1. Résumé / Abstract
Le Quotient du spectre autistique pour adolescents (The Adolescent Autism Spectrum Quotient, souvent abrégé en AQ-Adolescent) constitue une adaptation psychométrique rigoureuse de l’outil d’auto-évaluation original conçu par Simon Baron-Cohen et ses collaborateurs du Autism Research Centre (ARC) de l’Université de Cambridge. Spécifiquement calibré pour les adolescents âgés de 12 à 15 ans, cet instrument de dépistage quantifie les traits autistiques le long d’un continuum dimensionnel au sein de la population générale et des populations cliniques. Rempli par les parents ou les tuteurs légaux qui possèdent une connaissance approfondie du comportement longitudinal du jeune, le questionnaire comprend 50 items répartis de façon équilibrée entre cinq domaines neuropsychologiques et comportementaux fondamentaux : les compétences sociales (social skills), la flexibilité attentionnelle ou conversion de l’attention (attention switching), l’attention aux détails (attention to detail), la communication (communication) et l’imagination (imagination).
Chaque énoncé est évalué selon une échelle de réponse ordinale à quatre points, allant de « Tout à fait d’accord » à « Pas du tout d’accord » (definitely agree, slightly agree, slightly disagree, definitely disagree). Conformément au protocole de cotation standardisé développé par Baron-Cohen et al. (2006), les réponses sont dichotomisées (0 ou 1 point par item), produisant un score total compris entre 0 et 50. Les propriétés psychométriques établies lors des études de validation font état d’une cohérence interne exceptionnelle, avec un coefficient alpha de Cronbach global de 0,97 pour l’échelle totale, oscillant entre 0,83 et 0,93 pour les cinq sous-échelles individuelles. Présentant une sensibilité et une spécificité diagnostiques élevées (notamment au seuil clinique recommandé de 30), l’AQ-Adolescent s’impose comme un standard international incontournable tant pour le repérage clinique des profils sans déficience intellectuelle (anciennement syndrome d’Asperger ou autisme de haut niveau) que pour les recherches épidémiologiques et génétiques explorant le phénotype élargi de l’autisme.
2. Mots-clés / Keywords
Quotient du spectre autistique, AQ-Adolescent, autisme, syndrome d’Asperger, dépistage psychométrique, psychopathologie du développement, compétences sociales, théorie de l’esprit, empathisation-systémisation, Simon Baron-Cohen, fidélité psychométrique, validité clinique.
3. Auteurs / Authors
L’adaptation de l’instrument pour la population adolescente a été élaborée et validée par une équipe de chercheurs émérites affiliés au Autism Research Centre du Département de Psychiatrie de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) :
- Professor Sir Simon Baron-Cohen, Ph.D. : Professeur de psychopathologie développementale, Directeur du Autism Research Centre (ARC), Fellow au Trinity College de Cambridge. Contact institutionnel : [email protected].
- Dr Rosa A. Hoekstra, Ph.D. : Chercheuse associée au Autism Research Centre de l’Université de Cambridge et professeure au King’s College London (Institute of Psychiatry, Psychology & Neuroscience).
- Dr Rebecca Knickmeyer, Ph.D. : Chercheuse en neurodéveloppement à l’Université de Cambridge et professeure associée en pédiatrie et psychiatrie à l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill.
- Sally Wheelwright, M.Phil. : Psychométricienne en chef et coordinatrice de recherche clinique au Autism Research Centre de l’Université de Cambridge. Contact institutionnel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
Le Quotient du spectre autistique pour adolescents a été conçu pour combler un vide méthodologique et clinique critique dans l’évaluation des troubles du spectre de l’autisme (TSA). Bien que l’AQ original pour adultes (Baron-Cohen et al., 2001) ait révolutionné la mesure dimensionnelle des traits autistiques chez les individus dotés d’un quotient intellectuel normal ou supérieur, son application directe aux adolescents posait des défis méthodologiques majeurs. Durant l’adolescence (12-15 ans), la métacognition, la conscience de soi sociale et l’introspection psychologique sont en pleine mutation. Les adolescents autistes présentent souvent une compréhension atypique de leurs propres fonctionnements relationnels ou peuvent mettre en œuvre des mécanismes compensatoires sophistiqués (souvent désignés sous le terme de « camouflage social » ou masquage), ce qui biaise fréquemment les protocoles d’auto-évaluation directe.
