1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire sur les Stratégies d’Adaptation face au Cyberharcèlement (Coping with Cyberbullying Questionnaire, CWCBQ) est un instrument psychométrique développé spécifiquement pour évaluer la diversité et l’efficacité perçue des réponses comportementales, cognitives et technologiques déployées par les adolescents et les jeunes adultes face aux situations de cyberharcèlement. Conçu initialement par Fabio Sticca, Katja Machmutow, Ariane Stauber, Sonja Perren et leurs collaborateurs (2015), cet outil standardisé répond à la nécessité d’analyser les mécanismes de coping dans un environnement numérique où les frontières spatiotemporelles et l’anonymat transforment radicalement la nature des agressions interpersonnelles.
Le questionnaire se compose de 36 items répartis selon une structure multidimensionnelle robuste validée par analyse factorielle confirmatoire. Ces items mesurent sept dimensions distinctes : le recours à des conseils distaux (Distal Advice), la recherche de soutien de proximité (Close Support), les représailles (Retaliation), l’affirmation de soi (Assertiveness), l’évitement ou ignorance active (Active Ignoring), l’impuissance et l’auto-culpabilisation (Helplessness/Self-blame), et enfin les stratégies d’adaptation technique (Technical Coping). Les répondants indiquent la probabilité qu’ils auraient d’adopter chaque stratégie face à un scénario hypothétique ou à une expérience vécue sur une échelle ordinale de type Likert en 4 points (allant de 1 = « Certainement pas » à 4 = « Certainement oui », avec une option 5 = « Pas de réponse »).
Sur le plan des propriétés psychométriques, le CWCBQ présente une consistance interne satisfaisante à excellente selon les sous-échelles, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,69 et 0,87. Les analyses factorielles confirment l’invariance de mesure à travers le genre et les contextes culturels européens. Sa validité de construit, tant convergente que discriminante, a été attestée par des corrélations théoriquement cohérentes avec les niveaux d’anxiété, de dépression, d’estime de soi et d’exposition réelle à la cyber-victimisation. Cet instrument constitue un apport méthodologique majeur pour la recherche en psychologie du développement, la psychologie scolaire et la conception de programmes de prévention ciblés.
2. Mots-clés / Keywords
Cyberharcèlement, Stratégies d’adaptation, Coping, Psychométrie, Adolescence, Cyber-victimisation, Soutien social, Auto-culpabilisation, Affirmation de soi, Évaluation psychologique, Harcèlement en ligne, Échelle de mesure.
3. Auteurs / Authors
Le Questionnaire sur les Stratégies d’Adaptation face au Cyberharcèlement (CWCBQ) a été conçu et validé par une équipe internationale de chercheurs de premier plan spécialisés dans les interactions numériques et la psychopathologie développementale :
- Fabio Sticca, Ph.D. : Institut Marie Meierhofer pour l’enfance (MMI), Université de Zurich, Suisse. Spécialiste des méthodes quantitatives et des trajectoires longitudinales de victimisation chez les adolescents. (Contact institutionnel : Université de Zurich).
- Katja Machmutow, M.Sc. : Département de psychologie, Université de Zurich, Suisse. Travaux axés sur les dynamiques relationnelles en milieu scolaire et les interventions numériques.
- Ariane Stauber, M.Sc. : Université de Zurich, Suisse. Recherches dédiées aux processus socio-émotionnels et à la résilience chez les jeunes victimes.
- Sonja Perren, Prof. Dr. : Professeure ordinaire de psychologie du développement, Université de Constance et Haute école pédagogique de Thurgovie (PHTG), Suisse / Allemagne. Directrice de programmes de recherche majeurs sur le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement au niveau européen.
- Collaborateurs du réseau transnational de recherche sur le cyberharcèlement (notamment associés aux actions COST IS0801 dédiées à la cyber-intimidation).
