Réponse sympathique au drame publicitaire (SRAD)

Découvrez l’échelle de la Réponse sympathique au drame publicitaire (SRAD) développée par Escalas et Stern (2003) : cadre théorique, psychométrie, validité et analyse factorielle.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’échelle de la Réponse sympathique au drame publicitaire (couramment désignée sous l’acronyme SRAD pour Sympathetic Response to Advertising Drama) a été conçue et validée par Jennifer Edson Escalas et Barbara B. Stern en 2003 au sein d’une recherche séminale publiée dans le Journal of Consumer Research. Cet instrument psychométrique évalue l’ampleur avec laquelle un spectateur ou consommateur comprend, appréhende et contextualise les émotions, motivations et épreuves vécues par les personnages mis en scène dans une narration commerciale (ou publicité dramatisée), sans pour autant fusionner émotionnellement avec eux ni ressentir leurs affects sur un plan vicariant direct. D’un point de vue structural, l’échelle SRAD est strictement unidimensionnelle et se compose de cinq items formulés de manière à capter une prise de perspective cognitive, une conscience intellectuelle et un discernement des états internes d’autrui, marquant une distinction conceptuelle fondamentale avec l’empathie publicitaire.

Les répondants expriment leur niveau d’accord sur une échelle de mesure de type Likert en sept points, s’étendant généralement de « Pas du tout d’accord » (1) à « Tout à fait d’accord » (7). Sur le plan des propriétés psychométriques, la structure a été rigoureusement confirmée par le biais d’analyses factorielles confirmatoires (AFC), attestant d’une excellente validité discriminante vis-à-vis de l’échelle d’empathie (ERAD) et d’autres réactions affectives brutes. L’indice de cohérence interne mesuré par l’alpha de Cronbach atteint régulièrement des valeurs élevées (typiquement supérieures à 0,85, oscillant entre 0,86 et 0,91 selon les échantillons expérimentaux et les types de narrations publicitaires testées). L’instrument s’est imposé comme une référence incontournable en psychologie de la consommation, en communication persuasive et en marketing narratif, permettant de dissocier les effets persuasifs d’une appréciation cognitive distanciée de ceux d’une immersion émotionnelle viscérale.

2. Mots-clés / Keywords

Sympathie cognitive, drame publicitaire, narration commerciale, empathie publicitaire, réponse du consommateur, persuasion narrative, psychométrie, prise de perspective, communication marketing, traitement de l’information.

3. Auteurs / Authors

L’échelle SRAD a été développée conjointement par deux chercheuses émérites spécialisées dans la théorie narrative du consommateur, la rhétorique publicitaire et la psychologie sociale appliquée au marketing :

  • Jennifer Edson Escalas : Professeure de marketing à l’Owen Graduate School of Management, Vanderbilt University (Nashville, Tennessee, États-Unis). Ses recherches portent de manière prépondérante sur le traitement narratif de l’information, le concept de soi dans la consommation, l’attachement à la marque et les mécanismes d’immersion fictionnelle (narrative transportation).
  • Barbara B. Stern (1942–2009) : Éminente chercheuse et professeure de marketing à la Rutgers Business School, Rutgers University (Newark et New Brunswick, New Jersey, États-Unis). Pionnière de l’application de la théorie littéraire, de la sémiotique, du féminisme et de la critique dramatique à l’analyse de la publicité et du comportement des consommateurs.

Pour toute correspondance universitaire relative aux extensions contemporaines de ce modèle théorique, les chercheurs peuvent s’adresser au département de marketing de l’Université Vanderbilt.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la création de la Sympathetic Response to Advertising Drama (SRAD) était de remédier à une confusion théorique et empirique chronique au sein de la littérature en psychologie de la communication et du marketing : l’amalgame persistant entre les concepts de « sympathie » et d’« empathie ». Bien que le langage courant et certains travaux antérieurs aient employé ces termes de manière interchangeable, Escalas et Stern (2003) ont démontré que ces deux construits représentent des modes d’engagement psychologique radicalement distincts lors de l’exposition à un récit publicitaire dramatisé.

Mesure et justification théorique

La publicité dramatisée se caractérise par une structure narrative canonique comprenant une intrigue, un cadre spatio-temporel, un protagoniste confronté à un conflit ou une crise, et une résolution (souvent médiée ou facilitée par l’usage d’une marque ou d’un service). Face à une telle mise en scène, le récepteur peut adopter différentes postures psychologiques. L’objectif spécifique de l’échelle SRAD est de quantifier la capacité du spectateur à appréhender cognitivement les circonstances, les défis et la valence émotionnelle vécus par les protagonistes, tout en conservant une frontière psychologique nette entre lui-même et le personnage observé.

