1. Résumé
Le Questionnaire sur les objectifs d’accomplissement révisé (Achievement Goal Questionnaire-Revised, AGQ-R), développé par Andrew J. Elliot et Kou Murayama en 2008, constitue l’un des instruments psychométriques les plus rigoureux et influents pour l’évaluation empirique de la motivation orientée vers la compétence en contexte académique. Cet instrument découle d’une révision structurelle majeure du questionnaire originel de 2001 (AGQ ; Elliot & McGregor, 2001), motivée par la nécessité d’assainir la mesure des buts d’accomplissement en éliminant les confusions conceptuelles récurrentes entre le but motivationnel en tant que tel (la finalité cognitive) et ses antécédents affectifs ou conséquences comportementales (notamment la peur de l’échec, l’anxiété d’évaluation ou la comparaison sociale généralisée).
L’AGQ-R est structuré autour du cadre théorique tridimensionnel puis bidimensionnel orthogonal 2 × 2 élaboré par Elliot, qui croise deux aspects fondamentaux de la compétence : la définition du critère de compétence (référence absolue/intrapersonnelle de maîtrise versus référence interpersonnelle ou normative de performance) et la valence motivationnelle (orientation d’approche axée sur l’atteinte d’un résultat positif versus orientation d’évitement axée sur la prévention d’un échec ou d’une incompétence). Il en résulte quatre sous-échelles distinctes : les buts de maîtrise-approche (mastery-approach), les buts de maîtrise-évitement (mastery-avoidance), les buts de performance-approche (performance-approach) et les buts de performance-évitement (performance-avoidance).
Le questionnaire comprend exactement 12 items (3 items par sous-échelle), formulés avec une clarté syntaxique standardisée sous la forme de buts directs (« My aim is… », « My goal is… », « I am striving to… »). Les participants évaluent leur degré d’accord sur une échelle de type Likert en 6 points, allant de 1 (« almost always untrue ») à 6 (« almost always true »). Sur le plan psychométrique, l’AGQ-R démontre des qualités structurales exceptionnelles : les analyses factorielles confirmatoires attestent d’un ajustement parfait du modèle à quatre facteurs corrélés (CFI > 0,98, RMSEA < 0,05), surpassant tous les modèles alternatifs concurrents. La cohérence interne est solide, avec des coefficients alpha de Cronbach variant généralement entre 0,84 et 0,94 selon les dimensions. L’instrument s’est imposé à l’échelle mondiale dans les recherches en psychologie de l’éducation, en psychologie cognitive et en sciences de l’apprentissage.
2. Mots-clés
Objectifs d’accomplissement, motivation académique, modèle 2×2, maîtrise-approche, maîtrise-évitement, performance-approche, performance-évitement, psychométrie, Andrew J. Elliot, évaluation des apprentissages, régulation de la compétence, validité factorielle.
3. Auteurs
Le Questionnaire sur les objectifs d’accomplissement révisé (AGQ-R) a été conçu et validé par :
- Andrew J. Elliot, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université de Rochester (Département de psychologie clinique et sociale, University of Rochester, Rochester, New York, États-Unis). Chercheur de renommée internationale, pionnier du modèle hiérarchique de la motivation d’accomplissement et de l’intégration conceptuelle de la distinction approche-évitement au sein des théories de la compétence. Courriel institutionnel : [email protected].
- Kou Murayama, Ph.D. : Professeur de psychologie du développement et des sciences cognitives de l’apprentissage (actuellement à l’Université de Tübingen, Allemagne, anciennement affilié à l’Université de Reading, Royaume-Uni, et chercheur invité à l’Université de Tokyo et à l’Université de Rochester). Spécialiste des neurosciences motivationnelles, des dynamiques intrinsèques d’exploration et des méthodologies psychométriques quantitatives avancées.
