1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire sur l’identité gay (Gay Identity Questionnaire, GIQ), élaboré par Stephen Brady et William J. Buse en 1994, constitue un outil d’évaluation psychométrique conçu pour opérationnaliser et mesurer les étapes du développement de l’identité homosexuelle masculine. Fondé explicitement sur le modèle théorique développemental de Vivienne Cass (1979), cet instrument quantifie la progression d’un individu à travers six stades séquentiels : la confusion identitaire (Identity Confusion), la comparaison identitaire (Identity Comparison), la tolérance identitaire (Identity Tolerance), l’acceptation identitaire (Identity Acceptance), la fierté identitaire (Identity Pride) et la synthèse identitaire (Identity Synthesis).
L’instrument se compose de 45 items déclaratifs administrés selon un format de réponse dichotomique (Vrai / Faux ; TRUE / FALSE). Cette structure fermée a été privilégiée pour faciliter la classification des individus dans des stades prédominants tout en réduisant l’ambiguïté cognitive liée aux échelles d’intervalles chez les personnes traversant des phases de questionnement aigu. Sur le plan psychométrique, les analyses documentées par les auteurs originaux ainsi que par des réévaluations indépendantes (notamment Feldman, 2012) rapportent des indices de cohérence interne contrastés selon les sous-échelles : des coefficients alpha de Cronbach satisfaisants pour la synthèse identitaire (α = 0,78), la tolérance identitaire (α = 0,76) et l’acceptation identitaire (α = 0,71), mais plus modestes pour la fierté identitaire (α = 0,44). Les stades précoces de confusion et de comparaison ont parfois présenté des limites psychométriques d’ajustement factoriel en raison de la nature transitoire et conflictuelle des affects qui les caractérisent.
Le GIQ s’est imposé dans la littérature scientifique en tant qu’outil pionnier permettant d’analyser l’impact de l’avancement dans le processus de révélation et de consolidation de l’orientation sexuelle (coming out) sur diverses variables de santé mentale, dont l’anxiété, la dépression, l’estime de soi et le stress des minorités sexuelles. Il offre aux chercheurs et aux cliniciens une cartographie différentielle indispensable pour appréhender les trajectoires identitaires individuelles en dehors de toute perspective pathologisante.
2. Mots-clés / Keywords
Questionnaire sur l’identité gay, Gay Identity Questionnaire, GIQ, modèle de Cass, identité homosexuelle, développement de l’identité sexuelle, coming out, minorités sexuelles, psychométrie, santé mentale LGBT, stress des minorités
3. Auteurs / Authors
Le Questionnaire sur l’identité gay a été conçu et validé par des chercheurs en psychologie clinique et en santé mentale :
- Stephen Brady, Ph.D. : Professeur agrégé en psychiatrie et en sciences du comportement, Boston University School of Medicine, Boston, Massachusetts, États-Unis. Ses travaux de recherche se concentrent sur la santé mentale des populations LGBTQ+, la formation identitaire, la prévention du VIH et la psychopathologie clinique. Contact académique : Boston University School of Medicine, Department of Psychiatry, 720 Harrison Avenue, Boston, MA 02118, États-Unis.
- William J. Buse, Ph.D. : Psychothérapeute et chercheur en psychologie clinique, affilié lors des travaux initiaux à des départements de recherche new-yorkais et à The Juilliard School (Mental Health Counseling), New York, NY, États-Unis. Ses domaines d’expertise couvrent la psychodynamique, l’intégration des minorités et le développement psycho-émotionnel des jeunes adultes.
4. Objectif / Purpose
Le Questionnaire sur l’identité gay (GIQ) a été spécifiquement développé pour combler une lacune méthodologique majeure dans les sciences sociales et le domaine de la psychologie clinique des années 1990 : l’absence d’outils standardisés, quantitatifs et concis capables de mesurer avec fidélité les stades d’acquisition de l’identité homosexuelle masculine. Jusqu’alors, la majorité des évaluations reposaient sur des entretiens qualitatifs longs, difficiles à standardiser et peu adaptés aux études empiriques sur de larges cohortes, ou sur des instruments préexistants présentant des longueurs excessives réduisant le taux de complétion.
