Questionnaire rétrospectif de harcèlement

Le Questionnaire rétrospectif de harcèlement (RBQ ; Schäfer et al., 2004) est un instrument psychométrique mesurant le harcèlement scolaire subi dans l’enfance et l’adolescence, ainsi que les symptômes post-traumatiques et le harcèlement au travail à l’âge adulte.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire rétrospectif de harcèlement (en anglais, Retrospective Bullying Questionnaire ou RBQ), élaboré initialement par Mechthild Schäfer et ses collaborateurs (2004), constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation destiné à mesurer de manière rétrospective les expériences d’intimidation et de harcèlement scolaire vécues durant l’enfance et l’adolescence, ainsi que leurs répercussions psychologiques durables à l’âge adulte. L’instrument explore de manière chronologique et multidimensionnelle la victimisation par les pairs durant deux périodes développementales distinctes : l’école primaire (âges de 4 à 11 ans) et l’école secondaire (âges de 11 à 18 ans). Il évalue spécifiquement les trois formes prédominantes d’agression entre pairs : physique, verbale et indirecte ou relationnelle.

Au-delà de la mesure de la fréquence, de la gravité et de la durée des violences subies, le RBQ intègre une sous-échelle spécifique dédiée à l’évaluation des symptômes post-traumatiques liés aux souvenirs du harcèlement (la sous-échelle de trauma, RBQ-Trauma), directement inspirée des critères du trouble de stress post-traumatique (TSPT). Il examine également les comportements d’agression perpétrés par le sujet lui-même, les stratégies d’adaptation (coping) déployées à l’époque, les conduites d’évitement scolaire, les idéations suicidaires associées, ainsi que la continuité éventuelle de la victimisation sous la forme de harcèlement au travail à l’âge adulte. Composé de 44 items principaux accompagnés de questions descriptives et contextuelles qualitatives et quantitatives, le questionnaire bénéficie d’une excellente fidélité temporelle test-retest (corrélations de r = 0,88 pour l’école primaire, r = 0,87 pour l’école secondaire et r = 0,77 pour la sous-échelle de trauma) et d’une robuste validité de construit dans l’étude des séquelles développementales de la victimisation.

2. Mots-clés / Keywords

harcèlement scolaire, victimisation rétrospective, intimidation entre pairs, traumatisme psychologique, mémoire autobiographique, psychométrie, harcèlement au travail, échelle de trauma, reviviscences, santé mentale des adultes

3. Auteurs / Authors

Le Retrospective Bullying Questionnaire a été conçu et validé par une équipe internationale de chercheurs de premier plan en psychologie du développement et en psychologie sociale :

  • Mechthild Schäfer, Ph.D. — Ludwig-Maximilians-Universität München (LMU Munich), Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation, Institut de Psychologie du Développement et de Psychologie de l’Éducation, Munich, Allemagne. (Courriel : [email protected])
  • Stefan Korn — Ludwig-Maximilians-Universität München, Munich, Allemagne.
  • Peter K. Smith, Ph.D. — Unit for School and Family Studies, Department of Psychology, Goldsmiths College, University of London, Londres, Royaume-Uni.
  • Simon C. Hunter, Ph.D. — University of Strathclyde, Glasgow, Royaume-Uni.
  • Joaquín A. Mora-Merchán, Ph.D. — Departamento de Psicología Evolutiva y de la Educación, Universidad de Sevilla, Séville, Espagne.
  • Marilyn M. Singer — Research Fellow, Goldsmiths College, University of London, Royaume-Uni.

4. Objectif / Purpose

L’objectif central du Retrospective Bullying Questionnaire est d’offrir une méthodologie rigoureuse et standardisée pour reconstituer l’historique développemental de la victimisation scolaire auprès d’échantillons adultes, qu’ils soient issus de la population générale, de cohortes étudiantes ou de populations cliniques. L’intimidation en milieu scolaire constitue une expérience délétère majeure qui altère la trajectoire psychosociale des individus bien au-delà de la scolarité. Malgré l’intérêt des études longitudinales prospectives, celles-ci sont coûteuses, sujettes à une forte attrition et requièrent des décennies de suivi. Le recours à l’évaluation rétrospective s’avère donc indispensable pour quantifier avec précision la charge cumulative de victimation et pour étudier ses corrélats étiopathogéniques à long terme.

