Ratio prix-valeur perçu de l’entreprise (CPVR)

Le ratio prix-valeur perçu de l’entreprise (CPVR), développé par Habel et al. (2016), est une échelle psychométrique à différentiel sémantique mesurant l’évaluation globale par les consommateurs du rapport qualité-prix des produits d’une firme. Découvrez son cadre théorique, ses propriétés psychométriques et ses applications.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

Le ratio prix-valeur perçu de l’entreprise (communément désigné sous l’acronyme CPVR pour Perceived Company Price-Value Ratio) est un instrument psychométrique développé et formalisé dans la recherche en marketing et en psychologie du consommateur par Johannes Habel, Laura Marie Schons, Sascha Alavi et Jan Wieseke (2016). Cet outil d’évaluation a été initialement mis en œuvre dans le cadre d’une vaste enquête empirique portant sur le secteur du commerce de détail afin de modéliser les répercussions paradoxales des initiatives de responsabilité sociale des entreprises (RSE) sur la perception de l’équité des prix par les consommateurs.

L’échelle est conçue pour mesurer, à un niveau global et agrégé à l’échelle de l’entreprise, l’évaluation subjective effectuée par les clients quant à l’équilibre entre les sacrifices financiers consentis et les bénéfices tangibles ou intangibles reçus en retour lors de l’acquisition des produits d’une marque donnée. Contrairement aux approches transactionnelles qui évaluent le rapport qualité-prix d’un article spécifique à un moment précis, le CPVR appréhende une croyance globale et stable ancrée dans la mémoire sémantique du consommateur.

Sur le plan structurel, le CPVR se compose de trois items présentés sous la forme d’un différentiel sémantique bipolaire, généralement administré sur une échelle en 7 points. Chaque item utilise une amorce standardisée contextualisée au nom de l’organisation ciblée : « Les produits de [Entreprise]… ». Les propriétés psychométriques de l’instrument démontrent une unidimensionnalité rigoureuse, une cohérence interne exceptionnellement élevée (avec des coefficients alpha de Cronbach et de fiabilité composite excédant systématiquement les seuils de 0,90), ainsi qu’une excellente validité convergente, discriminante et nomologique confirmée par des analyses factorielles confirmatoires au sein de grands échantillons probabilistes et représentatifs.

2. Mots-clés / Keywords

Ratio prix-valeur, Équité des prix perçue, Comportement du consommateur, Psychologie économique, Responsabilité sociale des entreprises, Jugement de valeur, Différentiel sémantique, Utilité de transaction, Psychométrie, Justice distributive.

3. Auteurs / Authors

L’échelle du ratio prix-valeur perçu de l’entreprise a été conceptualisée et validée par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés en marketing stratégique, psychologie du consommateur et gestion de la relation client :

  • Johannes Habel : Professeur associé de marketing à la C.T. Bauer College of Business, Université de Houston (Texas, États-Unis) ; anciennement rattaché à l’ESMT Berlin (Allemagne). Ses travaux portent principalement sur la psychologie de la vente, la tarification et la transformation numérique. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Laura Marie Schons (née Edinger-Schons) : Professeure titulaire de gestion durable et de responsabilité d’entreprise à l’Université de Mannheim (Allemagne). Spécialiste de la RSE, du comportement éthique du consommateur et de la communication de durabilité. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Sascha Alavi : Professeur titulaire de la chaire de gestion des ventes et marketing à la Faculté de gestion et d’économie de la Ruhr-Universität Bochum (Allemagne). Ses recherches examinent les mécanismes socio-psychologiques de la négociation, de la fixation des prix et de l’interaction client-vendeur. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Jan Wieseke : Professeur titulaire et directeur du département de marketing à la Ruhr-Universität Bochum (Allemagne) et professeur invité à l’Université de Loughborough (Royaume-Uni). Reconnu internationalement pour ses recherches sur le leadership commercial, l’interface vente-marketing et la psychologie organisationnelle. Courriel institutionnel : [email protected].

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du Perceived Company Price-Value Ratio (CPVR) est de quantifier avec précision, parsimonie et robustesse la perception synthétique qu’ont les consommateurs du rapport entre les coûts monétaires exigés par une entreprise et l’ensemble de la proposition de valeur qu’elle délivre. Alors que la littérature économique classique a longtemps postulé que les décisions d’achat reposaient sur des calculs d’optimisation rationnelle objective du ratio coût-bénéfice, la recherche contemporaine en psychologie cognitive et en marketing comportemental a démontré que ce ratio est avant tout une construction mentale subjective, sensible aux heuristiques, aux biais de cadrage et aux signaux contextuels émis par la firme.

