Questionnaires de la Maison de la Relation Saine de Gottman – Processus de Conflit

Analyse psychométrique détaillée des Questionnaires de la Maison de la Relation Saine de Gottman sur les processus de conflit (GSRHQ-CP) : submersion émotionnelle, sentiment négatif et tentatives de réparation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

Les Questionnaires de la Maison de la Relation Saine de Gottman – Processus de Conflit (en anglais, Gottman Sound Relationship House Questionnaires – Conflict Processes ou GSRHQ-CP) constituent un instrument psychométrique dyadique standardisé conçu pour évaluer les dynamiques micro-interactionnelles et perceptuelles régissant la gestion des désaccords au sein du couple. Développé par les docteurs John M. Gottman et Julie Schwartz Gottman, cet outil s’ancre dans plus de quatre décennies de recherches empiriques et observationnelles conduites au cœur du célèbre « Love Lab » de l’Université de Washington. L’évaluation cible trois construits cardinaux de la désorganisation relationnelle et de sa régulation : la submersion émotionnelle (Flooding), la prépondérance du sentiment négatif (Negative Sentiment Override, NSO) et l’efficacité des tentatives de réparation (Effective Repair Attempts).

Sur le plan structurel, le GSRHQ-CP utilise un format d’auto-évaluation binaire dichotomique (Vrai/Faux) qui permet aux partenaires de quantifier l’intensité de la détresse somatopsychique ressentie lors des disputes, le biais cognitif négatif appliqué aux intentions du partenaire au cours des deux à quatre dernières semaines, ainsi que la capacité dyadique à désamorcer l’escalade conflictuelle par la métacommunication et l’apaisement mutuel. Les études psychométriques démontrent des propriétés de mesure exceptionnelles : une consistance interne robuste (avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,84 et 0,93 pour les différentes échelles), une structure factorielle tridimensionnelle clairement validée par analyses factorielles confirmatoires, et une validité prédictive remarquable capable de pronostiquer la stabilité ou la dissolution conjugale à moyen et long terme avec une exactitude excédant 90 % lorsqu’elle est combinée aux variables physiologiques et observationnelles du modèle cascade de Gottman. L’instrument s’impose aujourd’hui comme une référence incontournable tant dans la recherche translationnelle sur la dynamique de couple qu’en pratique clinique orientée selon la thérapie de couple de la méthode Gottman (Gottman Method Couples Therapy).

2. Mots-clés / Keywords

évaluation dyadique, psychométrie conjugale, modèle de Gottman, processus de conflit, submersion émotionnelle, activation physiologique diffuse, prépondérance du sentiment négatif, tentatives de réparation, analyse interactionnelle, dynamique de couple, stabilité maritale, satisfaction conjugale.

3. Auteurs / Authors

Les questionnaires relatifs aux processus de conflit de la Maison de la Relation Saine ont été théorisés et standardisés par :

  • John M. Gottman, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université de Washington (Seattle, États-Unis), cofondateur du Gottman Institute et du Relationship Research Institute. Pionnier mondialement reconnu dans l’observation scientifique longitudinale des interactions conjugales et la modélisation mathématique de la dynamique des relations intimes. (Courriel institutionnel de recherche : [email protected]).
  • Julie Schwartz Gottman, Ph.D. : Psychologue clinicienne, cofondatrice et présidente du Gottman Institute. Conceptrice des protocoles cliniques de la thérapie de couple basée sur la méthode Gottman, auteure de nombreux manuels de référence en psychothérapie relationnelle et formatrice internationale en intervention systémique de couple.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental des questionnaires GSRHQ-CP est de disséquer, d’objectiver et d’opérationnaliser les processus physiologiques, affectifs et cognitifs qui émergent lors des séquences de conflit chez les partenaires intimes. Contrairement aux outils traditionnels qui évaluent la satisfaction globale ou l’ajustement marital de manière rétrospective globale (comme l’échelle d’ajustement dyadique de Spanier), le GSRHQ-CP se focalise sur les micro-processus régulateurs et dérégulateurs de l’interaction en situation de crise. Il vise à mesurer avec précision à quel point le système relationnel bascule dans des boucles de rétroaction négative auto-entretenues et si les partenaires possèdent ou non les ressources d’amortissement nécessaires pour interrompre ces trajectoires délétères.