Contrairement à l’empathie, qui suppose une résonance viscérale ou une fusion affective où le spectateur ressent littéralement la joie, la tristesse ou l’angoisse dépeinte à l’écran, la sympathie implique une forme de compassion réflexive, de compréhension objective et de sollicitude bienveillante fondée sur le détachement de l’observateur. L’échelle a été conçue pour saisir précisément cette évaluation cognitive de l’expérience d’autrui sans absorption de l’affect dans l’expérience subjective du moi.

Applications en recherche fondamentale et appliquée

Dans le domaine de la recherche académique, l’échelle SRAD permet d’analyser la dynamique séquentielle de persuasion dans les récits publicitaires. Les chercheurs l’utilisent pour tester des modèles d’équations structurelles évaluant la sympathie comme un antécédent nécessaire ou un modérateur de l’empathie, ou comme une voie cognitive indépendante menant à des attitudes favorables envers la publicité (Aad) et la marque (Ab). Elle sert également à examiner comment des variables telles que la complexité de l’intrigue, la vraisemblance psychologique des personnages et l’implication envers le produit influencent le traitement de l’information.

Dans la recherche appliquée et les tests de création publicitaire (copy testing), l’échelle fournit aux praticiens un outil diagnostique précieux. Elle permet de déterminer si un message dramatique ciblant des thématiques délicates (sensibilisation sociétale, campagnes de santé publique, récits humanitaires, assurances, produits médicaux) est correctement compris dans sa teneur émotionnelle sans provoquer de détresse personnelle, de rejet affectif ou de surcharge émotionnelle indésirable chez le récepteur.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par l’échelle SRAD repose sur la formalisation de la sympathie issue de la psychologie sociale, de la philosophie morale et de la critique théâtrale. La sympathie est définie ici comme une réaction cognitivement médiée consistant à « ressentir pour » ou « comprendre » autrui, ce qui contraste avec « ressentir avec » autrui (l’empathie).

Nature unidimensionnelle et composition interne

Bien que l’article princeps de 2003 explore simultanément l’empathie et la sympathie à l’aide de deux batteries distinctes de cinq items chacune, l’échelle SRAD forme un construit unidimensionnel pur dédié à la réponse de sympathie. Les cinq composantes cognitives explorées au travers des items opérationnalisent les facettes suivantes :

  • La reconnaissance perceptive des états internes : La capacité du récepteur à identifier clairement ce que le protagoniste traverse sur le plan émotionnel et situationnel (par exemple, identifier le désarroi, la solitude ou l’espoir du personnage).
  • La compréhension intellectuelle de la causalité dramatique : Le décodage lucide des motivations sous-jacentes et des raisons pour lesquelles le personnage se trouve dans une impasse ou ressent une émotion spécifique face aux événements dépeints.
  • La prise de perspective cognitive (Perspective Taking) : La capacité d’adopter le cadre de référence du personnage sans perdre la conscience réflexive de son propre statut de spectateur externe observant une fiction publicitaire.
  • L’évaluation des enjeux narratifs : Le discernement précis des conséquences positives ou négatives des péripéties sur le bien-être du protagoniste dans l’univers diégétique de l’annonce.
  • Le maintien de l’intégrité de l’identité personnelle : L’absence d’absorption de l’ego ; le sujet ne s’imagine pas être le personnage (invariance de la frontière entre soi et non-soi), évitant ainsi le sentiment d’atteinte émotionnelle directe propre à l’immersion empathique extrême.

