Questionnaire sur l’image corporelle (BIQ)

Le Questionnaire sur l’image corporelle (BIQ) est un instrument psychométrique développé par le Pr David Veale pour évaluer la dysmorphophobie (BDD). Il mesure la détresse esthétique, l’impact fonctionnel, les évitements et les comportements de vérification.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire sur l’image corporelle (Body Image Questionnaire, BIQ), développé sous l’égide du professeur David Veale et de ses collaborateurs au sein du Centre for Anxiety Disorders and Trauma (CADAT) du King’s College de Londres, constitue un instrument psychométrique d’évaluation clinique et de dépistage spécifiquement conçu pour identifier et quantifier les manifestations de la dysmorphophobie (trouble dysmorphophobique ou Body Dysmorphic Disorder, BDD selon les classifications du DSM-5 et de la CIM-11). Étroitement apparenté au Cosmetic Procedure Screening Questionnaire (COPS), le BIQ en reprend l’architecture fondamentale tout en adaptant son introduction aux contextes d’évaluation psychiatrique et psychologique de routine ainsi qu’à la mesure des résultats thérapeutiques (outcome measure).

L’instrument se compose d’une section préliminaire sociodémographique et qualitative (identification des défauts corporels perçus, évaluation du temps de préoccupation journalier), suivie d’un noyau psychométrique standardisé de 12 items cotés sur des échelles de type Likert en 9 points (allant de 0 à 8). Ces items mesurent les dimensions centrales de la détresse esthétique, l’intensité des obsessions relatives à l’apparence, l’altération du fonctionnement relationnel, professionnel et social, ainsi que le degré de croyance délirante ou surinvestie quant à la visibilité du défaut supposé. Le score total du noyau quantitatif s’étend de 0 à 72, les items 8, 9 et 11 faisant l’objet d’une cotation inversée. Un seuil clinique de 40 permet de distinguer avec une excellente sensibilité et spécificité les individus souffrant d’une dysmorphophobie probable. En complément, le BIQ intègre des modules exhaustifs d’évaluation des comportements d’évitement (item 20) et des conduites de sécurisation ou de vérification (item 21), ainsi qu’une tâche projective d’auto-portrait (item 22). Les propriétés psychométriques documentées mettent en évidence une consistance interne élevée (α de Cronbach oscillant entre 0,88 et 0,93), une remarquable stabilité test-retest et une validité convergente robuste avec les mesures reconnues de dépression, d’anxiété et de dysmorphophobie.

2. Mots-clés / Keywords

Dysmorphophobie, Body Dysmorphic Disorder, BDD, image corporelle, évaluation psychométrique, Cosmetic Procedure Screening, COPS, évitement comportemental, comportements de vérification, chirurgie esthétique, thérapie cognitivo-comportementale.

3. Auteurs / Authors

Le Body Image Questionnaire (BIQ) a été formalisé par le professeur David Veale et son équipe de recherche clinique :

  • David Veale, FRCPsych, MD : Professeur de psychiatrie comportementale et cognitive au Department of Psychological Medicine, Institute of Psychiatry, Psychology and Neuroscience (IoPPN), King’s College London, et psychiatre consultant au South London and Maudsley NHS Foundation Trust (SLAM) ainsi qu’au Priory Hospital North London, Royaume-Uni. Courriel de contact institutionnel : [email protected].
  • Neill Ellison : Chercheur en psychologie clinique, Centre for Anxiety Disorders and Trauma (CADAT), South London and Maudsley NHS Foundation Trust, Londres, Royaume-Uni.
  • T. G. Werner : Psychologue clinicien et chercheur associé, Institute of Psychiatry, Psychology and Neuroscience, King’s College London, Londres, Royaume-Uni.
  • R. Dodhia : Statisticien et méthodologiste, King’s College London, Londres, Royaume-Uni.
  • Marc Serfaty : Docteur en psychiatrie, University College London (UCL) Medical School, Londres, Royaume-Uni.
  • Alex Clarke : Psychologue clinicienne spécialiste des défigurations faciales et de la chirurgie reconstructive, Royal Free London NHS Foundation Trust, Londres, Royaume-Uni.

