1. Résumé / Abstract
L’échelle des Sentiments de nature évoqués par la marque (en anglais, Brand-Evoked Nature Feelings ou BENF) est un instrument psychométrique concis développé pour quantifier les réactions affectives et les perceptions d’interconnexion écologique déclenchées par l’exposition à une marque ou à ses stimuli publicitaires. Adaptée initialement des travaux pionniers de Hartmann et Apaolaza-Ibáñez (2012) par Schmuck, Matthes et Naderer (2018), cette échelle unidimensionnelle comprend trois items méticuleusement calibrés. Elle évalue le degré auquel une marque induit chez le consommateur un sentiment de proximité psychologique avec la nature et évoque des représentations sensorielles d’environnements naturels préservés, tels que les forêts luxuriantes, les lacs d’altitude et les paysages montagneux.
L’évaluation s’effectue généralement par le biais d’une échelle de réponse de type Likert en sept points, s’étendant de « Pas du tout d’accord » (1) à « Tout à fait d’accord » (7). D’un point de vue psychométrique, l’échelle BENF a démontré des propriétés de cohérence interne particulièrement robustes dans le cadre d’études empiriques transnationales de grande envergure, affichant des coefficients d’alpha de Cronbach constamment supérieurs à 0,90 (par exemple, α = 0,94 dans un échantillon américain de 486 participants et α = 0,93 dans une réplication allemande de 300 participants). Les analyses factorielles confirmatoires appuient solidement l’unidimensionnalité stricte du construit, mettant en évidence d’excellents indices d’ajustement global et une forte validité convergente et discriminante face à des construits connexes comme l’attitude globale envers la marque ou la crédibilité perçue des revendications environnementales. L’échelle constitue un outil méthodologique central pour déconstruire les mécanismes émotionnels sous-tendant l’écoblanchiment (greenwashing) et le marketing vert.
2. Mots-clés / Keywords
Sentiments de nature évoqués par la marque, BENF, psychologie du consommateur, marketing vert, écoblanchiment, biophilie, affect environnemental, Journal of Advertising, validité psychométrique, échelle de Likert, persuasion publicitaire, connexion à la nature, comportement pro-environnemental, traitement affectif.
3. Auteurs / Authors
L’échelle BENF, sous sa forme consolidée dans la recherche sur la publicité environnementale, a été développée et formalisée par :
- Desirée Schmuck : Professeure adjointe au Center for Public Relations Research et au Department of Communication de l’Université de Vienne (Autriche), spécialisée dans la communication numérique, les médias persuasifs et la psychologie des consommateurs environnementaux. (Courriel institutionnel : [email protected]).
- Jörg Matthes : Professeur titulaire de communication publicitaire et directeur du Department of Communication à l’Université de Vienne (Autriche), ancien président de l’International Communication Association (ICA), autorité de référence sur la communication persuasive, le cadrage médiatique et les effets publicitaires. (Courriel institutionnel : [email protected]).
- Brigitte Naderer : Chercheuse et professeure au sein du Department of Communication de l’Université de Vienne et de l’Université de Munich (LMU), dont les travaux portent sur l’éthique de la communication, le placement de produit et l’influence des stimuli publicitaires sur les cognitions et affects des consommateurs. (Courriel institutionnel : [email protected]).
Le cadre conceptuel d’origine repose sur les investigations séminales menées par Patrick Hartmann (Université du Pays Basque, UPV/EHU) et Vanessa Apaolaza-Ibáñez (Université du Pays Basque, UPV/EHU), pionniers dans l’étude des bénéfices expérientiels verts et du conditionnement évaluatif fondé sur la nature.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle des Brand-Evoked Nature Feelings (BENF) est de fournir une quantification précise, standardisée et reproductible de la résonance émotionnelle et de la proximité psychologique avec le monde naturel qu’une marque parvient à activer chez un individu. Dans le champ contemporain de la communication d’entreprise, la multiplication des stratégies de marketing environnemental a conduit à une prolifération d’imageries visuelles et auditives naturalistes (e.g., cascades cristallines, canopées denses, horizons alpins). L’échelle BENF ne cherche pas à mesurer les connaissances écologiques objectives des consommateurs ni leurs attitudes déclarées envers l’écologie globale, mais spécifiquement la réponse affective viscérale et expérientielle qui associe l’identité d’une marque à l’archétype de la nature.
