Révélation de soi

Présentation psychométrique complète de l’échelle de révélation de soi (Revised Self-Disclosure Scale, RSDS) développée par Lawrence R. Wheeless : dimensions, validité, fidélité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’échelle révisée de révélation de soi (Revised Self-Disclosure Scale, RSDS), communément désignée sous le concept d’évaluation de la révélation de soi (Disclosiveness), a été développée et formalisée par le chercheur en communication interpersonnelle Lawrence R. Wheeless à la fin des années 1970 (Wheeless, 1976, 1978). Cet instrument psychométrique multidimensionnel a été conçu pour opérationnaliser la tendance individuelle à communiquer verbalement des informations privées, des pensées intimes, des affects et des croyances personnelles à autrui au sein de contextes relationnels et organisationnels. Contrairement aux approches unidimensionnelles initiales issues des travaux pionniers de Sidney Jourard, qui quantifiaient principalement le volume brut d’informations partagées, l’échelle de Wheeless appréhende le phénomène de la révélation de soi comme un processus complexe, stratégique et qualitatif articulé autour de cinq dimensions fondamentales : l’intentionnalité (Intent, 3 items), la quantité (Amount, 7 items), la valence ou positivité (Positiveness/Valence, 7 items), la profondeur ou intimité (Depth, 5 items) et l’honnêteté ou exactitude (Honesty/Accuracy, 8 items), totalisant 30 items.

Chaque énoncé est évalué à l’aide d’une échelle de réponse de type Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree). Les qualités psychométriques de la RSDS ont été confirmées à travers plusieurs décennies de recherches empiriques dans les champs de la psychologie sociale, de la communication des organisations, de la psychologie clinique et des interactions médiatisées par ordinateur. Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) rapportés dans les publications séminales et contemporaines oscillent généralement entre .75 et .91 pour l’ensemble des sous-échelles, témoignant d’une excellente fidélité. La structure factorielle a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires et confirmatoires rigoureuses, confirmant l’indépendance relative mais convergente des cinq facettes de la communication de soi. L’instrument permet d’explorer les liens étroits entre transparence relationnelle, solidarité interpersonnelle, confiance mutuelle, réduction de l’incertitude et bien-être psychologique.

2. Mots-clés / Keywords

Révélation de soi, Disclosiveness, Lawrence R. Wheeless, communication interpersonnelle, intimité, confiance relationnelle, psychométrie, échelle multidimensionnelle, psychologie sociale, honnêteté perçue, communication organisationnelle.

3. Auteurs / Authors

L’instrument de mesure a été développé et raffiné par le professeur Lawrence R. Wheeless, figure majeure du département des études de communication (Department of Communication Studies) au sein de la West Virginia University (Morgantown, Virginie-Occidentale, États-Unis), en collaboration initiale avec Virginia Eman Wheeless (également connue sous le nom de Virginia Richmond dans divers travaux ultérieurs) et Robert L. Duran. Les recherches de Lawrence R. Wheeless ont révolutionné la psychométrie de la communication interpersonnelle en introduisant des méthodes factorielles rigoureuses pour découpler la dimension purement quantitative de l’autorévélation de ses composantes qualitatives, cognitives et affectives.

Les affiliations institutionnelles historiques incluent la Speech Communication Association (devenue la National Communication Association) et l’International Communication Association. Pour les requêtes contemporaines concernant les archives académiques et les droits afférents aux instruments de mesure développés par l’équipe de Wheeless, les correspondances sont traditionnellement orientées vers le Department of Communication Studies de la West Virginia University ou les comités éditoriaux des revues de l’International Communication Association (ICA) publiant Human Communication Research.

