1. Résumé
Le Quotient d’Empathie (Empathy Quotient, ou EQ) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu à l’origine par le professeur Simon Baron-Cohen et Sally Wheelwright en 2004 au sein du Autism Research Centre (ARC) de l’Université de Cambridge. Développé pour combler les lacunes méthodologiques des échelles antérieures d’empathie, l’EQ mesure de manière globale et équilibrée les deux composantes cardinales de l’empathie humaine : la dimension cognitive (la capacité de décoder, de comprendre et de prédire les états mentaux, pensées et intentions d’autrui, étroitement liée à la théorie de l’esprit) et la dimension affective ou émotionnelle (la propension à réagir de façon affectivement congruente et appropriée face à l’état émotionnel d’une autre personne).
L’instrument complet comprend 60 items présentés sous forme d’énoncés accompagnés d’une échelle de Likert à quatre points (strongly agree, slightly agree, slightly disagree, strongly disagree). Parmi ces 60 énoncés, 40 items ciblent spécifiquement les processus empathiques tandis que 20 items de diversion (filler items) non cotés ont été insérés afin de neutraliser les biais de désirabilité sociale, de complaisance ou de focalisation thématique. Le système de cotation original attribue 0, 1 ou 2 points aux items d’empathie en fonction de la force et de l’adéquation de la réponse, conférant à l’échelle un score total variant de 0 à 80.
Sur le plan psychométrique, le Quotient d’Empathie démontre une remarquable cohérence interne (coefficient alpha de Cronbach généralement compris entre 0,85 et 0,92) et une stabilité temporelle exemplaire évaluée par fidélité test-retest (r = 0,97 sur un intervalle de 12 mois). Des études factorielles ultérieures (notamment celles de Lawrence et al., 2004, et de Berthoz et al., 2008 pour la version française) ont mis en évidence une organisation tri-factorielle robuste regroupant l’empathie cognitive, la réactivité émotionnelle et les compétences sociales. L’EQ est mondialement reconnu comme l’un des outils de référence pour le dépistage clinique des altérations socio-cognitives associées aux troubles du spectre de l’autisme (TSA), ainsi que pour la recherche fondamentale en neurosciences sociales, en psychologie différentielle et en psychiatrie.
2. Mots-clés
Quotient d’Empathie, EQ, empathie cognitive, empathie affective, théorie de l’esprit, autisme, syndrome d’Asperger, cognition sociale, Simon Baron-Cohen, psychométrie, réactivité émotionnelle, compétences sociales, théorie empathisation-systématisation.
3. Auteurs
L’instrument a été élaboré par des chercheurs émérites affiliés au Autism Research Centre du Département de Psychiatrie de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) :
- Sir Simon Baron-Cohen, Ph.D., FBA, FMedSci : Professeur de psychopathologie du développement à l’Université de Cambridge, membre du Trinity College, directeur de l’Autism Research Centre (ARC). Pionnier mondial de la recherche sur la théorie de l’esprit et les fondements neurobiologiques de l’autisme. Courriel institutionnel : [email protected].
- Sally Wheelwright, M.A. : Chercheuse associée principale et gestionnaire de projets cliniques à l’Autism Research Centre, Université de Cambridge, co-autrice des principaux outils de dépistage du spectre autistique chez l’adulte (AQ, EQ, SQ).
4. Objectif
Le Quotient d’Empathie (EQ) a été spécifiquement conceptualisé pour répondre à un défi majeur de la psychométrie et de la psychopathologie clinique : l’absence d’un instrument unifié, bref, valide et standardisé capable d’évaluer l’empathie à la fois comme une disposition de personnalité globale et comme une compétence socio-émotionnelle chez les adultes de niveau intellectuel normal ou supérieur.