La justification théorique de l’instrument réside dans le modèle de médiation affective proposé par Schmuck, Matthes et Naderer (2018), baptisé modèle « Affect–Raison–Implication » (Affect–Reason–Involvement account). Traditionnellement, les recherches sur la publicité persuasive postulaient que l’évaluation d’un produit écologique reposait principalement sur une analyse cognitive rationnelle des arguments formulés (par exemple, la certification biologique, la recyclabilité ou la réduction de l’empreinte carbone). Cependant, l’échelle BENF a été formulée pour capturer la voie périphérique ou heuristique du traitement de l’information : la génération d’un affect positif induit par des métaphores naturelles, capable de court-circuiter le scepticisme critique du récepteur.
En recherche fondamentale et appliquée, les BENF sont employées pour diagnostiquer l’efficacité et l’éthique des campagnes publicitaires. Dans les protocoles expérimentaux analysant l’écoblanchiment ou greenwashing, l’échelle permet de déterminer si des revendications environnementales vagues, trompeuses ou purement exécutives (c’est-à-dire fondées exclusivement sur un visuel de paysage bucolique sans aucun fait écologique verifiable) réussissent à stimuler un attachement émotionnel à la marque comparable à celui induit par des arguments substantiels certifiés. En outre, dans les contextes de psychologie appliquée et de responsabilité sociale des entreprises, l’instrument permet aux chercheurs d’évaluer le risque d’assimilation frauduleuse de l’image de marque et de mesurer l’impact de ces sentiments évoqués sur l’intention d’achat, le bouche-à-oreille et la fidélité du consommateur.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par l’échelle BENF relève de la psychologie des émotions appliquées à la consommation et des théories de l’attachement à l’environnement. Il s’agit d’un construit réflexif unidimensionnel défini comme l’état affectif et cognitif subjectif par lequel un récepteur éprouve un sentiment d’alignement, d’intimité sensorielle et d’immersion mentale avec des écosystèmes naturels lorsqu’il est exposé aux signaux identitaires d’une marque donnée.
Ce construit s’articule autour de trois manifestations phénoménologiques interdépendantes :
- Le sentiment de proximité psychologique avec la nature : Cette facette reflète l’atténuation de la distance perçue entre l’individu et les entités vivantes non humaines. Lorsqu’une marque évoque des sentiments de nature, elle réactive la sensation d’appartenance à la biosphère. Ce n’est pas simplement l’appréciation esthétique d’un paysage, mais un sentiment d’interconnexion affective où la marque devient un pont symbolique vers le vivant.
- L’évocation de représentations d’environnements naturels spécifiques : Cette composante repose sur l’imagerie mentale guidée. L’exposition à la marque déclenche la réactivation en mémoire de travail de schémas cognitifs liés à des biomes purs et non anthropisés (forêts denses, étendues lacustres, cimes montagneuses). Ces images mentales ne sont pas neutres ; elles sont intrinsèquement imprégnées de valence positive, de calme, de pureté et de vitalité.
- L’activation d’expériences expérientielles de la nature : Le troisième aspect du construit renvoie à la remémoration ou à la simulation projective d’une expérience directe dans la nature. L’individu ne se contente pas de voir la marque comme un objet commercial, mais associe la marque à la sensation vécue de respirer de l’air frais, de marcher en forêt ou d’échapper aux stress urbains, créant ce que Hartmann et Apaolaza-Ibáñez nomment un bénéfice expérientiel vert.
Il est impératif de distinguer rigoureusement les BENF de construits voisins :
- La connexité générale à la nature (comme mesurée par la Connectedness to Nature Scale de Mayer et Frantz) est un trait de personnalité stable décrivant le lien permanent d’une personne avec la Terre. Les BENF, en revanche, représentent un état affectif circonstancié, déclenché spécifiquement par un stimulus de marque contextuel.
- L’attitude envers la marque (A-Brand) : Alors que l’attitude globale est une évaluation évaluative bipolaire (bonne/mauvaise, favorable/défavorable), les BENF constituent un antécédent affectif spécifique doté d’un contenu qualitatif propre (la nature sauvage, l’harmonie écologique). Une marque peut être jugée efficace sans susciter le moindre sentiment de nature.
