1. Résumé / Abstract
Les Scénarios d’Aviation Militaire (Army Aviation Scenarios), conçus en 2009 par les chercheurs David R. Hunter et John E. Stewart au sein du United States Army Research Institute for the Behavioral and Social Sciences (ARI), constituent un instrument psychométrique novateur et écologiquement valide destiné à évaluer les processus cognitifs, le biais d’auto-complaisance, l’orientation du lieu de contrôle (locus of control) et la perception du risque chez les pilotes d’hélicoptères de combat. S’appuyant sur une méthodologie de test de jugement situationnel (Situational Judgment Test – SJT), l’outil confronte le répondant à dix situations tactiques et opérationnelles critiques fréquemment rencontrées dans l’aviation militaire (dégradation météorologique soudaine, tirs ennemis, pannes mécaniques complexes en vol, atterrissages en zones confinées, conditions d’obscurcissement par la poussière ou brownout, et évacuations sanitaires d’urgence de nuit).
Pour chacun des dix scénarios présentés de manière séquentielle, l’aviateur répond à un ensemble standardisé de dix-sept questions évaluant quatre construits psychologiques fondamentaux : (1) le biais d’auto-complaisance et d’optimisme comparatif à travers l’auto-évaluation des compétences par rapport aux pairs ; (2) le lieu de contrôle global relatif à l’issue de l’événement ; (3) le lieu de contrôle multidimensionnel ventilé en facteurs internes (connaissances, compétences techniques, professionnalisme, qualités de pilotage, gestion des ressources de l’équipage ou CRM) et externes (conditions météorologiques, actions de l’ennemi ou de tiers, hasard et chance) ; et (4) la perception du risque différentielle comparant l’estimation du danger et la probabilité de réussite sans incident pour soi-même versus pour un aviateur typique de l’unité.
Les métriques de réponse combinent une échelle ordinale de type Likert en 5 points pour l’évaluation comparative et l’attribution globale, et des échelles visuelles et numériques graduées de 1 à 10 pour l’attribution causale multidimensionnelle, l’estimation subjective du risque et la certitude d’accomplissement de la mission. Les analyses psychométriques issues de l’échantillon normatif de pilotes de l’armée américaine (U.S. Army) mettent en évidence des coefficients de cohérence interne robustes (α de Cronbach variant entre .81 et .92 selon les dimensions agrégées), une excellente validité écologique et de contenu certifiée par des pilotes instructeurs seniors, ainsi qu’une validité prédictive substantielle quant à l’implication dans des incidents de vol et à la prise de décision aéronautique prudente.
2. Mots-clés / Keywords
Aviation militaire, prise de décision aéronautique, lieu de contrôle, perception du risque, test de jugement situationnel, facteurs humains, biais d’auto-complaisance, sécurité aérienne, gestion des ressources d’équipage, psychométrie militaire.
3. Auteurs / Authors
L’instrument des Army Aviation Scenarios a été élaboré par deux experts éminents en psychologie de l’aviation et en facteurs humains rattachés aux organismes de recherche de la défense et de l’aviation civile des États-Unis :
- David R. Hunter, Ph.D. : Chercheur chevronné en psychologie cognitive et facteurs humains appliqués à l’aéronautique. Au cours de sa carrière, le Dr Hunter a exercé des fonctions de chercheur principal auprès de la Federal Aviation Administration (FAA – Civil Aerospace Medical Institute / Office of Aerospace Medicine) et a collaboré étroitement avec l’armée américaine sur la modélisation du comportement à risque des pilotes, la mesure des attitudes dangereuses et l’évaluation de la sécurité des vols. Courriel institutionnel documenté lors de la publication : [email protected].
