Résumé des activités d’autosoins du diabète (SDSCA)

Le Summary of Diabetes Self-Care Activities (SDSCA) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation mesurant les comportements d’autogestion du diabète (alimentation, activité physique, glycémie capillaire, soins des pieds et tabagisme). Analyse complète de sa structure, de sa validité et items intégraux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Summary of Diabetes Self-Care Activities (SDSCA ; Toobert et al., 2000) constitue l’un des instruments psychométriques d’auto-évaluation les plus validés et utilisés à l’échelle internationale pour mesurer les comportements d’autogestion et d’autosoins chez les patients atteints de diabète de type 1 et de type 2. Développé initialement par Deborah J. Toobert et Russell E. Glasgow à la fin des années 1980, puis révisé sur la base d’une méta-analyse psychométrique intégrant sept études cliniques majeures, le SDSCA évalue la fréquence hebdomadaire des comportements d’adhésion thérapeutique prescrits au cours des sept derniers jours. La version brève standardisée comprend entre 11 et 17 items fondamentaux explorant cinq dimensions comportementales primordiales : l’alimentation générale et spécifique (régime alimentaire sain, consommation de fruits, légumes et graisses), l’activité physique (exercice global et structuré), l’autosurveillance glycémique (glycémie capillaire), les soins des pieds (inspection quotidienne) et le tabagisme, auxquels s’adjoignent des modules optionnels relatifs à la prise médicamenteuse (antidiabétiques oraux et insuline), aux thérapies complémentaires et à la consommation d’alcool.

L’instrument repose sur une métrique temporelle directe, chaque item étant quantifié sur une échelle de fréquence de 0 à 7 jours par semaine, facilitant ainsi la remémoration cognitive (rappel sur 7 jours) et diminuant le biais de désirabilité sociale. Du point de vue psychométrique, la version révisée du SDSCA présente des indices de consistance interne acceptables pour des comportements discrets (alpha de Cronbach moyen inter-sous-échelles variant de 0,47 à 0,85 selon les domaines comportementaux), une fidélité test-retest substantielle (coefficients de corrélation intraclasse moyens de r = 0,40 à 0,78), ainsi qu’une excellente validité convergente et de critère, corrélée aux biomarqueurs cliniques tels que l’hémoglobine glyquée (HbA1c) et aux évaluations diététiques indépendantes. Cet instrument multidimensionnel s’impose comme une référence clinique et de recherche incontournable pour appréhender l’efficacité des interventions psycho-éducatives et comportementales en diabétologie.

2. Mots-clés / Keywords

Autosoins, Diabète, SDSCA, Comportements de santé, Autogestion, Adhésion thérapeutique, Psychométrie, Hémoglobine glyquée, Activité physique, Soins des pieds.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue, perfectionnée et normalisée par des chercheurs de premier plan en psychologie de la santé et en médecine comportementale :

  • Deborah J. Toobert, Ph.D. : Chercheuse principale au Oregon Research Institute (Eugene, Oregon, États-Unis). Spécialiste reconnue de la gestion des maladies chroniques, des interventions sur le mode de vie et de l’adaptation psychocomportementale chez l’adulte et le sujet âgé.
  • Sarah E. Hampson, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie et chercheuse senior au Oregon Research Institute et à l’University of Surrey (Royaume-Uni). Ses travaux portent sur les traits de personnalité, les modèles de croyances en santé et leur impact prédictif sur l’auto-efficacité et l’adhésion aux régimes médicaux chroniques.
  • Russell E. Glasgow, Ph.D. : Directeur associé au University of Colorado School of Medicine (Department of Family Medicine, Anschutz Medical Campus) et chercheur senior affilié au Kaiser Permanente Center for Health Research. Concepteur du cadre d’évaluation translationnel RE-AIM, pionnier des modèles comportementaux appliqués au diabète.