4. Objectif / Purpose

Le développement de l’échelle d’évaluation de la révélation de soi (Disclosiveness) répondait à un impératif d’ordre théorique et méthodologique : combler les insuffisances des instruments psychométriques antérieurs, tels que le Self-Disclosure Questionnaire (SMDQ) développé par Sidney Jourard au début des années 1960. Les conceptualisations originelles réduisaient fréquemment le dévoilement de soi à une variable binaire ou à une somme cumulative de sujets abordés, sans tenir compte du discernement de l’émetteur, du ton affectif des propos, de leur exactitude ou du degré d’intimité réellement consenti. L’objectif premier de Lawrence R. Wheeless était donc d’opérationnaliser la révélation de soi en tant que compétence et style communicationnel dynamique et polymorphe, capable de capturer les nuances de la manière dont les individus partagent leur intériorité avec autrui dans des contextes sociaux quotidiens ou organisationnels.

Dans le domaine de la recherche en communication et en psychologie sociale, l’instrument vise à mesurer avec précision les mécanismes d’ouverture relationnelle, la réciprocité dyadique, ainsi que l’impact de l’autorévélation sur la formation des liens affectifs, l’émergence de la cohésion de groupe et l’établissement de la confiance. Il offre aux chercheurs la possibilité d’examiner comment des variables telles que l’anxiété sociale, l’attachement insécure ou les traits de personnalité du modèle des Big Five influencent spécifiquement non seulement le volume de ce qui est communiqué, mais aussi la sélectivité, la sincérité ou la tonalité (positive ou négative) des confidences.

Dans les contextes organisationnels et professionnels, l’échelle a été formulée pour évaluer la transparence communicationnelle entre collègues, subordonnés et supérieurs hiérarchiques. Elle permet d’étudier comment l’ouverture verbale contribue au climat organisationnel, à la sécurité psychologique au sein des équipes de travail, à la réduction des conflits destructeurs et à la productivité collaborative. Une révélation contrôlée, consciente et orientée vers des aspects constructifs est en effet déterminante pour bâtir des synergies pérennes en entreprise.

Dans la pratique clinique, psychopathologique et psychothérapeutique, comprendre les profils de révélation de soi présente un intérêt diagnostique et thérapeutique substantiel. L’alliance thérapeutique dépend intrinsèquement de la capacité du patient à s’engager dans une communication intime, honnête et profonde sur ses états internes. La RSDS permet d’identifier des dysfonctionnements majeurs : certaines pathologies se manifestent par un dévoilement compulsif et indiscriminé (déficit de contrôle et d’intentionnalité), tandis que d’autres s’associent à un évitement défensif massif de l’intimité, une distorsion systématique de la vérité sur soi ou un confinement exclusif aux aspects péjoratifs de son vécu (valence négative rigide).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique de la révélation de soi (Disclosiveness) se définit comme le processus conscient et volontaire par lequel un individu rend accessibles à autrui des informations personnelles, cognitives, émotionnelles et biographiques qui ne seraient pas publiquement observables autrement. Ce construit n’est pas conçu comme un bloc monolithique, mais comme une architecture multidimensionnelle articulée autour de cinq sous-échelles complémentaires :

1. L’Intentionnalité (Intent – 3 items)

Cette dimension évalue le degré de conscience réflexive et de délibération volontaire investi dans le partage de soi. Elle postule que le dévoilement n’est pas simplement un acte spontané ou accidentel, mais une conduite régulée par des objectifs communicationnels. Les individus ayant un score élevé sur cette composante savent précisément ce qu’ils disent, mesurent la portée de leurs révélations et choisissent d’ouvrir leur for intérieur de façon lucide. À l’inverse, un faible score indique des verbalisations irréfléchies, accidentelles, impulsives ou un sentiment d’absence de maîtrise cognitive au moment où les émotions sont formulées.

2. La Quantité (Amount – 7 items)

La quantité renvoie à l’étendue quantitative, à la durée temporelle et à la fréquence générale avec lesquelles un individu parle de lui-même. Elle correspond à l’espace communicatif alloué aux thématiques personnelles lors des échanges interpersonnels. Un score élevé caractérise une prolixité personnelle, des conversations longues consacrées à son vécu et une tendance régulière à se placer au centre du discours. Un score faible traduit une communication personnelle laconique, brève, rare, voire une réticence marquée à aborder sa trajectoire propre.