4. Objectif / Purpose

Le BIQ a été développé pour combler une lacune diagnostique majeure dans les milieux cliniques généraux, psychiatriques et chirurgicaux. La dysmorphophobie est une pathologie psychiatrique sévère, caractérisée par une préoccupation obsédante envers un ou plusieurs défauts physiques inexistants ou minimes pour autrui, provoquant une détresse émotionnelle cliniquement significative et un dysfonctionnement socio-professionnel majeur. En dépit de sa prévalence notable (estimée entre 1,7 % et 2,9 % dans la population générale et jusqu’à 10 % à 15 % chez les patients sollicitant des consultations de chirurgie plastique ou de dermatologie esthétique), la dysmorphophobie reste dramatiquement sous-diagnostiquée en raison de la honte intense éprouvée par les patients et de leur propension à dissimuler la nature psychologique de leurs tourments.

L’objectif primordial du BIQ est d’offrir une modalité de dépistage standardisée, sensible et non intrusive, permettant :

  • L’identification différentielle des cas probables de BDD : Détecter les patients dont les préoccupations relatives à l’apparence franchissent le seuil pathologique pour requérir une prise en charge psychiatrique spécialisée, par opposition à une simple insatisfaction corporelle normative.
  • L’évaluation préopératoire en médecine et chirurgie esthétique : Prévenir les interventions chirurgicales ou dermatologiques inappropriées. Les données empiriques démontrent en effet que les interventions esthétiques chez les patients dysmorphophobiques n’améliorent pas leur symptomatologie dans plus de 90 % des cas, entraînant fréquemment une aggravation des obsessions, une focalisation sur une nouvelle zone corporelle, voire des passages à l’acte médicolégaux ou suicidaires.
  • La mesure du changement thérapeutique (Outcome Measure) : Fournir aux cliniciens un instrument quantitatif permettant de suivre l’évolution de la sévérité du trouble sous psychothérapie cognitivo-comportementale (TCC) ou sous traitement pharmacologique par inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS).
  • L’analyse fonctionnelle des composantes comportementales : Décomposer les stratégies de maintien du trouble à travers une analyse fine des conduites de sécurisation (vérifications répétées dans le miroir, demande de réassurance, camouflage vestimentaire ou cosmétique) et des conduites d’évitement social, intime et physique.

5. Construit psychologique / Construct

Le BIQ opérationnalise le construit multidimensionnel de la dysmorphophobie tel que défini par les classifications diagnostiques contemporaines (DSM-5 et CIM-11), tout en intégrant les avancées de la psychologie cognitive expérimentale. L’échelle déploie son évaluation à travers plusieurs dimensions fondamentales :

1. La préoccupation cognitive et l’évaluation négative de l’apparence

Cette dimension capture l’intensité des pensées intrusives centrées sur le défaut perçu. L’individu évalue la laideur ressentie de sa caractéristique physique (item 9 : ugly, unattractive or ‘not right’) ainsi que la difficulté à contrôler l’activité mentale obsessive qui y est consacrée (item 12 : preoccupy you… hard to stop thinking about it). Elle quantifie également le temps consacré quotidiennement à ruminer sur cette zone anatomique (item 7), discriminant les préoccupations subcliniques des obsessions invalidantes excédant souvent plusieurs heures par jour.

2. La détresse subjective et l’investissement esthétique disproportionné

Le construit postule que la gravité du trouble est indexée sur la souffrance émotionnelle (anxiété, honte, dégoût, désespoir) causée par le défaut corporel (item 10). Cette souffrance est articulée à une croyance dysfonctionnelle fondamentale selon laquelle la valeur intrinsèque d’un individu est exclusivement subordonnée à son apparence physique (item 17 : How much do you feel your appearance is the most important aspect of who you are?). Cet surinvestissement cognitif de l’esthétique corporelle constitue un facteur de vulnérabilité central au maintien du trouble.

3. L’altération du fonctionnement psychosocial et intime

La dysmorphophobie engendre un retentissement invalidant dans les sphères majeures de l’existence. Le BIQ opérationnalise ce retentissement à travers des items évaluant spécifiquement l’interférence avec :

  • Les relations conjugales et les capacités à nouer des relations affectives (item 13) ;
  • La vie sexuelle et l’intimité physique (item 14), un domaine fréquemment altéré où la nudité déclenche des attaques de panique ou un rejet phobique ;
  • Le fonctionnement professionnel, les études ou les tâches domestiques (item 15) ;
  • La vie sociale générale et les loisirs (item 16).

4. L’évaluation de l’insight et la saillance perceptive perçue

Un aspect distinctif du BIQ réside dans la quantification de la distorsion métacognitive. L’instrument mesure le degré auquel l’individu croit que son défaut est immédiatement repérable par autrui à différentes distances d’observation (item 18) et comment cette anomalie se compare à la norme de son groupe d’âge, de sexe et d’appartenance ethnique (item 19). Ces items permettent d’évaluer la dimension d’idées de référence (le sentiment que le monde extérieur scrute et juge le défaut) et le spectre de l’insight, allant de la simple idée surinvestie à la conviction quasi-délirante.