Avant la publication de l’EQ en 2004, la plupart des outils disponibles en psychologie sociale, tels que l’Interpersonal Reactivity Index (IRI) de Davis (1980) ou le Questionnaire Measure of Emotional Empathy (QMEE) de Mehrabian et Epstein (1972), souffraient de limites conceptuelles patentes. Certains instruments confondaient l’empathie avec des construits connexes mais distincts, tels que la détresse personnelle, la sympathie, la propension à l’altruisme, ou encore la tendance générale à l’émotivité et à l’instabilité affective (névrosisme). D’autres omettaient purement et simplement la composante cognitive de l’attribution mentale pour ne se concentrer que sur la résonance somatique passive. L’EQ a été conçu pour opérationnaliser l’empathie selon une définition rigoureuse intégrant expressément la reconnaissance de l’état émotionnel d’autrui combinée à une réponse affective spontanée et ajustée.
En pratique clinique, l’objectif principal de l’EQ est de fournir un indicateur objectif et sensible des difficultés de communication et d’interaction sociale. Il est largement utilisé dans le processus diagnostique du syndrome d’Asperger et de l’autisme de haut niveau (désormais classés sous la terminologie générique de troubles du spectre de l’autisme dans le DSM-5). Un seuil clinique prédictif a été rigoureusement documenté : un score égal ou inférieur à 30 sur 80 permet d’identifier plus de 80 % des adultes diagnostiqués avec un TSA, tandis que moins de 10 % des individus neurotypiques tombent sous cette valeur seuil.
Dans le domaine de la recherche, l’EQ est utilisé pour investiguer :
- Les différences intersexes fondamentales observées dans la population générale, les femmes obtenant de manière systématique des scores moyens significativement plus élevés que les hommes dans de multiples cultures transculturelles ;
- Les profils neurobiologiques et neuroanatomiques associés au décodage des émotions, aux réseaux des neurones miroirs et au cortex préfrontal ventromédian ;
- La comorbidité et la dissociation des profils psychologiques dans d’autres affections neuropsychiatriques, telles que la psychopathie (caractérisée par un déficit d’empathie affective mais une empathie cognitive intacte), l’alexithymie, le trouble de la personnalité limite (borderline) ou les troubles bipolaires ;
- La théorie de la « cerveau hyper-masculin » (Extreme Male Brain theory) formalisée par Baron-Cohen dans le cadre du modèle Empathisation-Systématisation.
5. Construit psychologique
L’empathie mesurée par l’EQ est un construit multidimensionnel complexe englobant la capacité d’identifier mentalement ce qu’une autre personne ressent ou pense, et d’y réagir avec une émotion appropriée. L’analyse structurale approfondie menée par Lawrence et al. (2004), confirmée par de nombreuses réplications internationales, permet de décomposer ce construit central en trois dimensions distinctes mais fortement corrélées :
1. L’Empathie Cognitive (Cognitive Empathy)
Cette sous-échelle renvoie à l’adoption de perspective (perspective-taking) et aux aptitudes sous-jacentes à la théorie de l’esprit. Elle correspond à la capacité intellectuelle et intuitive de se représenter la perspective subjective d’une autre personne, de décrypter ses croyances, ses désirs implicites, ses intentions non formulées ou ses tentatives de dissimulation. Un individu doté d’une empathie cognitive élevée anticipe sans effort l’effet potentiel de ses propos sur l’état psychologique d’autrui et détecte spontanément l’ironie, le sous-entendu ou la métaphore.
Exemples d’items illustratifs de cette dimension :
- Item 22 : « I find it easy to put myself in somebody else’s shoes. »
- Item 25 : « I am good at predicting how someone will feel. »
- Item 55 : « I can tell if someone is masking their true emotion. »
2. La Réactivité Émotionnelle (Emotional Reactivity)
La réactivité émotionnelle, ou empathie affective, traduit la disposition spontanée d’un individu à entrer en résonance émotionnelle avec autrui. Elle implique une contagion affective régulée qui ne conduit pas à un débordement personnel panique, mais à une compassion authentique et à un engagement affectif congruent (se réjouir du bonheur d’un tiers, ressentir une affliction bienveillante face à sa souffrance ou être profondément affecté par la vue de personnes en détresse).
