Questionnaire sur la relation centrale (CRQ)

Le Central Relationship Questionnaire (CRQ) est une échelle psychométrique mesurant les schémas relationnels conflictuels selon le modèle CCRT de Lester Luborsky. Découvrez son cadre théorique, sa validité, sa fidélité et ses items intégraux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire sur la relation centrale (Central Relationship Questionnaire, CRQ) est un instrument psychométrique auto-rapporté conçu pour opérationnaliser et évaluer quantitativement le modèle du thème relationnel conflictuel central (Core Conflictual Relationship Theme, CCRT), développé à l’origine par Lester Luborsky dans le cadre des psychothérapies psychodynamiques. Développé par Robert M. Weinryb, Jacques P. Barber, Carol Foltz, Sara G. M. Göransson et J. Petter Gustavsson (1998, 2000), le CRQ a été élaboré pour pallier la lourdeur méthodologique du codage qualitatif des épisodes relationnels narratifs (Relationship Episode Interview), offrant ainsi aux chercheurs et cliniciens une mesure standardisée, rapide et fidèle des schémas interpersonnels répétitifs.

Dans sa version adaptée aux partenaires amoureux (CRQ 6.0 – Romantic Partner), le questionnaire explore les dynamiques interactionnelles vécues lorsque la relation traverse ses moments les plus difficiles. L’instrument évalue les trois composantes structurales fondamentales du modèle CCRT :

  • Les Désirs, besoins et souhaits du sujet (Wishes, W), mesurant ce que l’individu recherche ou attend fondamentalement de son partenaire (par exemple, le besoin d’intimité, d’autonomie ou de contrôle) ;
  • Les Réponses perçues de l’autre (Responses from Other, RO), évaluant la manière dont le partenaire est perçu comme réagissant à ces souhaits (par exemple, rejet, domination, bienveillance ou soumission) ;
  • Les Réponses du soi (Responses of Self, RS), capturant les réactions affectives, comportementales et cognitives de l’individu face aux réponses réelles ou anticipées du partenaire (par exemple, anxiété, repli sur soi, agressivité ou affirmation).

Le questionnaire comprend une section préliminaire de caractérisation de la relation (6 items évalués sur une échelle de Likert de 1 à 7), suivie d’une série d’items évaluant les souhaits (items 1 à 40), les réponses de l’autre (23 items) et les réponses du soi (38 items), notés sur une échelle de fréquence en 7 points allant de 1 (« Jamais vrai pour moi / pour mon partenaire ») à 7 (« Toujours vrai pour moi / pour mon partenaire »). Les études psychométriques initiales et transculturelles (notamment sur des échantillons américains et suédois) mettent en évidence une consistance interne satisfaisante à excellente, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,70 et 0,91 pour les différentes sous-échelles factorielles, ainsi qu’une stabilité temporelle robuste au test-retest. Le CRQ constitue un pont empirique majeur entre les théories psychanalytiques de la relation d’objet et la recherche quantitative contemporaine sur les processus thérapeutiques et la psychopathologie interpersonnelle.

2. Mots-clés / Keywords

Questionnaire sur la relation centrale, CRQ, Core Conflictual Relationship Theme, CCRT, Lester Luborsky, Jacques P. Barber, schémas relationnels, psychothérapie psychodynamique, relations de couple, attachement adulte, évaluation interpersonnelle, psychométrie, inventaire relationnel, transfert, relations d’objet.

3. Auteurs / Authors

Le Questionnaire sur la relation centrale a été conçu par une équipe internationale de chercheurs de premier plan spécialisés dans la recherche sur la psychothérapie, la psychologie clinique et la personnalité :

