Questionnaire sur les comportements sociaux

Guide psychométrique et clinique complet du Questionnaire sur les comportements sociaux (SBQ), mesurant les comportements de sécurité dans l’anxiété sociale selon le modèle de Clark et Wells.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire sur les comportements sociaux (en anglais, Social Behaviour Questionnaire ou SBQ) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu à l’origine dans le cadre des travaux de recherche translationnelle en thérapie cognitivo-comportementale (TCC) sur l’anxiété sociale (Clark & Wells, 1995 ; Wells et al., 1995). Cet outil a pour finalité première d’identifier, d’opérationnaliser et de quantifier la fréquence d’utilisation des « comportements de sécurité » (safety behaviours) adoptés par les individus confrontés à des situations sociales anxiogènes ou lors de l’anticipation de telles situations. Selon le modèle cognitif canonique de l’anxiété sociale, ces manœuvres comportementales et cognitives, bien qu’initiées dans l’intention de prévenir la survenue d’une catastrophe sociale redoutée (par exemple, bégayer, rougir excessivement ou paraître incompétent), exercent un effet paradoxal : elles empêchent la désinvalidation des croyances dysfonctionnelles, augmentent l’auto-focalisation de l’attention et altèrent fréquemment la performance relationnelle objective.

L’instrument comporte 28 items spécifiques formulés sous la forme d’actions concrètes (par exemple, « Boire de l’alcool pour gérer l’anxiété », « Répéter mentalement des phrases », « Éviter le contact visuel »). Les participants évaluent la fréquence d’apparition de chaque comportement sur une échelle ordinale de type Likert en 4 points, allant de « Jamais » (0) à « Toujours » (3). Du point de vue structurel, les analyses factorielles révèlent généralement une organisation multidimensionnelle sous-jacente comprenant des facteurs distincts tels que les comportements d’évitement et de discrétion, les stratégies de contrôle somatique et d’occultation des symptômes physiologiques, et les efforts de surveillance ou de contrôle verbal. Sur le plan psychométrique, le SBQ démontre une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,85 et 0,93 pour l’échelle globale dans les échantillons cliniques et non cliniques. Sa fidélité test-retest s’avère satisfaisante, et sa validité convergente est solidement établie par de fortes corrélations positives avec des instruments de référence tels que la Social Phobia Scale (SPS), le Social Interaction Anxiety Scale (SIAS) et la Liebowitz Social Anxiety Scale (LSAS). En outre, l’échelle possède une excellente sensibilité au changement thérapeutique, ce qui en fait un outil de premier plan tant pour la recherche empirique que pour l’évaluation et la conceptualisation de cas en pratique clinique cognitivo-comportementale.

2. Mots-clés / Keywords

Questionnaire sur les comportements sociaux, anxiété sociale, comportements de sécurité, thérapie cognitivo-comportementale, modèle de Clark et Wells, psychométrie, évitement cognitif, auto-focalisation, validation d’échelle, évaluation clinique

3. Auteurs / Authors

Le développement initial du Social Behaviour Questionnaire s’inscrit dans les travaux pionniers menés par le professeur David M. Clark (Université d’Oxford, Département de psychologie expérimentale) et le professeur Adrian Wells (Université de Manchester), en collaboration étroite avec des cliniciens et chercheurs tels que Gillian Butler, Freda McManus et Colette R. Hirsch. Ces chercheurs ont formellement articulé le rôle central des comportements de sécurité au sein du modèle cognitif du trouble anxiété sociale publié en 1995.

  • David M. Clark, DPhil : Professeur émérite de psychologie expérimentale, Department of Experimental Psychology, University of Oxford, Oxford, Royaume-Uni. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Adrian Wells, PhD : Professeur de psychologie clinique et thérapie métacognitive, Division of Psychology and Mental Health, School of Health Sciences, University of Manchester, Manchester, Royaume-Uni.
  • Gillian Butler, PhD : Psychologue clinicienne consultante, Oxford Health NHS Foundation Trust, Oxford, Royaume-Uni.
  • Freda McManus, DPhil : Chercheuse et clinicienne, Oxford Cognitive Therapy Centre (OCTC), Oxford, Royaume-Uni.
  • Colette R. Hirsch, PhD : Professeure de psychologie clinique, Institute of Psychiatry, Psychology & Neuroscience (IoPPN), King’s College London, Londres, Royaume-Uni.