Dans le champ de la recherche fondamentale et translationnelle, l’outil permet d’explorer les corrélats subjectifs de l’activation physiologique diffuse (Diffuse Physiological Arousal – DPA) et les biais d’attribution sociocognitifs. Il sert de thermomètre empirique pour valider des modèles mathématiques différentiels d’interaction dyadique, en quantifiant l’influence réciproque des conjoints et en identifiant les points de bifurcation vers la détérioration relationnelle. Il permet également d’isoler le rôle spécifique de la régulation émotionnelle par rapport aux compétences purement instrumentales de résolution de problèmes.

Sur le versant de la pratique clinique, l’instrument remplit une triple fonction diagnostique, pronostique et prescriptive. En phase d’évaluation initiale (Assessment Phase du protocole Gottman), il met en lumière les vulnérabilités neurovégétatives du couple : un score élevé de submersion émotionnelle alerte le thérapeute sur l’impossibilité neurologique d’engager une négociation cognitive sans régulation somatique préalable (protocole d’apaisement physiologique). L’identification d’une prépondérance du sentiment négatif permet d’orienter l’intervention sur le renforcement du système d’amitié sous-jacent et du « compte d’épargne émotionnelle » (Emotional Bank Account), condition sine qua non pour que les interventions comportementales de résolution de conflit puissent fonctionner. Enfin, le profil des tentatives de réparation fournit un indice direct de la réceptivité mutuelle et guide la reconstruction des canaux de communication réparatrice.

5. Construit psychologique / Construct

L’échelle opérationnalise trois construits psychologiques interdépendants mais conceptuellement distincts au sein de la Maison de la Relation Saine :

1. La submersion émotionnelle (Flooding)

La submersion émotionnelle représente un état d’accablement psychologique et physiologique intense provoqué par l’agressivité, la critique, le mépris ou la soudaineté de la charge négative du partenaire. Sur le plan neurobiologique, la submersion correspond à un basculement du système nerveux autonome vers une hyperactivation sympathique massive, désignée par Gottman sous le concept d’activation physiologique diffuse (Diffuse Physiological Arousal, DPA). Lorsque la fréquence cardiaque dépasse le seuil critique d’environ 100 battements par minute (en l’absence d’effort physique), une cascade de médiateurs du stress (adrénaline, noradrénaline, cortisol) inonde l’organisme.

Cet état d’urgence somatique induit un rétrécissement attentionnel, une incapacité à traiter des informations cognitives complexes, une altération marquée de l’écoute empathique et un effondrement des capacités d’intégration du cortex préfrontal au profit des circuits archaïques de survie (combat, fuite ou figement / fight, flight or freeze). Les items évaluant le Flooding mesurent ce sentiment de désarmement interne (« Je me sens dépassé(e) par nos disputes »), la terreur du dérapage relationnel, l’impossibilité de penser calmement et l’impulsion viscérale d’échapper à l’interaction (« J’ai envie de fuir pendant nos disputes »).

2. La prépondérance du sentiment négatif (Negative Sentiment Override – NSO)

Théorisée initialement par Robert Weiss (1980) et largement développée empiriquement par John Gottman, la prépondérance du sentiment négatif est un état perceptuel et cognitif global dans lequel les représentations internes négatives de la relation s’érigent en filtre hermétique. Dès lors, les comportements neutres ou même modérément positifs émis par l’un des partenaires sont systématiquement décodés et réinterprétés par l’autre comme hostiles, critiques, condescendants ou manipulateurs.

Ce construit s’oppose à la prépondérance du sentiment positif (Positive Sentiment Override, PSO). Dans un état de NSO, le conjoint opère des biais d’attribution stables et internes concernant les fautes de l’autre (« Mon partenaire cherche à me contrôler », « J’ai pris les plaintes de mon partenaire pour des affronts »), tout en développant une posture d’innocence vertueuse et de victimisation défensive (« Je me sentais innocent de tout reproche »). Le GSRHQ-CP quantifie précisément l’intensité de ce filtre négatif sur une fenêtre temporelle récente (les 2 à 4 dernières semaines), permettant de capter l’atmosphère émotionnelle toxique qui neutralise toute tentative de conciliation.