- John E. Stewart, Ph.D. : Psychologue chercheur principal au sein de la Rotary-Wing Aviation Research Unit du United States Army Research Institute for the Behavioral and Social Sciences (USA-ARI), basée à Fort Rucker (actuel Fort Novosel), Alabama. Ses recherches portent principalement sur l’entraînement sur simulateur de vol, la sélection des équipages d’hélicoptères de combat, la gestion de l’attention sous contrainte tactique et la performance des équipages en milieu hostile.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental des Army Aviation Scenarios est de combler un fossé méthodologique historique entre la mesure abstraite des traits de personnalité et l’observation concrète des comportements décisionnels en cockpit militaire. Dans les environnements opérationnels de voilures tournantes de l’armée de terre, les équipages opèrent au ras du sol (nap-of-the-earth), sous la menace directe d’engagements ennemis, dans des conditions météorologiques marginales et avec des marges d’erreur temporelles de l’ordre de la fraction de seconde. Les tests de personnalité traditionnels mesurant le lieu de contrôle généralisé, comme l’échelle classique de Rotter, ont régulièrement démontré une faible validité prédictive lorsqu’ils étaient appliqués à la prédiction des accidents aériens, en raison de leur décontextualisation totale par rapport aux stresseurs opérationnels.
Les auteurs ont conçu cette batterie de dix scénarios comme une simulation quasi-écologique sur support papier ou informatisé permettant de mesurer comment un aviateur évalue le risque dynamique, structure ses attributions de contrôle face à l’imprévu et jauge ses propres aptitudes comparativement à celles de ses pairs. L’outil poursuit un triple but :
- Recherche fondamentale et appliquée en facteurs humains : Explorer la structure cognitive de la tolérance au risque et quantifier la présence du biais d’optimisme comparatif (aussi appelé illusion de supériorité ou biais d’auto-complaisance) chez les aviateurs de combat en fonction de leur niveau d’expérience, de leur temps de vol total et de leur qualification tactique.
- Évaluation et sélection spécialisée : Identifier les pilotes enclins à des schémas d’attribution externe dysfonctionnels (par exemple, attribuer systématiquement les incidents à la malchance ou à des tiers tout en s’attribuant l’exclusivité des réussites), un profil cognitif fortement associé dans la littérature aux attitudes aéronautiques dangereuses telles que l’invulnérabilité ou l’impulsivité.
- Conception de modules d’entraînement en gestion des ressources d’équipage (CRM) et en prise de décision aéronautique (ADM) : Fournir aux instructeurs de vol des scénarios standardisés pour débriefer les jugements portés par les stagiaires, confronter leurs perceptions divergentes du risque et affiner leur appréciation des limites opérationnelles de la machine et de l’équipage.
L’utilisation de cet instrument en psychologie militaire permet ainsi de dépasser l’auto-évaluation décontextualisée pour ancrer la mesure dans des dilemmes opérationnels réalistes requérant une intégration complexe de variables techniques, humaines et environnementales.
5. Construit psychologique / Construct
L’échelle opérationnalise un modèle multidimensionnel articulé autour de quatre construits psychologiques intriqués, mesurés de manière répétée à travers dix situations aéronautiques distinctes :
1. Le biais d’auto-complaisance et l’illusion de supériorité (Item 1)
Ce construit quantifie la propension systématique du pilote à évaluer ses capacités de gestion de crise comme étant supérieures à celles de ses pairs. Formulé à travers la question comparative : « Par rapport aux autres pilotes que vous connaissez, avec quelle efficacité seriez-vous capable de gérer cette situation si vous étiez le commandant de bord ? », il mesure l’écart d’auto-évaluation par rapport à la moyenne du groupe de référence. En psychologie de la sécurité, une surestimation excessive de ses compétences techniques dans des scénarios dégradés (comme une perte totale de repères visuels en approche) reflète un optimisme irréaliste susceptible d’inhiber les décisions prudentes d’interruption de mission (go-around ou déroutement).
2. Le lieu de contrôle global (Items 2 et 3)
Le lieu de contrôle global évalue le degré auquel le pilote perçoit que l’issue de l’événement critique dépend de ses propres compétences, connaissances et habiletés (internal locus) versus des facteurs contingents indépendants de sa volonté. L’item 2 capture l’adhésion philosophique à la détermination de l’issue par le bagage individuel du pilote aux commandes, tandis que l’item 3 quantifie précisément sur une échelle de 1 à 10 le pourcentage estimé d’emprise directe et personnelle sur le résultat final de la mission.
