Sensibilité au rabaissement (1 et 2)

Analyse psychométrique détaillée de l’échelle de Sensibilité au rabaissement (1 et 2) de Paul Gilbert et Jeremy Miles : cadre théorique du rang social, propriétés métrologiques et passation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’échelle de Sensibilité au rabaissement (1 et 2) (Sensitivity to Put-Down Scale – SPD), élaborée par le psychologue clinicien britannique Paul Gilbert et le méthodologue Jeremy N. V. Miles en 2000, constitue un outil psychométrique multidimensionnel conçu pour évaluer la réactivité affective et les attributions causales d’un individu confronté à des menaces de dévaluation sociale, de rejet ou d’humiliation interpersonnelle. Ancrée dans la théorie du rang social et la psychopathologie évolutionniste, cette échelle part du postulat que l’évaluation du statut hiérarchique et la peur de la subordination involontaire régulent de nombreuses réponses psychopathologiques, notamment dans les troubles dépressifs, l’anxiété sociale et les difficultés de régulation de la colère.

L’instrument repose sur une liste de 20 situations prototypiques de rabaissement interpersonnel, de mépris ou de critique sociale (ex. : être critiqué, être traité comme un enfant, être regardé avec mépris). Il se structure en deux volets indépendants mais complémentaires :

  • SPD-1 (Réactivité émotionnelle) : évalue la détresse/anxiété d’une part, et la colère/irritabilité d’autre part, ressenties face à chaque situation.
  • SPD-2 (Attribution du blâme) : mesure la tendance à orienter la faute vers soi-même (auto-blâme) ou vers autrui (blâme d’autrui).

Chaque volet génère deux scores distincts sur une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout ») à 5 (« Extrêmement »), permettant d’obtenir quatre dimensions cliniques autonomes : Détresse, Colère, Auto-blâme et Blâme d’autrui. Les propriétés psychométriques établies lors des études initiales et des recherches ultérieures révèlent une consistance interne exceptionnelle, avec des coefficients alpha de Cronbach systématiquement supérieurs à 0,90 pour chacune des quatre sous-échelles. L’échelle démontre une excellente validité convergente avec les mesures de la honte (interne et externe), de la dépression, de la soumission sociale et de l’hostilité, faisant de la SPD un instrument fondamental pour la recherche clinique et la psychothérapie centrée sur la compassion (CFT).

2. Mots-clés / Keywords

Sensibilité au rabaissement, Dévaluation sociale, Théorie du rang social, Honte, Auto-blâme, Blâme d’autrui, Anxiété sociale, Psychométrie, Psychopathologie évolutionniste, Régulation émotionnelle, Hostilité, Psychothérapie centrée sur la compassion.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs de renommée internationale en psychologie clinique et en biostatistique :

  • Paul Gilbert, Ph.D., FBPsS : Professeur émérite de psychologie clinique à l’Université de Derby (Royaume-Uni), directeur de la Mental Health Research Unit du Derbyshire Healthcare NHS Foundation Trust, fondateur de la Compassion Focused Therapy (CFT) et auteur prolifique sur les dynamiques de rang social, de honte et d’attachement. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Jeremy N. V. Miles, Ph.D. : Psychométricien et biostatisticien, alors affilié à l’Université de Derby et ayant poursuivi ses travaux au sein de la RAND Corporation (Santa Monica, États-Unis), spécialiste international des modélisations par équations structurelles, des analyses psychométriques avancées et de la méthodologie quantitative.
  • Collaborateurs majeurs des études ultérieures : Chris Irons, Kirsten McEwan, Ken Olsen et Jean Gilbert (Mental Health Research Unit, Kingsway Hospital, Derby, Royaume-Uni).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Sensitivity to Put-Down Scale est de quantifier avec précision les schémas cognitifs et affectifs déclenchés par les micro-agressions sociales, le mépris et les attaques contre le statut d’un individu. Dans les espèces sociales, et tout particulièrement chez l’être humain, la survie et le bien-être psychologique dépendent intimement de l’intégration au groupe, de l’acceptation par les pairs et de la préservation d’une valeur sociale perçue (théorie du sociomètre). Dès lors qu’un individu subit une dévaluation (« put-down »), le système nerveux central traite cette agression comme une menace directe pesant sur son statut, sa sécurité relationnelle et ses ressources d’attachement.