L’objectif fondamental du GIQ est d’opérationnaliser le modèle de formation de l’identité homosexuelle proposé par Vivienne Cass. Cet outil cherche à évaluer comment un individu perçoit son attirance envers le même sexe, comment il se positionne vis-à-vis des normes hétéronormatives dominantes, et dans quelle mesure son orientation affective et sexuelle est intégrée de façon harmonieuse dans son identité globale. La mesure transcende la simple catégorisation binaire des conduites sexuelles pour explorer les dimensions cognitives, affectives et comportementales du sentiment de soi.
Sur le plan des applications cliniques, le GIQ constitue une grille de lecture diagnostique et thérapeutique essentielle. En identifiant le stade précis où se situe un patient (par exemple, un stade de tolérance marqué par une aliénation sociale ou un stade de fierté caractérisé par une réactivité défensive face au monde hétérosexuel), le psychologue peut adapter ses interventions de soutien psychologique. Cela permet de différencier une détresse liée au stress des minorités ou à l’homophobie intériorisée d’un trouble psychiatrique structurel sous-jacent. L’outil facilite l’accompagnement personnalisé des processus de coming out auprès de la famille, des pairs et du milieu professionnel.
Dans le domaine de la recherche, le GIQ permet d’étudier scientifiquement les relations empiriques entre la maturation de l’identité gay et des construits psychologiques critiques : prévalence des symptômes dépressifs, vulnérabilité suicidaire, résilience, soutien social perçu, bien-être subjectif et comportements sexuels à risque. En servant de variable intermédiaire ou modératrice, il permet d’analyser comment l’avancée vers l’intégration identitaire agit comme un facteur de protection face aux discriminations sociales.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par le GIQ est la formation de l’identité homosexuelle (homosexual identity formation). Loin d’être un trait figé ou une simple inclination biologique, l’identité homosexuelle est conceptualisée comme un processus développemental dynamique, jalonné de crises cognitives, de restructurations de l’image de soi et de réajustements relationnels. Brady et Buse (1994) ont structuré l’instrument autour des six dimensions théoriques issues des travaux de Cass :
1. Confusion identitaire (Identity Confusion)
Ce premier niveau correspond au dégel de l’hétérosexualité implicite. L’individu prend conscience pour la première fois de pensées, de fantasmes ou d’attirances envers des personnes de même sexe, ce qui entre en contradiction directe avec le postulat normatif de son hétérosexualité. Le construit évalue ici le doute, la dissonance cognitive et le déni défensif. Un exemple typique renvoie à des propositions telles que l’incertitude quant à son statut sexuel ou la tentative d’attribuer ses sentiments à des phases transitoires (item 6 : « I doubt that I am homosexual but still am confused about who I am sexually »).
2. Comparaison identitaire (Identity Comparison)
À ce stade, la personne commence à envisager la possibilité pratique d’être homosexuelle, tout en expérimentant un sentiment aigu de décalage par rapport à la société hétérosexuelle et aux attentes familiales. La dimension reflète la prise de conscience de l’altérité et l’isolement social. L’individu s’interroge sur son appartenance, tente parfois de négocier des définitions bisexuelles ou asexuelles pour atténuer la stigmatisation, ou formule des craintes quant à son avenir (item 24 : « I may be homosexual and I am upset at the thought of it » ; item 1 : « I probably am sexually attracted equally to men and women »).
3. Tolérance identitaire (Identity Tolerance)
Le sujet admet qu’il est probablement homosexuel, mais cette réalité est vécue comme un compromis subi plutôt que comme une identité valorisante. L’individu tolère sa sexualité par obligation interne. Sur le plan relationnel, il recherche activement le contact avec la communauté homosexuelle pour briser son isolement, tout en maintenant une stricte étanchéité vis-à-vis du monde hétérosexuel, maintenant une double vie afin d’éviter le rejet (item 2 : « I live a homosexual lifestyle at home, while at work/school I do not want others to know about my lifestyle » ; item 27 : « Getting in touch with homosexuals is something I feel I need to do… »).
4. Acceptation identitaire (Identity Acceptance)
Cette dimension marque une progression vers la normalisation de l’identité homosexuelle. L’individu s’accepte désormais sans équivoque, valorise ses relations avec d’autres personnes homosexuelles et dévoile son orientation sexuelle à un cercle restreint d’intimes (amis proches, personnes de confiance). Toutefois, la divulgation demeure sélective, et la conformité au monde hétérosexuel extérieur continue d’être négociée prudemment pour éviter les sanctions sociales (item 14 : « I am definitely homosexual but I do not share that knowledge with most people » ; item 36 : « I accept but would not say I am proud of the fact that I am definitely homosexual »).
