1. Résumé / Abstract
Le Quotient du spectre autistique pour enfants (Autism Spectrum Quotient Children’s Version, ou AQ-Child) est un instrument psychométrique développé en 2008 par Bonnie Auyeung, Simon Baron-Cohen, Sally Wheelwright et Carrie Allison au sein de l’Autism Research Centre (ARC) de l’Université de Cambridge. Conçu comme une adaptation pédiatrique de la version adulte de l’AQ (Baron-Cohen et al., 2001), cet outil vise à quantifier l’expression des traits du spectre autistique chez les enfants âgés de 4 à 11 ans. Contrairement aux approches diagnostiques catégorielles traditionnelles, l’AQ-Child repose sur un modèle dimensionnel considérant les traits autistiques comme un continuum quantitatif réparti au sein de la population générale comme chez les individus avec un diagnostic clinique d’trouble du spectre de l’autisme (TSA).
Le questionnaire est rempli par les parents ou les tuteurs légaux de l’enfant et comprend 50 items mesurant cinq domaines cognitifs et comportementaux distincts : les compétences sociales (social skills), la commutation attentionnelle (attention switching), l’attention portée aux détails (attention to detail), la communication (communication) et l’imagination (imagination). Chaque item est évalué sur une échelle ordinale de type Likert en 4 points (allant de « Tout à fait d’accord » à « Pas du tout d’accord »).
D’un point de vue psychométrique, l’AQ-Child présente des propriétés remarquables. Les études initiales et les réplications indépendantes mettent en évidence une consistance interne globale exceptionnelle (coefficient alpha de Cronbach de 0,97 pour l’échelle totale), ainsi que des coefficients robustes pour chacune des sous-échelles (variant de 0,83 à 0,93). La validité discriminante est élevée, permettant de différencier avec une grande sensibilité (95 %) et spécificité (95 %) les enfants neurotypiques des enfants ayant reçu un diagnostic formel de TSA ou de syndrome d’Asperger, au seuil clinique optimal de 76 points sur la cotation continue.
2. Mots-clés / Keywords
Quotient du spectre autistique, AQ-Child, autisme infantile, psychométrie pédiatrique, traits autistiques, théorie empathisation-systémisation, dépistage du TSA, évaluation parentale, cognition sociale, fonctions exécutives, cohérence centrale faible, Simon Baron-Cohen, échelle de mesure pédiatrique.
3. Auteurs / Authors
L’instrument a été conçu et validé par une équipe de chercheurs de l’Department of Psychiatry et du Autism Research Centre (ARC) de l’Université de Cambridge, Royaume-Uni :
- Dr. Bonnie Auyeung : Maître de conférences et chercheuse en psychologie du développement (Courriel institutionnel : [email protected]). Ses recherches portent sur le développement neurocomportemental fœtal et postnatal, ainsi que sur l’influence des hormones prénatales sur les traits autistiques.
- Prof. Simon Baron-Cohen : Professeur de psychopathologie du développement, directeur de l’Autism Research Centre à l’Université de Cambridge, Fellow du Trinity College (Courriel institutionnel : [email protected]). Pionnier des théories de la cécité mentale (mindblindness), de l’empathisation-systémisation et du cerveau masculin extrême de l’autisme.
- Sally Wheelwright : Psychologue clinicienne et chercheuse senior affiliée à l’ARC, spécialisée dans l’évaluation psychométrique et la standardisation des outils de dépistage des troubles neurodéveloppementaux.
- Dr. Carrie Allison : Directrice de recherche à l’ARC, experte en épidémiologie psychiatrique et en dépistage précoce des troubles de la communication et de la réciprocité sociale.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’AQ-Child est de fournir une mesure quantitative, standardisée et sensible des traits autistiques chez les enfants d’âge scolaire primaire (4 à 11 ans), fondée sur l’observation écologique des parents. Dans l’histoire de la nosologie psychiatrique, le DSM-IV-TR et la CIM-10 ont longtemps traité l’autisme comme une catégorie binaire exclusive : un individu était soit cliniquement autiste, soit non autiste. Toutefois, les données contemporaines en génétique quantitative et en neuropsychologie soutiennent résolument l’hypothèse d’une distribution continue des caractéristiques cognitives et relationnelles de l’autisme dans l’ensemble de la population générale, un concept désigné sous le terme de « phénotype élargi de l’autisme » (Broad Autism Phenotype, BAP).
