Questionnaire sur le travail, l’arthrose et le remplacement articulaire

Le Questionnaire sur le travail, l’arthrose et le remplacement articulaire (WORQ) est un instrument psychométrique mesurant les limitations physiques au travail chez les patients avec arthrose ou arthroplastie.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire sur le travail, l’arthrose et le remplacement articulaire (connu sous l’acronyme anglophone WORQ pour Work, Osteoarthritis and joint-Replacement Questionnaire) est un instrument d’évaluation rapporté par le patient (Patient-Reported Outcome Measure, PROM) spécifiquement conçu pour quantifier les limitations fonctionnelles professionnelles chez les personnes actives souffrant d’arthrose de la hanche ou du genou, ou ayant bénéficié d’une arthroplastie articulaire (notamment l’arthroplastie totale de genou ou de hanche). Développé initialement aux Pays-Bas par l’équipe du Dr P. Paul F.M. Kuijer au sein du Coronel Institute of Occupational Health (Amsterdam UMC), cet outil a émergé du constat clinique et ergonomique que les échelles orthopédiques conventionnelles (telles que le WOMAC ou le KOOS) se focalisent principalement sur les activités de la vie quotidienne et sous-évaluent systématiquement les contraintes biomécaniques élevées inhérentes à l’exercice d’un métier.

L’instrument comporte 13 items ciblés évaluant le degré de difficulté éprouvé par le travailleur au cours de la semaine écoulée lors de l’exécution d’activités physiques contraignantes pour les articulations portantes (telles que s’agenouiller, s’accroupir, monter sur une échelle, soulever des charges ou marcher sur un sol irrégulier). Chaque item est noté sur une échelle ordinale de type Likert en cinq points, allant de 0 (« difficulté extrême / incapable de le faire ») à 4 (« aucune difficulté »). Le score brut est ensuite transformé de manière linéaire en un indice global variant de 0 à 100, où 0 représente une incapacité professionnelle totale et 100 l’absence complète de gêne fonctionnelle au travail.

Sur le plan métrologique, le WORQ démontre des propriétés psychométriques exceptionnelles : une consistance interne remarquable attestée par un coefficient alpha de Cronbach oscillant entre 0,93 et 0,96, une reproductibilité test-retest excellente avec un coefficient de corrélation intraclasse (CCI) supérieur à 0,88, et une sensibilité au changement hautement discriminante dans le cadre du suivi de la réhabilitation post-chirurgicale. Sa structure unidimensionnelle a été confirmée par analyse factorielle, faisant du WORQ un étalon de mesure privilégié en ergonomie hospitalière, en médecine du travail, en chirurgie orthopédique et en réadaptation professionnelle.

2. Mots-clés / Keywords

Questionnaire WORQ, arthrose du genou, arthrose de la hanche, arthroplastie totale, retour au travail, santé au travail, ergonomie biomécanique, évaluation fonctionnelle, mesure des résultats rapportés par le patient, psychométrie clinique, réadaptation professionnelle, incapacité de travail, contraintes articulaires.

3. Auteurs / Authors

Le questionnaire WORQ a été conçu et validé par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés en médecine du travail, en ergonomie clinique et en chirurgie orthopédique, affiliés au Coronel Institute of Occupational Health, à l’Amsterdam Public Health Research Institute et aux Amsterdam University Medical Centers (Université d’Amsterdam, Pays-Bas) :

  • P. Paul F. M. Kuijer, PhD : Professeur associé en ergonomie et santé au travail, Amsterdam UMC, Location AMC, Department of Public and Occupational Health, Coronel Institute of Occupational Health, Amsterdam, Pays-Bas. Spécialiste reconnu de la charge physique au travail et des pathologies musculo-squelettiques induites par l’activité professionnelle. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Monique H. W. Frings-Dresen, PhD : Professeure émérite de santé au travail, directrice honoraire du Coronel Institute of Occupational Health, Amsterdam UMC, Université d’Amsterdam. Pionnière des interventions de maintien et de reprise de l’emploi pour les patients atteints d’affections chroniques.
  • Alexandre H. Kieffer, MD et collaborateurs cliniques : Chirurgiens orthopédistes et chercheurs ayant participé aux adaptations transculturelles, aux études de reproductibilité et à l’implémentation du questionnaire dans les cohortes orthopédiques internationales.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du WORQ est de combler une lacune méthodologique majeure au croisement de la chirurgie orthopédique reconstructrice et de la santé au travail. Historiquement, le succès thérapeutique d’une arthroplastie totale de genou (PTG) ou de hanche (PTH) était mesuré selon des critères purement radiologiques (alignement de l’implant, ostéointégration) ou des scores cliniques axés sur les activités de base de la vie domestique, tels que le WOMAC (Western Ontario and McMaster Universities Osteoarthritis Index) ou le score de la Knee Society (KSS). Or, avec l’abaissement significatif de l’âge moyen des patients candidats à ces interventions chirurgicales — une proportion croissante de patients ayant moins de 65 ans au moment de la chirurgie —, le maintien de l’activité professionnelle et la reprise du travail (Return to Work, RTW) sont devenus des indicateurs prioritaires de succès pour les patients, les praticiens et les payeurs de soins de santé.