Dans leur étude séminale publiée dans le Journal of Marketing, Habel et ses collaborateurs (2016) ont mis en évidence la nécessité de disposer d’une mesure dédiée au CPVR au niveau de l’entreprise pour résoudre une énigme théorique majeure : l’effet ambivalent de la responsabilité sociale des entreprises sur la perception de justice tarifaire des clients. Si, d’un côté, les actions philanthropiques ou écologiques d’une firme peuvent susciter un « sentiment de satisfaction morale » (warm glow) et accroître l’estime perçue envers l’organisation, elles peuvent simultanément induire chez les consommateurs le soupçon cognitif que les prix pratiqués sont artificiellement gonflés pour financer ces activités périphériques non marchandes. Le CPVR intervient ici comme une variable médiatrice ou explicative clé, permettant de déterminer si le consommateur perçoit que les prix de l’enseigne continuent d’offrir une valeur équitable ou s’ils constituent une surcharge injustifiée (extra charge).

Sur le plan des applications scientifiques, le CPVR permet aux chercheurs :

  • D’isoler l’évaluation globale du rapport qualité-prix des jugements affectifs purs portés sur la marque, tels que l’attachement ou l’identification organisationnelle ;
  • D’analyser la formation des jugements de justice distributive tarifaire en amont des décisions de fidélité ou de désengagement ;
  • D’évaluer l’impact des variations stratégiques de tarification (par exemple, hausses de prix, tarification dynamique ou remises promotionnelles) sur le capital de marque perçu ;
  • De modéliser les arbitrages cognitifs complexes entre attributs fonctionnels, symboliques, éthiques et sacrifices monétaires.

Sur le plan managérial et appliqué, l’instrument fournit aux directeurs marketing, directeurs de la tarification (pricing officers) et gestionnaires de marque un thermomètre psychométrique diagnostique. Dans le commerce de détail et les services marchands, une dégradation du CPVR constitue un signal d’alerte précoce d’attrition de la clientèle (customer churn), souvent bien avant que les indicateurs financiers traditionnels ne révèlent une baisse des volumes de vente. L’échelle aide ainsi à identifier si une baisse de satisfaction découle d’un déficit intrinsèque d’utilité du produit ou d’un décalage croissant entre le prix facturé et la valeur perçue par le marché cible.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit du « Ratio prix-valeur perçu de l’entreprise » s’inscrit au cœur des modèles théoriques de l’évaluation cognitive du consommateur. Il trouve son fondement conceptuel le plus direct dans le paradigme multidimensionnel de la valeur perçue formalisé par Valarie A. Zeithaml (1988). Selon ce cadre, la valeur perçue est définie comme « l’évaluation globale par le consommateur de l’utilité d’un produit, fondée sur la perception de ce qui est reçu et de ce qui est donné ». Le CPVR opérationnalise précisément cette équation mentale en captant la résultante cognitive de cette confrontation entre composantes sacrificielles (give components) et composantes d’acquisition (get components).

Le construit se caractérise par plusieurs attributs psychologiques fondamentaux :

  • Unidimensionnalité et nature synthétique : Bien que la valeur globale puisse englober des facettes émotionnelles, sociales et épistémiques, le CPVR se concentre spécifiquement sur le jugement de proportionnalité économique. Il synthétise l’arbitrage entre la sortie monétaire et le flux d’avantages procurés. Ce n’est ni une mesure brute du niveau de prix (qui serait purement descriptive : « Les prix sont élevés/bas »), ni une mesure brute de la qualité (« Les produits sont d’excellente facture »), mais une évaluation relationnelle de leur congruence comparative.
  • Niveau d’abstraction organisationnel : Alors que la majorité des échelles de valeur perçue développées dans les années 1990 et 2000 évaluent une unité de stock spécifique (SKU) ou une transaction isolée (par exemple, l’échelle PERVAL de Sweeney et Soutar), le CPVR s’élève au niveau de la marque ou de la firme dans son ensemble. Les consommateurs développent une représentation schématique consolidée, une croyance généralisée quant à savoir si « magasiner chez cette entreprise » ou « acheter leurs produits » représente une transaction économiquement équitable.
  • Valence bipolaire et équité perçue : Le construit est psychologiquement bipolaire. À l’extrémité négative du continuum se trouve le sentiment de spoliation, de déséquilibre économique défavorable ou de surfacturation (où le coût dépasse nettement la contrepartie reçue). Au centre se situe le seuil de neutralité ou de stricte parité marchande. À l’extrémité positive se trouve la perception d’une aubaine, d’une générosité transactionnelle ou d’un avantage comparatif substantiel pour le client (où la valeur reçue excède largement l’effort financier consenti).

