1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire sur le gel de la marche (connu à l’échelle internationale sous l’acronyme Freezing of Gait Questionnaire ou FOGQ) est un instrument psychométrique et clinique de référence conçu pour évaluer la sévérité, la fréquence et l’impact fonctionnel du phénomène de « gel de la marche » (enrayage cinétique ou freezing of gait) chez les patients atteints de la maladie de Parkinson et de syndromes parkinsoniens apparentés. Développé initialement par le Pr Nir Giladi et ses collaborateurs en 2000, cet auto-questionnaire standardisé comprend six items cotés sur une échelle de Likert en cinq points (de 0 à 4), générant un score total variant de 0 à 24 points, où un score plus élevé reflète une altération plus sévère de la déambulation et des épisodes d’enrayage cinétique plus invalidants.
Sur le plan structurel, le FOGQ explore deux dimensions complémentaires : d’une part, les répercussions de la perturbation globale de la locomotion sur les activités de la vie quotidienne et l’autonomie (items 1 et 2), et d’autre part, les manifestations phénoménologiques spécifiques de l’enrayage cinétique (items 3 à 6), notamment la fréquence des blocages, leur durée maximale, ainsi que les difficultés rencontrées lors de l’initiation du pas (hesitation on starting) et des demi-tours (turning hesitation). Ces dimensions s’articulent étroitement avec les niveaux I (déficiences des structures et fonctions corporelles) et II (limitations des activités et restrictions de participation) de la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) de l’Organisation Mondiale de la Santé.
Les propriétés psychométriques de l’instrument démontrent une excellente cohérence interne, avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,84 et 0,94 selon les cohortes cliniques. La fidélité test-retest s’avère particulièrement robuste (coefficients de corrélation intraclasse souvent supérieurs à 0,80), confirmant la stabilité temporelle de la mesure en condition clinique stationnaire. Les études d’analyse factorielle révèlent une structure uni- ou bi-factorielle hautement congruente avec les modèles biomécaniques et cognitivo-moteurs du contrôle postural. En raison de sa simplicité de passation (durée estimée entre 5 et 10 minutes) et de sa pertinence clinique, le FOGQ demeure l’étalon de mesure privilégié tant dans les essais thérapeutiques pharmacologiques ou chirurgicaux que dans les protocoles de neurorééducation motrice.
2. Mots-clés / Keywords
Maladie de Parkinson, gel de la marche, enrayage cinétique, freezing of gait, FOGQ, évaluation clinique, échelle d’évaluation motrice, psychométrie, instabilité posturale, troubles de la marche, neuro-rééducation, festination, troubles locomoteurs, validation psychométrique.
3. Auteurs / Authors
Le Freezing of Gait Questionnaire (FOGQ) a été conceptualisé, validé et publié par une équipe multidisciplinaire de neurologues, chercheurs et cliniciens experts des troubles du mouvement rattachés au centre médical Sourasky de Tel Aviv et à la faculté de médecine Sackler de l’université de Tel Aviv en Israël :
- Nir Giladi, MD : Professeur de neurologie, Département de Neurologie, Unité des Troubles du Mouvement, Tel Aviv Sourasky Medical Center, Sackler Faculty of Medicine, Tel Aviv University, Tel Aviv, Israël.
- H. Shabtai, MD : Praticien hospitalier et chercheur clinicien, Unité des Troubles du Mouvement, Tel Aviv Sourasky Medical Center, Tel Aviv, Israël.
- E. S. Simon, MD : Chercheur en neurophysiologie clinique et neurologie comportementale, Sackler Faculty of Medicine, Tel Aviv University, Tel Aviv, Israël.
- S. Biran, MA : Statisticien et méthodologiste, Sackler Faculty of Medicine, Tel Aviv University, Tel Aviv, Israël.
- J. Tal, MSc : Statisticien de recherche biomédicale, Sackler Faculty of Medicine, Tel Aviv University, Tel Aviv, Israël.
- Amos D. Korczyn, MD, MSc : Professeur émérite de neurologie et de pharmacologie clinique, chaire Sieratzki de neurologie, Sackler Faculty of Medicine, Tel Aviv University, Tel Aviv, Israël.