La SPD a été spécifiquement conceptualisée pour répondre à plusieurs limites des inventaires d’anxiété et de dépression traditionnels :

  • Désenchevêtrement des émotions d’apaisement/soumission versus d’attaque/défense : De nombreuses échelles évaluent la détresse de manière indifférenciée. La SPD distingue formellement la réponse de retrait/soumission (détresse et anxiété) de la réponse agonistique de contre-attaque (colère et irritation) face à un même stimulus social.
  • Cartographie des styles attributionnels interpersonnels : Inspirée par les travaux de la théorie de l’attribution et de l’impuissance apprise, l’échelle examine si l’individu intériorise la faute (assumant un statut subordonné défectueux : « C’est ma faute, je suis nul ») ou s’il l’extériorise (percevant autrui comme injuste, malveillant ou hostile : « Les autres sont cruels et méprisants »).
  • Applications en psychothérapie cognitive et comportementale (TCC) et en CFT : En milieu clinique, l’instrument permet d’objectiver les vulnérabilités aux schémas précoces d’incompétence, de défectuosité et de honte. Il éclaire les mécanismes par lesquels les patients souffrant de dépression majeure adoptent une stratégie de soumission involontaire, tandis que les patients présentant des traits de personnalité limite, paranoïaque ou narcissique oscillent entre auto-accusation douloureuse et rage défensive dirigée contre l’environnement.
  • Recherche fondamentale sur les hiérarchies sociales : L’échelle sert d’indicateur empirique pour mesurer l’hypervigilance aux indices de rang social, permettant d’étudier comment la perception des inégalités de statut prédispose aux troubles de l’humeur.

5. Construit psychologique / Construct

Le concept de « put-down » (rabaissement, humiliation ou dénigrement) fait référence à toute transaction interpersonnelle explicite ou implicite signalant à un individu qu’il est jugé inférieur, incompétent, repoussant, ridicule ou indésirable au sein de la matrice relationnelle. La SPD opérationnalise ce construit autour de quatre composantes psychologiques distinctes, mesurées à travers 20 scénarios universels :

1. Détresse et Anxiété sociale (SPD-1 Gauche)

Cette dimension mesure l’intensité de la réaction affective aversive internalisée provoquée par la perspective du rabaissement. Sur le plan évolutif, cette réponse correspond à l’activation du système de menace orienté vers la soumission ou la fuite. L’individu ressent une anxiété aiguë, une peur du rejet, une sensation de perte de contrôle et une honte imminente. Des items tels que « Être montré du doigt en public » ou « Être qualifié d’un nom désobligeant (ex. stupide/laid) » activent des patterns d’inhibition comportementale. Un score élevé reflète une profonde insécurité de statut, une dépendance excessive à l’approbation d’autrui et une vulnérabilité aux épisodes d’effondrement dépressif.

2. Colère et Irritabilité (SPD-1 Droite)

À l’opposé de l’inhibition craintive, cette composante quantifie la mobilisation agonistique de l’énergie psychique. Face à l’humiliation ou au manque de respect (ex. : « Quelqu’un qui profite de vous » ou « Ne pas être traité avec respect »), l’individu ressent de l’indignation, de l’exaspération ou de la rage. La colère sert ici de bouclier défensif visant à préserver l’estime de soi, à repousser le prédateur social ou à restaurer symboliquement le rang contesté. Les recherches indiquent que les profils combinant une forte détresse et une forte colère présentent une dérégulation affective marquée, fréquente dans les traumatismes interpersonnels complexes.

3. Blâme de soi / Auto-blâme (SPD-2 Gauche)

Cette sous-échelle évalue l’attribution causale interne, globale et stable de l’expérience de rejet. Face à la critique ou au mépris, le sujet conclut que l’agression est justifiée par ses propres lacunes intrinsèques (« S’ils se moquent de moi, c’est que je suis fondamentalement inadapté ou déficient »). Ce construit est indissociable de la honte internalisée (internal shame). L’auto-blâme bloque l’expression de la colère saine, transformant l’hostilité en auto-dénigrement, rumination dépressive et comportements autopunitifs.