Exemples d’items représentatifs :
- Item 38 : « It upsets me to see an animal in pain. »
- Item 42 : « I get upset if I see people suffering on news programmes. »
- Item 59 : « I tend to get emotionally involved with a friend’s problems. »
3. Les Compétences Sociales (Social Skills)
Cette troisième facette évalue la pragmatique communicative, l’aisance comportementale et la maîtrise intuitive des codes relationnels régissant les interactions interpersonnelles. Elle permet de savoir agir et réagir avec fluidité au sein d’un groupe, d’éviter les maladresses sociales (comme le fait de vexer involontairement autrui ou d’insister de manière disproportionnée au cours d’un débat), et d’initier un contact relationnel sans éprouver de confusion face aux normes implicites.
Exemples d’items révélateurs :
- Item 8 : « I find it hard to know what to do in a social situation. » (Item inversé)
- Item 14 : « I often find it difficult to judge if something is rude or polite. » (Item inversé)
- Item 34 : « I am very blunt, which some people take to be rudeness, even though this is unintentional. » (Item inversé)
6. Cadre théorique
Le socle conceptuel du Quotient d’Empathie repose sur la théorie Empathisation-Systématisation (Empathizing-Systemizing Theory, ou Théorie E-S) formulée par Simon Baron-Cohen à la fin des années 1990 et formalisée en 2003 et 2004. Selon ce paradigme de psychologie cognitive et évolutionniste, le profil psychologique humain individuel se distribue selon deux dimensions orthogonales et indépendantes :
- L’Empathisation (E) : la pulsion naturelle à identifier les états mentaux d’autrui, à prédire son comportement émotionnel et à y apporter une réponse affective appropriée. L’empathisation est fondamentale pour naviguer dans un monde social par essence dynamique, non linéaire et imprévisible.
- La Systématisation (S) : la pulsion à analyser, concevoir et explorer des systèmes régis par des règles fixes, prédictibles et déterministes (systèmes mécaniques, mathématiques, informatiques, taxonomiques ou physiques), et à en déduire les lois gouvernantes.
Le cadre théorique de Baron-Cohen postule que les différences individuelles dans les ratios de ces deux profils d’esprit définissent des types cognitifs distincts : le profil Type E (E > S), le profil Type S (S > E), le profil Équilibré (E = S), le profil Type E Extrême (empathie très supérieure à la moyenne, systématisation très faible), et le profil Type S Extrême (systématisation moyenne ou supérieure conjuguée à une empathie très inférieure à la normale).
Ce dernier profil sous-tend l’hypothèse du cerveau hyper-masculin (Extreme Male Brain theory) de l’autisme. En s’appuyant sur des travaux en neurobiologie développementale montrant l’influence des concentrations de testostérone fœtale sur la latéralisation et la maturation des réseaux cérébraux sociaux, Baron-Cohen avance que les personnes autistes manifestent une exagération des caractéristiques cognitives masculines typiques : une forte inclination à la systématisation assortie d’un déficit marqué de l’empathisation.
Sur le plan des neurosciences cognitives, l’EQ s’articule avec les modèles actuels postulant un double réseau cérébral de l’empathie :
- Le réseau affectif précoce, impliquant l’insula antérieure, le cortex cingulaire antérieur (ACC), l’amygdale et le système des neurones miroirs fronto-pariétaux, facilitant le partage sensoriel et viscéral des émotions d’autrui ;
- Le réseau cognitif de mentalisation, recrutant le cortex préfrontal ventromédian (vmPFC), la jonction temporo-pariétale (TPJ) et le sillon temporal supérieur (STS), orchestrant la compréhension métareprésentationnelle délibérée.
7. Validité
L’EQ a fait l’objet d’un examen approfondi de ses qualités métrologiques dans de très nombreuses cohortes internationales, démontrant une validité scientifique remarquable.