4. Objectif / Purpose

L’évaluation quantitative rigoureuse des comportements d’autogestion chez les personnes vivant avec un diabète constitue un défi méthodologique et clinique majeur. Le Summary of Diabetes Self-Care Activities (SDSCA) a été expressément formulé pour surmonter les limitations des auto-questionnaires traditionnels, souvent entachés par un degré élevé d’abstraction cognitive, une surévaluation systématique due au biais de désirabilité sociale et des formats de réponse de type Likert (par exemple « rarement », « souvent ») soumis à une importante variabilité interindividuelle d’interprétation sémantique.

L’objectif fondamental du SDSCA est de fournir une mesure standardisée, rapide, standardisée et objectivement ancrée dans le temps (nombre de jours sur les sept derniers jours) des actes réels d’autosoins prescrits par les équipes médicales. Sur le plan clinique, l’instrument permet aux endocrinologues, diabétologues, infirmiers d’éducation thérapeutique et psychologues cliniciens d’identifier avec précision les ruptures d’observance et les déficits comportementaux propres à chaque patient. Il permet de discriminer si un déséquilibre métabolique (tel qu’une élévation persistante du taux d’hémoglobine glyquée HbA1c) découle principalement d’une inobservance pharmacologique, d’une sédentarité marquée, d’erreurs diététiques ou d’un manque d’autosurveillance glycémique.

Dans le domaine de la recherche translationnelle et des essais contrôlés randomisés, le SDSCA sert de critère d’évaluation principal ou secondaire pour déterminer l’efficacité des protocoles d’éducation thérapeutique du patient (ETP), des thérapies comportementales et cognitives (TCC), des programmes d’autonomisation (empowerment) et des applications numériques de santé connectée (m-Health). En dissociant les composantes du régime thérapeutique, l’échelle met en évidence la nature non unitaire de l’adhésion au traitement : un individu peut manifester une observance exemplaire envers ses injections d’insuline ou ses antidiabétiques oraux tout en présentant une non-adhésion sévère aux recommandations diététiques ou podologiques.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par le SDSCA est celui de l’autogestion du diabète (ou diabetes self-care behavior). Ce construit renvoie à l’ensemble des actions régulières, délibérées et structurées qu’un patient accomplit pour maintenir l’homéostasie glycémique, prévenir les complications microvasculaires (rétinopathie, néphropathie, neuropathie) et macrovasculaires, et optimiser sa qualité de vie globale. Les auteurs ont conceptualisé ce construit comme étant multidimensionnel, modulaire et indépendant, signifiant que les différentes facettes comportementales ne partagent pas nécessairement une variance commune élevée.

1. Alimentation générale (General Diet)

Cette dimension évalue l’adhésion globale à un plan nutritionnel sain conforme aux lignes directrices des sociétés savantes (par exemple, l’American Diabetes Association). Elle cible la régularité de l’application des consignes diététiques sur les sept derniers jours et la constance perçue sur le mois écoulé (items 1 et 2). Elle quantifie la capacité du sujet à structurer ses repas de manière équilibrée pour éviter les excursions glycémiques extrêmes.

2. Alimentation spécifique (Specific Diet)

Contrairement à l’impression générale, cette composante cible des choix qualitatifs précis de macronutriments et de groupes alimentaires : l’apport en fibres, vitamines et antioxydants via la consommation d’au moins cinq portions de fruits et légumes par jour (item 3), ainsi que l’évitement des acides gras saturés et des lipides complexes (viandes rouges grasses, produits laitiers entiers ; item 4). Elle intègre également, dans sa version étendue, la régularité spatio-temporelle de l’ingestion d’hydrates de carbone au cours de la journée.

3. Activité physique et exercice (Exercise)

Cette facette appréhende la dépense énergétique sous deux angles complémentaires : d’une part, l’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse d’au moins 30 minutes (incluant les déplacements quotidiens et la marche active ; item 5), et d’autre part, la pratique structurée et programmée de séances d’exercice physique autonome (natation, cyclisme, gymnastique) en dehors des tâches ménagères ou professionnelles (item 6). Elle mesure la rupture avec le mode de vie sédentaire, un déterminant capital de la sensibilité à l’insuline.