3. Le lieu de contrôle multidimensionnel en aviation (M-LOC, Items 4 à 13)
Plutôt que d’opposer schématiquement une causalité interne à une causalité externe, le modèle de Hunter et Stewart décompose l’attribution causale en dix composantes discrètes de l’écosystème de vol :
- Facteurs d’attribution interne individuelle : Les connaissances et compétences personnelles (item 6), les attitudes de sécurité (item 7), la détermination psychologique (item 8), le professionnalisme (item 9) et l’art du pilotage ou qualités de navigabilité (airmanship, item 10).
- Facteurs d’attribution d’équipe / CRM : Les compétences de gestion de l’équipage par le commandant (item 11) et le niveau de performance effective des autres membres d’équipage (copilote, chef de bord, mécaniciens navigants ; item 12).
- Facteurs d’attribution externe environnementaux et contextuels : Les aléas et dégradations météorologiques soudaines (item 13), les actions impulsées par des tiers ou par l’ennemi (tirs hostiles, troupes au sol, autres aéronefs en formation ; item 5) et enfin la chance pure ou fatalité (item 4).
4. La perception différentielle du risque et la certitude de succès (Items 14 à 17)
Ce double construit mesure la calibration du risque subjectif et l’asymétrie perceptionnelle entre soi et autrui. Les items 14 et 15 évaluent le niveau de risque perçu dans la situation pour le sujet lui-même (s’il était placé dans ce contexte dès le lendemain en tant que chef de bord) comparativement au niveau de risque estimé pour un aviateur typique de son escadrille. Les items 16 et 17 mesurent en miroir la probabilité subjective perçue d’accomplir la mission avec succès et sans incident pour soi versus pour un pair typique. L’écart systématique entre l’évaluation de soi et de l’autre fournit un indicateur robuste de la vulnérabilité perçue et du biais de complaisance opérationnelle.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle des Army Aviation Scenarios s’enracine dans la convergence de trois grands courants de la psychologie contemporaine :
La théorie de l’apprentissage social et du lieu de contrôle de Rotter
Développée initialement par Julian Rotter (1966), la théorie postule que les individus développent des attentes généralisées quant à la source des renforcements qu’ils reçoivent : soit ils considèrent que les résultats proviennent de leurs propres comportements, efforts et compétences (contrôle interne), soit ils les attribuent à des forces extérieures telles que la chance, le destin ou l’influence d’autrui puissant (contrôle externe). Dans le contexte de l’aviation militaire, David R. Hunter a adapté ce modèle en démontrant que le lieu de contrôle doit être opérationnalisé de façon multidimensionnelle et spécifique au domaine (Aviation Safety Locus of Control – ASLOC, Hunter, 2002). Un pilote militaire présentant un lieu de contrôle interne équilibré reconnaît la part de ses compétences sans nier l’existence de contraintes extérieures non maîtrisables, tandis qu’un profil d’internalité illusoire peut le conduire à forcer le passage dans des conditions météorologiques incompatibles avec le vol (VFR dans IMC).
La théorie des attributions causales de Weiner
Le cadre théorique de Bernard Weiner (1985) sur les attributions de réussite et d’échec éclaire la décomposition des facteurs d’influence dans les scénarios de vol. Weiner classe les causes selon trois dimensions : le lieu (interne vs externe), la stabilité (stable dans le temps, comme le professionnalisme ou les compétences de base, vs instable, comme la météo ou la chance) et la contrôlabilité (pouvant être modulée par la volonté, comme l’attention ou la coordination d’équipage, vs incontrôlable, comme une avarie turbine non contenue). Les Army Aviation Scenarios exploitent précisément cette taxonomie pour cartographier la structure cognitive des pilotes lorsqu’ils sont confrontés à des pannes ou des incidents critiques.
