1. Résumé / Abstract
L’échelle des questions relatives aux comportements correspondants (Corresponding Behavior Questions), intégrée à la Multicultural Masculinity Ideology Scale (MMIS) développée par Brian D. Doss et J. Roy Hopkins (1998), constitue un instrument psychométrique novateur visant à évaluer la mise en acte comportementale des normes traditionnelles de masculinité au sein de populations culturelles diversifiées. Alors que la majorité des outils d’évaluation de la masculinité se focalisent exclusivement sur les attitudes, croyances ou adhésions normatives abstraites (comme l’échelle de rôle masculin traditionnel ou la Male Role Norms Scale), cette sous-échelle opérationnalise directement les manifestations quotidiennes, relationnelles et comportementales associées à l’idéologie masculine.
Composé de 35 items auto-rapportés, cet outil explore plusieurs dimensions critiques de l’expérience masculine, notamment la restriction émotionnelle, l’agressivité et la combativité, la réussite matérielle et le statut de pourvoyeur (breadwinner), la compétition, les comportements sexuels compétitifs ou instrumentaux, l’inhibition de la vulnérabilité et les attitudes relationnelles envers les pairs du même sexe et les femmes. Développé initialement pour remédier au biais ethnocentrique caractérisant la psychométrie du genre à la fin du XXe siècle, l’instrument a été validé auprès d’échantillons d’hommes euro-américains, afro-américains et hispaniques/latinos, démontrant une fidélité interne robuste, des corrélations convergentes significatives avec la détresse psychologique, la violence interpersonnelle et les comportements à risque, ainsi qu’une pertinence clinique majeure dans l’analyse de la santé masculine.
2. Mots-clés / Keywords
Idéologie de la masculinité, comportements masculins, masculinité hégémonique, multiculturalisme, psychométrie, restriction émotionnelle, normes de genre, conduites à risque, validation transculturelle, santé des hommes.
3. Auteurs / Authors
L’instrument a été conçu et validé par :
- Brian D. Doss, Ph.D. : Professeur au Département de psychologie de l’Université de Miami (Coral Gables, Floride, États-Unis). Spécialiste reconnu de la psychologie clinique, des relations de couple et des interventions psychologiques préventives.
- J. Roy Hopkins, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie au St. Mary’s College of Maryland (St. Mary’s City, Maryland, États-Unis). Chercheur spécialisé dans le développement humain, la psychologie du genre et les approches transculturelles du comportement social.
4. Objectif / Purpose
Le principal objectif des Corresponding Behavior Questions de la MMIS est de combler un fossé méthodologique fondamental dans la psychologie de la masculinité : la divergence empirique entre ce que les hommes déclarent approuver sur le plan des idéologies normatives et ce qu’ils manifestent effectivement dans leurs conduites quotidiennes. Joseph Pleck et d’autres théoriciens du modèle de la tension de rôle (gender role strain paradigm) avaient souligné que l’adhésion cognitive à une norme ne se traduit pas nécessairement par une fidélité comportementale rigide, mais peut plutôt engendrer des conflits internes, des compensations exagérées ou une détresse psychologique marquée.
Doss et Hopkins (1998) ont formulé cette échelle pour opérationnaliser la mesure des comportements observables et des dispositions d’action à travers trois groupes culturels distincts aux États-Unis (hommes caucasiens, afro-américains et latinos). L’outil examine comment les exigences de la virilité traditionnelle influencent :
- La régulation émotionnelle, par exemple la suppression des larmes, de la peur ou de la tendresse fraternelle ;
- La sexualité masculine, incluant la valorisation de la promiscuité comme symbole de prestige social, la déconnexion entre affectivité et rapport sexuel, et les dynamiques de performance érotique ;
- La confrontation et l’affirmation physique, incluant la propension aux bagarres, l’usage de la contrainte agressive pour obtenir ce que l’on désire, et la recherche de sensations fortes ou dangereuses ;
- Les responsabilités matérielles, notamment la conviction de devoir sacrifier ses aspirations personnelles pour devenir le principal pourvoyeur financier de la famille ;
- Le recours à l’aide psychologique et médicale, en quantifiant la réticence à formuler une demande d’assistance perçue comme un aveu d’impuissance.