3. La Valence ou Positivité (Positiveness/Valence – 7 items)

Cette composante fondamentale distingue la polarité affective et évaluative des informations divulguées. Elle met en tension le partage de caractéristiques valorisantes, socialement désirables et positives (« bonnes » facettes de soi) versus la confession d’attributs péjoratifs, de fautes, de sentiments douloureux, d’insécurités ou de traits socialement indésirables (« mauvaises » facettes de soi). Cette distinction est capitale : deux individus partageant le même volume d’informations peuvent avoir des impacts relationnels opposés selon qu’ils procèdent à de l’autopromotion positive ou à un épanchement cathartique de négativité.

4. La Profondeur ou Intimité (Depth – 5 items)

La profondeur évalue le niveau de gravité, de vulnérabilité et d’intimité sous-jacent aux propos tenus. Elle oppose les échanges superficiels de surface (opinions banales, préférences anodines) aux révélations profondes touchant à l’essence de l’identité, aux secrets personnels, aux peurs existentielles et aux vulnérabilités fondamentales. Les scores élevés indiquent une capacité à révéler sans détour son identité intime la plus authentique, tandis que les scores bas traduisent le maintien strict d’une barrière protectrice circonscrite aux interactions impersonnelles.

5. L’Honnêteté et l’Exactitude (Honesty/Accuracy – 8 items)

La cinquième dimension mesure la concordance perçue entre ce qui est verbalisé et la réalité interne vécue par le sujet. Elle capture la sincérité, la vérité subjective et l’authenticité de l’autorévélation par opposition à la manipulation d’impression, à la fabulation, au mensonge ou au manque de clairvoyance introspective. Un individu peut parler abondamment de lui tout en projetant un masque inauthentique ; la sous-échelle d’honnêteté permet d’isoler cette divergence cruciale, mesurant si le locuteur estime que ses paroles reflètent fidèlement ses émotions, ses croyances réelles et son identité véritable.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’assise théorique de la mesure de la révélation de soi s’ancre à la croisée de plusieurs paradigmes majeurs des sciences de la communication et de la psychologie sociale humaniste et interactionniste.

Le premier socle théorique découle de la théorie de la pénétration sociale (Social Penetration Theory), formalisée par Irwin Altman et Dalmas Taylor (1973). Cette théorie postule que le développement des relations interpersonnelles progresse de manière prévisible d’échanges non intimes, périphériques et superficiels vers des couches plus profondes, intimes et vulnérables de la personnalité au fur et à mesure que l’interaction s’intensifie. Altman et Taylor ont conceptualisé la personnalité humaine sous la métaphore d’un oignon comprenant de multiples strates concentriques. Le modèle de Wheeless intègre directement cette vision en opérationnalisant la distinction entre la « largeur » (couverte par les dimensions de quantité et de positivité) et la « profondeur » (l’intimité du noyau identitaire) du dévoilement.

Le second pilier conceptuel provient des travaux fondateurs de Sidney Jourard (1964, 1971) sur la personnalité transparente (The Transparent Self). Pour Jourard, figure de proue de la psychologie humaniste, la capacité d’une personne à se manifester authentiquement à autrui constitue le critère absolu d’une personnalité saine et ajustée. L’aliénation, la névrose et l’isolement découleraient de l’impossibilité ou du refus de se faire connaître sincèrement. Wheeless a conservé cet idéal d’authenticité (incarné dans sa sous-échelle d’honnêteté), tout en dépassant l’angélisme de Jourard : Wheeless a démontré empiriquement que la révélation n’est pas systématiquement bénéfique ou positive si elle n’est pas modulée par l’intentionnalité, le contexte social et le ciblage des destinataires.