4. Objectif
L’objectif premier du Questionnaire sur les objectifs d’accomplissement révisé (AGQ-R) est d’offrir une mesure pure, opérationnelle et non contaminée des orientations de buts que les apprenants adoptent dans un environnement académique donné. Durant les décennies 1980 et 1990, le champ de recherche sur les théories des buts d’accomplissement (développé initialement par Carol Dweck, John Nicholls et Carole Ames) souffrait d’une hétérogénéité méthodologique majeure. Les instruments de mesure classiques incluaient fréquemment, au sein des mêmes échelles, des énoncés mesurant non seulement l’intention ou l’objectif ciblé, mais également des manifestations affectives (comme l’anxiété anticipatoire ou la peur de paraître incompétent), des valeurs personnelles, des théories implicites de l’intelligence, ou encore des stratégies d’autorégulation de l’apprentissage.
L’AGQ-R a été expressément formulé pour pallier cette confusion conceptuelle. Elliot et Murayama (2008) ont posé comme principe fondamental qu’un but est une représentation cognitive d’un résultat futur que l’individu s’efforce d’atteindre ou d’éviter. Par conséquent, les items du questionnaire ont été systématiquement recentrés sur des déclarations directes de finalité, standardisant la racine syntaxique de chaque énoncé afin de neutraliser tout biais d’évaluation. L’échelle quantifie avec précision l’équilibre dynamique entre la recherche de compétence et l’évitement de l’incompétence, selon deux cadres de référence distincts (la tâche/le soi versus les pairs).
Dans le domaine de la recherche, l’AGQ-R sert à analyser les interactions complexes entre le climat motivationnel d’une classe, la structure des cours, les styles d’évaluation pédagogique et les trajectoires académiques des étudiants. Il permet d’étudier comment l’adoption de buts spécifiques prédit des conséquences éducatives essentielles, telles que :
- Le recours à des stratégies cognitives de traitement de l’information (apprentissage en profondeur versus apprentissage de surface ou mémorisation mécanique) ;
- La régulation métacognitive et la persévérance face aux difficultés d’apprentissage ;
- Le bien-être psychologique en milieu scolaire, le niveau d’épuisement académique (burnout) et l’anxiété lors des examens ;
- La performance académique objective mesurée par les notes d’examens et la réussite aux concours universitaires.
Sur le plan appliqué et psycho-éducatif, le questionnaire constitue un instrument diagnostique puissant pour les conseillers d’orientation, les psychologues scolaires et les ingénieurs pédagogiques. Il aide à détecter les profils d’étudiants en détresse motivationnelle — notamment ceux dominés par des buts de performance-évitement ou de maîtrise-évitement — qui se caractérisent par une vulnérabilité accrue à l’autodépréciation, à la procrastination et au désengagement scolaire. L’AGQ-R permet ainsi d’évaluer l’impact d’interventions ciblées visant à restaurer un climat orienté vers la maîtrise et la progression personnelle.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique opérationnalisé par l’AGQ-R repose sur la définition scientifique de la compétence formulée par Elliot (1999, 2005). La compétence est théorisée comme une variable à deux dimensions fondamentales : sa définition (le standard ou la norme par rapport auquel elle est évaluée) et sa valence (le caractère attractif ou aversif du résultat anticipé). Le croisement orthogonal de ces deux dimensions engendre une matrice 2 × 2 comprenant quatre buts d’accomplissement indépendants mais interreliés :
1. Les buts de Maîtrise-Approche (Mastery-Approach)
Les buts de maîtrise-approche correspondent à une motivation centrée sur le développement de la compétence, l’acquisition de nouveaux savoirs et la maîtrise intrinsèque de la tâche. Le critère d’évaluation est absolu (exigences inhérentes à la matière ou au problème à résoudre) ou intrapersonnel (trajectoire d’amélioration de l’apprenant par rapport à son niveau antérieur). La valence est positive (approche du succès). L’apprenant vise l’assimilation la plus complète possible des notions abordées.
Exemple caractéristique : Un étudiant en médecine qui consacre des heures à comprendre les mécanismes physiopathologiques sous-jacents d’une maladie rare par pure volonté de saisir la complexité biologique du phénomène, indépendamment des exigences spécifiques de l’examen final.