Les tâches physiques requises dans des secteurs professionnels exigeants (tels que la construction, l’agriculture, les soins infirmiers, la maintenance industrielle ou les services logistiques) dépassent considérablement les contraintes biomécaniques de la marche sur terrain plat ou de la montée d’un palier d’escalier à domicile. Des activités professionnelles comme s’agenouiller de façon prolongée, travailler en position accroupie, porter des charges supérieures à 20 kilogrammes, grimper sur des échafaudages ou évoluer sur des surfaces instables imposent des moments articulaires et des pressions tibio-fémorales et fémoro-patellaires extrêmes. Les instruments génériques de qualité de vie (ex. SF-36) ou les PROMs orthopédiques classiques souffrent d’un « effet plafond » considérable chez les patients actifs : ceux-ci peuvent obtenir un score optimal de 100/100 au WOMAC tout en étant dans l’incapacité absolue de reprendre leur poste de travail en raison de douleurs intolérables lors de postures agenouillées ou de torsions du membre inférieur.

Le WORQ a donc été précisément instrumenté pour :

  • Identifier et quantifier de manière standardisée les limitations d’activités physiques liées au travail directement attribuables à la pathologie articulaire dégénérative ou aux suites d’une arthroplastie.
  • Servir d’outil pronostique préopératoire afin de planifier le parcours de soins, de calibrer les attentes des patients quant à leurs perspectives réelles de retour au travail et de guider la réadaptation fonctionnelle.
  • Permettre aux médecins du travail, ergonomes et chirurgiens d’évaluer objectivement l’efficacité des protocoles de rééducation et de déterminer l’opportunité d’un aménagement de poste ou d’un reclassement professionnel.
  • Harmoniser la collecte de données probantes dans la recherche clinique internationale sur les trajectoires socioprofessionnelles après chirurgie prothétique.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit opérationnalisé par le WORQ s’inscrit au sein du domaine de la capacité fonctionnelle perçue au travail (perceived occupational physical functioning) appliquée aux atteintes de la chaîne ostéoarticulaire des membres inférieurs. Ce construit repose sur l’interaction complexe entre la tolérance biomécanique tissulaire (articulation biologique arthrosique ou couple de frottement prothétique) et le sentiment d’efficacité personnelle du travailleur dans l’exécution de gestes professionnels exigeants.

L’architecture du construit englobe 13 activités critiques qui ne constituent pas de simples mouvements isolés, mais des complexes moteurs intégrés combinant charge pondérale, amplitudes articulaires extrêmes, équilibre postural et endurance neuromusculaire :

  • Les postures articulaires en flexion extrême : S’agenouiller (kneeling) et s’accroupir (squatting). Ces postures imposent des forces de cisaillement et des pics de compression fémoro-patellaire dépassant souvent six à huit fois le poids du corps. L’appréhension de la douleur ou la sensation mécanique d’un corps étranger sous-cutané lors de l’appui direct sur la cicatrice chirurgicale y constitue une barrière majeure.
  • Les tâches axiales en inclinaison : Travailler penché en avant (bending/stooping). Cette posture déplace le centre de gravité antérieur et induit une co-contraction continue des muscles stabilisateurs du genou et de la hanche sous un bras de levier dorsal défavorable.
  • La locomotion verticale et le franchissement de dénivelés : Monter des escaliers, descendre des escaliers, et monter sur une échelle ou un échafaudage (climbing ladders/scaffolding). La descente d’escaliers exige un contrôle moteur excentrique du quadriceps particulièrement difficile pour une articulation arthrosique ou prothétique, tandis que la montée d’échelles exige une stabilité unipodale dynamique associée à une prise d’appui sur barreau étroit.
  • La mobilité sur terrains instables et la marche prolongée : Marcher sur des surfaces inégales (terrains accidentés de chantier, sols industriels glissants) et marcher sur de longues distances. Ce domaine évalue l’intégrité de la proprioception, la stabilité ligamentaire résiduelle et l’endurance à la fatigue musculaire.
  • La manutention manuelle de charges : Porter ou soulever des charges lourdes (lifting/carrying), et pousser ou tirer des chariots ou équipements industriels lourds (pushing/pulling). Ces situations de travail surchargent directement les interfaces os-implant et exigent un ancrage au sol sans défaillance.
  • Les contraintes posturales statiques et dynamiques : Rester debout de manière prolongée sur un poste fixe, travailler dans des postures inconfortables ou étriquées, et manœuvrer des engins mobiles ou conduire des véhicules lourds impliquant l’usage répété de pédales de commande.