4. Objectif / Purpose
Le Questionnaire sur le gel de la marche (FOGQ) a été développé dans le but premier de pallier une carence méthodologique majeure dans l’évaluation clinique et quantitative du phénomène d’enrayage cinétique chez les personnes vivant avec la maladie de Parkinson. Le freezing de la marche est une manifestation paroxystique et par nature imprévisible, caractérisée par une incapacité brève, involontaire et soudaine à initier la marche ou à poursuivre un mouvement de progression des membres inférieurs vers l’avant, les patients décrivant fréquemment la sensation d’avoir « les pieds collés au sol ». En raison de son caractère épisodique, transitoire et fortement dépendant de facteurs contextuels, environnementaux et émotionnels (stress, passage d’une porte, double tâche motrice ou cognitive), ce symptôme est notoirement difficile à déclencher et à observer de manière reproductible lors d’un examen clinique de routine en cabinet médical.
Avant la mise au point du FOGQ, les cliniciens s’appuyaient principalement sur l’item 14 de la sous-échelle motrice de la Unified Parkinson’s Disease Rating Scale (UPDRS), qui ne consistait qu’en une seule question générique, largement insuffisante pour capturer la multidimensionnalité, l’hétérogénéité temporelle, l’amplitude de la gêne fonctionnelle et la sévérité réelle des épisodes d’enrayage. Le FOGQ a ainsi été formalisé pour fournir un outil d’auto-évaluation standardisé, validé et robuste, capable de mesurer :
- L’impact direct des troubles de la marche sur la réalisation des activités quotidiennes de base et instrumentales ;
- La fréquence quotidienne ou hebdomadaire des épisodes de blocage moteur ;
- La durée habituelle et maximale de ces phases d’arrêt cinétique ;
- La prédisposition spécifique au gel de la marche lors de phases critiques de la locomotion, telles que l’initiation du premier pas (start hesitation) et l’exécution de changements de direction ou demi-tours (turning hesitation).
Sur le plan des applications scientifiques et cliniques, le FOGQ remplit un triple rôle. En pratique clinique ambulatoire ou hospitalière, il permet au neurologue et à l’équipe interdisciplinaire (kinésithérapeutes, ergothérapeutes) de classifier les patients en « bloqueurs » (freezers) ou « non-bloqueurs » (non-freezers), de graduer l’intensité du déficit et d’adapter les stratégies thérapeutiques, qu’il s’agisse de l’optimisation dopaminergique, de la programmation de la stimulation cérébrale profonde (SCP) du noyau sous-thalamique ou de l’instauration d’un entraînement aux signaux sensoriels externes (cueing visuel, auditif ou somatosensoriel). En recherche translationnelle et clinique, le FOGQ sert de critère de jugement principal ou secondaire dans les essais randomisés contrôlés évaluant l’efficacité de nouvelles molécules pharmacologiques, de dispositifs médicaux novateurs ou de paradigmes de rééducation motrice assistée par la technologie.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit opérationnalisé par le FOGQ repose sur une conceptualisation sensorimotrice et neuropsychologique du gel de la marche (Freezing of Gait, FOG), envisagé non pas comme un simple déficit moteur isolé, mais comme une rupture complexe et multifactorielle de l’intégration sensorimotrice, de la régulation posturale anticipatoire et du contrôle exécutif automatisé de la déambulation. La définition consensuelle stipule que le FOG est une « incapacité brève et transitoire à générer des pas efficaces, survenant le plus souvent lors de l’initiation de la marche ou lors de virages ».
L’instrument cible un construit multidimensionnel articulé autour de deux axes fondamentaux :
1. La composante fonctionnelle et incapacitante générale (Items 1 et 2)
Cette dimension mesure le retentissement locomoteur global. L’item 1 évalue la gravité générale perçue des perturbations de la marche indépendamment de la présence de blocages aigus, allant d’une démarche normale à une perte totale de la capacité d’ambulation autonome. L’item 2 quantifie la restriction de participation dans la vie quotidienne, observant dans quelle mesure les troubles de la marche entravent la réalisation autonome des tâches journalières. Cette composante s’ancre dans le modèle de la CIF en capturant l’incapacité globale et la perte d’autonomie personnelle.
2. La composante phénoménologique spécifique du blocage moteur (Items 3 à 6)
Ce pôle constitue le cœur du construit spécifique au FOG :
- Fréquence perçue et sensation d’adhérence au sol (Item 3) : Explore la régularité avec laquelle le patient ressent la sensation proprioceptive et motrice d’avoir les pieds immobilisés, collés au sol de manière incoercible lors des tentatives de progression.