Validité de construit et validité factorielle
Dès sa publication princeps, Baron-Cohen et Wheelwright (2004) ont documenté la validité de construit en administrant l’EQ à un échantillon de 90 adultes diagnostiqués avec un syndrome d’Asperger ou un autisme de haut niveau (AS/HFA) et à un groupe contrôle de 197 adultes neurotypiques. Les résultats ont révélé une séparation très nette des deux distributions : la moyenne du groupe clinique s’élevait à 20,4 (SD = 7,6), contre une moyenne de 42,1 (SD = 10,6) chez les hommes neurotypiques et 48,0 (SD = 11,3) chez les femmes neurotypiques (p < 0,0001). Cette différence intergroupe massive et la supériorité systématique des scores féminins sur les scores masculins confirment directement les prédictions du modèle théorique sous-jacent.
Validité convergente
La validité convergente de l’EQ a été confirmée par de fortes corrélations significatives avec les tests de référence évaluant la cognition sociale :
- Reading the Mind in the Eyes Test (RMET) : corrélation positive statistiquement robuste (r variant de 0,30 à 0,45 selon les études), indiquant que les scores d’auto-évaluation sur l’EQ reflètent effectivement les performances objectives au décodage des expressions oculaires complexes.
- Interpersonal Reactivity Index (IRI) : corrélation positive très substantielle avec la sous-échelle Prise de perspective (Perspective Taking, r = 0,55 à 0,68) et la sous-échelle Préoccupation empathique (Empathic Concern, r = 0,50 à 0,62).
- Test des Faux Pas (Faux Pas Recognition Test) : corrélation directe entre les scores d’EQ et la rapidité à identifier et expliquer des maladresses verbales intentionnelles ou accidentelles en situation sociale.
Validité discriminante
L’EQ se distingue nettement des mesures d’intelligence générale (QI verbal et de performance), ne montrant aucune corrélation significative avec le score de QI des participants neurotypiques ou avec le Quotient de Systématisation (SQ). Cette indépendance vis-à-vis du SQ (r non significatif ou proche de zéro dans la population générale) confirme le principe d’orthogonalité posé par la théorie E-S.
Sensibilité et spécificité clinique
En fixant un seuil seuil critique à EQ ≤ 30, l’outil présente une sensibilité clinique de 81,1 % et une spécificité supérieure à 88 % pour distinguer les adultes autistes de la population témoin. Cette capacité de classification a été répliquée dans des études menées en France (Berthoz et al., 2008), au Japon (Wakabayashi et al., 2006) et en Italie (Preti et al., 2011).
8. Fidélité
La fidélité psychométrique du Quotient d’Empathie a été largement éprouvée à travers les critères classiques de consistance interne et de stabilité temporelle :
Consistance interne
Dans l’échantillon princeps de normalisation (Baron-Cohen & Wheelwright, 2004), la consistance interne des 40 items d’empathie calculée via le coefficient alpha de Cronbach s’établit à α = 0,92 dans le groupe témoin et à α = 0,85 dans le groupe clinique d’adultes avec autisme. Dans les études ultérieures de validation transculturelle, le coefficient alpha oscille constamment dans une fourchette excellente :
- Version française (Berthoz et al., 2008) : α = 0,89 pour l’échelle globale ;
- Version japonaise (Wakabayashi et al., 2006) : α = 0,90 ;
- Version italienne (Preti et al., 2011) : α = 0,87.
Pour les trois sous-échelles identifiées par Lawrence et al. (2004), les coefficients sont également adéquats : Empathie Cognitive (α = 0,85), Réactivité Émotionnelle (α = 0,72) et Compétences Sociales (α = 0,66).
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été documentée sur un sous-échantillon de participants réévalués à 12 mois d’intervalle. Le coefficient de corrélation test-retest de Pearson atteint r = 0,97 (p < 0,001), attestant que l’EQ évalue une disposition de personnalité stable, hautement résistante aux fluctuations d’humeur passagères ou aux événements conjoncturels.