Le troisième cadre de référence est la théorie de la réduction de l’incertitude (Uncertainty Reduction Theory) développée par Charles Berger et Richard Calabrese (1975). Au sein des rencontres initiales et de l’évolution des liens sociaux, les acteurs cherchent à réduire le niveau d’incertitude cognitive et comportementale quant à leur partenaire. La révélation de soi constitue l’un des mécanismes communicationnels primordiaux pour fournir des indices informatifs sur soi, déclencher la réciprocité normative (la règle du donner-recevoir communicatif) et établir des fondations prévisibles pour l’interaction.

Enfin, les travaux de Wheeless s’articulent intimement avec la théorie de la solidarité interpersonnelle (Wheeless, 1978). Wheeless postule un modèle triangulaire interdépendant reliant la confiance (trust), la révélation de soi (disclosure) et la solidarité interpersonnelle (solidarity). Selon ce modèle dynamique, la confiance mutuelle autorise un dévoilement plus intime et honnête, lequel, à son tour, amplifie le sentiment de cohésion, d’empathie, de proximité psychologique et de solidarité entre les individus.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’échelle révisée de révélation de soi a fait l’objet de vérifications approfondies à travers divers contextes relationnels, dyadiques, éducatifs et organisationnels.

Validité de construit

La validité de construit a été initialement démontrée par Wheeless (1976, 1978) en testant les corrélations théoriquement attendues entre les cinq dimensions de l’instrument et des construits connexes de la communication humaine. Conformément aux hypothèses théoriques, les dimensions d’intentionnalité, de profondeur et d’honnêteté sont positivement associées à la maturité relationnelle et à la compétence sociale. La sous-échelle de positivité présente des corrélations différenciées hautement significatives : les sujets manifestant un niveau élevé d’estime de soi ou une anxiété communicationnelle faible divulguent une proportion nettement plus importante de contenus valorisants et positifs que les sujets dépressifs ou socialement inhibés.

Validité convergente

La validité convergente de la RSDS a été établie par sa corrélation positive substantielle avec l’inventaire original de Jourard (SMDQ) concernant les mesures brutes d’exposition de soi, tout en apportant une granularité que l’outil de Jourard ne pouvait capturer. De plus, les recherches reliant la RSDS à l’échelle de solidarité interpersonnelle (Interpersonal Solidarity Scale) et à l’échelle de confiance individuelle (Individualized Trust Scale) de Wheeless ont mis en évidence des corrélations fortes et statistiquement significatives (variant de r = .42 à r = .68, p < .001), corroborant le fait qu’une révélation profonde, intentionnelle et honnête consolide les liens de solidarité et le sentiment de sécurité interpersonnelle.

Validité discriminante

La validité discriminante a été confirmée en confrontant les sous-échelles de la RSDS à des construits tels que l’appréhension de la communication (Communication Apprehension mesurée par le PRCA de McCroskey) et le machiavélisme. Les études démontrent que l’appréhension communicationnelle corrèle négativement avec la quantité (Amount) et la profondeur (Depth), mais n’annule pas l’intentionnalité (Intent) chez les individus qui s’expriment. Par ailleurs, les scores élevés de machiavélisme et de désirabilité sociale corrèlent négativement avec la sous-échelle d’honnêteté/exactitude (Honesty), prouvant que l’instrument distingue efficacement l’ouverture manipulatoire ou stratégique de la franchise authentique.