- Durée paroxystique de l’épisode maximal (Item 4) : Évalue l’aspect temporel de l’enrayage le plus sévère, allant d’une micro-interruption quasi imperceptible (inférieure à une seconde) à un blocage prolongé supérieur à trente secondes nécessitant une assistance humaine pour être résolu.
- Hésitation à l’initiation motrice / Démarrage (Item 5) : Évalue le dysfonctionnement spécifique des ajustements posturaux anticipatoires (APA) nécessaires pour libérer le membre inférieur oscillant avant l’amorce de la première enjambée. Ce phénomène traduit une incapacité du système nerveux central à transférer le centre de gravité corporel de manière fluide.
- Hésitation lors des rotations axiales et demi-tours (Item 6) : Mesure la rupture du couplage intersegmentaire tête-tronco-bassin lors des mouvements giratoires. Les rotations exigent une régulation dynamique asymétrique des appuis et une charge cognitive substantielle, constituant le déclencheur environnemental le plus robuste du phénomène d’enrayage cinétique.
En quantifiant ces dimensions, le FOGQ capture un construit dynamique à l’interface de la neurophysiologie motrice et de la psychologie de l’action. L’expérience récurrente du gel engendre chez le patient une anxiété d’anticipation, une perte de confiance dans son équilibre (auto-efficacité de la marche) et une kinésiophobie secondaire. Ce cycle délétère contribue à l’aggravation de la surcharge attentionnelle et précipite la récurrence des blocages lors de situations écologiques complexes.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique sous-tendant le FOGQ s’enracine dans la neurobiologie des ganglions de la base, les modèles cognitivo-moteurs du contrôle de la locomotion et les neurosciences comportementales du mouvement. Historiquement, la marche a longtemps été considérée comme un comportement moteur principalement sous-cortical et automatisé, orchestré par les générateurs de motifs spinaux (Central Pattern Generators) modulés par les afférences mésencéphaliques et le noyau pédonculopontin (PPN). Les recherches contemporaines, menées notamment par des théoriciens du mouvement tels que Nir Giladi, John Nutt, Alice Nieuwboer et Bastiaan Bloem, ont radicalement transformé cette vision, révélant que le maintien d’une déambulation fluide requiert une orchestration constante entre les structures fronto-striatales, les réseaux locomoteurs cérébelleux et les boucles thalamo-corticales.
Plusieurs modèles théoriques convergents étayent les construits explorés par le FOGQ :
Le modèle du découplage cognitivo-moteur et de l’interférence attentionnelle
Dans la maladie de Parkinson, la perte neuronale dopaminergique striatale détériore l’automaticité motrice. Le sujet parkinsonien doit ainsi mobiliser des ressources cognitives corticales explicites (principalement localisées au sein du cortex préfrontal dorsolatéral et de l’aire motrice supplémentaire) pour compenser la perte des automatismes locomoteurs. Selon la théorie de la charge cognitive et de l’interférence par double tâche (Dual-Task Interference Theory), dès lors que la demande attentionnelle dépasse les capacités de traitement exécutif disponibles — par exemple lors de l’orientation spatiale dans un environnement encombré ou de la gestion d’une conversation —, les ressources allouées à la marche s’effondrent brutalement, entraînant l’émergence de l’enrayage cinétique.
Le modèle de l’asymétrie motrice et du déficit de coordination bilatérale
Ce courant met en avant le rôle prépondérant de la désynchronisation spatio-temporelle entre les deux membres inférieurs. Lors d’un virage, les exigences biomécaniques imposent une modification différentielle de la longueur du pas interne par rapport au pas externe. L’altération des circuits striato-pédonculaires perturbe la modulation rythmique bilatérale, conduisant à une festination progressive (raccourcissement critique du pas associé à une augmentation non contrôlée de la cadence) qui culmine en un blocage complet du déplacement.
Le modèle de la défaillance des ajustements posturaux anticipatoires (APA)
Sur le plan de l’initiation du mouvement (exploré spécifiquement par l’item 5), le modèle théorique démontre que l’incapacité à décoller le pied n’est pas une simple paralysie distale, mais une incapacité à générer le déplacement initial postéro-latéral du centre de pression nécessaire à la propulsion du corps. Au lieu d’un transfert latéral unique et coordonné, le système produit des oscillations posturales rapides et inefficaces dans le plan médio-latéral, mimant un tremblement des jambes sur place.
