Questionnaire sur l’habileté et la chance

Le Questionnaire sur l’habileté et la chance (Skill and Luck Questionnaire – SLQ) est un instrument psychométrique validé évaluant les attributions cognitives d’habileté et de hasard à travers 7 activités contrastées. Découvrez ses propriétés psychométriques, son cadre théorique et ses applications cliniques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

Le Questionnaire sur l’habileté et la chance (connu en anglais sous le nom de Skill and Luck Questionnaire ou SLQ), développé initialement par Herman, Gupta et Derevensky (1997) à l’Université McGill, constitue un instrument psychométrique bref conçu pour évaluer la compréhension différentielle et les distorsions cognitives relatives aux composantes d’habileté personnelle (skill) et de hasard ou chance (luck) dans une diversité d’activités quotidiennes, sportives, scolaires et de jeux de hasard et d’argent (JHA). L’instrument a par la suite été largement repris, adapté et validé dans le cadre de programmes de prévention et d’intervention ciblant le jeu pathologique chez les adolescents et les jeunes adultes (Macdonald & Turner, 2000, 2002 ; Macdonald, Turner, & Somerset, 2008).

Le questionnaire est composé de sept items représentant chacun une activité ou un domaine de vie spécifique : le baseball, le bingo, les jeux vidéo, le blackjack/poker, la réussite scolaire, la loterie et la réussite globale dans la vie. Pour chacun de ces items, le répondant doit évaluer sur deux échelles de cotation distinctes de type Likert en 7 points (allant de 1 = « Aucune / None » à 7 = « Beaucoup / A lot ») : d’une part, le degré d’habileté ou de compétence requis pour réussir, et d’autre part, la part de chance ou d’aléatoire impliquée. Cette double évaluation par item permet d’obtenir un profil bidimensionnel complet séparant la perception de contrôle/compétence de la perception de contingence aléatoire, ainsi que des indices différentiels d’illusion de contrôle.

Sur le plan psychométrique, le questionnaire démontre une consistance interne satisfaisante pour les sous-échelles d’attribution ainsi qu’une validité de construit solide, corroborée par des analyses factorielles confirmatoires distinguant les activités purement aléatoires (loterie, bingo), les activités mixtes à composante stratégique (blackjack, poker) et les activités basées principalement sur l’effort et la compétence (baseball, résultats scolaires, réussite dans l’existence). L’outil s’avère particulièrement sensible aux interventions psychoéducatives et cognitives visant à corriger les croyances erronées sur le caractère prévisible ou contrôlable des événements aléatoires, faisant du SLQ un étalon de choix tant dans la recherche expérimentale sur la cognition des joueurs que dans l’évaluation d’impact des programmes scolaires de prévention des dépendances comportementales.

2. Mots-clés

Questionnaire sur l’habileté et la chance, Skill and Luck Questionnaire, SLQ, jeu pathologique, illusion de contrôle, biais cognitifs, perception du hasard, psychométrie, évaluation cognitive, prévention du jeu excessif, distorsions cognitives, psychologie de l’adolescent.

3. Auteurs

Le Skill and Luck Questionnaire a été créé et documenté par une équipe de chercheurs pionniers dans le domaine de la psychologie du développement et des dépendances comportementales :

  • Jennifer Herman, Ph.D. — Centre international d’étude sur le jeu chez les jeunes et les comportements à risque (Université McGill, Montréal, Québec, Canada).
  • Rina Gupta, Ph.D. — Professeure agrégée et co-directrice de l’International Centre for Youth Gambling Problems and High-Risk Behaviors, Département de psychopédagogie et de counseling, Université McGill.
  • Jeffrey L. Derevensky, Ph.D. — Professeur titulaire de psychologie de l’enfant et de psychiatrie, directeur de l’International Centre for Youth Gambling Problems and High-Risk Behaviors, Université McGill (Courriel institutionnel : [email protected]).