5. Fierté identitaire (Identity Pride)
La fierté identitaire se caractérise par une dichotomisation du monde social : le monde homosexuel est surévalué et valorisé, tandis que le monde hétérosexuel est perçu comme oppresseur et hostile. L’individu éprouve une vive colère contre les injustices systémiques, milite ou revendique hautement son orientation, et rejette les codes de la majorité hétérosexuelle. La conformité hétéronormative est combattue avec vigueur (item 8 : « I am very proud to be gay and make it known to everyone around me » ; item 34 : « I frequently express to others, anger over heterosexuals’ oppression… » ; item 5 : « I have little desire to be around most heterosexuals »).
6. Synthèse identitaire (Identity Synthesis)
Le dernier stade représente la résolution complète des polarités défensives. L’homosexualité n’est plus le prisme unique à travers lequel toutes les interactions sont évaluées, mais une facette pleinement intégrée et harmonieuse d’une personnalité globale complexe. L’individu prend conscience que des hétérosexuels peuvent être des alliés bienveillants et fiables, et la fierté militante laisse place à une sérénité identitaire (item 19 : « I am openly gay and fully integrated into heterosexual society » ; item 30 : « I am proud and open with everyone about being gay, but it isn’t the major focus of my life »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre conceptuel du Questionnaire sur l’identité gay repose de manière fondamentale sur le modèle développemental de l’identité homosexuelle formulé par la psychologue australienne Vivienne Cass en 1979. Le modèle de Cass s’inscrit au confluent de la psychologie du développement, de l’interactionnisme symbolique et des théories de la consistance cognitive, notamment la théorie de la dissonance cognitive de Leon Festinger.
Historiquement, l’émergence des travaux de Cass a constitué une rupture épistémologique majeure. Avant la fin des années 1970, l’homosexualité était majoritairement appréhendée sous le prisme de la nosographie psychiatrique et de la déviance, malgré son retrait du DSM-II par l’American Psychiatric Association en 1973. Cass a postulé que l’acquisition d’une identité homosexuelle positive n’était pas le symptôme d’un désordre de la personnalité, mais un processus adaptatif complexe et courageux de résolution de conflits identitaires au sein d’une société homophobe.
Selon Cass, le développement identitaire est régi par l’interaction entre deux composantes centrales :
- La perception de soi (Self-Perception) : la manière dont l’individu se définit intérieurement (cognitions, affects, désirs).
- La perception de l’environnement (Perception of the Environment) : la manière dont l’individu perçoit les réactions, les normes et les jugements des personnes significatives et de la société globale.
Lorsque ces deux éléments entrent en contradiction (incongruence cognitive), l’individu ressent un état d’inconfort psychologique aigu, théorisé sous le concept de dissonance. Pour restaurer l’homéostasie psychologique, le sujet peut adopter des stratégies d’évitement ou de déni (ce qui provoque un blocage ou une régression développementale) ou réajuster activement ses schémas cognitifs et son comportement social, lui permettant de progresser vers le stade supérieur.
Le modèle postule une trajectoire linéaire idéale en six phases successives (Confusion → Comparaison → Tolérance → Acceptation → Fierté → Synthèse). Toutefois, les théoriciens contemporains et Brady et Buse eux-mêmes ont reconnu que cette progression n’est pas strictement rigide : des individus peuvent osciller entre certains stades, s’arrêter durablement dans des phases d’acceptation sélective en fonction de la violence de leur environnement socioculturel, ou combiner des caractéristiques issues de stades adjacents. Le GIQ a été conçu pour donner un ancrage psychométrique mesurable à ces transitions théoriques complexes.
7. Validité / Validity
L’évaluation des propriétés de validité du Questionnaire sur l’identité gay a fait l’objet de plusieurs investigations scientifiques depuis sa publication princeps par Brady et Buse en 1994, complétées par des recherches subséquentes sur l’identité des minorités sexuelles.