4. Blâme d’autrui (SPD-2 Droite)

Cette dimension capture l’attribution causale externe de l’attaque. L’individu attribue l’acte de dénigrement à la malice, à l’injustice, au sadisme ou au manque d’empathie d’autrui (« Les autres sont malveillants, calculateurs ou manipulateurs »). Si cette attribution protège dans une certaine mesure le noyau du soi contre la dévalorisation immédiate, elle alimente en revanche la rancœur chronique, la méfiance paranoïde, les sentiments d’amertume et les conduites d’agressivité réactive.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement théorique principal de l’échelle réside dans la théorie du rang social (Social Rank Theory), formalisée par Paul Gilbert au début des années 1990 et enrichie au tournant des années 2000. Ce modèle théorique articule les apports de la biologie évolutive, de l’éthologie comparative (notamment les observations de John Price sur les hiérarchies de dominance chez les primates) et de la psychologie cognitive béhavioriste.

Mécanismes biosociaux et compétition pour le statut

Selon Gilbert, l’évolution a façonné des systèmes motivationnels spécialisés appelés « systèmes d’attention et d’objectifs biosociaux » (social mentalities). Parmi ceux-ci, la mentalité de compétition et de hiérarchie régule l’accès aux ressources limitées (nourriture, partenaires sexuels, statut, respect communautaire). Dans les contextes de compétition sociale, deux stratégies majeures coexistent :

  • La stratégie de dominance/confiance : l’individu rivalise pour le prestige par ses compétences ou sa force, tolérant la critique comme une rétroaction constructive ou un défi surmontable.
  • La stratégie de soumission involontaire (Involuntary Subordinate Strategy – ISS) : lorsqu’un individu perçoit que les autres sont plus puissants, critiques et susceptibles de l’évincer du groupe, un mécanisme de sauvegarde s’active pour inhiber toute contre-attaque potentiellement suicidaire. Cette soumission se manifeste par de l’inhibition comportementale, de la détresse, de l’anxiété de performance et une dévaluation de son propre statut.

Honte externe versus Honte interne

La distinction opérée dans la SPD entre SPD-1 et SPD-2 s’articule étroitement avec les travaux de Gilbert sur la dynamique de la honte :

  • La honte externe découle de la perception que « les autres me voient comme inférieur, ridicule ou mauvais ». Elle génère une hypervigilance défensive face aux regards d’autrui, mesurée par la réactivité de détresse ou de colère dans SPD-1.
  • La honte interne survient lorsque le sujet s’approprie le regard hostile de l’autre et s’auto-identifie à cette défaillance. C’est précisément ce que quantifie la dimension « Blâme de soi » de SPD-2. À l’inverse, si l’individu rejette la légitimité du rabaissement tout en percevant l’agression, la honte externe se transmute en rage de honte (shame-rage) médiée par le « Blâme d’autrui » et la « Colère ».

Format méthodologique d’Arrindell

Sur le plan méthodologique, la conception de la SPD s’est inspirée de l’architecture psychométrique développée par Willem A. Arrindell et ses collaborateurs (1990) dans l’étude des situations assertives (Scale of Interpersonal Behaviour). Arrindell a démontré l’impériale nécessité de dissocier le stimulus contextuel de la réponse affective d’une part, et de la réponse comportementale ou cognitive d’autre part, en proposant une présentation matricielle à double colonne encadrant les énoncés cibles.

7. Validité / Validity

Les études empiriques conduites par Gilbert et Miles (2000), suivies de réplications approfondies (Gilbert et al., 2006), fournissent des indices psychométriques robustes quant à la validité globale de l’instrument.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives et théoriquement cohérentes avec un ensemble d’instruments psychométriques standardisés :

  • Honte et Dévaluation perçue : La sous-échelle Détresse de la SPD présente de fortes corrélations positives avec l’échelle Other As Shamer (OAS ; $r = 0,60$ à $0,72$, $p < 0,001$), confirmant que la peur du rabaissement est au cœur de la honte externe. La dimension Auto-blâme corrèle massivement avec l’Internalized Shame Scale (ISS ; $r = 0,65$, $p < 0,001$).
  • Dépression et Anxiété : La Détresse et l’Auto-blâme sont fortement corrélés aux scores de l’inventaire de dépression de Beck (BDI ; $r$ oscillant entre $0,48$ et $0,58$, $p < 0,001$) et aux mesures d'anxiété sociale (FNE - Fear of Negative Evaluation ; $r > 0,60$). En revanche, le Blâme d’autrui n’affiche que de faibles corrélations avec la dépression unipolaire, mais s’associe à l’affectivité négative générale.
  • Colère et Hostilité : La sous-échelle Colère/Irritabilité (SPD-1) et le Blâme d’autrui (SPD-2) corrèlent de façon hautement significative avec les échelles de colère-trait (STAS – State-Trait Anger Scale de Spielberger ; $r = 0,55$ à $0,68$, $p < 0,001$) et les mesures d'hostilité interpersonnelle.