Des travaux méthodologiques complémentaires et des adaptations pédagogiques ont été conduits par :

  • Nigel E. Turner, Ph.D. — Scientifique principal, Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) et professeur agrégé à la Dalla Lana School of Public Health, Université de Toronto, Ontario, Canada (Courriel : [email protected]).
  • John Macdonald, M.Ed. — Chercheur et concepteur de programmes éducatifs au CAMH, spécialiste du développement curriculaire axé sur le raisonnement critique et mathématique pour la prévention du jeu excessif.
  • Matthew Somerset, B.Sc. — Collaborateur de recherche au Centre for Addiction and Mental Health (CAMH), Toronto, Ontario.

4. Objectif

L’objectif fondamental du Skill and Luck Questionnaire (SLQ) est d’opérationnaliser et de quantifier la façon dont les individus — et plus particulièrement les adolescents et les jeunes adultes — conceptualisent, catégorisent et différencient les notions de compétence (habileté, maîtrise technique, entraînement, effort délibéré) et de chance (aléa, probabilité, contingence externe non contrôlable) dans des situations variées de la vie courante et du jeu de hasard.

Justification théorique et clinique

Dans la genèse et le maintien du jeu problématique, la littérature clinique (ex. psychopathologie cognitive) documente abondamment la présence de distorsions de la pensée, au premier rang desquelles figure l’attribution erronée d’habileté personnelle à des événements entièrement déterminés par les lois stochastiques. Lorsqu’un individu s’engage dans des jeux de pur hasard (tels que la loterie ou le bingo) tout en croyant que sa technique, ses rituels, son intuition ou son expérience passée augmentent ses chances objectives de gain, il développe une vulnérabilité accrue aux pertes financières répétées, au phénomène de poursuite des pertes (chasing) et à la dépendance comportementale sévère.

Le SLQ a été conçu précisément pour fournir une mesure rapide, standardisée et sensible capable de révéler si un sujet attribue un niveau inapproprié de compétence à des jeux à espérance mathématique strictement indépendante, ou à l’inverse s’il sous-estime le rôle de l’effort et de la maîtrise dans des domaines où la compétence est pourtant prédominante (milieu académique, performances sportives). En offrant une cartographie comparative sur sept scénarios distincts, l’outil permet d’observer la finesse discriminative du sujet entre causalité interne et aléa environnemental.

Applications en recherche et prévention

Sur le versant préventif, le SLQ est un instrument d’évaluation par excellence pour mesurer l’efficacité de curricula pédagogiques en milieu scolaire. Dans les programmes développés par Macdonald, Turner et Somerset (2008), intitulés Life Skills, Mathematical Reasoning and Critical Thinking: Curriculum for the Prevention of Problem Gambling, le questionnaire sert d’indicateur pré/post-test. Il permet d’évaluer dans quelle mesure des modules axés sur la littératie probabiliste, le théâtre-forum et l’éducation mathématique amènent les élèves à réajuster leurs croyances : diminution des scores de compétence attribués aux jeux de pur hasard et maintien d’un niveau d’habileté élevé pour les activités d’apprentissage ou professionnelles.

En recherche fondamentale, l’échelle facilite l’exploration des liens entre le modèle de pensée probabiliste « naïf » (Turner & Liu, 1999), les traits de personnalité (notamment l’impulsivité et la recherche de sensations) et les trajectoires de jeu chez les populations vulnérables.

5. Construit psychologique

Le SLQ repose sur l’évaluation conjointe de deux construits psychologiques orthogonaux ou corrélés selon les contextes : la perception d’habileté (Skill) et la perception de chance (Luck), appliquées à travers un spectre d’activités allant du déterminisme purement technique à l’aléa mathématique absolu.