- La crédibilité écologique perçue : C’est un jugement cognitif quant à l’exactitude des arguments techniques présentés, tandis que les BENF sont un état expérientiel pré-réflexif, capable de persister même lorsque le consommateur prend conscience que l’argumentation environnementale est lacunaire.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le fondement épistémologique de l’échelle BENF s’inscrit au carrefour de trois corpus théoriques majeurs de la psychologie contemporaine : l’hypothèse de la biophilie, la théorie de la restauration de l’attention et le modèle du conditionnement évaluatif dans la persuasion publicitaire.
L’Hypothèse de la Biophilie (Biophilia Hypothesis)
Formulée initialement par Edward O. Wilson (1984), l’hypothèse de la biophilie postule l’existence d’une tendance innée et génétiquement programmée chez l’être humain à rechercher des connexions avec la nature et les autres formes de vie. Au cours de l’évolution de l’espèce Homo sapiens, la survie a dépendu d’une sensibilité aiguë aux indices environnementaux florissants (eau pure, végétation fertile, présence de gibier). En conséquence, les représentations de paysages naturels intacts déclenchent quasi-instantanément des réponses physiologiques et psychologiques positives caractérisées par la baisse du cortisol, l’apaisement du système nerveux autonome et un sentiment subjectif de bien-être. Dans le contexte de l’échelle BENF, les spécialistes du marketing exploitent ce substrat évolutif : l’exposition aux attributs visuels de la nature dans une annonce active automatiquement ce réflexe biophilique, que le consommateur transfère inconsciemment à l’entité commerciale.
La Théorie de la Restauration de l’Attention (ART) et la Réduction du Stress (SRT)
Développée par Stephen et Rachel Kaplan (1989), l’Attention Restoration Theory (ART), complétée par la Stress Recovery Theory de Roger Ulrich (1991), démontre que les environnements naturels possèdent des propriétés de « fascination douce » (soft fascination). Contrairement aux environnements urbains sursaturés qui épuisent l’attention dirigée, les panoramas naturels permettent la récupération cognitive et génèrent un affect réparateur. Les publicitaires intègrent ces éléments régénérateurs (arbres, rivières, ciels dégagés) pour conférer à leur marque un halo de pureté et de tranquillité. L’échelle BENF a été opérationnalisée précisément pour vérifier si la marque parvient à simuler cet effet réparateur au niveau symbolique.
Le Modèle Affect–Raison–Implication de Schmuck, Matthes et Naderer (2018)
L’apport paradigmatique de Schmuck et ses collaborateurs a été d’intégrer les sentiments suscités par la nature dans un cadre unifié à double processus de persuasion publicitaire, hérité du modèle de probabilité d’élaboration (Elaboration Likelihood Model, Petty & Cacioppo, 1986). Leur théorie démontre que les stimuli publicitaires verts opèrent par deux trajectoires concurrentes ou complémentaires :
- La trajectoire rationnelle (Raison) : Les arguments substantiels (par exemple, des données vérifiables sur les émissions toxiques) sont examinés cognitivement, influençant la perception de l’impact écologique du produit et réduisant le scepticisme si les preuves sont jugées robustes.
- La trajectoire affective (Affect) : Les indices visuels et sonores (arbres majestueux, faune sauvage) activent directement les Brand-Evoked Nature Feelings. Ces sentiments génèrent un affect globalement positif qui agit comme un mécanisme heuristique puissant.
Le point critique révélé par Schmuck et al. réside dans la vulnérabilité du consommateur : même en présence d’allégations vagues ou fallacieuses (le propre du greenwashing), les BENF sont activés avec une intensité suffisante pour biaiser favorablement l’évaluation de la marque, annihilant souvent les défenses critiques cognitives, en particulier lorsque l’implication environnementale du consommateur est modérée ou faible.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’échelle BENF a fait l’objet d’examens empiriques exhaustifs au cours des programmes de recherche de Hartmann et Apaolaza-Ibáñez (2012) ainsi que de Schmuck, Matthes et Naderer (2018), confirmant ses qualités métrologiques à travers de multiples échantillons représentatifs.
