1. Résumé / Abstract
L’Ambivalent Sexism Inventory (ASI), élaboré par Peter Glick et Susan T. Fiske en 1996, constitue un tournant paradigmatique majeur dans l’étude sociopsychologique des préjugés de genre. Historiquement, le sexisme était conceptualisé de manière unidimensionnelle comme une hostilité ouverte, une antipathie déclarée ou une dépréciation flagrante des femmes. L’ASI postule au contraire que le sexisme contemporain est fondamentalement ambivalent, combinant deux idéologies complémentaires et fonctionnellement interdépendantes : le sexisme hostile (Hostile Sexism, HS) et le sexisme bienveillant (Benevolent Sexism, BS). L’instrument se compose de 22 items auto-rapportés, évalués sur une échelle de type Likert en six points allant de 0 (« tout à fait en désaccord ») à 5 (« tout à fait d’accord »).
La sous-échelle du sexisme hostile évalue des attitudes punitives, manipulatrices ou ressenties comme misogynes envers les femmes qui transgressent les rôles de genre traditionnels ou revendiquent le pouvoir social. La sous-échelle du sexisme bienveillant mesure une tonalité affective apparemment positive et protectrice, divisée conceptuellement en trois sous-dimensions : le paternalisme protecteur, la différenciation complémentaire des genres et l’intimité hétérosexuelle. Bien que valorisant subjectivement les femmes qui se conforment aux rôles stéréotypés, le sexisme bienveillant confine ces dernières à la sphère domestique et maintient l’inégalité structurelle entre les sexes. Psychométriquement, l’ASI présente une excellente cohérence interne (alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,80 et 0,92 pour les deux échelles principales), une fidélité test-retest rigoureuse et une validité transculturelle confirmée dans des dizaines de nations, s’affirmant comme l’étalon-or international des mesures de sexisme ambivalent.
2. Mots-clés / Keywords
Sexisme ambivalent, sexisme hostile, sexisme bienveillant, paternalisme protecteur, différenciation des genres, intimité hétérosexuelle, préjugés de genre, stéréotypes sexistes, psychométrie, relations intergroupes, asymétrie de pouvoir, théorie de la justification du système.
3. Auteurs / Authors
L’inventaire a été conçu et validé par deux figures prééminentes de la psychologie sociale contemporaine :
- Peter Glick, Ph.D. — Lawrence University (Appleton, Wisconsin, États-Unis), titulaire de la chaire Henry Merritt Wriston Professor of Social Sciences. Ses recherches pionnières explorent la nature des stéréotypes, les dynamiques de pouvoir intergroupes et le sexisme au travail. Courriel : [email protected].
- Susan T. Fiske, Ph.D. — Princeton University (Princeton, New Jersey, États-Unis), Eugene Higgins Professor of Psychology and Public Affairs. Théoricienne de renommée mondiale de la cognition sociale, du modèle de contenu des stéréotypes (Stereotype Content Model) et des dynamiques de chaleur/compétence. Courriel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’élaboration de l’ASI était de dépasser l’insuffisance théorique des échelles traditionnelles de sexisme (telles que l’Attitudes Toward Women Scale de Spence et Helmreich, 1972, ou la Modern Sexism Scale de Swim et al., 1995). Ces outils classiques appréhendaient l’attitude envers les femmes sous un prisme strictement négatif (antipathie, préjugé hostile direct ou déni de discrimination). Or, les théoriciens constataient une contradiction sociologique troublante : bien que les femmes soient historiquement subordonnées en termes de pouvoir économique, politique et institutionnel, elles continuent de susciter des évaluations subjectives hautement favorables dans l’opinion générale (l’effet dit « women are wonderful » documenté par Eagly et Mladinic, 1989).
L’ASI a ainsi été conçu pour capturer la dynamique par laquelle la bienveillance apparente et l’hostilité flagrante coexistent au sein des systèmes patriarcaux. En recherche fondamentale, il permet d’analyser comment ces idéologies de genre légitiment les hiérarchies statutaires et pacifient les résistances féminines. En recherche appliquée et clinique, l’inventaire sert à :
- Mesurer les facteurs prédictifs de la tolérance aux violences sexuelles et conjugales, le blâme de la victime (victim-blaming) et l’acceptation des mythes du viol.
- Explorer les dynamiques d’embauche, de promotion et de plafond de verre au sein des organisations professionnelles.
- Comprendre les conflits relationnels, la répartition asymétrique des tâches domestiques et le bien-être psychologique au sein des couples hétérosexuels.
