Questionnaire sur la qualité de l’amitié – Révisé (FQQ-R)

Découvrez le Questionnaire sur la qualité de l’amitié – Révisé (FQQ-R) de Parker et Asher (1993) : cadre théorique, validité psychométrique, 6 dimensions évaluées et les 41 items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire sur la qualité de l’amitié – Révisé (Friendship Quality Questionnaire – Revised, FQQ-R), développé initialement par les psychologues du développement Jeffrey G. Parker et Steven R. Asher en 1993, constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents et les plus rigoureux pour évaluer les caractéristiques qualitatives des relations d’amitié réciproques au cours de l’enfance moyenne et du début de l’adolescence. Contrairement aux approches sociométriques traditionnelles qui mesurent principalement le statut social global ou la popularité d’un enfant au sein de son groupe de pairs, le FQQ-R s’attache à capturer la nature dyadique, intime et fonctionnelle d’un lien d’amitié spécifique ciblé par le répondant.

L’instrument se compose de 41 items auto-rapportés évaluant six dimensions psychologiques distinctes mais interdépendantes : (1) la validation et l’attention bienveillante (Validation and Caring), (2) la résolution de conflits (Conflict Resolution), (3) le conflit et la trahison (Conflict and Betrayal), (4) l’aide et le guidage (Help and Guidance), (5) la camaraderie et les loisirs (Companionship and Recreation), ainsi que (6) l’échange intime (Intimate Exchange). Les participants répondent à l’aide d’une échelle de Likert en 5 points allant de « pas du tout vrai » (not at all true) à « tout à fait vrai » (really true).

Les propriétés psychométriques du FQQ-R sont remarquablement solides. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires menées sur de larges cohortes d’élèves du primaire et du collège ont confirmé une structure multidimensionnelle stable. La cohérence interne est excellente, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,73 et 0,92 pour l’ensemble des sous-échelles. L’outil a démontré une forte validité convergente et prédictive, s’avérant particulièrement puissant pour distinguer l’impact protecteur d’une amitié de haute qualité face aux sentiments de solitude, d’anxiété sociale et d’inadaptation socio-émotionnelle en contexte scolaire.

2. Mots-clés / Keywords

Qualité de l’amitié, relations entre pairs, enfance moyenne, psychométrie, soutien social, conflit dyadique, intimité relationnelle, solitude, adaptation psychosociale, attachement aux pairs, sentiment de rejet, bien-être émotionnel.

3. Auteurs / Authors

Le questionnaire a été élaboré et standardisé par deux figures majeures de la psychologie contemporaine du développement social :

  • Jeffrey G. Parker, Ph.D. : Professeur agrégé au Département de psychologie de l’Université d’État de Pennsylvanie (Pennsylvania State University, University Park, PA, États-Unis). Ses travaux pionniers portent sur les processus de socialisation, les relations amicales infantiles et la psychopathologie développementale chez l’enfant et l’adolescent. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Steven R. Asher, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie et de neurosciences à l’Université Duke (Duke University, Durham, NC, États-Unis). Ancien directeur de recherche à l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign, il est mondialement reconnu pour ses recherches séminales sur le rejet social par les pairs, la solitude chez l’enfant et le fonctionnement socio-cognitif dans les relations interpersonnelles. Courriel institutionnel : [email protected].

Des adaptations et validations complémentaires pour des populations spécifiques, notamment les enfants présentant des troubles d’apprentissage ou des déficits attentionnels, ont été conduites par la suite par des chercheuses et chercheurs renommés tels que le Dr Judith Wiener (Université de Toronto, Canada) et le Dr Barry H. Schneider (Université d’Ottawa, Canada).

4. Objectif / Purpose

Le Questionnaire sur la qualité de l’amitié – Révisé (FQQ-R) a été conçu pour combler une lacune conceptuelle et méthodologique fondamentale dans la littérature relative à la sociométrie infantile. Historiquement, les chercheurs évaluaient l’intégration sociale des enfants en calculant un statut sociométrique unidimensionnel (enfants populaires, rejetés, négligés, controversés ou moyens) fondé sur les nominations d’appréciation ou de désapprobation par l’ensemble de la classe. Bien que ces mesures soient précieuses pour quantifier le degré d’acceptation par le groupe, elles échouaient systématiquement à saisir l’expérience dyadique vécue au sein d’une relation d’amitié privilégiée. L’objectif premier de Parker et Asher (1993) était d’établir qu’avoir un ami et vivre une amitié de qualité constituent des construits distincts de la simple acceptation par les pairs, exerçant des effets indépendants sur l’ajustement socio-émotionnel.