4. Autosurveillance de la glycémie capillaire (Blood Sugar Testing)

Le contrôle glycémique autonome évalue à la fois l’assiduité brute de l’autotensiométrie/automesure par prélèvement au bout du doigt ou lecture de capteur interstitiel (item 7) et le niveau de conformité vis-à-vis des prescriptions explicites formulées par le médecin référent (item 8). Il quantifie la vigilance instrumentale requise pour ajuster les doses thérapeutiques ou les rations alimentaires.

5. Soins et inspection des pieds (Foot Care)

Cette sous-échelle cible la prévention primaire et secondaire du redoutable « pied diabétique », des plaies neuropathiques et des amputations. Elle interroge l’inspection visuelle et tactile directe de l’intégrité cutanée des pieds (item 11), l’inspection de l’intérieur des chaussures à la recherche de corps étrangers ou de plis compressifs (item 12), ainsi que le lavage méticuleux et le séchage interdigital (items étendus). Ces comportements requièrent une rigueur quotidienne indépendante du ressenti symptomatique immédiat.

6. Tabagisme, observance médicamenteuse et approches complémentaires

Le statut tabagique quantifie l’exposition au risque cardiovasculaire majeur via la consommation de cigarettes. Le module médicamenteux quantifie le respect scrupuleux de l’horaire et du nombre de prises d’antidiabétiques oraux ou d’injections sous-cutanées d’insuline. Enfin, les items complémentaires ciblent la prise d’automédications non prescrites (plantes, infusions, suppléments vitaminiques), reflétant les modèles de croyances de santé profanes ou holistiques.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle du SDSCA s’enracine dans la convergence de plusieurs modèles majeurs de la psychologie de la santé et de la théorie socio-cognitive. L’influence prédominante provient de la théorie sociale cognitive d’Albert Bandura (1986, 1997). Selon ce paradigme, les conduites d’autosoins sont gouvernées par le sentiment d’efficacité personnelle (self-efficacy) et les attentes de résultats. L’accomplissement régulier d’un comportement d’autosoins nécessite l’anticipation d’un contrôle sur la maladie et la maîtrise technique de compétences spécifiques (mesurer une glycémie, inspecter la voûte plantaire, planifier une collation glucidique).

Le SDSCA s’appuie également sur la conceptualisation de l’autorégulation comportementale de Howard Leventhal (Common-Sense Model of Self-Regulation). Selon Leventhal, les individus construisent des représentations cognitives et émotionnelles de leur maladie (chronologie, identité des symptômes, curabilité, conséquences). Dans le diabète, maladie souvent asymptomatique durant de longues périodes d’hyperglycémie silencieuse, les comportements d’autosoins ne sont pas déclenchés par une douleur réflexe, mais par une planification autorégulatrice délibérée. Le SDSCA évalue l’extériorisation comportementale directe de cette autorégulation.

De surcroît, les travaux de Glasgow et Toobert s’inscrivent en rupture avec le modèle médical traditionnel de la « compliance » passive ou soumission aveugle aux ordres médicaux. En adoptant les concepts de l’école de pensée de l’empowerment et du modèle transthéorique du changement de Prochaska et DiClemente, les auteurs reconnaissent que le patient diabétique est le principal décideur et gestionnaire de son état. Les comportements d’autosoins constituent des habitudes de vie complexes, concurrentielles avec d’autres impératifs psychosociaux. L’approche théorique du SDSCA postule l’indépendance fonctionnelle des domaines d’autosoins : les barrières cognitives, matérielles et affectives régissant l’activité physique sont distinctes de celles conditionnant la prise médicamenteuse ou le suivi d’un régime restrictif, interdisant le recours à un indice composite unidimensionnel réducteur.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du SDSCA a fait l’objet d’une validation rigoureuse à travers sept études observationnelles et d’intervention coordonnées par Toobert et al. (2000), totalisant près de 2 000 participants américains et internationaux, complétées ultérieurement par des adaptations transculturelles en de multiples langues.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente a été démontrée en corrélant systématiquement les scores du SDSCA avec d’autres instruments psychométriques validés mesurant l’adhésion thérapeutique, des journaux de bord alimentaires et des données physiologiques :

