Questionnaire sur les structures relationnelles (ECR-RS)

Le Questionnaire sur les structures relationnelles (ECR-RS) est un instrument psychométrique validé mesurant l’attachement chez l’adulte (évitement et anxiété) à travers de multiples cibles relationnelles : mère, père, partenaire et amis.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

Le Questionnaire sur les structures relationnelles (Experiences in Close Relationships-Relationship Structures Questionnaire, ou ECR-RS) constitue un instrument psychométrique auto-rapporté conçu pour évaluer les patrons d’attachement individuel à travers de multiples cibles relationnelles spécifiques, tout en permettant l’estimation d’une orientation d’attachement globale. Développé initialement par R. Chris Fraley et ses collaborateurs en 2011, cet outil condense et adapte les principes théoriques et méthodologiques du célèbre questionnaire Experiences in Close Relationships – Revised (ECR-R) en un format bref et polyvalent de 9 items. Contrairement aux échelles traditionnelles qui mesurent l’attachement amoureux de façon globale ou indifférenciée, l’ECR-RS est spécifiquement articulé pour évaluer l’attachement envers quatre figures fondamentales : la mère (ou figure maternelle), le père (ou figure paternelle), le partenaire amoureux (actuel ou passé) et le ou la meilleur(e) ami(e). Avec des adaptations mineures, le protocole peut également s’appliquer aux contextes cliniques, notamment pour mesurer l’alliance et le lien d’attachement au psychothérapeute.

Chaque relation est explorée à travers deux dimensions continues canoniques : l’évitement de l’intimité (évalué par six items) et l’anxiété face à l’abandon (évaluée par trois items). Les participants se positionnent sur une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »). Les propriétés psychométriques de l’ECR-RS se caractérisent par une remarquable robustesse à travers divers contextes culturels et linguistiques. La consistance interne (mesurée par l’alpha de Cronbach et le coefficient oméga de McDonald) oscille généralement entre 0,80 et 0,92 pour l’évitement et entre 0,78 et 0,90 pour l’anxiété selon les cibles relationnelles. Les analyses factorielles confirmatoires appuient de façon constante une structure bidimensionnelle au sein de chaque domaine, ainsi qu’une organisation hiérarchique où les représentations d’attachement spécifiques à un domaine s’articulent avec un facteur général d’attachement.

2. Mots-clés

Attachement adulte, ECR-RS, théorie de l’attachement, évitement relationnel, anxiété d’abandon, relations interpersonnelles, psychométrie, modèles internes opérants, relations amoureuses, alliance thérapeutique

3. Auteurs

Le questionnaire ECR-RS a été conceptualisé et validé empiriquement par une équipe de chercheurs dirigée par le Professeur R. Chris Fraley du Département de Psychologie de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign (États-Unis), en collaboration avec Marie E. Heffernan, Amanda M. Vicary et Claudia C. Brumbaugh.

  • R. Chris Fraley : Professeur émérite de psychologie à l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign. Spécialiste mondial de la personnalité, de la psychométrie appliquée et de la dynamique de l’attachement au cours de la vie adulte. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Marie E. Heffernan : Chercheuse associée au Département de Psychologie, Université de l’Illinois à Urbana-Champaign.
  • Amanda M. Vicary : Professeure agrégée de psychologie à l’Université Wesleyenne de l’Illinois.
  • Claudia C. Brumbaugh : Professeure de psychologie au Queens College, City University of New York (CUNY).

4. Objectif

L’objectif fondamental du Relationship Structures Questionnaire (ECR-RS) est de remédier à une limitation méthodologique majeure présente dans la recherche contemporaine sur l’attachement de l’adulte : l’amalgame entre le modèle général de l’attachement (les schémas cognitivo-affectifs globaux) et les représentations spécifiques associées à des cibles relationnelles distinctes. Historiquement, les chercheurs devaient choisir soit d’administrer des questionnaires volumineux de 36 items (comme l’ECR ou l’ECR-R) portant uniquement sur les relations amoureuses en général, soit de multiplier des batteries d’évaluations chronophages et répétitives si l’on souhaitait analyser simultanément les parents et les pairs.