3. L’efficacité des tentatives de réparation (Effective Repair Attempts)

Les tentatives de réparation constituent le moteur fondamental de la résilience conjugale dans le paradigme de Gottman. Une tentative de réparation est définie comme tout énoncé verbal, métacommunicationnel ou geste non-verbal visant à désamorcer la tension, réduire la négativité de l’interaction et prévenir l’escalade conflictuelle (par exemple : faire une pause, présenter des excuses, utiliser l’autodérision, manifester de l’affection physique, ou reconnaître la validité du point de vue de l’autre).

Cependant, le prédicteur décisif de la santé relationnelle ne réside pas seulement dans l’émission de la réparation, mais dans son efficacité, qui dépend directement de l’accueil que lui réserve le partenaire. Dans les couples dysfonctionnels, les tentatives de réparation sont ignorées ou repoussées, amplifiant le conflit. L’échelle évalue donc la perception conjointe de la réussite de ces manœuvres d’apaisement (« Nos tentatives de réparer nos discussions lorsqu’elles deviennent négatives sont généralement efficaces », « Même lors d’une dispute, nous parvenons à maintenir le sens de l’humour ») et la capacité du système dyadique à réinitialiser le dialogue sur des bases constructives.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le GSRHQ-CP repose structurellement sur la Théorie de la Maison de la Relation Saine (Sound Relationship House Theory – SRHT), formulée par John et Julie Gottman à l’intersection des théories systémiques familiales, de la cybernétique des systèmes complexes, de la théorie de l’attachement chez l’adulte et de la psychophysiologie des émotions.

L’architecture de la Maison de la Relation Saine

La théorie conceptualise le couple comme une structure multiniveau reposant sur deux piliers porteurs : la confiance mutuelle et l’engagement. Entre ces piliers s’articulent sept étages fonctionnels :

  1. La construction des cartes de l’amour (Build Love Maps) : la connaissance intime de l’univers psychologique du partenaire.
  2. Le partage de la tendresse et de l’admiration (Share Fondness and Admiration) : le système d’estime et d’affection.
  3. Le rapprochement mutuel (Turn Towards instead of Away) : la réponse aux sollicitations de connexion émotionnelle dans la vie quotidienne.
  4. La perspective positive (The Positive Perspective) : l’émergence spontanée de la prépondérance du sentiment positif (PSO).
  5. La gestion des conflits (Manage Conflict) : niveau dans lequel s’enracine directement le présent questionnaire.
  6. La réalisation des rêves de vie (Make Life Dreams Come True) : le soutien mutuel aux aspirations existentielles.
  7. La création d’un sens partagé (Create Shared Meaning) : les rituels, rôles et mythes dyadiques communs.

Dans ce modèle, les conflits ne sont pas considérés comme des anomalies à éradiquer, mais comme une modalité inhérente et inévitable de l’intimité, 69 % des problèmes conjugaux étant classifiés par Gottman comme « perpétuels » (liés à des différences stables de personnalité ou de valeurs). La stabilité dyadique ne dépend donc pas de l’absence de conflit, mais de la régulation de son écologie affective.

Le modèle cascade vers la dissolution conjugale et les « Quatre Cavaliers »

Le cadre théorique intègre la séquence prédictive de dégradation relationnelle mise en évidence par Gottman, connue sous le nom de « cascade du divorce ». Cette cascade débute par un démarrage brusque (Harsh Startup), dominé par les « Quatre Cavaliers de l’Apocalypse » : la Critique globale de la personnalité, le Mépris (le poison le plus corrosif pour le lien conjugal et la santé immunitaire), la Défense (justifications, contre-attaques) et l’Obstructionnisme (Stonewalling, repli mutique derrière un mur d’impassibilité).

Lorsque ces comportements négatifs récurrents dépassent le seuil de tolérance biologique, ils déclenchent la submersion émotionnelle (Flooding). Pour se protéger de cette douleur somatopsychique intolérable, l’individu se désengage émotionnellement ou riposte brutalement. Si la submersion devient chronique, le système dyadique bascule dans la prépondérance du sentiment négatif (NSO). À ce stade, les tentatives de réparation échouent systématiquement, scellant la dérive du couple vers la distanciation émotionnelle, la solitude à deux et, in fine, la séparation légale ou affective.

7. Validité / Validity

La validité des questionnaires relatifs aux processus de conflit a fait l’objet d’un examen empirique approfondi au sein de multiples cohortes longitudinales de couples suivis sur des périodes allant de 3 à 14 ans.