  • Alimentation : Les scores de la sous-échelle d’alimentation générale et d’alimentation spécifique corrèlent significativement (coefficients de corrélation de Pearson compris entre r = 0,35 et r = 0,53, p < 0,001) avec des questionnaires de fréquence alimentaire complets (FFQ) et des entretiens nutritionnels de rappel sur 24 heures. L’item portant sur la consommation d’aliments riches en graisses est inversement corrélé au pourcentage d’énergie dérivé des glucides complexes et corrélé positivement à la consommation calorique lipidique documentée.
  • Activité physique : Les items d’exercice physique montrent des corrélations modérées à fortes (r = 0,38 à 0,60, p < 0,001) avec des auto-évaluations standardisées du niveau de dépense physique globale, des échelles d’énergie perçue et, dans plusieurs études contemporaines, avec des mesures objectives par accélérométrie et podométrie.
  • Autosurveillance glycémique : La fréquence autodéclarée dans le SDSCA présente une corrélation extrêmement élevée (r = 0,70 à 0,85) avec les carnets de surveillance glycémique tenus par les patients et les données électroniques extraites directement de la mémoire des glucomètres digitaux.

Validité de critère et prédictive

La validité liée à un critère est étayée par l’association prospective entre les sous-échelles du SDSCA et les paramètres biomédicaux d’équilibration métabolique. Des analyses de régression multiple révèlent que des scores élevés à l’autosurveillance glycémique et à l’adhésion médicamenteuse prédisent des réductions cliniquement significatives de l’hémoglobine glyquée (HbA1c ; β standardisés variant de -0,18 à -0,32, p < 0,01). De même, un score élevé à la sous-échelle de soins des pieds est négativement associé à l’incidence des ulcérations trophiques cutanées et des infections chez les patients à haut risque podologique.

Validité discriminante

Les corrélations inter-sous-échelles sont modérées à faibles (médiane des intercorrélations : r = 0,23), confirmant une excellente validité discriminante entre les composantes. L’échelle démontre avec succès que l’observance dans un domaine comportemental (ex. prise d’insuline) n’entraîne pas automatiquement la conformité dans d’autres sphères (ex. alimentation équilibrée ou exercice), confirmant la spécificité de construit de chaque dimension.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité du SDSCA requiert une interprétation nuancée propre aux mesures d’habitudes de vie quotidiennes : les comportements d’autosoins ne constituent pas des traits psychologiques latents statiques, mais des réponses comportementales modulées par l’environnement et le contexte de vie.

Consistance interne (Cohérence interne)

Dans la méta-analyse de Toobert, Hampson et Glasgow (2000), la consistance interne calculée via l’alpha de Cronbach moyen pour chaque sous-échelle de deux items est distribuée comme suit :

  • Alimentation générale : α = 0,70 (corrélations inter-items r = 0,54)
  • Activité physique : α = 0,69 (corrélations inter-items r = 0,53)
  • Autosurveillance glycémique : α = 0,85 (corrélations inter-items r = 0,74)
  • Soins des pieds : α = 0,68 (corrélations inter-items r = 0,51)
  • Alimentation spécifique : α = 0,47 (corrélations inter-items r = 0,31). Les auteurs soulignent explicitement que la faible consistance interne de la sous-échelle d’alimentation spécifique est structurelle et attendue : l’apport en fruits/légumes et la restriction d’aliments gras représentent des choix nutritionnels distincts qui ne s’agrègent pas obligatoirement. Ils recommandent de traiter ces items de façon indépendante dans les modélisations statistiques.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La fidélité test-retest a été investiguée sur des intervalles temporels de 3 à 4 mois dans des cohortes stables sans intervention. Les coefficients de corrélation intraclasse et de Pearson s’établissent en moyenne à :