5. Les manifestations comportementales : Évitement et conduites de sécurisation

Au-delà du score quantitatif de base, le questionnaire capture le répertoire comportemental pathologique :

  • Comportements de vérification et d’hypervigilance (item 8 et item 21) : Vérification compulsive du défaut dans les miroirs, les vitrines ou par le toucher, comparaisons sociales ascendantes incessantes, prise compulsive de photographies, demande réitérée de réassurance.
  • Comportements de camouflage et de neutralisation (item 21) : Port de vêtements amples, coiffures stratégiques, surutilisation de maquillage, recours à des postures contraignantes pour masquer un angle corporel défavorable.
  • Comportements d’évitement actif (item 11 et item 20) : Fuite des rassemblements sociaux, des cabines d’essayage, des examens médicaux, de la lumière directe, de la proximité physique et des miroirs.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le BIQ s’ancre directement dans le modèle cognitivo-comportemental de la dysmorphophobie élaboré par David Veale (2004), lui-même fondé sur les modèles d’anxiété sociale de Clark et Wells (1995). Ce cadre théorique postule que la psychopathologie de la dysmorphophobie ne résulte pas d’une anomalie physique objective, mais de perturbations majeures dans le traitement de l’information relative au schéma corporel et d’un cycle vicieux d’autorégulation cognitive et comportementale.

La représentation mentale de soi en tant qu’objet social

Lorsqu’un individu vulnérable est exposé à un déclencheur environnemental (miroir, regard d’autrui, éclairage cru) ou interne (pensée intrusive, sensation cénesthésique), son système d’attention sélective bascule vers l’intérieur. Il génère une représentation mentale interne de son apparence vue depuis une « perspective à la troisième personne » (la perspective de l’observateur). Cette image mentale n’est pas une photographie fidèle de la réalité optique, mais une construction déformée, saturée d’émotions aversives, où le prétendu défaut apparaît grossi, asymétrique ou monstrueux. L’item 22 du BIQ (demande de dessin d’un auto-portrait à partir de l’image mentale) illustre directement cette composante théorique fondamentale en révélant la phénoménologie de cette représentation interne.

Les biais de traitement de l’information et de comparaison sociale

Le modèle postule une défaillance du traitement global de l’information visuelle : les personnes dysmorphophobiques présentent un biais d’analyse axé sur les détails locaux aux dépens de la configuration globale du visage ou du corps (weak central coherence). Parallèlement, des schémas cognitifs rigides (« Si je ne suis pas parfait(e), je suis rejeté(e) », « Mon physique définit mon statut social ») orientent les comparaisons sociales de manière sélective vers des cibles idéalisées, confirmant en boucle le sentiment d’infériorité morphologique.

Le rôle de maintien des conduites de sécurisation et d’évitement

Pour faire face à la menace perçue d’exposition ou de rejet social, le patient recourt à des comportements de sécurité : vérifications compulsives, camouflage et réassurance. Paradoxalement, selon le modèle de Veale, ces comportements entretiennent le trouble :

  • La vérification continue dans les miroirs augmente la saillance du défaut, fatigue le système perceptif visuel et dégrade la perception globale au profit de micro-imperfections imperceptibles pour autrui.
  • Le camouflage empêche l’invalidation des croyances catastrophiques (l’individu s’attribue sa survie sociale au succès de son camouflage et non à l’absence de danger réel).
  • L’évitement des situations relationnelles entretient l’isolement et empêche l’extinction de la réponse anxieuse conditionnée.

Le BIQ constitue ainsi l’opérationnalisation directe de ce modèle intégratif, permettant une cartographie complète des processus cognitifs, émotionnels et comportementaux qui maintiennent l’affection.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques du BIQ et de son pendant direct, le COPS, ont fait l’objet de rigoureuses validations psychométriques dans des populations cliniques de psychiatrie, des cohortes de chirurgie plastique et dermatologique, ainsi que des groupes témoins sains (Veale et al., 2011).