L’AQ-Child répond à un double impératif, à la fois clinique et scientifique :
Applications cliniques et de triage
En contexte pédiatrique et pédopsychiatrique, l’AQ-Child sert d’instrument de dépistage (screening) de deuxième intention. Lorsqu’un enfant présente des difficultés d’adaptation scolaire, des particularités dans les interactions avec ses pairs ou des rigidités comportementales sans retard mental évident, l’AQ-Child permet aux professionnels de santé mentale de quantifier le niveau de traits autistiques par rapport aux normes développementales. Il ne remplace pas une évaluation diagnostique approfondie multidisciplinaire — qui requiert des outils d’observation directe standardisés comme l’ADOS-2 et des entretiens anamnestiques comme l’ADI-R —, mais il constitue une modalité rapide, économique et écologiquement valide pour identifier les enfants nécessitant un bilan neurodéveloppemental complet.
Applications dans la recherche fondamentale
Dans le domaine de la recherche, l’AQ-Child est indispensable pour les études épidémiologiques, génétiques et neurobiologiques requérant une variable continue de sévérité des traits autistiques. Il permet d’étudier les corrélations entre les niveaux d’hormones stéroïdiennes prénatales (telles que la testostérone foetale mesurée par amniocentèse) et les trajectoires comportementales ultérieures de l’enfant. De surcroît, il facilite l’exploration des endophénotypes cognitifs au sein des fratries d’enfants autistes, comblant le fossé entre la population clinique et les variations individuelles observées chez les enfants neurotypiques.
5. Construit psychologique / Construct
L’AQ-Child opérationnalise le phénotype autistique à travers cinq sous-échelles corrélées mais conceptuellement distinctes de dix items chacune, reflétant la triade traditionnelle des altérations autistiques (socialisation, communication, imagination/comportements répétitifs) combinée aux particularités du traitement de l’information perceptive :
1. Compétences sociales (Social Skills)
Cette dimension évalue l’aisance naturelle, l’intérêt et la compétence de l’enfant dans la navigation des contextes sociaux interpersonnels. Les items mesurent l’aptitude à apprécier la compagnie des pairs, le désir d’engagement relationnel versus le repli solitaire, et la maîtrise implicite des conventions sociales. Par exemple, l’item 1 (« S/he prefers to do things with others rather than on her/his own ») évalue l’orientation affiliative, tandis que l’item 22 (« S/he finds it hard to make new friends ») cible les obstacles subjectifs et pratiques rencontrés lors de l’établissement de relations d’amitié.
2. Commutation attentionnelle et flexibilité cognitive (Attention Switching)
Cette sous-échelle quantifie les capacités exécutives de bascule attentionnelle (task switching) et l’intolérance au changement ou à l’imprévu. Elle cible l’adhérence rigide aux routines, la tendance à l’hyper-focalisation attentionnelle (ou « monotropisme ») au détriment de l’attention partagée, et les manifestations anxieuses liées aux perturbations de l’environnement quotidien. L’item 2 (« S/he prefers to do things the same way over and over again ») et l’item 46 (« New situations make him/her anxious ») illustrent ce besoin fondamental d’invariance et de prévisibilité.
3. Attention portée aux détails (Attention to Detail)
Ce construit mesure la tendance de l’enfant à percevoir préférentiellement les composantes locales, séquentielles et minutieuses de l’environnement plutôt que la configuration globale (gestalt). Ce traitement perceptif particulier se traduit par une attraction marquée pour les régularités structurelles, les suites numériques, les configurations visuelles et les stimulations acoustiques subtiles souvent ignorées par les pairs neurotypiques. Les items 5 (« S/he often notices small sounds when others do not ») et 19 (« S/he is fascinated by numbers ») opérationnalisent cette hypersensibilité sélective et cette compétence de détection locale.
4. Communication et pragmatique du langage (Communication)
Au-delà de la syntaxe et du vocabulaire formel, cette sous-échelle examine la pragmatique communicative, c’est-à-dire l’utilisation sociale du langage dans l’interaction dyadique. Sont explorés : le respect du tour de parole, l’adaptation du discours au niveau d’intérêt de l’interlocuteur, l’interprétation de l’implicite verbal (« lire entre les lignes »), et la compréhension du second degré ou de l’humour. Par exemple, l’item 27 (« S/he finds it easy to « read between the lines » when someone is talking to her/him ») et l’item 35 (« S/he is often the last to understand the point of a joke ») capturent les déficits d’inférence pragmatique caractéristiques du spectre autistique.
