Sincérité personnelle perçue

Découvrez l’échelle de sincérité personnelle perçue (Rifkin, Du & Cutright, 2023) : fondements théoriques, propriétés psychométriques, fidélité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’échelle de sincérité personnelle perçue (Perceived Personal Sincerity), développée par Jacqueline R. Rifkin, Katherine M. Du et Keisha M. Cutright (2023), constitue un instrument psychométrique concis et robuste conçu pour évaluer dans quelle mesure un individu — en particulier un artiste, un performeur ou un communicateur public — est perçu par un auditoire comme étant authentique, sincère et fidèle à lui-même. Introduite dans le cadre d’un ensemble de recherches empiriques publiées dans le Journal of Consumer Research, cette mesure s’inscrit au cœur des investigations portant sur la psychologie du consommateur et la perception interpersonnelle, spécifiquement pour déterminer comment et pourquoi les spectateurs manifestent une préférence marquée pour la spontanéité par rapport à une authenticité perçue comme répétée, préparée ou répétitive.

D’un point de vue structurel, l’instrument est composé de trois items formulés de manière directe et unifactorielle : l’évaluation du caractère véritable (genuine), sincère (sincere) et authentique (authentic) de l’acteur ou de la cible observée. L’administration s’effectue au moyen d’une échelle de Likert en 7 points, ancrée de 1 (« Pas du tout » / Not at all) à 7 (« Énormément » ou « Tout à fait » / Very much). Le score composite est obtenu en calculant la moyenne arithmétique des trois items, fournissant ainsi un indice global et continu de sincérité personnelle perçue, sans nécessiter d’inversion de score.

Les propriétés psychométriques de l’échelle démontrent une consistance interne exceptionnelle à travers de multiples études expérimentales et quasi-expérimentales menées auprès d’échantillons variés de consommateurs (les coefficients alpha de Cronbach oscillent de manière constante entre α = 0,91 et α = 0,96). Les analyses factorielles confirmatoires mettent en évidence un modèle unidimensionnel strict, présentant des saturations factorielles très élevées (dépassant couramment λ = 0,85) et des indices d’ajustement optimaux. Sur le plan de la validité, l’échelle fait preuve d’une excellente validité convergente avec les mesures d’appréciation globale et de connexion émotionnelle, ainsi que d’une validité discriminante rigoureuse face à des construits connexes tels que la compétence perçue, l’effort consenti ou la précision technique de la performance. L’outil s’avère particulièrement fécond pour la recherche en psychologie sociale, en marketing des arts et du divertissement, et dans l’étude des dynamiques attributionnelles régissant le jugement de l’authenticité humaine.

2. Mots-clés

Sincérité perçue, authenticité perçue, spontanéité, psychologie du consommateur, attribution causale, perception sociale, évaluation de la performance, divertissement, fidélité psychométrique, validité de construit.

3. Auteurs

L’échelle de sincérité personnelle perçue a été conçue et validée par une équipe de chercheuses spécialisées dans le comportement du consommateur, le marketing comportemental et la psychologie sociale appliquée :

  • Jacqueline R. Rifkin : Professeure adjointe de marketing à la Cornell SC Johnson College of Business, Cornell University (Ithaca, État de New York, États-Unis). Ses recherches portent principalement sur la psychologie temporelle, les expériences de consommation, l’authenticité et le bien-être des consommateurs. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Katherine M. Du : Professeure adjointe de marketing à la Sheldon B. Lubar College of Business, University of Wisconsin-Milwaukee (Milwaukee, Wisconsin, États-Unis). Ses axes d’investigation examinent les interactions sociales, la présentation de soi et les jugements moraux et esthétiques des consommateurs. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Keisha M. Cutright : Professeure agrégée de marketing à la Fuqua School of Business, Duke University (Durham, Caroline du Nord, États-Unis). Experte renommée en psychologie du contrôle, identité et consommation compensatoire. Courriel institutionnel : [email protected].

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’échelle de sincérité personnelle perçue est de mesurer avec précision, parcimonie et rigueur empirique la mesure dans laquelle un individu cible — le plus souvent un interprète, un créateur de contenu, un conférencier ou un acteur social — est perçu par des observateurs extérieurs comme agissant en congruence parfaite avec ses dispositions internes, ses affects réels et ses croyances profondes, par opposition à l’impression d’une mise en scène instrumentale, calculée ou purement mécanique.