En contexte clinique et de recherche, cette échelle fournit un cadre analytique essentiel pour évaluer les prédicteurs comportementaux de la violence conjugale, de la prise de risque chez les jeunes adultes (toxicomanie, conduite dangereuse), des dysfonctionnements relationnels au sein du couple et du refus de soins préventifs chez les hommes.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par cette sous-échelle est l’expression comportementale de l’idéologie masculine. Contrairement aux approches essentialistes qui envisagent la masculinité comme un trait de personnalité stable et intrinsèque (comme la masculinité-féminité de la grille de Bem), Doss et Hopkins conçoivent la masculinité comme une idéologie socialement construite, intériorisée et enactée par le biais de répertoires d’actions contextuels. Les 35 items capturent sept dimensions comportementales intriquées :
5.1. Restriction affective et stoïcisme émotionnel
Cette dimension évalue la tendance active à dissimuler ses émotions vulnérables pour préserver une façade d’invulnérabilité. Des items comme l’inhibition du pleur lors de tragédies personnelles (Item 21) ou la suppression délibérée de la peur considérée comme un obstacle (Item 17) incarnent cette norme. L’individu réprime l’expression de ses sentiments car la manifestation de la douleur est interprétée comme un marqueur d’infériorité ou de féminité péjorative.
5.2. Agressivité, combativité et résolution conflictuelle physique
Cette facette mesure la propension à utiliser la force physique, la violence ou l’intimidation pour résoudre les différends interpersonnels ou atteindre ses objectifs. L’adoption d’un comportement combatif face à la provocation (Item 5) ou l’usage de méthodes agressives pour obtenir ce qui est convoité (Item 22) reflètent l’intériorisation de l’agression comme modalité légitime et valorisée de négociation sociale chez l’homme.
5.3. Instrumentalité sexuelle et valorisation par la conquête
La sexualité est abordée ici non comme un espace exclusif d’intimité émotionnelle, mais comme un vecteur de confirmation du statut viril. La satisfaction dépendante de la pénétration systématique (Item 34), la recherche de partenaires multiples pour accroître l’estime de soi (Item 4) et la saisie compulsive de toute opportunité coïtale (Item 31) illustrent cette logique de performance et de compétition sexuelle.
5.4. Rôle de pourvoyeur financier exclusif
Cette composante opérationnalise l’impératif économique masculin. L’individu définit sa valeur fonctionnelle au sein de la famille par sa capacité à générer des revenus élevés (Item 25) et érige la subsistance matérielle du foyer en objectif central de son existence (Item 6), souvent au détriment de l’engagement affectif au quotidien.
5.5. Homophobie comportementale et évitement de l’intimité homosociale
Les comportements d’affiliation entre hommes sont strictement délimités par la crainte de la contamination homosexuelle ou de la transgression de genre. Les items évaluent l’acceptation d’embrasser des amis proches (Item 7, inversé) ou la capacité à nouer des relations amicales authentiques avec des hommes homosexuels (Item 3, inversé).
5.6. Compétitivité et affirmation du statut socio-économique
L’affirmation de la dominance sociale passe par la rivalité et l’étalage de symboles de réussite matérielle. L’acquisition ou le port de vêtements et d’accessoires visant à paraître plus fortuné qu’on ne l’est réellement (Item 19) illustre la mise en scène compensatoire du statut socio-économique.
5.7. Prise de risque et recherche de danger
La bravoure masculine se manifeste par l’exposition délibérée au danger physique sans motif utilitaire direct, simplement pour l’excitation ou l’affirmation de la témérité (Item 29, Item 33), ainsi que par le refus catégorique d’appeler à l’aide en cas de détresse manifeste (Item 35, inversé).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’ancrage conceptuel de la sous-échelle repose sur le paradigme de la tension de rôle de genre (Gender Role Strain Paradigm), formalisé par Joseph Pleck (1981, 1995), combiné à la théorie de la masculinité hégémonique développée par la sociologue R. W. Connell (1995). Selon ces approches, les rôles masculins traditionnels ne sont pas des expressions biologiques naturelles de la testostérone, mais des prescriptions sociales contradictoires, rigides et souvent inatteignables.