5. Imagination, jeu de fiction et théorie de l’esprit (Imagination)
Cette dimension évalue la capacité de l’enfant à s’engager dans le jeu de faire-semblant (pretend play), la création narrative spontanée, ainsi que la flexibilité imaginative requise pour adopter la perspective cognitive et affective d’autrui (mentalisation ou théorie de l’esprit). Les enfants présentant des traits autistiques élevés manifestent fréquemment une préférence pour les faits concrets, les listes taxinomiques et les récits documentaires, au détriment de la fiction abstraite ou des scénarios d’illusion théâtrale partagés (ex. item 40 : « When s/he was in preschool, s/he used to enjoy playing games involving pretending with other children » ; item 42 : « S/he finds it difficult to imagine what it would be like to be someone else »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration de l’AQ-Child s’inscrit au carrefour de plusieurs modèles majeurs de la neuropsychologie cognitive et du développement social développés ou approfondis à Cambridge :
La théorie Empathisation – Systémisation (E-S) et le cerveau masculin extrême
Le socle conceptuel premier de l’AQ-Child est la théorie Empathisation-Systémisation (Baron-Cohen, 2002, 2009). Selon ce cadre, le profil cognitif humain se caractérise par la dissociation de deux dimensions fondamentales :
- L’empathisation (E) : la pulsion d’identifier les états mentaux d’autrui (émotions, intentions, croyances) et d’y répondre par une réaction émotionnelle appropriée, permettant de prédire le comportement social spontané.
- La systémisation (S) : la pulsion d’analyser, d’explorer et de construire des systèmes régis par des règles formelles (mécaniques, physiques, informatiques, taxinomiques) afin d’en comprendre les lois causales et d’en prédire les manifestations avec certitude.
Dans ce modèle, l’autisme est conceptualisé comme une dissociation cognitive extrême, caractérisée par une hypofonction de l’empathie couplée à une hyperfonction de la systémisation (Extreme Male Brain theory). Les sous-échelles « Compétences sociales », « Communication » et « Imagination » reflètent l’altération des modules d’empathisation sociale, tandis que les sous-échelles « Attention aux détails » et « Commutation attentionnelle » traduisent l’expression de l’hyper-systémisation et la recherche de régularités strictes.
La théorie de la cohérence centrale faible (Weak Central Coherence)
Formulée initialement par Uta Frith (1989) et développée avec Francesca Happé (1994, 2006), la théorie de la cohérence centrale faible postule que le traitement de l’information chez les individus autistes se caractérise par un biais cognitif local orienté vers les détails (local bias), au détriment de l’intégration contextuelle globale (global gestalt). Cette particularité cognitive n’est pas considérée comme un simple déficit, mais comme un style cognitif spécifique conférant des avantages dans certaines tâches de détection perceptuelle ou de mémorisation de fragments séquentiels. L’AQ-Child intègre directement ce paradigme à travers ses items mesurant l’attention pointilleuse aux micro-détails sensoriels et environnementaux.
La théorie du dysfonctionnement exécutif
Portée par des chercheurs comme Sally Ozonoff et James Russell, cette théorie cognitive soutient que les manifestations non sociales de l’autisme — telles que les stéréotypies, l’intolérance aux changements de routines, le manque d’initiative spontanée et la persévération — découlent d’un déficit primaire des fonctions exécutives médiées par le cortex préfrontal, notamment l’inhibition motrice, la mémoire de travail et la flexibilité mentale. L’AQ-Child capte cette dimension dans sa sous-échelle de commutation attentionnelle.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’AQ-Child a été documentée de manière rigoureuse dans l’étude princeps de validation d’Auyeung et al. (2008), ainsi que dans plusieurs adaptations transculturelles internationales (notamment en Italie, au Japon, en Chine et aux Pays-Bas).
Validité de construit et discriminante
Dans la cohorte de validation initiale (comprenant N = 192 enfants avec un diagnostic formel de TSA ou de syndrome d’Asperger, et N = 440 enfants témoins au développement typique), les scores totaux moyens ont révélé une divergence majeure et hautement significative :
- Groupe clinique TSA : Moyenne = 96,5 (Écart-type = 16,8)
- Groupe témoin neurotypique : Moyenne = 43,7 (Écart-type = 13,8)
Cette différence intergroupe produit une taille d’effet extrêmement importante (d de Cohen > 3,4), confirmant l’excellente validité discriminante de l’outil. De plus, les analyses comparatives au sein du groupe neurotypique révèlent un dimorphisme sexuel significatif conforme aux prédictions théoriques : les garçons obtiennent en moyenne des scores d’AQ-Child significativement supérieurs à ceux des filles (Moyenne garçons = 46,2 vs Moyenne filles = 41,0 ; p < 0,001), reflétant les variations des traits d’hyper-systémisation dans la population générale.