9. Analyse factorielle
Initialement, Baron-Cohen et Wheelwright (2004) avaient envisagé l’EQ comme une échelle unitaire mesurant un construit global d’empathie. Néanmoins, l’hétérogénéité des composantes de l’empathie a incité plusieurs équipes de psychométrie à examiner la structure latente de l’instrument au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).
Le modèle à trois facteurs de Lawrence et al. (2004)
L’étude pionnière de Lawrence et al. (2004), menée auprès de 100 adultes neurotypiques au moyen d’une analyse en composantes principales (ACP) avec rotation oblique Promax, a révélé une solution robuste à trois facteurs émergeant de 28 des 40 items d’empathie originaux (expliquant une variance substantielle de la cognition sociale) :
- Facteur 1 : Empathie Cognitive (11 items) — regroupe les items évaluant la capacité à se mettre mentalement à la place d’autrui, à anticiper ses émotions et à décrypter ses intentions (items 19, 22, 25, 26, 36, 41, 44, 52, 54, 58, 60). Les saturations factorielles de ces items s’échelonnent de 0,42 à 0,74.
- Facteur 2 : Réactivité Émotionnelle (11 items) — isole les items décrivant des réponses affectives spontanées face à la souffrance d’un être vivant ou des réactions émotionnelles partagées (items 6, 21, 27, 29, 32, 38, 42, 43, 48, 50, 59). Les saturations oscillent entre 0,38 et 0,69.
- Facteur 3 : Compétences Sociales (6 items) — réunit les énoncés décrivant les difficultés ou les facilités spontanées à se comporter de manière socialement appropriée et à décoder les conventions groupales (items 4, 8, 12, 14, 34, 35). Saturations factorielles comprises entre 0,40 et 0,68.
Modélisation confirmatoire et versions courtes
Par la suite, Muncer et Ling (2006), puis Allison, Baron-Cohen et al. (2011) ont conduit des analyses factorielles confirmatoires sur de vastes cohortes (plus de 1 000 participants). L’AFC a confirmé que le modèle tri-factoriel présentait des indices d’adéquation significativement supérieurs au modèle unidimensionnel initial (CFI > 0,90, RMSEA ≤ 0,05). Ces analyses ont conduit à l’essor d’une version courte à 28 items validée par Lawrence et al., et d’une variante ultra-brève (EQ-Short) couramment exploitée en épidémiologie psychiatrique.
Dans la validation francophone menée par Sylvie Berthoz et al. (2008) auprès de 405 participants, la structure tri-factorielle a été intégralement répliquée, confirmant l’universalité de la décomposition des facettes empathiques à travers les aires linguistiques.
10. Instrument de mesure
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (self-administered questionnaire).
- Population cible : Adultes (≥ 16 ans) de niveau intellectuel normal (QI > 70). Des adaptations adaptées aux adolescents et aux enfants ont été développées ultérieurement sous forme de questionnaires hétéro-rapportés (EQ-Child / EQ-Adolescent complétés par les parents).
- Nombre total d’items : 60 items, répartis en :
- 40 items cibles d’empathie (analysés et scorés) ;
- 20 items de diversion / remplissage (filler items) non comptabilisés (items 2, 3, 5, 7, 9, 13, 16, 17, 20, 23, 24, 30, 31, 33, 40, 45, 47, 51, 53, 56).
- Format de réponse : Échelle de Likert à 4 points sans point neutre intermédiaire (forced-choice) :
- Strongly agree (Tout à fait d’accord)
- Slightly agree (Plutôt d’accord)
- Slightly disagree (Plutôt pas d’accord)
- Strongly disagree (Pas du tout d’accord)
- Règles de cotation et calcul du score total :
- Chaque item empathique apporte un score de 0, 1 ou 2 points. Le score total de l’échelle s’échelonne ainsi de 0 à 80 points.