Le FOGQ s’inscrit donc dans une approche biopsychosociale où les altérations neurobiologiques structurales interagissent continuellement avec les processus perceptivo-cognitifs, le sentiment d’auto-efficacité de la marche et les contraintes écologiques de l’environnement physique.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du FOGQ a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques rigoureuses à travers des populations diversifiées de patients atteints de la maladie de Parkinson, confirmant sa robustesse métrologique.
Validité de contenu et d’apparence
Lors de sa conception par Giladi et al. (2000), le contenu des items a été dérivé d’entretiens cliniques approfondis menés auprès de patients parkinsoniens rapportant des épisodes récurrents d’enrayage cinétique, complétés par l’évaluation d’un panel d’experts internationaux des troubles du mouvement. Les questions ont été rédigées dans un langage clair, direct et sans équivoque médicale, évitant l’usage de termes complexes afin de maximiser la validité d’apparence auprès des répondants non spécialistes.
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente du FOGQ a été établie par la démonstration de corrélations statistiquement significatives et cliniquement cohérentes avec les échelles étalons reconnues en neurologie :
- UPDRS Partie III (Évaluation motrice) : Des corrélations modérées à fortes ont été observées (coefficients de Spearman $r_s$ compris entre 0,45 et 0,65, $p < 0,001$), indiquant que si le FOG est lié à la sévérité motrice globale, il représente une entité clinique partiellement indépendante des symptômes cardinaux classiques (tremblement de repos, rigidité plastique).
- Item 14 de l’UPDRS Partie II (Évaluation spécifique du Freezing) : Les analyses révèlent une corrélation élevée ($r_s > 0,70$), attestant que le FOGQ explore adéquatement le phénomène cible tout en offrant une granularité descriptive infiniment supérieure.
- Tests chronométrés de la locomotion : Des corrélations significatives ont été rapportées avec le test Timed Up and Go (TUG), en particulier lors de la réalisation du TUG en condition de double tâche cognitive ($r = 0,52$ à $0,68$), ainsi qu’avec le test de marche sur 10 mètres.
- Échelles d’équilibre et de peur de chuter : Le score total du FOGQ est corrélé négativement avec l’échelle d’équilibre de Berg (Berg Balance Scale, $r = -0,50$ à $-0,62$) et corrélé positivement avec l’échelle d’efficacité des chutes (Falls Efficacy Scale-International, FES-I, $r = 0,55$ à $0,70$), soulignant la relation intime entre blocage de la marche et risque de chute traumatique.
Validité discriminante
L’instrument démontre une excellente capacité à discriminer les patients « bloqueurs » avérés des patients « non-bloqueurs ». Les études comparatives indiquent que les scores des patients cliniquement exempts de FOG sont constamment nuls ou restreints aux items généraux de mobilité (items 1 et 2), tandis que les scores aux items 3 à 6 permettent de catégoriser la sévérité du gel avec des seuils diagnostiques d’une grande sensibilité (sensibilité rapportée supérieure à 85 % et spécificité supérieure à 90 % pour la discrimination globale du statut de bloqueur).
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité et de précision métrologique du Questionnaire sur le gel de la marche ont été corroborées par de multiples protocoles méthodologiques internationaux.
Cohérence interne
Dans la publication princeps de Giladi et al. (2000), le coefficient de cohérence interne mesuré par l’alpha de Cronbach a atteint 0,94 pour l’ensemble des six items, témoignant d’une très forte homogénéité des énoncés et d’une excellente redondance conceptuelle contrôlée. Les validations transculturelles ultérieures — notamment les adaptations en néerlandais (Keus et al., 2006), en espagnol, en allemand et en français — ont rapporté des coefficients alpha de Cronbach systématiquement élevés, oscillant de manière stable entre 0,84 et 0,95. L’analyse des corrélations item-total corrigées a confirmé que le retrait d’aucun item n’accroît de façon significative l’alpha global, validant l’apport structurel de chaque question.
Fidélité test-retest
La reproductibilité temporelle a été mesurée dans des intervalles variant de 7 à 30 jours chez des patients stables sur le plan pharmacologique. Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) global pour le score total du FOGQ s’établit entre 0,83 et 0,95, ce qui dénote une stabilité test-retest excellente. Pour les items pris individuellement, les valeurs du coefficient de concordance kappa pondéré ($kappa$) oscillent entre 0,65 et 0,88, attestant d’une bonne à excellente concordance inter-séances.