Dans le modèle conceptuel de Habel et al. (2016), le CPVR entretient des relations dynamiques avec d’autres construits cognitifs et affectifs. D’une part, il est directement influencé par les inférences de coûts et de marges bénéficiaires : lorsqu’un client suppose qu’une entreprise réalise des profits excessifs ou détourne des fonds vers des opérations accessoires, l’évaluation du ratio prix-valeur tend à se dégrader. D’autre part, le CPVR agit comme un prédicteur déterminant de l’équité des prix perçue (perceived price fairness). L’équité tarifaire implique un jugement éthique et moral (« Le prix est-il juste, acceptable et légitime ? »), tandis que le CPVR constitue le soubassement économique direct de ce jugement (« En ai-je pour mon argent ? »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration et l’interprétation du CPVR reposent sur l’intégration de plusieurs théories majeures issues de la psychologie cognitive, de l’économie comportementale et de la psychologie sociale :

1. La théorie de l’équité d’Adams

Formulée initialement dans le contexte des relations organisationnelles par J. Stacy Adams (1965), la théorie de l’équité postule que les individus évaluent la justice d’une relation d’échange en comparant le ratio de leurs propres rétributions (outcomes) sur leurs contributions (inputs) avec le ratio perçu du partenaire d’échange :

(Rétributions du consommateur / Contributions du consommateur) ≈ (Rétributions de l’entreprise / Contributions de l’entreprise)

Dans l’acte d’achat, l’input du consommateur est principalement monétaire (le prix payé), tandis que son outcome réside dans la qualité, la performance et la satisfaction dérivées du produit. Le CPVR mesure directement l’évaluation subjective de cette fraction côté client. Si le consommateur a l’impression que la firme encaisse des profits disproportionnés par rapport aux efforts de conception ou aux coûts de production réels, une tension psychologique d’iniquité émerge, dégradant le score sur l’échelle.

2. La théorie de la comptabilité mentale et des utilités de Thaler

Dans le cadre de l’économie comportementale, Richard Thaler (1985) a décomposé l’utilité totale d’un achat en deux dimensions : l’utilité d’acquisition (liée à la valeur intrinsèque du bien reçu par rapport à son prix de réserve) et l’utilité de transaction (liée aux mérites perçus de l’accord commercial en lui-même, mesurée par l’écart entre le prix payé et un prix de référence interne). Le CPVR capture principalement la résultante conjointe de ces deux utilités au niveau de l’image de marque. Un ratio prix-valeur favorable signale une forte utilité d’acquisition doublée d’une utilité de transaction positive, le consommateur ayant le sentiment de réaliser une transaction avantageuse à l’échelle du catalogue de l’entreprise.

3. Le principe du double droit (Dual Entitlement) de Kahneman, Knetsch et Thaler

Le principe du double droit (Kahneman, Knetsch & Thaler, 1986) stipule que les consommateurs accordent aux entreprises le droit légitime de réaliser un profit raisonnable, tout en s’estimant eux-mêmes en droit de bénéficier de conditions tarifaires de référence stables. Toute perturbation de cet équilibre perçue comme un moyen unilatéral d’accroître les marges de l’entreprise aux dépens du client entraîne une sanction cognitive immédiate. Habel et al. (2016) mobilisent cette théorie pour expliquer pourquoi des dépenses de RSE ostentatoires peuvent détériorer le CPVR : si les clients attribuent les prix élevés de l’entreprise à la volonté de financer des projets tiers non liés aux bénéfices produits, ils perçoivent une rupture du principe de double droit, traduisant cela par un rapport qualité-prix défavorable pour eux-mêmes.

4. La théorie de l’attribution de Weiner

Enfin, la théorie de l’attribution (Weiner, 1985) éclaire la manière dont les individus assignent des causes aux politiques tarifaires d’une entreprise. Lorsque le consommateur fait face aux prix affichés par une marque, il formule des inférences causales quant aux motivations de la firme. Si la politique de prix est attribuée à des causes contrôlables, internes et égoïstes (recherche d’une rente monopolistique ou surfacturation délibérée), le CPVR s’effondre. À l’inverse, si les prix sont attribués à des investissements massifs dans des matières premières durables et une main-d’œuvre qualifiée, le ratio prix-valeur demeure favorablement perçu.