Le modèle de jugement situationnel et la théorie de la décision naturaliste (NDM)
Sur le plan de la décision en situation d’urgence, l’outil s’inspire directement du paradigme de la Naturalistic Decision Making formalisé par Gary Klein (1998) à travers le modèle de décision amorcée par la reconnaissance (Recognition-Primed Decision – RPD). Les aviateurs de combat ne procèdent pas à des calculs d’utilité espérée formels en vol ; ils reconnaissent des configurations d’indices environnementaux et projettent mentalement les conséquences de leurs actions. En utilisant des récits narratifs réalistes conçus avec des officiers de sécurité des vols, l’instrument réactive les représentations mentales de schémas de vol réels, garantissant une authenticité psychologique que les questionnaires décontextualisés ne peuvent atteindre.
7. Validité / Validity
La validation psychométrique des Army Aviation Scenarios a fait l’objet d’investigations rigoureuses rapportées dans le rapport technique de recherche ARI (Hunter & Stewart, 2009), mené auprès d’un échantillon représentatif de plus de 200 aviateurs de l’armée de terre américaine en service actif :
Validité de contenu et validité écologique
Les dix scénarios ont été initialement rédigés à partir de rapports d’accidents réels de la base de données du U.S. Army Combat Readiness Center (USACRC). Ils ont été soumis à un panel d’instructeurs de vol seniors (Standardization Instructor Pilots – SP) et d’officiers de sécurité aérienne. Les experts ont validé à l’unanimité l’exactitude technique de la terminologie militaire (ex. VFR on top, LZ, AGL, MSL, MEDEVAC, chip light, brownout), la plausibilité des dilemmes opérationnels et l’adéquation des menaces simulées aux théâtres d’opérations contemporains.
Validité de construit et convergente
La validité de construit a été établie par la corrélation systématique des scores obtenus aux scénarios avec les échelles validées antérieures de Hunter, notamment l’échelle d’attitudes dangereuses (Hazardous Attitudes Scale), l’échelle d’événements dangereux (Army Hazardous Events Scale) et l’échelle d’orientation vers le risque (Risk Orientation Scale) :
- Les pilotes affichant des scores élevés de perception du risque personnel (items 14 et 16) présentaient des corrélations négatives significatives avec les échelles de comportements téméraires et d’attitude anti-autorité (r variant de -.28 à -.41, p < .001).
- L’attribution aux compétences personnelles (items 6 et 10) corrélait positivement avec les mesures standardisées du lieu de contrôle interne de la sécurité aérienne (r = .46, p < .001), attestant que les scénarios activent bien les mêmes schémas cognitifs que les tests d’attitudes globales tout en offrant une meilleure résolution contextuelle.
Validité discriminante et prédictive
L’instrument a démontré une excellente capacité à discriminer les aviateurs en fonction de leur niveau de qualification (pilote en second vs chef de bord / Pilot in Command) et de leur nombre d’heures de vol cumulées. Les commandants de bord expérimentés attribuaient une part significativement plus élevée de l’issue aux compétences de gestion d’équipage (CRM, item 11) et à la coordination (item 12) que les pilotes juniors, qui se focalisaient de manière disproportionnée sur le pilotage pur (stick-and-rudder skills). De plus, l’ampleur du biais d’auto-complaisance (différentiel entre l’item 14 et l’item 15, et entre l’item 16 et l’item 17) s’est avérée prédictive de la propension déclarée à enfreindre les minima météorologiques lors de missions antérieures.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’instrument a été évaluée sous l’angle de la consistance interne et de la stabilité à travers les différents scénarios :
- Cohérence interne des dimensions agrégées : Lorsque les réponses aux 17 items sont moyennées ou sommées à travers l’ensemble des dix scénarios, les indices de cohérence interne mesurés par le coefficient α de Cronbach atteignent des niveaux remarquables :
- Dimension Perception du Risque Global (agrégation des items 14 et 15 sur les 10 scénarios, 20 mesures) : α = .91.
- Dimension Espérance de Succès de la Mission (items 16 et 17 sur les 10 scénarios) : α = .89.
- Dimension Attribution Interne (compétences, professionnalisme, airmanship – items 6, 9, 10 sur les 10 scénarios) : α = .86.
- Dimension Attribution Externe Aléatoire (chance et météo – items 4 et 13 sur les 10 scénarios) : α = .82.
- Dimension Lieu de Contrôle Global Perçu (items 2 et 3 agrégés) : α = .84.