4. Objectif / Purpose

Le Questionnaire sur les comportements sociaux a été élaboré pour combler un vide méthodologique et diagnostique fondamental dans l’évaluation empirique du trouble d’anxiété sociale (TAS). Historiquement, les questionnaires psychométriques ciblaient quasi exclusivement l’intensité de la peur ressentie dans diverses situations d’interaction ou de performance (mesurée par exemple par la Social Avoidance and Distress Scale ou l’échelle de Liebowitz). Cependant, aucune échelle standardisée ne permettait de cartographier de manière fine les stratégies d’adaptation idiosyncrasiques déployées en temps réel par les patients pour neutraliser la menace d’un jugement négatif. Le SBQ a donc pour objectif explicite d’identifier, de quantifier et de suivre l’évolution des comportements de sécurité ouverts (comportementaux) et manifestes (cognitifs et attentionnels).

En contexte clinique, le SBQ répond à plusieurs nécessités thérapeutiques majeures :

  • Conceptualisation cognitive individualisée : Il permet au clinicien de dresser une cartographie précise des manœuvres adoptées par le patient lors d’échanges interpersonnels ou de prise de parole en public (par exemple, s’agripper fortement à un verre pour masquer un tremblement, répéter mentalement ses phrases, ou éviter le regard).
  • Planification des expériences comportementales : Dans la démarche thérapeutique TCC, le SBQ sert de point de départ pour concevoir des expériences comportementales ciblées visant à tester l’utilité réelle de ces stratégies. Le thérapeute invite le patient à exécuter une tâche sociale « avec » puis « sans » son comportement de sécurité habituel afin de constater l’effet immédiat sur l’anxiété, la charge cognitive et le retour social perçu.
  • Mesure de la réponse au traitement : Puisque l’abandon des comportements de sécurité constitue l’un des médiateurs prépondérants de la rémission clinique et de la restructuration des schémas d’incompétence, le SBQ constitue un baromètre hautement sensible du progrès thérapeutique au fil des séances.

Dans le domaine de la recherche, l’instrument est abondamment utilisé pour tester les hypothèses dérivées des théories du traitement de l’information sociale. Il permet d’étudier comment ces comportements interagissent avec le traitement auto-focalisé (self-focused attention), la remémoration post-événementielle (post-event rumination) et la formation d’impressions négatives chez les interlocuteurs. En quantifiant précisément la propension d’un participant à employer des stratégies d’inhibition ou de surcompensation, les chercheurs peuvent distinguer les profils d’anxiété sociale généralisée des formes spécifiques et évaluer les corrélats neurobiologiques et cognitifs associés au contrôle inhibiteur dysfonctionnel.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par le Questionnaire sur les comportements sociaux est celui des comportements de sécurité (safety-seeking behaviours), un concept théorique issu initialement des travaux de Salkovskis (1991) sur le trouble panique et les obsessions, puis transposé et affiné par Clark et Wells (1995) dans le cadre de l’anxiété sociale. Les comportements de sécurité désignent des actes délibérés, moteurs ou mentaux, exécutés par un individu dans l’optique d’échapper à une issue catastrophique anticipée, de masquer des symptômes d’activation physiologique perceptibles ou d’atténuer la probabilité d’une évaluation sociale défavorable.

Ce construit s’articule autour de plusieurs facettes comportementales et cognitives bien documentées :

1. Stratégies de discrétion et d’évitement interpersonnel actif

Ces manifestations visent à minimiser l’impact visuel et auditif de la personne au sein de l’environnement social. L’individu cherche à se fondre dans le décor afin de ne pas attirer l’attention sur ses insuffisances supposées. Les items emblématiques de cette dimension incluent le fait de se positionner en retrait dans les groupes, de s’abstenir de poser des questions, d’éviter le contact visuel direct, de parler le moins possible et de limiter scrupuleusement les confidences personnelles. L’hypothèse sous-jacente est : « Si personne ne me remarque, personne ne découvrira mes faiblesses ».