L’ECR-RS résout cette contrainte en offrant un protocole extrêmement concis de 9 énoncés, formulés de telle sorte qu’ils peuvent être répétés à l’identique pour quatre cibles relationnelles clés :

  • La mère ou figure maternelle de référence ;
  • Le père ou figure paternelle de référence ;
  • Le partenaire amoureux (actuel ou le plus récent) ;
  • Le ou la meilleur(e) ami(e) (ou les pairs proches).

Dans les applications de recherche, l’ECR-RS permet de déterminer comment la variance des représentations d’attachement se décompose entre une dimension globale (le réseau central des modèles internes opérants) et des dimensions relationnelles idiosyncrasiques. Il offre la possibilité d’étudier la transmission intergénérationnelle de l’attachement, la continuité et la discontinuité développementale depuis les liens parentaux jusqu’aux relations de couple, ainsi que la dynamique des réorganisations affectives au cours des transitions de vie (comme l’entrée dans l’âge adulte, la parentalité ou le deuil).

Sur le plan clinique, l’ECR-RS constitue un outil de cartographie relationnelle exceptionnel. Il permet au praticien de repérer immédiatement les asymétries fonctionnelles au sein du réseau relationnel du patient. Un individu peut présenter un profil hautement sécure et confiant dans ses relations amicales, tout en manifestant une anxiété sévère d’abandon vis-à-vis de son partenaire amoureux, combinée à un évitement défensif massif envers ses figures parentales. En outre, une adaptation standardisée de l’outil a été développée pour évaluer l’attachement envers le thérapeute, fournissant une mesure directe de la sécurité de la relation thérapeutique et des projections transférentielles au cours du traitement psychologique.

5. Construit psychologique

L’ECR-RS repose sur la conceptualisation bidimensionnelle continue de l’attachement chez l’adulte, formellement modélisée par Brennan, Clark et Shaver (1998) et affinée par Fraley et ses collègues. Au lieu de classifier les individus dans des catégories discrètes étanches (comme sécure, préoccupé, détaché, craintif), l’outil évalue les positions individuelles le long de deux axes orthogonaux fondamentaux : l’Évitement de l’attachement (Attachment Avoidance) et l’Anxiété de l’attachement (Attachment Anxiety).

L’Évitement de l’attachement (Items 1 à 6)

La dimension d’évitement reflète le degré auquel un individu se méfie de la proximité interpersonnelle, s’efforce de maintenir une indépendance émotionnelle et supprime activement l’expression de sa vulnérabilité face à la cible relationnelle spécifiée. Dans le cadre de l’ECR-RS, cette dimension est investiguée par six items :

  • Recherche de soutien et partage de vulnérabilité (Items 1, 2, 3 et 4 – inversés) : Ces items quantifient la capacité du sujet à se tourner vers la figure d’attachement en cas de détresse (safe haven) et à s’appuyer sur elle comme base de sécurité. Un score élevé sur l’évitement (résultant d’un désaccord fort avec ces énoncés) traduit une stratégie de désactivation du système d’attachement : le sujet inhibe le besoin d’aide et refuse d’admettre ses difficultés.
  • Malaise face à l’intimité et rétention affective (Items 5 et 6) : Ces énoncés mesurent directement le malaise ressenti à l’idée d’ouvrir son monde intérieur et le choix explicite de dissimuler ses émotions profondes.

Un score élevé d’évitement envers une figure indique que la relation est marquée par la distance protectrice, le recours à l’autosuffisance compulsive et une réticence marquée à dépendre de l’autre.

L’Anxiété de l’attachement (Items 7 à 9)

La dimension d’anxiété capture le degré auquel un individu éprouve une préoccupation chronique quant à la disponibilité affective de l’autre, craint d’être abandonné ou rejeté, et doute de sa propre valeur aux yeux de la figure d’attachement. Cette dimension est capturée par trois énoncés cruciaux :

  • Item 7 : Inquiétude récurrente relative au fait que la personne ne se soucie pas réellement de soi.
  • Item 8 : Peur active et angoisse de la séparation ou de l’abandon.
  • Item 9 : Hypervigilance vis-à-vis de la réciprocité émotionnelle (la crainte que l’autre investisse moins d’amour que soi).

Un score élevé d’anxiété envers une cible spécifique signale une stratégie d’hyperactivation du système d’attachement : le sujet amplifie les signaux de détresse, recherche une réassurance permanente et demeure dans un état d’alerte constante quant à la stabilité du lien.

