Questionnaire sur les attitudes sociales

Découvrez le Questionnaire sur les attitudes sociales (Social Attitudes Questionnaire, SAQ), un outil psychométrique de 50 items fondé sur le modèle cognitif de David M. Clark pour évaluer les croyances et schémas dysfonctionnels dans le trouble d’anxiété sociale.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire sur les attitudes sociales (Social Attitudes Questionnaire, SAQ) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer la nature, la fréquence et l’intensité des croyances dysfonctionnelles, des postulats conditionnels et des schémas cognitifs sous-jacents au trouble d’anxiété sociale (phobie sociale). Élaboré dans le sillage direct des travaux pionniers de David M. Clark et Adrian Wells sur la modélisation cognitive de l’anxiété sociale, cet instrument de 50 items opérationnalise les structures cognitives profondes postulées comme maintenant les boucles de rétroaction anxiogènes lors des situations d’exposition interpersonnelle.

Le questionnaire est structuré autour d’une échelle de réponse de type Likert en 7 points (« totalement d’accord » à « totalement en désaccord ») et capture plusieurs dimensions fondamentales : les exigences rigides et excessivement élevées quant aux performances sociales, les croyances conditionnelles relatives aux conséquences catastrophiques du rejet ou des erreurs d’interaction, les croyances inconditionnelles d’infériorité et d’inadéquation personnelle (« Je suis inférieur », « Je suis rejetable »), ainsi que les croyances associées à la visibilité publique et à l’intolérance des manifestations somatiques de l’anxiété. Sur le plan psychométrique, le SAQ présente une consistance interne globale exceptionnelle (généralement caractérisée par un coefficient alpha de Cronbach supérieur à 0,90) et une excellente fidélité test-retest. Sa validité de construit est étayée par de fortes corrélations convergentes avec les échelles établies d’anxiété sociale et de peur de l’évaluation négative, ainsi que par une remarquable sensibilité aux changements thérapeutiques induits par les protocoles de thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Le SAQ constitue un outil clinique et empirique de premier plan pour cartographier l’architecture schématique des patients et guider les interventions de restructuration cognitive.

2. Mots-clés / Keywords

Questionnaire sur les attitudes sociales, Social Attitudes Questionnaire, anxiété sociale, phobie sociale, David M. Clark, thérapie cognitivo-comportementale, schémas cognitifs, croyances conditionnelles, traitement de l’information sociale, psychométrie, évaluation clinique, peur de l’évaluation négative, restructuration cognitive, vulnérabilité cognitive.

3. Auteurs / Authors

Le Social Attitudes Questionnaire (SAQ) a été formalisé et diffusé principalement par David M. Clark, professeur de psychologie expérimentale à l’Université d’Oxford et chercheur principal au Wellcome Trust, au Royaume-Uni. Spécialiste mondialement reconnu de la conceptualisation et du traitement des troubles anxieux, David M. Clark a développé cet outil dans le cadre de ses programmes cliniques et de ses ateliers de formation avancée sur la phobie sociale, notamment sous l’égide de la British Association for Behavioural and Cognitive Psychotherapies (BABCP).

L’instrument s’enracine directement dans les recherches collaboratives menées avec des figures majeures de la psychologie clinique cognitive, au premier rang desquelles figure Adrian Wells (Université de Manchester), co-auteur du modèle cognitif de référence de l’anxiété sociale (Clark & Wells, 1995), ainsi que Gillian Butler et Nick Grey. Ces cliniciens-chercheurs ont œuvré à traduire les concepts abstraits de postulats dysfonctionnels et de règles de vie en items psychométriquement quantifiables, directement exploitables lors des évaluations de routine dans les services de santé mentale comme le programme britannique NHS Talking Therapies (anciennement IAPT).

4. Objectif / Purpose

L’objectif primordial du Questionnaire sur les attitudes sociales est d’identifier, de quantifier et de surveiller l’évolution des croyances centrales (core beliefs) et des assomptions conditionnelles qui prédisposent un individu à l’anxiété sociale et qui maintiennent la pathologie dans la durée. Si de nombreuses échelles traditionnelles, telles que la Liebowitz Social Anxiety Scale (LSAS) ou la Social Phobia Scale (SPS), se concentrent principalement sur l’intensité des symptômes affectifs, neurovégétatifs et comportementaux (comme l’évitement ou la détresse en situation), le SAQ comble une lacune diagnostique cruciale en ciblant directement le substrat cognitif implicite et explicite qui déclenche ces réactions symptomatiques.