Différenciation avec les construits connexes

Pour bien appréhender la spécificité du construit mesuré par la SRAD, il convient de le situer au sein de la taxonomie des réponses émotionnelles et cognitives aux arts narratifs :

  • Sympathie vs Empathie : Dans l’empathie, le récepteur perd temporairement la conscience de la séparation entre lui-même et autrui, reproduisant mimétiquement l’état affectif observé (activation du système des neurones miroirs, réponses physiologiques similaires). Dans la sympathie mesurée par la SRAD, le spectateur reste fermement ancré dans sa posture d’observateur extérieur doté d’une compréhension rationnelle et bienveillante.
  • Sympathie vs Transport narratif : Le transport narratif (développé notamment par Green et Brock) implique une immersion totale combinant attention focalisée, imagerie mentale et désengagement temporaire du monde physique réel. La réponse sympathique mesurée par la SRAD est une composante cognitive plus ciblée sur l’évaluation des états d’autrui, pouvant exister sans nécessairement entraîner une perte de conscience de l’environnement physique immédiat.
  • Sympathie vs Pitié : La sympathie selon Stern et Escalas ne véhicule pas la condescendance ou la supériorité hiérarchique souvent inhérente à la pitié. Il s’agit d’une égalité d’estime fondée sur la compréhension de la condition humaine représentée dans le scénario publicitaire.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique soutenant l’échelle SRAD s’articule à la croisée de la philosophie des Lumières, de la poétique dramatique aristotélicienne, de la psychologie du développement social et du modèle du traitement narratif de l’information.

Racines philosophiques et éthiques

Le fondement conceptuel de la sympathie remonte aux traités philosophiques d’Adam Smith (Théorie des sentiments moraux, 1759) et de David Hume (Traité de la nature humaine, 1739). Smith concevait la sympathie non pas comme une contagion émotionnelle mécanique, mais comme un acte d’imagination intellectuelle par lequel un individu s’efforce de concevoir ce qu’il ressentirait s’il était placé dans les mêmes circonstances qu’autrui, tout en restant pleinement conscient qu’il n’est pas cet autre. Cette conceptualisation a fourni à Stern et Escalas le socle théorique nécessaire pour distinguer la compréhension cognitive altruiste de l’écho viscéral primitif.

Théorie littéraire et dramatique

Barbara Stern a mobilisé les principes de la dramaturgie classique et de l’esthétique littéraire, notamment les notions aristotéliciennes de la Poétique relatives à la réaction de l’auditoire face à la tragédie ou à la comédie. Dans la conception d’Aristote, la catharsis requiert à la fois la terreur (réaction vicariante proche de l’empathie) et la pitié ou compassion raisonnée (plus proche de la sympathie). Stern a adapté ces concepts aux formats publicitaires modernes de trente ou soixante secondes, montrant que les drames télévisés publicitaires fonctionnent selon une grammaire narrative formelle incitant le téléspectateur à interpréter les signes verbaux et visuels afin de reconstituer le sens intérieur des actions du protagoniste.

Modèles de psychologie sociale du développement affectif

Escalas et Stern s’appuient substantiellement sur les travaux de psychologues contemporains de premier plan :

  • Nancy Eisenberg : Les recherches d’Eisenberg sur la différenciation entre la détresse personnelle, l’empathie et la sympathie ont démontré que la sympathie implique des sentiments d’intérêt et de sollicitude pour autrui, fondés sur l’évaluation cognitive des difficultés du sujet observé, sans que l’observateur ne soit submergé par l’affect négatif.
  • C. Daniel Batson : Les travaux de Batson sur l’hypothèse de l’altruisme fondé sur l’empathie et la prise de perspective cognitive ont permis de conceptualiser comment la perception des besoins d’un protagoniste génère des attitudes favorables et des motivations d’aide ou d’approbation.
  • Mark H. Davis : Créateur de l’Interpersonal Reactivity Index (IRI), Davis a institutionnalisé la séparation structurelle entre les composantes cognitives (notamment la prise de perspective) et les composantes affectives (telles que la préoccupation empathique et la détresse personnelle), validant ainsi l’approche dimensionnelle retenue dans l’échelle SRAD.

Théorie de la persuasion narrative

Dans les modèles de persuasion traditionnels, tels que l’Elaboration Likelihood Model (ELM) de Petty et Cacioppo, l’accent est mis sur l’évaluation logique des arguments textuels (voie centrale) ou sur des indices périphériques superficiels (voie périphérique). La théorie narrative enrichit cette vision en montrant que les histoires publicitaires contournent la contre-argumentation critique grâce à un mécanisme de persuasion expérientiel. La réponse sympathique agit comme un pont cognitif fondamental : elle garantit la clarté de la compréhension de l’histoire, confère une cohérence psychologique au récit de marque et pose les jalons cognitifs indispensables pour que, dans certains cas, une identification empathique plus profonde puisse émerger.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’échelle SRAD a été établie à travers une série d’études rigoureuses combinant expérimentations en laboratoire et modélisations statistiques avancées lors de sa publication originale, puis répliquée dans des recherches ultérieures sur la communication publicitaire narrative.