Les profils d’attachement dérivés

En croisant les scores d’évitement et d’anxiété obtenus pour une cible donnée (ou sur l’ensemble des cibles), il est possible de replacer le sujet dans la typologie classique à quatre quadrants définie par Bartholomew et Horowitz (1991) :

  • Attachement sécurisant (Sécurité) : Faible anxiété et faible évitement. L’individu est à l’aise avec la proximité affective, accorde sa confiance avec flexibilité et régule la détresse de manière adaptative.
  • Attachement préoccupé : Forte anxiété et faible évitement. Le sujet aspire intensément à la fusion affective mais est submergé par la peur du rejet.
  • Attachement évitant-détaché (Détachement) : Faible anxiété et fort évitement. L’individu maintient une autosuffisance défensive, réprime ses émotions et déprécie l’importance des liens intimes.
  • Attachement craintif-évitant : Forte anxiété et fort évitement. L’individu désire le lien mais le redoute profondément, anticipant la trahison ou la souffrance consécutive à l’abandon.

6. Cadre théorique

L’ECR-RS s’enracine profondément dans la théorie de l’attachement formulée par le psychiatre et psychanalyste britannique John Bowlby (1969, 1973, 1980) et prolongée par les travaux empiriques de Mary Ainsworth (1978). Bowlby a postulé que l’être humain dispose d’un système comportemental inné, sélectionné au cours de l’évolution, destiné à maintenir la proximité avec des donneurs de soins privilégiés afin d’assurer sa survie physique et sa sécurité émotionnelle.

Au fil des transactions récurrentes avec les figures d’attachement primaires, l’enfant intériorise des modèles internes opérants (Internal Working Models – IWM) de soi et d’autrui. Le modèle de soi encode le sentiment d’être digne d’amour ou vulnérable au rejet, tandis que le modèle d’autrui encode l’anticipation de la disponibilité, de la bienveillance et de la fiabilité des figures d’attachement. Selon Bowlby, ces modèles tendent vers la stabilité grâce à des mécanismes d’assimilation cognitive et de régulation défensive, devenant des structures organisatrices de la personnalité.

Dans les années 1980, Hazan et Shaver (1987) ont étendu cette perspective à la sphère adulte en démontrant que l’amour romantique fonctionne comme un processus d’attachement. Cependant, une interrogation théorique fondamentale a émergé : l’attachement chez l’adulte est-il un trait de personnalité unifié et monolithique, ou représente-t-il une collection hiérarchisée de schémas spécifiques à chaque lien significatif ?

L’ECR-RS repose explicitement sur le modèle hiérarchique de l’attachement développé par Collins et Read (1994) ainsi que par Overall, Fletcher et Friesen (2003). Selon cette modélisation, le réseau d’attachement d’un individu est structuré en plusieurs niveaux d’abstraction :

  1. Au sommet se trouve une représentation globale de l’attachement (un schéma par défaut appliqué aux nouvelles relations ou dans des contextes interpersonnels ambigus).
  2. Au niveau intermédiaire résident des représentations spécifiques à des domaines relationnels (la famille, les partenaires romantiques, les amis proches).
  3. À la base se situent les représentations spécifiques à des relations singulières (par exemple, la relation unique avec sa mère, celle avec son père ou celle avec son partenaire conjugal actuel).

L’ECR-RS formalise cette architecture théorique. En appliquant la même métrique d’évaluation à quatre figures centrales du réseau relationnel, l’instrument permet aux chercheurs et cliniciens d’étudier comment les représentations d’attachement spécifiques se construisent, se différencient et s’articulent avec le noyau général de l’identité relationnelle du sujet.

7. Validité

Les études de validation psychométrique de l’ECR-RS ont démontré une excellente validité sous ses multiples formes (construit, convergente, discriminante et prédictive), aussi bien dans les échantillons normatifs que dans les cohortes cliniques.

Validité de construit et structurelle

Dans l’étude princeps menée par Fraley, Heffernan, Vicary et Brumbaugh (2011) auprès d’un échantillon massif de plus de 21 000 participants collecté via Internet, l’analyse des composantes de la variance a révélé qu’environ 30 à 40 % de la variance des réponses est attribuable à un facteur global d’attachement commun à toutes les cibles, tandis que 60 à 70 % de la variance est strictement spécifique à chaque domaine relationnel. Cette décomposition confirme que les individus possèdent bel et bien des représentations différentielles selon les cibles, validant le postulat que l’attachement ne peut être réduit à un trait purement global sans perte substantielle d’information clinique.