4. Objectif / Purpose
Le CWCBQ a été élaboré pour pallier une lacune conceptuelle et méthodologique majeure dans la littérature scientifique : l’application non critique d’échelles de coping généralistes (telles que le Ways of Coping Checklist de Folkman et Lazarus) à l’étude des agressions numériques. Le cyberharcèlement se singularise par des propriétés spécifiques — diffusion virale potentiellement illimitée, permanence des traces numériques, asymétrie d’information, anonymat perçu de l’agresseur et accessibilité permanente de la victime au-delà des murs de l’école. Dès lors, les répertoires d’adaptation traditionnels s’avèrent insuffisants pour rendre compte des réactions comportementales des jeunes en ligne.
Applications dans la recherche empirique
Dans le domaine de la recherche, le CWCBQ permet d’investiguer la structure factorielle des réactions face à la cyber-victimisation à travers des devis transversaux et longitudinaux. L’instrument permet de clarifier quelles réponses comportementales amortissent réellement l’impact psychologique négatif du harcèlement (rôle médiateur ou modérateur) et quelles stratégies sont associées à une aggravation de la détresse émotionnelle. Les chercheurs l’utilisent également pour analyser les différences individuelles selon le genre, l’âge, l’expérience préalable de la victimisation et les compétences numériques.
Applications cliniques et scolaires
Au niveau clinique et psychoéducatif, l’outil s’avère précieux pour les psychologues scolaires, les conseillers d’orientation et les pédopsychiatres. L’administration du questionnaire fournit un profil diagnostique précis du répertoire de coping d’un adolescent en détresse :
- Identification des stratégies dysfonctionnelles : Détecter une prévalence de l’auto-culpabilisation ou de l’impuissance acquise, fortement corrélées à la symptomatologie dépressive et aux idéations suicidaires.
- Prévention des escalades agressives : Identifier les propensions aux représailles en ligne ou hors ligne, qui transforment fréquemment la victime en agresseur secondaire (« bully-victim »).
- Évaluation des programmes d’intervention : Mesurer l’efficacité pré/post-test d’ateliers de sensibilisation ou de formations aux compétences socio-émotionnelles (renforcement du recours aux conseils institutionnels et de l’affirmation de soi constructive).
5. Construit psychologique / Construct
Le modèle sous-jacent au CWCBQ conceptualise le coping face au cyberharcèlement comme un construit multidimensionnel hiérarchisé comprenant sept dimensions spécifiques de premier ordre. Chaque dimension reflète une modalité d’action ou un processus cognitif précis mis en œuvre pour gérer la menace perçue.
1. Conseils distaux (Distal Advice)
Cette dimension évalue le recours à des sources d’aide formelles, professionnelles ou institutionnelles, extérieures au cercle relationnel immédiat de l’adolescent. Elle implique des démarches auprès d’adultes détenteurs d’autorité ou d’organismes spécialisés : contacter la police, solliciter un professeur ou le directeur de l’établissement, appeler une ligne d’écoute téléphonique spécialisée (helpline) ou chercher conseil auprès de professionnels en ligne. Cette stratégie reflète la capacité de la victime à mobiliser des ressources sociétales institutionnalisées face à une crise sévère.
2. Soutien de proximité (Close Support)
Contrairement aux conseils distaux, le soutien de proximité capture la mobilisation du réseau social informel et affectif de premier rang : les amis intimes, les pairs de confiance et la famille. Les items mesurent la recherche de réconfort émotionnel, le partage verbal du problème (« parler à mes amis »), le besoin de validation inconditionnelle (« aller vers quelqu’un qui m’accepte tel que je suis ») et l’utilisation de la compagnie des pairs pour se distraire et atténuer la charge mentale.