  • Jacques P. Barber, Ph.D., ABPP : Professeur et doyen émérite à la Derner School of Psychology de l’Adelphi University (Garden City, New York, États-Unis), et anciennement directeur associé du Center for Psychotherapy Research au Département de Psychiatrie de l’Université de Pennsylvanie (Perelman School of Medicine). Ses travaux font autorité dans l’étude des processus thérapeutiques, de l’alliance thérapeutique et de l’efficacité des psychothérapies psychodynamiques et cognitives.
  • Robert M. Weinryb, M.D., Ph.D. : Psychiatre, psychanalyste et chercheur affilié au Département de Neurosciences Cliniques, Section de Psychiatrie du Karolinska Institutet (Stockholm, Suède). Il s’est particulièrement illustré dans la validation interculturelle des mesures d’évaluation des relations d’objet et de la personnalité.
  • Carol Foltz, Ph.D. : Chercheuse et méthodologiste au Center for Psychotherapy Research, Département de Psychiatrie, Université de Pennsylvanie (Philadelphie, Pennsylvanie, États-Unis), spécialisée dans le développement d’outils statistiques et psychométriques appliqués à la clinique.
  • Sara G. M. Göransson, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse au Karolinska Institutet et à l’Université de Stockholm (Suède), reconnue pour ses contributions aux études transculturelles comparatives sur les modèles relationnels.
  • J. Petter Gustavsson, Ph.D. : Professeur de psychologie de la personnalité au Département de Neurosciences Cliniques du Karolinska Institutet (Stockholm, Suède), expert internationalement reconnu en psychométrie, génétique comportementale et modélisation en traits de personnalité.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du Central Relationship Questionnaire (CRQ) est de mesurer de manière standardisée, économique et psychométriquement rigoureuse les schémas relationnels conflictuels centraux qui structurent la vie interpersonnelle d’un individu, en ciblant particulièrement les relations dyadiques intimes telles que le couple amoureux.

Nécessité méthodologique et clinique

Historiquement, l’évaluation des schémas relationnels répétitifs en milieu clinique reposait presque exclusivement sur la méthode CCRT formalisée par Lester Luborsky (1984). Bien que d’une remarquable richesse clinique, cette approche narrative nécessite la transcription mot à mot d’entretiens cliniques approfondis (Relationship Episode Interview), suivie du repérage d’au moins trois à dix épisodes narratifs complets et de leur cotation par plusieurs juges indépendants préalablement entraînés. Ce processus d’évaluation qualitative exige souvent de huit à quinze heures de travail par patient, ce qui restreint considérablement son application dans les grands protocoles d’essais cliniques randomisés ou dans la pratique clinique ambulatoire quotidienne.

Le CRQ a été conçu précisément pour surmonter cette entrave pratique. En transposant les catégories sémantiques et structurales du CCRT dans un format d’auto-évaluation structuré, le questionnaire permet de recueillir en moins de vingt minutes une cartographie détaillée et quantitative des attentes relationnelles de l’individu, des réponses qu’il anticipe de son partenaire et de ses propres patterns de réaction affective et comportementale.

Applications en recherche et en pratique clinique

Le CRQ remplit plusieurs fonctions cliniques et scientifiques majeures :

  • Planification et ciblage des interventions thérapeutiques : En identifiant avec précision les conflits récurrents du patient (par exemple, un désir intense de proximité émotionnelle couplé à la conviction invariable que l’autre va rejeter ou humilier le sujet), le clinicien peut formuler une hypothèse psychodynamique claire et cibler les interprétations transférentielles ou les restructurations cognitives dès le début de la prise en charge.
  • Évaluation de l’efficacité et du changement thérapeutique : Utilisé en pré-traitement, en cours de thérapie et en post-traitement, le CRQ permet d’évaluer la flexibilité psychologique acquise par le patient. Une psychothérapie réussie ne se traduit pas nécessairement par la disparition totale des désirs fondamentaux, mais par une diminution de la perception rigide d’un partenaire hostile et par une réduction des réactions autodestructrices ou régressives du soi.
  • Étude des relations conjugales et de la détresse de couple : Dans le champ de la thérapie de couple, le CRQ offre une double lecture des représentations internes des deux partenaires, mettant en lumière les cercles vicieux interactionnels où les réponses défensives de l’un viennent activer les craintes d’abandon ou de soumission de l’autre.
  • Recherche translationnelle sur les troubles de la personnalité : L’outil sert de référence pour quantifier la dysfonction interpersonnelle, élément central du modèle alternatif des troubles de la personnalité du DSM-5 (Section III) et de la CIM-11.

5. Construit psychologique / Construct

Le CRQ opérationnalise le construit de schéma relationnel central à travers le prisme triadique du CCRT. Ce modèle postule que les individus intériorisent, au fil de leur développement affectif précoce, des représentations généralisées des interactions avec les figures significatives. Ces représentations s’organisent autour de trois composantes interdépendantes : les Souhaits (W), les Réponses de l’Autre (RO), et les Réponses du Soi (RS).