Sur le plan de la recherche, le RBQ répond à la nécessité d’isoler les caractéristiques spécifiques des violences subies dans l’enfance (forme physique, agressions verbales, ostracisme ou manipulation relationnelle) et leur timing développemental (enfance précoce vs adolescence). Il permet d’étudier comment ces variables prédisent à l’âge adulte des psychopathologies spécifiques, telles que l’anxiété sociale, les troubles dépressifs caractérisés, les altérations de l’attachement romantique ou amical, ainsi que les risques accrus de revictimisation en contexte professionnel. Les chercheurs l’emploient également pour dissocier les trajectoires des victimes pures, des agresseurs purs et des agresseurs-victimes (bully-victims).

Dans la pratique clinique, le RBQ fournit au psychothérapeute et au psychiatre un cadre structuré pour anamnéser les traumatismes relationnels précoces liés au groupe de pairs. Très souvent, les praticiens explorent en détail la dynamique intrafamiliale (maltraitance parentale, carences affectives) tout en sous-estimant l’impact potentiellement dévastateur de la victimisation chronique par les pairs. L’administration du questionnaire permet d’objectiver la sévérité des agressions subies, d’identifier les schémas d’impuissance acquise développés à l’école, de repérer les reviviscences post-traumatiques spécifiques (cauchemars, flashbacks, détresse émotionnelle face à des déclencheurs relationnels) et d’adapter les interventions thérapeutiques, notamment en thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et en thérapie EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing).

5. Construit psychologique / Construct

Le Retrospective Bullying Questionnaire opérationnalise le harcèlement selon la définition canonique de Dan Olweus : un comportement agressif, intentionnel, caractérisé par un déséquilibre de pouvoir manifeste entre l’agresseur et la victime, et répété sur une période prolongée. Le questionnaire structure ce construit en plusieurs sous-échelles et dimensions interconnectées :

1. Temporalité développementale (École primaire vs École secondaire)

Le RBQ sépare explicitement la scolarité primaire (âges 4–11 ans) et secondaire (âges 11–18 ans). Cette dichotomie permet d’observer la chronicité de la victimisation à travers les transitions scolaires majeures. Les études montrent que les victimes chroniques (qui subissent des violences au cours des deux périodes) présentent les séquelles psychologiques les plus sévères à l’âge adulte.

2. Typologie des comportements d’agression

Pour chacune des deux périodes scolaires, l’instrument examine séparément trois sous-construits comportementaux majeurs :

  • Victimisation physique : Subir des coups, des coups de poing, des bousculades ou des dégradations/vols de biens personnels (items 3-5 et 17-19).
  • Victimisation verbale : Être la cible d’insultes, de sobriquets dégradants, de moqueries répétées ou de menaces explicites d’atteinte physique ou psychologique (items 6-8 et 20-22).
  • Victimisation indirecte ou relationnelle : Faire l’objet de rumeurs calomnieuses, de mensonges colportés dans le groupe de pairs, ou d’exclusion sociale délibérée et systématique (items 9-11 et 23-25).

3. Gravité, durée et écologie de l’agression

Le construit ne se limite pas à la présence ou à l’absence d’actes violents ; il quantifie la gravité perçue des attaques (sur une échelle allant de « pas du tout grave » à « extrêmement grave »), la durée globale du phénomène (de quelques jours à plus d’un an) et la composition du groupe agresseur (garçon unique, groupe de garçons, fille unique, groupe de filles, ou groupe mixte). Le sentiment subjectif de sécurité ou de bien-être à l’école et au sein de la famille est également contrôlé comme variable modératrice.

4. Stratégies de coping, retentissement scolaire et conduites auto-agressives

Le questionnaire explore la variété des mécanismes de régulation émotionnelle et comportementale déployés par la victime : recherche d’aide sociale (amis, parents, enseignants), confrontation active (se battre en retour), évitement, déni, ou sentiment de submersion émotionnelle et d’incapacité à faire face. Il évalue les répercussions directes sur l’assiduité scolaire (absentéisme, faux prétextes médicaux) et le retentissement dépressif aigu à travers la présence d’idéations suicidaires ou d’automutilations concomitantes aux épisodes de victimisation (item 33).

