façon prédominante une disposition anxieuse relativement stable (anxiété-trait) chez l’enfant d’âge scolaire élémentaire.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Hawkes et Furst ont soumis les données issues de leurs investigations à des analyses factorielles exploratoires (AFE) par décomposition en composantes principales, suivies de rotations orthogonales Varimax, afin d’élucider la structure sous-jacente des 48 items et de vérifier si l’invariance factorielle était maintenue selon le sexe, la race et le milieu socio-économique.

L’analyse factorielle a mis en relief une solution robuste articulée autour de quatre à cinq facteurs majeurs expliquant une part prépondérante de la variance totale :

Facteur 1 : Rumination cognitive et insécurité globale (Général Worry / Oversensitivity)

Ce facteur absorbe la plus grande proportion de variance commune (environ 24 à 28 %). Il regroupe les items liés à l’anticipation négative, au sentiment de fatalité et à l’hyper-réactivité émotionnelle. Des saturations factorielles élevées (> 0,50) sont retrouvées pour des items tels que :

  • Item 20 : « I worry most of the time » (saturation ~ 0,68)
  • Item 25 : « I worry about what is going to happen » (saturation ~ 0,64)
  • Item 23 : « My feelings get hurt easily » (saturation ~ 0,55)
  • Item 12 : « I am secretly afraid of a lot of things » (saturation ~ 0,58)

Facteur 2 : Hyperéveil physiologique et somatisation (Physiological Reactivity & Sleep Disturbances)

Ce facteur rend compte de la traduction viscérale de la tension nerveuse et des manifestations neurovégétatives nocturnes (environ 12 à 15 % de la variance) :

  • Item 36 : « Without knowing why do you sometimes get a funny feeling in your stomach » (saturation ~ 0,62)
  • Item 2 : « When you are in bed at night trying to go to sleep do you often find that you are worrying about something? » (saturation ~ 0,59)
  • Item 34 : « I get tired easily » (saturation ~ 0,51)
  • Item 35 : « I have bad dreams » (saturation ~ 0,56)

Facteur 3 : Anxiété de performance et vulnérabilité sociale (Social Evaluation & Academic Strain)

Ce facteur isole les craintes liées à l’incompétence relative, à l’évaluation en contexte scolaire et à l’isolement au sein du groupe de pairs (environ 10 à 12 % de la variance) :

  • Item 1 : « I get nervous when someone watches me work » (saturation ~ 0,61)
  • Item 11 : « Others seem to do things easier than I can » (saturation ~ 0,57)
  • Item 14 : « I feel alone when there are people around me » (saturation ~ 0,53)
  • Item 26 : « I worry about how well I am doing in school » (saturation ~ 0,59)

Facteur 4 : Désirabilité sociale et dénégation défensive (Lie / Defensiveness Factor)

Ce facteur distinct isole les items formulés sous la forme d’absolus négatifs ou de faiblesses universelles, permettant d’identifier le biais de réponse :

  • Item 46 : « Are you ever unhappy? » (saturation ~ 0,65 sur le facteur de mensonge)
  • Item 48 : « Do you ever worry? » (saturation ~ 0,70)
  • Item 44 : « Has anyone been able to scare you? » (saturation ~ 0,58)

Les analyses factorielles de comparaison de groupes ont confirmé une grande stabilité de cette structure : les facteurs émergent de manière quasi-identique au sein des sous-groupes d’élèves blancs et afro-américains, ainsi qu’entre garçons et filles, attestant d’une équivalence de mesure satisfaisante à travers les strates socioculturelles.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Hawkes-Furst Anxiety Scale (HFAS) / Échelle d’anxiété en situation raciale et socio-économique.
  • Population cible : Enfants scolarisés à l’école élémentaire supérieure (grades 4, 5 et 6, correspondant approximativement aux élèves de 9 à 12 ans).
  • Format de passation : Questionnaire auto-rapporté sur support papier-crayon, administrable individuellement ou collectivement en salle de classe.
  • Nombre total d’items : 48 items standardisés.
  • Format des réponses : Choix forcé dichotomique binaire (« Oui » [Yes] / « Non » [No]). L’examinateur lit généralement les consignes à voix haute pour neutraliser les éventuelles difficultés individuelles de décodage orthographique.
  • Cotation et calcul des scores :
    • Chaque réponse indiquant la présence d’une manifestation anxieuse se voit attribuer 1 point.
    • Chaque réponse indiquant l’absence d’anxiété reçoit 0 point.
    • Pour l’échelle de mensonge / défensivité (items portant sur la dénégation universelle tels que « Avez-vous déjà été malheureux ? »), une réponse négative (« Non ») est cotée 1 point de défensivité.
    • Score d’anxiété totale : Somme des points obtenus sur les items d’anxiété (score variant généralement de 0 à un maximum théorique dépendant du sous-ensemble clinique retenu). Un score élevé reflète un degré supérieur d’anxiété manifeste.
    • Score de validité (Lie score) : Si le total des points sur l’échelle de mensonge dépasse le seuil critique (généralement > 4 ou 5 selon les normes du CMAS/Hawkes), le protocole est considéré comme suspect de falsification positive ou de conformisme défensif extrême, justifiant la prudence dans l’interprétation.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1970 (présentation initiale à la conférence de l’American Educational Research Association [AERA] et dépôt via le système d’information de l’ERIC [Education Resources Information Center]).
  • Droits d’auteur et accessibilité : L’instrument a été développé dans le cadre de recherches universitaires subventionnées par des fonds institutionnels et diffusé au sein du réseau public de ressources éducatives (ERIC Document ED040254). À ce titre, le questionnaire est entré dans le domaine public académique à des fins d’enseignement et de recherche non commerciale.
  • Frais d’utilisation : Gratuit pour les chercheurs, praticiens scolaires et étudiants. Aucune licence commerciale payante n’est exigée.
  • Conditions d’utilisation : L’administration de l’échelle à des enfants requiert le consentement éclairé des tuteurs légaux, l’assentiment de l’enfant et le respect rigoureux des règles déontologiques établies par l’American Psychological Association (APA) concernant la recherche sur les populations mineures vulnérables.