1. Les Souhaits, Besoins et Désirs du Sujet (Wishes – W)

Cette dimension mesure les motivations interpersonnelles fondamentales que l’individu cherche à satisfaire dans son interaction avec son partenaire. L’analyse factorielle isole plusieurs sous-construits clés :

  • Désir d’intimité, d’amour et de connexion (Wish for Closeness / Affection) : Le besoin d’être aimé, compris, soutenu et validé émotionnellement par l’autre (ex. : « I wish to be loved », « I wish to be emotionally close to my partner »).
  • Désir d’autonomie et d’indépendance (Wish for Autonomy / Independence) : La motivation à préserver son intégrité psychique, à agir selon sa propre volonté sans intrusion ni contrôle externe (ex. : « I wish to be independent », « I wish to do my own thing »).
  • Désir de contrôle et de domination (Wish to Control / Dominate) : Le besoin d’exercer une emprise sur le partenaire afin d’atténuer sa propre angoisse d’impuissance (ex. : « I wish to control my partner », « I wish to have power over my partner »).
  • Désir d’évitement ou d’agression (Wish to Hurt / Distance) : Les pulsions défensives visant à repousser le partenaire ou à lui faire subir des représailles pour se prémunir d’une blessure narcissique (ex. : « I wish to be distant », « I would like to hurt my partner »).

2. Les Réponses Perçues de l’Autre (Responses from Other – RO)

La composante RO capture les représentations internes quant à l’attitude et au comportement du partenaire. Elle ne mesure pas nécessairement la réalité objective de l’autre, mais plutôt le filtre projectif à travers lequel le sujet appréhende son partenaire dans les moments de tension relationnelle :

  • Partenaire rejetant et hostile (Partner is Rejecting / Hostile) : La perception que le partenaire est dénigrant, froid, distant ou malveillant (ex. : « My partner rejects me », « My partner hurts me »).
  • Partenaire contrôlant et dominant (Partner is Controlling / Dominating) : La perception d’un partenaire envahissant, autoritaire ou cherchant à imposer sa volonté (ex. : « My partner dominates me », « My partner has power over me »).
  • Partenaire bienveillant et soutenant (Partner is Loving / Responsive) : La reconnaissance, même en période conflictuelle, des capacités d’affection et d’attention du partenaire (ex. : « My partner cares for me », « My partner feels I am a special person »).
  • Partenaire soumis ou dépendant (Partner is Submissive / Deferring) : La perception d’un partenaire passif, effacé ou prêt à s’effacer face aux volontés du sujet (ex. : « My partner is submissive », « My partner readily defers to me »).

3. Les Réponses du Soi (Responses of Self – RS)

La composante RS reflète l’état émotionnel, cognitif et comportemental qui émerge chez le sujet en réaction aux réponses vécues ou anticipées du partenaire :

  • Détresse affective, anxiété et sentiment d’impuissance (Self is Anxious / Depressed / Helpless) : L’expérience d’une insécurité profonde, d’un sentiment de rejet et d’une dévalorisation personnelle (ex. : « I feel rejected », « I feel unsure about our relationship », « I feel mistreated »).
  • Retrait émotionnel et évitement (Self is Withdrawing / Distant) : La mise en place de défenses d’évitement comportemental ou affectif pour neutraliser l’angoisse relationnelle (ex. : « I distance myself », « I do not open up », « I avoid difficulties with my partner »).
  • Affirmation de soi et autonomie mature (Self is Assertive / Autonomous) : La capacité à maintenir son efficacité personnelle, à communiquer ses émotions de manière congruente et à poursuivre ses buts sans céder à la panique (ex. : « I act maturely », « I express my thoughts, feelings, and wishes », « I feel competent »).
  • Contrôle actif ou soumission réactive (Self is Controlling or Submissive) : Les tentatives d’action compensatoire, soit en s’efforçant de dominer la situation, soit en se pliant passivement aux exigences perçues de l’autre (ex. : « I control my partner » vs. « I am submissive »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le CRQ s’enracine au confluent de trois courants théoriques majeurs de la psychologie contemporaine : la métapsychologie psychodynamique des relations d’objet, le modèle CCRT de Lester Luborsky, et la théorie de l’attachement développée par John Bowlby.