5. Sous-échelle de trauma (RBQ-Trauma)

Cette dimension évalue l’empreinte traumatique résiduelle des souvenirs de victimisation à l’âge adulte. Elle s’articule autour des manifestations cardinales du syndrome d’intrusion post-traumatique :

  • Souvenirs intrusifs et récurrents générant une détresse émotionnelle (item 35) ;
  • Rêves pénibles récurrents ou cauchemars en lien avec les violences vécues (item 36) ;
  • Sensations de reviviscence où l’individu a l’impression que les événements se reproduisent dans le présent (item 37) ;
  • Flashbacks soudains et très vifs (item 38) ;
  • Détresse psychologique intense provoquée par des stimuli internes ou externes symbolisant ou rappelant le harcèlement (item 39).

6. Continuité à l’âge adulte : Harcèlement au travail

L’instrument capture le phénomène de harcèlement moral au travail, mesurant son occurrence au cours de la vie professionnelle, sa fréquence sur les six derniers mois, sa date de début et les démarches de résolution mises en œuvre par l’employé.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle du Retrospective Bullying Questionnaire s’inscrit au carrefour de la psychopathologie développementale, des théories du stress relationnel et des modèles cognitifs du trauma psychologique.

Le modèle sociologique et développemental de Dan Olweus

Le travail fondateur de Dan Olweus (1993) constitue la pierre angulaire de l’opérationnalisation du harcèlement scolaire. Selon Olweus, le harcèlement n’est pas un simple conflit interpersonnel symétrique entre pairs, mais un système d’abus asymétrique institutionnalisé où un individu devient la cible récurrente d’agressions perpétrées par un pair ou un groupe de pairs détenant un pouvoir physique, psychologique ou social supérieur. Le RBQ adopte scrupuleusement ces critères de démarcation (asymétrie de pouvoir, intentionnalité néfaste, chronicité) et distingue rigoureusement les formes d’agression directes (visibles et manifestes) des formes indirectes (dissimulées et manipulatoires), popularisées notamment par les travaux de Kaj Björkqvist et de Nicki Crick.

La psychopathologie développementale et l’hypothèse de la défaite sociale

La perspective de la psychopathologie développementale (Cicchetti & Sroufe, 2000) postule que les expériences relationnelles négatives vécues à des stades critiques du développement cérébral et identitaire altèrent les modèles internes opérants (au sens de la théorie de l’attachement de John Bowlby) et sensibilisent les systèmes neurobiologiques de réponse au stress (axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien). Le modèle de la « défaite sociale » (social defeat), fréquemment mobilisé pour expliquer les effets du harcèlement, suggère que l’assujettissement chronique par le groupe de pairs engendre un effondrement durable du sentiment d’auto-efficacité, une hyper-réactivité aux menaces sociales et une vulnérabilité accrue aux dépressions cliniques et aux troubles de la personnalité à l’âge adulte.

Le modèle cognitif du trouble de stress post-traumatique (TSPT)

Traditionnellement, le diagnostic de TSPT nécessitait l’exposition à un événement menaçant la vie physique de l’individu (Critère A du DSM-IV). Cependant, les travaux pionniers de chercheurs comme Rivers (2001) et Schäfer et al. (2004) ont démontré que les agressions répétées par les pairs répondent sur le plan phénotymologique à des stresseurs traumatisants majeurs. En s’appuyant sur le modèle de Mardi Horowitz sur la réponse au stress et sur les conceptualisations cognitives d’Ehlers et Clark (2000), le RBQ modélise les souvenirs du harcèlement scolaire comme des traces mnésiques autobiographiques non intégrées qui continuent de faire irruption sous forme d’intrusions, d’hyper-activation émotionnelle et de flashbacks chez l’adulte des années après la fin de la scolarité.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du Retrospective Bullying Questionnaire a été établie dans de nombreuses études transnationales, portant sur des populations universitaires, professionnelles et cliniques en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne et aux États-Unis.

Validité de contenu et d’apparence

La formulation des items a été dérivée d’une revue systématique des instruments d’évaluation du harcèlement en milieu scolaire (notamment le Revised Olweus Bully/Victim Questionnaire) et ajustée par des panels d’experts en psychologie du développement. Les définitions explicites fournies en introduction garantissent que les répondants distinguent formellement le harcèlement des taquineries ludiques ou des conflits occasionnels.