Sur le plan théorique et empirique, le FQQ-R a été élaboré pour :

  • Disséquer les dimensions qualitatives des amitiés infantiles : L’outil ne se contente pas d’enregistrer la présence ou l’absence d’un lien réciproque ; il quantifie précisément les caractéristiques positives (chaleur, soutien, complicité, validation) et négatives (fréquence des disputes, sentiment de trahison) qui colorent la dynamique relationnelle.
  • Distinguer les effets du statut dans le groupe de ceux de l’amitié dyadique : Le FQQ-R permet de démontrer empiriquement qu’un enfant rejeté ou impopulaire peut être protégé des répercussions psychologiques néfastes (telles que la dépression ou la détresse émotionnelle) s’il maintient une amitié stable et caractérisée par des niveaux élevés de soutien et d’échange intime.
  • Servir d’instrument de dépistage et de suivi clinique : Dans les contextes de psychologie scolaire et de pédopsychiatrie, le FQQ-R est mobilisé pour diagnostiquer les difficultés relationnelles chroniques, guider l’entraînement aux habiletés sociales et évaluer l’efficacité des interventions axées sur les compétences socio-affectives, notamment chez les enfants manifestant des troubles du spectre de l’autisme, un TDAH ou des troubles des conduites.

En somme, le FQQ-R constitue un outil diagnostique et de recherche indispensable pour analyser comment les interactions intimes entre enfants façonnent le développement de l’estime de soi, l’acquisition de la mutualité morale et la résilience face à l’adversité psychosociale.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par le FQQ-R est la qualité de la relation d’amitié (friendship quality). Ce macro-construit multidimensionnel englobe les fonctions d’étayage instrumental, affectif et récréatif que remplit une dyade amicale, ainsi que les frictions inhérentes à la négociation des frontières interpersonnelles. L’échelle décompose ce macro-construit en six sous-dimensions distinctes :

1. Validation et attention bienveillante (Validation and Caring)

Cette dimension évalue dans quelle mesure la relation amicale favorise un sentiment de valeur personnelle, de sécurité émotionnelle et de reconnaissance inconditionnelle. L’ami est perçu comme une source active de renforcement positif de l’estime de soi. Elle comprend des manifestations explicites d’affection, d’encouragement mutuel et de loyauté indéfectible face au groupe (par exemple : complimenter l’autre sur ses compétences, prendre sa défense en cas de commérages malveillants, ou manifester de la préoccupation sincère pour son bien-être affectif).

2. Résolution de conflits (Conflict Resolution)

Cette sous-échelle mesure les stratégies constructives et coopératives que la dyade déploie pour désamorcer les tensions et restaurer l’harmonie après une divergence d’opinions ou un affrontement verbal. Elle capture la capacité des deux partenaires à dialoguer calmement, à présenter des excuses spontanées en cas de blessure morale et à surmonter promptement le ressentiment pour préserver le lien d’attachement.

3. Conflit et trahison (Conflict and Betrayal)

Représentant le pôle négatif de la dynamique dyadique, cette dimension quantifie la prévalence des querelles ouvertes, des comportements passifs-agressifs, des ruptures de confiance et des agressions relationnelles au sein de la relation. Elle examine si l’ami a tendance à propager des rumeurs, à divulguer des secrets confidentiels, à se disputer fréquemment ou à adopter une posture hostile et méprisante qui fragilise la sécurité psychologique du répondant.

4. Aide et guidage (Help and Guidance)

Cette composante opérationnalise le soutien instrumental et cognitif mutuel. Elle reflète l’assistance pratique apportée lors de la réalisation de devoirs scolaires ou de tâches quotidiennes, le partage matériel (prêt d’objets ou de jouets), ainsi que l’échange de conseils judicieux pour résoudre des problèmes concrets. Elle incarne la notion d’interdépendance coopérative dans l’effort partagé.