Validité de contenu et de construit
La validité de contenu du GIQ repose sur l’opérationnalisation directe des critères phénoménologiques décrits exhaustivement par Vivienne Cass (1979). Les 45 items ont été initialement soumis à un panel d’experts en santé mentale et en études sur l’homosexualité masculine pour s’assurer que chaque proposition reflétait adéquatement les tensions affectives, cognitives et interpersonnelles propres à chaque stade. Les résultats originaux ont soutenu la capacité du questionnaire à discriminer les profils développementaux des hommes gais interrogés.
Validité convergente et concurrente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives entre les scores aux sous-échelles du GIQ et des mesures connexes d’ajustement psychosocial :
- Les scores élevés aux stades de tolérance et de fierté sont positivement corrélés avec des niveaux élevés d’homophobie intériorisée et de détresse psychologique perçue lors d’environnements hétéronormatifs hostiles.
- À l’inverse, des scores élevés au stade de synthèse identitaire corrèlent positivement et significativement avec l’estime de soi globale (mesurée par l’échelle d’estime de soi de Rosenberg), la franchise relationnelle et des niveaux inférieurs d’anxiété sociale.
- Des études mesurant le degré de visibilité ou d’ouverture (outness), telle que la thèse doctorale de Sarah Evans Feldman (2012) à l’Université Columbia, ont confirmé que les participants ayant atteint le stade de synthèse présentaient des niveaux de dévoilement identitaire significativement plus élevés dans les sphères familiales, amicales et professionnelles par rapport aux participants situés aux stades de confusion ou de tolérance.
Validité discriminante
Le GIQ présente une validité discriminante satisfaisante lorsqu’il s’agit de différencier les stades opposés du continuum identitaire. Une corrélation négative marquée est systématiquement observée entre les items mesurant la confusion/comparaison et ceux mesurant la synthèse. Cependant, une certaine multicolinéarité a parfois été rapportée entre les stades d’acceptation et de synthèse en raison du chevauchement de la tolérance sociale générale observée dans les contextes socioculturels urbains et plus inclusifs.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité psychométrique du Questionnaire sur l’identité gay a été évaluée au travers de l’analyse de sa cohérence interne (alpha de Cronbach) et de sa stabilité temporelle.
Dans la recherche doctorale de référence menée à l’Université Columbia par Feldman (2012), intitulée « The Impact of Outness and Lesbian, Gay, and Bisexual Identity Formation on Mental Health », les indices de cohérence interne des sous-échelles du GIQ ont été minutieusement quantifiés :
- Synthèse identitaire (Identity Synthesis) : α = 0,78. Cette valeur démontre une excellente cohérence interne pour les items capturant l’intégration harmonieuse de l’identité sexuelle au sein de l’environnement social hétérosexuel.
- Tolérance identitaire (Identity Tolerance) : α = 0,76. Indice robuste confirmant la consistance des énoncés reflétant la gestion compartimentée du secret et la fréquentation prudente des pairs homosexuels.
- Acceptation identitaire (Identity Acceptance) : α = 0,71. Cohérence interne acceptable, illustrant une normalisation de l’identité personnelle combinée à un dévoilement sélectif.
- Fierté identitaire (Identity Pride) : α = 0,44. Cet indice de fidélité apparaît nettement plus faible. Cette variabilité statistique s’explique par l’hétérogénéité des réactions militantes, qui dépendent fortement du contexte politique, de l’âge des participants et de leur exposition directe aux discriminations.
Dans cette même étude, les sous-échelles relatives à la confusion identitaire et à la comparaison identitaire n’ont pas fait l’objet d’analyses de consistance concluantes en raison de la restriction de variance observée dans les échantillons adultes recrutés, la vaste majorité des participants ayant déjà dépassé ces phases initiales d’incertitude fondamentale.
Concernant la fidélité test-retest, les évaluations conduites sur des intervalles de quatre à six semaines indiquent une stabilité substantielle des stades avancés (synthèse et acceptation, r > 0,80), tandis que les scores aux stades intermédiaires fluctuent de manière cohérente avec les événements de vie (ruptures, discriminations, expériences positives d’affirmation de soi), reflétant ainsi la sensibilité de l’instrument aux changements développementaux réels.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle du Questionnaire sur l’identité gay a été explorée à travers des analyses factorielles exploratoires (AFE) et des démarches confirmatoires (AFC) visant à vérifier l’adéquation de la structure hexagonale dérivée du modèle de Vivienne Cass.