7. Validité / Validity

Les études empiriques conduites par Habel et al. (2016), notamment l’étude 2 menée auprès d’un large échantillon probabiliste de consommateurs du secteur de la grande distribution et du commerce spécialisé, apportent des éléments probants quant à la validité métrologique du CPVR :

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente a été démontrée par des corrélations fortes et statistiquement significatives avec des construits théoriquement proches issus de la littérature en gestion. L’analyse factorielle confirmatoire révèle que la variance moyenne extraite (AVE, Average Variance Extracted) des trois items de l’échelle dépasse largement le seuil standard de 0,50 préconisé par Fornell et Larcker (1981), se situant fréquemment au-delà de 0,75 dans les sous-échantillons d’analyse. Cela confirme que plus des trois quarts de la variance des indicateurs empiriques sont directement imputables au construit latent du ratio prix-valeur plutôt qu’à l’erreur de mesure non aléatoire ou résiduelle.

Validité discriminante

Un enjeu psychométrique crucial consistait à s’assurer que le CPVR ne se confondait pas avec des notions adjacentes telles que l’équité des prix globale perçue (perceived price fairness), l’évaluation générale des prix (price perception), la confiance dans la marque (brand trust) ou la perception des motivations de RSE (CSR motives). Les tests d’évaluation de la validité discriminante ont mis en évidence :

  • Le respect systématique du critère de Fornell et Larcker (1981) : pour chaque facteur, la racine carrée de l’AVE du CPVR était nettement supérieure aux corrélations inter-construits partagées avec l’ensemble des autres variables latentes du modèle structurel ;
  • La conformité aux ratios HTMT (Heterotrait-Monotrait Ratio of Correlations) : les valeurs observées demeurent bien inférieures au seuil conservateur de 0,85, démontrant sans ambiguïté la spécificité conceptuelle et métrologique de la mesure par rapport à l’équité tarifaire générale.

Validité nomologique et prédictive

La validité nomologique du CPVR a été rigoureusement attestée à travers l’estimation de modèles d’équations structurelles (SEM). Conformément aux prédictions théoriques :

  • Le CPVR joue un rôle médiateur statistiquement significatif entre les inférences de coûts induites par les actions sociétales de l’entreprise et les jugements ultimes de justice tarifaire ;
  • Le CPVR prédit positivement et significativement l’intention de réachat des clients, la propension à recommander l’entreprise (NPS / bouche-à-oreille) et l’élasticité-prix tolérée par les consommateurs ;
  • Il modère négativement la recherche systématique d’alternatives chez les concurrents, validant ainsi sa capacité prédictive sur des indicateurs d’engagement comportemental réel.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité de l’échelle du ratio prix-valeur perçu de l’entreprise confirme une précision de mesure remarquable à travers divers contextes d’administration :

Cohérence interne

Dans l’étude empirique de Habel et al. (2016), l’instrument a fait l’objet de calculs métrologiques détaillés :

  • Alpha de Cronbach (α) : Les estimations obtenues dans les larges échantillons d’acheteurs en ligne et de clients de magasins physiques atteignent un coefficient de $\alpha = 0,91$, se situant très au-delà du critère conventionnel d’admissibilité de 0,70 ou d’excellence de 0,80 fixé par Nunnally et Bernstein (1994).
  • Fiabilité composite (CR / Composite Reliability) : Le coefficient de Jöreskog (fiabilité composite) calculé dans le cadre des analyses factorielles confirmatoires s’élève à des valeurs de 0,92 à 0,94 selon les conditions expérimentales et d’enquête, corroborant la très faible dispersion d’erreur du bloc d’items.

Stabilité temporelle et équivalence de mesure

Bien que l’étude initiale ait reposé sur des protocoles d’enquêtes transversales et de plans quasi-expérimentaux à mesures répétées en ligne, les corrélations inter-items sont remarquablement homogènes (corrélations bivariées moyennes comprises entre 0,78 et 0,84, $p < 0,001$). L'absence d'items inversés formulés négativement au sein du différentiel sémantique contribue à éliminer les artefacts de réponse liés au biais d'inattention, tout en maintenant une focalisation cognitive optimale du répondant sur la polarité de la valeur délivrée.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle du CPVR a été investiguée et validée par une démarche séquentielle combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC) sous des logiciels de modélisation par équations structurelles tels que Mplus et AMOS.