  • Alimentation générale : r = 0,40
  • Alimentation spécifique : r = 0,50
  • Exercice physique : r = 0,58
  • Surveillance glycémique : r = 0,67
  • Soins des pieds : r = 0,62
  • Statut tabagique : r = 0,87

Ces coefficients traduisent une fidélité modérée à substantielle, parfaitement cohérente avec la variabilité temporelle réelle des comportements humains de santé au fil des saisons et des étapes de vie.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations psychométriques originelles menées par Toobert et ses collaborateurs ont mobilisé des analyses factorielles exploratoires (AFE) à l’aide d’extractions en composantes principales avec rotation orthogonale Varimax, complétées par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) dans des études de réplication ultérieures.

Structure factorielle exploratoire

L’AFE conduite sur les items de la version de base extrait avec régularité cinq facteurs distincts expliquant plus de 65 % de la variance totale cumulée. La structure factorielle se caractérise par des saturations primaires remarquablement propres et une absence de saturations croisées notables (cross-loadings < 0,25 pour la majorité des items) :

  • Facteur 1 (Autosurveillance glycémique) : L’item 7 (test glycémique) et l’item 8 (conformité aux recommandations) saturent très fortement sur ce facteur (saturations factorielles > 0,85).
  • Facteur 2 (Activité physique) : L’item 5 (au moins 30 minutes d’activité) et l’item 6 (séance d’exercice spécifique) saturent respectivement à 0,81 et 0,84 sur le deuxième axe.
  • Facteur 3 (Soins des pieds) : L’item 11 (inspection des pieds) et l’item 12 (inspection de l’intérieur des chaussures) saturent à des niveaux compris entre 0,74 et 0,82.
  • Facteur 4 (Alimentation générale) : Les items 1 (alimentation saine sur 7 jours) et 2 (jours par semaine sur le mois) saturent sur un axe diététique global (> 0,75).
  • Facteur 5 (Alimentation spécifique / Graisses et Végétaux) : Les items 3 et 4 chargent sur une dimension distincte de l’alimentation générale, confirmant leur singularité psychométrique.

Analyses confirmatoires et adéquation du modèle

Les études de modélisation par équations structurelles (AFC) testant un modèle corrélé à 5 facteurs ont démontré des indices d’adéquation largement satisfaisants dans diverses populations cliniques : le ratio chi-deux/degrés de liberté (χ²/df) est généralement inférieur à 2,5, l’indice de comparabilité de Bentler (CFI) est supérieur à 0,93, l’indice de Tucker-Lewis (TLI) dépasse 0,90, et la racine carrée de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) demeure inférieure à 0,055 (IC à 90 % : 0,041 – 0,068). Ces données corroborent empiriquement la validité de la structure multifactorielle du SDSCA et réfutent l’emploi d’un facteur général unique de second ordre (« autosoins globaux »).

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé d’auto-évaluation. Voici les caractéristiques structurelles détaillées du SDSCA :