- Homogénéité inter-scénarios : Les coefficients de corrélation intra-classe (ICC) calculés pour la perception du risque à travers les dix situations oscillent entre .74 et .83, indiquant que malgré l’hétérogénéité intentionnelle des situations tactiques (panne moteur vs menace sol-air vs météo), les tendances individuelles stables des aviateurs en matière de prudence ou d’externalisation causale se manifestent de manière cohérente d’un scénario à l’autre.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Les analyses factorielles exploratoires (AFE) menées par Hunter et Stewart (2009) par la méthode d’extraction en composantes principales avec rotation oblique Promax ont permis de dégager la structure latente sous-jacente aux items d’attribution et de risque :
Structure factorielle des attributions de contrôle (Items 2 à 13)
L’analyse factorielle appliquée aux douze items d’attribution révèle une solution robuste à trois facteurs majeurs expliquant plus de 62 % de la variance totale :
- Facteur 1 : Compétences et Maîtrise Individuelle (Individual Pilot Competence). Ce facteur sature fortement sur les items mesurant les compétences techniques (item 6, saturation = .78), l’art du pilotage (item 10, saturation = .82), le professionnalisme (item 9, saturation = .75), l’attitude (item 7, saturation = .69) et la détermination personnelle (item 8, saturation = .64). Ce facteur capture l’agentivité interne directe de l’aviateur.
- Facteur 2 : Synergie d’Équipage et Facteurs Relationnels (Crew Dynamics & Shared Control). Ce second facteur rassemble les items dédiés au travail en équipage : gestion de l’équipage (item 11, saturation = .81) et performance des autres membres d’équipage (item 12, saturation = .77). Dans les hélicoptères modernes (UH-60 Black Hawk, CH-47 Chinook, AH-64 Apache), le succès opérationnel est indissociable de la boucle de communication multi-membres.
- Facteur 3 : Contingences Externes et Fatalité (Environmental & External Contingencies). Ce troisième facteur regroupe les attributions échappant à la volonté du cockpit : la chance pure (item 4, saturation = .73), les actions impulsées par des tiers ou l’ennemi (item 5, saturation = .68) et les fluctuations météorologiques imprévisibles (item 13, saturation = .61).
Structure factorielle de l’évaluation du risque et de la performance (Items 1, 14, 15, 16, 17)
L’analyse des items restants isole nettement deux facteurs distincts correspondant respectivement à la Gravité / Risque Perçu (items 14 et 15, saturations supérieures à .85) et à la Confiance Opérationnelle / Auto-Efficacité (items 1, 16 et 17, saturations comprises entre .72 et .86). Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) ont démontré des indices d’adéquation très satisfaisants pour ce modèle structurel multidimensionnel (RMSEA = .048, CFI = .94, TLI = .93).
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument des Army Aviation Scenarios se structure selon une administration standardisée en passation individuelle ou collective informatisée :
- Nature de l’outil : Test de jugement situationnel (SJT) combiné à une échelle psychométrique multidimensionnelle d’attribution et de risque.
- Format : Dix vignettes narratives immersives (Situations 1 à 10) décrivant des incidents critiques de vol militaire, suivies chacune des mêmes 17 questions standardisées.
- Nombre total d’items : 170 observations par passation complète (17 items administrés de manière itérative après chacun des 10 scénarios). Des versions courtes utilisant un sous-ensemble de 3 à 5 scénarios sont parfois exploitées en contexte de formation continue.
- Temps de passation : Environ 35 à 50 minutes pour l’ensemble des dix scénarios.
- Échelles et modalités de réponse :
- Item 1 (Biais d’auto-complaisance) : Échelle ordinale en 5 points allant de 1 (« Much better than most » / Bien meilleur que la plupart) à 5 (« Much worse than most » / Bien pire que la plupart).
- Item 2 (Lieu de contrôle global – croyance) : Échelle d’accord Likert en 5 points allant de 1 (« Strongly agree » / Fortement d’accord) à 5 (« Strongly disagree » / Fortement en désaccord).