Fidélité inter-évaluateurs
Bien que le FOGQ soit conçu prioritairement comme un auto-questionnaire, son administration est fréquemment guidée par un clinicien ou un investigateur en recherche. Les comparaisons entre auto-passation autonome par le patient et cotation assistée par un professionnel de santé spécialisé objectivent un accord très élevé (CCI > 0,90), confirmant la transparence et l’intelligibilité des ancrages de réponse.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Les investigations psychométriques fondées sur l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) ont apporté des éclairages cruciaux sur l’architecture dimensionnelle du FOGQ.
Structure à deux facteurs
La majorité des analyses factorielles exploratoires, utilisant des méthodes d’extraction en composantes principales suivies de rotations orthogonales (Varimax) ou obliques (Promax), mettent en évidence une solution robuste à deux facteurs distincts expliquant plus de 75 % à 82 % de la variance totale :
- Facteur 1 : Sévérité spécifique du Freezing et Déclencheurs cinétiques (Items 3, 4, 5, 6) : Ce facteur s’impose comme le noyau dur de l’échelle, rendant compte de la plus grande proportion de la variance expliquée (souvent > 55 %). Les saturations factorielles de ces quatre items sont particulièrement massives, oscillant typiquement entre 0,78 et 0,92. Ce facteur agrège la fréquence des épisodes, la durée maximale d’immobilisation, l’hésitation au départ et le blocage lors des rotations.
- Facteur 2 : Retentissement locomoteur général et limitations fonctionnelles (Items 1 et 2) : Ce second facteur rend compte d’environ 15 % à 20 % de la variance supplémentaire. Les items 1 et 2 y saturent fortement (> 0,82), tout en présentant des saturations croisées faibles (< 0,30) sur le premier facteur. Ce résultat confirme que la perturbation globale de la déambulation et l’incapacité au quotidien forment une dimension distincte mais corrélée au gel moteur pur.
Considérations méthodologiques et évolution vers le NFOG-Q
Bien que certains auteurs aient proposé une utilisation unidimensionnelle de l’échelle au moyen d’un score composite unique allant de 0 à 24 points (la corrélation inter-facteurs étant significative, $r pprox 0,55 ext{–}0,65$), les limites structurelles du FOGQ original ont stimulé des travaux d’optimisation. Notamment, l’inclusion d’items de marche générale (items 1 et 2) pouvait diluer la spécificité de la mesure chez des sujets souffrant d’autres déficits de l’appareil locomoteur. Ces constatations factorielles ont directement conduit en 2008 à la création du New Freezing of Gait Questionnaire (NFOG-Q) par Nieuwboer et al., qui intègre un film vidéo démonstratif pour harmoniser la représentation mentale du patient avant passation et sépare explicitement la confirmation du statut de « freezer » de la gradation quantitative fine des symptômes.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’instrument : Questionnaire sur le gel de la marche (Freezing of Gait Questionnaire – FOGQ)
- Type d’instrument : Mesure des résultats rapportés par les patients (Patient-Reported Outcome Measure – PROM), auto-questionnaire ou hétéro-questionnaire administré en entretien clinique dirigé
- Population cible : Adultes et personnes âgées atteints de la maladie de Parkinson ou de syndromes parkinsoniens atypiques (Paralysie supranucléaire progressive, Atrophie multisystématisée, Dégénérescence corticobasale)
- Nombre d’items : 6 items au total
- Items 1 et 2 : Évaluation générale de la marche et de son impact sur la vie quotidienne
- Items 3, 4, 5 et 6 : Évaluation spécifique des épisodes d’enrayage cinétique (fréquence, durée, démarrage, virages)
- Format des réponses : Échelle ordinale de type Likert en 5 points (graduée de 0 à 4 avec descripteurs d’ancrage comportementaux précis pour chaque échelon)
- Modalités de cotation :
- Chaque item est coté de 0 (absence de trouble / fonctionnement normal) à 4 (déficit le plus sévère / incapacité complète).
- Le score total s’obtient par la somme arithmétique des 6 items :
$$\text{Score Total FOGQ} = \sum_{i=1}^{6} \text{Item}_i$$ - Étendue du score total : de 0 à 24 points.
- Un score total de 0 indique une marche perçue comme normale sans aucun épisode de gel.
- Un score plus élevé traduit une sévérité accrue des troubles de la marche et des blocages cinétiques.
- Temps d’administration : Environ 5 à 10 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2000 (travaux initiés en 1999, publication validée en 2000).
- Auteurs pionniers : Nir Giladi, H. Shabtai, E. S. Simon, S. Biran, J. Tal, Amos D. Korczyn.