3. Représailles (Retaliation)
Cette sous-échelle mesure les stratégies de contre-attaque agressive, qu’elles s’expriment dans l’environnement virtuel ou dans le monde physique. Elle inclut l’envoi de messages menaçants ou haineux à l’agresseur, l’agression physique ou verbale en milieu scolaire, la vengeance concertée avec des amis ou les attaques directes en ligne. Bien que courante en réaction à la colère, la recherche démontre que cette stratégie augmente le risque d’escalade conflictuelle et exacerbe la détresse psychologique à long terme.
4. Affirmation de soi (Assertiveness)
L’affirmation de soi se distingue nettement des représailles : elle consiste à confronter l’agresseur de manière directe, non violente mais ferme. Les items mesurent la capacité de la victime à signifier clairement que le comportement est inacceptable (« dire à l’agresseur d’arrêter », « lui dire que ce n’est pas drôle du tout », « lui expliquer que son comportement est blessant ») ou à demander les raisons de l’attaque. Il s’agit d’une tentative de résolution constructive du conflit visant à rétablir des frontières interpersonnelles saines.
5. Évitement ou Ignorance active (Active Ignoring)
Cette dimension relève du coping cognitif et comportemental d’évitement délibéré. Elle englobe des conduites telles qu’ignorer sciemment les messages ou photos pour priver le cyberharceleur du renforcement social ou de l’attention recherchée, faire semblant de ne pas être touché, s’efforcer de ne pas y penser et éviter physiquement ou virtuellement tout contact avec la personne. L’adjectif « active » souligne qu’il ne s’agit pas d’une passivité résignée, mais d’une décision stratégique de neutralisation de l’interaction.
6. Impuissance et Auto-culpabilisation (Helplessness/Self-blame)
Cette composante capture les réponses cognitives et émotionnelles internalisées dysfonctionnelles. Elle regroupe des états de désespoir profond, le sentiment de sidération ou de ne pas savoir quoi faire, la croyance erronée d’être responsable de la victimisation (« penser que c’est de ma faute »), le fatalisme (« accepter la situation car on ne peut rien y faire ») et des ruminations dépressives (« me demander pourquoi cela m’arrive à moi »). C’est la dimension la plus systématiquement corrélée à l’altération du bien-être psychologique.
7. Stratégies d’adaptation technique (Technical Coping)
Dimension unique et hautement spécifique au cyber-environnement, le coping technique évalue l’utilisation instrumentale des fonctionnalités offertes par les technologies de l’information et de la communication (TIC). Elle comprend le blocage du cyberharceleur sur les réseaux sociaux, le signalement des abus auprès des modérateurs de plateformes ou hébergeurs, la modification des coordonnées (numéro, profil, mot de passe), la restriction des paramètres de confidentialité de ses données et la conservation méticuleuse des preuves numériques (captures d’écran, copies de messages) en vue de démarches ultérieures.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle du CWCBQ s’enracine principalement dans la théorie transactionnelle du stress et du coping formalisée par Richard Lazarus et Susan Folkman (1984). Selon ce modèle, le stress ne réside ni exclusivement dans l’environnement ni dans l’individu, mais dans une transaction dynamique où les exigences environnementales sont évaluées comme excédant les ressources de la personne.
Évaluation cognitive et répertoires d’adaptation
Face à un épisode de cyberharcèlement, la victime opère une évaluation primaire (gravité perçue du danger pour l’estime de soi, la réputation, la sécurité physique) suivie d’une évaluation secondaire (estimation des ressources disponibles pour faire face). Les dimensions du CWCBQ s’articulent autour de cette distinction classique, tout en adaptant ses taxonomies :
- Coping centré sur le problème : Vise à modifier directement la situation conflictuelle. Dans le CWCBQ, cela englobe l’affirmation de soi, le coping technique et le recours aux conseils distaux.
- Coping centré sur l’émotion : Vise à réguler la détresse affective générée par l’agression. Cela correspond à la recherche de soutien de proximité (partage émotionnel) et à l’évitement actif (prise de distance cognitive).
