Évaluation neuropsychologiqueOrthophonie et logopédiePsychométrie pédiatrique

Test de Schlichting pour la production du langage-II

Le Test de Schlichting pour la production du langage-II (Schlichting Test voor Taalproductie-II) est un instrument standardisé évaluant l’expression orale chez l’enfant de 2 à 7 ans : vocabulaire expressif, morphosyntaxe, compétences narratives, mémoire de travail phonologique et mémoire auditive.

PUBLIÉ

1. Résumé / Abstract

Le Test de Schlichting pour la production du langage-II (connu originellement sous le titre néerlandais Schlichting Test voor Taalproductie-II) est un instrument psychométrique et clinique de référence standardisé, conçu pour évaluer de manière exhaustive le développement des capacités expressives du langage oral chez les jeunes enfants âgés de 2 ans à 7 ans (soit de 2;0 à 6;11 ans). Développé initialement par Liesbeth Schlichting et ses collaborateurs de l’Université de Groningue, cet outil diagnostique s’adresse à la population générale pédiatrique ainsi qu’aux enfants présentant des risques ou des suspicions manifestes de retard de développement du langage oral, de Trouble Développemental du Langage (TDL) ou de pathologies secondaires de la communication (déficiences auditives, troubles du spectre de l’autisme, retards globaux du développement cognitif).

L’instrument se compose de cinq sous-tests administrables de manière combinée ou modulaire : le test de développement lexical (Woordontwikkeling), le test de développement morphosyntaxique (Zinsontwikkeling), le test de récit narratif ou de langage semi-spontané (Verhaaltest), le test de répétition de pseudo-mots (Pseudowoorden) et le test de mémoire verbale auditive (Auditief geheugen). Cette configuration permet d’explorer simultanément les composantes lexicales, grammaticales, discursives et les ressources cognitives sous-jacentes, notamment la mémoire de travail verbale et phonologique.

Sur le plan psychométrique, le test repose sur un étalonnage normatif rigoureux issu d’échantillons représentatifs d’enfants néerlandophones. Les analyses de cohérence interne révèlent des coefficients alpha de Cronbach généralement situés entre 0,78 et 0,94 selon les tranches d’âge et les sous-tests, accompagnés d’une excellente fidélité test-retest et d’une fidélité inter-juges robuste pour les épreuves de production syntaxique et narrative. La validité de construit et la validité convergente, établies par des corrélations fortes avec le Reynell Test voor Taalbegrip et les sous-échelles du CELF Preschool, confirment sa capacité à discriminer avec précision les profils neurodéveloppementaux typiques des trajectoires déficitaires.

2. Mots-clés / Keywords

Évaluation du langage, production du langage oral, morphosyntaxe expressive, vocabulaire expressif, mémoire de travail phonologique, trouble développemental du langage, psychométrie pédiatrique, test de Schlichting, compétences narratives, orthophonie.

3. Auteurs / Authors

Le développement initial et les révisions successives du Schlichting Test voor Taalproductie sont le fruit d’une collaboration multidisciplinaire entre linguistes, psychologues du développement et spécialistes de la psychométrie rattachés à des institutions académiques et cliniques des Pays-Bas :

  • Margreet van Eldik : Psychologue clinicienne et chercheuse spécialisée dans le développement de l’enfant et les troubles précoces de la parole et du langage.
  • Liesbeth (J.) Schlichting : Linguiste, chercheuse en psycholinguistique développementale, conceptrice historique de la batterie Schlichting à l’Université de Groningue (Rijksuniversiteit Groningen).
  • Henk C. Lutje-Spelberg : Psychométricien et statisticien, spécialisé dans l’étalonnage des tests normatifs pour enfants et le diagnostic différentiel des troubles de l’apprentissage à l’Université de Groningue.
  • Baukje F. van der Meulen : Professeure émérite en sciences de l’éducation et de l’aide au développement à la Faculté des Sciences Comportementales et Sociales de l’Université de Groningue.
  • Sjoukje F. van der Meulen : Chercheuse clinicienne en orthophonie et en sciences du langage, impliquée dans la modélisation des profils expressifs pédiatriques.