- Étudier l’internalisation des normes patriarcales chez les femmes elles-mêmes, notamment l’adhésion au sexisme bienveillant qui mine leur sentiment d’efficacité personnelle (self-efficacy) et leurs aspirations académiques ou de carrière.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’ASI repose sur une architecture bifactorielle intégrant deux formes interconnectées mais distinctes de sexisme, chacune répondant à des fonctions psychologiques et régulatrices spécifiques.
1. Le sexisme hostile (Hostile Sexism – HS)
Le sexisme hostile traduit une vision antagoniste et accusatoire des femmes, appréhendées comme des rivales cherchant à usurper le contrôle des hommes. Il opère comme une sanction punitive infligée aux femmes qui refusent les rôles subordonnés traditionnels (par exemple, les féministes, les femmes de carrière ambitieuses, les lesbiennes ou les femmes sexuellement affirmées). Ce construit reflète :
- La dominance paternaliste compétitive : La conviction que les hommes doivent dominer les structures de pouvoir et que les femmes cherchent à obtenir des privilèges indus sous prétexte d’égalité (ex. Item 2 : les politiques d’embauche préférentielles).
- L’antagonisme hétérosexuel punitif : La croyance que les femmes utilisent leur pouvoir de séduction pour manipuler, castrer psychologiquement ou contrôler les hommes (ex. Item 11 et Item 15).
- La dépréciation de la compétence et de la rationalité : L’idée selon laquelle les femmes sont hypersensibles, exagèrent leurs difficultés professionnelles et se plaignent sans fondement légitime de discrimination (ex. Items 4, 5, 14 et 16).
2. Le sexisme bienveillant (Benevolent Sexism – BS)
Le sexisme bienveillant comprend un ensemble d’attitudes interdépendantes envers les femmes qui sont stéréotypées et limitantes sur le plan des rôles, mais dont la tonalité affective est subjectivement positive, chaleureuse et chevaleresque. Loin d’être une manifestation d’amour désintéressé, le BS opère comme une récompense accordée aux femmes qui se conforment docilement aux attentes normatives de dépendance. Il s’articule autour de trois facettes conceptuelles interconnectées :
- Le paternalisme protecteur (Protective Paternalism) : La conviction que l’homme a le devoir chevaleresque de protéger, chérir et pourvoir financièrement aux besoins de la femme, postulant implicitement que celle-ci est fragile, incomplète et incapable de naviguer de manière autonome dans le monde extérieur (ex. Items 9, 17 et 20).
- La différenciation complémentaire des genres (Complementary Gender Differentiation) : La célébration de qualités féminines traditionnelles idéalisées (pureté morale, sensibilité esthétique, goût raffiné, intuition) qui sont compensatoires par rapport au pouvoir instrumental masculin. Cette idéalisation place les femmes sur un « piédestal », justifiant leur cantonnement aux tâches domestiques, relationnelles ou éducatives (ex. Items 8, 19 et 22).
- L’intimité hétérosexuelle (Heterosexual Intimacy) : La croyance selon laquelle un homme ne peut être psychologiquement et existentiellement accompli sans l’amour dévoué d’une femme. Cette dimension met en exergue l’interdépendance dyadique tout en renforçant l’obligation de conjugalité hétéronormative (ex. Items 1 et 12).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique de l’ASI s’enracine au confluent de la théorie de l’identité sociale de Tajfel et Turner, de la théorie de la justification du système de John Jost et Mahzarin Banaji, et des théories évolutionnistes et socioculturelles des relations intergroupes. Glick et Fiske (1996, 2001) formulent une observation sociopsychologique fondamentale : la relation entre les hommes et les femmes est unique dans l’histoire des rapports intergroupes humains en raison de la coexistence de deux facteurs structurels contradictoires :
- Le statut asymétrique et la dominance masculine : Dans la quasi-totalité des sociétés, les hommes détiennent de manière disproportionnée le contrôle des ressources économiques, politiques, militaires et juridiques (patriarcat).
- L’interdépendance hétérosexuelle profonde : En raison de la reproduction sexuée et des besoins d’intimité socio-émotionnelle, le groupe dominant (les hommes) dépend viscéralement du groupe subordonné (les femmes). Les hommes ont besoin des femmes pour la continuité biologique, l’éducation de la progéniture, le soutien affectif et la gestion de l’espace domestique.