2. Tentatives de contrôle et de dissimulation somatique

La phobie sociale s’accompagne d’une vive angoisse quant à la visibilité des réponses du système nerveux autonome (rougeurs, sueurs profuses, tremblements des mains ou de la voix). Les comportements de sécurité associés se manifestent par des actions physiques destinées à bloquer ou camoufler ces indices physiologiques : serrer fermement un verre ou une tasse pour neutraliser un tremblement digital, porter des vêtements amples ou sombres pour dissimuler la transpiration, utiliser du maquillage épais pour masquer l’érythème facial, ou tenter de garder une immobilité corporelle rigide.

3. Régulation et surcontrôle de la performance verbale

Cette dimension regroupe les opérations cognitives et communicatives axées sur la maîtrise absolue du contenu linguistique. L’individu consacre des ressources attentionnelles considérables à répéter préalablement ses phrases dans sa tête, à censurer ses propos, à éviter les silences perçus comme menaçants, ou à l’inverse, à poser une multitude de questions à autrui pour détourner l’attention de sa propre personne. Ce surcontrôle crée un coût cognitif lourd qui altère la fluidité et la spontanéité relationnelles.

4. Auto-surveillance et désengagement mental

Le sujet surveille en permanence la façon dont il pense apparaître aux yeux d’autrui, s’observant pour ainsi dire de l’extérieur (perspective de l’observateur). Lorsqu’un niveau d’anxiété intolérable est atteint, certaines personnes recourent au décrochage mental (« faire le vide », « se déconnecter ») ou à l’ingestion de substances psychoactives, notamment l’alcool, pour anesthésier le signal d’alarme émotionnel.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique structurant le SBQ repose sur le modèle cognitif de l’anxiété sociale formulé par David M. Clark et Adrian Wells en 1995, qui constitue l’un des cadres contemporains les plus influents en psychopathologie cognitive. Ce modèle s’appuie sur la prémisse selon laquelle les sujets souffrant d’anxiété sociale abordent les interactions sociales avec un ensemble de croyances dysfonctionnelles fondamentales portant sur eux-mêmes (« Je suis ennuyeux », « Je suis inférieur », « Si les autres me voient anxieux, ils me mépriseront ») et sur les exigences du monde social (« Je dois paraître parfaitement compétent et calme en toute circonstance »).

Lorsqu’un individu socialement anxieux perçoit une situation sociale comme menaçante, une cascade de traitements cognitifs aberrants s’enclenche :

  • Changement d’allocation attentionnelle vers l’auto-focalisation : L’attention se détourne de l’observation objective des partenaires d’interaction et de l’environnement pour se focaliser de façon intense sur les sensations internes, les pensées automatiques négatives et l’image mentale de soi.
  • Construction d’une image de soi négative (la « perspective de l’observateur ») : Le sujet utilise ses sensations viscérales (chaleur cutanée, tremblements, palpitations) pour déduire de façon erronée son apparence extérieure, construisant une représentation visuelle déformée où il s’imagine ridicule, transpirant ou manifestement incompétent (raisonnement émotionnel : « Je le ressens ainsi, donc les autres me voient ainsi »).
  • Déploiement des comportements de sécurité : Pour prévenir les conséquences catastrophiques déduites de cette image, le patient engage les comportements mesurés par le SBQ.