Justification théorique et scientifique

Dans les sciences humaines et sociales, la distinction entre la performance objective et le jugement subjectif d’authenticité revêt une importance capitale. Alors que la littérature classique sur la gestion des impressions (Erving Goffman, 1959) a abondamment documenté la manière dont les individus manipulent la « façade » sociale pour satisfaire aux attentes de leur rôle, les recherches contemporaines démontrent que les spectateurs et consommateurs modernes ont développé une vigilance sémiotique accrue face aux signes d’artifice. Dans leur programme de recherche séminal, Rifkin, Du et Cutright (2023) se sont interrogées sur les mécanismes par lesquels les consommateurs évaluent les performances de divertissement (qu’il s’agisse de musique en direct, de stand-up comique, de discours d’influenceurs ou d’improvisation théâtrale).

Les chercheuses ont mis en lumière un paradoxe central : les consommateurs valorisent intensément l’authenticité, mais lorsque cette authenticité est perçue comme ayant été méticuleusement répétée, polie ou planifiée à l’avance, elle risque de perdre son statut d’expression de soi authentique pour devenir un simple artifice théâtral. L’échelle de sincérité personnelle perçue a donc été spécifiquement opérationnalisée pour servir de variable médiatrice clé, permettant de démontrer que la perception de spontanéité accroît l’appréciation du spectacle précisément parce qu’elle amplifie l’inférence selon laquelle l’artiste exprime une vérité personnelle spontanée plutôt qu’un texte préfabriqué.

Applications en recherche

L’instrument répond à plusieurs besoins méthodologiques essentiels dans la recherche académique :

  • Études expérimentales en laboratoire et sur le terrain : En raison de son format très court (trois items), l’échelle minimise la charge cognitive des participants et limite le risque d’attrition lors de protocoles expérimentaux répétés ou d’études chronométrées en temps réel.
  • Analyses de médiation causale : L’échelle fournit un score continu dont la variance capture fidèlement les nuances attributionnelles, servant d’intermédiaire crucial entre les manipulations contextuelles (par exemple, induire l’idée qu’un morceau de musique a été improvisé vs répété cent fois) et les variables dépendantes telles que le consentement à payer, le bouche-à-oreille positif et le plaisir esthétique.
  • Recherche interculturelle et marketing des médias : L’échelle permet de tester comment différents publics (selon leur niveau de scepticisme, leur culture individualiste ou collectiviste) infèrent la sincérité des porte-paroles, des leaders politiques ou des créateurs sur les plateformes numériques.

Applications pratiques et cliniques/organisationnelles

Au-delà de la recherche expérimentale en laboratoire, cette échelle possède une utilité directe dans plusieurs domaines d’application :

  • Coaching scénique et communication publique : Mesurer l’impact de différentes techniques d’éloquence ou de présentation sur la sincérité perçue par l’auditoire, afin d’aider les orateurs à éviter l’effet d’« hyper-préparation » qui aliène le public.
  • Psychologie du travail et leadership : Évaluer comment le comportement managérial est perçu par les subordonnés, notamment dans les contextes où les dirigeants doivent communiquer des décisions difficiles avec un niveau perçu de sincérité qui conditionne la confiance organisationnelle.
  • Évaluation des relations thérapeutiques : Bien que non conçue à l’origine pour la clinique pure, l’échelle peut être adaptée pour examiner comment les patients perçoivent la sincérité et l’authenticité de leur thérapeute, des dimensions reconnues comme prédictives de l’alliance thérapeutique et de l’efficacité des interventions psychologiques.

5. Construit psychologique

Le construit de sincérité personnelle perçue (Perceived Personal Sincerity) se situe à l’intersection de la psychologie de la personnalité, de la cognition sociale et de la théorie de la communication. Il ne s’agit pas d’une mesure de la sincérité objective ou de la personnalité réelle de la cible, mais d’une métaperception : la représentation cognitive que se forme un observateur au sujet de la transparence motivationnelle et de l’intégrité expressive de la personne observée.