- Items 3 à 13 (Lieu de contrôle multidimensionnel et emprise personnelle) : Échelle numérique graduée de 1 (« Almost none / very little » / Presque rien / très peu) à 10 (« Almost all / very much » / Presque tout / énormément).
- Items 14 et 15 (Perception différentielle du risque) : Échelle numérique graduée de 1 (« Very little risk » / Risque très faible) à 10 (« Very high risk » / Risque très élevé).
- Items 16 et 17 (Probabilité différentielle d’accomplissement sans accident) : Échelle numérique graduée de 1 (« Very unlikely » / Très peu probable) à 10 (« Highly likely / absolutely certain of completion » / Hautement probable / certitude absolue de réussite).
- Cotation et calcul des scores :
- Score de Biais d’Auto-complaisance : Calculé via l’item 1 inversé, ainsi que par les scores différentiels (Item 15 – Item 14) et (Item 16 – Item 17). Un score différentiel positif indique une tendance à juger la situation moins risquée pour soi que pour un pair et à s’estimer plus capable de réussir sans accident.
- Sous-scores d’Attribution Causale : Moyenne des items correspondants (Internes : 6, 7, 8, 9, 10 ; CRM : 11, 12 ; Externes : 4, 5, 13) sur chaque scénario individuel et agrégée sur les dix scénarios.
- Indices de Vulnérabilité Opérationnelle : Rapprochement entre le niveau de risque perçu (items 14-15) et le locus de contrôle externe (items 4, 5, 13).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication originale : 2009. Les travaux préparatoires et modèles d’attitudes associés ont été publiés par Hunter entre 1995 et 2006.
- Droits d’auteur et statut juridique : En tant que publication de recherche financée et réalisée par des employés et sous-traitants du gouvernement fédéral des États-Unis au sein du United States Army Research Institute for the Behavioral and Social Sciences, ce document relève du domaine public (Public Domain aux termes du Titre 17 du Code des États-Unis).
- Tarifs d’utilisation : Gratuit (accès libre pour la recherche académique, l’évaluation institutionnelle et la formation aéronautique militaire et civile). Le rapport de recherche complet est téléchargeable sans frais via le Defense Technical Information Center (DTIC) sous la référence ADA509824.
- Conditions d’utilisation : Aucune redevance commerciale n’est exigée. Les auteurs et l’institution militaire demandent uniquement que la citation appropriée des rapports originaux de l’US Army Research Institute soit scrupuleusement mentionnée dans toute publication ou adaptation scientifique.
12. Références / References
Les publications fondatrices et études psychométriques associées à l’élaboration de cet instrument comprennent :
- Hunter, D. R. (1995). Airman research questionnaire: Methodology and overall results (Report No. DOT/FAA/AM-95/27). Federal Aviation Administration, Office of Aviation Medicine. https://www.faa.gov/data_research/research/med_ofx/oam_techreports/
- Hunter, D. R. (2002). Development of an aviation safety locus of control scale. Aviation, Space, and Environmental Medicine, 73(12), 1184–1188. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12498547/
- Hunter, D. R. (2002). Risk perception and risk tolerance in aircraft pilots (Report No. DOT/FAA/AM-02/17). Federal Aviation Administration, Office of Aerospace Medicine. https://www.faa.gov/data_research/research/med_ofx/oam_techreports/
- Hunter, D. R. (2004). Measurement of hazardous attitudes among pilots. The International Journal of Aviation Psychology, 15(1), 23–43. https://doi.org/10.1207/s15327108ijap1501_2
- Hunter, D. R. (2006). Risk perception among general aviation pilots. The International Journal of Aviation Psychology, 16(2), 135–144. https://doi.org/10.1207/s15327108ijap1602_2
- Hunter, D. R., & Stewart, J. E. (2009). Locus of control, risk orientation, and decision making among U.S. Army aviators (Research Report 1904). United States Army Research Institute for the Behavioral and Social Sciences. Defense Technical Information Center (DTIC) Document No. ADA509824. https://apps.dtic.mil/sti/citations/ADA509824
- Klein, G. (1998). Sources of power: How people make decisions. MIT Press.
- Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
- Weiner, B. (1985). An attributional theory of achievement motivation and emotion. Psychological Review, 92(4), 548–573. https://doi.org/10.1037/0033-295X.92.4.548
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Scenarios
While on a single-ship resupply mission to an outpost located in a mountainous region deteriorating weather conditions reduce horizontal visibility to less than one mile, making recognition of landmarks and location of the outpost difficult. GPS is unserviceable on this aircraft, forcing the crew to rely upon visual navigation. After an extensive search, the crew locates the outpost and begins their approach. However, as they descend toward the LZ which is on the side of a steep hill, high winds blow clouds across their flight path and they lose sight of the LZ and visual contact with the ground.
The crew is the second ship of a three-ship formation. They are heavily loaded with troops and supplies and are performing a combat assault into a long, but narrow LZ, surrounded by tall trees. Because of the layout of the LZ, the lead ship directs the formation into trail as they line up for approach. There has been frequent enemy contact in this area, and the previous flight earlier in the day received light enemy automatic weapons fire as they were on final, descending through 200 feet. No one was injured, however one of the aircraft suffered slight damage with several rounds passing through the tail section. All the crews are very alert and ready for action, and the lead passes the word to keep the formation tight so they can provide mutually-supportive covering fire. The initial approach is uneventful, however just as the lead ship begins to flare for landing, a flock of large birds, frightened by the noise and rotor wash, erupts from the trees on the right and head across the LZ, directly into the path of the lead ship. In response, the lead ship flares abruptly, and the second ship must take extreme action to avoid a mid-air collision.
The unit maintenance officer has asked the crew to fly one of the aircraft back to the depot for some maintenance that cannot be performed at the field site. The crew chief has noticed a slight elevation in the oil temperature over the last several flights and the maintenance officer thinks a more detailed inspection of the engine may be required. There is a layer of low clouds along the route of flight extending from about 400 AGL to 5,000 MSL. Therefore, the PC elects to fly VFR on top. Approximately 40 minutes into the 75 minute flight they notice that the engine oil temperature has risen and is now just below the red line. They have also begun to notice a slight vibration and the crew chief reports a high-pitched whine coming from the area of the engine deck. The nearest airfield with an instrument approach is 35 minutes away.
Following an uncontained engine failure which resulted in the loss of both engines, the crew makes a successful emergency landing in a small clearing on the top of one of the many steep hills in this area. The crew exit the aircraft with only minor injuries before it is consumed by a post-crash fire. They have only the minimum survival equipment and no radio. Weather conditions are deteriorating, the temperature is 25 degrees F., and low clouds with possible snow are moving into the area, which may seriously delay the search by rescue aircraft. There are numerous small bands of hostile combatants known to inhabit the area, and the nearest friendly force is 15 KM away.
The crew is conducting a routine VIP flight from your home airfield to another airfield about 150 miles away. Weather was forecast to be marginal VFR or IMC along the route of flight, so they have filed an instrument flight plan and are now cruising at 6,000 feet in the clouds. They expect to execute an ILS approach upon your arrival. Current conditions at the destination are 600 foot ceiling, and 1 mile visibility, with winds out of the east at 12 kts. The CP has been flying in the unit for about a year, and is fully qualified. There are no indications of mechanical malfunctions in the aircraft.
While flying a routine day mission in good weather, the #2 engine chip light flashes on then off, then repeats 30 seconds later. The crew identifies a good emergency landing area and begins the proper emergency procedure to land. Just before landing, a crewmember reports a fire in the #2 engine.
A crew receives a mission change with a request to locate and attempt to recover a downed UAV. The crew hovers at 30 feet, slowly moving across an area of mixed sparse vegetation and loose sand. After about 20 minutes of searching the crew notice the downed UAV lying on the ground in a cleared area. As they hover over next to the UAV to recover it, the aircraft enters brown out conditions and all visual contact with the ground is lost.
You are flying through areas of marginal visibility at 500 feet, under a 600 foot ceiling while the CP is performing navigation and radio comms duties. You glance down to check the engine instruments for a moment, and then hear the CP cry out, « Tower ahead ». You look up to see that you are headed directly toward a radio/TV antenna approximately 300 meters directly ahead. The top of antenna is in the clouds, and supporting guy wires can barely been seen spreading out to either side. You immediately begin an abrupt evasive maneuver.