- Items positifs directs (21 items) : 1, 6, 19, 22, 25, 26, 35, 36, 37, 38, 41, 42, 43, 44, 52, 54, 55, 57, 58, 59, 60.
- Strongly agree = 2 points
- Slightly agree = 1 point
- Slightly disagree = 0 point
- Strongly disagree = 0 point
- Items inversés (19 items) : 4, 8, 10, 11, 12, 14, 15, 18, 21, 27, 28, 29, 32, 34, 39, 46, 48, 49, 50.
- Strongly disagree = 2 points
- Slightly disagree = 1 point
- Slightly agree = 0 point
- Strongly agree = 0 point
- Items de diversion (20 items) : cotés 0 point quelle que soit la réponse cochée.
- Interprétation clinique des scores :
- 0 à 29 points : Empathie significativement inférieure à la moyenne. Zone critique observée chez environ 80 % des adultes avec autisme de haut niveau ou syndrome d’Asperger. Forte indication clinique de difficultés d’interaction et de décodage socio-émotionnel.
- 30 à 41 points : Empathie moyenne basse (fréquente chez les hommes neurotypiques).
- 42 à 52 points : Empathie moyenne (moyenne globale typique de la population adulte).
- 53 à 63 points : Empathie supérieure à la moyenne (profil fréquemment rencontré chez les femmes neurotypiques).
- 64 à 80 points : Empathie très élevée.
- Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication princeps : 2004.
- Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Simon Baron-Cohen et Sally Wheelwright, Autism Research Centre (ARC), Université de Cambridge.
- Conditions d’utilisation et permissions : L’échelle est mise à la disposition gratuite des chercheurs, cliniciens et professionnels de santé à des fins de recherche académique non commerciale et d’évaluation clinique. Le formulaire de test original ainsi que ses traductions officielles validées sont téléchargeables librement sur le portail scientifique du Centre de Recherche sur l’Autisme de Cambridge.
- Tarification : Accès libre (Open Access sans redevance pour la recherche et la pratique clinique non commerciale). Toute intégration au sein de plateformes commerciales ou d’applications logicielles payantes requiert l’autorisation explicite préalable de l’Autism Research Centre.
12. Références
- Allison, C., Baron-Cohen, S., Wheelwright, S. J., Stone, M. H., & Muncer, S. J. (2011). Psychometric analysis of the Empathy Quotient (EQ). Frontiers in Psychiatry, 2, Article 47. https://doi.org/10.3389/fpsyt.2011.00047
- Baron-Cohen, S., & Wheelwright, S. (2004). The Empathy Quotient: An investigation of adults with Asperger syndrome or high functioning autism, and normal sex differences. Journal of Autism and Developmental Disorders, 34(2), 163–175. https://doi.org/10.1023/B:JADD.0000022607.19833.00
- Baron-Cohen, S. (2003). The Essential Difference: The Truth About the Male and Female Brain. Basic Books / Penguin.
- Berthoz, S., Wessa, M., Kedia, G., Wicker, B., & Grézes, J. (2008). Cross-cultural validation of the Empathy Quotient in a French sample: Psychometric properties and exploration of gender characteristics. Psychiatry Research, 161(2), 246–252. https://doi.org/10.1016/j.psychres.2007.07.014
- Lawrence, E. J., Shaw, P., Baker, D., Baron-Cohen, S., & David, A. S. (2004). Measuring empathy: Reliability and validity of the Empathy Quotient. Psychological Medicine, 34(5), 911–919. https://doi.org/10.1017/S0033291703001624
- Muncer, S. J., & Ling, J. (2006). Psychometric analysis of the Empathy Quotient (EQ) scale. Personality and Individual Differences, 40(6), 1111–1119. https://doi.org/10.1016/j.paid.2005.11.008
- Preti, A., Vellante, M., Baron-Cohen, S., Zucca, G., Petretto, D. R., & Masala, C. (2011). The Empathy Quotient: A validity study by confirmatory factor analysis. European Psychiatry, 26(7), 419–426. https://doi.org/10.1016/j.eurpsy.2010.05.004
- Wakabayashi, A., Baron-Cohen, S., Uchiyama, T., Yoshida, Y., Kuroda, M., & Wheelwright, S. (2006). The Autism-Spectrum Quotient (AQ) and the Empathy Quotient (EQ) in Japan: A cross-cultural study of empathy and autism spectrum conditions. The Japanese Journal of Psychology, 77(3), 271–277. https://doi.org/10.4992/jjpsy.77.271
13. Questions et items du questionnaire
Response Scale: 4-point Likert scale (strongly agree, slightly agree, slightly disagree, strongly disagree)
- I can easily tell if someone else wants to enter a conversation.