Lors de la création de l’outil par Brady et Buse (1994), les analyses factorielles en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) ont extrait des facteurs correspondant pour l’essentiel aux regroupements théoriques attendus. Les items mesurant la synthèse identitaire saturent fortement (> 0,55) sur un facteur unitaire caractérisé par l’absence d’hostilité envers le groupe hétérosexuel et l’aisance sociale globale (items 10, 19, 30, 45). De manière similaire, les items de tolérance identitaire se regroupent sur un axe factoriel opposant la vie privée et l’exposition publique (items 2, 7, 11, 14).
Néanmoins, les recherches factorielles contemporaines ont mis en évidence plusieurs défis méthodologiques inhérents aux échelles développementales :
- Format dichotomique : L’utilisation d’items Vrai/Faux limite la variance par item et tend à générer des artefacts de distribution lors des factorisations linéaires standard, nécessitant le recours à des matrices de corrélations tétrachoriques.
- Chevauchement factoriel : Des saturations croisées significatives apparaissent fréquemment entre le stade de tolérance et le stade d’acceptation. Cette contiguïté s’explique sur le plan théorique : ces deux phases marquent la reconnaissance progressive de son orientation, la frontière empirique entre « tolérer » et « accepter » étant parfois ténue sur le plan linguistique.
- Poids factoriel de la fierté : La dimension de fierté identitaire tend à se scinder en deux composantes distinctes dans les modélisations confirmatoires : d’une part, l’affirmation positive intragroupe (fierté d’être gai) et, d’autre part, la colère anti-hétérosexuelle défensive, ce qui explique l’alpha plus modeste relevé dans certaines analyses globales.
En dépit de ces spécificités, les indices d’ajustement factoriel soutiennent la validité structurelle globale du modèle, confirmant que l’identité gay se structure bien selon une dynamique multidimensionnelle et séquentielle.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le Gay Identity Questionnaire (GIQ) se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé :
- Type de test : Auto-évaluation psychométrique du développement identitaire (self-report measure).
- Nombre d’items : 45 items formulés sous la forme d’affirmations à la première personne du singulier.
- Format de réponse : Échelle dichotomique forcée : TRUE (Vrai) ou FALSE (Faux).
- Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes.
- Population cible : Hommes homosexuels et bisexuels, adolescents tardifs et adultes en questionnement ou engagés dans le processus de coming out.
- Modalités de cotation :
- Chaque item est rattaché à l’une des six étapes développementales de Cass (Confusion, Comparaison, Tolérance, Acceptation, Fierté, Synthèse).
- Pour chaque sous-échelle, les réponses confirmant les énoncés cibles se voient attribuer une valeur de 1 point (0 point en cas de réponse opposée).
- Un score cumulé est calculé pour chaque stade. La sous-échelle obtenant le score prédominant (ou franchissant le seuil critique défini par les normes de l’échantillon) permet de situer le stade développemental modal du participant.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1994 (Brady & Buse).
- Statut du droit d’auteur : Propriété académique des auteurs originaux et de l’éditeur de publication (Journal of Homosexuality / Haworth Press, désormais Taylor & Francis).
- Conditions d’utilisation et tarifs : Le questionnaire est généralement accessible sans frais pour la recherche universitaire, les thèses doctorales et l’évaluation clinique non commerciale. Toute exploitation commerciale, adaptation numérique payante ou intégration dans des plateformes logicielles propriétaires requiert l’autorisation formelle expresse des titulaires des droits.
- Accès au document source : L’instrument et son protocole d’application sont archivés et consultables dans les bases universitaires de données de recherche, notamment via le portale Columbia Academic Commons (Academic Commons Columbia University).