Sensibilité, spécificité et analyse ROC
L’analyse de la courbe ROC (Receiver Operating Characteristic) a démontré une aire sous la courbe (AUC) exceptionnelle de 0,99 pour distinguer les enfants avec TSA des témoins au développement typique. En utilisant un score seuil de 76 sur l’échelle de cotation continue (0-150) :
- La sensibilité clinique est de 95,0 % (pourcentage de vrais positifs correctement identifiés).
- La spécificité est de 95,0 % (pourcentage d’enfants neurotypiques correctement exclus).
Même avec la cotation binaire simplifiée (0-50), un seuil clinique de 30 points offre une sensibilité de 90 % et une spécificité supérieure à 94 %.
Validité convergente et concurrente
La validité convergente de l’AQ-Child a été confirmée par de fortes corrélations positives avec d’autres échelles standardisées d’évaluation des traits autistiques administrées aux parents :
- Corrélation élevée avec le Childhood Autism Spectrum Test (CAST ; r = 0,82 à 0,86).
- Corrélation substantielle avec la Social Responsiveness Scale (SRS ; r = 0,84).
- Corrélations inverses significatives avec les sous-échelles de pragmatique de la Children’s Communication Checklist (CCC-2).
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés métrologiques de fidélité de l’AQ-Child s’avèrent stables et homogènes à travers les diverses études psychométriques :
Consistance interne (Cohérence de l’échelle)
Dans l’échantillon normatif britannique (Auyeung et al., 2008), la consistance interne évaluée par le coefficient alpha de Cronbach atteint des valeurs très élevées :
- Échelle totale AQ-Child (50 items) : α = 0,97
- Compétences sociales (10 items) : α = 0,93
- Communication (10 items) : α = 0,92
- Commutation attentionnelle (10 items) : α = 0,89
- Imagination (10 items) : α = 0,88
- Attention aux détails (10 items) : α = 0,83
Ces coefficients dépassent largement les critères conventionnels de Nunnally (α ≥ 0,80 pour la recherche et ≥ 0,90 pour la pratique clinique diagnostique individuelle), indiquant que chaque sous-domaine possède une homogénéité conceptuelle élevée sans redondance excessive des items.
Fidélité test-retest et stabilité temporelle
La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un sous-échantillon de parents invités à recompléter l’AQ-Child après un intervalle de trois à six mois. Le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) pour le score total a été de 0,85 (p < 0,001), et les corrélations test-retest pour les sous-échelles variaient entre 0,78 et 0,87. Cette stabilité confirme que l’AQ-Child capte des traits dispositionnels durables de la personnalité et de la cognition infantile, plutôt que des fluctuations comportementales transitoires ou des réactions situationnelles ponctuelles.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La confirmation de la validité structurelle de l’AQ-Child a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmatoires (AFC) approfondies dans la littérature scientifique.
Structure factorielle originale en 5 dimensions
Dans les travaux initiaux de Baron-Cohen et d’Auyeung, la structure théorique en 5 facteurs a été conservée pour maintenir le parallélisme avec la version adulte de l’AQ. L’analyse en composantes principales avec rotation varimax et oblimin directe sur les 50 items pédiatriques a permis de retrouver des regroupements d’items très proches de l’architecture théorique :
- Facteur 1 (Compétences sociales) : Saturations élevées (> 0,55) pour les items reflétant le plaisir des situations de groupe et l’aisance interpersonnelle.
- Facteur 2 (Communication) : Saturations importantes (> 0,50) pour les items liés à la régulation conversationnelle, au décodage de l’ironie et au tour de parole.
- Facteur 3 (Commutation attentionnelle) : Regroupement des items relatifs à la rigidité des routines et à la réorientation cognitive (> 0,48).
- Facteur 4 (Imagination) : Saturations robustes (> 0,52) sur les comportements de simulation symbolique et d’empathie cognitive narrative.
- Facteur 5 (Attention aux détails) : Saturations stables (> 0,45) sur les items focalisés sur les numéros, les dates, les motifs et la perception auditive microscopique.