Pleck postule que la socialisation masculine engendre trois formes distinctes de tension :
- La tension de divergence (Discrepancy Strain) : la détresse éprouvée lorsqu’un homme échoue à incarner les standards prescrits par sa communauté culturelle (par exemple, être un pourvoyeur financier déficitaire ou être physiquement non athlétique) ;
- La tension de trauma (Trauma Strain) : les séquelles psychologiques découlant des épreuves d’initiation et de la violence inhérente à la socialisation masculine précoce (injonctions à ne pas pleurer, punitions corporelles, bizutage) ;
- La tension de dysfonction (Dysfunction Strain) : les conséquences délétères pour l’individu et son entourage de l’accomplissement réussi du rôle masculin traditionnel (agressivité, alexithymie, prise de risque mortelle, incapacité d’intimité).
Doss et Hopkins ont spécifiquement élargi cette armature théorique en intégrant les perspectives de la psychologie transculturelle. Les auteurs ont souligné que la masculinité n’est pas un monolithe : les hommes issus de minorités ethniques font face à des pressions spécifiques de marginalisation économique et raciale, modifiant l’expression de leurs conduites viriles. Par exemple, le concept de machismo et de caballerismo au sein des cultures hispaniques, ou les stratégies de résilience et de réaffirmation de dignité chez les hommes afro-américains (le complexe du cool pose décrit par Majors et Billson), façonnent des configurations comportementales uniques que les échelles psychométriques traditionnelles ne parvenaient pas à capturer adéquatement.
7. Validité / Validity
L’évaluation des qualités métrologiques des items comportementaux de la MMIS a fait l’objet d’études rigoureuses au cours de son processus d’étalonnage initial (Doss & Hopkins, 1998) ainsi que dans des travaux ultérieurs sur les violences interpersonnelles et la santé masculine (Flood, 2008) :
7.1. Validité de contenu
Les items ont été générés à partir d’entretiens qualitatifs et de focus groups impliquant des hommes caucasiens, afro-américains et latinos. Un panel d’experts en études de genre et en psychologie transculturelle a examiné chaque item pour éliminer les formulations ambiguës, s’assurant que les conduites décrites reflétaient de manière équitable les réalités de chaque sous-groupe culturel.
7.2. Validité convergente
L’échelle montre des corrélations positives statistiquement significatives avec d’autres mesures reconnues de l’idéologie masculine, notamment la Male Role Norms Scale (MRNS ; Thompson & Pleck, 1986) et la Brannon Masculinity Scale (BMS ; Brannon & Juni, 1984), avec des coefficients oscillant entre r = 0,54 et r = 0,68 (p < 0,001). Des corrélations significatives ont également été mises en évidence avec des mesures d’homophobie intériorisée et interpersonnelle (r = 0,42 à 0,51) ainsi qu’avec des indices de tolérance envers les mythes du viol et la violence conjugale (r = 0,38 à 0,47).
7.3. Validité discriminante
L’instrument se distingue nettement des mesures globales d’estime de soi générale (mesurée par la Rosenberg Self-Esteem Scale) et des traits de personnalité généraux du modèle en cinq facteurs (Big Five), confirmant que l’outil évalue des patterns spécifiques d’idéologie de rôle et non un simple neuroticisme ou une extraversion générale.