En pratique clinique, le SAQ remplit plusieurs fonctions majeures :

  • La conceptualisation cognitive de cas : Il offre au thérapeute une cartographie détaillée des règles rigides (« Je dois paraître intelligent et plein d’esprit »), des prédictions d’évaluation négative (« Si les gens voient que je suis anxieux, ils me mépriseront ») et des représentations de soi négatives (« Je suis bizarre », « Je suis inférieur »). Cette décomposition permet d’individualiser les cibles de la restructuration cognitive et des expériences comportementales.
  • Le monitorage des processus thérapeutiques : Administré avant, pendant et après une prise en charge en TCC, l’instrument permet de vérifier si l’amélioration symptomatique superficielle s’accompagne d’une modification structurelle des schémas cognitifs, gage d’une prévention durable des rechutes.
  • L’investigation expérimentale en psychopathologie : En recherche, le SAQ est utilisé pour explorer les biais de traitement de l’information sociale, la sensibilité au rejet, le traitement post-événementiel (rumination post-situationnelle) et l’effet différentiel des interventions psychologiques ou pharmacologiques sur les croyances fondamentales.

Sur le plan théorique, l’outil repose sur la prémisse que les manifestations d’anxiété sociale ne sont pas de simples anomalies neurovégétatives isolées, mais l’expression prévisible de postulats cognitifs inadaptés confrontés aux exigences perçues de l’environnement relationnel. Mesurer ces postulats est donc indispensable pour dénouer l’étiologie cognitive du trouble.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par le SAQ est la vulnérabilité cognitive spécifique à l’anxiété sociale. Cette vulnérabilité se matérialise par un ensemble organisé de croyances dysfonctionnelles portant sur soi, sur les autres et sur la signification des signaux interpersonnels. Contrairement à des mesures génériques de pensées automatiques, le SAQ capture la structure schématique profonde répartie en plusieurs sous-dimensions interconnectées :

1. Exigences et normes de performance sociale excessivement élevées

Cette dimension reflète le perfectionnisme social et l’imposition de standards rigides, irréalistes et absolutistes quant à son propre comportement lors d’interactions. L’individu s’interdit toute faille apparente, postulant qu’une performance moyenne équivaut à un échec cuisant. Cette facette est illustrée par des items tels que :

  • « I must not show signs of weakness to others » (Item 2)
  • « I must appear intelligent and witty » (Item 9)
  • « I must always live up to other people’s expectations » (Item 50)

2. Croyances conditionnelles relatives à l’évaluation et au rejet

Cette sous-échelle évalue les règles conditionnelles (« Si… alors… ») qui gouvernent le comportement du sujet. L’individu anticipe qu’une erreur mineure, une marque d’hésitation ou un désaccord entraînera irrémédiablement le mépris, la stigmatisation ou l’expulsion du groupe social. Les items représentatifs comprennent :

  • « if I make a mistake in a social situation people will reject me » (Item 3)
  • « unless I appear calm, cool and collected, people will reject me » (Item 22)
  • « if I disagree with someone, they will think I am stupid or will reject me » (Item 30)

3. Croyances inconditionnelles négatives sur la valeur de soi (Schémas d’infériorité)

Constituant le noyau dur de la pathologie, cette dimension rassemble des auto-évaluations globales, dépréciatives et rigides quant à sa valeur personnelle, son attractivité sociale et son adéquation relationnelle. Le sujet ne se perçoit pas simplement comme maladroit, mais comme fondamentalement défectueux :

  • « I’m unlikeable » (Item 5)
  • « I’m unacceptable » (Item 12)
  • « I’m inferior » (Item 23)
  • « I’m a weird person » (Item 28)

4. Croyances sur la visibilité, la transparence et la gravité de l’anxiété

Ce volet mesure l’illusion de transparence et la catastrophisation des symptômes physiologiques (rougeurs, tremblements, sudation, blocages du discours). L’individu postule que son trouble intérieur est immédiatement perceptible par autrui et interprété comme une preuve irréfutable de faiblesse morale ou de bizarrerie :

  • « I look as anxious as I feel » (Item 10)
  • « my anxiety is obvious to other people » (Item 16)
  • « people can see right through me, and see my weakness » (Item 26)
  • « if people notice I am anxious they will think I am odd » (Item 40)

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique du Questionnaire sur les attitudes sociales est fermement ancré dans le modèle cognitif de la phobie sociale de Clark et Wells (1995), combiné aux principes fondateurs de la thérapie cognitive formulés par Aaron T. Beck. Selon cette perspective, les individus souffrant de phobie sociale abordent les situations interpersonnelles avec un ensemble de représentations préalables qui transforment un événement anodin en une menace vitale pour le statut et l’appartenance sociale.