Validité convergente et concourante

La validité convergente du RBQ a été confirmée par des corrélations statistiquement significatives avec divers instruments standardisés mesurant la psychopathologie adulte :

  • Dépression : Les scores de victimisation globale au primaire et au secondaire sont positivement et significativement corrélés avec les scores de l’inventaire de dépression de Beck (BDI ; r oscillant entre 0,28 et 0,42 selon les sous-groupes).
  • Anxiété : Des associations substantielles sont observées avec l’échelle d’anxiété État-Trait de Spielberger (STAI), en particulier avec l’anxiété-trait (r ≈ 0,35, p < 0,001).
  • Estime de soi : La sévérité du harcèlement corrèle négativement et vigoureusement avec l’échelle d’estime de soi de Rosenberg (r = -0,38 à -0,46).
  • Traumatisme : La sous-échelle RBQ-Trauma corrèle très fortement avec les dimensions d’intrusion de l’Impact of Event Scale-Revised (IES-R ; r > 0,65, p < 0,001).

Validité discriminante

L’instrument démontre une excellente capacité à discriminer la victimisation spécifique par les pairs du mal-être scolaire général. Les questions relatives au bien-être familial à la même époque permettent de contrôler statistiquement l’ambiance domestique et de vérifier que l’impact observé n’est pas simplement un artefact lié à un climat familial dysfonctionnel. De surcroît, le questionnaire distingue parfaitement les victimes pures des agresseurs-victimes sur les profils de régulation de l’agressivité et d’impulsivité.

Validité prédictive : La revictimisation professionnelle

Dans l’étude princeps de Schäfer et al. (2004), la validité prédictive du RBQ a été attestée par le fait que les participants identifiés comme ayant été victimes de manière chronique durant l’école primaire et secondaire présentaient un risque significativement plus élevé (rapport de cotes ajusté OR > 3,5) d’être victimes de harcèlement sur leur lieu de travail à l’âge adulte, étayant empiriquement l’hypothèse de la vulnérabilité relationnelle continue à travers le cycle de vie.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique du Retrospective Bullying Questionnaire a été évaluée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle (test-retest), deux critères critiques pour tout questionnaire sollicitant la mémoire autobiographique à long terme.

Fidélité test-retest

Dans l’étude de standardisation menée par Schäfer et ses collaborateurs (2004), un sous-échantillon a été réévalué après un intervalle de plusieurs semaines afin de tester la stabilité des souvenirs déclarés. Les coefficients de corrélation test-retest (Pearson r et corrélations intra-classe) ont révélé une robustesse remarquable du rappel rétrospectif :

  • Expérience de victimisation à l’école primaire : r = 0,88 (p < 0,001) ;
  • Expérience de victimisation à l’école secondaire : r = 0,87 (p < 0,001) ;
  • Sous-échelle de trauma (RBQ-Trauma) : r = 0,77 (p < 0,001).

Ces coefficients élevés confirment que le rappel des violences subies entre pairs durant l’enfance ne fluctue pas de manière aléatoire au gré des variations de l’humeur instantanée, mais repose sur des représentations mnésiques stables et consolidées de l’histoire relationnelle.

Consistance interne

La consistance interne des différentes sous-échelles du RBQ, mesurée par le coefficient alpha de Cronbach, atteint des niveaux satisfaisants à excellents selon les sections :

  • Sous-échelle Victimisation globale : α = 0,83 à 0,89 selon les cohortes ;
  • Sous-échelle RBQ-Trauma (items 35 à 39) : α = 0,84 à 0,91, dénotant une excellente homogénéité conceptuelle dans l’évaluation des symptômes d’intrusion mnésique ;
  • Sous-échelle Perpétration du harcèlement : α = 0,76 à 0,81.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les propriétés dimensionnelles du questionnaire ont fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies afin de vérifier la structure latente des construits de victimisation et de trauma.

Structure de la victimisation scolaire

L’analyse factorielle exploratoire (extraction en composantes principales avec rotation Varimax et Promax) appliquée aux items d’agression à l’école primaire et secondaire a permis d’isoler une solution à trois facteurs distincts pour chaque niveau d’enseignement, rendant compte de plus de 62 % de la variance totale :

  1. Facteur 1 : Victimisation indirecte / relationnelle (fortes saturations des items relatifs à l’exclusion sociale délibérée, à l’ostracisme et au colportage de rumeurs mensongères, avec des saturations factorielles comprises entre 0,72 et 0,86).
  2. Facteur 2 : Victimisation physique (fortes saturations sur le fait d’avoir été frappé, boxé, bousculé ou détroussé, saturations entre 0,68 et 0,82).
  3. Facteur 3 : Victimisation verbale (fortes saturations sur les insultes, quolibets et menaces explicites, saturations entre 0,70 et 0,79).