Les correspondances académiques institutionnelles relatives au modèle de test sont historiquement associées au département de psychopédagogie et d’orthopédagogie de la Rijksuniversiteit Groningen, ainsi qu’aux éditions spécialisées dans l’évaluation psychologique et clinique (Pearson Assessment / Bohn Stafleu van Loghum).

4. Objectif / Purpose

Le Test de Schlichting pour la production du langage-II répond à un double impératif, à la fois clinique et scientifique : standardiser la mesure fine du versant expressif de la communication chez l’enfant d’âge préscolaire et scolaire précoce, tout en dissociant les étapes structurales du traitement linguistique (lexique, grammaire, narration) des processus de stockage mnésique immédiat. Alors que de nombreuses batteries globales évaluent conjointement ou indistinctement la compréhension et la production, le test de Schlichting isole la chaîne de production langagière afin de contourner les biais où les compétences de décodage réceptif masquent une incapacité sévère de formulation expressive.

Applications cliniques et dépistage différentiel

En pratique orthophonique, neuropsychologique et pédiatrique, l’instrument remplit plusieurs fonctions primordiales :

  • Identification précoce du Trouble Développemental du Langage (TDL) : Il fournit un seuil diagnostique normé permettant de repérer les enfants présentant un retard significatif par rapport aux repères chronologiques typiques, dès l’âge de 2 ans.
  • Diagnostic différentiel : L’outil discrimine les retards expressifs purs (souvent transitoires, dits « late bloomers ») des déficits morphosyntaxiques structuraux durables associés à des atteintes de la mémoire de travail phonologique.
  • Évaluation des troubles secondaires : Il est utilisé pour objectiver l’impact linguistique chez des enfants présentant des fentes labio-palatines, des pertes auditives appareillées ou implantées, ou des syndromes génétiques affectant la communication.
  • Planification thérapeutique individualisée : Grâce à son architecture modulaire, le clinicien identifie si l’intervention doit se concentrer sur l’enrichissement du stock lexical, la complexification syntaxique (ex. acquisition des morphèmes flexionnels, pronoms, propositions subordonnées) ou la mémoire séquentielle auditive.
  • Suivi longitudinal et mesure de l’efficacité thérapeutique : La standardisation rigoureuse en scores étalonnés (notes standard et percentiles) autorise des réévaluations objectives pour quantifier les progrès consécutifs à une prise en charge rééducative.

Justification théorique et applications dans la recherche

Dans les contextes de recherche en psycholinguistique cognitive, l’outil sert d’étalon méthodologique pour analyser la dynamique d’émergence des unités de sens et de structure. La production langagière exige la coordination en temps réel de mécanismes de conceptualisation, d’encodage lexico-sémantique, de formulation morphosyntaxique et de programmation articulatoire. Le test de Schlichting opérationnalise ces étapes en modules indépendants, offrant aux chercheurs un protocole reproductible pour investiguer la dissociation entre mémoire phonologique à court terme et compétence grammaticale productive.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par le test de Schlichting-II est l’aptitude à la production du langage oral, décomposée en composantes linguistiques formelles et composantes neurocognitives de soutien. Chaque sous-test cible une dimension distincte du traitement expressif :

1. Développement lexical (Woordontwikkeling)

Ce sous-test mesure l’étendue et la précision du lexique expressif de l’enfant. Il ne s’agit pas uniquement d’évaluer la reconnaissance passive d’un mot, mais d’éprouver la capacité de récupération lexicale active (dénomination rapide et précise d’objets, d’actions et de concepts dimensionnels à partir de stimuli visuels). Le construit sous-jacent repose sur la richesse du réseau sémantique et la vitesse d’accès au lemme dans le lexique mental.