Cette configuration produit une ambivalence structurelle. Une simple hostilité punitive permanente de la part des dominants serait intenable, car elle détruirait l’intimité requise au sein de la sphère privée. Dès lors, le système patriarcal régule les rapports de genre par une stratégie classique de type « carotte et bâton » (reward and punishment) :
Le sexisme bienveillant agit comme la carotte : il récompense, chérit et sanctifie les femmes qui acceptent d’être subordonnées, dépendantes et dévouées. Le sexisme hostile agit comme le bâton : il sanctionne férocement et dénigre les femmes rebelles, carriéristes ou féministes. Les deux facettes se complètent mutuellement pour maintenir la hiérarchie de genre : des études transnationales (Glick et al., 2000) révèlent que les scores nationaux moyens de BS et de HS sont fortement corrélés positivement au niveau macro-social, les pays affichant les niveaux les plus élevés d’inégalité de genre (selon les indices du PNUD) étant ceux où les deux formes de sexisme sont les plus prégnantes.
7. Validité / Validity
L’inventaire du sexisme ambivalent bénéficie d’un corpus empirique de validation exceptionnellement vaste, documenté sur plus de deux décennies d’investigations psychométriques rigoureuses :
Validité de construit et convergente
Dans l’étude princeps de Glick et Fiske (1996), la sous-échelle HS a corrélé positivement et fortement avec des mesures reconnues d’attitudes anti-femmes classiques, telles que l’Attitudes Toward Women Scale (ATWS, r = 0,60 à 0,72) et la Modern Sexism Scale (r = 0,55 à 0,65). En revanche, la sous-échelle BS n’a présenté que des corrélations faibles à modérées avec ces mêmes échelles (r = 0,15 à 0,35), démontrant que le BS mesure une forme d’idéologie de genre distincte qui échappait aux instruments historiques focalisés sur l’hostilité.
Validité discriminante
Les analyses corrélationnelles et multi-traits multi-méthodes confirment que le HS et le BS, bien que souvent positivement corrélés chez les hommes (r = 0,30 à 0,50 selon les échantillons), constituent des construits factoriellement distincts. Le HS est spécifiquement associé à des construits d’agressivité, d’orientation vers la dominance sociale (Social Dominance Orientation, SDO), de tolérance au harcèlement sexuel et de préjugés explicites. Le BS est quant à lui spécifiquement corrélé à l’autoritarisme de droite (RWA), au conservatisme religieux, aux croyances en un monde juste, ainsi qu’à des attentes de courtoisie traditionnelle protectrice.
Validité prédictive et expérimentale
D’innombrables protocoles expérimentaux attestent de la validité prédictive de l’ASI :
- Les individus à haut score de HS évaluent négativement les candidates postulant à des postes de direction managériale masculinisés lorsqu’elles adoptent un style d’autorité affirmé.
- Les individus à haut score de BS pénalisent sévèrement les femmes qui violent les codes de pureté sexuelle (ex. attribution accrue de culpabilité lors d’un viol si la victime s’habillait de façon jugée provocante ou marchait seule la nuit), tout en se montrant très protecteurs envers les épouses dévouées.
- L’exposition de femmes à des rétroactions paternalistes sous-tendues par le BS diminue significativement leurs performances cognitives et leur mémoire de travail (Dardenne, Dumont, & Sarlet, 2007), en induisant des pensées intrusives d’incompétence.
8. Fidélité / Reliability
L’ASI fait preuve d’une robustesse psychométrique remarquable au travers de nombreux contextes géographiques et linguistiques :
- Cohérence interne : Dans les six études initiales de Glick et Fiske (1996) incluant plus de 2 200 participants, le coefficient alpha de Cronbach de l’échelle globale oscillait entre 0,83 et 0,92. La sous-échelle de sexisme hostile a démontré une consistance interne systématiquement élevée, avec des alphas compris entre 0,80 et 0,92 (médiane à 0,87). La sous-échelle de sexisme bienveillant a rapporté des alphas s’échelonnant de 0,73 à 0,85 (médiane à 0,80). Concernant les trois sous-composantes du BS, les indices de consistance sont plus modestes en raison du faible nombre d’items par dimension (paternalisme protecteur : alpha = 0,65 à 0,75 ; différenciation des genres : alpha = 0,60 à 0,72 ; intimité hétérosexuelle : alpha = 0,55 à 0,68).
- Fidélité test-retest : Dans des échantillons suivis sur des intervalles de 2 à 8 semaines, les coefficients de corrélation test-retest se sont révélés hautement stables, se situant entre r = 0,78 et r = 0,86 pour le HS, et entre r = 0,75 et r = 0,84 pour le BS, confirmant qu’il s’agit d’attitudes idéologiques chroniques et stables dans le temps.