5. Camaraderie et loisirs (Companionship and Recreation)

Cette dimension évalue le degré d’engagement commun dans des activités ludiques, des jeux et des interactions récréatives informelles durant les temps libres. Elle explore la propension des deux partenaires à passer du temps ensemble pendant la récréation, la pause déjeuner ou après l’école, traduisant ainsi le plaisir partagé, l’affinité comportementale et la sociabilité primaire de la dyade.

6. Échange intime (Intimate Exchange)

Inspirée directement des conceptions de Harry Stack Sullivan sur le besoin de communion interpersonnelle, cette sous-échelle mesure le niveau de confidence, de divulgation de soi (self-disclosure) et de partage émotionnel profond. Elle reflète la disposition de l’enfant à révéler ses peurs, ses secrets les plus gardés, ses tristesses et ses doutes intimes à son ami, en ayant l’assurance que ces vulnérabilités seront accueillies avec discrétion et empathie.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le FQQ-R s’ancre à la croisée de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie du développement et de la psychologie sociale :

La théorie interpersonnelle de Harry Stack Sullivan

Le fondement théorique le plus direct du questionnaire réside dans la théorie interpersonnelle de la psychiatrie développée par Harry Stack Sullivan (1953). Sullivan a postulé que l’enfance moyenne (stade du préadolescent) est marquée par l’émergence d’un besoin biologique et psychologique fondamental de « camaraderie étroite » (chumship). Pour Sullivan, la relation intime avec un alter ego de même sexe constitue la première expérience d’amour authentique non fondé sur la dépendance filiale, où le bonheur et la sécurité de l’autre deviennent aussi importants que les siens. C’est à travers cette relation privilégiée que l’enfant corrige les distorsions cognitives issues de son éducation familiale, développe l’empathie mutuelle et découvre la véritable réciprocité relationnelle. Le FQQ-R traduit fidèlement ces notions de validation, de loyauté et d’intimité conceptuelle mises en avant par Sullivan.

La théorie du développement cognitivo-social de Robert Selman

L’instrument tire également parti des travaux de Robert L. Selman (1980) sur les stades de compréhension de l’amitié et la prise de perspective sociale. Selman a démontré qu’au fur et à mesure que les capacités cognitives des enfants progressent, leur conception de l’amitié évolue d’une vision égocentrique et utilitaire (« un ami est quelqu’un qui me prête ses jouets ») vers une conception basée sur l’assistance bidirectionnelle et la réciprocité normative (Stade 2), puis vers un partage intime, une confiance mutuelle et un soutien émotionnel profond (Stade 3). Le FQQ-R capture précisément cette transition développementale en mesurant simultanément l’entraide pratique (Help and Guidance) et les processus plus sophistiqués d’échange affectif intime (Intimate Exchange) et de résolution négociée des conflits.

La perspective de l’attachement et des provisions relationnelles

Enfin, l’architecture du questionnaire résonne avec la théorie de l’attachement de John Bowlby transposée aux relations de pairs, ainsi qu’avec le modèle des provisions sociales de Robert S. Weiss (1974). Selon ce paradigme, les amis proches fonctionnent progressivement comme des figures subsidiaires d’attachement, fournissant une « base de sécurité » et un « havre de réconfort » face aux stresseurs scolaires et relationnels. Le sentiment d’être validé par un pair et de pouvoir compter sur son secours moral prévient l’émergence de la détresse socio-émotionnelle et de l’isolement affectif.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du FQQ-R a été rigoureusement démontrée à travers une multitude de recherches empiriques conduites sur des échantillons diversifiés d’enfants et d’adolescents scolarisés :

Validité de construit et validité interne

Dans l’étude princeps de Parker et Asher (1993), administrée à 881 élèves de CM1 et CM2 (grades 3 à 5), l’analyse de la structure interne a confirmé que les six dimensions théorisées représentent des construits psychologiques distincts. Bien que les dimensions positives de l’amitié (Validation, Aide, Camaraderie, Échange intime, Résolution de conflit) soient positivement corrélées entre elles (corrélations variant typiquement entre r = 0,45 et r = 0,72), elles ne fusionnent pas en un facteur unique non différencié. Par ailleurs, la dimension « Conflit et trahison » présente des corrélations faibles à modérément négatives avec les dimensions positives, prouvant que l’absence de conflit ne suffit pas à définir une amitié de haute qualité, et inversement, qu’une relation très intime peut comporter une part notable de frictions.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente a été démontrée par des corrélations significatives entre les scores du FQQ-R et d’autres instruments évaluant les compétences sociales et les comportements prosociaux rapportés par les pairs et les enseignants. Les enfants rapportant des niveaux élevés d’aide, d’intimité et de validation sont systématiquement désignés par leurs pairs comme étant plus coopératifs, plus empathiques et moins agressifs.