Le modèle CCRT de Lester Luborsky

Dans les années 1970 et 1980, Lester Luborsky a formalisé le Core Conflictual Relationship Theme comme une méthode empirique d’investigation du concept psychanalytique de transfert (Freud, 1912). Selon Luborsky, chaque individu possède un scénario relationnel dominant, souvent forgé dans l’enfance, qui se réactive systématiquement dans les relations interpersonnelles d’importance adulte et dans la relation thérapeutique avec l’analyste. Ce scénario obéit à une logique séquentielle rigoureuse : « Face à tel désir fondamental (W), j’anticipe que l’autre va réagir de telle façon (RO), ce qui déclenche inévitablement en moi telle réponse affective ou comportementale (RS) ». Le CRQ constitue l’opérationnalisation psychométrique directe de cette séquence.

La théorie des relations d’objet

Le CRQ s’appuie également sur les théories des relations d’objet d’auteurs tels que Ronald Fairbairn, Donald Winnicott et Otto Kernberg. Dans cette perspective, la structure de la personnalité est conçue comme une organisation interne d’unités dyadiques composées d’une représentation de soi, d’une représentation de l’objet (l’autre) et d’un affect reliant les deux. Lorsque la personnalité présente des failles de structuration (comme dans les organisations limites ou narcissiques), les représentations de soi et de l’autre sont clivées, rigides et teintées d’affects extrêmes de persécution, d’abandon ou de domination. Le CRQ évalue précisément ces configurations dyadiques intériorisées, notamment dans les moments critiques où la relation est « au pire » (at its worst), moment privilégié d’émergence des défenses primitives.

La théorie de l’attachement et le circomplexe interpersonnel

Le cadre théorique s’articule étroitement avec les modèles de l’attachement adulte (Bowlby, 1969 ; Hazan & Shaver, 1987 ; Bartholomew & Horowitz, 1991). Les modèles opérants internes (Internal Working Models) de l’attachement correspondent conceptuellement aux configurations CCRT : un attachement insécure-anxieux se caractérisera sur le CRQ par un désir élevé de proximité (W), une réponse perçue de rejet ou d’abandon de l’autre (RO), et une réponse de soi marquée par l’hyperactivation anxieuse et le sentiment de panique (RS). À l’inverse, l’attachement insécure-évitant se traduira par des souhaits marqués de distance (W) et des réponses de soi caractérisées par la désactivation émotionnelle (RS).

Enfin, le CRQ intègre les coordonnées géométriques du modèle circumplex interpersonnel de Leary (1957) et du SASB (Structural Analysis of Social Behavior) de Lorna Smith Benjamin (1974), structuré autour de deux axes orthogonaux majeurs : l’Affiliation (amour/haine, proximité/distance) et l’Interdépendance (domination/soumission, autonomie/contrôle).

7. Validité / Validity

Les propriétés psychométriques du CRQ ont fait l’objet de multiples études empiriques de validation aux États-Unis et en Suède, démontrant une excellente solidité métrologique.

Validité de construit

La validité de construit a été documentée par Barber, Foltz et Weinryb (1998) ainsi que par Weinryb et al. (2000). Les corrélations inter-échelles confirment la cohérence théorique du modèle triadique. Par exemple, les souhaits de contrôle (W) sont positivement et fortement corrélés à la perception d’un partenaire hostile (RO) et à des réponses de soi dominantes ou agressives (RS). De même, les souhaits d’intimité et de validation (W) s’associent positivement aux réponses positives du partenaire lorsque la relation est stable, mais corrèlent avec la détresse du soi (RS) chez les individus consultant pour des difficultés relationnelles chroniques.