- Réplication transculturelle : L’étude cross-culturelle de référence menée par Glick et al. (2000) auprès de plus de 15 000 participants dans 19 pays (en Amérique du Nord, Amérique latine, Europe, Asie et Afrique) a retrouvé des coefficients alpha satisfaisants (supérieurs à 0,70 dans la quasi-totalité des nations) tant pour le HS que pour le BS.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La confirmation de la bidimensionnalité de l’ASI a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies dès les phases de conception de l’outil :
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors des phases initiales d’analyse sur des échantillons d’étudiants et d’adultes, les analyses en composantes principales avec rotation oblique (oblimin ou promax) ont mis en lumière une séparation nette en deux facteurs majeurs représentant le HS et le BS, expliquant une part prépondérante de la variance totale. Les 11 items de HS saturaient lourdement sur leur facteur respectif (saturations factorielles typiquement supérieures à 0,50, plusieurs dépassant 0,70), avec des saturations croisées minimes sur le facteur BS (inférieures à 0,20). Les 11 items de BS saturaient également de façon substantielle sur leur composante propre (saturations entre 0,40 et 0,70).
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Glick et Fiske (1996) ont comparé plusieurs modèles compétitifs au moyen de l’AFC :
- Un modèle unidimensionnel où les 22 items chargent sur un seul facteur général de sexisme.
- Un modèle à deux facteurs orthogonaux (HS et BS indépendants).
- Un modèle à deux facteurs corrélés (HS et BS).
- Un modèle hiérarchique où le HS forme un facteur de premier ordre et où le BS est modélisé comme un facteur de second ordre intégrant trois facteurs de premier ordre (paternalisme, différenciation, intimité).
Le modèle unidimensionnel s’est avéré inadapté (indices d’ajustement inacceptables : RMSEA > 0,10, CFI < 0,70). En revanche, le modèle bifactoriel corrélé et le modèle hiérarchique ont affiché des ajustements satisfaisants à excellents (CFI > 0,90, TLI > 0,88, RMSEA ≤ 0,05-0,06). Les saturations standardisées pour le HS s’étalent de 0,48 à 0,78, et pour le BS de 0,42 à 0,72. Ces résultats ont été répliqués dans de nombreuses adaptations linguistiques (notamment en français par Dardenne et al., 2006).
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique auto-rapporté d’attitudes sociopsychologiques.
- Format : Papier-crayon ou administration informatisée/en ligne.
- Nombre total d’items : 22 énoncés affirmatifs.
- Structure des sous-échelles :
- Sexisme hostile (Hostile Sexism – HS) : 11 items (Items 2, 4, 5, 7, 10, 11, 14, 15, 16, 18, 21).
- Sexisme bienveillant (Benevolent Sexism – BS) : 11 items (Items 1, 3, 6, 8, 9, 12, 13, 17, 19, 20, 22).
- Échelle de réponse : Échelle de type Likert en six points graduée de 0 à 5 :
- 0 = disagree strongly (tout à fait en désaccord)
- 1 = disagree somewhat (plutôt en désaccord)
- 2 = disagree slightly (légèrement en désaccord)
- 3 = agree slightly (légèrement d’accord)
- 4 = agree somewhat (plutôt d’accord)
- 5 = agree strongly (tout à fait d’accord)
- Cotation et inversion :
- Six items sont inversés pour neutraliser le biais d’acquiescement : Items 3, 6, 7, 13, 18 et 21 (recodage : 0 = 5, 1 = 4, 2 = 3, 3 = 2, 4 = 1, 5 = 0).
- Le score de Hostile Sexism est calculé par la moyenne des items : 2, 4, 5, 7 (inversé), 10, 11, 14, 15, 16, 18 (inversé), 21 (inversé).
- Le score de Benevolent Sexism est calculé par la moyenne des items : 1, 3 (inversé), 6 (inversé), 8, 9, 12, 13 (inversé), 17, 19, 20, 22.
- Les scores varient continûment de 0 à 5 pour chaque dimension. Un score global composite peut théoriquement être obtenu en faisant la moyenne de l’ensemble des 22 items, bien que l’analyse désagrégée (HS et BS séparés) soit unanimement recommandée.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 1996 (Journal of Personality and Social Psychology).
- Statut des droits d’auteur et accessibilité : L’Ambivalent Sexism Inventory relève du domaine de la recherche universitaire libre d’accès (academic research use). L’utilisation à des fins de recherche non commerciale, académique, pédagogique ou clinique est accordée à titre gracieux par les auteurs sans redevance financière.
- Tarification : Gratuit pour la communauté scientifique et les praticiens de l’enseignement supérieur.
- Contact et autorisations : Pour toute reproduction intégrale dans un ouvrage commercial, une publication sous contrat d’édition restreint ou un projet corporatif à but lucratif, une demande officielle doit être adressée aux auteurs (Pr. Peter Glick ou Pr. Susan T. Fiske) ou à l’American Psychological Association (APA).