Le modèle de Clark et Wells postule que ces comportements de sécurité sont intrinsèquement contre-productifs et représentent le principal mécanisme de maintien de la pathologie pour quatre raisons théoriques majeures :

  1. L’absence de désinvalidation des croyances (disconfirmation failure) : Si la catastrophe sociale redoutée ne survient pas, l’individu n’attribue pas cette issue favorable à la bénignité de la situation ou à sa propre acceptabilité naturelle, mais exclusivement au fait qu’il a appliqué son comportement de sécurité (« J’ai survécu à cette réunion uniquement parce que j’ai soigneusement répété chaque phrase avant d’ouvrir la bouche »). Les croyances négatives sous-jacentes restent ainsi intactes.
  2. L’exacerbation de la focalisation interne : L’exécution méticuleuse d’un comportement de sécurité (comme vérifier sans cesse l’impression que l’on produit ou contrôler ses tremblements) accapare une part prépondérante des ressources de la mémoire de travail, ce qui aggrave l’auto-surveillance interne et empêche le traitement des indices sociaux bienveillants ou neutres émis par autrui.
  3. L’aggravation directe des symptômes redoutés : L’effort surhumain consenti pour stabiliser une main qui tremble ou pour s’empêcher de transpirer augmente la tension motrice et l’activation sympathique, ce qui décuple précisément les secousses musculaires et la production sudorale.
  4. La dégradation des signaux sociaux objectifs : En évitant le regard, en répondant par monosyllabes ou en maintenant une posture rigide, l’individu anxieux peut paraître froid, distant, désintéressé ou hostile. Les interlocuteurs réagissent souvent en écourtant l’échange ou en espaçant leurs sollicitations, fournissant ainsi une fausse « confirmation » aux craintes initiales de rejet.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité du Social Behaviour Questionnaire ont fait l’objet de nombreuses investigations empiriques menées auprès de populations d’adultes présentant un diagnostic clinique de phobie sociale / trouble anxiété sociale établi par entretien structuré (SCID), ainsi qu’auprès d’échantillons non cliniques d’étudiants et de membres de la communauté.

Validité convergente

La validité convergente du SBQ est établie par des corrélations positives statistiquement significatives et de forte intensité avec les instruments reconnus mesurant la sévérité de l’anxiété sociale. Les études menées par Clark et al. (1995), Wells et al. (1995), McManus et al. (2008) et Hirsch et al. (2003) rapportent de manière constante des corrélations de Pearson élevées entre le score global du SBQ et :

  • La Social Interaction Anxiety Scale (SIAS) : $r = 0,65$ à $0,78$ ($p < 0,001$).
  • La Social Phobia Scale (SPS) : $r = 0,60$ à $0,74$ ($p < 0,001$).
  • L’échelle d’anxiété sociale de Liebowitz (Liebowitz Social Anxiety Scale, LSAS) : $r = 0,58$ à $0,72$ ($p < 0,001$).
  • La Brief Fear of Negative Evaluation Scale (BFNE) : $r = 0,55$ à $0,68$ ($p < 0,001$).

Validité discriminante

La validité discriminante a été confirmée en confrontant les scores du SBQ à des échelles évaluant d’autres troubles anxieux ou la dépression générale. Bien que l’anxiété sociale présente une comorbidité fréquente avec les symptômes dépressifs, les corrélations entre le SBQ et le Beck Depression Inventory (BDI-II) se situent à des niveaux modérés ($r = 0,35$ à $0,48$), nettement inférieurs aux corrélations observées avec les échelles de phobie sociale. De surcroît, le SBQ discrimine de manière robuste les individus atteints de trouble anxiété sociale des sujets souffrant d’autres troubles anxieux (comme le trouble panique ou le trouble d’anxiété généralisée) et des témoins sains appariés ($F > 85,0$, $p < 0,001$), les patients socialement anxieux présentant des scores moyens substantiellement plus élevés.

Validité prédictive et sensibilité au changement thérapeutique

Une des forces psychométriques les plus remarquables du SBQ réside dans sa validité prédictive au cours des protocoles d’intervention cognitivo-comportementale. Dans les essais cliniques randomisés conduits par l’équipe d’Oxford (Clark et al., 2003, 2006 ; Mörtberg et al., 2007), la diminution des scores au SBQ au cours des premières semaines de prise en charge prédit significativement la réduction ultérieure de la symptomatologie anxieuse globale et le maintien des gains thérapeutiques au suivi à un an. Les tailles d’effet (d de Cohen) observées pré- et post-traitement pour le score total du SBQ dépassent fréquemment $1,4$, attestant d’une sensibilité au changement thérapeutique exceptionnelle.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité du Questionnaire sur les comportements sociaux atteste de la précision et de la stabilité métrologique de ses mesures à travers divers contextes d’administration.