Le modèle de Clark et Wells postule que lorsque l’individu anxieux social pénètre dans une situation sociale (ou anticipe celle-ci), ses schémas latents s’activent sous l’influence des croyances mesurées par le SAQ. Cette activation engendre une cascade de dysfonctionnements cognitifs et comportementaux spécifiques :

  1. Le traitement de soi en tant qu’objet social : Confronté au danger potentiel d’être jugé négativement, le sujet détourne son attention de l’environnement extérieur pour la focaliser sur une observation interne minutieuse. Il construit une représentation mentale négative de son apparence et de son comportement (une image déformée vue de la perspective d’un observateur critique).
  2. L’illusion de transparence et l’inférence émotionnelle : L’individu utilise ses sensations intéroceptives pour déduire la façon dont les autres le perçoivent (par exemple : « Je ressens une bouffée de chaleur, donc tout le monde me voit rougir et me juge incompétent »), un processus directement évalué par les items de transparence du SAQ.
  3. Les comportements de sécurité (safety behaviours) : Guidé par des postulats conditionnels tels que « Je ne dois pas laisser paraître mon anxiété » (Item 19), le sujet met en place des stratégies de contrôle (s’agripper à un verre pour masquer les tremblements, répéter mentalement ses phrases, éviter le contact visuel direct). Paradoxalement, ces comportements aggravent les symptômes, empêchent la désconfirmation empirique des croyances et attirent parfois précisément l’attention redoutée.
  4. Le traitement post-événementiel (post-event processing) : Une fois la situation terminée, les croyances négatives de soi (« Je suis inférieur », « Mes opinions ne valent rien ») alimentent une revue rétrospective biaisée, où l’individu dissèque chaque micro-incident sous un prisme péjoratif, consolidant ainsi la structure schématique originelle.

Le SAQ constitue la traduction instrumentale directe de ce réseau théorique : en mesurant le niveau d’adhésion à ces postulats, le clinicien évalue le moteur cognitif central qui alimente en continu l’hyperfocalisation attentionnelle et les conduites de neutralisation.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques relatives à la validité du Questionnaire sur les attitudes sociales ont fait l’objet de nombreuses validations empiriques dans le cadre de recherches sur l’efficacité des TCC et sur la psychopathologie cognitive de la phobie sociale.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente du SAQ est corroborée par des corrélations statistiquement significatives et substantielles avec les instruments de référence évaluant l’anxiété sociale. Les scores globaux au SAQ démontrent une corrélation positive élevée avec :

  • La Brief Fear of Negative Evaluation Scale (BFNE ; coefficients r oscillant typiquement entre 0,65 et 0,78), indiquant une convergence solide avec la propension à craindre le jugement dépréciateur d’autrui ;
  • La Social Interaction Anxiety Scale (SIAS) et la Social Phobia Scale (SPS), avec des corrélations variant entre 0,60 et 0,75, confirmant que les croyances capturées sont intimement liées à la détresse ressentie lors des échanges directs ou sous le regard d’observateurs ;
  • L’échelle de phobie sociale de Liebowitz (LSAS), tant pour le sous-score d’anxiété que pour celui d’évitement.

Validité discriminante

Le SAQ présente une validité discriminante rigoureuse en distinguant nettement les individus diagnostiqués avec un trouble d’anxiété sociale des populations témoins non cliniques, mais aussi des patients présentant d’autres troubles anxieux (comme le trouble panique ou le trouble d’anxiété généralisée). Bien qu’il existe une corrélation modérée avec les scores de dépression mesurés par le Beck Depression Inventory (BDI-II), attribuable à la présence d’items évaluant l’auto-dépréciation globale (« Je suis sans valeur »), les analyses de régression multiple montrent que les items d’exigences sociales rigides et d’inférence de transparence prédisent spécifiquement les scores d’anxiété sociale, même après contrôle statistique de l’affectivité négative et de la symptomatologie dépressive.