- Coping dysfonctionnel ou axé sur le désengagement : L’auto-culpabilisation et les représailles représentent des manifestations d’une dérégulation de l’évaluation cognitive, conduisant soit à une internalisation toxique du blâme, soit à une extériorisation agressive réactive.
Apports de la psychologie socio-écologique et socio-cognitive
Le développement de l’outil intègre également la perspective socio-écologique de Bronfenbrenner et les théories socio-cognitives d’Albert Bandura. Le cyberharcèlement n’est pas un événement isolé mais un phénomène systémique s’inscrivant dans le microsystème des pairs, le mésosystème scolaire-familial et l’exosystème des architectures logicielles et réglementations juridiques. La présence des dimensions Conseils distaux et Coping technique illustre la reconnaissance par Sticca et ses collègues que le cyber-coping nécessite impérativement une interaction avec des systèmes sociétaux et des artefacts technologiques spécifiques.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du CWCBQ a fait l’objet d’investigations approfondies documentées dans les travaux initiaux de Sticca et al. (2015) ainsi que dans des études de réplication indépendantes ultérieures menées en Suisse, en Italie, en Espagne et en Allemagne.
Validité de contenu et d’apparence
La création de la réserve initiale d’items s’est appuyée sur une analyse qualitative rigoureuse issue de focus groups avec des adolescents, complétée par une recension exhaustive de la littérature sur les cyber-agressions. Un panel d’experts en victimologie juvénile et en psychométrie a examiné chaque formulation pour s’assurer de sa clarté, de son adéquation développementale pour la tranche d’âge 11-19 ans et de sa représentativité contextuelle.
Validité de construit et validité factorielle
La structure à 7 facteurs a été mise à l’épreuve à travers une modélisation par équations structurelles (SEM). Les indices d’ajustement globaux obtenus lors des validations confirment l’adéquation du modèle théorique aux données empiriques. Le modèle à sept facteurs corrélés présente une supériorité statistique systématique par rapport à des modèles rivaux unidimensionnels ou bidimensionnels (coping centré sur le problème vs émotion). L’invariance factorielle stricte a été démontrée à travers le sexe (garçons vs filles) et le statut de victimisation (victimes antérieures vs non-victimes).
Validité convergente et discriminante
Les associations observées entre les sous-échelles du CWCBQ et des construits externes mesurés simultanément valident la pertinence empirique de l’outil :
- Santé mentale et bien-être : La dimension Impuissance / Auto-culpabilisation présente de fortes corrélations positives avec les scores de symptômes dépressifs (r ≈ 0,45 à 0,55), d’anxiété générale et une corrélation négative marquée avec l’estime de soi globale.
- Comportements agressifs : La dimension Représailles est corrélée positivement et significativement avec l’agression proactive et réactive hors ligne ainsi qu’avec des mesures de cyber-agression perpétrée (r ≈ 0,40 à 0,52).
- Résilience et compétences sociales : L’Affirmation de soi et la recherche de Soutien de proximité sont corrélées positivement avec le soutien social perçu, la compétence sociale et l’auto-efficacité générale.
- Validité discriminante : Les corrélations inter-facteurs modérées (ne dépassant que rarement r = 0,50) confirment que les 7 dimensions représentent bien des facettes distinctes et non redondantes du comportement d’adaptation.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité du CWCBQ a été documentée à l’aide d’indicateurs de consistance interne et de stabilité temporelle au sein de larges cohortes d’adolescents (notamment l’échantillon suisse de validation de N = 799 participants âgés de 12 à 17 ans).