Validité de contenu et d’apparence

La validité de contenu a été garantie par une dérivation méticuleuse des items à partir des définitions conceptuelles de Smith, Eisenberg et Davis. Les formulations ont été affinées au moyen de pré-tests qualitatifs afin d’assurer que chaque proposition traduise l’acte cognitif de discernement, de compréhension et de prise de perspective intellectuelle face aux émotions des personnages, en évitant tout vocabulaire connotant une contagion émotionnelle somatique ou directe (termes réservés à l’échelle d’empathie ERAD).

Validité convergente

La validité convergente de la SRAD a été confirmée par de fortes saturations factorielles standardisées, toutes statistiquement significatives (p < 0,001), oscillant entre 0,72 et 0,88 pour l’ensemble des cinq items au sein des modèles confirmatoires. La variance moyenne extraite (Average Variance Extracted, AVE) dépasse systématiquement le seuil critique conventionnel de 0,50, se situant généralement autour de 0,65 à 0,72 selon les contextes narratifs évalués. Cela démontre qu’une majorité substantielle de la variance des items est attribuable au construit théorique sous-jacent de la sympathie cognitive.

Validité discriminante

L’aspect le plus critique et le plus minutieusement testé par Escalas et Stern (2003) concerne la validité discriminante entre la sympathie (SRAD) et l’empathie (ERAD). Selon le critère classique de Fornell et Larcker, la racine carrée de l’AVE pour l’échelle SRAD est nettement supérieure aux corrélations observées entre le facteur SRAD et le facteur ERAD (les corrélations inter-facteurs observées oscillent généralement entre r = 0,45 et r = 0,65). De surcroît, des tests de comparaison de modèles emboîtés démontrent qu’un modèle factoriel bifactoriel (séparant sympathie et empathie) offre un ajustement statistique drastiquement supérieur à un modèle unidimensionnel contraignant les deux construits sous un facteur d’affect unique (la différence de Chi-carré Δχ² étant largement significative à p < 0,0001).

Validité prédictive et nomologique

La validité nomologique et prédictive de la SRAD est illustrée par son rôle dans l’explication des attitudes et comportements du consommateur :

  • Impact sur l’attitude envers la publicité (Aad) : La sympathie prédit directement et positivement l’appréciation globale du message, les spectateurs valorisant la clarté et l’intelligence dramaturgique du récit.
  • Rôle médiateur : Dans le modèle structural d’Escalas et Stern, la sympathie opère comme un antécédent cognitif partiel de l’empathie : les individus doivent d’abord comprendre rationnellement les épreuves des personnages (sympathie) avant de pouvoir ressentir en résonance leurs émotions (empathie).
  • Réduction du scepticisme publicitaire : L’activation d’une réponse sympathique limite les pensées négatives et le contre-argumentage analytique envers la marque, car l’attention du sujet est absorbée par le suivi cohérent de la trajectoire du protagoniste.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’échelle SRAD a fait l’objet d’évaluations exhaustives, démontrant une remarquable homogénéité interne et une grande stabilité psychométrique à travers divers types de stimuli publicitaires et segments de population.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Fiabilité Composite)

Lors des études menées par Escalas et Stern (2003), l’indice de cohérence interne mesuré par l’alpha de Cronbach (α) s’est constamment maintenu à des niveaux très élevés :

  • Dans l’étude empirique principale portant sur des publicités dramatiques télévisées réelles, l’alpha de Cronbach pour les 5 items de la sympathie s’élevait à α = 0,88.
  • Des études subséquentes de réplication et de validation croisée ont rapporté des coefficients alpha compris entre 0,86 et 0,91.
  • L’indice de fiabilité composite de Jöreskog (Composite Reliability, CR), évalué dans le cadre des analyses par équations structurelles, excède régulièrement le seuil de 0,85 (souvent situé à 0,89), ce qui confirme que la mesure est remarquablement exempte d’erreur de mesure aléatoire.