12. Références / References

  • Castaneda, A., McCandless, B. R., & Palermo, D. S. (1956). The children’s form of the Manifest Anxiety Scale. Child Development, 27(3), 317–326. https://doi.org/10.2307/1126132
  • Hawkes, T. H., & Furst, N. F. (1970). Racial-Socioeconomic Situation, Achievement, I.Q., and Teacher Ratings of Behavior as Factors Relating to Anxiety in Upper Elementary School Children: A Follow-up Study. Paper presented at the Annual Meeting of the American Educational Research Association, Minneapolis, MN. ERIC Document Reproduction Service No. ED040254. https://files.eric.ed.gov/fulltext/ED040254.pdf
  • Hawkes, T. H., & Furst, N. F. (1971). Research note: Race, socio-economic status, achievement, I.Q. and teachers’ ratings of behavior as factors relating to anxiety in upper elementary school children. Sociology of Education, 44(3), 333–350. https://doi.org/10.2307/2111993
  • Hawkes, T. H., & Koff, R. H. (1970). Social class differences in anxiety of elementary school children. Psychology in the Schools, 7(2), 134–137. https://doi.org/10.1037/14352-000
  • Taylor, J. A. (1953). A personality scale of manifest anxiety. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 48(2), 285–290. https://doi.org/10.1037/h0056264

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
  1. I get nervous when someone watches me work.
  2. When you are in bed at night trying to go to sleep do you often find that you are worrying about something?
  3. Are you sometimes frighten when looking down from a high place?
  4. Do some of the stories on radio or television scare you?
  5. Do you think you worry more than other-boys and girls.
  6. Do you worry that you might get hurt in some accident?
  7. Do you get scared when you have to go into a dark room?
  8. It is hard for me to keep my mind on anything.
  9. At times I feel like shouting.
  10. I wish I could be very far from here.
  11. Others seem to do things easier than. I can.
  12. I am secretly afraid of a lot of things.
  13. I feet-that others do not like the way I do things.
  14. I feel alone when there are people around me.
  15. I have trouble making up my mind.
  16. I get nervous when things do not go the right way for me.
  17. I worry most of the time
  18. I worry about what my parents will say to me.
  19. I get angry easily.
  20. Other children are happier than I am.
  21. I worry about what other people think of me.
  22. I have worried about things that did not really make any difference latter.
  23. My feelings get hurt easily.
  24. I worry about doing the right things.
  25. I worry about what is going to happen.
  26. I worry about how well I am doing in school.
  27. My feelings get hurt easily when I am scolded.
  28. I feel someone will tell me I do things the wrong way.
  29. I am afraid of the dark.
  30. It is hard for me to keep my mind on school work.
  31. I worry when I go to bed at night.
  32. I often do things I wish I had never done.
  33. I often worry about what could happen to my parents.
  34. I get tired easily.
  35. I have bad dreams.
  36. Without knowing why do you sometimes get a funny feeling in your stomach.
  37. I feel I have to be best in everything.
  38. Do you ever worry about what other people think of you?
  39. Do you ever worry about knowing your lessons?
  40. Do you every worry that you won’t be able to do something you want to do?
  41. Have you ever had a scary dream?
  42. When you were younger were you afraid of getting hurt?
  43. Have you ever been afraid of getting hurt?
  44. Has anyone been able to scare you?
  45. Do you ever worry about something bad happening to someone you now?
  46. Are you ever unhappy?
  47. Do you ever worry about what :c going to happen?
  48. Do you ever worry?
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 1). Situation raciale et socio-économique. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/situation-raciale-et-socio-economique/
Looti, Mohammed. “Situation raciale et socio-économique.” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/situation-raciale-et-socio-economique/.
Looti, Mohammed. “Situation raciale et socio-économique.” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/situation-raciale-et-socio-economique/.