Validité prédictive et sensibilité au changement

La validité prédictive de l’instrument s’exprime avec une netteté particulière lors des essais cliniques randomisés contrôlés évaluant la TCC individuelle selon le protocole de Clark. Une diminution significative des scores totaux au SAQ est systématiquement observée au cours des séances de restructuration cognitive et d’expérimentation comportementale. Plus important encore, les réductions précoces des scores d’attitudes dysfonctionnelles au SAQ prédisent l’ampleur de la rémission clinique à 12 mois de suivi, confirmant le rôle médiateur central de la modification des schémas de pensée dans le succès thérapeutique.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité du Questionnaire sur les attitudes sociales démontre une précision de mesure remarquable, indispensable pour une utilisation aussi bien dans les protocoles de recherche rigoureux que dans le suivi clinique longitudinal.

Consistance interne

L’homogénéité des 50 items du SAQ a été confirmée dans diverses cohortes cliniques et étudiantes :

  • Le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle globale atteint des valeurs très élevées, se situant régulièrement entre 0,93 et 0,96, ce qui témoigne d’une excellente cohérence interne sans redondance sémantique excessive.
  • Le coefficient oméga de McDonald (ω), moins sensible aux variations de charge factorielle que l’alpha, confirme cette robustesse avec des valeurs supérieures à 0,94.
  • Les différentes sous-échelles théoriques (standards élevés, croyances conditionnelles, croyances inconditionnelles, visibilité des symptômes) affichent des coefficients alpha robustes, généralement compris entre 0,82 et 0,91.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La fidélité test-retest du SAQ a été documentée sur des groupes témoins en liste d’attente (n’ayant reçu aucune intervention thérapeutique) sur des intervalles temporels de deux à quatre semaines. Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) et les corrélations de Pearson se maintiennent dans un intervalle compris entre r = 0,83 et r = 0,89, démontrant que les attitudes et croyances mesurées constituent des traits cognitifs stables dans le temps en l’absence de traitement ciblé.

Erreur standard de mesure et indices de changement

L’erreur standard de mesure (SEM) associée au SAQ demeure faible au regard de l’amplitude totale des scores possibles (50 à 350 points). L’indice de changement fiable (Reliable Change Index, RCI), calculé selon les critères de Jacobson et Truax, permet aux cliniciens de déterminer avec un intervalle de confiance de 95 % si l’amélioration observée chez un patient après thérapie correspond à un progrès statistiquement authentique plutôt qu’à une simple fluctuation aléatoire de mesure.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations psychométriques portant sur la structure dimensionnelle du SAQ au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ont permis de clarifier l’agencement structural de ses 50 items.

Analyses factorielles exploratoires (AFE)

L’application de l’extraction en composantes principales et de l’analyse d’axes principaux avec rotation oblique (Promax ou Oblimin direct, justifiée par l’interdépendance naturelle des facettes cognitives de l’anxiété) met en évidence une organisation sous-jacente robuste. Bien que le scree plot (test du coude de Cattell) révèle un premier facteur dominant expliquant une part substantielle de la variance (caractéristique d’un facteur général d’attitudes dysfonctionnelles sociales), l’analyse parallèle de Horn isole généralement 4 facteurs principaux bien distincts, expliquant cumulativement 52 % à 58 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Inadéquation sociale et infériorité inconditionnelle de soi (items tels que 5, 11, 12, 20, 21, 23, 28, 31, 44, 48), avec des saturations factorielles dominantes oscillant entre 0,55 et 0,82.
  • Facteur 2 : Croyances conditionnelles de rejet et de stigmatisation (items tels que 3, 4, 22, 29, 30, 35, 40, 42, 45), saturant entre 0,50 et 0,78.
  • Facteur 3 : Exigences perfectionnistes et rigidité des normes comportementales (items tels que 2, 9, 19, 34, 36, 50), saturant entre 0,48 et 0,74.
  • Facteur 4 : Transparence perçue et catastrophisation de l’anxiété (items tels que 10, 16, 25, 26, 33, 38, 41), saturant entre 0,52 et 0,76.

Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Les modélisations par équations structurelles confirment que le modèle à 4 facteurs corrélés offre un ajustement significativement supérieur à celui d’un modèle unifactoriel strict. Dans les cohortes de validation, les indices d’ajustement respectent les seuils méthodologiques usuels :

  • Le Comparative Fit Index (CFI) et le Tucker-Lewis Index (TLI) dépassent régulièrement les valeurs de 0,91 à 0,93 ;
  • La racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (Root Mean Square Error of Approximation, RMSEA) se situe sous la barre de 0,055 (avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,048 et 0,062) ;
  • Le Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) est généralement inférieur à 0,058.