Le WORQ capte ainsi le spectre continu de l’incapacité fonctionnelle : de la micro-limitation qui ralentit la cadence de travail jusqu’au blocage fonctionnel total qui motive un arrêt de travail prolongé ou une invalidité professionnelle définitive.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement et la justification théorique du WORQ prennent appui sur le Modèle biopsychosocial officialisé par l’Organisation mondiale de la santé dans la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF). Au sein de ce cadre ontologique, le WORQ opérationnalise spécifiquement le passage critique entre les « Limitations d’activités » (chapitre d3 : Mobilité) et les « Restrictions de participation » (chapitre d8 : Vie professionnelle et emploi).

Dans la perspective de la CIF, une anomalie structurelle d’une articulation (déficience anatomique : perte du cartilage articulaire, ostéophytes) ou l’implantation d’un substitut mécanique (implant prothétique) ne dicte pas à elle seule la participation sociale du sujet. La capacité réelle à conserver ou reprendre son travail dépend de l’écart (mismatch ergonomique) existant entre la capacité fonctionnelle individuelle résiduelle et les exigences physiques du poste de travail.

Sur le plan de l’ergonomie physique et de la santé au travail, le WORQ s’inspire du modèle de la Charge de Travail et Capacité de Travail (notamment développé par Juhani Ilmarinen à travers le concept de Work Ability Index). Les théoriciens de l’ergonomie biomécanique (tels que Kuijer, Frings-Dresen, ou Colombini et Occhipinti) postulent que les troubles musculo-squelettiques et les incapacités fonctionnelles résultent d’une exposition cumulée à des contraintes physiques externes qui dépassent la tolérance mécanique des tissus biologiques ou le confort de perception kinesthésique du patient appareillé.

Enfin, sur le versant de la psychologie de la santé et de la réadaptation, le WORQ intègre indirectement les postulats du modèle de la peur-évitement (Fear-Avoidance Model de Vlaeyen et Linton). Chez les travailleurs opérés d’une articulation portante, la reprise de tâches extrêmes comme s’agenouiller sur un sol dur n’est pas uniquement restreinte par des contraintes mécaniques absolues : elle est fortement modulée par la kinésiophobie (la peur viscérale d’endommager la prothèse, de déclencher un descellement mécanique précoce ou d’éprouver une douleur fulgurante). En évaluant la « difficulté ressentie » par le travailleur, le WORQ capture cette synthèse indissociable entre la capacité physiologique objective et la barrière psycho-émotionnelle d’évitement au poste de travail.

7. Validité / Validity

La validité métrologique du questionnaire WORQ a fait l’objet d’investigations empiriques approfondies et rigoureuses, conformément aux normes méthodologiques internationales édictées par le comité COSMIN (COnsensus-based Standards for the selection of health Measurement INstruments).

Validité de contenu et d’apparence

La validité de contenu a été garantie dès la phase initiale d’ingénierie de l’instrument. Les 13 items ont été sélectionnés à travers un processus itératif combinant une revue systématique de la littérature ergonomique sur les sollicitations physiques du genou et de la hanche, des consultations d’experts en médecine du travail et en chirurgie orthopédique, ainsi que des entretiens semi-structurés auprès de patients actifs opérés. Ce design participatif a garanti que l’éventail des 13 items couvre exhaustivement les tâches professionnelles les plus pénalisantes, sans omettre de gestes clés ni intégrer de questions superflues ou redondantes.