Validité convergente et concurrente

La validité convergente du CRQ a été établie en comparant ses sous-échelles à des instruments de référence :

  • Inventaire des problèmes interpersonnels (IIP-64) : Des corrélations significatives (allant de r = 0,40 à r = 0,65, p < 0,001) ont été observées entre les sous-échelles de détresse/rejet du CRQ et les octants de soumission, d’évitement social et d’agressivité de l’IIP.
  • Structural Analysis of Social Behavior (SASB) : Les dimensions d’autonomie et de contrôle du CRQ corrèlent fortement avec les surfaces correspondantes du SASB de Benjamin, démontrant que le questionnaire capte avec précision les positions interpersonnelles d’émancipation versus de contrainte.
  • Échelles d’attachement adulte (ECR / ECR-R) : Les dimensions d’anxiété d’attachement corrèlent positivement avec les sous-échelles de peur de l’abandon du CRQ (ex. : « I wish for my partner not to desert me », r > 0,55), tandis que l’évitement de l’attachement corrèle avec les souhaits de non-ouverture émotionnelle et de retrait.
  • Symptomatologie dépressive (BDI) et névrosisme : Les scores élevés sur les réponses du soi anxieuses et dépressives (RS) corrèlent de façon modérée à forte (r = 0,35 à 0,50) avec les scores du BDI et le trait de névrosisme mesuré par le NEO-PI-R.

Validité discriminante

Le CRQ discrimine efficacement les populations cliniques des populations non cliniques. Dans l’étude comparative de Weinryb et al. (2000), les patients psychiatriques ambulatoires présentaient des niveaux significativement plus élevés de souhaits de contrôle, percevaient leur partenaire comme significativement plus rejetant et affichaient des réactions de détresse du soi nettement supérieures à celles observées chez les sujets témoins de la population générale (tailles d’effet de Cohen d variant de 0,60 à 1,10).

8. Fidélité / Reliability

La fidélité du CRQ a été évaluée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle (test-retest).

Consistance interne

Les analyses publiées par Barber et al. (1998) et confirmées par Weinryb et al. (2000) dans des échantillons suédois (N = 345) et américains (N = 280) rapportent des indices de consistance interne très satisfaisants :

  • Sous-échelles des Souhaits (W) : Les coefficients alpha de Cronbach (α) s’échelonnent entre 0,72 et 0,89 selon les dimensions. Les facteurs relatifs au « Désir d’intimité/amour » (α = 0,88) et au « Désir de contrôle/pouvoir » (α = 0,84) affichent une consistance particulièrement élevée.
  • Sous-échelles des Réponses de l’Autre (RO) : Les coefficients alpha varient de 0,75 à 0,91. La dimension « Partenaire rejetant / hostile » présente une homogénéité interne remarquable (α = 0,90 à 0,91).
  • Sous-échelles des Réponses du Soi (RS) : Les coefficients se situent entre 0,74 et 0,88, les dimensions de « Détresse / Inconfort du soi » et « Retrait / Non-ouverture » obtenant les valeurs les plus solides (α > 0,82).

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La stabilité test-retest a été mesurée à des intervalles de 2 à 6 semaines auprès d’échantillons d’étudiants et de sujets sains non soumis à une intervention thérapeutique. Les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) et les coefficients de Pearson oscillent entre 0,70 et 0,85, attestant que le CRQ mesure des dispositions relationnelles et des schémas représentatifs stables dans le temps, et non de simples fluctuations d’humeur passagères, tout en demeurant sensible aux remaniements structuraux induits par un travail psychothérapeutique prolongé.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle du CRQ a été rigoureusement établie au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) utilisant des méthodes d’extraction en composantes principales ou en facteurs principaux avec rotation oblique (Promax ou Oblimin), reflétant l’interdépendance théorique des dimensions interpersonnelles. Ces structures ont ensuite été testées par des analyses factorielles confirmatoires (AFC).

Structure factorielle des Souhaits (W)

L’analyse des items relatifs aux souhaits a permis de dégager une structure robuste en quatre à six facteurs de premier ordre, expliquant plus de 55 % de la variance totale :

  • Facteur W1 : Recherche d’intimité, d’amour et de réassurance (saturations élevées pour les items 11, 15, 18, 22, 26, 30, 37 ; saturations factorielles comprises entre 0,55 et 0,82) ;
  • Facteur W2 : Souhait de contrôle, de domination et de vengeance (saturations sur les items 6, 10, 14, 21, 33, 40 ; saturations de 0,60 à 0,78) ;
  • Facteur W3 : Souhait d’autonomie et d’affirmation personnelle (items 3, 31, 36 ; saturations > 0,65) ;
  • Facteur W4 : Souhait de distance défensive et de non-engagement (items 8, 24, 25 ; saturations > 0,58) ;
  • Facteur W5 : Souhait de dépendance et de soumission (items 7, 35, 38).

