Questionnaire sur les forces et les difficultés (SDQ) – enseignants

Analyse psychométrique détaillée du Questionnaire sur les forces et les difficultés (SDQ – teachers) de Robert Goodman pour enseignants : échelle, cotation, validité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

Le Questionnaire sur les forces et les difficultés (Strengths and Difficulties Questionnaire, SDQ), développé initialement par le pédopsychiatre britannique Robert Goodman en 1997, constitue l’un des instruments de dépistage comportemental et émotionnel les plus largement disséminés à l’échelle internationale. Conçu spécifiquement pour évaluer la santé mentale des enfants et des adolescents âgés de 2 à 17 ans, le SDQ se distingue des outils traditionnels, tels que la Child Behavior Checklist (CBCL) de Thomas Achenbach ou l’échelle de Rutter, par son inclusion équilibrée d’énoncés positifs portant sur les compétences psychosociales (forces) et de descriptions sémiologiques relatives aux difficultés psychopathologiques.

La version destinée aux enseignants (SDQ – teachers) permet de recueillir des observations écologiques précieuses émanant de professionnels de l’éducation observant l’enfant dans un contexte normé d’apprentissage et d’interactions avec ses pairs. L’instrument comporte 25 items répartis de manière équilibrée en cinq sous-échelles distinctes composées chacune de cinq énoncés :

  • Symptômes émotionnels (Emotional Symptoms) ;
  • Troubles des conduites (Conduct Problems) ;
  • Hyperactivité / Inattention (Hyperactivity/Inattention) ;
  • Problèmes relationnels avec les pairs (Peer Relationship Problems) ;
  • Comportement prosocial (Prosocial Behaviour).

Les réponses sont recueillies au moyen d’une échelle ordinale de type Likert à trois points (« Non vrai » [0], « Partiellement vrai » [1], « Tout à fait vrai » [2]). La somme des quatre premières sous-échelles génère un Score Total de Difficultés variant de 0 à 40, tandis que l’échelle prosociale est interprétée de façon indépendante pour refléter les ressources adaptatives. La version étendue intègre un supplément d’évaluation de l’impact (Impact Supplement), documentant la chronicité des difficultés, la détresse perçue chez l’élève, ainsi que le retentissement fonctionnel sur les apprentissages scolaires, les relations interpersonnelles et le fardeau imposé à l’enseignant ou au groupe-classe.

Sur le plan psychométrique, le SDQ pour enseignants affiche une consistance interne satisfaisante à excellente (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,70 et 0,88 selon les dimensions), une fidélité test-retest robuste et une validité concourante substantielle avec les critères diagnostiques de la CIM-10 et du DSM-5. Ses qualités métrologiques en font un outil incontournable dans le cadre du dépistage précoce en milieu scolaire, des études épidémiologiques et du suivi des interventions psychoéducatives.

2. Mots-clés

Questionnaire sur les forces et les difficultés, SDQ, évaluation scolaire, enseignants, psychopathologie de l’enfant, dépistage précoce, comportement prosocial, inattention et hyperactivité, troubles externalisés, troubles internalisés, psychométrie développementale.

3. Auteurs

Le Strengths and Difficulties Questionnaire a été conçu et validé par :

  • Robert Goodman, M.A., Ph.D., FRCPsych, pédopsychiatre et professeur émérite d’épidémiologie pédopsychiatrique au Department of Child and Adolescent Psychiatry, Institute of Psychiatry, Psychology & Neuroscience (IoPPN), King’s College London, Londres, Royaume-Uni.
  • Howard Meltzer, Ph.D., professeur de statistiques sociales et d’épidémiologie à l’Université de Leicester et ancien directeur au sein de l’Office for National Statistics (ONS), Royaume-Uni.
  • Valerie Bailey, M.D., clinicienne-chercheuse affiliée au Maudsley Hospital et à l’Institute of Psychiatry, King’s College London, Royaume-Uni.

Les correspondances méthodologiques et les demandes relatives aux autorisations institutionnelles sont coordonnées par le groupe de recherche via la plateforme académique officielle : sdqinfo.com (Youthinmind Ltd).