1. La perception d’habileté (Perceived Skill)

Cette dimension renvoie à la croyance du sujet selon laquelle le résultat positif d’une activité dépend de facteurs contrôlables par l’agent : l’entraînement, l’expertise, les connaissances théoriques, la coordination motrice, la vigilance cognitive et la prise de décision stratégique. Dans le SLQ, l’attribution d’habileté est attendue comme prépondérante dans :

  • Le baseball (Item 1) : Activité motrice et sportive exigeant des réflexes, de la force musculaire et de la coordination visuomotrice.
  • Les résultats scolaires (Item 5) : Domaine régi par les fonctions exécutives, le temps d’étude, la mémorisation et la métacognition.
  • La réussite dans la vie (Item 7) : Facteur complexe impliquant la persévérance, les compétences interpersonnelles et l’autonomie.

Une mauvaise calibration se traduit par un effondrement du score d’habileté sur ces items, reflétant souvent un fatalisme ou un sentiment d’impuissance acquise.

2. La perception de chance (Perceived Luck)

Cette dimension mesure la croyance selon laquelle l’issue d’une situation est régie par des variables stochastiques, le hasard providentiel, des forces métaphysiques ou des distributions probabilistes impersonnelles non influençables par la volonté humaine. Elle doit logiquement dominer dans :

  • Le bingo (Item 2) : Tirage mécanique indépendant sans influence possible du joueur une fois la grille achetée.
  • La loterie (Item 6) : Modèle canonique de hasard équiprobable où aucune stratégie délibérée ne peut modifier l’espérance de gain.

L’erreur cognitive typique évaluée par l’instrument est l’élévation anormale de la note d’habileté sur l’item 6 ou 2, caractéristique majeure de l’illusion de contrôle.

3. Les activités hybrides et l’analyse différentielle

Les items 3 (jeux vidéo) et 4 (blackjack ou poker) explorent des situations mixtes. Les jeux vidéo combinent apprentissage moteur et aléas algorithmiques, tandis que le poker et le blackjack impliquent des probabilités conditionnelles strictes couplées à des choix tactiques réels (gestion de bankroll, comptage, bluff). L’analyse psychométrique examine la différence relative :

Score de discordance = Note d’Habileté − Note de Chance

Cette métrique différentielle permet de caractériser le biais cognitif directionnel d’un sujet vis-à-vis de chaque sous-catégorie d’activité.

6. Cadre théorique

Le cadre théorique sous-jacent au Skill and Luck Questionnaire s’articule autour de trois courants fondamentaux de la psychologie cognitive et sociale :

L’illusion de contrôle d’Ellen Langer

Le socle théorique primaire découle des travaux pionniers d’Ellen Langer (1975) sur l’illusion de contrôle, définie comme une attente de probabilité de succès personnel indûment supérieure à ce que la probabilité objective justifie. Langer a démontré que l’introduction d’indices contextuels associés traditionnellement à la compétence (le libre choix du billet, l’implication active, la familiarité avec le dispositif ou la compétition) incite les individus à traiter une tâche purement fortuite comme si elle relevait d’une habileté maîtrisable. Le SLQ mesure directement si ces indices superficiels induisent chez le participant une croyance en sa propre influence sur des dispositifs tels que le bingo ou la loterie.

La théorie du lieu de contrôle de Julian Rotter

La théorie de l’apprentissage social de Julian Rotter (1966) postule un continuum de lieu de contrôle (locus of control). Les individus à lieu de contrôle interne perçoivent les renforcements comme contingents à leurs propres actions, tandis que ceux à lieu de contrôle externe attribuent leurs succès et échecs au destin, à la chance ou à des autrui tout-puissants. Le SLQ transpose cette dichotomie générale à des contextes spécifiques de micro-décisions, permettant de vérifier si le locus attribué est cohérent avec la structure réelle de la tâche (locus interne légitime pour l’école vs externe inévitable pour la loterie).

Les théories du double processus et la pensée probabiliste naïve

Les modélisations contemporaines de la cognition heuristique (Kahneman & Tversky ; Stanovich & West) distinguent le Système 1 (pensée rapide, intuitive, dominée par les heuristiques de représentativité et de causalité magique) et le Système 2 (pensée analytique, régie par la logique et le calcul formel des probabilités). Dans leurs travaux sur le concept humain naïf des événements aléatoires, Turner et Liu (1999) soulignent que le cerveau humain possède une tendance innée à rechercher des motifs et de l’intentionnalité là où il n’y a que du bruit stochastique. Le SLQ mesure l’incapacité d’inhibition cognitive du Système 1 face à des contextes de hasard.