2. Les buts de Maîtrise-Évitement (Mastery-Avoidance)
Les buts de maîtrise-évitement combinent une définition intrapersonnelle ou absolue de la compétence avec une valence négative (évitement). L’apprenant concentre son attention cognitive sur le fait d’éviter de perdre ses compétences, d’éviter de commettre des erreurs, ou d’éviter une compréhension incomplète ou superficielle de la matière. Ce profil est fréquent chez les perfectionnistes ou les professionnels chevronnés confrontés au vieillissement ou à des matières d’une complexité décourageante.
Exemple caractéristique : Un étudiant brillant qui révise fébrilement un cours difficile non pas par peur d’avoir une mauvaise note par rapport aux autres, mais par angoisse de ne pas maîtriser 100 % des détails du programme et de laisser subsister des zones d’ombre cognitives.
3. Les buts de Performance-Approche (Performance-Approach)
Les buts de performance-approche s’appuient sur un standard d’évaluation normatif ou interpersonnel, associé à une valence positive d’approche. L’objectif est de démontrer sa compétence supérieure par rapport à autrui, d’obtenir les meilleures notes de la cohorte et de se positionner en haut du classement comparatif.
Exemple caractéristique : Un étudiant en droit ou en classe préparatoire qui se focalise sur l’obtention du premier rang de la promotion et dont la motivation principale est de surclasser ses pairs lors des classements académiques.
4. Les buts de Performance-Évitement (Performance-Avoidance)
Les buts de performance-évitement associent un standard normatif à une valence négative. L’individu est mobilisé par l’impératif absolu d’éviter de paraître incompétent, ridicule ou inférieur aux autres étudiants. Ce but représente la forme d’autorégulation motivationnelle la plus délétère pour la santé mentale et l’épanouissement intellectuel.
Exemple caractéristique : Un élève peu sûr de ses capacités qui refuse de poser une question en classe ou de participer à un débat de groupe de peur d’être jugé défavorablement par ses pairs ou l’enseignant, cherchant uniquement à éviter un échec public flagrant.
6. Cadre théorique
L’AGQ-R s’inscrit au confluent de la théorie du besoin d’accomplissement de McClelland et Atkinson, des modèles sociocognitifs de la motivation des années 1980 (Dweck, Nicholls), et du modèle hiérarchique contemporain de la motivation d’approche et d’évitement d’Andrew J. Elliot.
Historiquement, les travaux précurseurs de Carol Dweck et Ellen Leggett (1988) distinguaient deux types d’orientations : les « buts d’apprentissage » (orientés vers l’augmentation de la compétence) et les « buts de performance » (orientés vers le jugement favorable ou la validation de la compétence par des tiers). Parallèlement, John Nicholls opposait l’« implication dans la tâche » (task involvement) à l’« implication de l’ego » (ego involvement). Cependant, ces modèles initiaux étaient unidimensionnels ou dichotomiques : ils ne prenaient pas en compte le fait biologique et évolutif fondamental que tout comportement humain est régulé par deux macro-systèmes motivationnels distincts : le système d’approche (vers des stimuli gratifiants ou des opportunités) et le système d’évitement (à distance de menaces ou de punitions potentielles), conceptualisés notamment par Jeffrey Gray à travers les systèmes BAS (Behavioral Activation System) et BIS (Behavioral Inhibition System).
Dans une série d’articles séminaux (Elliot & Harackiewicz, 1996 ; Elliot & Church, 1997 ; Elliot, 1999), Andrew Elliot a proposé le modèle hiérarchique de la motivation d’accomplissement. Ce modèle postule que les buts d’accomplissement sont des constructions cognitives concrètes et adaptées à des situations précises, qui canalisent et opérationnalisent des mobiles profonds sous-jacents, de nature neurobiologique ou affective (le besoin d’accomplissement, la peur de l’échec, les besoins fondamentaux de compétence). Dans ce modèle, la dimension approche-évitement a d’abord été introduite au sein des buts de performance (distinction performance-approche versus performance-évitement), donnant naissance au modèle trichotomique (Elliot & Church, 1997).