Validité de construit et validité convergente

La validité de construit du WORQ a été éprouvée en testant des hypothèses a priori relatives à ses corrélations avec d’autres échelles standardisées. Les études de validation clinique (Kuijer et al., 2014 ; Kieffer et al., 2019) ont révélé des corrélations fortes et statistiquement significatives avec les sous-échelles physiques d’outils orthopédiques de référence :

  • Corrélation avec le KOOS (Knee Injury and Osteoarthritis Outcome Score) : Corrélations modérées à fortes ($r = 0,60$ à $0,78$) entre le WORQ et la sous-échelle Sport et Loisirs ainsi que la sous-échelle Activités de la vie quotidienne (ADL) du KOOS, démontrant que le WORQ mesure bien des composantes de mobilité physique exigeante.
  • Corrélation avec le SF-36 : Corrélation élevée avec le score physique global (Physical Component Summary, PCS, $r > 0,65$), attestant d’une excellente convergence théorique.

Validité discriminante

Conformément aux prédictions conceptuelles, la validité divergente/discriminante est confirmée par des corrélations nettement plus faibles entre le score WORQ et les dimensions de santé mentale, d’anxiété ou de fonctionnement émotionnel (notamment la sous-échelle Mental Component Summary [MCS] du SF-36, où $r < 0,30$). Cela démontre avec netteté que le WORQ cible l’incapacité professionnelle d’origine biomécanique et ne se confond pas avec la détresse psychologique générale de l’individu.

Sensibilité au changement et réactivité (Responsiveness)

La réactivité de l’instrument a été évaluée longitudinalement dans des cohortes pré- et postopératoires (suivi à 6 et 12 mois post-arthroplastie). Le WORQ présente une taille d’effet standardisée (Standardized Response Mean, SRM) et une amplitude de changement remarquables (SRM souvent supérieure à 1,10), surpassant les échelles génériques d’incapacité. Le Changement Minimal Important (Minimal Important Change, MIC) a été estimé dans une fourchette de 12 à 15 points sur l’échelle 0-100, tandis que le Plus Petit Changement Détectable (Smallest Detectable Change, SDC) se situe aux alentours de 13 points, attestant qu’une amélioration mesurée par le clinicien traduit une véritable évolution fonctionnelle au-delà de l’erreur de mesure aléatoire.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique du questionnaire WORQ a été documentée sur divers échantillons internationaux de patients en préopératoire et en postopératoire tardif.

Consistance interne

L’homogénéité des items composant l’échelle est exceptionnellement élevée. Dans l’étude princeps hollandaise de Kuijer et al., ainsi que dans les adaptations transculturelles (française, allemande, espagnole), le coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) se situe systématiquement entre 0,93 et 0,96. Une telle valeur témoigne d’une excellente corrélation inter-items sans toutefois dépasser le seuil critique de 0,97 (qui traduirait une redondance tautologique sévère entre items). Toutes les corrélations item-total corrigées dépassent le standard recommandé de 0,50 (variant généralement entre 0,62 et 0,84).

Reproductibilité test-retest

La stabilité temporelle du score a été investiguée chez des patients se trouvant dans un état de santé stable (intervalle de deux à trois semaines entre les administrations, sans modification du traitement médical ni intervention chirurgicale). Le Coefficient de Corrélation Intraclasse (CCI) pour la concordance absolue (modèle à effets mixtes à deux voies) atteint des valeurs remarquables, généralement répertoriées entre 0,88 et 0,94 (intervalle de confiance à 95 % : 0,82 – 0,97), ce qui démontre une reproductibilité hautement satisfaisante pour un usage aussi bien en recherche translationnelle qu’au niveau du diagnostic individuel en consultation clinique.

Erreur de mesure

L’Erreur Standard de Mesure (Standard Error of Measurement, SEM), reflétant la variance d’erreur intra-individuelle, a été chiffrée entre 4,5 et 6,0 points sur l’échelle de 0 à 100. Cette précision métrologique garantit qu’un praticien peut interpréter avec une confiance statistique robuste l’impact d’une prise en charge de réhabilitation ou d’une reprise de travail adaptée chez un travailleur donné.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture interne et la dimensionalité du questionnaire WORQ ont été investiguées par les méthodes d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et d’analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Dans les cohortes de validation initiale, l’analyse en composantes principales (ACP) sans rotation, confirmée par le test du coude de Cattell (scree plot) et le critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1,0), a mis en évidence une structure fondamentalement unidimensionnelle. Le premier facteur extrait explique à lui seul plus de 58 % à 65 % de la variance totale des scores, tandis que la seconde valeur propre chute drastiquement sous le seuil d’éligibilité factorielle (valeur propre < 1,1). Ce résultat confirme la légitimité théorique et empirique de combiner l’ensemble des 13 items au sein d’un score composite global unique représentant l’incapacité professionnelle physique globale.