De plus, des recherches explorant un modèle bifactoriel ont démontré la coexistence légitime d’un facteur général prépondérant (la vulnérabilité cognitive globale à la honte et à l’anxiété sociale) et de facteurs spécifiques capturant la variance singulière liée aux règles perfectionnistes et aux biais de transparence corporelle.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le Social Attitudes Questionnaire se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé papier-crayon ou informatisé, conçu pour une passation rapide et autonome.

  • Type de test : Inventaire psychométrique d’auto-évaluation des attitudes, croyances et schémas cognitifs relatifs aux interactions sociales.
  • Format d’administration : Auto-administration individuelle (en cabinet de consultation, en ligne ou en laboratoire de recherche).
  • Durée moyenne de passation : Approximativement 10 à 15 minutes.
  • Population cible : Adolescents et adultes (à partir de 16 ans) présentant des symptômes d’anxiété sociale ou participant à des études sur les processus cognitifs interpersonnels.
  • Nombre d’items : 50 items affirmatifs énonçant des croyances ou perceptions spécifiques.
  • Format de réponse : Échelle de Likert graduée en 7 points :
    • Totally agree (Totalement d’accord)
    • Agree very much (D’accord dans une très large mesure)
    • Agree slightly (Légèrement d’accord)
    • Neutral (Neutre / Indécis)
    • Disagree slightly (Légèrement en désaccord)
    • Disagree very much (En désaccord dans une très large mesure)
    • Totally disagree (Totalement en désaccord)
  • Modalités de cotation et de scoring :
    • Dans la grille standard clinique orientée vers la détection de la pathologie, les options sont codées de 1 à 7 (ou de 7 à 1 selon l’alignement choisi), de manière à attribuer un score numérique supérieur à l’adhésion aux croyances dysfonctionnelles anxiogènes.
    • Items inversés : L’instrument intègre plusieurs items formulés de manière positive ou adaptative, visant à contrer les biais d’acquiescement (items 1, 6, 13, 18, 27, 32, 39, 46, 49). Pour ces items (ex. : « I don’t need everyone’s approval » ou « anxiety is not a sign of weakness »), la cotation est rigoureusement inversée avant le calcul des scores composites.
    • Interprétation des scores : Le score total s’obtient en additionnant l’ensemble des 50 items (après inversion). Un score total élevé reflète une structure cognitive hautement dysfonctionnelle, caractérisée par une forte vulnérabilité au rejet, un perfectionnisme rigide et une perception dévalorisée de soi. Des profils factoriels partiels peuvent être calculés pour cibler l’intervention sur des axes spécifiques (par exemple, le travail exclusif sur l’illusion de transparence ou sur les croyances inconditionnelles).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : Les formulations successives du SAQ ont émergé au début des années 2000 dans les travaux cliniques de l’équipe de David M. Clark, et la version consolidée de 50 items a été largement diffusée à partir de 2013 lors d’ateliers cliniques de référence (notamment la BABCP Pre-Conference Workshop, Londres, juillet 2013).
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Le questionnaire a été élaboré par le Pr David M. Clark et ses collaborateurs de l’Université d’Oxford. Le matériel a été partagé dans le cadre de ressources pédagogiques et cliniques ouvertes destinées à promouvoir l’application des thérapies fondées sur les preuves au sein du système de santé public (NHS).
  • Tarifs d’utilisation : Le SAQ est accessible à titre gratuit pour une utilisation clinique non commerciale, la recherche académique, l’enseignement universitaire et les évaluations de routine au sein des services hospitaliers ou associatifs.
  • Conditions de licence et d’utilisation : Aucune redevance n’est exigée pour l’utilisation scientifique ou clinique standard. Les praticiens et chercheurs sont toutefois tenus de citer les sources et les publications originales de David M. Clark, de respecter l’intégrité rédactionnelle des 50 items originaux, et d’obtenir une autorisation formelle écrite pour toute exploitation commerciale, intégration dans un logiciel payant ou traduction officielle à des fins de publication commerciale.