4. Objectif

L’objectif fondamental du SDQ pour enseignants est de fournir une mesure standardisée, rapide et multidimensionnelle de l’état émotionnel, comportemental et social de l’enfant ou de l’adolescent en contexte pédagogique. Le développement de l’outil répondait à la nécessité de remplacer les questionnaires comportementaux de Rutter (notamment l’échelle B2 pour enseignants), prédominants dans les années 1960 à 1980 mais critiqués pour leur orientation exclusivement déficitaire, leur faible sensibilité aux compétences positives et leur inadaptation partielle aux classifications diagnostiques contemporaines.

Applications cliniques et diagnostiques

En pratique clinique, l’enseignant constitue un observateur privilégié des manifestations symptomatiques qui n’apparaissent pas nécessairement dans l’environnement familial ou lors d’un entretien en tête-à-tête au cabinet. Le cadre scolaire impose des contraintes spécifiques en matière de régulation attentionnelle, d’inhibition motrice, de respect des consignes collectives et de négociation des conflits interpersonnels. Les observations de l’enseignant recueillies par le SDQ permettent :

  • Le repérage précoce du Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) à travers l’échelle Hyperactivité/Inattention ;
  • La détection des conduites d’opposition, des manifestations d’agressivité hétéro-agressive ou des transgressions caractéristiques du Trouble Oppositionnel avec Provocation (TOP) ou des Troubles des Conduites ;
  • La mise en évidence de souffrances internalisées discrètes, telles que l’anxiété de performance, les manifestations somatomorphes ou le repli dépressif, qui passent fréquemment inaperçues en classe ;
  • L’identification des phénomènes de harcèlement scolaire, qu’il s’agisse du statut de victime ou de celui d’agresseur au sein du groupe de pairs.

Applications épidémiologiques et psychoéducatives

Dans le domaine de la recherche en santé publique et en sciences de l’éducation, le SDQ est employé de façon prépondérante dans les enquêtes de prévalence à grande échelle pour caractériser les trajectoires de santé mentale des cohortes d’âge pédiatrique. Il sert également d’indicateur objectif d’efficacité (outcome measure) pour évaluer l’impact d’aménagements pédagogiques particuliers, de plans d’aide individualisés (PAI), de thérapies cognitivo-comportementales ou d’interventions de soutien à la parentalité et à la gestion de classe. Sa brièveté (remplissage en environ 5 à 10 minutes) minimise le fardeau des répondants, favorisant des taux de complétion élevés chez les enseignants en charge de classes nombreuses.

5. Construit psychologique

Le SDQ opérationnalise le fonctionnement psychosocial des enfants à travers cinq dimensions corrélées mais conceptuellement différenciées, intégrant à la fois des construits psychopathologiques et un pôle de compétences adaptatives.

Symptômes émotionnels (Items 3, 8, 13, 16, 24)

Cette sous-échelle évalue la composante internalisée de la détresse psychologique. Elle appréhende l’expression somatique de l’anxiété (plaintes fréquentes de céphalées, de maux de ventre ou de nausées sans cause organique évidente), la rumination cognitive et l’inquiétude envahissante (« Souvent inquiet »), l’humeur dysphorique et la tristesse (« Souvent malheureux, déprimé ou en larmes »), l’appréhension face à la nouveauté associée à une perte d’assurance, ainsi que l’hyperréactivité aux stimuli effrayants (peurs multiples). En milieu scolaire, cette dimension reflète l’inhibition anxieuse, l’anxiété de séparation et la détresse dépressive sous-jacente.

Troubles des conduites (Items 5, 7 inversé, 12, 18, 22)

Cette dimension capture le spectre des perturbations comportementales externalisées dirigées contre les personnes ou les normes établies. Les items ciblent les accès de colère colérique (« Perd souvent son calme »), la propension à défier l’autorité des adultes (« Souvent en dispute avec les adultes »), les altercations physiques et l’intimidation d’autrui (« Se bat souvent ou harcèle d’autres enfants »), ainsi que les comportements rancuniers, méchants ou vindicatifs. Dans les versions alternatives ou adaptées aux adolescents, cette sous-échelle englobe également les conduites antisociales larvées telles que le mensonge, la tricherie et le vol.

Hyperactivité / Inattention (Items 2, 10, 15, 21 inversé, 25 inversé)

Conçue en concordance étroite avec la sémiologie du TDAH telle que définie par le DSM et la CIM, cette sous-échelle examine la triade classique :

  • Agitation motrice : fébrilité motrice, incapacité à demeurer assis (« Remuant, hyperactif, ne tient pas en place ») et micromouvements constants (« Se tortille ou gigote sans cesse ») ;
  • Déficit attentionnel : distractibilité élevée, labilité de la concentration (« Facilement distrait ») et difficulté à maintenir l’effort cognitif jusqu’au terme de la tâche scolaire (« Persévère dans son travail ») ;
  • Impulsivité : déficit de régulation inhibitrice et incapacité à réfléchir posément avant d’agir (« Réfléchit avant d’agir »).