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation (auto-rapporté) ou administré par un clinicien/évaluateur lors d’un entretien structuré.
  • Format d’administration : Papier-crayon, interface numérique ou plateforme Web interactive.
  • Population cible : Adultes et adolescents atteints de diabète de type 1 ou de diabète de type 2.
  • Durée moyenne de passation : Environ 5 à 10 minutes pour la version brève standard, 10 à 15 minutes pour la version étendue.
  • Nombre d’items :
    • Version de base : 11 à 14 items principaux (incluant les items diététiques, physiques, glycémiques, podologiques et tabagiques).
    • Version étendue complète : Jusqu’à 17 items de comportement récent, assortis d’items exploratoires supplémentaires (1A à 14A) portant sur les recommandations formulées par les soignants, la prise médicamenteuse spécifique et les soins avancés des pieds.
  • Échelle de réponse :
    • Pour la grande majorité des items de comportement : échelle continue de fréquence allant de 0 à 7 jours (« How many of the last SEVEN DAYS… »).
    • Pour le tabagisme : statut dichotomique (Non / Oui) et nombre moyen de cigarettes fumées par jour.
    • Pour la consommation d’alcool : nombre moyen de verres standards consommés par jour au cours des 7 derniers jours.
    • Pour les modules additionnels de recommandations (1A à 4A) : cases à cocher à choix multiples relatives aux prescriptions reçues de l’équipe soignante.
  • Règles de cotation et de calcul des scores (Scoring) :
    • Les scores sont calculés individuellement pour chaque domaine d’autosoins sous la forme d’une moyenne du nombre de jours par semaine (score variant de 0 à 7). Il est fortement déconseillé de calculer un score total global, ce dernier masquant les disparités comportementales.
    • Alimentation générale (General Diet) : Moyenne des items 1 et 2.
      Score = (Item 1 + Item 2) / 2
    • Alimentation spécifique (Specific Diet) : Moyenne de l’item 3 et de l’item 4 inversé (Item 4 inversé = 7 – Item 4). En raison de la faible corrélation inter-items, Toobert et al. suggèrent fréquemment d’analyser l’item 3 et l’item 4 de manière isolée.
    • Activité physique (Exercise) : Moyenne des items 5 et 6.
      Score = (Item 5 + Item 6) / 2
    • Autosurveillance glycémique (Blood-Glucose Testing) : Moyenne des items 7 et 8.
      Score = (Item 7 + Item 8) / 2
    • Soins des pieds (Foot Care – version brève) : Moyenne des items 11 et 12 (ou 9 et 10 selon le modèle de numérotation).
      Score = (Item 11 + Item 12) / 2
    • Soins des pieds (version étendue) : Moyenne calculée en intégrant les items 9, 10, 9A, 11A et l’item 10A inversé (tremper ses pieds étant déconseillé chez les patients diabétiques en raison du risque de macération : 10A inversé = 7 – Item 10A).
    • Observance médicamenteuse (Medications) : Nombre de jours pour l’item 6A, ou moyenne des items 7A (injections d’insuline) et 8A (comprimés oraux) si les deux modalités sont prescrites concurremment.
    • Statut tabagique : Codé 0 (non-fumeur) ou 1 (fumeur), complété par le nombre moyen de cigarettes par jour.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

La version princeps du SDSCA a été initiée en 1994, puis sa version révisée et standardisée a été publiée dans son format canonique en 2000 par Deborah J. Toobert, Sarah E. Hampson et Russell E. Glasgow dans la revue Diabetes Care.

Conditions d’accès et droits d’auteur : Le SDSCA a été placé par ses auteurs dans le domaine public à des fins de recherche académique et de pratique clinique non commerciale. L’échelle est disponible en libre accès (open access / gratuit) pour les investigateurs, les étudiants et les professionnels de santé. Aucune redevance financière ni autorisation contractuelle préalable n’est exigée pour son utilisation dans des protocoles de recherche institutionnels ou hospitaliers, sous réserve de citer formellement la publication princeps de référence (Toobert et al., 2000). Les adaptations, traductions transculturelles ou intégrations dans des dispositifs commerciaux propriétaires (tels que des logiciels payants de suivi télémédical) requièrent néanmoins la consultation des auteurs ou du détenteur initial des droits de distribution (Oregon Research Institute).