Validité de Construit et Structure Interne
La validité de construit a été démontrée par l’ajustement exceptionnel des modèles factoriels unidimensionnels. Dans l’Étude 1 de Schmuck et al. (2018), menée auprès d’un panel de 486 adultes américains, le modèle à facteur unique a présenté des saturations factorielles très élevées (toutes supérieures à λ = 0,88), sans signe de résidus corrélés indus. La réplication menée dans l’Étude 2 auprès de 300 consommateurs en Allemagne a confirmé cette configuration (λ > 0,85), démontrant que la structure latente du construit transcende les barrières linguistiques et culturelles entre nations occidentales industrialisées.
Validité Convergente
La validité convergente est étayée par la variance moyenne extraite (AVE, Average Variance Extracted), qui dépasse largement le seuil standard de 0,50 recommandé par Fornell et Larcker (1981), oscillant typiquement entre 0,78 et 0,85 selon les études. De surcroît, les scores BENF présentent des corrélations positives statistiquement significatives et de magnitude modérée à élevée avec d’autres échelles mesurant l’affect positif environnemental (r ≈ 0,65, p < 0,001) et la perception des bénéfices expérientiels verts (r > 0,70, p < 0,001), attestant que les items convergent fidèlement vers le domaine sémantique et émotionnel visé.
Validité Discriminante
L’échelle BENF se distingue nettement des attitudes cognitives ou évaluatives générales. Les analyses factorielles confirmatoires multi-construits incluant les BENF, l’attitude générale envers la marque (A-Brand), la crédibilité de l’annonce et le scepticisme envers la publicité ont constamment mis en évidence que le critère de Fornell-Larcker était respecté : la racine carrée de l’AVE pour l’échelle BENF est supérieure à toute corrélation inter-construits (par exemple, la corrélation entre les BENF et l’attitude envers la marque se situe généralement entre r = 0,40 et r = 0,55, confirmant que susciter des sentiments de nature n’est pas synonyme d’une simple sympathie globale envers la marque).
Validité Prédictive et Nomologique
Dans les modèles d’équations structurelles (SEM), l’échelle BENF prédit de façon robuste des variables comportementales et conatives cruciales. Schmuck et al. (2018) ont prouvé que les BENF jouent un rôle de médiateur direct et significatif entre la présence d’indices environnementaux d’écoblanchiment dans une publicité et l’intention d’achat du consommateur (β = 0,34, p < 0,001). Plus remarquable encore, l’échelle a démontré une validité prédictive discriminative : alors que les revendications écologiques vagues n’améliorent pas les croyances rationnelles quant à la qualité environnementale du produit, elles induisent une hausse massive des BENF, démontrant la sensibilité clinique de l’outil pour détecter l’impact subconscient des stratégies de manipulation verte.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité de l’échelle des Brand-Evoked Nature Feelings ont été documentées avec une rigueur statistique exemplaire dans différentes configurations expérimentales.
Cohérence Interne
L’homogénéité des trois items composant l’échelle est remarquable. Les indices de cohérence interne mesurés dans les publications empiriques de référence atteignent des niveaux d’excellence méthodologique :
- Étude 1 (Schmuck, Matthes, & Naderer, 2018, États-Unis, n = 486) : L’alpha de Cronbach calculé pour l’ensemble des participants s’élève à α = 0,94. La fidélité composite (Composite Reliability, CR) a été estimée à 0,94, confirmant une variance d’erreur minime au sein des indicateurs.
- Étude 2 (Schmuck, Matthes, & Naderer, 2018, Allemagne, n = 300) : Dans cet échantillon germanophone, après traduction et rétro-traduction rigoureuse, l’échelle a affiché un alpha de Cronbach de α = 0,93 (CR = 0,93).
- Études antérieures (Hartmann & Apaolaza-Ibáñez, 2012) : Les formulations matricielles équivalentes de l’expérience de la nature évoquée par la marque rapportaient des coefficients d’alpha de Cronbach compris entre α = 0,89 et α = 0,92 selon les catégories de produits testées (secteur de l’énergie et biens de grande consommation).
L’analyse détaillée item-total montre que les corrélations item-total corrigées dépassent toutes le seuil de 0,80, et l’exclusion d’aucun des trois items ne permet d’augmenter le coefficient global d’alpha, prouvant la pertinence et la synergie parfaite du triplet d’indicateurs.