Validité convergente et divergente

La validité convergente du BIQ a été confirmée par des corrélations statistiquement significatives et élevées avec les instruments étalons de mesure de la dysmorphophobie et des troubles apparentés :

  • Corrélation positive robuste avec l’échelle Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale modified for Body Dysmorphic Disorder (BDD-YBOCS), variant typiquement entre r = 0,70 et r = 0,82 (p < 0,001), attestant que l’outil évalue fidèlement la sévérité du syndrome dysmorphophobique.
  • Corrélation substantielle avec l’inventaire de dépression de Beck (Beck Depression Inventory-II, BDI-II, r = 0,55 à 0,68), illustrant l’impact dépressif secondaire majeur de la détresse corporelle.
  • Corrélation étroite avec l’Appearance Anxiety Inventory (AAI, r = 0,76), instrument ciblant l’anxiété liée à l’apparence et les processus de menace.

La validité discriminante est également remarquable. Le score global du BIQ discrimine nettement les patients présentant un diagnostic formel de dysmorphophobie (DSM-IV/DSM-5) des individus composant la population générale, mais également des patients consultants en chirurgie plastique ne présentant pas de dysmorphophobie. Alors que les scores moyens chez les témoins sains oscillent généralement entre 10 et 22 points, les patients présentant une dysmorphophobie avérée obtiennent des moyennes supérieures à 45-52 points.

Validité critériée et sensibilité diagnostique

Les analyses de courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) ont mis en évidence d’excellentes qualités de classification diagnostique :

  • Sensibilité : Pour un score seuil de 40 sur l’échelle 0-72, la sensibilité atteint approximativement 88 % à 92 % pour détecter les individus répondant aux critères diagnostiques stricts de la dysmorphophobie.
  • Spécificité : La spécificité à ce même seuil de 40 s’établit entre 85 % et 90 %, minimisant significativement les risques de faux positifs parmi les individus ayant des préoccupations corporelles bénignes ou modérées.
  • Sensibilité au changement thérapeutique : Dans les essais cliniques évaluant l’efficacité de la TCC et de la pharmacothérapie, le BIQ montre une sensibilité élevée aux variations cliniques (effect size de Cohen d supérieur à 1,2 après traitement actif), confirmant sa pertinence comme mesure de suivi longitudinal.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité du BIQ a été établie à travers l’évaluation de sa consistance interne et de sa stabilité temporelle test-retest au sein d’échantillons cliniques et non cliniques.

Consistance interne

Les études psychométriques conduites sur le noyau des 12 items quantitatifs (items 8 à 19) rapportent un coefficient alpha de Cronbach (α) particulièrement robuste, compris entre 0,88 et 0,93 selon les cohortes étudiées. Ces valeurs indiquent une excellente homogénéité conceptuelle des items sans redondance excessive. Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent de 0,48 à 0,79, chaque item contribuant de manière significative à la variance globale du construit.

Stabilité test-retest

La fidélité temporelle a été documentée auprès d’échantillons de patients non traités évalués à des intervalles variant de deux à quatre semaines. Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) ou le coefficient de Pearson r pour le score global total s’élève à 0,87 – 0,91, témoignant d’une excellente stabilité temporelle de la mesure en l’absence d’intervention thérapeutique ciblée. La fidélité test-retest au niveau des items individuels demeure également très satisfaisante, avec des coefficients k compris entre 0,65 et 0,84.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle du noyau quantitatif du questionnaire a été explorée au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmée par des analyses factorielles confirmatoires (AFC).

Structure unifactorielle vs bifactorielle

Les analyses initiales menées sur le COPS et adaptées au BIQ soutiennent la présence d’un facteur général prédominant de sévérité de la dysmorphophobie, qui explique plus de 45 % à 55 % de la variance totale, justifiant pleinement l’utilisation d’un score composite global obtenu par la somme des items 8 à 19. Cependant, des modélisations plus fines mettent en lumière une structure à deux facteurs corrélés (r ≈ 0,62 à 0,70) :

  • Facteur 1 : Préoccupation, détresse et impact fonctionnel (Items 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17) : Ce facteur sature fortement sur la détresse subjective ressentie, la fréquence des ruminations et l’altération sévère des activités relationnelles, sexuelles et socioprofessionnelles (saturations factorielles allant de 0,55 à 0,84).
  • Facteur 2 : Visibilité perçue et anomalie comparée (Items 18 et 19) : Ce facteur regroupe les jugements métacognitifs relatifs à la visibilité publique du défaut pour autrui et à la déviation perçue par rapport au groupe de référence normatif (saturations factorielles oscillant entre 0,68 et 0,82).