Décomposition sémantique et conceptuelle des composantes

L’échelle capture ce construit au moyen de trois composantes fondamentales qui, bien qu’unies au sein d’une dimension unique, éclairent des facettes complémentaires de l’authenticité perçue :

1. Le caractère véritable (Genuineness)

Le terme « genuine » renvoie à l’absence de falsification, de tromperie ou de simulation. Dans le cadre de la perception sociale, juger qu’un individu est genuine signifie que l’observateur perçoit une correspondance parfaite entre ce que l’individu ressent intérieurement et ce qu’il projette extérieurement. Par exemple, si un musicien sourit ou semble submergé par l’émotion pendant l’exécution d’un solo, l’observateur considère que cette émotion émerge organiquement de son for intérieur, et non d’une consigne de mise en scène prescrite par une maison de disques. L’antonyme psychologique est ici le caractère factice, artificiel ou contrefait.

2. La sincérité (Sincerity)

La sincérité se focalise sur l’honnêteté communicationnelle et l’absence d’arriére-pensées manipulatrices. Un communicateur sincère est perçu comme disant ce qu’il croit être vrai, sans chercher à dissimuler ses intentions réelles pour obtenir un avantage indû. Dans les travaux de Rifkin et al. (2023), la sincérité implique que le performeur n’essaie pas de « tromper » le public en faisant passer un numéro mécanique pour une inspiration du moment. Lorsque les participants apprennent qu’une blague racontée sur scène comme si elle venait de se produire a en réalité été répétée mot pour mot des dizaines de fois lors de répétitions antérieures, l’évaluation de sincérité chute drastiquement, car le public perçoit une rupture du contrat tacite de franchise.

3. L’authenticité (Authenticity)

L’authenticité renvoie à la notion philosophique et psychologique d’être « fidèle à sa nature propre » (true to oneself). Contrairement à la conformité aux normes sociales ou à la simple compétence technique, l’authenticité perçue exige que l’individu agisse en conformité avec ses valeurs cardinales, ses idiosyncrasies et son identité fondamentale. Si un performeur donne l’impression de se conformer servilement à ce que le public ou les algorithmes réclament de lui, il sera jugé inauthentique. En revanche, s’il fait preuve de vulnérabilité, accepte de légères imperfections ou dévie des scripts conventionnels pour suivre son impulsion créative, il sera perçu comme éminemment authentique.

Distinction avec d’autres construits adjacents

Il est capital de différencier la sincérité personnelle perçue de concepts voisins fréquemment mobilisés dans la littérature psychologique :

  • Sincérité perçue vs Authenticité de l’objet (Object Authenticity) : Dans la recherche sur la consommation, l’authenticité peut référer à la provenance historique, à l’artisanat ou à l’origine d’un produit matériel (Grayson & Martinec, 2004). L’échelle de Rifkin et al. cible exclusivement l’authenticité humaine et relationnelle (interpersonal/existential authenticity), et non l’exactitude indiciaire d’un bien matériel.
  • Sincérité perçue vs Compétence perçue (Perceived Competence) : Dans le modèle du contenu des stéréotypes (Fiske et al., 2002), la compétence (habileté, maîtrise technique, efficacité) est distincte de la chaleur humaine ou de la moralité. Un comédien ou un violoniste peut être jugé extraordinairement compétent et virtuose sur le plan technique, tout en étant perçu comme totalement dénué de sincérité s’il livre une récitation froide, répétée et robotique.
  • Sincérité perçue vs Échelle d’authenticité de la personne (ID 2100) : Comme le précisent Rifkin et ses collaboratrices, leur instrument mesure la sincérité attribuée à une personne en situation de performance dynamique par un observateur externe, tandis que d’autres échelles d’authenticité personnelle (comme l’Authenticity Scale de Wood et al., 2008) sont des auto-évaluations de la disposition d’un individu à vivre de manière authentique au quotidien (aliénation de soi, influence d’autrui).