Pour contourner ces limitations, l’AQ-Adolescent a été formulé comme un hétéro-questionnaire complété par un observateur privilégié, généralement les parents. Les parents possèdent une perspective diachronique et contextuelle unique sur le développement de leur enfant, leur permettant de distinguer les excentricités transitoires de l’adolescence des schémas comportementaux stables caractéristiques de l’autisme. L’objectif premier de l’échelle n’est pas de fournir un diagnostic nosographique catégoriel autonome au sens du DSM-5 ou de la CIM-11, mais d’opérer comme un système de tri et d’orientation diagnostique à haut rendement (screening tool).
Sur le plan clinique, l’AQ-Adolescent permet aux pédopsychiatres, neuropédiatres, psychologues cliniciens et équipes éducatives spécialisées de déterminer rapidement si un adolescent manifestant des difficultés relationnelles, scolaires ou émotionnelles nécessite un bilan diagnostique approfondi de niveau 3 (incluant l’ADOS-2 et l’ADI-R). L’outil est particulièrement précieux pour repérer les jeunes qui ont traversé l’enfance sans être diagnostiqués, souvent en raison d’une bonne préservation du langage formel et d’une intelligence générale intacte, mais dont la rupture d’adaptation survient lors de la transition vers le collège ou le lycée, où la complexité des interactions sociales entre pairs augmente de manière exponentielle.
Dans la recherche scientifique, l’échelle remplit un rôle épistémologique capital : opérationnaliser l’autisme non pas comme une rupture qualitative étanche, mais comme l’extrémité supérieure d’une distribution continue de traits cognitifs et comportementaux présents dans la population générale. Elle permet d’étudier le Broad Autism Phenotype (BAP) chez les apparentés au premier degré, d’analyser les corrélats neurobiologiques et génétiques des traits autistiques, et de mener des études comparatives rigoureuses en épidémiologie psychiatrique.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’AQ-Adolescent repose sur l’hypothèse d’une organisation multidimensionnelle du profil autistique. Bien que ces dimensions convergent vers un facteur général sous-jacent, l’outil analyse minutieusement cinq facettes comportementales et cognitives distinctes :
1. Compétences sociales (Social Skills)
Cette sous-échelle évalue l’aisance, la motivation et l’intuition dans les interactions sociales quotidiennes. Elle explore la capacité du jeune à naviguer dans les rituels sociaux informels, le plaisir éprouvé lors de rassemblements collectifs et la facilité à nouer et entretenir des amitiés adaptées à l’âge. Par exemple, l’item 1 (« S/he prefers to do things with others rather than on her/his own ») et l’item 11 (« S/he finds social situations easy ») ciblent directement la sociabilité spontanée et le sentiment de compétence interpersonnelle, tandis que l’item 48 (« S/he is a good diplomat ») évalue la finesse tactique requise pour moduler ses interactions en fonction des sensibilités d’autrui.
2. Flexibilité attentionnelle / Conversion de l’attention (Attention Switching)
Ce domaine mesure les fonctions exécutives, plus particulièrement la flexibilité cognitive, la tolérance à l’imprévu, le multitâche et la capacité à désengager son attention d’un foyer d’intérêt exclusif. Les adolescents sur le spectre manifestent fréquemment une inertie cognitive et une détresse marquée face aux changements de routines. Des énoncés tels que l’item 2 (« S/he prefers to do things the same way over and over again »), l’item 4 (« S/he frequently gets so strongly absorbed in one thing that s/he loses sight of other things ») et l’item 46 (« New situations make him/her anxious ») capturent cette rigidité adaptative et la tendance aux comportements stéréotypés ou répétitifs.