Problèmes relationnels avec les pairs (Items 6, 11 inversé, 14 inversé, 19, 23)

Cette sous-échelle quantifie l’isolement social et la dysfonction dans l’affiliation aux pairs du même âge. Elle mesure le repli solitaire volontaire ou subi (« Préfère jouer seul »), l’absence de relations d’amitié privilégiée (« A au moins un bon ami »), le manque de popularité ou de sympathie auprès des camarades (« Généralement apprécié par les autres »), la victimisation par les pairs (« Pris pour cible ou brimé ») et la tendance paradoxale à mieux s’entendre avec les adultes qu’avec les jeunes du même âge, indice fréquent d’inadaptation sociale.

Comportement prosocial (Items 1, 4, 9, 17, 20)

Contrairement aux quatre échelles précitées axées sur la morbidité, cette dimension isole les compétences altruistes et empathiques de l’enfant. Elle mesure la considération pour les sentiments d’autrui, la disposition spontanée au partage de matériel scolaire ou de friandises, le secours apporté à un individu blessé ou en détresse, la gentillesse envers les enfants plus jeunes, ainsi que la proposition spontanée d’aide aux enseignants ou aux camarades. Cette sous-échelle ne participe pas au calcul du score total de difficultés mais fournit une mesure cruciale des facteurs de protection et de la résilience socio-émotionnelle.

6. Cadre théorique

Le développement du SDQ s’inscrit au carrefour de la psychopathologie développementale et du courant de la psychologie positive.

Le modèle hiérarchique : internalisé versus externalisé

Le soubassement théorique du SDQ s’appuie largement sur les travaux pionniers de Thomas Achenbach et de l’approche taxonomique empirique en psychopathologie de l’enfant. Cette tradition postule l’existence de deux spectres macro-structurels de difficultés :

  • Le spectre internalisé (Internalising Problems) : regroupant les troubles anxieux, thymiques et somatiques, où la souffrance psychique est orientée vers l’intérieur du sujet. Au sein du SDQ, ce pôle est incarné par la fusion conceptuelle de la sous-échelle « Symptômes émotionnels » et de la sous-échelle « Problèmes relationnels avec les pairs ».
  • Le spectre externalisé (Externalising Problems) : réunissant les perturbations dirigées vers l’environnement extérieur, notamment l’agressivité, l’inhibition motrice déficitaire et la transgression des règles. Il regroupe au sein du SDQ les sous-échelles « Hyperactivité / Inattention » et « Troubles des conduites ».

Comme l’ont démontré Anna Goodman, Danielle Lamping et George Ploubidis (2010), l’utilisation de ces deux macro-dimensions s’avère particulièrement pertinente au sein des populations épidémiologiques générales ou non cliniques, où les corrélations inter-échelles sont élevées et où les facteurs sous-jacents reflètent une vulnérabilité globale de type internalisé ou externalisé.

L’intégration de la perspective des forces (Strengths-Based Approach)

Historiquement, l’évaluation pédopsychiatrique s’est focalisée de manière asymétrique sur les déficits et la symptomatologie clinique. L’innovation majeure de Robert Goodman a consisté à intégrer une perspective salutogénique. L’évaluation simultanée des compétences prosociales et des difficultés comportementales repose sur la théorie selon laquelle les forces personnelles agissent comme des variables modératrices face au stress et aux dysfonctionnements neurodéveloppementaux. Un enfant présentant un niveau élevé d’hyperactivité mais conservant d’excellentes aptitudes prosociales possède un pronostic social et éducatif significativement plus favorable qu’un pair dépourvu de ces compétences d’affiliation empathique.

7. Validité

Les propriétés métrologiques du SDQ version enseignants ont fait l’objet de centaines d’études de validation à travers le monde, confirmant sa validité de construit, de critère et de discrimination diagnostique.