7. Validité

L’évaluation psychométrique de la validité du SLQ a été documentée à travers plusieurs protocoles d’échantillonnage auprès d’adolescents en milieu scolaire et de populations de joueurs adultes (Herman et al., 1997 ; Turner et al., 2002 ; Macdonald, Turner, & Somerset, 2008).

Validité de contenu et d’apparence

La validité de contenu a été établie par consensus d’experts au Centre international d’étude sur le jeu chez les jeunes de l’Université McGill. Les sept items ont été sélectionnés pour couvrir un continuum écologique pertinent pour les adolescents : deux activités de pur hasard (loterie, bingo), deux activités à composante stratégico-hasardeuse (jeux vidéo, poker/blackjack) et trois activités de compétence reconnue (baseball, travail scolaire, réussite de vie). Cette répartition assure une haute validité d’apparence et facilite l’acceptabilité auprès des jeunes répondants.

Validité convergente et divergente

La validité convergente s’exprime par des corrélations positives statistiquement significatives entre les scores d’habileté attribués à la loterie et au bingo et les scores obtenus aux échelles de distorsions cognitives du jeu, telles que l’Informal Thought Questionnaire ou la sous-échelle d’illusion de contrôle du Gambling Beliefs Questionnaire (GBQ) ($r = 0{,}38$ à $r = 0{,}52$, $p < 0{,}001$). De surcroît, les scores élevés d’illusion d’habileté dans les jeux de hasard sont corrélés avec les indices de sévérité du jeu mesurés par le South Oaks Gambling Screen revised for Adolescents (SOGS-RA).

À l’inverse, la validité divergente est attestée par l’absence de corrélation significative entre le score d’habileté perçue pour la loterie et le quotient intellectuel non verbal mesuré par les matrices progressives de Raven ($r = -0{,}06$, non significatif), prouvant que le biais évalué ne se réduit pas à une simple déficience cognitive générale mais traduit une distorsion spécifique des schémas d’attribution probabiliste.

Sensibilité au changement (Validité prédictive et évaluative)

Dans les essais d’évaluation de programmes préventifs conduits par Macdonald et Turner (2000, 2001, 2008), le SLQ a mis en évidence une forte sensibilité au changement. Suite aux modules pédagogiques intégrant du raisonnement probabiliste critique, une diminution statistiquement significative de l’attribution d’habileté au bingo ($t = 4{,}12$, $p < 0{,}001$) et à la loterie ($t = 5{,}45$, $p < 0{,}0001$) a été observée dans les groupes expérimentaux comparativement aux groupes témoins, avec des tailles d’effet modérées à fortes ($d$ de Cohen compris entre $0{,}45$ et $0{,}68$).

8. Fidélité

La fidélité du SLQ a été documentée sous l’angle de la consistance interne et de la stabilité temporelle.

Consistance interne

Bien que le SLQ soit une échelle brève hétérogène (comprenant des domaines d’activité volontairement contrastés), la consistance interne analysée par classe fonctionnelle d’items s’avère satisfaisante :

  • Sous-dimension « Habileté dans les jeux de pur hasard » (Bingo, Loterie) : Les analyses indiquent un coefficient alpha de Cronbach (α) oscillant entre $0{,}71$ et $0{,}79$ selon les cohortes scolaires étudiées (Macdonald et al., 2008).
  • Sous-dimension « Habileté dans les activités de contrôle direct » (Baseball, École, Réussite de vie) : Les valeurs de l’alpha de Cronbach s’établissent entre $0{,}68$ et $0{,}74$.
  • Échelle globale de perception de chance : L’alpha global pour l’ensemble des sept cotations de chance atteint $\alpha = 0{,}66$, ce qui est conforme aux attentes pour une échelle courte évaluant des contextes délibérément disparates.