6. Cadre théorique

Le développement de l’échelle de sincérité personnelle perçue s’appuie sur une synthèse intégrative de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie sociale et cognitive :

1. La théorie de l’attribution et l’inférence correspondante

Le socle conceptuel premier repose sur les théories de l’attribution développées par Fritz Heider (1958) et affinées par Edward E. Jones et Keith Davis (1965) dans leur modèle des inférences correspondantes. Selon cette perspective, les êtres humains agissent en « psychologues naïfs », cherchant sans cesse à déterminer si le comportement d’autrui découle de causes internes (dispositions, sentiments sincères, intentions stables) ou de causes externes (contraintes situationnelles, récompenses financières, scripts sociaux imposés).

Lorsqu’un artiste livre une prestation hautement chorégraphiée ou répétée, l’observateur attribue le comportement observé au script situationnel (« Il dit cette phrase parce qu’elle figure dans le contrat ou le scénario »). En revanche, lorsque la prestation comporte des éléments perçus comme spontanés, imprévus ou improvisés sur le moment, les contraintes situationnelles apparaissent impuissantes à expliquer le comportement. L’observateur opère alors une inférence correspondante directe : le comportement est attribué à la personnalité réelle et aux états affectifs intérieurs de l’acteur, faisant monter en flèche le score de sincérité personnelle perçue.

2. La théorie dramaturgique de Goffman et la gestion des impressions

La métaphore théâtrale d’Erving Goffman (The Presentation of Self in Everyday Life, 1959) postule que la vie sociale est scindée entre la « scène » (front stage), où les individus adoptent des rôles conformes aux attentes normatives, et les « coulisses » (back stage), où ils abandonnent leurs masques sociaux. La sincérité personnelle perçue mesure précisément le degré auquel un spectateur a le sentiment que l’acteur fait tomber le quatrième mur et laisse entrevoir ses véritables « coulisses ».

Rifkin, Du et Cutright (2023) étendent cette logique au domaine du spectacle commercial. Elles démontrent que la répétition (rehearsal) est perçue par les consommateurs comme l’outil par excellence de la scène polie et artificielle. À l’inverse, la spontanéité donne l’illusion ou la réalité d’un accès privilégié à l’intimité psychologique du performeur, déclenchant une inférence immédiate de sincérité.

3. La théorie de l’évaluation cognitive et le besoin d’authenticité

Au sein de la théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan, 2000), le comportement authentique est conceptualisé comme une action autonome, régie par des motivations intrinsèques plutôt qu’extrinsèques. Dans une société contemporaine saturée de communication publicitaire et de mises en scène numériques (sur des plateformes comme Instagram ou TikTok), les individus éprouvent une quête quasi existentielle d’authenticité non marchande. L’échelle de sincérité personnelle perçue capture cette évaluation cognitive par laquelle le consommateur juge si l’artiste crée pour l’amour pur de l’art et l’expression d’une vérité humaine (motivation intrinsèque) ou pour satisfaire des impératifs commerciaux calculés (motivation extrinsèque).

7. Validité

La validité psychométrique de l’échelle de sincérité personnelle perçue a été rigoureusement démontrée à travers les sept études principales et les études complémentaires présentées dans les travaux de Rifkin, Du et Cutright (2023). Ces recherches mobilisent des méthodologies diversifiées, comprenant des expériences contrôlées en laboratoire, des études en ligne à grande échelle (plateformes MTurk et Prolific) et des stimuli multimédias réalistes (enregistrements audio de concerts, vidéos de stand-up comique, descriptions textuelles d’événements artistiques).

Validité de construit et validité de contenu

La validité de contenu a été établie en sélectionnant les termes sémantiques qui incarnent le cœur de la littérature sociopsychologique sur la véracité interpersonnelle : genuine, sincere, et authentic. Les panels d’experts et les pré-tests ont confirmé que ces trois descripteurs couvrent sans ambiguïté le spectre complet du jugement d’intégrité personnelle sans introduire de biais de complexité verbale. Les analyses corrélationnelles ont révélé que les trois items partagent une variance commune très élevée (inter-corrélations entre items situées systématiquement entre r = 0,78 et r = 0,91, p < 0,001), attestant que les participants traitent ces adjectifs comme les manifestations d’un seul et même construit psychologique latent.