Sur le plan de la validité discriminante, Parker et Asher (1993) ont apporté une preuve cruciale : le statut sociométrique global dans le groupe de pairs (niveau d’acceptation ou de rejet par la classe) n’explique qu’une proportion modeste de la variance de la qualité de l’amitié spécifique. Un nombre substantiel d’enfants impopulaires ou rejetés par le groupe sont néanmoins capables d’entretenir une amitié réciproque caractérisée par des niveaux élevés de loyauté et de soutien mutuel. Ainsi, la qualité de l’amitié ne se réduit aucunement à la désirabilité sociale ou à la popularité globale.

Validité prédictive et écologique

Le FQQ-R possède une remarquable validité prédictive vis-à-vis du bien-être psychologique. Des analyses de régression multiple et de modélisation par équations structurelles ont établi que les sous-échelles de validation, d’échange intime et de camaraderie prédisent négativement le sentiment de solitude (mesuré par l’échelle de solitude d’Asher) et l’insatisfaction sociale à l’école, même après avoir contrôlé statistiquement le statut sociométrique de l’enfant. Les travaux ultérieurs (Wiener & Schneider, 2002) ont également confirmé la sensibilité de l’instrument pour identifier les profils d’amitié spécifiques chez les enfants présentant des troubles d’apprentissage (Learning Disabilities), démontrant sa robustesse diagnostique et différentielle.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité du Questionnaire sur la qualité de l’amitié – Révisé a été évaluée à travers des indices stricts de cohérence interne et de stabilité temporelle :

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’échantillon normatif initial de Parker et Asher (1993), les coefficients alpha de Cronbach (α) calculés pour les six sous-échelles ont démontré une excellente consistance interne, surpassant largement les seuils conventionnels d’acceptabilité psychométrique (α ≥ 0,70) :

  • Validation et attention bienveillante : α = 0,90
  • Résolution de conflits : α = 0,73
  • Conflit et trahison : α = 0,86
  • Aide et guidage : α = 0,90
  • Camaraderie et loisirs : α = 0,75
  • Échange intime : α = 0,86

Ces coefficients ont été répliqués de manière très cohérente dans des dizaines d’études indépendantes conduites en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. Par exemple, l’étude de Wiener et Schneider (2002) a rapporté des valeurs d’alpha oscillant entre 0,74 et 0,91 pour les dyades avec ou sans difficultés scolaires.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Les évaluations de la fidélité test-retest sur des intervalles de plusieurs semaines à plusieurs mois (typiquement de 4 à 12 semaines) ont révélé des coefficients de corrélation intra-classe (ICC) et des coefficients de Pearson compris entre r = 0,68 et r = 0,82 pour des amitiés stables. Cette stabilité reflète fidèlement la réalité développementale : les scores demeurent constants tant que la dyade reste intacte, mais s’ajustent avec sensibilité en cas de rupture amicale ou d’événement relationnel critique, démontrant ainsi à la fois la fiabilité de l’instrument et sa sensibilité au changement.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle du FQQ-R a été méticuleusement établie lors du passage de la version préliminaire du questionnaire (initialement inspirée des travaux de Berndt et Perry, 1986) à la version révisée en 41 items :

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Parker et Asher (1993) ont soumis l’ensemble des items à une analyse factorielle exploratoire en composantes principales, suivie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin), étant donné l’hypothèse théorique que les aspects positifs des relations d’amitié sont intercorrélés dans l’expérience quotidienne de l’enfant. Les résultats ont clairement mis en évidence six facteurs majeurs présentant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,5, expliquant ensemble plus de 55 % de la variance totale des réponses.