Modèles alternatifs et Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Des recherches indépendantes ultérieures (par exemple, Wakabayashi et al., 2007 ; Duvekot et al., 2017) ont soumis les données à des AFC pour comparer la structure originale en 5 facteurs à des modèles hiérarchiques ou bi-factoriels :
- Modèle bi-factoriel ou à 2 dimensions majeures : Plusieurs études suggèrent que les items de l’AQ se condensent préférentiellement en deux facteurs macro-dimensionnels d’ordre supérieur : (1) Comportement et communication sociale (fusionnant les compétences sociales, la communication et l’imagination) et (2) Focalisation attentionnelle et intérêts restreints (combinant l’attention aux détails et la commutation attentionnelle). Ce modèle à deux facteurs présente d’excellents indices d’adéquation (RMSEA ≈ 0,048 ; CFI > 0,93 ; TLI > 0,92) et correspond étroitement à la dyade clinique retenue dans le DSM-5 (déficits de la communication sociale d’une part, intérêts restreints et répétitifs d’autre part).
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’outil : Autism Spectrum Quotient Children’s Version (AQ-Child).
- Dénomination francophone : Quotient du spectre autistique pour enfants.
- Type d’évaluation : Questionnaire hétéro-rapporté rempli par les parents, tuteurs légaux ou éducateurs référents.
- Population cible : Enfants d’âge scolaire, typiquement âgés de 4 à 11 ans révolus.
- Nombre d’items : 50 items rédigés à la troisième personne (« S/he… »).
- Format des réponses : Échelle ordinale en 4 points : Definitely agree (Tout à fait d’accord), Slightly agree (Plutôt d’accord), Slightly disagree (Plutôt en désaccord), Definitely disagree (Pas du tout d’accord).
- Durée de passation : Environ 10 à 15 minutes.
- Modalités de cotation psychométrique :
- Cotation continue (recommandée pour la recherche et la sensibilité maximale) : Chaque item est coté de 0 à 3 points selon le degré d’intensité du trait autistique (0, 1, 2, 3), générant un score total oscillant de 0 à 150 points. Seuil clinique suggéré : 76.
- Cotation binaire historique (méthode de Baron-Cohen) : 1 point est attribué si le comportement autistique est présent (« Definitely » ou « Slightly », selon la direction de l’item), 0 point en son absence. Le score total oscille de 0 à 50 points. Seuil clinique suggéré : 30.
- Répartition des sous-échelles :
- Compétences sociales : Items 1, 11, 13, 15, 22, 36, 44, 45, 47, 48.
- Commutation attentionnelle : Items 2, 4, 10, 16, 25, 32, 34, 37, 43, 46.
- Attention aux détails : Items 5, 6, 9, 12, 19, 23, 28, 29, 30, 49.
- Communication : Items 7, 17, 18, 26, 27, 31, 33, 35, 38, 39.
- Imagination : Items 3, 8, 14, 20, 21, 24, 40, 41, 42, 50.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2008.
- Détenteurs des droits : Autism Research Centre (ARC), University of Cambridge, et auteurs originaux (Bonnie Auyeung, Simon Baron-Cohen, Sally Wheelwright, Carrie Allison).
- Tarification et accès : L’instrument est disponible en libre accès (Open Access / gratuit) pour les activités de recherche académique non commerciale et l’exercice clinique individuel. Il peut être téléchargé directement au format PDF sur le portail scientifique officiel de l’ARC (Autism Research Centre Tests).
- Licence et utilisation commerciale : Toute incorporation dans un logiciel propriétaire, un système commercial de télésanté ou un cadre lucratif nécessite une convention formelle de licence auprès de Cambridge Enterprise (Université de Cambridge).
12. Références / References
- Allison, C., Auyeung, B., & Baron-Cohen, S. (2012). Toward brief screening for autism spectrum conditions: The Autism-Spectrum Quotient-10 children’s version (AQ-10-Child). Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 51(2), 202-212. https://doi.org/10.1016/j.jaac.2011.11.003
- Auyeung, B., Baron-Cohen, S., Wheelwright, S., & Allison, C. (2008). The Autism Spectrum Quotient: Children’s Version (AQ-Child). Journal of Autism and Developmental Disorders, 38(7), 1230-1240. https://doi.org/10.1007/s10803-007-0504-z
- Baron-Cohen, S. (2002). The extreme male brain theory of autism. Trends in Cognitive Sciences, 6(6), 248-254. https://doi.org/10.1016/S1364-6613(02)01904-6
- Baron-Cohen, S., Wheelwright, S., Skinner, R., Martin, J., & Clubley, E. (2001). The Autism-Spectrum Quotient (AQ): Evidence from Asperger syndrome/high-functioning autism, males and females, scientists and mathematicians. Journal of Autism and Developmental Disorders, 31(1), 5-17. https://doi.org/10.1023/A:1005653411471
- Duvekot, J., van der Ende, J., Verhulst, F. C., & Greaves-Lord, K. (2017). The screening accuracy of the parent and teacher-reported Social Responsiveness Scale (SRS) and Autism Spectrum Quotient-Children (AQ-Child) in a referral-based sample. European Child & Adolescent Psychiatry, 26(6), 693-706. https://doi.org/10.1007/s00787-016-0933-7
- Frith, U. (1989). Autism: Explaining the enigma. Basil Blackwell.