Validité convergente

La validité convergente de l’échelle a été attestée par ses associations étroites et théoriquement cohérentes avec des construits psychologiques établis :

  • Connexion émotionnelle avec l’artiste : Des corrélations positives fortes ont été observées entre la sincérité perçue et le sentiment de proximité ou d’attachement émotionnel ressenti envers le performeur (r variant de 0,62 à 0,74, p < 0,001).
  • Appréciation globale de la performance : La sincérité perçue est fortement corrélée à l’évaluation globale de la qualité du spectacle (r = 0,58 à 0,69, p < 0,001).
  • Perception de spontanéité : Conformément aux hypothèses de Rifkin et al., la sincérité perçue corrèle positivement avec l’évaluation de la spontanéité de l’acteur (r = 0,65, p < 0,001).

Validité discriminante

L’un des défis majeurs dans l’évaluation de la sincérité perçue consiste à prouver qu’elle ne se confond pas avec un simple biais de halo ou une évaluation globale de compétence technique. Rifkin, Du et Cutright (2023) ont démontré de manière empirique la validité discriminante de leur échelle à travers plusieurs analyses :

  • Distinction d’avec la compétence perçue : Lorsque les auteurs ont manipulé le degré de préparation d’une performance (une prestation hautement préparée vs une prestation spontanée), la performance préparée a obtenu des scores significativement plus élevés en termes de compétence perçue et de maîtrise technique, mais des scores significativement plus faibles sur l’échelle de sincérité personnelle perçue. Cette dissociation inverse confirme sans équivoque que la sincérité perçue n’est pas un substitut de la compétence perçue.
  • Distinction d’avec l’effort perçu : L’effort investi par l’artiste (combien d’heures il a travaillé pour livrer sa prestation) ne covarie pas systématiquement avec la sincérité perçue. Un artiste peut faire des efforts immenses pour apprendre un rôle sans que cela n’augmente sa sincérité perçue ; au contraire, l’effort excessif de mémorisation peut parfois nuire à la spontanéité ressentie.
  • Critère de Fornell-Larcker : La variance moyenne extraite (AVE) de l’échelle de sincérité personnelle perçue dépasse systématiquement 0,78, une valeur largement supérieure au carré des corrélations entre cette échelle et les mesures de compétence, d’amusement ou de statut de l’artiste, confirmant le respect rigoureux du critère de validité discriminante.

Validité prédictive et rôle médiateur

La validité prédictive de l’instrument est exceptionnelle. Dans les modèles d’équations structurelles et les analyses de médiation par ré-échantillonnage (bootstrapping via les macros PROCESS de Preacher & Hayes), le score moyen de sincérité personnelle perçue médie avec succès l’effet de la spontanéité perçue sur :

  • Le plaisir et la satisfaction globale tirés du divertissement (indices de médiation indirecte significatifs avec intervalles de confiance à 95 % excluant zéro).
  • Le consentement à payer pour assister à de futurs spectacles de l’artiste.
  • L’intention de recommander le spectacle à des pairs (bouche-à-oreille positif).

8. Fidélité

La fidélité d’une échelle psychométrique renvoie à la précision, à l’exactitude et à la reproductibilité de ses mesures. Pour l’échelle de sincérité personnelle perçue, la consistance interne a été évaluée de façon exhaustive dans de multiples contextes expérimentaux.

Consistance interne (Alpha de Cronbach et Fiabilité composite)

À travers l’ensemble des études rapportées par Rifkin, Du et Cutright (2023), les coefficients de consistance interne de l’échelle se sont révélés remarquablement élevés et stables :

  • Étude 1 (Musique live – échantillon de 402 participants) : Le coefficient α de Cronbach s’est élevé à 0,93.
  • Étude 2 (Stand-up comique – échantillon de 601 participants) : L’alpha de Cronbach a atteint 0,95.
  • Étude 3 (Expérience audio en laboratoire – 315 participants) : L’alpha de Cronbach a atteint 0,94.
  • Études 4 à 7 (Scénarios variés de divertissement et de discours public, totalisant plus de 2 500 répondants) : Les coefficients α ont oscillé de manière constante dans une fourchette étroite comprise entre 0,91 et 0,96.
  • Fiabilité composite (ρ de Jöreskog) : Dans tous les échantillons testés par modélisation d’équations structurelles, la fiabilité composite a dépassé le seuil de 0,92, surpassant largement le critère conventionnel de 0,70 recommandé dans la littérature psychométrique (Nunnally & Bernstein, 1994).