2. Développement morphosyntaxique (Zinsontwikkeling)

Cette épreuve explore la compétence structurale de l’enfant dans la production de phrases. Elle évalue l’utilisation correcte de la morphologie flexionnelle (accords de genre et de nombre, conjugaisons verbales régulières et irrégulières), l’emploi d’éléments fonctionnels (articles, prépositions, pronoms clitiques) et la complexité de l’ordre des mots (phrases simples, inversions sujet-verbe, propositions relatives et subordonnées conjonctives). L’enfant doit produire ou compléter des structures de complexité syntaxique croissante en réponse à des contextes visuels modélisés.

3. Compétence discursive et langage semi-spontané (Verhaaltest)

Le test de récit évalue l’intégration macrostructurale et microstructurale du discours narratif. Face à une séquence d’images racontant une histoire, l’enfant doit structurer un récit cohérent. Ce construit mesure la capacité à enchaîner temporellement et logiquement des événements (cohérence causale), à maintenir la référence aux personnages (anaphores), et à mobiliser spontanément une syntaxe élaborée sans guidage item par item. Il reflète l’efficience communicative en situation écologique.

4. Répétition de pseudo-mots (Pseudowoorden)

Ce sous-test évalue la boucle phonologique (mémoire de travail phonologique) et les capacités de traitement phonologique perceptif et moteur. La tâche consiste à répéter fidèlement des non-mots conformes aux règles phonotaxiques de la langue cible, mais dénués de sens, variant de une à plusieurs syllabes. Puisque le réseau sémantique ne peut pas compenser le codage du signal, cette épreuve constitue un marqueur phénotypique direct de l’intégrité du stockage phonologique immédiat.

5. Mémoire verbale auditive (Auditief geheugen)

Ce sous-test mesure l’empan auditivo-verbal séquentiel. L’enfant doit répéter immédiatement des séries de chiffres ou des séquences de mots isolés de longueur croissante. Ce construit quantifie les ressources attentionnelles et de stockage en mémoire à court terme dédiées au matériel linguistique verbal, ressource fondamentale pour traiter et reproduire la parole complexe.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le Test de Schlichting pour la production du langage-II s’inscrit au carrefour des modèles cognitifs de la production de la parole, de la psycholinguistique développementale d’inspiration chomskyenne et fonctionnaliste, et des modèles contemporains de la mémoire de travail.

Le modèle de production verbale de Levelt

L’assise théorique majeure de la batterie repose sur le modèle modulaire de production de la parole formulé par Willem J. M. Levelt (1989, 1999). Dans l’architecture de Levelt (« Blueprint for the Speaker »), la génération d’un message verbal procède par étapes séquentielles et hautement coordonnées :

  • La conceptualisation : Génération de l’intention de communication et structuration du message préverbal.
  • La formulation linguistique : Divisée en sélection lexicale (activation des lemmes) et encodage grammatical (assignation des fonctions syntaxiques et création de la structure de surface), suivie de l’encodage phonologique (assemblage des lexèmes et prosodie).
  • L’articulation : Exécution motrice du plan phonétique via le système effecteur.

Les sous-tests de Schlichting se cartographient explicitement sur ce continuum : le Woordontwikkeling isole la sélection des lemmes, le Zinsontwikkeling opérationnalise l’encodage grammatical, tandis que le Verhaaltest requiert l’orchestration complète depuis la conceptualisation macrostructurale jusqu’à l’articulation de surface.

Le modèle de mémoire de travail de Baddeley et Hitch

L’intégration explicite de la mémoire de travail phonologique et verbale dans la batterie s’appuie sur les travaux pionniers de Alan Baddeley et Graham Hitch (1974), ultérieurement enrichis par Baddeley, Gathercole et Papagno (1998). Selon ces théoriciens, la boucle phonologique n’est pas un simple registre passif, mais un instrument d’apprentissage du langage qui permet de maintenir transitoirement une séquence sonore nouvelle afin d’en stabiliser les représentations lexicales et morphosyntaxiques dans la mémoire à long terme. Les travaux de Susan Gathercole et Dorothy Bishop ont démontré que le déficit de la répétition de pseudo-mots est l’un des marqueurs cognitifs centraux du Trouble Développemental du Langage. En associant directement ces deux épreuves mnésiques aux épreuves formelles de langage, la batterie Schlichting intègre la mémoire de travail comme condition fondamentale de l’efficience productive.