3. Attention aux détails (Attention to Detail)
Fondée sur les modèles de traitement perceptif atypique, cette composante évalue la propension à focaliser le traitement cognitif sur les éléments parcellaires, les motifs visuels, les régularités acoustiques ou les séquences de données exactes au détriment de la cohérence globale. L’adolescent autiste perçoit le monde avec une acuité sensorielle et analytique accrue. Cela s’illustre par l’item 5 (« S/he often notices small sounds when others do not »), l’item 6 (« S/he usually notices car number plates or similar strings of information ») et l’item 23 (« S/he notices patterns in things all the time »).
4. Communication (Communication)
La sous-échelle de communication ne mesure pas le langage formel (syntaxe ou richesse du vocabulaire), qui est généralement préservé chez les adolescents ciblés par ce questionnaire, mais la pragmatique linguistique, c’est-à-dire l’usage du langage en contexte social. Elle quantifie la gestion des tours de parole, la compréhension de l’implicite, des sous-entendus, du second degré et de l’humour. Parmi les items illustratifs figurent l’item 27 (« S/he finds it easy to ‘read between the lines’ when someone is talking to her/him »), l’item 31 (« S/he knows how to tell if someone listening to him/her is getting bored ») et l’item 35 (« S/he is often the last to understand the point of a joke »).
5. Imagination (Imagination)
Cette dimension examine la flexibilité de l’imagination sociale, la capacité à se projeter dans l’état subjectif d’un personnage fictif ou réel, ainsi que l’intérêt pour la fiction par rapport aux faits bruts. Elle s’ancre dans l’observation clinique selon laquelle les individus autistes privilégient souvent les systèmes factuels et logiques plutôt que les récits subjectifs fondés sur l’intersubjectivité humaine. Elle est évaluée au travers d’items comme l’item 8 (« When s/he is reading a story, s/he can easily imagine what the characters might look like »), l’item 20 (« When s/he is reading a story, s/he finds it difficult to work out the characters’ intentions ») et l’item 42 (« S/he finds it difficult to imagine what it would be like to be someone else »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle de l’AQ-Adolescent s’enracine directement dans les théories neurocognitives dominantes formulées par Simon Baron-Cohen et ses contemporains au cours des quatre dernières décennies :
La théorie de l’esprit (Theory of Mind) et la cécité mentale (Mindblindness)
Développée initialement par Baron-Cohen, Leslie et Frith (1985), la théorie de la théorie de l’esprit postule que les difficultés centrales de l’autisme proviennent d’une incapacité ou d’une difficulté majeure à attribuer des états mentaux indépendants (croyances, désirs, intentions, émotions) à autrui et à soi-même. Ce déficit cognitif empêche l’adolescent de prédire, d’interpréter et de réagir adéquatement aux comportements d’autrui dans des contextes dynamiques. Les dimensions « Compétences sociales », « Communication » et « Imagination » de l’AQ traduisent précisément les répercussions écologiques de ce déficit de métareprésentation au quotidien.
La théorie de la cohérence centrale faible (Weak Central Coherence)
Formulée par Uta Frith (1989), cette théorie cognitive avance que le style de traitement de l’information autistique se caractérise par une focalisation préférentielle sur les détails locaux plutôt que sur l’intégration globale du contexte. Tandis que le sujet neurotypique extrait spontanément le sens global ou la Gestalt d’une scène au détriment des détails, l’adolescent autiste excelle dans l’analyse analytique des composantes élémentaires. Cette particularité cognitive est directement opérationnalisée dans l’AQ par la sous-échelle « Attention aux détails » et certains items de « Flexibilité attentionnelle ».