- I prefer animals to humans.
- I try to keep up with the current trends and fashions.
- I find it difficult to explain to others things that I understand easily, when they don’t understand it the first time.
- I dream most nights.
- I really enjoy caring for other people.
- I try to solve my own problems rather than discussing them with others.
- I find it hard to know what to do in a social situation.
- I am at my best first thing in the morning.
- People often tell me that I went too far in driving my point home in a discussion.
- It doesn’t bother me too much if I am late meeting a friend.
- Friendships and relationships are just too difficult, so I tend not to bother with them.
- I would never break a law, no matter how minor.
- I often find it difficult to judge if something is rude or polite.
- In a conversation, I tend to focus on my own thoughts rather than on what my listener might be thinking.
- I prefer practical jokes to verbal humour.
- I live life for today, rather than the future.
- When I was a child, I used to enjoy cutting up worms to see what would happen.
- I can pick up quickly if someone says one thing but means another.
- I tend to have very strong opinions about clothing.
- It is hard for me to see why some things upset people so much.
- I find it easy to put myself in somebody else’s shoes.
- I think that good manners are the most important thing a parent can teach their child.
- I like to do things on the spur of the moment.
- I am good at predicting how someone will feel.
- I am quick to spot when someone in a group is feeling awkward or uncomfortable.
- If I say something that offends someone, I think that that’s their problem, not mine.
- If anyone asked me if I liked their haircut, I would reply truthfully, even if I didn’t like it.
- I can’t always see why someone should have felt offended by a remark.
- People often tell me that I am very unpredictable.
- I enjoy being the centre of attention at any social gathering.
- Seeing people cry doesn’t really upset me.
- I enjoy having a discussion about politics and current affairs.
- I am very blunt, which some people take to be rudeness, even though this is unintentional.
- I don’t tend to find social situations confusing.
- Other people tell me I am good at understanding how they are feeling and what they are thinking.
- When I talk to people, I tend to talk about their experiences rather than my own.
- It upsets me to see an animal in pain.
- I am able to make decisions without being influenced by people’s feelings.
- I can’t relax until I have done everything I had planned to do that day.
- I can easily tell if someone is interested or bored with what I am saying.
- I get upset if I see people suffering on news programmes.
- Friends usually talk to me about their problems as they say that I am very understanding.
- I can sense if I am intruding, even if the other person doesn’t tell me.
- I often start new hobbies, but quickly become bored with them and move on to something else.
- People sometimes tell me that I have gone too far with teasing.
- I would be too nervous to go on a big rollercoaster.
- Other people often say that I am insensitive, though I don’t always see why.
- If I see a stranger in a group, I think that it is up to them to make an effort to join in.
- I usually stay emotionally detached when watching a film.
- I like to be very organised in day to day life and often make lists of the chores I have to do.
- I can tune into how someone else feels rapidly and intuitively.
- I don’t like to take risks.
- I can easily work out what another person might want to talk about.
- I can tell if someone is masking their true emotion.
- Before making a decision I always weigh up the pros and cons.
- I don’t consciously work out the rules of social situations; I just do it.
- I am good at predicting what someone will do.
- I tend to get emotionally involved with a friend’s problems.
- I can usually appreciate the other person’s viewpoint, even if I don’t agree with it.