Fidélité test-retest

La fidélité temporelle a été mesurée auprès d’un groupe contrôle d’adolescents n’ayant reçu aucune intervention curriculaire sur un intervalle de quatre semaines (Turner & Macdonald, 2001). Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de corrélation de Pearson se sont révélés élevés :

  • Pour les items de pur hasard (Loterie, Bingo) : $r = 0{,}78$ ($p < 0{,}001$).
  • Pour les items de performance académique et sportive : $r = 0{,}72$ ($p < 0{,}001$).

Ces données confirment que, hors intervention pédagogique spécifique, les attributions cognitives d’habileté et de chance mesurées par l’outil constituent des schémas de pensée relativement stables dans le temps.

9. Analyse factorielle

Des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ont été réalisées sur les données colligées auprès de larges cohortes d’élèves de l’Ontario (notamment Macdonald, Turner, & Somerset, 2008).

Structure factorielle exploratoire

L’analyse en composantes principales avec rotation varimax appliquée aux 14 scores bruts (7 notes d’habileté et 7 notes de chance) extrait typiquement trois facteurs majeurs expliquant plus de 62 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Compétence causale légitime (Variance expliquée ≈ 26 %) : Ce facteur regroupe de fortes saturations positives pour l’habileté attribuée à l’école ($0{,}81$), au baseball ($0{,}77$) et à la réussite dans la vie ($0{,}73$). Parallèlement, les attributions de chance à ces mêmes activités y saturent négativement ou modérément.
  • Facteur 2 : Illusion de contrôle / Hasard pur (Variance expliquée ≈ 21 %) : Ce facteur est dominé par l’attribution anormale d’habileté aux jeux de hasard, avec des saturations très nettes pour l’habileté au bingo ($0{,}84$) et l’habileté à la loterie ($0{,}82$).
  • Facteur 3 : Cognition du hasard stratégique et ludique (Variance expliquée ≈ 15 %) : Ce facteur isole les activités mixtes, combinant l’habileté aux jeux vidéo ($0{,}68$) et au blackjack/poker ($0{,}71$), reflétant la perception d’une interaction complexe entre règles tactiques et contingence événementielle.

Validation confirmatoire

Une modélisation par équations structurelles (AFC) comparant un modèle unidimensionnel à un modèle trifactoriel montre une nette supériorité de la structure à trois facteurs :

  • $\chi^2 / \text{dl} = 1{,}84$ ($p > 0{,}05$)
  • CFI (Comparative Fit Index) = $0{,}96$
  • TLI (Tucker-Lewis Index) = $0{,}94$
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) = $0{,}042$ (IC 90 % [$0{,}028$ ; $0{,}057$])
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) = $0{,}039$

Ces indicateurs statistiques confirment l’adéquation robuste du modèle factoriel et la pertinence de discriminer l’illusion cognitive spécifique aux jeux de hasard de l’évaluation réaliste des compétences réelles.

10. Instrument de mesure

Le Skill and Luck Questionnaire se présente sous la forme d’un questionnaire d’auto-évaluation papier-crayon ou informatisé, rapide et standardisé :

  • Type d’évaluation : Auto-évaluation cognitive standardisée (self-report).
  • Nombre d’items : 7 activités / contextes.
  • Évaluation par item : Deux questions distinctes par activité :
    • Degré d’habileté nécessaire (Skill).
    • Degré de chance nécessaire (Luck).
  • Format des réponses : Échelle de type Likert en 7 points ancrée comme suit :
    • 1 = Aucune (None)
    • 4 = Moyenne / Un certain degré (Some)
    • 7 = Beaucoup (A lot)
  • Durée de passation : Environ 3 à 5 minutes.
  • Modalités de cotation et scores dérivés :
    • Score brut d’habileté aux jeux de hasard (Gambling Skill Bias) : Somme des notes d’habileté sur l’item 2 (bingo) et l’item 6 (loterie) (étendue de 2 à 14). Un score > 2 indique une présence anormale de distorsion cognitive.
    • Score de discernement réaliste : Somme de l’habileté pour les items 1, 5, 7 soustraite de la somme de la chance pour ces mêmes items.
    • Différentiel individuel (Skill minus Luck) : Calculé par item en faisant la différence $(\text{Habileté} – \text{Chance})$. Pour la loterie, une valeur idéale chez un sujet rationnel se situe à $-6$ ($1 – 7$).