12. Références / References
Dardenne, B., Delacollette, N., & Grégoire, M. (2006). Adaptation et validation française de l’Ambivalent Sexism Inventory (ASI) et de l’Ambivalence Toward Men Inventory (AMI). Cahiers Internationaux de Psychologie Sociale, 72(4), 51-64. https://doi.org/10.3917/cips.072.0051
Dardenne, B., Dumont, M., & Sarlet, M. (2007). Resistance to benevolent sexism in the workplace. Revue Internationale de Psychologie Sociale, 20(4), 11-37.
Eagly, A. H., & Mladinic, A. (1989). Gender stereotypes and attitudes toward women and men. Personality and Social Psychology Bulletin, 15(4), 543-558. https://doi.org/10.1177/0146167289154008
Glick, P., & Fiske, S. T. (1996). The Ambivalent Sexism Inventory: Differentiating hostile and benevolent sexism. Journal of Personality and Social Psychology, 70(3), 491-512. https://doi.org/10.1037/0022-3514.70.3.491
Glick, P., & Fiske, S. T. (1997). Hostile and benevolent sexism: Measuring ambivalent sexist attitudes toward women. Psychology of Women Quarterly, 21(1), 119-135. https://doi.org/10.1111/j.1471-6402.1997.tb00104.x
Glick, P., & Fiske, S. T. (2001). An ambivalent alliance: Hostile and benevolent sexism as complementary justifications for gender inequality. American Psychologist, 56(2), 109-118. https://doi.org/10.1037/0003-066X.56.2.109
Glick, P., Fiske, S. T., Mladinic, A., Saiz, J. L., Abrams, D., Masser, B., Adetoun, B., Osagie, J. E., Akande, A., Alao, A., Ananjeva, A., Borchgrevink, T., Willemsen, T. M., Cakal, N., Cakal, N., Ferreira, F. C. R., Erdenebileg, S., Fisheke, O., Foddy, M., … López, W. L. (2000). Beyond prejudice as simple antipathy: Hostile and benevolent sexism across cultures. Journal of Personality and Social Psychology, 79(5), 763-775. https://doi.org/10.1037/0022-3514.79.5.763
Jost, J. T., & Banaji, M. R. (1994). The role of stereotyping in system-justification and the production of false consciousness. British Journal of Social Psychology, 33(1), 1-27. https://doi.org/10.1111/j.2044-8309.1994.tb01008.x
Spence, J. T., & Helmreich, R. (1972). The Attitudes Toward Women Scale: An objective instrument to measure attitudes toward the rights and roles of women in contemporary society. JSAS Catalog of Selected Documents in Psychology, 2, 66.
Swim, J. K., Aikin, K. J., Hall, W. S., & Hunter, B. A. (1995). Sexism and racism: Old-fashioned and modern prejudices. Journal of Personality and Social Psychology, 68(2), 199-214. https://doi.org/10.1037/0022-3514.68.2.199
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response format:
0 = disagree strongly
1 = disagree somewhat
2 = disagree slightly
3 = agree slightly
4 = agree somewhat
5 = agree strongly
Questionnaire items:
- No matter how accomplished he is‚ a man is not truly complete as a person unless he has the love of a woman.
- Many women are actually seeking special favors‚ such as hiring policies that favor them over men‚ under the guise of asking for “equality.”
- In a disaster‚ women ought not necessarily to be rescued before men.
- Most women interpret innocent remarks or acts as being sexist.
- Women are too easily offended.
- People are often truly happy in life without being romantically involved with a member of the other sex.
- Feminists are not seeking for women to have more power than men.
- Many women have a quality of purity that few men possess.
- Women should be cherished and protected by men.
- Most women fail to appreciate fully all that men do for them.
- Women seek to gain power by getting control over men.
- Every man ought to have a woman whom he adores.
- Men are complete without women.
- Women exaggerate problems they have at work.
- Once a woman gets a man to commit to her‚ she usually tries to put him on a tight leash.
- When women lose to men in a fair competition‚ they typically complain about being discriminated against.
- A good woman should be set on a pedestal by her man.
- There are actually very few women who get a kick out of teasing men by seeming sexually available and then refusing male advances.
- Women‚ compared to men‚ tend to have a superior moral sensibility.
- Men should be willing to sacrifice their own well-being in order to provide financially for the women in their lives.
- Feminists are making entirely reasonable demands of men.
- Women‚ as compared to men‚ tend to have a more refined sense of culture and good taste.