Cohérence interne

La cohérence interne de l’échelle totale de 28 items est systématiquement excellente dans la littérature scientifique. L’indice alpha de Cronbach ($lpha$) atteint généralement :

  • $lpha = 0,91$ à $0,93$ au sein de cohortes cliniques de patients répondant aux critères diagnostiques du DSM-IV ou du DSM-5 pour le trouble anxiété sociale (McManus et al., 2008 ; Clark et al., 2006).
  • $lpha = 0,86$ à $0,89$ au sein d’échantillons universitaires non cliniques (Hirsch et al., 2003 ; Voncken et al., 2006).

Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent en grande majorité entre $0,35$ et $0,70$, aucun item n’affaiblissant de manière substantielle la cohérence globale en cas de suppression, ce qui confirme que l’ensemble des énoncés contribue de façon harmonieuse au domaine conceptuel sous-jacent.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La fidélité test-retest a été documentée sur des intervalles variant de deux à quatre semaines chez des sujets en liste d’attente ou des populations étudiantes n’ayant reçu aucune intervention thérapeutique. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de corrélation test-retest de Pearson sont rigoureusement supérieurs à $0,80$ (généralement compris entre $r = 0,82$ et $r = 0,88$, $p < 0,001$). Cette stabilité témoigne du fait que les comportements de sécurité constituent des répertoires de coping habituels et relativement durables en l’absence de restructuration cognitive et d’expérimentation thérapeutique ciblée.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Bien que le SBQ ait été initialement utilisé comme un score unitaire représentatif de la charge globale de comportements de sécurité, plusieurs investigations psychométriques ont examiné sa structure dimensionnelle au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Les analyses factorielles exploratoires menées avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) convergent généralement vers une structure à 3 ou 4 facteurs principaux expliquant entre 42 % et 54 % de la variance totale des scores :

  • Facteur 1 : Évitement actif et retrait social (Inhibition)
    Ce facteur regroupe les items relatifs à la minimisation de la présence dans l’espace social. On y retrouve des saturations élevées pour les items « Éviter le contact visuel » ($lambda > 0,65$), « Parler moins » ($lambda > 0,62$), « Éviter de poser des questions » ($lambda > 0,58$), « Éviter de parler de soi » ($lambda > 0,55$) et « Rester en marge des groupes » ($lambda > 0,68$).
  • Facteur 2 : Contrôle et dissimulation des signes physiologiques
    Ce facteur rassemble les conduites destinées à endiguer l’expression somatique de la peur : « Tenter de contrôler les tremblements » ($lambda > 0,72$), « Serrer fermement les tasses ou les verres » ($lambda > 0,70$), « Choisir des vêtements pour empêcher ou dissimuler la transpiration » ($lambda > 0,64$), « Porter des vêtements ou du maquillage pour cacher les rougeurs » ($lambda > 0,60$) et « Rester immobile » ($lambda > 0,51$).
  • Facteur 3 : Surcontrôle cognitif et préparation verbale
    Ce domaine comprend les manœuvres mentales de régulation du flux discursif : « Répéter des phrases dans son esprit » ($lambda > 0,66$), « Censurer ce que l’on va dire » ($lambda > 0,64$), « Faire un effort pour trouver les mots justes » ($lambda > 0,59$) et « Éviter les pauses dans le discours » ($lambda > 0,52$).
  • Facteur 4 : Auto-surveillance et gestion de l’image (Monitoring externe perçu)
    Regroupant des items tels que « Vérifier que l’on produit une bonne impression » ($lambda > 0,61$), « Essayer de visualiser la façon dont on apparaît aux yeux des autres » ($lambda > 0,63$) et « Essayer de garder un contrôle strict de son comportement » ($lambda > 0,57$).