Perspectives constructivistes et structurales du développement syntaxique

Le test intègre également les principes de l’analyse linguistique développementale (notamment inspirée de la TARSP, Taalontwikkelingsschaal van Schaerlaekens en Gillis). L’acquisition syntaxique est modélisée non comme un phénomène binaire (présence/absence), mais comme une progression cumulative continue : l’enfant passe de la phase holophrastique (un seul mot) à l’assemblage de deux mots (relations sémantiques basiques), puis à la phrase noyau à trois constituants (Sujet-Verbe-Objet), jusqu’à la maîtrise des subordonnées relatives, temporelles ou complétives et des inversions syntaxiques complexes. L’instrument échantillonne ces stades de complexification croissante conformément aux jalons développementaux universels.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité du Schlichting Test voor Taalproductie-II ont été évaluées de manière rigoureuse lors de vastes études normatives et cliniques menées auprès de cohortes d’enfants tout-venant et d’enfants suivis en centres de réadaptation audiologique et logopédique.

Validité de contenu

La validité de contenu a été garantie par une sélection exhaustive d’items issus des corpus linguistiques développementaux néerlandophones. La sélection des cibles lexicales s’appuie sur la fréquence d’utilisation dans les interactions parents-enfants et sur les critères d’âge d’acquisition reconnus. La hiérarchie des items syntaxiques a été calibrée pour refléter fidèlement les étapes structurales de complexité morphologique et de dérivation arborescente.

Validité convergente et concourante

Des corrélations significatives ont été démontrées entre les sous-tests de Schlichting et d’autres instruments psychométriques validés :

  • Corrélation avec le Reynell Test voor Taalbegrip (Compréhension du langage) : Les corrélations entre la production syntaxique (Schlichting) et la compréhension verbale (Reynell) oscillent entre $r = 0,62$ et $r = 0,78$ ($p < 0,001$), attestant d'une association étroite mais non redondante entre compréhension et production.
  • Corrélation avec les versions néerlandaises du CELF Preschool : Les sous-échelles de formulation de phrases et de vocabulaire expressif présentent des corrélations fortes avec le Schlichting-II ($r = 0,71$ à $r = 0,84$).
  • Échelles cognitives globales (ex. WPPSI / SON-R) : Des corrélations modérées ($r = 0,35$ à $r = 0,52$) sont observées avec le Quotient Intellectuel Verbal, tandis que les corrélations avec le Quotient de Performance non verbal sont faibles à modérées ($r = 0,22$ à $r = 0,38$), démontrant que l’outil mesure spécifiquement le domaine langagier et non l’intelligence générale.

Validité discriminante et diagnostique

La batterie présente une excellente sensibilité et spécificité pour discriminer les enfants à développement typique des enfants diagnostiqués avec un Trouble Développemental du Langage (TDL). Les études de validation clinique montrent que les enfants avec TDL obtiennent des scores moyens inférieurs de plus de 1,5 à 2 écarts-types par rapport aux pairs appariés selon l’âge chronologique, en particulier sur les sous-tests Zinsontwikkeling et Pseudowoorden. L’analyse des courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) pour ces deux épreuves combinées indique une aire sous la courbe (AUC) excédant 0,91, confirmant son efficience diagnostique.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’instrument a fait l’objet d’estimations statistiques approfondies sur l’ensemble des tranches d’âge de l’étalonnage (groupes divisés par intervalles de 3 ou 6 mois selon l’âge).