Indices d’ajustement structurel (AFC)

Les modélisations en analyse factorielle confirmatoire démontrent un ajustement adéquat des données pour le modèle bifactoriel hiérarchique :

  • Comparative Fit Index (CFI) ≥ 0,94 ;
  • Tucker-Lewis Index (TLI) ≥ 0,92 ;
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) ≤ 0,06 (IC 90 % [0,04 – 0,08]) ;
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) ≤ 0,05.

Ces indices confirment que les items mesurent de manière cohérente la dynamique psychopathologique centrale du trouble tout en discriminant les dimensions d’impact fonctionnel et de conviction cognitive.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le BIQ est un instrument d’auto-évaluation multimodal combinant des items sociodémographiques, des questions semi-ouvertes descriptives, des échelles quantitatives standardisées, des inventaires comportementaux et une tâche graphique. Son protocole se structure comme suit :

  • Section sociodémographique (Items 1 à 5) : Recueil du sexe, de l’âge, du poids et de la taille (calcul de l’IMC), du statut marital et de la situation professionnelle.
  • Identification qualitative des défauts et décomposition d’importance (Items 6 et 7 préliminaires) :
    • Description textuelle de 1 à 5 caractéristiques corporelles perçues comme problématiques.
    • Indication pour chaque zone du souhait d’une procédure médico-chirurgicale ou dermatologique (« Actuellement », « Dans le futur », « Aucun souhait de procédure »).
    • Représentation en graphique circulaire (camembert / pie chart) de la répartition en pourcentage de la préoccupation associée à chaque zone anatomique (totalisant 100 %).
    • Estimation quantitative du temps journalier passé à penser aux défauts physiques (en heures ou minutes par jour).
  • Noyau psychométrique quantitatif d’évaluation de la BDD (Items 8 à 19) :
    • Format de réponse : 12 items cotés sur des échelles numériques de type Likert en 9 points, échelonnées de 0 à 8, avec ancrages textuels explicites aux bornes et aux points médians.
    • Items à cotation inversée (Reverse Scoring) : Les items 8, 9 et 11 doivent obligatoirement être inversés avant le calcul du score global (score recalculé = 8 − valeur brute cochée).
    • Cotation et calcul du score total : Le score total de dépistage s’obtient en sommant les scores des items 8 à 19 (après inversion des items 8, 9 et 11). Ce score total varie de 0 à 72 points.
    • Interprétation clinique : Plus le score total est élevé, plus le niveau d’altération et la probabilité diagnostique de dysmorphophobie sont importants. Un score égal ou supérieur à 40 points indique une probabilité élevée de trouble dysmorphophobique (seuil de dépistage clinique chez l’adulte).
  • Évaluation détaillée des évitements comportementaux (Item 20) : Liste fermée de 15 situations et contextes spécifiques (fêtes, intimité sexuelle, proximité physique, miroirs, vêtements amples, photographies, etc.) cotés de 0 (« N’évite jamais ») à 4 (« Évite toujours »), complétée par un champ libre pour les évitements spécifiques non listés.
  • Évaluation détaillée des comportements de sécurité et de camouflage (Item 21) : Inventaire comportemental structuré de 38 conduites de sécurisation, regroupées par domaines (vérifications miroirs et surfaces réfléchissantes, comparaisons sociales, dissimulation et camouflage vestimentaire, modifications des cheveux, soins et manipulation cutanés, contrôle du poids, de la musculature et de l’alimentation), cotées de 0 (« Jamais ») à 4 (« Toujours »).
  • Auto-portrait graphique projectif (Item 22) : Dessin libre par le patient de l’image mentale qu’il possède de son visage ou de son corps, permettant au clinicien d’analyser qualitativement les distorsions cénesthésiques et perceptives subjectives.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : Formalisé en 2009 sous le copyright du Pr David Veale (© copyright D. Veale 2009) ; validation psychométrique princeps du modèle apparenté (COPS) publiée en 2011.
  • Propriété intellectuelle : Détenue par le Pr David Veale et ses co-auteurs.
  • Statut d’accès et tarification : Le questionnaire est disponible en libre accès pour la recherche clinique, les études académiques et la pratique médicale non commerciale sans frais d’utilisation (Open Access for clinical and research purposes).
  • Distribution institutionnelle : L’instrument officiel sous format PDF peut être téléchargé gratuitement via les ressources de recherche du Centre for Anxiety Disorders and Trauma (CADAT) de l’Institut de Psychiatrie, Psychologie et Neurosciences (IoPPN), King’s College London.
  • Versions adaptées : Une version pédiatrique pour enfants et adolescents (Body Image Questionnaire Child and Adolescent Version, BIQ-C) est également développée pour les sujets de 17 ans et moins, substituant l’évaluation des relations sexuelles par l’évaluation des relations intrafamiliales.