Validité de construit et structurelle

La structure théorique en 5 facteurs a été corroborée dans de nombreuses cultures linguistiques. Les études démontrent que les items se regroupent de manière cohérente autour des concepts définis. Les corrélations entre les quatre dimensions pathologiques sont modérées à fortes (typiquement de r = 0,35 à r = 0,65), tandis que le comportement prosocial présente des corrélations négatives modérées avec les troubles des conduites (r ≈ -0,40) et les problèmes de pairs (r ≈ -0,30), confirmant la séparation théorique entre l’absence d’inconduite et la présence active d’altruisme.

Validité concourante et convergente

La validité convergente du SDQ – enseignants a été établie par sa confrontation avec la Teacher’s Report Form (TRF) du système ASEBA d’Achenbach et l’échelle Rutter B2 :

  • La sous-échelle Hyperactivité / Inattention corrèle fortement (r > 0,80) avec l’échelle d’Attention Problems de la TRF et les critères diagnostiques de l’ADHD Rating Scale ;
  • L’échelle Troubles des conduites présente une convergence élevée (r = 0,72 à 0,78) avec l’échelle Rule-Breaking/Aggressive Behavior de la TRF ;
  • L’échelle Symptômes émotionnels démontre des corrélations substantiellement élevées (r = 0,68 à 0,75) avec l’échelle Anxious/Depressed de la TRF.

Validité discriminante et diagnostique (Capacité prédictive)

L’efficacité du SDQ pour différencier les enfants de la population générale de ceux orientés vers des services de pédopsychiatrie (CAMHS) est robuste. Dans l’étude princeps de Goodman (1997) et les travaux subséquents sur de grands échantillons représentatifs britanniques (Goodman, 2001), les scores du SDQ enseignants prédisent avec précision les diagnostics cliniques formels :

  • Les scores situés au-delà du 90e percentile multiplient par un ratio de cotes (odds ratio) de 10 à 15 la probabilité d’un diagnostic pédopsychiatrique formel ;
  • L’échelle de cotation combinée (parents + enseignants) offre une sensibilité de 80 à 85 % et une spécificité supérieure à 90 % pour les troubles hyperkinétiques et les troubles des conduites ;
  • Le supplément d’impact améliore considérablement la valeur prédictive positive de l’outil, éliminant les faux positifs caractérisés par des comportements perturbateurs transitoires mais non invalidants.

8. Fidélité

La consistance interne et la stabilité temporelle du SDQ enseignants présentent des indicateurs psychométriques particulièrement robustes, souvent supérieurs à ceux obtenus par la version auto-rapportée par les adolescents en raison de l’objectivité du regard enseignant.

Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’enquête épidémiologique nationale britannique menée sur plus de 10 000 sujets (Goodman, 2001), ainsi que dans les méta-analyses subséquentes (Stone et al., 2010), les coefficients alpha de Cronbach pour la version enseignants s’établissent comme suit :

  • Score Total de Difficultés : α = 0,82 à 0,88 (indiquant une excellente fiabilité globale) ;
  • Hyperactivité / Inattention : α = 0,84 à 0,88 ;
  • Symptômes émotionnels : α = 0,73 à 0,78 ;
  • Troubles des conduites : α = 0,70 à 0,76 ;
  • Comportement prosocial : α = 0,80 à 0,85 ;
  • Problèmes relationnels avec les pairs : α = 0,65 à 0,73. (Cette dimension affiche parfois des valeurs légèrement inférieures en raison de la nature hétérogène des items qui combinent isolement passif, victimisation et préférence pour les adultes).

Fidélité test-retest et fidélité inter-évaluateurs

La stabilité temporelle à court et moyen terme (intervalle de 2 à 4 semaines) est élevée, avec des coefficients de corrélation intraclasse (ICC) compris entre 0,75 et 0,90 selon les sous-échelles. Sur une année scolaire complète, la stabilité des scores d’hyperactivité et de troubles des conduites demeure modérément élevée (r = 0,60 à 0,70), reflétant la chronicité des troubles externalisés. La fidélité inter-juges (accord entre deux enseignants distincts évaluant le même élève) montre des corrélations moyennes à élevées (r oscillant entre 0,55 et 0,70), surpassant systématiquement les taux de concordance observés entre parents et enseignants (généralement situés entre 0,30 et 0,45), ce qui s’explique par la similarité du contexte situationnel partagé par les équipes éducatives.

9. Analyse factorielle

La structure sous-jacente du SDQ a été minutieusement décortiquée par des procédures d’Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) et d’Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC).