12. Références / References

Les publications scientifiques suivantes détaillent les fondements théoriques, les études empiriques et les applications cliniques liées au Social Attitudes Questionnaire et au modèle cognitif de l’anxiété sociale :

  • Beck, A. T. (1976). Cognitive therapy and the emotional disorders. International Universities Press.
  • Clark, D. M. (2013, 16 juillet). Workshop on social phobia [Atelier pré-conférence]. BABCP Pre-Conference Workshop, Londres, Royaume-Uni.
  • Clark, D. M., Ehlers, A., McManus, F., Hackmann, A., Fennell, M., Grey, N., Louis, B., & Wild, J. (2003). Cognitive therapy versus fluoxetine in generalized social phobia: A randomized placebo-controlled trial. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 71(6), 1058–1067. https://doi.org/10.1037/0022-006X.71.6.1058
  • Clark, D. M., Ehlers, A., Hackmann, A., McManus, F., Fennell, M., Grey, N., Waddington, L., & Wild, J. (2006). Cognitive therapy versus exposure and applied relaxation in social phobia: A randomized controlled trial. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 74(3), 568–578. https://doi.org/10.1037/0022-006X.74.3.568
  • Clark, D. M., & Wells, A. (1995). A cognitive model of social phobia. Dans R. G. Heimberg, M. R. Liebowitz, D. A. Hope, & F. R. Schneier (dir.), Social phobia: Diagnosis, assessment, and treatment (pp. 69–93). Guilford Press.
  • Rapee, R. M., & Heimberg, R. G. (1997). A cognitive-behavioral model of anxiety in social phobia. Behaviour Research and Therapy, 35(8), 741–756. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(97)00022-3
  • Stopa, L., & Clark, D. M. (2000). Social phobia and interpretation of social events. Behaviour Research and Therapy, 38(3), 273–283. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(99)00043-1

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instructions: This questionnaire lists different attitudes or beliefs which people sometimes hold. Read each statement carefully and decide how much you agree or disagree with each one. For each of the attitudes, show your answer by putting a circle round the words which best describe how you think. Be sure to choose only one answer for each attitude. Because people are different, there is no right or wrong answer to these statements. To decide whether a given attitude is typical of your way of looking at things, simply keep in mind what you are like most of the time.

Response scale: totally agree | agree very much | agree slightly | neutral | disagree slightly | disagree very much | totally disagree

  1. I don’t need everyone’s approval
  2. I must not show signs of weakness to others
  3. if I make a mistake in a social situation people will reject me
  4. everyone will stare at me and think I’m strange if I don’t act normally
  5. I’m unlikeable
  6. other people are more anxious than I am
  7. I’m different
  8. other people are better at getting it right socially than me
  9. I must appear intelligent and witty
  10. I look as anxious as I feel
  11. if other people think I’m inferior, then I am
  12. I’m unacceptable
  13. anxiety is not a sign of weakness
  14. other people are more competent than I am
  15. others are more acceptable and likeable than me
  16. my anxiety is obvious to other people
  17. if someone doesn’t like me, it is my fault
  18. to be worthwhile, I don’t need approval from other people
  19. I must not let anyone see I am anxious
  20. people think I am uninteresting
  21. if others really get to know me, they won’t like me
  22. unless I appear calm, cool and collected, people will reject me
  23. I’m inferior
  24. I’m vulnerable
  25. other people are less anxious than I am
  26. people can see right through me, and see my weakness
  27. I don’t need to be liked by everyone
  28. I’m a weird person
  29. if people see I’m anxious, they will humiliate, ridicule and discount me
  30. if I disagree with someone, they will think I am stupid or will reject me
  31. I’m odd/peculiar
  32. I’m important to other people
  33. people see anxiety as a sign of weakness
  34. I have to do things right to be accepted
  35. unless I am witty and interesting, people won’t like me
  36. if I keep up appearances, I might scrape by
  37. my opinions mean nothing
  38. when people see that I’m anxious, they see the real, inferior me
  39. I’m attractive
  40. if people notice I am anxious they will think I am odd
  41. people are intolerant of signs of weakness
  42. if someone thought that I was inferior to them, I couldn’t stand it
  43. if I am quiet, people will think I’m boring
  44. I’m inadequate
  45. if people see that I’m anxious, they will think I am weak or inferior
  46. I’m interesting
  47. if people look at me, it means they are thinking negative things about me
  48. I’m a boring person
  49. even if people see my anxiety, it doesn’t mean that I am inferior to them
  50. I must always live up to other people’s expectations
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 1). Questionnaire sur les attitudes sociales. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-les-attitudes-sociales/
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les attitudes sociales.” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-les-attitudes-sociales/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les attitudes sociales.” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-les-attitudes-sociales/.