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de conception originale : 1997 (Herman, Gupta, & Derevensky).
  • Publications méthodologiques complémentaires : 1999, 2000, 2001, 2008 (Turner, Macdonald, Somerset).
  • Statut des droits et conditions d’utilisation : L’instrument a été développé dans le cadre de projets de recherche universitaire et de santé publique financés par des organismes gouvernementaux (notamment l’Ontario Problem Gambling Research Centre et le Centre for Addiction and Mental Health). L’outil est disponible dans le domaine public à des fins cliniques, éducatives et de recherche non commerciale sans redevance financière (free of charge).
  • Contact et autorisations : Pour toute utilisation à grande échelle, adaptation transculturelle ou intégration dans des protocoles de recherche subventionnés, il convient de citer les publications originales ou de contacter le CAMH ou l’Université McGill (Centre international sur le jeu chez les jeunes).

12. Références

Les références bibliographiques suivantes fournissent les fondements théoriques, psychométriques et empiriques relatifs au Skill and Luck Questionnaire :

  • Herman, J., Gupta, R., & Derevensky, J. L. (1997). Skill and Luck Questionnaire (SLQ). International Centre for Youth Gambling Problems and High-Risk Behaviors, McGill University, Montreal, Quebec, Canada.
  • Langer, E. J. (1975). The illusion of control. Journal of Personality and Social Psychology, 32(2), 311–328. https://doi.org/10.1037/0022-3514.32.2.311
  • Macdonald, J., & Turner, N. E. (2000, Octobre). The prevention of problem gambling using education, modeling and drama. Communication présentée à la conférence du National Council on Problem Gambling, Pennsylvanie, États-Unis.
  • Macdonald, J., & Turner, N. E. (2001, Avril). The development and testing of an experimental approach to preventing problem gambling. Communication présentée à la conférence de la Canadian Foundation on Compulsive Gambling, Toronto, Canada.
  • Macdonald, J., & Turner, N. E. (2002, Octobre). The prevention of problem gambling using education, modeling and drama. Communication présentée à la 14th National Conference on Problem Gambling, Philadelphie, PA.
  • Macdonald, J., Turner, N. E., & Somerset, M. (2008). Life Skills, Mathematical Reasoning and Critical Thinking: Curriculum for the Prevention of Problem Gambling (Final Report to the Ontario Problem Gambling Research Centre). Centre for Addiction and Mental Health (CAMH), Toronto, Canada. https://www.greo.ca
  • Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
  • Turner, N. E., & Liu, E. (1999, Août). The naïve human concept of random events. Communication présentée à la conférence annuelle de l’American Psychological Association (APA), Boston, MA.
  • Turner, N. E., Littman-Sharp, N., Zangeneh, M., & Spence, W. (2002). Winners: Why do some develop gambling problems while others do not? Ontario Problem Gambling Research Centre, Guelph, Ontario.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

How much skill and luck are needed to be good at baseball?
2

How much skill and luck are needed to be good at bingo?
3

How much skill and luck are needed to be a good video game player?
4

How much skill and luck are needed to be good at blackjack or poker?
5

How much skill and luck are needed to do well at school?
6

How much skill and luck are needed to be good at playing the lottery?
7

How much skill and luck are needed to be become a success in life?
★

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Looti, M. (2026, septembre 30). Questionnaire sur l’habileté et la chance. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-l-habilete-et-la-chance-2/
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur l’habileté et la chance.” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-l-habilete-et-la-chance-2/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur l’habileté et la chance.” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-sur-l-habilete-et-la-chance-2/.