12. Références / References

  • Bramwell, R., & Morland, C. (2009). Genital appearance satisfaction in women: The development of a questionnaire and exploration of correlates. Journal of Reproductive and Infant Psychology, 27(1), 15–27. https://doi.org/10.1080/02646830701759759
  • Clark, D. M., & Wells, A. (1995). A cognitive model of social phobia. In R. G. Heimberg, M. R. Liebowitz, D. A. Hope, & F. R. Schneier (Eds.), Social phobia: Diagnosis, assessment, and treatment (pp. 69–93). Guilford Press.
  • Veale, D. (2004). Advances in a cognitive behavioural model of body dysmorphic disorder. Behaviour Research and Therapy, 42(3), 317–331. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(03)00143-4
  • Veale, D., Ellison, N., Werner, T. G., Dodhia, R., Serfaty, M. A., & Clarke, A. (2012). Development of a cosmetic procedure screening questionnaire (COPS) for body dysmorphic disorder. Journal of Plastic, Reconstructive & Aesthetic Surgery, 65(4), 530–538. https://doi.org/10.1016/j.bjps.2011.09.007
  • Veale, D., Eshkevari, E., Ellison, N., Cardozo, L., Robinson, D., & Kavouni, A. (2013). Validation of genital appearance satisfaction and cosmetic procedure screening scales in women seeking labiaplasty. Journal of Psychosomatic Obstetrics & Gynecology, 34(4), 184–191. https://doi.org/10.3109/0167482X.2013.844133
  • Veale, D., Eshkevari, E., Kanakam, N., Costa, A., & Werner, T. (2014). The Appearance Anxiety Inventory: Validation of a process measure in the treatment of body dysmorphic disorder. Behavioural and Cognitive Psychotherapy, 42(5), 605–616. https://doi.org/10.1017/S135246581300055X
  • Veale, D., & Neziroglu, F. (2010). Body dysmorphic disorder: A treatment manual. John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1002/9780470683866

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

sex ….Male ….Female
2

Age: …….
3

Weight: _________________ Height: ________________
4

Marital Status Tick one
5

Current Employment Tick one
6

Please study this example before completing question 6. In a moment‚ we will ask you to describe the feature(s) of your body which you dislike or would like to improve. If you want to improve more than one feature‚ please list all the features and tick the appropriate box if you are seeking a cosmetic or dermatological procedure for that feature either now or in the future. We shall refer to all such treatments as ‘procedures’. Please note‚ the 1st feature should be the feature you are most concerned about.
7

Features Causing Concern
8

How often do you deliberately check your feature(s)? Not accidentally catch sight of it.
9

How much do you feel your feature(s) is currently ugly‚ unattractive or ‘not right’?
10

How much does your feature(s) currently cause you a lot of distress?
11

How often does your feature(s) currently lead you to avoid situations or activities?
12

How much does your feature(s) currently preoccupy you? That is‚ you think about it a lot and it is hard to stop thinking about it?
13

If you have a partner‚ how much does your feature(s) currently have an effect on your relationship with an existing partner? If you do not have a partner‚ how much does it have an effect on dating or developing a relationship?
14

How much does your feature(s) currently have an effect on an existing or potential sexual relationship? (e.g. enjoyment of sex‚ frequency of sexual activity)
15

How much does your feature(s) currently interfere with your ability to work or study‚ or your role as a homemaker? (Please rate this even if you are not working or studying: we are interested in your ability to work or study.)
16

How much does your feature(s) currently interfere with your social life?
17

How much do you feel your appearance is the most important aspect of who you are?
18

How noticeable do you feel your feature is to other people (if you do not camouflage yourself e.g. with clothes‚ padding and/or makeup) and the feature has not been pointed out to them)?
19

How does your feature compare to others of the same age‚ sex‚ and ethnic group?
20

What do you avoid because of the way you feel about your feature(s)? Please read the situations below and in the second column rate the degree to which you currently avoid each of these situations on the following scale:
21

Please read the lists of activities below that you might do because of the way you feel about your feature(s). In the second column rate the degree to which you use each of the behaviours on the following scale:
22

Self-portrait
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 4). Questionnaire sur l’image corporelle (BIQ). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-l-image-corporelle-biq/
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur l’image corporelle (BIQ).” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-l-image-corporelle-biq/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur l’image corporelle (BIQ).” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-l-image-corporelle-biq/.