Saturations factorielles des items

Toutes les saturations factorielles (factor loadings) des items sur le facteur unique principal se révèlent massives, s’échelonnant de 0,64 à 0,86. Les items sollicitant la triple flexion articulaire sous contrainte gravitationnelle (« s’agenouiller », « s’accroupir », « monter des escaliers ») présentent les charges factorielles les plus élevées (> 0,80), illustrant leur rôle central dans la définition du construit d’incapacité liée aux articulations portantes.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

L’évaluation par modélisation d’équations structurelles (AFC) pour tester l’adéquation au modèle unidimensionnel a généré des indices d’ajustement excellents selon les critères rigoureux de Hu et Bentler :

  • Indice de comparaison de Bentler (Comparative Fit Index, CFI) > 0,95
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,94
  • Racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (Root Mean Square Error of Approximation, RMSEA) $le 0,06$ (intervalle de confiance : 0,04 – 0,08)
  • Résidu quadratique moyen standardisé (Standardized Root Mean Square Residual, SRMR) $le 0,05$

Certaines analyses secondaires ont exploré une sous-structure bicéphale scindant les « activités à dominance statique/posturale » (agenouillement, station debout prolongée, posture penchée) des « activités à composante dynamique et de charge » (marche sur terrain irrégulier, port de charges lourdes, montée d’échelles) ; toutefois, la corrélation inter-facteurs extrêmement forte ($r > 0,85$) plaide catégoriquement en faveur de la conservation parcimonieuse d’un score unique pour l’usage clinique quotidien.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation patient-rapportée (PROM), auto-administré sur support papier ou interface numérique (tablette, smartphone, portail patient hospitalier).
  • Population cible : Adultes en âge d’exercer une activité professionnelle (salariés, indépendants, travailleurs manuels ou sédentaires) souffrant d’arthrose symptomatique de la hanche ou du genou, ou ayant bénéficié d’une arthroplastie totale ou unicompartimentale.
  • Période de référence temporelle : L’expérience vécue et les difficultés ressenties au cours des 7 derniers jours (la semaine écoulée).
  • Nombre total d’items : 13 items standardisés axés sur des tâches professionnelles biomécaniquement exigeantes pour les membres inférieurs.
  • Format des réponses : Échelle ordinale de Likert en 5 points pour chaque item :
    • 0 = Difficulté extrême / Je ne peux pas le faire (Erg veel moeite / kan ik niet)
    • 1 = Beaucoup de difficulté (Veel moeite)
    • 2 = Difficulté modérée (Redelijk wat moeite)
    • 3 = Un peu de difficulté (Een beetje moeite)
    • 4 = Aucune difficulté (Geen enkele moeite)
  • Temps moyen de passation : Très rapide, estimé entre 3 et 5 minutes, ce qui confère à l’outil une faisabilité clinique et une acceptabilité optimales en routine de consultation.
  • Algorithme de cotation et calcul du score :
    1. Calculer la somme brute des 13 items (le score brut cumulé varie de 0 à 52 points).
    2. Transformer le score brut en un score standardisé sur une échelle de 0 à 100 à l’aide de la formule mathématique suivante :
      $$\text{Score total WORQ (0-100)} = \left( \frac{\sum_{i=1}^{13} \text{Item}_i}{52} \right) \times 100$$
    3. Gestion des données manquantes : Si 1 ou 2 items au maximum sont manquants (taux de non-réponse $le 15%$), la moyenne des items complétés est imputée aux items omis. Si plus de 2 items sont manquants, le questionnaire est considéré comme non valide et le score global ne doit pas être calculé.
  • Interprétation clinique du score :
    • 0 : Incapacité professionnelle physique absolue ; impossibilité totale de réaliser les tâches exigeantes pour les membres inférieurs.
    • 100 : Capacité fonctionnelle professionnelle optimale ; aucune gêne ni limitation articulaire ressentie au poste de travail.
    • Plus le score est élevé, meilleure est la capacité fonctionnelle perçue au travail.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 2014 (version princeps de développement) ; 2016 (publications de référence pour la version néerlandaise et son implémentation clinique multicentrique).
  • Titulaires des droits moraux et de propriété : P. Paul F. M. Kuijer, Monique H. W. Frings-Dresen, et l’Amsterdam UMC / Coronel Institute of Occupational Health, Université d’Amsterdam.
  • Conditions d’accès et politique tarifaire : Le WORQ est un instrument du domaine public académique (academic open-access). Il est mis à la disposition gratuite des chercheurs, cliniciens, ergonomes et médecins du travail pour une utilisation clinique non commerciale et dans le cadre de protocoles de recherche biomédicale.
  • Utilisation commerciale et essais industriels : Toute intégration au sein de solutions logicielles commerciales propriétaires ou d’études financées par l’industrie pharmaceutique ou de dispositifs médicaux à des fins lucratives nécessite une demande d’autorisation formelle auprès des auteurs et du bureau de valorisation technologique de l’Amsterdam UMC.
  • Traductions et adaptations transculturelles : Des versions validées existent en plusieurs langues (anglais, néerlandais, français, allemand). Toute nouvelle démarche de traduction transculturelle doit impérativement respecter les directives internationales (ex. recommandations de Beaton et al.) et faire l’objet d’un accord préalable avec l’équipe fondatrice.