Validité convergente

La validité convergente de l’ECR-RS a été établie par des corrélations robustes avec les instruments de référence préexistants :

  • Les scores d’évitement et d’anxiété amoureux mesurés par l’ECR-RS présentent une corrélation extrêmement élevée (typiquement (r > 0,85)) avec les dimensions correspondantes de l’ECR-R complet de 36 items, démontrant que la version brève à 9 items ne sacrifie pas la précision de mesure du domaine romantique.
  • Les scores d’attachement parental sur l’ECR-RS corrèlent de façon significative ((r = 0,50) à (0,68)) avec les échelles de l’Inventory of Parent and Peer Attachment (IPPA) et les dimensions du Parental Bonding Instrument (PBI).
  • Les dimensions d’anxiété corrèlent positivement avec le névrosisme du modèle en cinq facteurs (Big Five), tandis que l’évitement présente des corrélations négatives avec l’agréabilité et l’extraversion.

Validité discriminante

L’ECR-RS montre une excellente capacité à distinguer les cibles familiales des cibles amoureuses. Les corrélations entre l’attachement envers la mère et l’attachement envers le père sont modérées à fortes ((r pprox 0,45 – 0,60)), mais les corrélations entre l’attachement aux parents et l’attachement au partenaire amoureux sont faibles à modérées ((r pprox 0,20 – 0,35)). Cette différenciation démontre que l’outil ne capture pas simplement une tendance générale à répondre de façon positive ou négative, mais isole fidèlement la spécificité des dynamiques interactives vécues avec chaque figure.

Validité prédictive et écologique

L’ECR-RS prédit avec précision des critères relationnels et psychologiques majeurs :

  • La satisfaction conjugale, la communication au sein du couple et la probabilité de séparation sont spécifiquement prédites par les scores d’évitement et d’anxiété envers le partenaire amoureux, et non par les scores envers les parents.
  • Le bien-être subjectif et les symptômes dépressifs sont prédits à la fois par le facteur global d’attachement et par les profils d’attachement spécifiques aux pairs.
  • Dans le champ thérapeutique, l’évaluation de l’attachement au clinicien au moyen de l’ECR-RS prédit significativement la qualité de l’alliance thérapeutique et la réduction des symptômes au cours du suivi.

8. Fidélité

La fidélité psychométrique de l’ECR-RS a été éprouvée de manière répétée à travers des études longitudinales et transversales, garantissant une grande précision de mesure en dépit du nombre réduit d’items.

Consistance interne

Dans l’échantillon de validation originale de Fraley et al. (2011), les coefficients alpha de Cronbach se sont avérés très satisfaisants pour l’ensemble des cibles relationnelles :

  • Sous-échelle Évitement (6 items) :
    • Partenaire : (lpha = 0,87) à (0,91)
    • Mère : (lpha = 0,86) à (0,89)
    • Père : (lpha = 0,88) à (0,90)
    • Ami(e) : (lpha = 0,85) à (0,88)
  • Sous-échelle Anxiété (3 items) :
    • Partenaire : (lpha = 0,85) à (0,88)
    • Mère : (lpha = 0,83) à (0,86)
    • Père : (lpha = 0,84) à (0,87)
    • Ami(e) : (lpha = 0,80) à (0,84)

Le coefficient oméga de McDonald ((omega)), particulièrement recommandé pour les échelles courtes, confirme des niveaux de saturation factorielle cohérents supérieurs à 0,82 pour toutes les sous-échelles.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Les études longitudinales examinant la fidélité test-retest de l’ECR-RS sur des intervalles de deux semaines à six mois ont mis en évidence une stabilité substantielle :

  • Sur une période de 30 jours, les corrélations test-retest s’élèvent entre (r = 0,78) et (r = 0,86) pour les représentations parentales, qui se caractérisent par une forte cristallisation mnésique.
  • Pour le partenaire amoureux, la stabilité temporelle sur un intervalle de trois mois se situe autour de (r = 0,70) à (r = 0,75), reflétant à la fois la stabilité des modèles internes et la sensibilité normale de l’instrument aux événements de vie relationnels (conflits, ruptures ou réconciliations).