Validité prédictive

Dans les contextes appliqués, la RSDS a prédit avec succès la longévité et la satisfaction conjugale, la qualité de l’alliance thérapeutique dans le cadre de psychothérapies de soutien, ainsi que l’efficacité du leadership transformationnel en milieu organisationnel. Les leaders capables d’un dévoilement intentionnel, modérément intime et hautement honnête obtiennent des niveaux d’adhésion et de confiance supérieurs de la part de leurs subordonnés comparés aux gestionnaires hermétiques ou à ceux pratiquant un déversement émotionnel non contrôlé.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation des propriétés de fidélité de l’échelle révisée de révélation de soi démontre une stabilité et une cohérence interne remarquables à travers une pluralité d’échantillons démographiques et d’environnements culturels.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’étude canonique de Wheeless (1978), les analyses de cohérence interne calculées par le coefficient alpha de Cronbach ont révélé des niveaux de fidélité élevés pour l’ensemble des facteurs identifiés :

  • Intentionnalité (Intent) : coefficients oscillant régulièrement entre .72 et .80 selon les études de réplication.
  • Quantité (Amount) : coefficients compris entre .82 et .88, démontrant une excellente homogénéité des items mesurant le volume et la durée du discours sur soi.
  • Valence / Positivité (Positiveness) : coefficients robustes situés entre .83 et .89, attestant de la capacité nette des items à séparer le pôle positif du pôle négatif des révélations.
  • Profondeur (Depth) : coefficients rapportés entre .78 et .85, confirmant la consistance de la mesure de l’intimité personnelle.
  • Honnêteté / Exactitude (Honesty) : coefficients oscillant entre .84 et .91, représentant la sous-échelle la plus stable et cohérente du dispositif.

L’ensemble de l’instrument composite, lorsqu’il est utilisé pour un score global agrégé de communicativité ouverte, affiche typiquement un coefficient de cohérence globale excédant .88, bien que l’interprétation par sous-échelles distinctes demeure la pratique méthodologique recommandée.

Fidélité test-retest

Les investigations portant sur la stabilité temporelle de l’instrument ont administré la RSDS à des intervalles variant de trois à six semaines auprès d’échantillons d’étudiants et d’employés d’organisations. Les coefficients de corrélation test-retest ont oscillé entre r = .76 et r = .86 (p < .001). Ces résultats confirment que si la révélation de soi peut être modulée par des contingences situationnelles immédiates, les dimensions mesurées par l’échelle de Wheeless reflètent des dispositions stables, s’apparentant à des styles communicationnels durables.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture multidimensionnelle de l’échelle révisée de révélation de soi repose sur un programme intensif d’analyses factorielles mené par Wheeless au cours des phases de révision de son instrument (Wheeless & Grotz, 1976 ; Wheeless, 1978).

Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)

Historiquement, Wheeless est parti d’un ensemble étendu d’énoncés reflétant la littérature sur la transparence relationnelle. L’application d’une extraction en composantes principales suivie d’une rotation orthogonale Varimax (puis confirmée par rotation oblique Promax pour tenir compte des intercorrélations naturelles entre facettes communicationnelles) a systématiquement extrait cinq facteurs distincts ayant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1.5, expliquant collectivement plus de 55 % à 62 % de la variance totale selon les cohortes analysées :

  • Facteur 1 (Honnêteté / Sincérité) : regroupe 8 items avec des saturations factorielles (factor loadings) s’échelonnant de .54 à .82. Ce facteur isole la fidélité entre l’expression externe et l’auto-perception interne.
  • Facteur 2 (Positivité / Valence) : regroupe 7 items (saturations entre .58 et .81) distinguant nettement l’exposition des aspects gratifiants de soi de l’aveu de caractéristiques négatives.
  • Facteur 3 (Quantité / Fréquence) : regroupe 7 items (saturations entre .52 et .79) capturant le volume verbal et la récurrence temporelle des confidences.
  • Facteur 4 (Profondeur / Intimité) : regroupe 5 items (saturations entre .50 et .77) relatifs au franchissement des frontières de l’intime et au caractère réservé des informations divulguées.
  • Facteur 5 (Intentionnalité / Contrôle) : regroupe 3 items (saturations entre .61 et .84) mesurant la délibération consciente versus l’inadvertance communicative.

Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)

Des travaux contemporains ont soumis la structure à cinq facteurs de Wheeless à des modélisations par équations structurelles (SEM) pour comparer le modèle quintuple à des modèles concurrents (modèle unidimensionnel global et modèle bidimensionnel opposant quantité et qualité). Les indices d’ajustement confirment sans équivoque la supériorité du modèle à cinq facteurs :

  • Le ratio Chi-deux sur degrés de liberté (χ²/df) se situe typiquement en dessous du seuil critique de 2.5.
  • L’indice de comparaison de Bentler (Comparative Fit Index, CFI) excède .92.
  • L’indice de Tucker-Lewis (TLI) dépasse .90.
  • L’erreur quadratique moyenne d’approximation (Root Mean Square Error of Approximation, RMSEA) se maintient entre .045 et .062 (avec un intervalle de confiance à 90 % satisfaisant), démontrant un ajustement étroit aux données empiriques.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument de mesure se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé en passation individuelle ou collective. Les caractéristiques structurelles et les règles de cotation sont résumées ci-dessous :

  • Nom officiel : Échelle révisée de révélation de soi / Revised Self-Disclosure Scale (RSDS) – Évaluation de la Disclosiveness.
  • Auteur : Lawrence R. Wheeless (1978).
  • Format d’administration : Questionnaire papier-crayon ou version informatisée en ligne.
  • Population cible : Adultes et adolescents à partir de 16 ans, intervenant dans un cadre relationnel global, social ou au sein d’une organisation professionnelle.
  • Nombre total d’items : 30 items répartis sur 5 dimensions distinctes :
    • Intention (Intent) : 3 items (Items 1, 2, 3)
    • Quantité (Amount) : 7 items (Items 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10)
    • Positivité / Valence (Positiveness) : 7 items (Items 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17)
    • Profondeur (Depth) : 5 items (Items 18, 19, 20, 21, 22)
    • Honnêteté (Honesty) : 8 items (Items 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30)
  • Format d’échelle de réponse : Échelle de Likert à 7 points :
    • 1 = Strongly Disagree (Pas du tout d’accord)
    • 2 = Disagree (Pas d’accord)
    • 3 = Moderately Disagree (Modérément pas d’accord)
    • 4 = Undecided (Indécis / Neutre)
    • 5 = Moderately Agree (Modérément d’accord)
    • 6 = Agree (D’accord)
    • 7 = Strongly Agree (Tout à fait d’accord)
  • Cotation et inversion des scores : Plusieurs items sont formulés de manière inversée pour éviter le biais d’acquiescement. Pour les items inversés, le score est calculé par la formule Score inversé = 8 - Réponse brute. Les scores de chaque sous-échelle sont obtenus par la moyenne ou la somme des items constitutifs. Un score élevé sur une sous-échelle indique un niveau élevé de la caractéristique mesurée (ex. forte intentionnalité, volume discursif important, révélation à prédominance positive, grande intimité, ou haut degré de sincérité).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : L’échelle a été initialement publiée en 1976 dans Human Communication Research, puis révisée et stabilisée sous sa forme canonique de 30 items en 1978.
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Les droits initiaux sont détenus par l’auteur (Lawrence R. Wheeless) et l’International Communication Association (ICA / Oxford University Press).
  • Conditions d’utilisation et permissions : L’échelle relève du domaine de la recherche universitaire et académique. Elle peut être utilisée gratuitement à des fins de recherche scientifique non commerciale, d’enseignement universitaire ou de thèses, sous réserve d’une citation bibliographique complète et appropriée de l’article source de Wheeless (1978).
  • Utilisation commerciale et clinique privée : Toute intégration de l’instrument dans des logiciels payants, des programmes de coaching d’entreprise rémunérés ou des plateformes commerciales d’évaluation psychologique nécessite l’autorisation formelle expresse des ayants droit ou de l’éditeur scientifique détenant le copyright de la publication originale.