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Les droits initiaux de publication sont associés à l’article fondateur paru dans le Journal of Neural Transmission (Springer-Verlag). L’échelle est largement considérée par la communauté académique et clinique internationale comme un instrument d’évaluation médicale standardisé accessible à des fins de recherche et de pratique clinique non commerciale.
- Conditions d’utilisation et tarifs : L’utilisation du FOGQ dans le cadre de la pratique clinique courante, des travaux universitaires indépendants et de la recherche académique non promotionnelle est généralement libre de redevance (royalty-free), sous réserve de citer scrupuleusement la référence méthodologique originale de Giladi et al. (2000). Pour une utilisation dans le cadre d’essais cliniques parrainés par l’industrie pharmaceutique ou pour l’intégration logicielle commerciale, des autorisations formelles doivent être sollicitées auprès des détenteurs légaux des droits d’édition.
12. Références / References
- Giladi, N., Shabtai, H., Simon, E. S., Biran, S., Tal, J., & Korczyn, A. D. (2000). Construction of inversion and validation of the "freezing of gait questionnaire" for patients with Parkinson's disease. Journal of Neural Transmission, 107(8-9), 991–999. https://doi.org/10.1007/s007020070047
- Keus, S. H. J., Bloem, B. R., Verbaan, D., de Jong, P. A., Copijn, M., van Hilten, J. J., & Munneke, M. (2006). De Freezing of Gait Questionnaire (FOGQ): Nederlandse vertaling en betrouwbaarheid bij patiënten met de ziekte van Parkinson. Nederlands Tijdschrift voor Fysiotherapie, 116(6), 148–152.
- Nieuwboer, A., Rochester, L., Herman, T., Vandenberghe, W., Emil, G. E., Thomaes, T., & Giladi, N. (2009). Reliability of the new freezing of gait questionnaire for patients with Parkinson's disease. Gait & Posture, 30(4), 459–463. https://doi.org/10.1016/j.gaitpost.2009.07.108
- Nutt, J. G., Bloem, B. R., Giladi, N., Hallett, M., Horak, F. B., & Nieuwboer, A. (2011). Freezing of gait: moving forward on a mysterious clinical phenomenon. The Lancet Neurology, 10(8), 734–744. https://doi.org/10.1016/S1474-4422(11)70143-0
- Vogler, T., Janssen, S., Mancini, M., Horak, F. B., Bloem, B. R., & Giladi, N. (2015). Capturing freezing of gait: Questionnaire, laboratory assessment, or objective monitoring? Movement Disorders, 30(11), 1445–1448. https://doi.org/10.1002/mds.26359
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions for the patient / examiner:
The following questionnaire is designed to evaluate your walking abilities and any episodes of freezing of gait you may experience. Freezing of gait is defined as a sudden, unpredictable, and transient inability to move your feet forward, feeling as if your feet are glued or stuck to the floor, often occurring when starting to walk or while turning around. Please choose the single score (0 to 4) that best describes your typical condition over the past week.
1. During your worst state, do you walk:
1 = Almost normally – somewhat slow.
2 = Slow but fully independent.
3 = Need assistance or walking aid.
4 = Unable to walk. Needs wheelchair.
2. Are your daily activities affected by your walking difficulties?
1 = Very mildly – rarely interferes.
2 = Mildly – sometimes interferes.
3 = Moderately – frequently interferes.
4 = Severely – constantly interferes, unable to perform most daily activities.
3. Do you feel that your feet get glued to the floor while walking, making a turn, or trying to initiate walking (freezing)?
1 = Very rarely – about once a month.
2 = Rarely – about once a week.
3 = Often – about once a day.
4 = Always – definitely more than once a day.
4. How long is your longest freezing episode?
1 = 1 to 2 seconds.
2 = 3 to 10 seconds.
3 = 11 to 30 seconds.
4 = More than 30 seconds.
5. How long does a typical start-hesitation last (hesitation when taking the first step)?
1 = Takes 1 to 2 seconds to start.
2 = Takes 3 to 10 seconds to start.
3 = Takes 11 to 30 seconds to start.
4 = Takes more than 30 seconds to start.
6. How long does a typical turning-hesitation last (hesitation while making a turn)?
1 = Takes 1 to 2 seconds to complete the turn.
2 = Takes 3 to 10 seconds to complete the turn.
3 = Takes 11 to 30 seconds to complete the turn.
4 = Takes more than 30 seconds to complete the turn.