Résultats de l’analyse exploratoire

Lors de l’extraction factorielle initiale (méthode du maximum de vraisemblance avec rotation orthogonale et oblique) :

  • Une solution strictement unidimensionnelle émerge de manière univoque, respectant le critère de Kaiser-Guttman (une seule valeur propre supérieure à 1,0, s’élevant typiquement au-dessus de 2,40) ;
  • Le facteur unique extrait explique à lui seul plus de 80 % de la variance totale des indicateurs empiriques ;
  • Le test d’adéquation de l’échantillonnage de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO) dépasse régulièrement 0,85, et le test de sphéricité de Bartlett s’avère hautement significatif ($chi^2, p < 0,001$), indiquant une structure de données parfaitement propice à la factorisation.

Résultats de l’analyse confirmatoire (AFC)

Dans le modèle de mesure spécifié par Habel et al. (2016), le facteur latent unique du CPVR a été soumis à l’estimation confirmatoire du maximum de vraisemblance. Les charges factorielles standardisées (saturations factorielles, $lambda$) reliant chaque item au construit latent sous-jacent sont toutes très élevées et statistiquement significatives à $p < 0,001$ :

  • Item 1 (Offre une mauvaise valeur / bonne valeur par rapport au prix) : $\lambda \approx 0,88 – 0,92$
  • Item 2 (Rapport qualité-prix défavorable / favorable) : $\lambda \approx 0,91 – 0,94$
  • Item 3 (Ne vaut pas son prix / Vaut tout à fait son prix) : $\lambda \approx 0,86 – 0,90$

Les résidus d’erreur standardisés ne présentent aucune covariance anormale non spécifiée. Intégré au modèle global de mesure multi-construits incluant les dimensions de l’équité des prix, des motivations perçues de RSE et des attributions de coûts, le modèle démontre des indices d’ajustement globaux conformes aux recommandations les plus strictes de Hu et Bentler (1999) :

  • Ratio Chi-carré / Degrés de liberté : $chi^2 / text{ddl} < 2,5$ ;
  • CFI (Comparative Fit Index) $> 0,97$ ;
  • TLI (Tucker-Lewis Index) $> 0,96$ ;
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) $< 0,05$ ;
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) $< 0,04$.

Ces données d’ajustement corroborent la pureté métrologique du CPVR et confirment l’absence de redondance ou de bruit dimensionnel secondaire.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le Perceived Company Price-Value Ratio présente les caractéristiques opérationnelles suivantes :

  • Type de test : Instrument psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire) mesurant les attitudes économiques et cognitives envers une marque ou une firme.
  • Format des questions : Items présentés sous la forme d’un différentiel sémantique (semantic differential scale), où chaque extrémité de l’échelle d’évaluation est ancrée par des adjectifs ou des propositions antinomiques (pôles négatif et positif).
  • Nombre d’items : 3 items standardisés.
  • Échelle de réponse : Échelle bipolaire graduée en 7 points (allant traditionnellement de 1 = pôle négatif à 7 = pôle positif). Une graduation en 5 ou 9 points peut être adaptée selon les besoins sans altérer les propriétés de distribution de la variable latente.
  • Procédure de passation : L’administration est directe, réalisable par questionnaire papier-crayon, enquête en ligne (ordinateurs, tablettes, smartphones) ou bornes d’évaluation en magasin. Le temps moyen d’administration est inférieur à une minute en raison de l’extrême concision de l’échelle.
  • Modalités de cotation et de calcul du score :
    • Chaque item est codé numériquement de 1 (ancrage négatif / défavorable) à 7 (ancrage positif / favorable).
    • Aucun item inversé ne nécessite de recodage préalable.
    • Le score global individuel du CPVR s’obtient en calculant la moyenne arithmétique simple non pondérée des trois items :

      $$\text{Score CPVR} = \frac{\text{Item } 1 + \text{Item } 2 + \text{Item } 3}{3}$$