7.4. Validité prédictive
Dans les études analysant les comportements de santé, les scores élevés à cette sous-échelle prédisent négativement la consultation médicale préventive et la recherche d’aide psychologique (β = -0,36, p < 0,01), tout en prédisant positivement la consommation problématique d’alcool et la fréquence des bagarres physiques lors des douze derniers mois.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité de l’échelle des comportements correspondants témoignent d’une consistance psychométrique satisfaisante :
- Consistance interne (Alpha de Cronbach) : Le coefficient alpha global pour l’ensemble des 35 items comportementaux se situe entre 0,81 et 0,86 selon les échantillons analysés. Les analyses stratifiées par groupe ethnoculturel rapportent des indices de cohérence interne comparables : α = 0,84 chez les hommes caucasiens, α = 0,81 chez les hommes afro-américains, et α = 0,83 chez les hommes latinos, confirmant l’invariance de fidélité transculturelle.
- Stabilité temporelle (Test-Retest) : L’administration de l’échelle à un intervalle de quatre semaines auprès d’un sous-échantillon d’étudiants masculins (N = 88) a révélé un coefficient de corrélation test-retest de r = 0,82 (p < 0,001), attestant de la remarquable stabilité temporelle des patterns comportementaux déclarés, au-delà des simples variations d’humeur transitoires.
- Corrélations item-total : Les corrélations partielles item-total corrigées s’échelonnent entre 0,28 et 0,62, sans qu’aucun item n’abaisse substantiellement le coefficient alpha global en cas de suppression.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Lors des analyses psychométriques initiales menées par Doss et Hopkins (1998), la structure de l’échelle a été examinée à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) utilisant une extraction en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax), tenant compte de l’interdépendance conceptuelle des normes masculines.
Les résultats ont mis en évidence une structure multidimensionnelle interprétable articulée autour de facteurs majeurs expliquant plus de 44 % de la variance totale :
- Facteur 1 : Restriction émotionnelle et impassibilité (saturation forte d’items tels que l’item 2, l’item 12, l’item 21 et l’item 32, avec des saturations factorielles comprises entre 0,48 et 0,73) ;
- Facteur 2 : Dominance, agression et témérité (saturation élevée des items 5, 22, 29 et 33, oscillant entre 0,44 et 0,68) ;
- Facteur 3 : Instrumentalité sexuelle et conquête (fortes saturations sur les items 4, 11, 31 et 34, comprises entre 0,51 et 0,75) ;
- Facteur 4 : Responsabilité de pourvoyeur et prestige (saturations nettes des items 6, 19, 24 et 25, comprises entre 0,42 et 0,66) ;
- Facteur 5 : Affiliation masculine et évitement intime (saturations des items inversés 3, 7 et 15).
Des analyses factorielles confirmatoires (AFC) ultérieures ont corroboré l’adéquation d’un modèle hiérarchique du second ordre où les facteurs de premier ordre s’articulent sous un construit général d’idéologie masculine comportementale, avec des indices d’ajustement satisfaisants (CFI = 0,91 ; RMSEA = 0,054 ; SRMR = 0,061).
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet : Multicultural Masculinity Ideology Scale – Behavior Subscale (Corresponding Behavior Questions)
- Auteurs : Brian D. Doss & J. Roy Hopkins (1998)
- Type d’évaluation : Questionnaire auto-rapporté mesurant l’enaction comportementale des normes de masculinité
- Nombre d’items : 35 items rédigés à la première personne du singulier
- Format de réponse : Échelle de type Likert (généralement administrée en 5 ou 6 points allant de 1 = Pas du tout d’accord / Ne me correspond pas du tout à 5 ou 6 = Tout à fait d’accord / Me correspond totalement, ou selon une fréquence comportementale de 1 = Jamais à 5 = Toujours selon le protocole de passation retenu)
- Items inversés (Reverse-scored) : Plusieurs items formulés dans le sens de la non-conformité traditionnelle doivent être inversés lors de la cotation numérique afin qu’un score élevé reflète une adhésion plus forte à la masculinité traditionnelle (notamment les items 1, 3, 7, 9, 13, 14, 15, 26, 27, 28, 30, 35)
- Cotation : Calcul d’un score total moyen (somme divisée par 35) ou calcul de scores composites par sous-dimensions factorielles. Des scores plus élevés traduisent une adhésion et une manifestation comportementale plus rigides des rôles masculins conventionnels.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication : 1998
- Statut des droits d’auteur : L’article séminal a été publié dans la revue scientifique à comité de lecture Sex Roles (Springer Nature). L’instrument est accessible dans le domaine public académique à des fins exclusives de recherche scientifique non commerciale et d’enseignement.