En 2001, Elliot et McGregor ont franchi une étape théorique décisive en démontrant que la distinction approche-évitement s’applique tout autant aux buts de maîtrise qu’aux buts de performance, établissant ainsi le modèle 2 × 2. La révision méthodologique opérée par Elliot et Murayama (2008) avec l’AGQ-R a permis d’aligner parfaitement la mesure instrumentale avec cette architecture théorique formelle, garantissant que les items mesurent les buts en tant que tels sans capturer les construits précurseurs (comme le besoin de réussite ou la peur de l’échec) qui appartiennent à d’autres niveaux de la hiérarchie motivationnelle.
7. Validité
La validité psychométrique de l’AGQ-R a fait l’objet d’investigations exhaustives menées par Elliot et Murayama (2008) lors de son étude de développement, ainsi que dans de nombreuses réplications internationales subséquentes.
Validité de construit et validité factorielle
Elliot et Murayama (2008) ont comparé le modèle théorique à quatre facteurs orthogonaux/corrélés à une série de modèles alternatifs emboîtés ou concurrents auprès d’un échantillon de 229 étudiants universitaires. Les indices d’ajustement du modèle à quatre facteurs ont démontré une supériorité absolue :
- Indice de non-centralité ajusté (χ² / dl) < 1,5 ;
- Comparative Fit Index (CFI) = 0,99 ;
- Tucker-Lewis Index (TLI) = 0,98 ;
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = 0,040 (intervalle de confiance à 90 % : [0,000 ; 0,067]) ;
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) = 0,042.
Tous les modèles alternatifs (modèle trichotomique regroupant maîtrise-approche et maîtrise-évitement, modèle dichotomique maîtrise/performance, modèle approche/évitement général, ou modèle unidimensionnel) présentaient des dégradations très nettes et statistiquement significatives de l’ajustement (Δχ², p < 0,001), confirmant la stricte séparabilité empirique des quatre construits.
Validité convergente et discriminante
La validité discriminante a été examinée en analysant les corrélations inter-facteurs latents. Bien que modérément corrélées entre elles (par exemple, des corrélations positives entre performance-approche et performance-évitement autour de r = 0,40 à 0,55, et entre maîtrise-approche et maîtrise-évitement autour de r = 0,35 à 0,50), aucune corrélation n’atteint des seuils indiquant une colinéarité excessive, démontrant que chaque facteur capture une variance unique.
De surcroît, les auteurs ont démontré que les items de l’AGQ-R ne corrèlent pas de manière fallacieuse avec des mesures de la peur de l’échec (évaluée par l’indice PFAI de Conroy) ou de l’anxiété générale, contrairement aux items de la version 2001 qui incorporaient des éléments de menace émotionnelle. La variance de chaque échelle de l’AGQ-R est ainsi purement attribuable à l’orientation cognitive vers la compétence.
Validité prédictive et nomologique
Les relations entre les scores de l’AGQ-R et divers critères académiques valident pleinement le réseau nomologique prédit par le modèle hiérarchique :
- Maîtrise-approche : Prédit positivement et significativement la motivation intrinsèque (β ≈ 0,45, p < 0,001), l’absorption dans les devoirs, la satisfaction liée aux apprentissages et l’utilisation de stratégies métacognitives d’élaboration, mais n’est pas toujours liée directement aux notes brutes aux examens standardisés à choix multiples.
- Performance-approche : Constitue le prédicteur le plus robuste et constant de la note finale à l’examen (β ≈ 0,25 à 0,35, p < 0,01), tout en maintenant des liens variables avec l’intérêt à long terme pour la matière.
- Performance-évitement : Prédit négativement la performance académique (β ≈ -0,20 à -0,30, p < 0,01) et prédit positivement l’anxiété d’évaluation pré-examen, la désorganisation de l’étude et les comportements d’auto-handicap.
- Maîtrise-évitement : Montre des patrons mixtes, caractérisés par une forte exigence cognitive associée à une appréhension diffuse d’insuffisance intellectuelle et de fatigue mentale sans détérioration directe des notes.
8. Fidélité
La fidélité de l’AGQ-R a été rigoureusement documentée par plusieurs études psychométriques indépendantes menées sur des cohortes d’enseignement supérieur et secondaire.