Corrélations inter-items et corrélations item-total corrigées

L’analyse des corrélations item-total corrigées pour chacun des cinq items de la SRAD révèle des coefficients systématiquement supérieurs à 0,65 (s’étalant le plus souvent de 0,68 à 0,78). Aucune suppression d’item n’entraîne une augmentation de l’alpha global, ce qui démontre la parcimonie et la robustesse de cette structure à cinq énoncés.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Dans le cadre expérimental où les publicités sont présentées sous forme de stimuli uniques, la stabilité s’apprécie également à travers la reproductibilité des patterns factoriels face à des récits publicitaires présentant des valences émotionnelles différentes (spots comiques, dramatiques, poignants ou informatifs). La structure interne de la SRAD conserve une invariance métrique et scalaire satisfaisante, prouvant que l’instrument capte de manière consistante le processus d’inférence cognitive sans dépendre de biais contextuels liés au genre dramatique de l’annonce.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle de l’instrument a été éprouvée initialement par des analyses factorielles exploratoires (AFE), suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) utilisant l’estimation du maximum de vraisemblance (ML).

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors des phases préliminaires de développement, les 10 items conçus pour sonder à la fois la sympathie et l’empathie ont été soumis à une extraction en composantes principales assortie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin direct, en raison de la corrélation théorique attendue entre les formes de réactivité socio-émotionnelle). Les résultats ont clairement mis au jour une structure à deux facteurs distincts avec des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1 :

  • Le facteur 1, représentant la sympathie (SRAD), regroupe l’ensemble des cinq items cognitifs avec des saturations factorielles primaires élevées (> 0,70) et des saturations croisées (cross-loadings) minimes sur le facteur d’empathie (< 0,25).
  • Le facteur 2, représentant l’empathie (ERAD), regroupe les cinq items d’absorption affective.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Dans l’article d’Escalas et Stern (2003), l’AFC a permis de soumettre les données à un examen structural rigoureux. Les indices d’ajustement pour le modèle de mesure intégrant l’échelle SRAD indiquent une excellente adéquation aux données empiriques :

  • Chi-carré normé (χ²/ddl) : Généralement inférieur à 2,5, indiquant un bon ajustement global.
  • CFI (Comparative Fit Index) : Supérieur à 0,96 (souvent égal ou supérieur à 0,98).
  • TLI / NNFI (Tucker-Lewis Index) : Supérieur à 0,95.
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : Inférieur à 0,06 (généralement compris entre 0,042 et 0,058), avec un intervalle de confiance à 90 % conforme aux exigences méthodologiques strictes de Hu et Bentler (1999).
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : Inférieur à 0,04.

Tableau représentatif des saturations factorielles (AFC)

Le tableau ci-dessous synthétise la configuration typique des saturations factorielles standardisées (λ) et des résidus de mesure (δ) pour les cinq items de l’échelle unidimensionnelle SRAD :

  • Item 1 (Compréhension des ressentis) : λ = 0,82 ; Erreur = 0,33
  • Item 2 (Conscience du vécu des personnages) : λ = 0,86 ; Erreur = 0,26
  • Item 3 (Reconnaissance des problèmes affrontés) : λ = 0,79 ; Erreur = 0,38
  • Item 4 (Adoption du point de vue) : λ = 0,84 ; Erreur = 0,29
  • Item 5 (Perception des épreuves vécues) : λ = 0,80 ; Erreur = 0,36

Toutes les saturations sont statistiquement significatives à p < 0,001, ce qui confirme l’invariance structurelle de l’échelle et sa capacité à capturer fidèlement le construit latent.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument de mesure se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé court, optimisé pour une administration rapide post-exposition publicitaire :

  • Type de test : Échelle psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory) post-exposition narrative.
  • Nombre total d’items : 5 items formulés de manière directe et affirmative.
  • Format des réponses : Échelle de Likert à 7 points (généralement graduée de 1 = « Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree à 7 = « Tout à fait d’accord » / Strongly Agree ; certaines adaptations utilisent des échelles en 5 points sans altération notable des propriétés psychométriques).
  • Modalités d’administration :
    • Passation sur support papier-crayon ou numérique (ordinateurs, tablettes, smartphones).
    • Administration immédiatement consécutive au visionnage ou à la lecture du stimulus dramatique publicitaire.
    • Temps de passation estimé : 1 à 2 minutes pour la SRAD seule (environ 3 à 4 minutes si administrée conjointement avec l’ERAD).
  • Calcul du score et cotation :
    • Le test ne comporte aucun item inversé ; tous les énoncés sont orientés positivement vers l’affirmation de la compréhension sympathique.
    • Score moyen global : Somme des scores obtenus sur les 5 items divisée par 5 (fournit une valeur moyenne comprise entre 1,00 et 7,00).
    • Score sommatif : Somme brute directe des 5 items (allant de 5 à 35 points).
    • Une valeur plus élevée traduit un degré supérieur d’appréhension cognitive, de discernement objectif et de sollicitude intellectuelle vis-à-vis des personnages du récit publicitaire.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’échelle SRAD a été formellement introduite dans la communauté scientifique en 2003 au sein de la revue Journal of Consumer Research éditée par Oxford University Press au nom de la Consumer Research Association.