Les critères de sélection des items étaient particulièrement stricts : chaque item retenu devait présenter une saturation factorielle (factor loading) primaire d’au moins 0,40 sur son facteur théorique cible, et ne présenter aucune saturation croisée supérieure à 0,30 sur un autre facteur. L’examen des saturations a révélé des poids particulièrement élevés (fréquemment compris entre 0,55 et 0,82) pour les items phares :

  • Les items évaluant le partage des secrets et des peurs (items 14, 25, 38, 40) ont saturé massivement sur le facteur Échange intime.
  • Les items relatifs aux excuses et à la réconciliation après une dispute (items 8, 11, 26, 29, 35) se sont regroupés nettement sur le facteur Résolution de conflits.
  • Les items formulés autour des disputes, des cris et de la divulgation malveillante (items 3, 9, 20, 27, 31, 37) ont formé sans équivoque le facteur Conflit et trahison.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Les analyses factorielles confirmatoires conduites dans des études subséquentes ont testé des modèles concurrents (modèle à un facteur général, modèle à deux facteurs positif/négatif, et modèle oblique à six facteurs). Le modèle théorique à six facteurs a systématiquement démontré un ajustement supérieur aux données empiriques, attesté par des indices d’adéquation robustes : un indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,91, un indice de conformité comparative (CFI) > 0,92, et une racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) ≤ 0,055. Cette invariance de mesure a été confirmée à travers les genres (filles et garçons) ainsi qu’à travers les différents niveaux scolaires de l’enseignement élémentaire et secondaire.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire auto-rapporté (self-report inventory) standardisé évaluant une relation d’amitié dyadique réciproque spécifique.
  • Population cible : Enfants et adolescents âgés principalement de 8 à 14 ans (de l’école élémentaire au collège, généralement du CE2 à la classe de 4e / 3e à 8e année scolaire).
  • Nombre total d’items : 41 items déclaratifs.
  • Procédure de passation : Avant de débuter le questionnaire, le participant identifie nominativement son ou sa « meilleur(e) ami(e) » (ou un ami réciproque désigné via une sociomatrice de classe). Le prénom de cet ami est inséré dans l’espace vide (souligné « ______ ») au début de chaque item, individualisant ainsi complètement l’évaluation.
  • Format et échelle de réponse : Échelle de Likert ordinale en 5 points, comprenant les ancres verbales suivantes :
    • 1 = Pas du tout vrai (Not at all true)
    • 2 = Un peu vrai (A little true)
    • 3 = Assez vrai (Somewhat true)
    • 4 = Plutôt vrai (Pretty true)
    • 5 = Tout à fait vrai (Really true)
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Les scores de chaque sous-échelle sont obtenus en calculant la moyenne arithmétique des items constitutifs de la dimension correspondante (afin de conserver une échelle interprétable de 1 à 5).
    • Certaines études cliniques calculent également un score global d’Amitié positive en moyennant les 5 dimensions prosociales (Validation, Résolution, Aide, Camaraderie, Échange intime), tout en conservant la sous-échelle Conflit et trahison séparée en tant qu’indice d’antagonisme dyadique.
    • Aucun item n’est inversé dans les sous-échelles respectives, car chaque énoncé a été rédigé de manière univoque pour refléter sa dimension propre.
  • Répartition des items par sous-échelle :
    • Validation et attention bienveillante : Items 4, 5, 6, 8, 12, 13, 15, 41
    • Résolution de conflits : Items 11, 26, 29, 35
    • Conflit et trahison : Items 3, 9, 20, 27, 31, 37
    • Aide et guidage : Items 17, 18, 24, 28, 32, 33, 34, 36, 39
    • Camaraderie et loisirs : Items 1, 2, 7, 10, 19, 22, 23
    • Échange intime : Items 14, 16, 21, 25, 30, 38, 40
  • Durée approximative de passation : Environ 15 à 25 minutes selon l’aisance de lecture des enfants.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication originale : 1993 (Developmental Psychology).
  • Propriété intellectuelle et droits d’auteur : © 1993 American Psychological Association (APA) et auteurs (Jeffrey G. Parker & Steven R. Asher).
  • Tarification et accessibilité : Le questionnaire a été diffusé à des fins de recherche académique et d’évaluation non lucrative. Il n’existe pas de kit commercial payant distribué par un éditeur privé de tests psychotechniques. L’accès à l’outil est généralement gratuit pour les chercheurs, les universitaires et les professionnels de l’éducation.
  • Permissions d’utilisation : L’utilisation du FQQ-R dans le cadre d’études scientifiques, de thèses doctorales ou d’interventions scolaires est autorisée sous réserve de citation explicite de la publication source de Parker et Asher (1993). Pour toute publication commerciale, adaptation logicielle propriétaire ou traduction intégrale à grande échelle, une autorisation écrite doit être sollicitée auprès de l’American Psychological Association (APA Permissions Desk).