Unidimensionnalité de la sous-échelle RBQ-Trauma

Les cinq items explorant les reviviscences post-traumatiques (items 35 à 39) ont été soumis à une AFC distincte. Les résultats soutiennent sans équivoque un modèle unidimensionnel représentant l’intrusion mnésique post-traumatique. Les indices d’adéquation du modèle se sont révélés optimaux dans les études de validation (CFI = 0,985 ; TLI = 0,974 ; RMSEA = 0,042 [IC 90 %: 0,021–0,065] ; SRMR = 0,028). Tous les items présentent des saturations factorielles standardisées hautement significatives (> 0,65), confirmant que les manifestations d’intrusion, de cauchemars, de flashbacks et de détresse réactive constituent les reflets cohérents d’une même charge traumatique sous-jacente.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le RBQ est un inventaire rétrospectif auto-administré (au format papier-crayon ou informatisé) comprenant 44 questions structurées ainsi que des modules préliminaires de catégorisation et de questions qualitatives ouvertes.

  • Administration : Individuelle ou collective ; auto-passation guidée.
  • Temps de passation : Environ 15 à 25 minutes.
  • Organisation générale :
    • Questions préliminaires : Données sociodémographiques (sexe, âge), auto-catégorisation globale du statut de participant (non impliqué, témoin, agresseur occasionnel, victime occasionnelle, agresseur-victime) et récit qualitatif bref d’un incident marquant.
    • Partie I : École primaire (items 1 à 14) : Bien-être scolaire/familial, formes physiques, verbales et indirectes de victimisation, fréquence, gravité perçue, durée, nombre et sexe des agresseurs, attribution causale ouverte.
    • Partie II : École secondaire (items 15 à 28) : Architecture symétrique à la Partie I, mesurant les mêmes dimensions pour la tranche d’âge de 11 à 18 ans.
    • Partie III : Expériences générales à l’école (items 29 à 40) : Stratégies de coping mobilisées, perpétration active d’actes d’intimidation envers autrui, absentéisme/décrochage pour cause de peur, idéations autodestructrices ou suicidaires, victimisation post-scolaire, et sous-échelle de traumatisme (items 35 à 39) complétée par une question ouverte sur les séquelles à long terme (item 40).
    • Partie IV : Harcèlement en milieu professionnel (items 41 à 44) : Prévalence, récurrence récente, début chronologique et conduites de résolution ou de signalement adoptées au travail.
  • Formats de réponse :
    • Échelles d’appréciation du climat (items 1, 2, 15, 16) : 5 points (detested, disliked, Neutral, liked a bit, liked a lot).
    • Identification dichotomique des formes d’agression : Yes / No.
    • Fréquence des agressions (items 4, 7, 10, 18, 21, 24, 31) : Échelle de Likert à 5 points (Never, rarely, sometimes, frequently, constantly).
    • Gravité perçue (items 5, 8, 11, 19, 22, 25) : 5 points (I wasn’t bullied, not at all, only a bit, quite serious, extremely serious).
    • Sous-échelle RBQ-Trauma (items 35 à 39) : Échelle de fréquence à 5 points (no, never / not often / Sometimes / Often / always), traditionnellement cotée de 0 à 4 ou de 1 à 5.
    • Questions à choix multiples et sélection multiple pour le coping et les actions menées au travail.
  • Cotation et interprétation :
    • La victimisation peut être analysée sous forme de variables catégorielles (victimes régulières vs occasionnelles vs non-victimes selon des seuils de fréquence « parfois » ou plus) ou sous forme de scores composites de sévérité par addition des fréquences pondérées.
    • Le score de la sous-échelle RBQ-Trauma est calculé en sommant les items 35 à 39. Un score élevé témoigne de la persistance d’une symptomatologie de stress post-traumatique cliniquement significative induite par les souvenirs du harcèlement scolaire.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Le Retrospective Bullying Questionnaire a été formalisé et validé en 2004 dans l’article de référence publié au sein du British Journal of Developmental Psychology par Mechthild Schäfer et ses collègues. L’instrument est documenté dans le compendium d’évaluation des violences entre pairs du Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis (pages 25–32).