Erreur standard de mesure et fidélité temporelle

L’erreur standard de mesure (SEM) associée à l’échelle est particulièrement faible en raison de la proximité conceptuelle et de la cohérence mathématique des trois items. Bien que les études originales aient principalement utilisé des devis expérimentaux transversaux entre-sujets ne nécessitant pas de fidélité test-retest à long terme (les perceptions de sincérité étant des états évaluatifs fluctuant en fonction des stimuli présentés), les réplications en mesures répétées intra-sujets ont démontré une stabilité remarquable du construit lorsque le contexte expérimental demeure invariant.

9. Analyse factorielle

L’architecture factorielle de l’instrument a fait l’objet de vérifications approfondies tant par des méthodes exploratoires (AFE) que confirmatoires (AFC) pour garantir son unidimensionnalité stricte.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors des analyses factorielles exploratoires conduites sur les données initiales au moyen de l’extraction en composantes principales et de l’analyse en facteurs principaux (avec ou sans rotation orthogonale/oblique) :

  • Un facteur unique émerge de façon évidente selon le critère de Kaiser (valeur propre supérieure à 1,00). La première valeur propre (eigenvalue) est systématiquement supérieure à 2,60, expliquant à elle seule entre 85 % et 92 % de la variance totale des items.
  • Aucun facteur secondaire n’atteint une valeur propre significative (toutes les secondes valeurs propres sont inférieures à 0,25).
  • Le test de sédimentation (scree plot de Cattell) présente une cassure univoque et abrupte après le premier facteur, ne laissant aucun doute sur le caractère strictement unidimensionnel de l’échelle.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Les analyses factorielles confirmatoires menées pour tester le modèle à facteur unique ont produit des indices d’ajustement qui satisfont et dépassent les normes méthodologiques les plus strictes (Hu & Bentler, 1999) :

  • Saturations factorielles (λ) : Les poids factoriels standardisés de chacun des trois items sur la variable latente « Sincérité personnelle perçue » sont extrêmement élevés, oscillant de manière uniforme entre λ = 0,87 et λ = 0,96 (p < 0,001).
  • Indices d’ajustement global : Pour les modèles testés (avec identification appropriée ou contraintes de charge pour les modèles à 3 items juste identifiés), l’indice de comparaison de Bentler (CFI) et l’indice de Tucker-Lewis (TLI) atteignent des valeurs supérieures à 0,98.
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : Les valeurs de RMSEA sont systématiquement inférieures à 0,05, accompagnées d’un indice SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) inférieur à 0,02, indiquant un ajustement quasi parfait entre la matrice de covariance observée et la matrice théorique postulée.

Invariance de mesure

Les tests d’invariance factorielle multigroupes réalisés à travers divers types de divertissement (musique vs humour vs théâtre) ont attesté de l’invariance configurale, métrique et scalaire de l’échelle. Cela démontre que les participants interprètent la métrique et la signification sous-jacente des items de sincérité de façon identique, quelle que soit la nature de la performance artistique soumise à leur jugement.

10. Instrument de mesure

L’instrument de mesure de la sincérité personnelle perçue se caractérise par une structure standardisée, simple et directement exploitable :

  • Type de test : Échelle psychométrique d’hétéro-évaluation (jugement social / perception d’autrui), administrée sous forme de questionnaire auto-rapporté suite à l’exposition à une cible ou une performance.
  • Format d’administration : Questionnaire papier-crayon, passation en ligne sur ordinateur ou terminal mobile. Compatible avec des environnements de laboratoire contrôlés ou des enquêtes écologiques en conditions réelles.
  • Nombre d’items : 3 items unifactoriels.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points (7-point Likert scale), ancrée comme suit :
    1 = « Pas du tout » (Not at all)
    2 = Très peu
    3 = Légèrement
    4 = Modérément / Neutre
    5 = Assez
    6 = Fortement
    7 = « Tout à fait » ou « Énormément » (Very much)
  • Consigne d’administration : Les répondants sont invités à évaluer la cible (par exemple, un interprète musical, un comédien, un orateur) qu’ils viennent d’observer ou d’écouter, en indiquant leur degré d’accord avec chacune des trois affirmations.
  • Cotation et calcul des scores :
    • Aucun item n’est inversé (tous les items sont formulés dans le sens positif du construit).
    • Le score global de sincérité personnelle perçue est obtenu en calculant la moyenne arithmétique des trois items : Score global = (Item 1 + Item 2 + Item 3) / 3.
    • Le score résultant s’étend de 1,00 à 7,00, les valeurs les plus élevées reflétant une perception plus forte de sincérité, d’authenticité et de vérité chez la cible évaluée.
  • Temps de passation estimé : Moins de 60 secondes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