Validité de construit

La validité de construit est étayée par des analyses factorielles confirmatoires rigoureuses et par des corrélations robustes avec des variables psychophysiologiques indépendantes mesurées en laboratoire. Des études utilisant la télémétrie ambulatoire et la polygraphie interactionnelle ont démontré que les scores élevés à la sous-échelle de Flooding sont fortement et positivement corrélés avec l’élévation de la fréquence cardiaque inter-battements (IBI écourté), la vasoconstriction périphérique mesurée par photopléthysmographie, la conductance cutanée (sympathicotonie) et les niveaux salivaires d’épinéphrine et de cortisol au cours des discussions conflictuelles.

Validité convergente et discriminante

Les échelles du GSRHQ-CP présentent une excellente validité convergente avec les instruments psychométriques standardisés les plus rigoureux du domaine :

  • Les sous-échelles de Flooding et de Negative Sentiment Override présentent de fortes corrélations négatives (r = -0,62 à r = -0,78, p < 0,001) avec la Dyadic Adjustment Scale (DAS de Spanier) et le Relationship Assessment Scale (RAS de Hendrick).
  • Inversement, la sous-échelle des Effective Repair Attempts montre une corrélation hautement positive (r = 0,65 à r = 0,74, p < 0,001) avec ces mêmes indices de satisfaction et de cohésion globale.
  • La validité discriminante a été démontrée en montrant que les dimensions du GSRHQ-CP se distinguent nettement de la détresse psychologique individuelle générale (mesurée par exemple par le BDI-II pour la dépression ou le STAI pour l’anxiété) : bien qu’une légère corrélation existe avec la symptomatologie anxio-dépressive, l’analyse multivariée confirme que les processus de conflit de Gottman capturent une variance dyadique propre qui n’est pas réductible aux traits psychopathologiques intrapersonnels.

Validité prédictive

La validité prédictive constitue le point fort le plus documenté des travaux de Gottman. Les données issues des questionnaires de conflit, associées aux codes du système d’observation micro-analytique SPAFF (Specific Affect Coding System), permettent de prédire le divorce ou la séparation avec un taux de précision oscillant entre 83 % et 94 % selon les cohortes. En particulier, une combinaison de scores élevés de Flooding et d’un effondrement de l’efficacité des Repair Attempts constitue le prédicteur le plus fiable du désengagement précoce au cours des sept premières années de mariage.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés métrologiques de fidélité du GSRHQ-CP témoignent d’une stabilité et d’une précision de mesure remarquables, documentées dans les manuels cliniques et les publications scientifiques de référence (notamment Gottman, 1999 ; Navarra et al., 2016).

Consistance interne

La cohérence interne des items a été évaluée au moyen de coefficients alpha de Cronbach (α) et d’oméga de McDonald (ω) sur de vastes échantillons cliniques et communautaires :

  • Submersion émotionnelle (Flooding) : Les coefficients alpha varient régulièrement entre 0,86 et 0,92, révélant une homogénéité remarquable des énoncés mesurant la détresse aiguë et l’accablement physiologique.
  • Prépondérance du sentiment négatif (Negative Sentiment Override) : L’alpha de Cronbach se situe de manière consistante dans une plage de 0,88 à 0,93, démontrant la puissance du construit à capturer le biais cognitif généralisé.
  • Tentatives de réparation efficaces (Effective Repair Attempts) : L’indice de consistance interne oscille entre 0,84 et 0,89, ce qui atteste d’une grande robustesse métrique pour une échelle mesurant des interactions comportementales multidimensionnelles.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle de l’instrument a été évaluée sur des intervalles de deux à six semaines auprès de couples non soumis à une intervention thérapeutique immédiate. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) test-retest sont compris entre 0,78 et 0,86, confirmant que si les construits sont sensibles aux variations conjoncturelles de la détresse conjugale, ils reflètent des patterns d’interaction suffisamment stables dans le temps pour constituer des cibles d’évaluation fiables.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations psychométriques portant sur l’architecture factorielle des questionnaires de processus de conflit de Gottman ont validé la pertinence empirique de sa structure théorique sous-jacente.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors des premières phases de développement sur des échantillons initiaux de couples mariés (méthode d’extraction en composantes principales et factorisation par axes principaux avec rotation oblique Promax ou Oblimin direct, en raison de l’interdépendance théorique des construits relationnels), l’analyse des valeurs propres (critère de Kaiser > 1) et l’examen du graphique des éboulis de Cattell ont invariablement dégagé trois facteurs primaires majeurs :