Cohérence interne
Dans l’étude princeps d’Elliot et Murayama (2008), les coefficients alpha de Cronbach (α) pour chacune des sous-échelles de 3 items étaient particulièrement élevés, dépassant largement les standards psychométriques usuels pour des échelles aussi courtes :
- Maîtrise-approche (Items 1, 3, 7) : α = 0,84 à 0,88 ;
- Maîtrise-évitement (Items 5, 9, 11) : α = 0,88 à 0,89 ;
- Performance-approche (Items 2, 4, 8) : α = 0,92 à 0,94 ;
- Performance-évitement (Items 6, 10, 12) : α = 0,94.
Des indices de fiabilité composite (McDonald’s ω) calculés lors d’études de modélisation par équations structurelles ultérieures ont confirmé ces niveaux élevés (valeurs de ω systématiquement comprises entre 0,85 et 0,95), attestant d’une excellente homogénéité du contenu des items au sein de chaque pôle théorique.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Les évaluations de la stabilité test-retest sur un intervalle de plusieurs semaines au cours d’un même semestre académique indiquent des coefficients de corrélation intraclasse (ICC) et de Pearson compris entre r = 0,65 et 0,78. Cette stabilité modérée à forte reflète précisément la nature du construit : les buts d’accomplissement sont conceptualisés comme des états motivationnels d’adaptation contextuelle sensibles à l’environnement d’apprentissage (donc dotés d’une certaine malléabilité au cours du temps), mais ancrés dans des tendances de personnalité stables régulées par les dispositions d’approche et d’évitement.
9. Analyse factorielle
La structure factorielle de l’AGQ-R a été minutieusement établie par le biais d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) multivariées dans le cadre de la modélisation par équations structurelles (SEM). Contrairement aux analyses exploratoires qui risquent de surajuster le bruit statistique, l’AFC permet de tester formellement l’hypothèse de l’architecture 2 × 2.
Spécification du modèle factoriel
Le modèle canonique postule quatre variables latentes exogènes, chacune définie strictement par trois indicateurs manifestes (items), sans saturation croisée libre (cross-loadings contraints à zéro) et sans corrélation d’erreurs de mesure entre indicateurs :
- Facteur 1 (Maîtrise-Approche) ← Items 1, 3, 7
- Facteur 2 (Performance-Approche) ← Items 2, 4, 8
- Facteur 3 (Maîtrise-Évitement) ← Items 5, 9, 11
- Facteur 4 (Performance-Évitement) ← Items 6, 10, 12
Poids factoriels et saturations standardisées
Dans les analyses publiées par Elliot et Murayama (2008), toutes les saturations factorielles standardisées (λ) se sont révélées hautement significatives (p < 0,001) et uniformément élevées, attestant d’un très faible niveau de variance d’erreur résiduelle :
- Pour le facteur Maîtrise-Approche, les saturations standardisées oscillent entre 0,77 et 0,87.
- Pour le facteur Maîtrise-Évitement, les saturations standardisées oscillent entre 0,78 et 0,89.
- Pour le facteur Performance-Approche, les saturations standardisées se situent entre 0,88 et 0,93.
- Pour le facteur Performance-Évitement, les saturations standardisées s’établissent entre 0,90 et 0,94.
Comparaison de modèles concurrents
La matrice de comparaison structurelle détaillée menée par les auteurs confirme la robustesse théorique du modèle :
| Modèle testé | χ² | dl | CFI | TLI | RMSEA |
|---|---|---|---|---|---|
| Modèle théorique à 4 facteurs (AGQ-R) | 65,65 | 48 | 0,99 | 0,98 | 0,040 |
| Modèle trichotomique (Maîtrise unique, PA, PE) | 271,85 | 51 | 0,87 | 0,83 | 0,137 |
| Modèle dichotomique (Maîtrise vs Performance) | 692,34 | 53 | 0,62 | 0,52 | 0,230 |
| Modèle à 2 facteurs (Approche vs Évitement) | 756,12 | 53 | 0,58 | 0,47 | 0,242 |
Ces données attestent de manière irréfutable que le modèle 2 × 2 représente l’unique structure factorielle plausible pour rendre compte des intercorrélations empiriques observées dans les réponses des participants.