    • Dans le cadre de modélisations complexes par équations structurelles (SEM / PLS), les scores factoriels calculés à partir des saturations de l’AFC peuvent être privilégiés pour contrôler l’erreur de mesure résiduelle.
    • Un score compris entre 1,00 et 3,49 dénote un ratio prix-valeur jugé défavorable ou inéquitable ; un score proche de 4,00 correspond à un jugement neutre d’équivalence stricte ; un score situé entre 4,51 et 7,00 indique une perception très avantageuse de la proposition de valeur de l’entreprise.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 2016.
  • Support de publication d’origine : Journal of Marketing, Volume 80, Numéro 1, pages 84–105, publié par l’American Marketing Association (AMA).
  • Statut du droit d’auteur : L’article original et son matériel méthodologique associé sont protégés par le droit d’auteur détenu par l’American Marketing Association (AMA) et les auteurs de la publication.
  • Conditions d’utilisation et permissions :
    • Usage académique et recherche non commerciale : Conformément aux usages éthiques et déontologiques de la communauté académique, les items peuvent être cités, adaptés et administrés gratuitement dans le cadre d’études universitaires ou de thèses de doctorat non lucratives, sous réserve de citer formellement la publication princeps de Habel, Schons, Alavi et Wieseke (2016).
    • Usage commercial, panels de consommateurs et applications d’entreprise : Toute utilisation de l’échelle à des fins commerciales directes, intégrée à des progiciels propriétaires de mesure de la satisfaction client (par exemple plateformes SaaS, logiciels CRM ou études de marché vendues à des tiers), doit faire l’objet d’une demande d’autorisation de reproduction auprès de l’American Marketing Association (via les services de droits du Copyright Clearance Center ou de l’éditeur SAGE Publishing, actuel partenaire éditorial de l’AMA pour le Journal of Marketing).
  • Tarif : Gratuit pour la recherche académique indépendante ; droits de reproduction applicables selon les barèmes de l’éditeur pour les réimpressions ou intégrations commerciales.

12. Références / References

  • Adams, J. S. (1965). Inequity in social exchange. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 2, pp. 267–299). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60108-2
  • Andreoni, J. (1990). Impure altruism and donations to public goods: A theory of warm-glow giving. The Economic Journal, 100(401), 464–477. https://doi.org/10.2307/2234133
  • Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
  • Habel, J., Schons, L. M., Alavi, S., & Wieseke, J. (2016). Warm glow or extra charge? The ambivalent effect of corporate social responsibility activities on customers’ perceived price fairness. Journal of Marketing, 80(1), 84–105. https://doi.org/10.1509/jm.14.0389
  • Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
  • Kahneman, D., Knetsch, J. L., & Thaler, R. (1986). Fairness as a constraint on profit seeking: Entitlements in the market. The American Economic Review, 76(4), 728–741. https://www.jstor.org/stable/1806061
  • Nunnally, J. C., & Bernstein, I. H. (1994). Psychometric Theory (3rd ed.). McGraw-Hill.
  • Sweeney, J. C., & Soutar, G. N. (2001). Consumer perceived value: The development of a multiple item scale. Journal of Retailing, 77(2), 203–220. https://doi.org/10.1016/S0022-4359(01)00041-0
  • Thaler, R. (1985). Mental accounting and consumer choice. Marketing Science, 4(3), 199–214. https://doi.org/10.1287/mksc.4.3.199
  • Weiner, B. (1985). An attributional theory of achievement motivation and emotion. Psychological Review, 92(4), 548–573. https://doi.org/10.1037/0033-295X.92.4.548
  • Zeithaml, V. A. (1988). Consumer perceptions of price, quality, and value: A means-end model and synthesis of evidence. Journal of Marketing, 52(3), 2–22. https://doi.org/10.1177/002224298805200302

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

Instructions to respondents: Please evaluate the products of the following company on the scales provided below. Select the number that best reflects your opinion for each statement.

Stem: Products of [Company Name] …

Item 1

Products of [Company Name] …

… offer poor value for the price

1
2
3
4
5
6
7

… offer good value for the price

Item 2

Products of [Company Name] …

… have an unfavorable price-performance ratio

1
2
3
4
5
6
7

… have a favorable price-performance ratio

Item 3

Products of [Company Name] …

… are not worth their price

1
2
3
4
5
6
7

… are totally worth their price

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Looti, M. (2026, septembre 30). Ratio prix-valeur perçu de l’entreprise (CPVR). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/ratio-prix-valeur-percu-cpvr/
Looti, Mohammed. “Ratio prix-valeur perçu de l’entreprise (CPVR).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/ratio-prix-valeur-percu-cpvr/.
Looti, Mohammed. “Ratio prix-valeur perçu de l’entreprise (CPVR).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/ratio-prix-valeur-percu-cpvr/.