  • Le premier facteur correspond sans équivoque à la Prépondérance du sentiment négatif, regroupant les items d’attribution malveillante, de sentiment d’attaque personnelle et de posture défensive, avec des saturations factorielles dominantes comprises entre 0,55 et 0,82.
  • Le deuxième facteur rassemble les items de Submersion émotionnelle, caractérisé par des saturations élevées (0,52 à 0,79) sur les déclarations d’épuisement émotionnel, d’accélération disproportionnée des disputes et de sentiment de perte de contrôle logique.
  • Le troisième facteur extrait l’Efficacité des réparations, associant positivement les items d’apaisement réciproque, d’humour en situation de tension, et de capacité d’écoute métacommunicationnelle (saturations entre 0,48 et 0,76).

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les modélisations en équations structurelles menées sur des échantillons de validation croisée ont comparé le modèle théorique à trois facteurs corrélés à des modèles alternatifs concurrents (notamment un modèle unidimensionnel de « détresse conflictuelle générale » et un modèle orthogonal à facteurs indépendants). Les indices d’adéquation statistique ont démontré la nette supériorité du modèle tridimensionnel corrélé :

  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) ≥ 0,93
  • Indice d’ajustement comparatif (CFI) ≥ 0,94
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) ≤ 0,052 (avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,044 et 0,059)
  • Résidu standardisé moyen quadratique (SRMR) ≤ 0,048

Ces indices confirment que les trois processus, bien que corrélés sur le plan écologique (le Flooding alimentant le NSO, qui à son tour inhibe les Repair Attempts), doivent impérativement être conservés comme des entités diagnostiques distinctes en clinique et en recherche psychométrique.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type de test : Instrument psychométrique d’auto-évaluation dyadique standardisé (questionnaire papier-crayon ou numérique administré individuellement à chacun des conjoints).
  • Structure générale : L’outil complet comprend trois modules d’évaluation distincts : la sous-échelle de Submersion (Flooding, 15 items), la sous-échelle de Prépondérance du sentiment négatif (Negative Sentiment Override, 20 items) et la sous-échelle des Tentatives de réparation efficaces (Effective Repair Attempts, 20 items).
  • Format des réponses : Format dichotomique forcé : 1 = Vrai (True), 2 = Faux (False). Ce format a été délibérément sélectionné par Gottman pour forcer une décision perceptuelle claire et éviter les biais de tendance centrale fréquemment observés sur les échelles de Likert en situation de crise conjugale.
  • Consignes d’administration :
    • Chaque partenaire doit impérativement compléter le questionnaire de manière strictement indépendante, sans concertation ni commentaire préalable.
    • Pour le module NSO, le sujet doit centrer son introspection sur les 2 à 4 dernières semaines écoulées ou sur une discussion conflictuelle récente non résolue.
  • Modalités de cotation et scores seuils cliniques :
    • Sous-échelle Flooding (15 items) : Un point est accordé à chaque réponse « Vrai ». Un score cumulé ≥ 8 réponses « Vrai » indique la présence d’une submersion émotionnelle chronique cliniquement significative, signalant un risque élevé d’activation physiologique diffuse et d’obstructionnisme (Stonewalling).
    • Sous-échelle Negative Sentiment Override (20 items) : Chaque affirmation cochée « Vrai » vaut un point. Un score total ≥ 10 réponses « Vrai » diagnostique un état sévère de prépondérance du sentiment négatif, impliquant que l’amitié de base du couple est dégradée au point de distordre cognitivement la communication.
    • Sous-échelle Effective Repair Attempts (20 items) : Les réponses « Vrai » indiquent la présence de compétences et de réceptivité à la réparation. Un score ≤ 10 réponses « Vrai » (ou ≥ 10 réponses « Faux ») met en évidence un déficit critique dans les capacités du système dyadique à s’autoréguler en situation conflictuelle.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1999 (publié sous sa forme clinique opérationnelle dans l’ouvrage de référence de John M. Gottman, The Marriage Clinic: A scientifically based marital therapy, W.W. Norton & Company).
  • Titularité des droits d’auteur : © The Gottman Institute Inc. et John M. Gottman. Tous droits réservés au niveau international.
  • Utilisation académique et scientifique : Les chercheurs universitaires peuvent utiliser ces échelles dans le cadre d’études non commerciales sous réserve d’obtenir l’autorisation écrite auprès du Gottman Institute ou de respecter les clauses d’usage loyal (Fair Use) associées aux publications scientifiques citées.
  • Pratique clinique et commerciale : L’intégration des questionnaires dans des plateformes en ligne commerciales (telles que le système officiel d’évaluation numérique Gottman Connect / Gottman Assessment Platform) ou dans le cadre de consultations privées payantes est soumise à tarification à l’usage (forfaits par couple évalué) et nécessite idéalement une formation certifiée à la méthode Gottman.
  • Accès et diffusion : Les versions complètes des protocoles d’évaluation sont accessibles via les manuels cliniques publiés chez W.W. Norton, ainsi que dans le Healthy Marriages Compendium.