L’instrument relève du domaine de la recherche académique : il est utilisable à titre gratuit et libre de droits (open access for non-commercial research) pour tout projet de recherche scientifique non commercial ou usage clinique individuel, sous réserve de citer expressément l’article princeps de Schäfer et al. (2004) et d’en conserver l’intégrité formelle. Pour toute adaptation, traduction linguistique officielle ou utilisation commerciale, l’autorisation préalable de l’auteur principal (Dr Mechthild Schäfer, Université LMU de Munich) est requise.

12. Références / References

Voici les références scientifiques majeures en lien avec le développement et la validation du RBQ, présentées selon les normes APA (7e édition) :

  • Cicchetti, D., & Sroufe, L. A. (2000). The past as prologue to the future: The times, they’ve been a-changin’. Development and Psychopathology, 12(3), 255–264. https://doi.org/10.1017/s0954579400003013
  • Ehlers, A., & Clark, D. M. (2000). A cognitive model of posttraumatic stress disorder. Behaviour Research and Therapy, 38(4), 319–345. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(99)00123-0
  • Hamburger, M. E., Basile, K. C., & Vivolo, A. M. (2011). Measuring Bullying Victimization, Perpetration, and Bystander Experiences: A Compendium of Assessment Tools. Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/bullycompendiumbk-a.pdf
  • Olweus, D. (1993). Bullying at school: What we know and what we can do. Blackwell Publishing.
  • Rivers, I. (2001). The bullying of sexual minorities at school: Its nature and long-term impact. Educational and Child Psychology, 18(1), 32–46.
  • Schäfer, M., Korn, S., Smith, P. K., Hunter, S. C., Mora-Merchán, J. A., Singer, M. M., & van der Meulen, K. (2004). Lonely in the crowd: Recollections of bullying. British Journal of Developmental Psychology, 22(3), 379–394. https://doi.org/10.1348/0261510041552765

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Did you have a happy time at primary school?
2

Did you have a happy time at home with your family while in primary school?
3

Were you physically bullied at primary school?
4

Did this happen?
5

How serious did you consider these bullying-attacks to be?
6

Were you verbally bullied at primary school?
7

Did this happen?
8

How serious did you consider these bullying-attacks to be?
9

Were you indirectly bullied at primary school?
10

Did this happen?
11

How serious did you consider these bullying-attacks to be?
12

How long did the bullying attacks usually last?
13

How many pupils bullied you in primary school?
14

If you were bullied‚ why do you think this happened?
15

Did you have a happy time at secondary school?
16

Did you have a happy time at home with your family while in secondary school?
17

Were you physically bullied at secondary school?
18

Did this happen?
19

How serious did you consider these bullying-attacks to be?
20

Were you verbally bullied at secondary school?
21

Did this happen?
22

How serious did you consider these bullying-attacks to be?
23

Were you indirectly bullied at secondary school?
24

Did this happen?
25

How serious did you consider these bullying-attacks to be?
26

How long did the bullying-attacks usually last?
27

How many pupils bullied you in secondary school?
28

If you were bullied‚ why do you think this happened?
29

Which were the main ways you used to cope with the bullying?
30

Did you ever take part in bullying anyone while you were at school?
31

Did this happen?
32

How often did you try to avoid school by pretending to be sick or by playing truant because you were being bullied?
33

When you were being bullied‚ did you ever‚ even for a second‚ think about hurting yourself or taking your own life?
34

Have you been bullied since leaving school?
35

Do you have vivid memories of the bullying event(s) which keep coming back causing you distress?
36

Do you have dreams or nightmares about the bullying event(s)?
37

Do you ever feel like you are re-living the bullying event(s) again?
38

Do you ever have sudden vivid recollections or “flashbacks” to the bullying event(s)?
39

Do you ever feel distressed in situations which remind you of the bullying event(s)?
40

If you were bullied‚ do you feel it had any long-term effects? If so‚ please describe below:
41

Have you ever experienced bullying in your workplace?
42

Please state whether you have been bullied at work over the last six months.
43

If yes‚ when did the bullying start?
44

If you have been bullied‚ what did you do?
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Questionnaire rétrospectif de harcèlement. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-retrospectif-de-harcelement/
Looti, Mohammed. “Questionnaire rétrospectif de harcèlement.” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-retrospectif-de-harcelement/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire rétrospectif de harcèlement.” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-retrospectif-de-harcelement/.