You come to a hover at approximately 60 feet over a confined area barely able to accommodate your aircraft. You begin to slowly maneuver downward into the landing area, using guidance from the CP, and your crew chief. At approximately 40 feet the crew chief yells, « Don’t come back », just as you hear a loud bang, and the aircraft begins to spin rapidly to the right.
It is 0200 hours when the crew is called for an urgent MEDEVAC mission for a seriously wounded Soldier at a forward base. The sky is clear, and there is a full moon providing excellent illumination of the countryside. As they arrive at the pickup location in the center of a shallow valley, they find that a layer of fog has formed in the valley, with the tops at around 800 feet AGL. Troops on the ground report that they can see the moon, and that there is no fog at the ground level. Anxious to extract the wounded Soldier, the crew lines up with the long axis of the valley and begins a slow descent into the fog, expecting to break out before reaching ground level. As they enter the fog forward visibility is reduced to zero.
Questions Followed for Each Scenario
The following 17 questions followed each of the ten scenarios:
-
Compared to other pilots you know, how well would you be able to handle this situation if you were the pilot in command?
a. Much better than most
b. Better than most
c. About the same
d. A little worse than most
e. Much worse than mostResponse Scale: 1 (Much better than most)….5 (Much worse than most) -
How strongly do you agree or disagree with the following statement: If I were the pilot in command in this situation, the outcome would be determined by my personal skills, knowledge, and abilities.
a. Strongly agree
b. Agree
c. Neither agree nor disagree
d. Disagree
e. Strongly disagreeResponse Scale: 1 (Strongly agree) …… 5 (Strongly disagree) -
On the scale of 1 to 10, how much of the outcome in this situation would be under your personal control?
Scale: 1 – Almost none, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 – Almost all
-
On the scale of 1 to 10, how much of the outcome in this situation would be determined by Luck?
Scale: 1 – Almost none, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 – Almost all
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On the scale of 1 to 10, how much of the outcome in this situation would be determined by others (enemy, ground troops, other aircraft crews)?
Scale: 1 – Almost none, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 – Almost all
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On the scale of 1 to 10, how much of the outcome in this situation would be determined by your personal knowledge and skills?
Scale: 1 – Almost none, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 – Almost all
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On the scale of 1 to 10, how much of the outcome in this situation would be determined by your attitudes?
Scale: 1 – Almost none, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 – Almost all
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On the scale of 1 to 10, how much of the outcome in this situation would be determined by your determination?
Scale: 1 – Almost none, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 – Almost all
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On the scale of 1 to 10, how much of the outcome in this situation would be determined by your professionalism?
Scale: 1 – Almost none, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 – Almost all
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On the scale of 1 to 10, how much of the outcome in this situation would be determined by your airmanship?
Scale: 1 – Almost none, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 – Almost all
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On the scale of 1 to 10, how much of the outcome in this situation would be determined by your crew management skills?
Scale: 1 – Almost none, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 – Almost all
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On the scale of 1 to 10, how much of the outcome in this situation would be determined by your crewmembers’ performance?
Scale: 1 – Almost none, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 – Almost all
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On the scale of 1 to 10, how much of the outcome in this situation would be determined by changes in weather?
Scale: 1 – Almost none, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 – Almost all
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On the scale of 1 to 10, if you were placed in this situation tomorrow (as PC), how risky do you think it would be?
Scale: 1 – Very little risk, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 – Very high risk
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If a typical Aviator from your unit were placed in this situation tomorrow (as PC), how risky do you think it would be?
Scale: 1 – Very little risk, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 – Very high risk
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How likely is it that you would be able to complete this mission successfully and without an incident/accident?
Scale: 1 – Very unlikely, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 – Highly likely (absolutely certain of completion)
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How likely is it that the typical Aviator from your unit would be able to complete this mission successfully and without an incident/accident?
Scale: 1 – Very unlikely, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 – Highly likely (absolutely certain of completion)