10. Instrument de mesure
Les caractéristiques opérationnelles et les modalités de passation du questionnaire sont synthétisées ci-dessous :
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique et motivationnelle (auto-rapporté).
- Population cible : Étudiants de l’enseignement supérieur (universités, collèges, grandes écoles) et élèves de l’enseignement secondaire (lycée, collège). Adaptable à des contextes professionnels ou sportifs moyennant ajustement contextuel du stimulus.
- Nombre total d’items : 12 items standardisés.
- Sous-échelles et structure des items :
- Mastery-approach (Maîtrise-approche) : Items 1, 3 et 7.
- Performance-approach (Performance-approche) : Items 2, 4 et 8.
- Mastery-avoidance (Maîtrise-évitement) : Items 5, 9 et 11.
- Performance-avoidance (Performance-évitement) : Items 6, 10 et 12.
- Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 6 points :
- 1 = almost always untrue (presque toujours faux)
- 2 = usually untrue (habituellement faux)
- 3 = somewhat untrue (plutôt faux)
- 4 = somewhat true (plutôt vrai)
- 5 = usually true (habituellement vrai)
- 6 = almost always true (presque toujours vrai)
- Modalités de cotation et de calcul des scores :
- Aucun item inversé n’est présent dans l’instrument.
- Le score pour chaque sous-échelle s’obtient en calculant la moyenne arithmétique (ou la somme, de 3 à 18 points) des trois items correspondants.
- Un score moyen par dimension compris entre 1,00 et 6,00 est préconisé pour faciliter l’interprétation comparative directe entre sous-échelles.
- Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes pour une passation complète en format papier-crayon ou numérique en ligne.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication de la version révisée : 2008 (la version princeps non révisée datant de 2001).
- Auteurs dépositaires des droits académiques : Andrew J. Elliot et Kou Murayama.
- Statut des droits d’auteur et accessibilité : L’article original est sous copyright de l’American Psychological Association (APA). Toutefois, conformément aux usages académiques en psychologie, les items de l’échelle sont librement utilisables sans frais financiers pour la recherche scientifique, l’enseignement supérieur et les applications cliniques non commerciales, sous réserve de citer scrupuleusement la publication de référence (Elliot & Murayama, 2008).
- Tarif : Gratuit pour tout usage de recherche empirique et académique.
- Autorisation commerciale : Toute incorporation dans un logiciel propriétaire payant ou dans une plateforme d’évaluation commerciale nécessite une autorisation formelle préalable auprès de la division des publications de l’APA.
12. Références
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- Elliot, A. J. (2005). A conceptual history of the achievement goal construct. In A. J. Elliot & C. S. Dweck (Eds.), Handbook of competence and motivation (pp. 52-72). Guilford Press.
- Elliot, A. J., & Church, M. A. (1997). A hierarchical model of approach and avoidance achievement motivation. Journal of Personality and Social Psychology, 72(1), 218-232. https://doi.org/10.1037/0022-3514.72.1.218
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- Murayama, K., Elliot, A. J., & Yamagata, S. (2011). Separation of performance-approach and performance-avoidance achievement goals: A broader analysis. Journal of Educational Psychology, 103(1), 238-256. https://doi.org/10.1037/a0021948
13. Questions et items du questionnaire
Instructions: Please indicate how true each statement is for you regarding your coursework using the rating scale from 1 (almost always untrue) to 6 (almost always true).
Response Scale: 1 (almost always untrue) to 6 (almost always true)
- My aim is to completely master the material presented in my most difficult class.
- I am striving to do well compared to other students.
- My goal is to learn as much as possible.
- My aim is to perform well relative to other students.
- My aim is to avoid learning less than I possibly could.
- My goal is to avoid performing poorly compared to others.
- I am striving to understand the content of my most difficult class as thoroughly as possible.
- My goal is to perform better than the other students.
- My goal is to avoid learning less than it is possible to learn.
- I am striving to avoid performing worse than others.
- I am striving to avoid an incomplete understanding of the course material.
- My aim is to avoid doing worse than other students.