La théorie empathisation-systémisation (E-S Theory) et le cerveau masculin extrême (EMB)
Le cadre théorique unificateur le plus direct de l’AQ est la Théorie Empathisation-Systémisation (Baron-Cohen, 2002, 2009). Selon ce modèle, le profil cognitif humain peut être positionné le long de deux dimensions orthogonales indépendantes :
- L’empathie (E) : le moteur psychologique poussant à identifier les émotions et pensées d’autrui et à y répondre avec une émotion appropriée.
- La systémisation (S) : l’élan cognitif conduisant à analyser, comprendre, prédire et construire des systèmes régis par des règles formelles (mécaniques, physiques, informatiques, taxonomiques ou numériques).
Selon Baron-Cohen, l’autisme représente un profil cognitif extrême (Type S ou Extreme Male Brain) où la systémisation est exceptionnellement intacte voire supérieure, tandis que l’empathisation est profondément entravée. L’AQ a été spécifiquement étalonné pour refléter ce double déséquilibre : les items pénalisent les lacunes d’empathie sociale tout en valorisant la fascination pour les régularités structurelles, les catégories strictes, les horaires et les collections logiques (items 9, 19, 41).
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’AQ-Adolescent a été documentée de façon exhaustive lors de l’étude princeps menée par Baron-Cohen, Hoekstra, Knickmeyer et Wheelwright (2006), puis répliquée dans de nombreuses cohortes internationales indépendantes.
Validité discriminante et diagnostique
L’étude princeps a comparé un échantillon clinique d’adolescents présentant un diagnostic formel de syndrome d’Asperger ou d’autisme de haut niveau (n = 135 ; âge moyen = 13,8 ans) à un groupe témoin d’adolescents neurotypiques issus de la population générale (n = 197). Les résultats ont révélé une divergence majeure et hautement significative entre les scores totaux moyens des deux groupes :
- Groupe clinique TSA : moyenne = 34,7 (écart-type = 8,4).
- Groupe contrôle tout-venant : moyenne = 10,8 (écart-type = 5,6).
Cette différence intergroupe est statistiquement massive (taille d’effet d de Cohen > 3,0), démontrant une validité différentielle exceptionnelle. À un seuil seuil clinique (cut-off) optimal fixé à 30 points sur 50, l’analyse par courbe ROC (Receiver Operating Characteristic) démontre :
- Une sensibilité diagnostique de 74 %.
- Une spécificité remarquable de 98 %.
Lorsqu’un seuil plus inclusif de 26 points est utilisé dans les contextes de dépistage épidémiologique en population générale, la sensibilité grimpe à plus de 90 %, maintenant une spécificité supérieure à 91 %.
Validité liée au genre et dimorphisme sexuel
Conformément aux prédictions de la théorie E-S, l’AQ-Adolescent reproduit le dimorphisme sexuel classique observé chez les adultes. Dans le groupe témoin de Baron-Cohen et al. (2006), les garçons neurotypiques ont obtenu un score moyen significativement supérieur à celui des filles neurotypiques (garçons : M = 12,2, ET = 5,8 ; filles : M = 9,3, ET = 5,1 ; t = 3,67, p < 0,001). Dans le groupe clinique, bien que les scores soient globalement très élevés pour les deux sexes, les différences sexuelles s’estompent largement, confirmant que les adolescentes autistes partagent le phénotype cognitif masculin extrême décrit par la théorie.
Validité convergente et concurrente
Des corrélations positives substantielles ont été établies entre les scores de l’AQ-Adolescent et d’autres instruments reconnus de psychopathologie développementale, tels que le Social Responsiveness Scale (SRS, r > 0,80) et la Social Communication Questionnaire (SCQ, r = 0,72). Inversement, des corrélations négatives significatives sont constatées avec les échelles d’évaluation du Quotient d’Empathie (EQ-Adolescent, r = -0,68).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’AQ-Adolescent a été rigoureusement attestée à travers les indicateurs classiques de consistance interne et de stabilité temporelle :
Consistance interne
Dans l’échantillon clinique et normatif de référence (Baron-Cohen et al., 2006 ; Auyeung et al., 2008), la consistance interne de l’instrument s’avère remarquable :
- Échelle totale (50 items) : coefficient alpha de Cronbach global $\alpha = 0,97$.