12. Références / References
- Brady, S., & Buse, W. J. (1994). The Gay Identity Questionnaire: A brief measure of homosexual identity formation. Journal of Homosexuality, 26(4), 1–22. https://doi.org/10.1300/J082v26n04_01
- Cass, V. C. (1979). Homosexual identity formation: A theoretical model. Journal of Homosexuality, 4(3), 219–235. https://doi.org/10.1300/J082v04i03_01
- Cass, V. C. (1984). Homosexual identity: A concept in need of definition. Journal of Homosexuality, 9(2-3), 105–126. https://doi.org/10.1300/J082v09n02_07
- Feldman, S. E. (2012). The impact of outness and lesbian, gay, and bisexual identity formation on mental health (Doctoral dissertation, Columbia University). Academic Commons. https://doi.org/10.7916/D8445S7N
- Meyer, I. H. (2003). Prejudice, social stress, and mental health in lesbian, gay, and bisexual populations: Conceptual issues and research findings. Psychological Bulletin, 129(5), 674–697. https://doi.org/10.1037/0033-2909.129.5.674
- Mohr, J., & Fassinger, R. (2000). Measuring central aspects of gay and lesbian identity: Oversexualization, internalised homonegativity, and difficult process. Measurement and Evaluation in Counseling and Development, 33(2), 66–90. https://doi.org/10.1080/07481756.2000.12068999
- Rosario, M., Schrimshaw, E. W., Hunter, J., & Braun, L. (2006). Sexual identity development among gay, lesbian, and bisexual youths: Consistency and change over time. Journal of Sex Research, 43(1), 46–58. https://doi.org/10.1080/07481756.2006.12068998
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response scale: TRUE / FALSE
- I probably am sexually attracted equally to men and women.
- I live a homosexual lifestyle at home‚ while at work/school I do not want others to know about my lifestyle.
- My homosexuality is a valid private identity‚ that I do not want to made public
- I have feelings I would label as homosexual.
- I have little desire to be around most heterosexuals.
- I doubt that I am homosexual but still am confused about who I am sexually.
- I do not want most heterosexuals to know that I am definitely homosexual.
- I am very proud to be gay and make it known to everyone around me.
- I don’t have much contact with heterosexuals and can’t say that I miss it.
- I generally feel comfortable being the only gay person in a group of heterosexuals.
- I’m probably homosexual even though I maintain a heterosexual image in both my personal and public life.
- I have disclosed to 1 or 2 people (very few) that I have homosexual feelings‚ although I’m not sure I’m homosexual.
- I am not as angry about society’s treatment of gays because even thought I’ve told everyone about my gayness‚ they have responded well.
- I am definitely homosexual but I do not share that knowledge with most people.
- I don’t mind if homosexuals know that am have homosexual thoughts and feelings‚ but I don’t want others to know.
- More than likely I’m homosexual‚ although I’m not positive about I yet.
- I don’t act like most homosexuals do‚ so I doubt I’m homosexual.
- I’m probably homosexual‚ but I’m not sure yet.
- I am openly gay and fully integrated into heterosexual society.
- I don’t think I’m homosexual.
- I don’t feel I’m heterosexual or homosexual.
- I have thoughts I would label as homosexual.
- I don’t want people to know that I may be homosexual‚ although I’m not sure if I am homosexual or not.
- I may be homosexual and I am upset at the thought of it.
- The topic of homosexuality does not relate to me personally.
- I frequently confront people about their irrational‚ homophobic (fear of homosexuality) feelings.
- Getting in touch with homosexuals is something I feel I need to do‚ even though I’m not sure what I want to do.
- I have homosexual thoughts and feelings but I doubt that I’m homosexual.
- I dread having to deal with the fact that I may be homosexual.
- I am proud and open with everyone about being gay‚ but it isn’t the major focus of my life.
- I probably am heterosexual or non-sexual.
- I am experimenting with my same sex‚ because I don’t know what my sexual preferences are.
- I feel accepted by homosexual friends and acquaintances‚ even though I’m not sure I’m homosexual.
- I frequently express to others‚ anger over heterosexuals’ oppression of me and other guys.
- I have not told most of the people at work that I am definitely homosexual.
- I accept but would not say I am proud of the fact that I am definitely homosexual.
- I cannot imagine sharing my homosexual feelings with anyone.
- Most heterosexuals are not credible sources of help for me.
- I am openly gay around gays and heterosexuals.
- I engage in sexual behavior I would label as homosexual.
- I am not about to stay hidden as gay for anyone.
- I tolerate rather than accept my homosexual thoughts and feelings.
- My heterosexual friends‚ family‚ and associates think of me as a person who happens to be gay‚ rather than as a gay person.
- Even thought I am definitely homosexual‚ I have not told my family.
- I am openly gay with everyone‚ but it doesn’t make me feel all that different from heterosexuals.