Cohérence interne

La cohérence interne a été mesurée principalement à l’aide de l’alpha de Cronbach et de coefficients de bissection (split-half corrigés par la formule de Spearman-Brown) :

  • Woordontwikkeling (Vocabulaire) : Coefficients alpha compris entre 0,84 et 0,92 selon les classes d’âge.
  • Zinsontwikkeling (Syntaxe) : Coefficients alpha particulièrement robustes, se situant entre 0,89 et 0,95.
  • Verhaaltest (Récit) : Les indices de cohérence interne des scores d’analyse narrative varient de 0,76 à 0,85.
  • Pseudowoorden (Pseudo-mots) : Coefficients alpha allant de 0,82 à 0,88.
  • Auditief geheugen (Mémoire auditive) : Coefficients de fidélité oscillant entre 0,78 et 0,86.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Des études de stabilité à court et moyen terme (intervalle moyen de 2 à 4 semaines) ont été réalisées sur des sous-échantillons d’enfants représentatifs :

  • Le coefficient de corrélation test-retest pour le sous-test de développement lexical s’élève à $r = 0,88$.
  • Le sous-test de développement des phrases affiche une stabilité remarquable de $r = 0,91$.
  • La répétition de pseudo-mots et la mémoire auditive présentent des coefficients test-retest respectifs de $r = 0,81$ et $r = 0,79$. Ces données indiquent une excellente reproductibilité des scores, minimisant l’impact de l’erreur de mesure aléatoire.

Fidélité inter-juges

Compte tenu de la nature productive et semi-spontanée de certaines réponses (notamment pour le Verhaaltest et certains items de formulation syntaxique complexe), des critères de cotation opérationnels stricts sont fournis dans le manuel. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et les accords de Kappa de Cohen calculés entre évaluateurs indépendants dépassent 0,92 pour la syntaxe et 0,86 pour le récit narratif, garantissant l’objectivité de la cotation clinique.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’organisation interne des données normatives a été explorée à travers des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) afin de valider l’architecture multidimensionnelle du test.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Les analyses factorielles initiales conduites sur les matrices d’intercorrélations des sous-tests isolent systématiquement deux à trois facteurs majeurs expliquant plus de 65 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Compétence Linguistique Structurale (Production formelle) : Ce facteur regroupe de manière dominante le test de développement syntaxique (Zinsontwikkeling, saturation > 0,82), le test lexical (Woordontwikkeling, saturation > 0,74) et les variables de complexité du récit narratif (saturation > 0,68).
  • Facteur 2 : Traitement et Mémoire Phonologique de Travail : Ce facteur est fortement saturé par la répétition de pseudo-mots (Pseudowoorden, saturation > 0,80) et la mémoire verbale auditive (Auditief geheugen, saturation > 0,75).

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Des modèles d’équations structurelles ont comparé plusieurs configurations théoriques :

  1. Modèle unidimensionnel : Un seul facteur général d’aptitude verbale expressive ($g_{lang}$).
  2. Modèle bidimensionnel corrélé : Séparation stricte entre aptitudes structurales/linguistiques et boucle phonologique/mémoire.
  3. Modèle hiérarchique : Un facteur d’aptitude linguistique générale de second ordre chapeautant des dimensions spécifiques de premier ordre (Lexique, Syntaxe, Mémoire de travail).

Les résultats statistiques démontrent la supériorité du modèle multidimensionnel corrélé et du modèle hiérarchique, avec d’excellents indices d’ajustement : $chi^2 / dl < 2,1$, CFI (Comparative Fit Index) $> 0,96$, TLI $> 0,95$, et RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) $le 0,048$. Ces modélisations confirment que bien que toutes les épreuves mesurent des facettes reliées de l’expression orale, la dissociation entre la performance lexico-syntaxique et la mémoire de travail phonologique est statistiquement justifiée et cliniquement pertinente.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le Schlichting Test voor Taalproductie-II se caractérise par une administration directe standardisée, structurée sous forme de tâches ludiques adaptées à l’âge du jeune enfant.