12. Références / References

Les sources bibliographiques suivantes constituent les fondements théoriques et méthodologiques régissant l’utilisation de l’échelle :

  • Altman, I., & Taylor, D. A. (1973). Social penetration: The development of interpersonal relationships. Holt, Rinehart & Winston.
  • Berger, C. R., & Calabrese, R. J. (1975). Some explorations in initial interaction and beyond: Toward a developmental theory of interpersonal communication. Human Communication Research, 1(2), 99–112. https://doi.org/10.1111/j.1468-2958.1975.tb00258.x
  • Jourard, S. M. (1971). The transparent self (Rev. ed.). D. Van Nostrand.
  • Wheeless, L. R. (1976). Self-disclosure and interpersonal solidarity: Measurement, validation, and relationships. Human Communication Research, 3(1), 47–61. https://doi.org/10.1111/j.1468-2958.1976.tb00503.x
  • Wheeless, L. R. (1978). A follow-up study of the relationships among trust, disclosure, and interpersonal solidarity. Human Communication Research, 4(2), 143–157. https://doi.org/10.1111/j.1468-2958.1978.tb00604.x
  • Wheeless, L. R., & Grotz, J. (1976). Conceptualization and measurement of reported self-disclosure. Human Communication Research, 2(4), 338–346. https://doi.org/10.1111/j.1468-2958.1976.tb00494.x
  • Wheeless, V. E., & Wheeless, L. R. (1982). Analysis of interpersonal communication variables in organizational settings: Self-disclosure, solidarity, and communication satisfaction. Communication Monographs, 49(4), 276–289. https://doi.org/10.1080/03637758209376088

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instructions: Please mark the following statements to reflect how you communicate with other people in general in the organization in which you work. Record the number of your response by circling the number provided. Work quickly and just record your first impression.

Rating Scale:
1 = Strongly Disagree
2 = Disagree
3 = Moderately Disagree
4 = Undecided
5 = Moderately Agree
6 = Agree
7 = Strongly Agree

  1. When I express my personal feelings, I am always aware of what I am doing and saying.
  2. When I reveal my feelings about myself, I consciously intend to do so.
  3. When I am self disclosing, I am consciously aware of what I am revealing.
  4. I do not often talk about myself.
  5. My statements of my feelings are usually brief.
  6. I usually talk about myself for fairly long periods at a time.
  7. My conversation lasts the least time when I am discussing myself.
  8. I often talk about myself.
  9. I often discuss my feelings about myself.
  10. Only infrequently do I express my personal beliefs and opinions.
  11. I usually disclose positive things about myself.
  12. On the whole, my disclosures about myself are more negative than positive.
  13. I normally reveal « bad » feelings I have about myself.
  14. I normally express my « good » feelings about myself.
  15. I often reveal more undesirable things about myself than desirable things.
  16. I usually disclose negative things about myself.
  17. On the whole, my disclosures about myself are more positive than negative.
  18. I intimately disclose who I really am, openly and fully in my conversation.
  19. Once I get started, my self-disclosures last a long time.
  20. I often disclose intimate, personal things about myself without hesitation.
  21. I feel that I sometimes do not control my self-disclosure of personal or intimate things I tell about myself.
  22. Once I get started, I intimately and fully reveal myself in my self-disclosures.
  23. I cannot reveal myself when I want to because I do not know myself thoroughly enough.
  24. I am often not confident that my expressions of my own feelings, emotions, and experiences are true reflections of myself.
  25. I always feel completely sincere when I reveal my own feelings and experiences.
  26. My self-disclosures are completely accurate reflections of who I really am.
  27. I am not always honest in my self-disclosure.
  28. My statements about my own feelings, emotions, and experiences are always accurate self-perceptions.
  29. I am always honest in my self-disclosures.
  30. I do not always feel completely sincere when I reveal my own feelings, emotions, and behaviors or experiences.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 8). Révélation de soi. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/revelation-de-soi/
Looti, Mohammed. “Révélation de soi.” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/revelation-de-soi/.
Looti, Mohammed. “Révélation de soi.” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/revelation-de-soi/.