12. Références / References

  • Berndt, T. J., & Perry, T. B. (1986). Children’s perceptions of friendships as supportive relationships. Developmental Psychology, 22(5), 640–648. https://doi.org/10.1037/0012-1649.22.5.640
  • Bowlby, J. (1982). Attachment and loss: Vol. 1. Attachment (2nd ed.). Basic Books.
  • Parker, J. G., & Asher, S. R. (1993). Friendship and friendship quality in middle childhood: Links with peer group acceptance and feelings of loneliness and social dissatisfaction. Developmental Psychology, 29(4), 611–621. https://doi.org/10.1037/0012-1649.29.4.611
  • Selman, R. L. (1980). The growth of interpersonal understanding: Developmental and clinical analyses. Academic Press.
  • Sullivan, H. S. (1953). The interpersonal theory of psychiatry. W. W. Norton & Company.
  • Weiss, R. S. (1974). The provisions of social relationships. In Z. Rubin (Ed.), Doing unto others (pp. 17–26). Prentice-Hall.
  • Wiener, J., & Schneider, B. H. (2002). A multisource exploration of the friendship patterns of children with and without learning disabilities. Journal of Abnormal Child Psychology, 30(2), 127–141. https://doi.org/10.1023/A:1014701201278

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale:
• not at all true
• a little true
• somewhat true
• Pretty true
• really true

  1. ______ lives really close to me.
  2. ______ and I always sit together at lunch.
  3. ______ and I get mad a lot.
  4. ______ tells me I am good at things.
  5. ______ sticks up for me if others talk behind my back.
  6. ______ and I make each other feel important and special.
  7. ______ and I always pick each other as partners for things.
  8. ______ says « I’m sorry » if [he/she] hurts my feelings.
  9. ______ sometimes says mean things about me to other kids.
  10. ______ has good ideas about games to play.
  11. ______ and I talk about how to get over being mad at each other.
  12. ______ would like me even if others didn’t.
  13. ______ tells me I am pretty smart.
  14. ______ and I always tell each other our problems.
  15. ______ makes me feel good about my ideas.
  16. I talk to ______ when I’m mad about something that happened to me.
  17. ______ and I help each other with chores a lot.
  18. ______ and I do special favors for each other.
  19. ______ and I do fun things together a lot.
  20. ______ and I argue a lot.
  21. I can count on ______ to keep promises.
  22. ______ and I go to each other’s houses.
  23. ______ and I always play together at recess. (5th grade) participate in activities together during our free time (6″ grade).
  24. ______ and I give advice when figuring things out.
  25. ______ and I talk about the things that make us sad.
  26. ______ and I make up easily when we have a fight.
  27. ______ and I fight a lot.
  28. ______ and I share things with each other.
  29. ______ and I talk about how to make ourselves feel better if we are mad at each other.
  30. ______ does not tell my secrets.
  31. ______ and I bug each other a lot.
  32. ______ comes up with good ideas on ways to do things.
  33. ______ and I loan each other things all the time.
  34. ______ helps me so I can get done quicker.
  35. ______ and I get over our arguments really quickly.
  36. ______ and I count on each other for good ideas on how to get things done.
  37. ______ doesn’t listen to me.
  38. ______ and I tell each other private things.
  39. ______ and I help each other with school work a lot.
  40. ______ and I tell each other secrets.
  41. ______ cares about my feelings.
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Looti, M. (2026, octobre 3). Questionnaire sur la qualité de l’amitié – Révisé (FQQ-R). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-qualite-amitie-revise-fqq-r/
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur la qualité de l’amitié – Révisé (FQQ-R).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-qualite-amitie-revise-fqq-r/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur la qualité de l’amitié – Révisé (FQQ-R).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-qualite-amitie-revise-fqq-r/.