  • Type d’évaluation : Épreuve de performance maximale en passation individuelle (face-à-face clinicien-enfant).
  • Population cible : Enfants âgés de 2;0 ans à 6 ans et 11 mois (7 ans non révolus).
  • Durée moyenne d’administration : Entre 40 et 60 minutes au total (possibilité de scinder l’administration en plusieurs sessions ou d’administrer les sous-tests isolément selon l’attention de l’enfant).
  • Matériel officiel :
    • Manuel d’administration et de cotation avec tables de conversion normatives.
    • Cahier de stimuli visuels (livret de planches d’images en couleurs et dessins au trait standardisés).
    • Objets concrets et figurines manipulables pour les tranches d’âge inférieures (2-3 ans) afin de solliciter la production de phrases et de verbes d’action.
    • Cahier de passation et feuilles de notation standardisées pour le clinicien.
  • Format des réponses et cotation :
    • Woordontwikkeling : Réponse verbale unitaire à une question ouverte (« Qu’est-ce que c’est ? », « Que fait-il ? »). Cotation binaire (1 point pour le mot cible ou synonyme admis, 0 point pour une erreur ou absence de réponse). Règles d’arrêt après un nombre déterminé d’échecs consécutifs.
    • Zinsontwikkeling : Production de phrases cibles déclenchées par amorces verbales et supports figuratifs. Cotation différentielle graduée (0, 1 ou 2 points) selon le respect de la structure grammaticale cible, la présence des flexions requises et la complétude syntaxique.
    • Verhaaltest : Enregistrement verbatim de la production spontanée de l’enfant devant une planche narrative séquentielle. Cotation basée sur une grille d’analyse standardisée évaluant le nombre d’unités d’information pertinentes, la cohésion référentielle et la structure syntaxique moyenne.
    • Pseudowoorden : Répétition immédiate d’unités phonologiques sans signification prononcées par l’examinateur. Cotation binaire (1 point si la réalisation phonétique est exacte, 0 en cas de substitution, omission ou inversion phonémique).
    • Auditief geheugen : Restitution ordonnée de séries de chiffres ou de mots. Cotation binaire par série réussie, arrêt selon le seuil d’échec de la tâche d’empan.
  • Standardisation et scores dérivés : Les scores bruts obtenus pour chaque sous-test sont convertis à partir de tables normatives spécifiques à l’âge chronologique (tranches trimestrielles ou semestrielles) en scores standardisés ($Q$-scores avec moyenne = 100, écart-type = 15, ou notes d’échelle de moyenne = 10, écart-type = 3), percentiles et équivalents d’âge de développement langagier (Taalleeftijd).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication originale : 1995 (première édition de la batterie Schlichting).
  • Révision (Édition II) : Publiée et réétalonnée en 2010/2011 avec mise à jour complète des normes et de l’iconographie des stimuli.
  • Éditeur et ayants droit : Publié initialement par Bohn Stafleu van Loghum / Pearson Assessment néerlandophone (actuellement distribué par les plateformes de tests psychométriques spécialisées telles que Pearson Clinical Benelux ou Hogrefe selon les accords régionaux).
  • Conditions d’accès et qualification : Instrument restreint (Niveau de qualification B ou C selon les standards de l’American Psychological Association). L’achat et l’utilisation sont réservés aux orthophonistes/logopédistes, psychologues, neuropsychologues et médecins spécialisés justifiant d’une formation universitaire à l’évaluation psychométrique.
  • Tarifs indicatifs : La mallette complète comprenant le manuel d’administration, les livrets d’images, le matériel de manipulation concret et un jeu de protocoles de cotation s’élève approximativement entre 500 € et 850 € HT selon les fournisseurs et les formats de licence. Les cahiers de passation consommables sont vendus par paquets renouvelables.
  • Droits d’auteur et permissions pour la recherche : L’ensemble de l’instrument, y compris les stimuli visuels, les listes de mots et de pseudo-mots, est strictement protégé par le droit d’auteur international. Aucune reproduction, adaptation ou numérisation libre de droits n’est permise sans l’accord écrit préalable de l’éditeur titulaire des droits patrimoniaux.