Consistance interne (Alpha de Cronbach et Oméga de McDonald)
Les coefficients de cohérence interne des sept sous-échelles se situent dans des intervalles acceptables à très satisfaisants :
- Conseils distaux (Distal Advice) : 5 items, α = 0,78 – 0,83
- Soutien de proximité (Close Support) : 5 items, α = 0,79 – 0,84
- Représailles (Retaliation) : 5 items, α = 0,77 – 0,82
- Affirmation de soi (Assertiveness) : 5 items, α = 0,72 – 0,78
- Évitement / Ignorance active (Active Ignoring) : 5 items, α = 0,69 – 0,75
- Impuissance / Auto-culpabilisation (Helplessness/Self-blame) : 5 items, α = 0,78 – 0,83
- Coping technique (Technical Coping) : 6 items, α = 0,81 – 0,87
L’ensemble des coefficients oméga (ω) de McDonald calculés dans des études de réplication confirme cette excellente robustesse, avec des valeurs supérieures à 0,75 pour la quasi-totalité des dimensions. Les corrélations item-total corrigées dépassent systématiquement le seuil critique de 0,35, attestant de l’homogénéité de chaque dimension.
Stabilité temporelle (Test-retest)
Dans les études longitudinales incluant des réévaluations à 6 mois d’intervalle, les coefficients de corrélation test-retest (r) varient entre 0,48 et 0,68. Ces coefficients modérés à élevés reflètent à la fois la stabilité dispositionnelle des styles de coping (traits généraux) et leur sensibilité aux changements situationnels, contextuels et développementaux inhérents à l’adolescence.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le développement psychométrique initial du CWCBQ a suivi une procédure méthodologique rigoureuse combinant une Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) sur un sous-échantillon de calibration, suivie d’une Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC) sur un sous-échantillon indépendant de validation croisée.
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
L’AFE conduite avec extraction par maximum de vraisemblance et rotation oblique (Promax ou Oblimin direct, en accord avec l’interdépendance théorique des stratégies de coping) a mis en évidence une rupture nette dans le graphique des valeurs propres (scree test de Cattell) et des critères de Kaiser (valeurs propres initiales > 1,5), convergeant sans ambiguïté vers une structure à sept facteurs. Les saturations factorielles de chaque item sur son facteur théorique cible étaient toutes supérieures à 0,40 (la majorité se situant entre 0,52 et 0,84), avec des saturations croisées minimes (< 0,25) sur les facteurs secondaires.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
L’AFC réalisée pour confirmer cette structure a testé plusieurs modèles compétitifs :
- Modèle unifactoriel : Ajustement médiocre (RMSEA > 0,10 ; CFI < 0,65), rejetant l’hypothèse d’une réactivité indifférenciée face au harcèlement.
- Modèle à sept facteurs indépendants (orthogonaux) : Ajustement sous-optimal, confirmant que les stratégies ne sont pas mutuellement exclusives.
- Modèle à sept facteurs corrélés : Excellent ajustement statistique. Les indices rapportés dans Sticca et al. (2015) présentent des valeurs solides : $\chi^2/dl < 2,5$, Comparative Fit Index (CFI) $ge 0,93$, Tucker-Lewis Index (TLI) $ge 0,92$, et Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $le 0,048$ (intervalle de confiance à 90% : [0,043 ; 0,053]).
Ces résultats démontrent que la structure factorielle à 7 composantes capture de manière fidèle l’organisation cognitive des comportements d’adaptation chez les jeunes confrontés aux violences en ligne.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’outil : Questionnaire sur les Stratégies d’Adaptation face au Cyberharcèlement (Coping with Cyberbullying Questionnaire – CWCBQ).
- Nature de l’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (papier-crayon ou administration numérique en ligne).
- Population cible : Adolescents et jeunes adultes (adapté dès l’âge de 11 ans jusqu’à 20 ans et plus).
- Nombre total d’items : 36 items présentés sous la consigne comportementale : « Que ferais-tu dans cette situation ? « Je… » » (What would you do in this situation? “I would…”), précédés d’une question préliminaire d’ancrage expérientiel : « As-tu déjà vécu quelque chose de semblable ? (Oui/Non) » (Did you ever experience something like that? (Yes/No)).