Modèle à cinq facteurs de premier ordre

Dans les études initiales de Goodman (1997, 2001) et les réplications ultérieures à travers l’Europe, l’Asie et les Amériques, l’AFC a confirmé l’adéquation du modèle théorique à 5 facteurs orthogonaux ou obliques. Les indices d’ajustement respectent généralement les critères psychométriques reconnus :

  • Le Comparative Fit Index (CFI) et le Tucker-Lewis Index (TLI) dépassent régulièrement le seuil de 0,90 à 0,95 ;
  • Le Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) se situe habituellement sous la barre des 0,05 ou 0,06 ;
  • Les saturations factorielles (factor loadings) des items sur leurs facteurs respectifs sont substantiellement élevées, majoritairement comprises entre 0,55 et 0,85. Notamment, les items de l’échelle Hyperactivité (ex. item 2 « Restless, overactive » et item 10 « Constantly fidgeting ») saturent fréquemment au-delà de 0,75.

Le modèle bifactoriel et les solutions hiérarchiques

Des travaux méthodologiques récents (Goodman, Lamping & Ploubidis, 2010) ont démontré que dans les populations scolaires générales à faible prévalence clinique, une modélisation hiérarchique ou bifactorielle est particulièrement ajustée :

  • Un facteur général de psychopathologie (facteur p) capte la variance partagée par l’ensemble des 20 items de difficultés ;
  • Deux macro-facteurs d’ordre supérieur : Troubles internalisés (fusionnant les items émotionnels et de pairs) et Troubles externalisés (regroupant les items de conduite et d’hyperactivité) ;
  • Les 5 sous-échelles d’origine subsistent en tant que facteurs de groupe spécifiques conservant une variance propre non expliquée par les facteurs généraux.

Dans la pratique clinique, la distinction en 5 sous-échelles reste privilégiée car elle fournit un profilage fonctionnel directement transposable en cibles d’intervention spécifiques.

10. Instrument de mesure

L’évaluation par le SDQ – enseignants s’organise selon un protocole strict de passation et de dépouillement :

  • Type de test : Hétéro-questionnaire standardisé de dépistage comportemental, émotionnel et social (rapport de l’enseignant / Teacher Report).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou administration numérique informatisée en ligne.
  • Population cible : Enfants et adolescents scolarisés âgés de 2 à 4 ans (version préscolaire adaptée) ou de 4 à 17 ans (version standard).
  • Durée de passation : Environ 5 à 10 minutes par élève.
  • Nombre d’items : 25 items fondamentaux + 5 items du supplément d’impact (optionnel mais fortement recommandé).
  • Format de réponse : Échelle de Likert à 3 modalités ordonnées :
    • Non vrai (Not True)
    • Partiellement vrai (Somewhat True)
    • Tout à fait vrai (Certainly True)
  • Cotation et inversion des items : Les items sont cotés de 0 à 2. La majorité des items reflétant des difficultés sont cotés : 0 = Non vrai, 1 = Partiellement vrai, 2 = Tout à fait vrai. Cinq items formulés positivement font l’objet d’une inversion de cotation (0 = Tout à fait vrai, 1 = Partiellement vrai, 2 = Non vrai) :
    • Item 7 : « Généralement obéissant… » (Troubles des conduites)
    • Item 11 : « A au moins un bon ami » (Problèmes relationnels avec les pairs)
    • Item 14 : « Généralement apprécié des autres… » (Problèmes relationnels avec les pairs)
    • Item 21 : « Réfléchit avant d’agir » (Hyperactivité / Inattention)
    • Item 25 : « Persévère dans son travail… » (Hyperactivité / Inattention)
  • Calcul des scores :
    • Chacune des cinq sous-échelles génère un score compris entre 0 et 10 points.
    • Le Score Total de Difficultés est calculé en sommant les scores des quatre échelles de difficultés (Émotionnel + Conduites + Hyperactivité + Pairs), variant ainsi de 0 à 40 points.
    • Le score de Comportement prosocial s’échelonne de 0 à 10 points mais n’est jamais additionné au total de difficultés.
  • Catégorisation normative (Seuils d’interprétation originaux à trois bandes) :
    • Proche de la moyenne / Normal : Score total de difficultés de 0 à 11 points (environ 80 % de la population générale) ;
    • Limite / Borderline : Score de 12 à 15 points (environ 10 % de la population) ;
    • Anormal / Cliniquement significatif : Score de 16 à 40 points (les 10 % supérieurs de la distribution). Des catégorisations plus récentes à 4 bandes (« Normal », « Limite », « Élevé », « Très élevé ») ont également été introduites par les auteurs.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

Le Strengths and Difficulties Questionnaire a été publié initialement en 1997 par Robert Goodman. Les droits de propriété intellectuelle et le copyright sont détenus par l’auteur et Youthinmind Ltd.