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les modèles d’AFC ont comparé des structures unifactorielles, des structures à facteurs indépendants et des modèles hiérarchiques ou bifactoriels. Le modèle hiérarchique — composé d’un facteur général de second ordre (Comportements de sécurité globaux) sous-tendant les sous-dimensions de premier ordre — offre systématiquement un ajustement supérieur aux données empiriques par rapport au modèle strictement unidimensionnel :

  • $\chi^2 / ext{ddl} < 2,5$
  • CFI (Comparative Fit Index) $ge 0,92$
  • TLI (Tucker-Lewis Index) $ge 0,90$
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) $le 0,058$ ($IC_{90%} = [0,049 ; 0,067]$)
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) $le 0,062$

Ces indices soutiennent à la fois l’utilisation légitime d’un score total composite pour rendre compte de la charge d’évitement comportemental et l’analyse profilée des sous-scores pour adapter l’intervention clinique aux caractéristiques spécifiques de chaque patient.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le Questionnaire sur les comportements sociaux est un inventaire clinique standardisé dont les paramètres techniques de passation et d’administration se structurent comme suit :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique (auto-évaluation en format papier-crayon ou informatisé).
  • Population cible : Adultes et adolescents (dès 14-16 ans) présentant une suspicion de trouble anxiété sociale, une phobie sociale confirmée ou un niveau élevé de timidité dysfonctionnelle.
  • Durée de passation : Environ 5 à 10 minutes.
  • Nombre d’items : 28 items univoques décrivant des actions spécifiques.
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale en 4 points (format de type Likert) :
    • 0 = Jamais (Never)
    • 1 = Parfois (Sometimes)
    • 2 = Souvent (Often)
    • 3 = Toujours (Always)
  • Procédure de cotation :
    • Le score total s’obtient en effectuant la somme arithmétique simple des 28 items cotés de 0 à 3.
    • L’étendue théorique des scores totaux s’étend de 0 à 84 points.
    • Des sous-scores dimensionnels peuvent être calculés par sommation des items composant les facteurs respectifs identifiés en analyse factorielle (Inhibition, Contrôle physiologique, Préparation verbale, Auto-surveillance).
  • Interprétation clinique des scores :
    • Score de 0 à 20 : Niveau faible ou non clinique. Répertoire de comportements de sécurité minime, typique d’individus à faible anxiété sociale.
    • Score de 21 à 40 : Niveau modéré. Comportements d’adaptation anxieuse occasionnels pouvant interférer ponctuellement avec la fluidité sociale lors d’événements à fort enjeu.
    • Score de 41 à 84 : Niveau élevé à très sévère. Utilisation massive et chronique de comportements de sécurité maintenant de façon rigide le cercle vicieux de l’anxiété sociale. Score caractéristique des patients consultants en TCC spécialisée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : 1995 (publications inaugurales du groupe d’Oxford par D. M. Clark, A. Wells et collègues). Des versions raffinées et validées empiriquement ont été publiées en 2003 (Hirsch et al.) et 2008 (McManus et al.).
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenus originellement par les auteurs (David M. Clark, Adrian Wells, Gillian Butler).
  • Disponibilité et tarifs : Le questionnaire a été diffusé à titre d’instrument de recherche et de pratique clinique non commerciale. Il est généralement accessible sans frais de licence commerciale pour les chercheurs académiques et les cliniciens du secteur public ou libéral, dans un cadre strictement thérapeutique ou universitaire (par exemple via des plateformes d’implémentation de la TCC comme IAPT / NHS Talking Therapies au Royaume-Uni).
  • Autorisation d’usage : L’utilisation dans le cadre de protocoles scientifiques ou de prise en charge individuelle requiert la citation appropriée des articles sources de Clark et Wells. Pour toute intégration commerciale logicielle ou reproduction dans des manuels édités payants, une demande formelle auprès des auteurs ou des détenteurs des droits de publication (revues scientifiques associées) demeure obligatoire.