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle de l’ECR-RS a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies au moyen de la modélisation en équations structurelles.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) au niveau des cibles spécifiques

Au niveau de chaque figure relationnelle individuelle, les modèles à deux facteurs orthogonaux ou faiblement corrélés (Évitement et Anxiété) s’ajustent parfaitement aux données empiriques. Les indices d’ajustement rapportés dans la littérature sont remarquables :

  • Comparative Fit Index (CFI) : compris entre 0,96 et 0,99 ;
  • Tucker-Lewis Index (TLI) : compris entre 0,95 et 0,98 ;
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : compris entre 0,042 et 0,065 ;
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : inférieur à 0,045.

Les saturations factorielles standardisées ((lambda)) pour la dimension Évitement oscillent généralement entre 0,65 et 0,88 pour les items inversés (1 à 4) et entre 0,72 et 0,89 pour les items directs (5 et 6). Pour la dimension Anxiété, les trois items présentent des saturations massives comprises entre 0,75 et 0,92.

Modélisation bifactorielle et hiérarchique

Pour rendre compte de l’organisation conjointe des domaines, Fraley et ses collègues ont testé des structures hiérarchiques et multigroupes. Les analyses factorielles d’ordre supérieur (Higher-Order CFA) et les modèles bifactoriels démontrent que la variance totale peut être modélisée selon :

  1. Deux facteurs généraux d’attachement (Évitement Global et Anxiété Globale) qui traversent l’ensemble des relations ;
  2. Des facteurs spécifiques résiduels orthogonaux associés à chaque cible relationnelle (Mère, Père, Partenaire, Ami).

Ce patron confirme que l’ECR-RS possède l’invariance de mesure nécessaire pour autoriser des comparaisons directes de moyennes latentes entre différentes figures d’attachement chez le même individu.

10. Instrument de mesure

Le Questionnaire sur les structures relationnelles (ECR-RS) présente les caractéristiques opérationnelles suivantes :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou administration numérique (en ligne, sur tablette ou ordinateur).
  • Nombre total d’items : 9 items répétés pour chaque figure relationnelle (soit 36 items au total lors de l’administration du protocole complet à 4 cibles : mère, père, partenaire, ami).
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree).
  • Cibles relationnelles canoniques :
    • m : Mère ou figure maternelle (mother)
    • fa : Père ou figure paternelle (father)
    • p : Partenaire amoureux actuel ou précédent (partner)
    • fr : Meilleur(e) ami(e) ou pairs proches (friend)
    • th : Thérapeute ou professionnel du soin psychique (therapist, optionnel)
  • Procédure de cotation et de calcul des scores :
    • Inversion des scores : Les items 1, 2, 3 et 4 sont inversés. Pour inverser un item sur une échelle de 1 à 7, la formule est : ( ext{Score inversé} = 8 – ext{Score brut}).
    • Score d’Évitement spécifique : Moyenne arithmétique des items 1, 2, 3, 4 (inversés) ainsi que 5 et 6 : ( ext{Évitement} = rac{ ext{Item 1}_R + ext{Item 2}_R + ext{Item 3}_R + ext{Item 4}_R + ext{Item 5} + ext{Item 6}}{6}).
    • Score d’Anxiété spécifique : Moyenne arithmétique des items 7, 8 et 9 : ( ext{Anxiété} = rac{ ext{Item 7} + ext{Item 8} + ext{Item 9}}{3}).
    • Dimensions globales d’attachement : Obtenues en calculant la moyenne des scores d’évitement et la moyenne des scores d’anxiété sur l’ensemble des cibles relationnelles évaluées.
  • Temps de passation : Environ 5 à 8 minutes pour l’ensemble des quatre cibles relationnelles.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

Le Relationship Structures Questionnaire (ECR-RS) a été officiellement publié en 2011 dans la revue scientifique à comité de lecture Psychological Assessment éditée par l’American Psychological Association (APA).

Conformément aux principes de la science ouverte et à la volonté des auteurs, l’instrument est placé dans le domaine public académique pour une utilisation non commerciale à des fins de recherche scientifique, d’enseignement universitaire et de pratique clinique individuelle. Aucun droit d’auteur ni redevance financière n’est exigé pour son utilisation courante.