- Compétences sociales (Social Skills) : $\alpha = 0,93$.
- Communication : $\alpha = 0,92$.
- Flexibilité attentionnelle (Attention Switching) : $\alpha = 0,89$.
- Imagination : $\alpha = 0,88$.
- Attention aux détails (Attention to Detail) : $\alpha = 0,83$.
Ces indices sont largement supérieurs aux seuils d’acceptabilité psychométrique usuels ($ge 0,70$ ou $ge 0,80$), attestant d’une excellente homogénéité du construit à travers les énoncés retenus.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
L’évaluation de la stabilité temporelle par le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) administré à un sous-échantillon de parents à un intervalle compris entre 3 et 6 mois a produit un coefficient global de $r = 0,92$ ($p < 0,001$), indiquant que les traits phénotypiques mesurés par l’AQ-Adolescent constituent des dimensions stables de la personnalité neurodéveloppementale et ne fluctuent pas au gré de l’humeur ou d’événements contextuels éphémères.
Accord inter-juges
Dans les études où les deux parents remplissaient le questionnaire de façon indépendante sans se concerter, le coefficient de corrélation de Pearson entre les scores totaux attribués par les pères et les mères atteignait $r = 0,84$, confirmant la haute objectivité des items décrivant les routines et comportements observables de l’adolescent.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture interne de l’AQ a fait l’objet de nombreuses investigations psychométriques, tant par analyse factorielle exploratoire (AFE) que par analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Modèle théorique original à 5 facteurs
Le modèle canonique postulé par Simon Baron-Cohen et ses collaborateurs structure les 50 items en 5 domaines de 10 items chacun : Social Skills, Attention Switching, Attention to Detail, Communication, et Imagination. Dans l’échantillon princeps de 2006, ce découpage a montré des corrélations inter-facteurs modérées à fortes (allant de $r = 0,38$ à $r = 0,71$), la corrélation la plus élevée étant constatée entre les sous-échelles Compétences sociales et Communication, reflétant la dimension dyadique sociale du spectre.
Études factorielles indépendantes et modèles concurrents
À l’instar des analyses factorielles conduites sur l’AQ adulte (notamment par Hoekstra et al., 2008), les analyses factorielles confirmatoires menées sur de grands échantillons d’adolescents ont parfois discuté l’indépendance de ces cinq facteurs. Plusieurs psychométriciens ont mis en évidence la pertinence d’un modèle hiérarchique bi-factoriel ou d’un modèle à deux composantes majeures d’ordre supérieur :
- Facteur 1 : Difficultés socio-communicatives (regroupant les items des domaines Compétences sociales, Communication et Imagination sociale), aligné sur le critère A du DSM-5.
- Facteur 2 : Comportements restreints, stéréotypés et traitement focalisé des détails (regroupant les items d’Attention aux détails et de Flexibilité attentionnelle), aligné sur le critère B du DSM-5.
Les saturations factorielles ($lambda$) des items de l’AQ-Adolescent sur leur facteur théorique respectif oscillent généralement entre 0,42 et 0,81, avec très peu de saturations croisées indésirables, confirmant que l’outil possède une structure interne robuste et cohérente d’un point de vue statistique.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Hétéro-questionnaire psychométrique standardisé de dépistage (rempli par un parent ou un tuteur familier du jeune).
- Groupe cible : Adolescents âgés de 12 à 15 ans révolus (pour les enfants de 4 à 11 ans, utiliser l’AQ-Child ; pour les individus de 16 ans et plus, utiliser l’AQ adulte).
- Nombre d’items : 50 items univariés rédigés à la troisième personne (S/he…).