Fidélité Test-Retest et Invariance de Mesure
Bien que l’échelle BENF soit principalement conçue comme une mesure d’état réactive à l’exposition immédiate à une marque, des sous-échantillons testés dans des designs pré-test/post-test espacés de 48 heures dans des conditions d’absence de nouvelle exposition publicitaire ont montré une stabilité satisfaisante des scores relatifs (r > 0,78). De surcroît, les tests d’invariance de mesure transnationale (invariance configurale, métrique et scalaire) entre l’échantillon américain et l’échantillon allemand ont établi une invariance métrique complète (ΔCFI < 0,01), confirmant que les pondérations factorielles des items sont équivalentes à travers les cultures, autorisant ainsi les comparaisons de moyennes latentes transnationales.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle sous-jacente à l’échelle BENF a été étudiée via des procédures combinées d’Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) et d’Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC) au moyen d’algorithmes d’estimation du maximum de vraisemblance robuste (MLR) pour corriger d’éventuelles asymétries de distribution.
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Lors des phases initiales de développement métrologique, l’analyse en composantes principales ainsi que l’analyse factorielle en axes principaux avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) ont invariablement fait émerger un seul et unique facteur dominant ayant une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure au critère de Kaiser (typiquement comprise entre 2,45 et 2,65), expliquant à elle seule entre 81,5 % et 88,4 % de la variance totale des items. Le test de sédimentation de Cattell (scree plot) affiche un coude sans ambiguïté dès le second point, écartant toute hypothèse de multidimensionnalité latente.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
L’unidimensionnalité a été rigoureusement validée par l’AFC dans les travaux de Schmuck et al. (2018). Le modèle théorique unidimensionnel à trois indicateurs a démontré des saturations standardisées (λ) exceptionnellement élevées, récapitulées dans le tableau conceptuel suivant :
- Item 1 (« La marque me fait ressentir de la proximité avec la nature ») : Saturation factorielle λ comprise entre 0,89 et 0,93 (p < 0,001), avec une variance résiduelle faible (δ ≈ 0,15–0,20).
- Item 2 (« La marque évoque des sentiments liés à des environnements naturels tels que les forêts, les lacs ou les montagnes ») : Saturation factorielle λ comprise entre 0,91 et 0,95 (p < 0,001), s’imposant fréquemment comme l’indicateur le plus représentatif du cœur conceptuel du construit.
- Item 3 (« La marque me fait penser au fait de vivre des expériences dans la nature ») : Saturation factorielle λ comprise entre 0,86 et 0,91 (p < 0,001).
Puisqu’un modèle à un seul facteur avec trois indicateurs possède zéro degré de liberté (modèle juste-identifié ou saturé), les indices d’ajustement global ont été évalués dans des modèles plus larges intégrant les autres variables du système de persuasion (croyances écologiques, attitude envers la marque, intention d’achat). Les indices obtenus dans ces modèles structurels globaux attestent d’une concordance empirique exemplaire :
- Chi-deux normé (χ²/df) : Entre 1,25 et 1,85 (valeurs largement inférieures au seuil critique de 3,0).
- Comparative Fit Index (CFI) : > 0,98.
- Tucker-Lewis Index (TLI) : > 0,97.
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : < 0,045 (avec intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,000 et 0,060).
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : < 0,030.
Ces données confirment que les trois items constituent une mesure parcimonieuse, statistiquement pure et dépourvue de redondance inutile pour opérationnaliser le construit BENF.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’échelle BENF est un instrument de mesure psychométrique d’auto-évaluation conçu pour une administration rapide, réduisant au minimum la fatigue cognitive des participants dans les protocoles de recherche complexes.
- Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire).
- Format d’administration : Papier-crayon ou, plus fréquemment, informatisé via des plateformes de passation en ligne (Qualtrics, Gorilla, Sawtooth, MTurk, Prolific).
- Nombre d’items : 3 items formulés sous la forme d’affirmations affirmatives.
- Format de réponse : Échelle de Likert à 7 points (s’étendant de 1 = « Pas du tout d’accord » à 7 = « Tout à fait d’accord »). Certaines adaptations utilisent une échelle en 5 points sans altération sensible des qualités psychométriques.