Les versions originales, les feuilles de score, les scripts statistiques de dépouillement (notamment pour R et SPSS) ainsi que les ressources associées sont mis gracieusement à la disposition de la communauté par le Professeur R. Chris Fraley sur son portail institutionnel de l’Université de l’Illinois (site officiel de Chris Fraley). Toute reproduction dans le cadre d’une publication scientifique exige néanmoins la citation appropriée de l’article princeps de 2011.

12. Références

  • Ainsworth, M. D. S., Blehar, M. C., Waters, E., & Wall, S. (1978). Patterns of attachment: A psychological study of the strange situation. Lawrence Erlbaum Associates.
  • Bartholomew, K., & Horowitz, L. M. (1991). Attachment styles among young adults: A test of a four-category model. Journal of Personality and Social Psychology, 61(2), 226–244. https://doi.org/10.1037/0022-3514.61.2.226
  • Bowlby, J. (1969). Attachment and loss: Vol. 1. Attachment. Basic Books.
  • Bowlby, J. (1973). Attachment and loss: Vol. 2. Separation: Anxiety and anger. Basic Books.
  • Bowlby, J. (1980). Attachment and loss: Vol. 3. Loss: Sadness and depression. Basic Books.
  • Brennan, K. A., Clark, C. L., & Shaver, P. R. (1998). Self-report measurement of adult attachment: An integrative overview. In J. A. Simpson & W. S. Rholes (Eds.), Attachment theory and close relationships (pp. 46–76). Guilford Press.
  • Collins, N. L., & Read, S. J. (1994). Cognitive representations of adult attachment: The structure and function of working models. In K. Bartholomew & D. Perlman (Eds.), Advances in personal relationships: Vol. 5. Attachment processes in adulthood (pp. 53–90). Jessica Kingsley Publishers.
  • Fraley, R. C., Heffernan, M. E., Vicary, A. M., & Brumbaugh, C. C. (2011). The Experiences in Close Relationships-Relationship Structures questionnaire: A method for assessing attachment orientations across relationships. Psychological Assessment, 23(3), 615–625. https://doi.org/10.1037/a0022898
  • Fraley, R. C., Waller, N. G., & Brennan, K. A. (2000). An item response theory analysis of self-report measures of adult attachment. Journal of Personality and Social Psychology, 78(2), 350–365. https://doi.org/10.1037/0022-3514.78.2.350
  • Hazan, C., & Shaver, P. (1987). Romantic love conceptualized as an attachment process. Journal of Personality and Social Psychology, 52(3), 511–524. https://doi.org/10.1037/0022-3514.52.3.511
  • Overall, N. C., Fletcher, G. J. O., & Friesen, M. D. (2003). Mapping the intimate relationship mind: Comparisons between attachment representations and global impressions. Journal of Personality and Social Psychology, 85(4), 667–684. https://doi.org/10.1037/0022-3514.85.4.667

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: This questionnaire is designed to assess the way in which you mentally represent or think about your relationships with significant people in your life. You'll be asked to answer questions about each of the following people: your mother, your father, your romantic partner, and your best friend. For each person, please rate how much you agree or disagree with each of the following statements.
Response Scale: 7-point Likert scale (1 = Strongly disagree to 7 = Strongly agree)
Scoring / Reverse Items: The questionnaire contains two subscales for each relational target:
– Avoidance: Items 1, 2, 3, 4, 5, and 6. Items 1, 2, 3, and 4 are reverse-scored.
– Anxiety: Items 7, 8, and 9 (none reverse-scored).
Target-specific avoidance is calculated by averaging items 1–6 (after reversing 1–4). Target-specific anxiety is calculated by averaging items 7–9. Global attachment dimensions can be calculated by averaging across all four relationship targets.
1

It helps to turn to this person in times of need.
2

I usually discuss my problems and concerns with this person.
3

I talk things over with this person.
4

I find it easy to depend on this person.
5

I don't feel comfortable opening up to this person.
6

I prefer not to show this person how I feel deep down.
7

I often worry that this person doesn't really care for me.
8

I'm afraid that this person may abandon me.
9

I worry that this person won't care about me as much as I care about him or her.
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Looti, M. (2026, octobre 3). Questionnaire sur les structures relationnelles (ECR-RS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-les-structures-relationnelles-ecr-rs/
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les structures relationnelles (ECR-RS).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-les-structures-relationnelles-ecr-rs/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les structures relationnelles (ECR-RS).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-les-structures-relationnelles-ecr-rs/.