  • Politique de gratuité pour la recherche et la pratique clinique : Les versions papier du questionnaire, les formulaires téléchargeables au format PDF et les clés de cotation manuelles sont mis à disposition gratuitement pour la pratique clinique courante, la médecine scolaire, l’enseignement et la recherche académique non lucrative. Les formulaires sont accessibles en plus de 80 langues sur le site officiel de l’instrument.
  • Restrictions d’usage : Il est strictement interdit de modifier le libellé des énoncés, de changer l’ordre des items, de supprimer le copyright ou d’intégrer les items du SDQ dans des logiciels propriétaires ou des plateformes commerciales sans accord écrit préalable.
  • Services informatisés payants : L’utilisation du système de passation en ligne automatisé et de scoring individualisé (SDQscore / Youthinmind) fait l’objet d’une tarification modique par évaluation pour couvrir les frais de maintenance des serveurs sécurisés et de génération automatique de rapports narratifs.

12. Références

  • Goodman, R. (1997). The Strengths and Difficulties Questionnaire: A research note. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 38(5), 581-586. https://doi.org/10.1111/j.1469-7610.1997.tb01545.x
  • Goodman, R., Meltzer, H., & Bailey, V. (1998). The Strengths and Difficulties Questionnaire: A pilot study on the validity of the self-report version. European Child and Adolescent Psychiatry, 7(3), 125-130. https://doi.org/10.1007/s007870050057
  • Goodman, R. (1999). The extended version of the Strengths and Difficulties Questionnaire as a guide to child psychiatric caseness and consequent burden. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 40(5), 791-801. https://doi.org/10.1111/1469-7610.00494
  • Goodman, R. (2001). Psychometric properties of the Strengths and Difficulties Questionnaire. Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 40(11), 1337-1345. https://doi.org/10.1097/00004583-200111000-00015
  • Goodman, A., Lamping, D. L., & Ploubidis, G. B. (2010). When to use broader internalising and externalising subscales instead of the hypothesised five subscales on the Strengths and Difficulties Questionnaire (SDQ): Data from British parents, teachers and children. Journal of Abnormal Child Psychology, 38(8), 1179-1191. https://doi.org/10.1007/s10802-010-9434-x
  • Stone, L. L., Otten, R., Engels, R. C., Vermulst, A. A., & Janssens, J. M. (2010). Psychometric properties of the parent and teacher versions of the Strengths and Difficulties Questionnaire for 4-to 12-year-olds: A review. Clinical Child and Family Psychology Review, 13(3), 254-274. https://doi.org/10.1007/s10567-010-0071-2

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Considerate of other people's feelings
2

Restless‚ overactive‚ cannot stay still for long
3

Often complains of headaches‚ stomach-aches or sickness
4

Shares readily with other children‚ for example toys‚ treats‚ pencils
5

Often loses temper
6

Rather solitary‚ prefers to play alone
7

Generally well behaved‚ usually does what adults request
8

Many worries or often seems worried
9

Helpful if someone is hurt‚ upset or feeling ill
10

Constantly fidgeting or squirming
11

Has at least one good friend
12

Often fights with other children or bullies them
13

Often unhappy‚ depressed or tearful
14

Generally liked by other children
15

Easily distracted‚ concentration wanders
16

Nervous or clingy in new situations‚ easily loses confidence
17

Kind to younger children
18

Often argumentative with adults
19

Picked on or bullied by other children
20

Often offers to help others (parents‚ teachers‚ other children)
21

Can stop and think things out before acting
22

Can be spiteful to others
23

Gets along better with adults than with other children
24

Many fears‚ easily scared
25

Good attention span‚ sees work through to the end
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Questionnaire sur les forces et les difficultés (SDQ) – enseignants. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-les-forces-et-les-difficultes-sdq-enseignants/
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les forces et les difficultés (SDQ) – enseignants.” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-les-forces-et-les-difficultes-sdq-enseignants/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les forces et les difficultés (SDQ) – enseignants.” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-les-forces-et-les-difficultes-sdq-enseignants/.