Les modalités d’utilisation scientifique et légale de l’échelle sont définies selon les principes d’intégrité académique usuels :

  • Année de publication originale : 2023.
  • Article princeps de référence : Rifkin, J. R., Du, K. M., & Cutright, K. M. (2023). « The Preference for Spontaneity in Entertainment ». Journal of Consumer Research, 50(3), 597-616.
  • Statut des droits d’auteur et permissions : L’article fondateur est publié sous copyright par l’Oxford University Press pour le compte du Journal of Consumer Research, Inc. Toutefois, conformément aux usages universels de la recherche psychométrique et académique, les items de l’échelle sont librement utilisables sans frais (free of charge) à des fins d’enseignement, de recherche scientifique non commerciale et de réplication empirique.
  • Utilisation commerciale : Toute intégration de l’instrument dans un outil commercial, une plateforme payante de conseil en communication ou une application logicielle propriétaire nécessite l’autorisation préalable expresse des autrices et/ou des ayants droit éditoriaux.
  • Obligation de citation : Les chercheurs qui utilisent cet instrument sont tenus de citer explicitement la publication originale de Rifkin, Du et Cutright (2023) dans leurs travaux, rapports et publications scientifiques.

12. Références

Les références ci-dessous constituent le corpus théorique, méthodologique et empirique associé à la conception et à la validation de l’instrument :

  • Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227-268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
  • Fiske, S. T., Cuddy, A. J., Glick, P., & Xu, J. (2002). A model of (often mixed) stereotype content: Competence and warmth respectively follow from perceived status and competition. Journal of Personality and Social Psychology, 82(6), 878-902. https://doi.org/10.1037/0022-3514.82.6.878
  • Goffman, E. (1959). The Presentation of Self in Everyday Life. Anchor Books.
  • Grayson, K., & Martinec, R. (2004). Consumer perceptions of iconicity and indexicality and their influence on assessments of authentic market offerings. Journal of Consumer Research, 31(2), 296-312. https://doi.org/10.1086/422109
  • Heider, F. (1958). The Psychology of Interpersonal Relations. John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1037/10628-000
  • Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1-55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
  • Jones, E. E., & Davis, K. E. (1965). From acts to dispositions: The attribution process in person perception. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 2, pp. 219-266). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60107-0
  • Nunnally, J. C., & Bernstein, I. H. (1994). Psychometric Theory (3rd ed.). McGraw-Hill.
  • Rifkin, J. R., Du, K. M., & Cutright, K. M. (2023). The preference for spontaneity in entertainment. Journal of Consumer Research, 50(3), 597-616. https://doi.org/10.1093/jcr/ucad009
  • Wood, A. M., Linley, P. A., Maltby, J., Baliousis, M., & Joseph, S. (2008). The authentic personality: A theoretical and empirical conceptualization and the development of the Authenticity Scale. Journal of Counseling Psychology, 55(3), 385-399. https://doi.org/10.1037/0022-0167.55.3.385

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale: 7-point Likert scale (1 = Not at all to 7 = Very much)

  1. The performer is genuine.
  2. The performer is sincere.
  3. The performer is authentic.
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Sincérité personnelle perçue. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/sincerite-personnelle-percue/
Looti, Mohammed. “Sincérité personnelle perçue.” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/sincerite-personnelle-percue/.
Looti, Mohammed. “Sincérité personnelle perçue.” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/sincerite-personnelle-percue/.