- Happé, F., & Frith, U. (2006). The weak coherence account: Detail-focused cognitive style in autism spectrum disorders. Journal of Autism and Developmental Disorders, 36(1), 5-25. https://doi.org/10.1007/s10803-005-0039-0
- Wakabayashi, A., Baron-Cohen, S., Uchiyama, T., Yoshida, Y., Tojo, Y., Kuroda, M., & Wheelwright, S. (2007). The Autism-Spectrum Quotient (AQ) Children’s Version in Japan: A cross-cultural comparison. Journal of Autism and Developmental Disorders, 37(3), 491-500. https://doi.org/10.1007/s10803-006-0181-3
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response format: Definitely agree, slightly agree, slightly disagree, definitely disagree
* Denotes items that were changed substantially from the adult version.
- S/he prefers to do things with others rather than on her/his own.
- S/he prefers to do things the same way over and over again.
- If s/he tries to imagine something‚ s/he finds it very easy to create a picture in her/his mind.
- S/he frequently gets so strongly absorbed in one thing that s/he loses sight of other things.
- S/he often notices small sounds when others do not
- S/he usually notices house numbers or similar strings of information*
- S/he has difficulty understanding rules for polite behavior*
- When s/he is reading a story‚ s/he can easily imagine what the characters might look like*
- S/he is fascinated by dates
- In a social group‚ s/he can easily keep track of several different people’s conversations
- S/he finds social situations easy
- S/he tends to notice details that others do not
- S/he would rather go to a library than a birthday party*
- S/he finds making up stories easy
- S/he is drawn more strongly to people than to things*
- S/he tends to have very strong interests‚ which s/he gets upset about if s/he cannot pursue
- S/he enjoys social chit-chat
- When s/he talks‚ it is not always easy for others to get a word in edgeways
- S/he is fascinated by numbers
- When s/he is reading a story‚ s/he finds it difficult to work out the characters’ intentions or feelings*
- S/he does not particularly enjoy fictional stories*
- S/he finds it hard to make new friends
- S/he notices patterns in things all the time
- S/he would rather go to the cinema than a museum*
- It does not upset him/her if his/her daily routine is disturbed
- S/he does not know how to keep a conversation going with her/his peers*
- S/he finds it easy to ‘‘read between the lines’’ when someone is talking to her/him
- S/he usually concentrates more on the whole picture‚ rather than the small details
- S/he is not very good at remembering phone numbers
- S/he does not usually notice small changes in a situation‚ or a person’s appearance
- S/he knows how to tell if someone listening to him/her is getting bored
- S/he finds it easy to go back and forth between different activities*
- When s/he talks on the phone‚ s/he is not sure when it is her/his turn to speak
- S/he enjoys doing things spontaneously
- S/he is often the last to understand the point of a joke.
- S/he finds it easy to work out what someone is thinking or feeling just by looking at their face
- If there is an interruption‚ s/he can switch back to what s/he was doing very quickly
- S/he is good at social chit-chat
- People often tell her/him that s/he keeps going on and on about the same thing
- When s/he was in preschool‚ s/he used to enjoy playing games involving pretending with other children*
- S/he likes to collect information about categories of things (e.g.‚ types of car‚ types of bird‚ types of train‚ types of plant‚ etc.)
- S/he finds it difficult to imagine what it would be like to be someone else
- S/he likes to plan any activities s/he participates in carefully
- S/he enjoys social occasions
- S/he finds it difficult to work out people’s intentions
- New situations make him/her anxious
- S/he enjoys meeting new people
- S/he is good at taking care not to hurt other people’s feelings*
- S/he is not very good at remembering people’s date of birth
- S/he finds it very to easy to play games with children that involve pretending