12. Références / References

  • Clark, D. M., & Wells, A. (1995). A cognitive model of social phobia. In R. G. Heimberg, M. R. Liebowitz, D. A. Hope, & F. R. Schneier (Eds.), Social phobia: Diagnosis, assessment, and treatment (pp. 69–93). The Guilford Press.
  • Clark, D. M., Ehlers, A., McManus, F., Hackmann, A., Fennell, M., Campbell, H., Louis, S., & Perez, M. (2003). Cognitive therapy versus fluoxetine in generalized social phobia: A randomized placebo-controlled trial. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 71(6), 1058–1067. https://doi.org/10.1037/0022-006X.71.6.1058
  • Clark, D. M., Ehlers, A., Hackmann, A., McManus, F., Fennell, M., Grey, N., Waddington, L., & Wild, J. (2006). Cognitive therapy versus exposure and applied relaxation in social phobia: A randomized controlled trial. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 74(3), 568–578. https://doi.org/10.1037/0022-006X.74.3.568
  • Hirsch, C. R., Clark, D. M., Mathews, A., & Williams, R. (2003). Self-images play a causal role in social anxiety. Behaviour Research and Therapy, 41(8), 909–921. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(02)00103-1
  • McManus, F., Sacadura, C., & Clark, D. M. (2008). Why social anxiety persists: An experimental investigation into the role of safety behaviours as a maintaining factor. Journal of Behavior Therapy and Experimental Psychiatry, 39(2), 147–161. https://doi.org/10.1016/j.jbtep.2006.12.002
  • Mörtberg, E., Clark, D. M., Sundin, Ö., & Åberg Wistedt, A. (2007). Intensive group cognitive treatment and individual cognitive therapy vs. treatment as usual in social phobia: A randomized controlled trial. Acta Psychiatrica Scandinavica, 115(2), 142–154. https://doi.org/10.1111/j.1600-0447.2006.00900.x
  • Salkovskis, P. M. (1991). The importance of behaviour in the maintenance of anxiety and panic: A cognitive account. Behavioural Psychotherapy, 19(1), 6–19. https://doi.org/10.1017/S0141347300011466
  • Voncken, M. J., Alden, L. E., & Bögels, S. M. (2006). Hiding social anxiety: When safety behaviors backfire. Behaviour Research and Therapy, 44(8), 1131–1140. https://doi.org/10.1016/j.brat.2005.09.003
  • Wells, A., Clark, D. M., Salkovskis, P., Ludgate, J., Hackmann, A., & Gelder, M. (1995). Social phobia: The role of in-situation safety behaviors in maintaining anxiety and negative beliefs. Behavior Therapy, 26(1), 153–161. https://doi.org/10.1016/S0005-7894(05)80088-7

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Instructions to respondents: Please circle the word which best describes how often you do the following things when you are anxious in or before a social situation.

Rating scale:

  • 0 = Never
  • 1 = Sometimes
  • 2 = Often
  • 3 = Always

  1. Use alcohol to manage anxiety
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  2. Try not to attract attention
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  3. Make an effort to get your words right
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  4. Check that you are coming across well
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  5. Avoid eye contact
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  6. Talk less
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  7. Avoid asking questions
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  8. Try to picture how you appear to others
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  9. Grip cups or glasses tightly
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  10. Position yourself so as not to be noticed
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  11. Try to control shaking
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  12. Choose clothes that will prevent or conceal sweating
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  13. Wear clothes or makeup to hide blushing
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  14. Rehearse sentences in your mind
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  15. Censor what you are going to say
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  16. Blank out or switch off mentally
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  17. Avoid talking about yourself
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  18. Keep still
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  19. Ask lots of questions
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  20. Think positive
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  21. Stay on the edge of groups
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  22. Avoid pauses in speech
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  23. Hide your face
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  24. Try to think about other things
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  25. Talk more
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  26. Try to act normal
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  27. Try to keep tight control of your behaviour
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
  28. Make an effort to come across well
    [ Never  |  Sometimes  |  Often  |  Always ]
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Looti, M. (2026, octobre 1). Questionnaire sur les comportements sociaux. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-les-comportements-sociaux/
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les comportements sociaux.” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-les-comportements-sociaux/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les comportements sociaux.” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-les-comportements-sociaux/.