Validité discriminante

Les données démontrent que bien que modérément corrélées entre elles (les individus sensibles au statut réagissant souvent avec une intensité globale accrue), les dimensions de Détresse et de Colère se séparent nettement lors des modélisations structurelles. De même, l’Auto-blâme et le Blâme d’autrui présentent des patterns de corrélations divergentes vis-à-vis de l’estime de soi : l’auto-blâme est inversement corrélé à l’estime de soi globale (échelle de Rosenberg ; $r = -0,54$, $p < 0,001$), alors que le blâme d’autrui montre une corrélation non significative ou faiblement négative ($r = -0,12$, non significatif), prouvant une claire divergence des construits.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’échelle de Sensibilité au rabaissement a fait l’objet d’évaluations rigoureuses auprès d’échantillons non cliniques (étudiants et adultes tout-venant) et de cohortes cliniques suivies en psychiatrie ambulatoire.

Consistance interne

Dans l’étude princeps de Gilbert et Miles (2000), la consistance interne, quantifiée par le coefficient alpha de Cronbach, s’est avérée exceptionnelle pour l’ensemble des sous-échelles de 20 items :

  • SPD-1 Détresse / Anxiété : $\alpha = 0,94$
  • SPD-1 Colère / Irritabilité : $\alpha = 0,93$
  • SPD-2 Auto-blâme : $\alpha = 0,92$
  • SPD-2 Blâme d’autrui : $\alpha = 0,91$

Dans la recherche ultérieure menée par Gilbert, Irons et al. (2006) portant sur des populations différenciées selon le genre et les profils d’humeur, les coefficients de cohérence interne sont demeurés remarquablement stables, oscillant uniformément entre $0,90$ et $0,95$. Les corrélations item-total corrigées dépassent le seuil recommandé de $0,40$ pour la quasi-totalité des items (la majorité se situant entre $0,55$ et $0,78$), attestant de l’excellente homogénéité thématique de chaque sous-échelle.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Bien que la SPD mesure en partie des réactions situationnelles projetées, elle capture un trait stable de sensibilité au rang social. Les coefficients de fidélité test-retest à un intervalle de quatre semaines (évalués sur un sous-échantillon académique) indiquent une stabilité substantielle :

  • Détresse : $r = 0,82$
  • Colère : $r = 0,79$
  • Auto-blâme : $r = 0,80$
  • Blâme d’autrui : $r = 0,76$

Ces coefficients démontrent que l’instrument capte des dispositions cognitives et affectives durables plutôt que de simples fluctuations d’humeur passagères.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de la SPD a été vérifiée par des analyses factorielles exploratoires (AFE) à extraction en composantes principales suivies de rotations obliques (Promax / Direct Oblimin), autorisant les facteurs à être intercorrélés.

Structure factorielle de la SPD-1 (Émotions)

L’analyse factorielle des 40 réponses émotionnelles (20 items cotés en détresse et 20 items cotés en colère) met systématiquement en évidence une solution à deux facteurs orthogonaux ou modérément corrélés ($r \approx 0,35$) :

  • Facteur 1 (Détresse sociale) : Ce facteur regroupe l’ensemble des cotations de la colonne de gauche. Les saturations factorielles (factor loadings) s’échelonnent de $0,52$ à $0,81$. Les items les plus saturants concernent l’exclusion passive et l’humiliation ouverte (ex. : « Être vu comme inférieur », « Être montré du doigt en public »).
  • Facteur 2 (Colère réactive) : Ce facteur agrège l’ensemble des cotations de la colonne de droite, avec des saturations variant de $0,48$ à $0,79$. Les items fortement saturés impliquent l’injustice active ou l’exploitation (ex. : « Quelqu’un qui profite de vous », « Ne pas être traité avec respect »).