12. Références / References

Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives au questionnaire WORQ incluent :

  • Kuijer, P. P. F. M., de Beer, M. J. P. M., Scholtes, V. A. B., Kok, M., Frings-Dresen, M. H. W., & van Geenen, R. C. I. (2014). The Work, Osteoarthritis and joint-Replacement Questionnaire (WORQ): A valid and reliable questionnaire to assess work-related knee complaints in patients after total knee arthroplasty. Journal of Occupational Rehabilitation, 24(4), 748–756. https://doi.org/10.1007/s10926-014-9507-2
  • Kuijer, P. P. F. M. (2016). Toelichtingsformulier Meetinstrument: Work, Osteoarthritis and joint-Replacement Questionnaire (WORQ). Amsterdam UMC, Coronel Instituut voor Arbeid en Gezondheid.
  • Kieffer, A. H., Kuijer, P. P. F. M., van der Leeden, M., & Frings-Dresen, M. H. W. (2019). Cross-cultural adaptation and psychometric evaluation of the French version of the Work, Osteoarthritis and joint-Replacement Questionnaire (WORQ). Disability and Rehabilitation, 41(18), 2197–2204. https://doi.org/10.1080/09638288.2018.1466928
  • Leichtenberg, C. S., Tilbury, C., Kuijer, P. P. F. M., Verdegaal, S. H. M., Wolterbeek, N., Nelissen, R. G. H. H., Frings-Dresen, M. H. W., & Vliet Vlieland, T. P. M. (2018). Determinants of return to work 12 months after total hip and knee arthroplasty: Results of a prospective cohort study. Journal of Occupational Rehabilitation, 28(4), 674–683. https://doi.org/10.1007/s10926-017-9753-8
  • Straat, A. C., Coenen, P., van de Pol, M. C., van Geenen, R. C. I., Scholtes, V. A. B., Frings-Dresen, M. H. W., & Kuijer, P. P. F. M. (2020). Which work-related knee activities are most strenuous according to patients after total knee arthroplasty? Ergonomics, 63(6), 754–762. https://doi.org/10.1080/00140139.2020.1744747
  • Terwee, C. B., Mokkink, L. B., Knol, D. L., Ostelo, R. W., Bouter, L. M., & de Vet, H. C. (2012). Rating the methodological quality in systematic reviews of health status measurement instruments (COSMIN checklist). Quality of Life Research, 21(4), 651–657. https://doi.org/10.1007/s11136-011-9960-1

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: The following questions are about the difficulties you have experienced during your work in the past week due to your knee/hip. Please indicate for each activity how much difficulty you had performing it.
Response Scale: 5-point scale: 1 = extreme difficulty / impossible, 2 = much difficulty, 3 = moderate difficulty, 4 = slight difficulty, 5 = no difficulty (scored from 0 to 100)
1

Kneeling
2

Crouching / Squatting
3

Bending
4

Standing
5

Walking
6

Clambering / Climbing (e.g., stairs or ladder)
7

Making rotating movements with your knee/hip
8

Working with your hands below knee height
9

Working in an awkward posture
10

Pushing or pulling loads of at least 10 kg
11

Lifting and carrying loads of at least 10 kg
12

Walking on rough / uneven ground
13

Driving a car, van, truck, or operating foot pedals
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 23). Questionnaire sur le travail, l’arthrose et le remplacement articulaire. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-le-travail-larthrose-et-le-remplacement-articulaire/
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur le travail, l’arthrose et le remplacement articulaire.” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-le-travail-larthrose-et-le-remplacement-articulaire/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur le travail, l’arthrose et le remplacement articulaire.” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-le-travail-larthrose-et-le-remplacement-articulaire/.