- Tarification : Utilisation libre de droits (gratuite) pour la recherche clinique, académique et universitaire.
- Conditions d’utilisation : Les chercheurs sont tenus de citer rigoureusement l’article original de Doss et Hopkins (1998) dans toute publication ou rapport scientifique exploitant les données issues du questionnaire. Pour tout usage commercial ou intégration logicielle propriétaire, l’autorisation des auteurs ou des ayants droit de la revue éditrice est requise.
12. Références / References
- Brannon, R., & Juni, S. (1984). A scale for measuring attitudes about masculinity. Psychological Documents, 14(1), 6-7.
- Connell, R. W. (1995). Masculinities. University of California Press.
- Doss, B. D., & Hopkins, J. R. (1998). The Multicultural Masculinity Ideology Scale: Validation from three cultural perspectives. Sex Roles, 38(9-10), 719-741. https://doi.org/10.1023/A:1018898103328
- Flood, M. (2008). Measures for the assessment of dimensions of violence against women: A compendium. Sexual Violence Research Initiative (SVRI), page 40. http://www.svri.org/measures.pdf
- Levant, R. F., & Richmond, K. (2007). A review of research on masculinity ideologies using the Male Role Norms Inventory. The Journal of Men’s Studies, 15(2), 130-146. https://doi.org/10.3149/jms.1502.130
- Majors, R., & Billson, J. M. (1992). Cool pose: The dilemmas of Black manhood in America. Lexington Books.
- Pleck, J. H. (1981). The myth of masculinity. MIT Press.
- Pleck, J. H. (1995). The gender role strain paradigm: An update. In R. F. Levant & W. Y. Pollack (Eds.), A new psychology of men (pp. 11-32). Basic Books.
- Thompson, E. H., & Pleck, J. H. (1986). The structure of male role norms. American Behavioral Scientist, 29(5), 531-543. https://doi.org/10.1177/000276486029005003
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
- I am courteous to women my age.
- I usually do not let others know how I am feeling.
- I would be able to have a good male friend who was homosexual.
- having a lot of sex partners would make me feel really good about myself.
- When I am mad at someone, I am likely to fight.
- Providing for my family will be my main goal in life.
- I hug my close guy friends.
- My date’s looks are more important to me than her personality.
- I have trouble keeping a positive attitude towards life.
- In difficult situations, I am confident about my ability.
- Once I have had sexual intercourse with someone, I usually have sexual intercourse with that person as often as possible.
- In difficult times, I try to be tough.
- I do not get very angry at people when they do something mean to me.
- I do not have a good idea what I want to do for the rest of my life.
- I show affection towards people I love.
- I put my best effort into everything I do.
- I try to block out fear because it only gets in the way.
- I don’t (or didn’t) keep my virginity a secret.
- I buy or wear stuff to make me look richer than I actually am.
- I don’t go longer than a month between relationships.
- I do not cry when something bad happens to me or my loved ones.
- When I want something, I use aggressive ways to get it.
- In a relationship, I have oral sex before having sexual intercourse.
- When I am married, I will do almost anything to protect my family.
- The main way I plan to care for my family is to get the highest paying job I can.
- I am not competitive with others.
- I have sexual intercourse only in emotionally committed relationships.
- When my goals seem very hard to reach, I don’t try to reach them.
- I look for danger just for the thrill of it.
- I am not athletic or good at a sport.
- I had (or will have) sexual intercourse at my first opportunity.
- I don’t show emotion because it would mean that I was weak.
- When there is something I want, I will take risks to get it.
- I am not satisfied with sexual activity if it doesn’t include sexual intercourse.
- I ask for help when I need it.