Structure factorielle de la SPD-2 (Attributions)

L’analyse des 40 réponses attributionnelles confirme sans équivoque une structure bifactorielle pure, sans contamination croisée majeure :

  • Facteur 1 (Attribution interne / Auto-blâme) : Regroupe l’intégralité des 20 cotations d’auto-accusation, avec des saturations factorielles dominantes comprises entre $0,55$ et $0,84$. L’item « Être informé que votre performance est inadéquate » présente ici une charge particulièrement élevée.
  • Facteur 2 (Attribution externe / Blâme d’autrui) : Regroupe les 20 cotations d’extériorisation, avec des saturations comprises entre $0,50$ et $0,78$. La corrélation interfactorielle entre l’auto-blâme et le blâme d’autrui est très modeste ($r = 0,14$ à $0,22$), confirmant que ces deux stratégies cognitives ne sont pas les pôles opposés d’un continuum unique, mais bien deux mécanismes indépendants pouvant coexister chez un même individu.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’administration de la SPD s’effectue sous forme d’un questionnaire auto-rapporté papier-crayon ou numérique, demandant environ 10 à 15 minutes de passation complète pour les deux volets.

  • Format global : Deux livrets ou sections successives (SPD-1 et SPD-2) présentant la même liste de 20 situations de la vie sociale courante associées à la critique ou au rabaissement.
  • Présentation matricielle : Chaque situation est encadrée par deux colonnes d’évaluation Likert en 5 points :
    • 1 = Pas du tout (Not at all)
    • 2 = Un peu (Somewhat)
    • 3 = Plutôt (Rather)
    • 4 = Beaucoup (Very)
    • 5 = Extrêmement (Extremely)
  • Cotation et calcul des scores :
    • Score de Détresse (SPD-1 Gauche) : Somme des 20 items de la colonne gauche. Score total allant de 20 à 100. Un score élevé dénote une anxiété sociale majeure et une vulnérabilité à l’effondrement du rang social.
    • Score de Colère (SPD-1 Droite) : Somme des 20 items de la colonne droite. Score total allant de 20 à 100. Un score élevé reflète une hyperréactivité agonistique et une tendance à l’hostilité défensive.
    • Score d’Auto-blâme (SPD-2 Gauche) : Somme des 20 items de la colonne gauche du second volet. Score total allant de 20 à 100. Évalue le degré d’intériorisation de la défectuosité et de honte interne.
    • Score de Blâme d’autrui (SPD-2 Droite) : Somme des 20 items de la colonne droite du second volet. Score total allant de 20 à 100. Évalue le niveau d’attribution hostile externe et de ressentiment.
  • Utilisation modulaire : Bien que l’administration combinée offre un profil complet (émotionnel et attributionnel), les auteurs indiquent expressément que SPD-1 et SPD-2 peuvent être employés indépendamment l’un de l’autre selon les objectifs de recherche ou les contraintes cliniques.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication officielle : 2000 (première parution dans la revue Personality and Individual Differences).
  • Détenteurs des droits : © Paul Gilbert et Jeremy N. V. Miles (2000).
  • Conditions d’utilisation et Tarifs : L’échelle de sensibilité au rabaissement est mise à disposition gratuitement pour la recherche scientifique, l’enseignement universitaire et la pratique clinique non commerciale. Aucun droit de licence pécuniaire n’est exigé pour l’usage académique standard.
  • Modalités d’accès : L’outil et ses clés de cotation sont historiquement hébergés et diffusés par la Mental Health Research Unit de l’Université de Derby (www.derby.ac.uk). Les chercheurs et cliniciens sont simplement tenus de citer rigoureusement les publications princeps lors de toute diffusion de données ou d’adaptation linguistique.