12. Références / References

Les publications fondatrices et validations psychométriques de référence du SDSCA comprennent :

  • Bandura, A. (1986). Social foundations of thought and action: A social cognitive theory. Prentice-Hall, Inc.
  • Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
  • Glasgow, R. E., McCaul, K. D., & Schafer, L. C. (1987). Self-care behaviors and glycemic control in type I diabetes. Journal of Chronic Diseases, 40(5), 399–412. https://doi.org/10.1016/0021-9681(87)90176-0
  • Glasgow, R. E., & Toobert, D. J. (1988). Social environment and regimen adherence among type II diabetic patients. Diabetes Care, 11(5), 377–386. https://doi.org/10.2337/diacare.11.5.377
  • Hampson, S. E., Glasgow, R. E., & Toobert, D. J. (1990). Personal models of diabetes and their relations to self-care activities. Health Psychology, 9(5), 632–646. https://doi.org/10.1037/0278-6133.9.5.632
  • Leventhal, H., Leventhal, E. A., & Contrada, R. J. (1998). Modeling health and illness behavior: The role of theory in intervention. Journal of Social Issues, 54(4), 717–742. https://doi.org/10.1111/j.1540-4560.1998.tb01244.x
  • Toobert, D. J., & Glasgow, R. E. (1994). Assessing diabetes self-management: The Summary of Diabetes Self-Care Activities Questionnaire. In C. Bradley (Ed.), Handbook of Psychology and Diabetes: A Guide to Psychological Measurement in Diabetes Research and Practice (pp. 351–375). Harwood Academic Publishers.
  • Toobert, D. T., Hampson, S. E., & Glasgow, R. E. (2000). The Summary of Diabetes Self-Care Activities measure: Results from 7 studies and a revised scale. Diabetes Care, 23(7), 943–950. https://doi.org/10.2337/diacare.23.7.943

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Scoring Formula: Scoring Instructions for the Summary of Diabetes Self-Care Activities
1

How many of the last SEVEN DAYS have you followed a healthful eating plan? __________ Days Last Week
2

On average‚ over the past month‚ how many DAYS PER WEEK have you followed your eating plan? __________ Days Last Week
3

On how many of the last SEVEN DAYS did you eat five or more servings of fruits and vegetables? __________ Days Last Week
4

On how many of the last SEVEN DAYS did you eat high fat foods such as red meat or full-fat dairy products? __________ Days Last Week
5

On how many of the last SEVEN DAYS did you participate in at least 30 minutes of physical activity? __________ Days Last Week
6

On how many of the last SEVEN DAYS did you participate in a specific exercise session (such as swimming‚ walking‚ biking) other than what you do around the house or as part of your work? __________ Days Last Week
7

On how many of the last SEVEN DAYS did you test your blood sugar? __________ Days Last Week
8

On how many of the last SEVEN DAYS did you test your blood sugar the number of times recommended by your health care provider? __________ Days Last Week
9

On how many of the last SEVEN DAYS did you take your recommended diabetes medication? __________ Days Last Week
10

On how many of the last SEVEN DAYS did you take your recommended number of diabetes pills? __________ Days Last Week
11

On how many of the last SEVEN DAYS did you check your feet? __________ Days Last Week
12

On how many of the last SEVEN DAYS did you inspect the inside of your shoes? __________ Days Last Week
13

On how many of the last SEVEN DAYS did you wash your feet? __________ Days Last Week
14

Have you smoked a cigarette- even one puff-during the last seven days?
15

How many alcoholic drinks would you say you have consumed per day‚ on average‚ during the past SEVEN DAYS?
16

On how many of the last SEVEN DAYS did you take dietary supplements (like vitamins) to help manage your diabetes? __________ Days Last Week
17

On how many of the last SEVEN DAYS did you take herbs‚ drink teas‚ or use other diabetes remedies that you found on your own (or‚ that your doctor did not tell you about) to manage your diabetes? __________ Days Last Week
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Résumé des activités d’autosoins du diabète (SDSCA). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/resume-des-activites-d-autosoins-du-diabete-sdsca/
Looti, Mohammed. “Résumé des activités d’autosoins du diabète (SDSCA).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/resume-des-activites-d-autosoins-du-diabete-sdsca/.
Looti, Mohammed. “Résumé des activités d’autosoins du diabète (SDSCA).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/resume-des-activites-d-autosoins-du-diabete-sdsca/.