- Format de réponse : Échelle de Likert à 4 points forcés sans point neutre :
- Definitely agree (Tout à fait d’accord)
- Slightly agree (Plutôt d’accord)
- Slightly disagree (Plutôt pas d’accord)
- Definitely disagree (Pas du tout d’accord)
- Règles de cotation dichotomique standard (0-1) :
- Items cotés 1 point pour un accord (Definitely agree ou Slightly agree) : 2, 4, 5, 6, 7, 9, 12, 13, 16, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 26, 33, 35, 39, 41, 42, 43, 45, 46. (Total = 24 items).
- Items inversés cotés 1 point pour un désaccord (Definitely disagree ou Slightly disagree) : 1, 3, 8, 10, 11, 14, 15, 17, 24, 25, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 34, 36, 37, 38, 40, 44, 47, 48, 49, 50. (Total = 26 items).
- Toute autre réponse reçoit 0 point.
- Score total : Compris entre 0 et 50 points.
- Composition des sous-échelles (10 items par sous-échelle, score de 0 à 10) :
- Social Skills (Compétences sociales) : items 1, 11, 13, 15, 22, 36, 44, 45, 47, 48.
- Attention Switching (Flexibilité attentionnelle) : items 2, 4, 10, 16, 25, 32, 34, 37, 43, 46.
- Attention to Detail (Attention aux détails) : items 5, 6, 9, 12, 19, 23, 28, 29, 30, 49.
- Communication (Communication) : items 7, 17, 18, 26, 27, 31, 33, 35, 38, 39.
- Imagination (Imagination) : items 3, 8, 14, 20, 21, 24, 40, 41, 42, 50.
- Seuil d’alerte clinique recommandé : Score total $ge 30/50$ (indique la nécessité d’une évaluation spécialisée du spectre de l’autisme).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps (version adolescent) : 2006 (découlant de l’AQ original de 2001).
- Titulaire des droits d’auteur : Simon Baron-Cohen et le Autism Research Centre (Université de Cambridge).
- Tarification : Accès libre et gratuit (Open Access) pour la recherche académique, clinique et l’usage éducatif à but non lucratif. Aucun honoraire de licence n’est exigé pour une utilisation clinique individuelle standard.
- Conditions d’utilisation : Toute reproduction ou diffusion de l’instrument dans le cadre de travaux scientifiques publiés doit obligatoirement citer l’article de référence de Baron-Cohen et al. (2006) et préserver les mentions du centre de recherche. Toute utilisation commerciale ou intégration logicielle payante requiert une autorisation écrite préalable de Cambridge Enterprise.
12. Références / References
- Auyeung, B., Baron-Cohen, S., Wheelwright, S., & Allison, C. (2008). The Autism Spectrum Quotient: Children’s Version (AQ-Child). Journal of Autism and Developmental Disorders, 38(7), 1230–1240. https://doi.org/10.1007/s10803-007-0504-z
- Baron-Cohen, S. (2002). The extreme male brain theory of autism. Trends in Cognitive Sciences, 6(6), 248–254. https://doi.org/10.1016/S1364-6613(02)01904-6
- Baron-Cohen, S. (2009). Autism: The empathizing–systemizing (E-S) theory. Annals of the New York Academy of Sciences, 1156(1), 68–80. https://doi.org/10.1111/j.1749-6632.2009.04467.x
- Baron-Cohen, S., Hoekstra, R. A., Knickmeyer, R., & Wheelwright, S. (2006). The Autism-Spectrum Quotient (AQ)—adolescent version. Journal of Autism and Developmental Disorders, 36(3), 343–350. https://doi.org/10.1007/s10803-006-0073-6
- Baron-Cohen, S., Leslie, A. M., & Frith, U. (1985). Does the autistic child have a “theory of mind”? Cognition, 21(1), 37–46. https://doi.org/10.1016/0010-0277(85)90022-8
- Baron-Cohen, S., Wheelwright, S., Skinner, R., Martin, J., & Clubley, E. (2001). The Autism-Spectrum Quotient (AQ): Evidence from Asperger syndrome/high-functioning autism, males and females, scientists and mathematicians. Journal of Autism and Developmental Disorders, 31(1), 5–17. https://doi.org/10.1023/A:1005653411471
- Frith, U. (1989). Autism: Explaining the enigma. Basil Blackwell.