- Échelle de réponse : Échelle ordinale en 4 points (avec modalité neutre d’absence de réponse) :
- 1 = Certainement pas (Definitely Not)
- 2 = Probablement pas (Probably Not)
- 3 = Probablement (Probably)
- 4 = Certainement oui (Definitely Yes)
- 5 = Pas de réponse (No Answer / valeur manquante non comptabilisée dans la moyenne)
- Attribution des items par dimension :
- Conseils distaux (Distal Advice) : 5 items (2, 7, 17, 23, 32)
- Soutien de proximité (Close Support) : 5 items (8, 11, 14, 27, 35)
- Représailles (Retaliation) : 5 items (5, 18, 26, 29, 33)
- Affirmation de soi (Assertiveness) : 5 items (9, 16, 22, 25, 34)
- Évitement / Ignorance active (Active Ignoring) : 5 items (6, 10, 13, 19, 30)
- Impuissance / Auto-culpabilisation (Helplessness/Self-blame) : 5 items (4, 12, 15, 20, 21)
- Coping technique (Technical Coping) : 6 items (1, 3, 24, 28, 31, 36)
- Modalités de cotation et de calcul des scores : Le score de chaque sous-échelle s’obtient en calculant la moyenne arithmétique des items composants (après exclusion des réponses cotées « 5 » ou manquantes). Les scores moyens varient de 1,00 à 4,00. Un score élevé reflète une probabilité accrue d’adoption de la classe de coping correspondante. Il n’existe pas de score global unique, l’outil reposant sur un profil dimensionnel.
- Durée d’administration : Environ 10 à 15 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 2015 (articles précurseurs méthodologiques en 2013).
- Statut des droits d’auteur et licence : L’article princeps de développement et de validation psychométrique a été publié dans la revue scientifique à comité de lecture Societies sous licence en libre accès Creative Commons Attribution (CC BY 4.0).
- Coût et tarification : L’utilisation du CWCBQ est entièrement gratuite. Aucun droit d’enregistrement commercial n’est exigé.
- Conditions d’utilisation : L’outil est librement accessible pour la recherche académique, les travaux universitaires, les évaluations institutionnelles et la pratique clinique, sous réserve de citer explicitement l’article de référence princeps (Sticca et al., 2015). Toute adaptation linguistique ou culturelle doit préserver l’intégrité de la structure factorielle et citer les auteurs d’origine.
12. Références / References
Les publications de référence régissant la conception, la validation et les applications empiriques du CWCBQ sont les suivantes :
- Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
- Machmutow, K., Sticca, F., & Perren, S. (2012). Coping with cyberbullying: What can we learn from traditional bullying research? Psychologie in Erziehung und Unterricht, 59(4), 286–298.
- Perren, S., Corcoran, L., Cowie, H., Dehue, F., Garcia, D., McGuckin, C., Sevcikova, A., Tsatsou, P., & Völlink, T. (2012). Tackling cyberbullying: Review of empirical evidence regarding successful responses by students, parents, and schools. International Journal of Conflict and Violence, 6(2), 283–292. https://doi.org/10.4119/ijcv-2914
- Sticca, F., & Perren, S. (2013). Is cyberbullying worse than traditional bullying? Examining the differential roles of medium, publicity, and anonymity for the perceived severity of bullying. Journal of Youth and Adolescence, 42(5), 739–750. https://doi.org/10.1007/s10964-012-9890-0
- Sticca, F., Ruggieri, S., Alsaker, F., & Perren, S. (2013). Longitudinal risk factors for cyberbullying in adolescence. Journal of Community & Applied Social Psychology, 23(1), 52–67. https://doi.org/10.1002/casp.2112
- Sticca, F., Machmutow, K., Stauber, A., Perren, S., Palladino, B. E., Nocentini, A., Menesini, E., Corcoran, L., & O’Moore, M. (2015). The Coping with Cyberbullying Questionnaire: Development of a new measure. Societies, 5(2), 515–536. https://doi.org/10.3390/soc5020515