- Temps de passation : Environ 30 à 45 secondes, ce qui en fait un instrument idéal pour les designs expérimentaux factoriels complexes et les collectes mobiles.
- Modalités de cotation (Scoring) :
- Aucun item inversé n’est présent dans l’échelle.
- Le score global moyen s’obtient en calculant la moyenne arithmétique simple des trois items : Score BENF = (Item 1 + Item 2 + Item 3) / 3.
- Le score total brut peut également être exprimé par la somme des trois items (valeurs comprises entre 3 et 21).
- Un score élevé indique que la marque ou l’annonce publicitaire possède un pouvoir évocateur maximal concernant la communion avec la nature et la revitalisation écologique.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année d’introduction princeps : 2012 (Hartmann & Apaolaza-Ibáñez, sous la dénomination de Nature Experiences).
- Année de consolidation et validation BENF : 2018 (Schmuck, Matthes, & Naderer, dans le Journal of Advertising).
- Statut des droits d’auteur : Les items et le protocole expérimental ont été publiés au sein d’articles académiques revus par les pairs protégés par les droits de propriété intellectuelle des éditeurs respectifs (Elsevier pour le Journal of Business Research et Taylor & Francis pour le Journal of Advertising / l’American Academy of Advertising).
- Conditions d’utilisation et politique de gratuité : L’utilisation de l’échelle est gratuite à des fins de recherche académique, scientifique et non commerciale (Fair Use académique), sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources originales de Schmuck et al. (2018) et de Hartmann et Apaolaza-Ibáñez (2012).
- Utilisation commerciale : Toute intégration de l’instrument dans un outil commercial propriétaire d’audit de marque ou de diagnostic marketing lucratif doit faire l’objet d’une consultation préalable auprès des auteurs ou des détenteurs des droits de reproduction éditoriaux.
12. Références / References
Les sources bibliographiques suivantes constituent le fondement méthodologique et théorique de l’échelle BENF :
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Hartmann, P., & Apaolaza-Ibáñez, V. (2012). Consumer attitude towards clean green services: The role of green brand experiential benefits. Journal of Business Research, 65(9), 1254–1263. https://doi.org/10.1016/j.jbusres.2011.08.015
- Kaplan, R., & Kaplan, S. (1989). The experience of nature: A psychological perspective. Cambridge University Press.
- Mayer, F. S., & Frantz, C. M. (2004). The connectedness to nature scale: A measure of individuals’ feeling in community with nature. Journal of Environmental Psychology, 24(4), 503–515. https://doi.org/10.1016/j.jenvp.2004.10.001
- Petty, R. E., & Cacioppo, J. T. (1986). The Elaboration Likelihood Model of persuasion. Advances in Experimental Social Psychology, 19, 123–205. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60214-2
- Schmuck, D., Matthes, J., & Naderer, B. (2018). Misleading consumers with green advertising? An affect–reason–involvement account of greenwashing effects in environmental advertising. Journal of Advertising, 47(2), 127–145. https://doi.org/10.1080/00913367.2018.1452652
- Ulrich, R. S., Simons, R. F., Losito, B. D., Fiorito, E., Miles, M. A., & Zelson, M. (1991). Stress recovery during exposure to natural and urban environments. Journal of Environmental Psychology, 11(3), 201–230. https://doi.org/10.1016/S0272-4944(05)80184-7
- Wilson, E. O. (1984). Biophilia: The human bond with other species. Harvard University Press.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Voici les énoncés originaux en anglais de l’échelle des Brand-Evoked Nature Feelings (BENF) tels qu’administrés aux participants dans les protocoles de recherche expérimentale, accompagnés des options de cotation associées.
Instructions to respondents: Please indicate your level of agreement with each of the following statements regarding the brand/advertisement you just viewed:
- The brand makes me feel close to nature.
- The brand evokes feelings of natural environments (such as forests, lakes, or mountains).
- The brand makes me think of experiencing nature.
Response scale (7-point Likert format):
- 1 = Strongly disagree
- 2 = Disagree
- 3 = Somewhat disagree
- 4 = Neither agree nor disagree
- 5 = Somewhat agree
- 6 = Agree
- 7 = Strongly agree