Structure factorielle des Réponses de l’Autre (RO)

Les 23 items de la section RO se structurent de manière constante autour de quatre dimensions principales :

  • Facteur RO1 : Partenaire rejetant, froid et hostile (items 4, 12, 14, 18, 20, 21 ; saturations de 0,62 à 0,84) ;
  • Facteur RO2 : Partenaire dominant et contrôlant (items 6, 11, 16 ; saturations > 0,70) ;
  • Facteur RO3 : Partenaire aimant, valorisant et soutenant (items 5, 8, 15, 23 ; saturations > 0,68) ;
  • Facteur RO4 : Partenaire soumis et autonome (items 1, 3, 10, 13, 22).

Structure factorielle des Réponses du Soi (RS)

La dimension RS met en évidence une organisation cohérente en quatre facteurs :

  • Facteur RS1 : Détresse émotionnelle, incertitude et rejet perçu (items 4, 7, 12, 17, 21, 23, 29, 37 ; saturations de 0,54 à 0,81) ;
  • Facteur RS2 : Retrait, fermeture et évitement des conflits (items 5, 10, 15, 19, 26, 32 ; saturations de 0,50 à 0,76) ;
  • Facteur RS3 : Compétence, maturité et connexion positive (items 1, 2, 8, 9, 20, 22, 24, 25, 27, 28, 33, 34 ; saturations de 0,52 à 0,79) ;
  • Facteur RS4 : Emprise et domination réactive (items 6, 30, 31).

Les indices d’ajustement en AFC rapportés par Weinryb et al. (2000) confirment l’adéquation du modèle aux données empiriques (RMSEA < 0,06 ; CFI > 0,90 ; TLI > 0,89), validant la réplicabilité transculturelle de la structure factorielle entre les versions américaine et suédoise.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Dénomination officielle : Central Relationship Questionnaire (CRQ) – Version 6.0 (Romantic Partner).
  • Nature de l’outil : Questionnaire psychométrique auto-rapporté papier-crayon ou informatisé.
  • Population cible : Adultes et adolescents tardifs (dès 18 ans) engagés ou ayant été engagés dans une relation affective et sexuelle d’au moins trois mois au cours des trois dernières années.
  • Temps de passation : Environ 15 à 25 minutes.
  • Structure de l’instrument :
    • Questions d’ancrage relationnel initiales : 6 questions mesurant la proximité, l’intimité, l’autorité, l’importance, le niveau de plaisir au meilleur de la relation et la difficulté au pire de la relation.
    • Section I – Souhaits (W) : 40 items évaluant les désirs du sujet envers son partenaire.
    • Section II – Réponses de l’Autre (RO) : 23 items décrivant les réactions perçues du partenaire.
    • Section III – Réponses du Soi (RS) : 38 items décrivant les réactions affectives et comportementales du sujet.
  • Échelles de cotation :
    • Pour les questions initiales 1 à 6 : échelle en 7 points (1 = Not at all / Pas du tout ; 7 = Extremely / Extrêmement).
    • Pour les sections W, RO et RS : échelle de fréquence en 7 points (1 = Never true / Jamais vrai ; 2 = Rarely / Rarement ; 3 = Occasionally / De temps en temps ; 4 = Sometimes / Parfois ; 5 = Often / Souvent ; 6 = Very often / Très souvent ; 7 = Always true / Toujours vrai).
  • Modalités de calcul et de cotation : Les scores des sous-échelles sont calculés en effectuant la moyenne arithmétique ou la somme des items saturant chaque facteur spécifique identifié lors des analyses psychométriques. Un profil graphique peut être dressé pour visualiser les composantes dominantes du CCRT du patient.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication originale : 1998 (rapport initial par Barber, Foltz & Weinryb) ; révision et études transculturelles en 2000 (Weinryb et al.). La version 6.0 a été consolidée entre 1998 et 2000.
  • Statut des droits d’auteur : Propriété intellectuelle des auteurs (Robert M. Weinryb, Jacques P. Barber, Carol Foltz, Sara G. M. Göransson, J. Petter Gustavsson) et du Center for Psychotherapy Research de l’Université de Pennsylvanie.
  • Conditions d’utilisation et politique tarifaire : L’instrument est mis gracieusement à la disposition de la communauté scientifique et clinique à des fins de recherche universitaire et de pratique clinique non commerciale. Toute exploitation commerciale, intégration dans un logiciel propriétaire ou diffusion payante requiert l’autorisation écrite préalable des auteurs titulaires des droits.
  • Accès et diffusion : Les formulaires de passation et les manuels de cotation sont historiquement accessibles via le site officiel du Center for Psychotherapy Research de l’Université de Pennsylvanie.