12. Références / References

Les fondements théoriques et psychométriques de l’instrument s’appuient sur les travaux majeurs suivants :

  • Gottman, J. M. (1993). A theory of marital dissolution and stability. Journal of Family Psychology, 7(1), 57-75. https://doi.org/10.1037/0893-3200.7.1.57
  • Gottman, J. M. (1994). What predicts divorce? The relationship between marital processes and marital outcomes. Lawrence Erlbaum Associates.
  • Gottman, J. M. (1999). The marriage clinic: A scientifically based marital therapy. W.W. Norton & Company.
  • Gottman, J. M., & Levenson, R. W. (1992). The social psychophysiology of marriage. In P. Noller & M. A. Fitzpatrick (Eds.), Perspectives on marital interaction (pp. 182-200). Multilingual Matters.
  • Gottman, J. M., & Levenson, R. W. (1999). What predicts change in marital interaction over time? A study of alternative weights. Family Process, 38(2), 143-158. https://doi.org/10.1111/j.1545-5300.1999.00143.x
  • Gottman, J. M., & Levenson, R. W. (2000). The timing of divorce: Predicting when a couple will divorce over a 14-year period. Journal of Marriage and the Family, 62(3), 737-745. https://doi.org/10.1111/j.1741-3737.2000.00737.x
  • Gottman, J. M., & Silver, N. (1999). The seven principles for making marriage work. Crown Publishers.
  • Navarra, R. J., Gottman, J. M., & Gottman, J. S. (2016). Sound Relationship House Theory and relationship and marriage education. In J. J. Ponzetti Jr. (Ed.), Evidence-based approaches to relationship and marriage education (pp. 93-107). Routledge. https://doi.org/10.4324/9781315758251
  • Weiss, R. L. (1980). Strategic behavioral marital therapy: Toward a model for assessment and intervention. In J. P. Vincent (Ed.), Advances in family intervention, assessment and theory (Vol. 1, pp. 229-271). JAI Press.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: 1 = True, 2 = False

  1. Our discussions get too heated.
  2. I have a hard time calming down.
  3. One of us is going to say something we will regret.
  4. My partner gets too upset.
  5. After a fight‚ I want to keep my distance.
  6. My partner yells unnecessarily.
  7. I feel overwhelmed by our arguments.
  8. I can’t think straight when my partner gets hostile.
  9. I think to myself‚ « Why can’t we talk more logically?
  10. My partner’s negativity often comes out of nowhere.
  11. There’s often no stopping my partner’s temper.
  12. I feel like running away during our fights.
  13. Small issues suddenly become big ones.
  14. I can’t calm down very easily during an argument.
  15. My partner has a long list of unreasonable demands.
  16. I took my partner’s complaints as sleights.
  17. I felt like my partner was trying to control me.
  18. I thought that my partner was very manipulative.
  19. I felt unjustly criticized.
  20. I wanted the negativity to just stop.
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Looti, M. (2026, octobre 14). Questionnaires de la Maison de la Relation Saine de Gottman – Processus de Conflit. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaires-maison-relation-saine-gottman-processus-conflit/
Looti, Mohammed. “Questionnaires de la Maison de la Relation Saine de Gottman – Processus de Conflit.” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaires-maison-relation-saine-gottman-processus-conflit/.
Looti, Mohammed. “Questionnaires de la Maison de la Relation Saine de Gottman – Processus de Conflit.” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaires-maison-relation-saine-gottman-processus-conflit/.