12. Références / References

  • Baddeley, A. D., Gathercole, S. E., & Papagno, C. (1998). The phonological loop as a language learning device. Psychological Review, 105(1), 158–173. https://doi.org/10.1037/0033-295X.105.1.158
  • Baddeley, A. D., & Hitch, G. (1974). Working memory. In G. H. Bower (Ed.), Psychology of Learning and Motivation (Vol. 8, pp. 47–89). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0079-7421(08)60452-1
  • Bishop, D. V. M., Snowling, M. J., Thompson, P. A., Greenhalgh, T., & CATALISE consortium. (2017). Phase 2 of CATALISE: A multinational and multidisciplinary Delphi consensus study of problems with language development: Terminology. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 58(10), 1068–1080. https://doi.org/10.1111/jcpp.12721
  • Gathercole, S. E., & Baddeley, A. D. (1990). Phonological memory deficits in language disordered children: Is there a causal connection? Journal of Memory and Language, 29(3), 336–360. https://doi.org/10.1016/0749-596X(90)90004-J
  • Levelt, W. J. M. (1989). Speaking: From intention to articulation. MIT Press. https://mitpress.mit.edu/9780262620895/speaking/
  • Levelt, W. J. M., Roelofs, A., & Meyer, A. S. (1999). A theory of lexical access in speech production. Behavioral and Brain Sciences, 22(1), 1–38. https://doi.org/10.1017/S0140525X99001776
  • Schlichting, L., & Lutje-Spelberg, H. (2010). Schlichting Test voor Taalbegrip en Taalproductie-II: Handleiding en Verantwoording. Bohn Stafleu van Loghum / Pearson Assessment.
  • van Eldik, M., Schlichting, L., Lutje-Spelberg, H., van der Meulen, B. F., & van der Meulen, S. F. (1995). Schlichting Test voor Taalproductie: Handleiding. Swets & Zeitlinger.
  • van der Meulen, B. F., & Lutje-Spelberg, H. C. (2002). Reynell Taalontwikkelingsschalen: Handleiding. Swets & Zeitlinger.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: De test wordt individueel afgenomen door een gekwalificeerde logopedist of psychodiagnosticus volgens de gestandaardiseerde instructies in de testhandleiding, met behulp van de officiële testkoffer, prentenboeken en het scoreformulier.
Response Scale: Clinician-administered scored responses (0 or 1 point per item; partial credits/specific rubrics on narrative/sentence measures)
1

Subtest 1: Woordontwikkeling (Productieve woordenschat – 70 testitems met prentenboek: het benoemen van alledaagse voorwerpen, acties en categorieën)
2

Subtest 2: Zinsontwikkeling (Morfologie en zinsbouw – 40 testitems met prenten en uitlokkingszinnen voor meervoudsvorming, werkwoordstijden, voorzetsels en bijzinnen)
3

Subtest 3: Verhaaltest (Spontane taal en narratieve vaardigheden – platenreeks/prentenverhaal waarbij het kind een samenhangend verhaal vertelt)
4

Subtest 4: Pseudowoorden (Fonologisch werkgeheugen – nazeggen van 20 betekenisloze woorden met oplopende fonotactische complexiteit en syllabelengte)
5

Subtest 5: Auditief geheugen (Verbaal werkgeheugen – nazeggen van woordenreeksen en cijferreeksen met oplopende lengte)

Citer cet article

memjavad (2026, septembre 4). Test de Schlichting pour la production du langage-II. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/schlichting-test-voor-taalproductie-ii/
memjavad. “Test de Schlichting pour la production du langage-II.” Base de données de psychologie en français, 4 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/schlichting-test-voor-taalproductie-ii/.
memjavad. “Test de Schlichting pour la production du langage-II.” Base de données de psychologie en français. septembre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/schlichting-test-voor-taalproductie-ii/.