12. Références / References

  • Barber, J. P., Foltz, C., & Weinryb, R. M. (1998). The Central Relationship Questionnaire: Initial report. Journal of Counseling Psychology, 45(2), 131–142. https://doi.org/10.1037/0022-0167.45.2.131
  • Bartholomew, K., & Horowitz, L. M. (1991). Attachment styles among young adults: A test of a four-category model. Journal of Personality and Social Psychology, 61(2), 226–244. https://doi.org/10.1037/0022-3514.61.2.226
  • Benjamin, L. S. (1974). Structural analysis of social behavior. Psychological Review, 81(5), 392–425. https://doi.org/10.1037/h0037024
  • Bowlby, J. (1969). Attachment and loss: Vol. 1. Attachment. Basic Books.
  • Luborsky, L. (1984). Principles of psychoanalytic psychotherapy: A manual for supportive-expressive treatment. Basic Books.
  • Luborsky, L., & Crits-Christoph, P. (1998). Understanding transference: The Core Conflictual Relationship Theme method (2nd ed.). American Psychological Association. https://doi.org/10.1037/10292-000
  • Weinryb, R. M., Barber, J. P., Foltz, C., Göransson, S. G. M., & Gustavsson, J. P. (2000). Central Relationship Questionnaire (CRQ): Psychometric properties in a Swedish sample and cross-cultural studies. The Journal of Psychotherapy Practice and Research, 9(4), 201–212. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11068010/

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Initial Relational Questions (Rated on a 7-point scale: 1 = NOT AT ALL to 7 = EXTREMELY):

  1. How close is or was this person to you? ____
  2. How intimate a relationship do you have‚ or did you have‚ with this person? _______
  3. How much of an authority figure is or was this person for you? ____
  4. How important is or was this person to you? ____
  5. How enjoyable is or was the relationship at its best? ____
  6. How difficult is or was the relationship at its worst? ____

Section I: Wishes and Needs (Rated on a 7-point scale: 1 = NEVER TRUE OF ME, 2 = RARELY, 3 = OCCASIONALLY, 4 = SOMETIMES, 5 = OFTEN, 6 = VERY OFTEN, 7 = ALWAYS TRUE OF ME):

  1. I wish to be dependent on my partner
  2. I wish to be distant
  3. I wish for my partner not to leave me
  4. I wish to control my partner
  5. I wish to be a special person to my partner
  6. I wish for my partner to respond to me
  7. I want my partner to be sexually excited by me
  8. I wish to defy my partner
  9. I wish to connect with my partner
  10. I would like my partner to feel proud of her/his accomplishments
  11. I wish for my partner to recognize my opinion
  12. I wish to be trusted by my partner
  13. I wish for my partner to pay attention to me
  14. I wish to support my partner when she/he is in pain
  15. I wish to dominate my partner
  16. I wish for my partner to be interested in me
  17. I would like my partner to feel at ease
  18. I wish not to open up
  19. I wish to avoid my partner
  20. I wish to be admired by my partner
  21. I wish for my partner not to abandon me
  22. I wish for my partner to find me attractive
  23. I wish to encourage my partner
  24. I wish to be loved
  25. I wish to do my own thing
  26. I want my partner to make me sexually excited
  27. I wish to make my partner mad
  28. I wish for my partner to feel I am faithful
  29. I wish to be dominated
  30. I wish to be independent
  31. I wish to be emotionally close to my partner
  32. I wish to let my partner make decisions for me
  33. I would like to help my partner
  34. I wish to have power over my partner
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Questionnaire sur la relation centrale (CRQ). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-la-relation-centrale-crq/
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur la relation centrale (CRQ).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-la-relation-centrale-crq/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur la relation centrale (CRQ).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-la-relation-centrale-crq/.