  • Année d’apparition formelle : 2003.
  • Politique de tarification et licence : L’accès au contenu de l’article scientifique dépend des abonnements institutionnels ou individuels à la revue Journal of Consumer Research. Toutefois, l’utilisation de l’échelle à des fins purement académiques, universitaires ou de recherche non commerciale est traditionnellement autorisée à titre gracieux, sous réserve d’une citation bibliographique formelle et rigoureuse de l’article fondateur d’Escalas et Stern (2003).
  • Utilisation commerciale et reproduction intégrale : Les praticiens, agences de publicité ou instituts de sondage prévoyant d’intégrer l’instrument dans des solutions logicielles propriétaires ou des services commerciaux payants doivent vérifier les dispositions de réutilisation auprès du détenteur des droits d’auteur (Oxford University Press / Copyright Clearance Center).

12. Références / References

Les publications fondatrices et travaux connexes ci-dessous constituent le socle empirique et conceptuel de l’instrument :

  • Batson, C. D. (1991). The altruism question: Toward a social-psychological answer. Lawrence Erlbaum Associates. https://doi.org/10.4324/9781315808215
  • Davis, M. H. (1983). Measuring individual differences in empathy: Evidence for a multidimensional approach. Journal of Personality and Social Psychology, 44(1), 113–126. https://doi.org/10.1037/0022-3514.44.1.113
  • Eisenberg, N., & Miller, P. A. (1987). The relation of empathy to prosocial and related behaviors. Psychological Bulletin, 101(1), 91–119. https://doi.org/10.1037/0033-2909.101.1.91
  • Escalas, J. E., & Stern, B. B. (2003). Sympathy and empathy: Emotional responses to advertising dramas. Journal of Consumer Research, 29(4), 566–578. https://doi.org/10.1086/346251
  • Green, M. C., & Brock, T. C. (2000). The role of transportation in the persuasiveness of public narratives. Journal of Personality and Social Psychology, 79(5), 701–721. https://doi.org/10.1037/0022-3514.79.5.701
  • Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
  • Stern, B. B. (1994). Classical and vignette television advertising dramas: Structural models, formal analysis, and consumer responses. Journal of Consumer Research, 20(4), 601–615. https://doi.org/10.1086/209373

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Les items officiels de cette échelle sont protégés par le droit d’auteur (copyright © 2003 Journal of Consumer Research / Oxford University Press) et relèvent des publications originales des auteures. L’inventaire complet et officiel doit être consulté directement dans l’article princeps d’Escalas et Stern (2003).

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

Dans l’étude originale, les participants étaient invités à répondre après avoir visionné la publicité en indiquant leur niveau d’accord sur une échelle allant de 1 (Strongly Disagree) à 7 (Strongly Agree).

  1. I understood what the characters were feeling.
    1 = Strongly Disagree
    2
    3
    4 = Neutral
    5
    6
    7 = Strongly Agree
  2. I was aware of what the characters were going through.
    1 = Strongly Disagree
    2
    3
    4 = Neutral
    5
    6
    7 = Strongly Agree
  3. I recognized the problems the characters faced.
    1 = Strongly Disagree
    2
    3
    4 = Neutral
    5
    6
    7 = Strongly Agree
  4. I could see the characters’ point of view.
    1 = Strongly Disagree
    2
    3
    4 = Neutral
    5
    6
    7 = Strongly Agree
  5. I perceived what the characters were experiencing.
    1 = Strongly Disagree
    2
    3
    4 = Neutral
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    7 = Strongly Agree
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Looti, M. (2026, septembre 30). Réponse sympathique au drame publicitaire (SRAD). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/reponse-sympathique-au-drame-publicitaire-srad/
Looti, Mohammed. “Réponse sympathique au drame publicitaire (SRAD).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/reponse-sympathique-au-drame-publicitaire-srad/.
Looti, Mohammed. “Réponse sympathique au drame publicitaire (SRAD).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/reponse-sympathique-au-drame-publicitaire-srad/.