12. Références / References

  • Arrindell, W. A., Sanderman, R., & Ranchor, A. V. (1990). The Scale of Interpersonal Behaviour and the Wolpe-Lazarus Assertiveness Scale: A correlational and factor analytic comparison in a normal Dutch sample. Personality and Individual Differences, 11(5), 509–513. https://doi.org/10.1016/0191-8869(90)90208-Y
  • Gilbert, P. (1992). Depression: The evolution of powerlessness. Lawrence Erlbaum Associates / Psychology Press.
  • Gilbert, P. (2000). The relationship of shame, social anxiety and depression: The role of the evaluation of social rank. Clinical Psychology & Psychotherapy, 7(3), 174–189. https://doi.org/10.1016/S0191-8869(99)00230-5
  • Gilbert, P., Irons, C., Olsen, K., Gilbert, J., & McEwan, K. (2006). Interpersonal sensitivities: Their link to mood, anger and gender. Psychology and Psychotherapy: Theory, Research and Practice, 79(1), 37–51. https://doi.org/10.1348/147608305X40879
  • Price, J., Sloman, L., Gardner, R., Gilbert, P., & Rohde, P. (1994). The social competition hypothesis of depression. The British Journal of Psychiatry, 164(3), 309–315. https://doi.org/10.1192/bjp.164.3.309

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

SENSITIVITY TO PUT-DOWN (1)

INSTRUCTIONS: In certain social situations people can exhibit different emotions. For example, being late for a meeting may cause some people to feel anxious or irritated. Below you will find a list of situations which may cause you to feel either anxious or distressed, or angry/irritated or some degree of both.

On the left hand side of the questions we would like you to indicate the degree of anxiety/level of distress you would feel for each situation.

After you have worked through the items once, we would like you to go through them again, this time indicating in the right hand column how angry, irritated and annoyed you would feel.

Response scale: 1 = NOT AT ALL, 2 = SOMEWHAT, 3 = RATHER, 4 = VERY, 5 = EXTREMELY

  1. Being criticised
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  2. Being shown up in public
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  3. Being called a derogatory name e.g. stupid/ugly
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  4. Being treated like a child
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  5. Someone pointing out your unattractive qualities
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  6. Being looked at with contempt
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  7. Someone getting the better of you
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  8. Having your opinion dismissed as irrelevant
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  9. People reacting critically to what you say
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  10. Being seen as inferior
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  11. Being told you are ‘not good enough’
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  12. People running you down behind your back
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  13. Someone trying to make you look weak or stupid
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  14. People having a joke at your expense
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  15. Not being treated with respect
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  16. Someone picking on your faults
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  17. Being seen as a nuisance
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  18. Being told your performance is inadequate
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  19. Someone making fun of you in public
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  20. Someone making negative comments about your physical appearance
    How anxious/distressed: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    How angry/irritable: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]

SENSITIVITY TO PUT-DOWN (2)

INSTRUCTIONS: When we are criticized or feel put-down in social situations we sometimes attribute blame. For example, a critical comment might lead us to think that we are at fault in some way. We might also think that we are flawed or inferior. In other words we blame ourselves for the put-down. On the other hand we can also blame others and think they are unjust, unfair, or unkind. With this thought in mind please read the statements again and rate the degree to which you are likely to blame yourself (left hand side) and the degree to which you are likely to blame others (right hand side).

Response scale: 1 = NOT AT ALL, 2 = SOMEWHAT, 3 = RATHER, 4 = VERY, 5 = EXTREMELY

  1. Being criticised
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  2. Being shown up in public
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  3. Being called a derogatory name e.g. stupid/ugly
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  4. Being treated like a child
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  5. Someone pointing out your unattractive qualities
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  6. Being looked at with contempt
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  7. Someone getting the better of you
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  8. Having your opinion dismissed as irrelevant
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  9. People reacting critically to what you say
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  10. Being seen as inferior
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  11. Being told you are ‘not good enough’
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  12. People running you down behind your back
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  13. Someone trying to make you look weak or stupid
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  14. People having a joke at your expense
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  15. Not being treated with respect
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  16. Someone picking on your faults
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  17. Being seen as a nuisance
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  18. Being told your performance is inadequate
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  19. Someone making fun of you in public
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
  20. Someone making negative comments about your physical appearance
    Blame myself: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]  | 
    Blame others: [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] [ 5 ]
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 1). Sensibilité au rabaissement (1 et 2). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/sensibilite-au-rabaissement-1-et-2/
Looti, Mohammed. “Sensibilité au rabaissement (1 et 2).” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/sensibilite-au-rabaissement-1-et-2/.
Looti, Mohammed. “Sensibilité au rabaissement (1 et 2).” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/sensibilite-au-rabaissement-1-et-2/.