- Hoekstra, R. A., Bartels, M., Cath, D. C., & Boomsma, D. I. (2008). Factor structure, reliability and criterion validity of the Autism-Spectrum Quotient (AQ): A study in Dutch population and patient samples. Journal of Autism and Developmental Disorders, 38(8), 1555–1566. https://doi.org/10.1007/s10803-008-0538-x
- Woodbury-Smith, M. R., Robinson, J., Wheelwright, S., & Baron-Cohen, S. (2005). Screening adults for Asperger syndrome using the AQ: A preliminary study of its diagnostic validity in clinical practice. Journal of Autism and Developmental Disorders, 35(3), 331–335. https://doi.org/10.1007/s10803-005-3300-7
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response format: Definitely agree, slightly agree, slightly disagree, definitely disagree
- S/he prefers to do things with others rather than on her/his own.
- S/he prefers to do things the same way over and over again.
- If s/he tries to imagine something, s/he finds it very easy to create a picture in her/his mind.
- S/he frequently gets so strongly absorbed in one thing that s/he loses sight of other things.
- S/he often notices small sounds when others do not.
- S/he usually notices car number plates or similar strings of information.
- Other people frequently tell her/him that what s/he has said is impolite, even though s/he thinks it is polite.
- When s/he is reading a story, s/he can easily imagine what the characters might look like.
- S/he is fascinated by dates.
- In a social group, s/he can easily keep track of several different people’s conversations.
- S/he finds social situations easy.
- S/he tends to notice details that others do not.
- S/he would rather go to a library than a party.
- S/he finds making up stories easy.
- S/he finds her/himself drawn more strongly to people than to things.
- S/he tends to have very strong interests, which s/he gets upset about if s/he can’t pursue.
- S/he enjoys social chit-chat.
- When s/he talks, it isn’t always easy for others to get a word in edgeways.
- S/he is fascinated by numbers.
- When s/he is reading a story, s/he finds it difficult to work out the characters’ intentions.
- S/he doesn’t particularly enjoy reading fiction.
- S/he finds it hard to make new friends.
- S/he notices patterns in things all the time.
- S/he would rather go to the theatre than a museum.
- It does not upset him/her if his/her daily routine is disturbed.
- S/he frequently finds that s/he doesn’t know how to keep a conversation going.
- S/he finds it easy to ‘‘read between the lines’’ when someone is talking to her/him.
- S/he usually concentrates more on the whole picture, rather than the small details.
- S/he is not very good at remembering phone numbers.
- S/he doesn’t usually notice small changes in a situation, or a person’s appearance.
- S/he knows how to tell if someone listening to him/her is getting bored.
- S/he finds it easy to do more than one thing at once.
- When s/he talks on the phone, s/he is not sure when it’s her/his turn to speak.
- S/he enjoys doing things spontaneously.
- S/he is often the last to understand the point of a joke.
- S/he finds it easy to work out what someone is thinking or feeling just by looking at their face.
- If there is an interruption, s/he can switch back to what s/he was doing very quickly.
- S/he is good at social chit-chat.
- People often tell her/him that s/he keeps going on and on about the same thing.
- When s/he was younger, s/he used to enjoy playing games involving pretending with other children.
- S/he likes to collect information about categories of things (e.g. types of car, types of bird, types of train, types of plant, etc.).
- S/he finds it difficult to imagine what it would be like to be someone else.
- S/he likes to plan any activities s/he participates in carefully.
- S/he enjoys social occasions.
- S/he finds it difficult to work out people’s intentions.
- New situations make him/her anxious.
- S/he enjoys meeting new people.
- S/he is a good diplomat.
- S/he is not very good at remembering people’s date of birth.
- S/he finds it very to easy to play games with children that involve pretending.