Le Questionnaire Multidimensionnel de Psychologie de l’Alimentation (MPEQ)

Le Questionnaire Multidimensionnel de Psychologie de l’Alimentation (MPEQ) est un instrument psychométrique complet de 130 items évaluant 26 dimensions cognitives, affectives et comportementales du rapport à la nourriture.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

Le Questionnaire Multidimensionnel de Psychologie de l’Alimentation (Multidimensional Psychology of Eating Questionnaire, MPEQ) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation exhaustif conçu par le Dr William E. Snell, Jr.. Cet outil a été développé afin de cartographier de manière holistique les dimensions cognitives, affectives, motivationnelles, comportementales et de personnalité qui sous-tendent les conduites alimentaires des individus. Composé de 130 items, le MPEQ évalue 26 sous-échelles distinctes comprenant 24 dimensions psychologiques substantielles et 2 échelles de validité psychométrique (désirabilité sociale et consistance des réponses).

Les construits mesurés s’étendent des attributions de contrôle (locus de contrôle interne, lié à la chance ou à des autrui puissants) aux réactions émotionnelles spécifiques face à l’acte alimentaire (dépression, anxiété, culpabilité-honte, colère), en passant par des schémas cognitifs tels que le perfectionnisme alimentaire, l’auto-surveillance, l’auto-efficacité nutritionnelle, l’affirmation de soi diététique et la peur de la prise de poids. Les participants répondent à l’aide d’une échelle ordinale de type Likert en 5 points allant de « A = Pas du tout caractéristique de moi » à « E = Tout à fait caractéristique de moi ».

D’un point de vue psychométrique, le MPEQ démontre une consistance interne robuste, la vaste majorité de ses sous-échelles présentant des coefficients alpha de Cronbach compris entre 0,70 et 0,91. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires soutiennent une architecture multidimensionnelle organisée autour de facteurs de second ordre englobant le contrôle cognitif, la détresse affective liée à l’alimentation et la motivation pour des conduites saines. Le MPEQ s’avère particulièrement précieux en psychologie clinique, en psychologie de la santé et dans la recherche sur les troubles du comportement alimentaire (TCA), offrant une granularité diagnostique supérieure aux questionnaires diététiques traditionnels univoques.

2. Mots-clés

Psychologie de l’alimentation, comportement alimentaire, échelle multidimensionnelle, psychométrie, locus de contrôle alimentaire, image corporelle, régulation émotionnelle, auto-efficacité, troubles des conduites alimentaires, nutrition comportementale, perfectionnisme, William E. Snell

3. Auteurs

L’instrument a été conçu et validé par :

  • William E. Snell, Jr., Ph.D.
    Professeur émérite de psychologie, Department of Psychology, Southeast Missouri State University, Cape Girardeau, Missouri, États-Unis.
    Affiliation : Southeast Missouri State University (Scully Building 427F, One University Plaza, Cape Girardeau, MO 63701).
    Courriel institutionnel : [email protected]

Le Dr William E. Snell, Jr. est internationalement reconnu pour ses contributions à la psychométrie différentielle et au développement d’échelles multidimensionnelles explorant la sexualité humaine (Multidimensional Sexuality Questionnaire), les relations interpersonnelles, la santé physique (Multidimensional Health Questionnaire) et les dynamiques de l’attachement émotionnel.

4. Objectif

Le Multidimensional Psychology of Eating Questionnaire (MPEQ) a été élaboré pour pallier une lacune conceptuelle majeure dans la littérature en psychologie de la nutrition et de la santé. Traditionnellement, l’évaluation des comportements nutritionnels se limitait soit à des journaux alimentaires purement quantitatifs (mesurant les apports caloriques ou les macronutriments), soit à des échelles psychiatriques ciblées exclusivement sur la symptomatologie sévère des troubles des conduites alimentaires (anorexie mentale, boulimie, hyperphagie boulimique), comme l’EAT-26 ou le BITE. Ces outils omettaient le vaste continuum de cognitions, d’émotions et de dynamiques de personnalité qui influencent l’alimentation chez les populations cliniques et subcliniques, ainsi que chez les individus sains.

L’objectif fondamental du MPEQ est de fournir un profilage psychologique exhaustif de la relation qu’un individu entretient avec la nourriture. Il explore non seulement les aspects fonctionnels et dysfonctionnels des conduites alimentaires, mais examine également les processus métacognitifs, les régulations motivationnelles, l’auto-efficacité perçue, la pression sociale perçue et les répercussions affectives. Sur le plan théorique, le MPEQ vise à unifier sous une même armature conceptuelle les théories du locus de contrôle, de la régulation de soi (self-regulation), de l’auto-efficacité d’Albert Bandura et des réponses affectives discrètes (honte, culpabilité, anxiété, colère).

Dans la pratique clinique, le MPEQ permet aux psychologues, psychiatres et diététiciens-nutritionnistes d’identifier avec précision les leviers thérapeutiques pertinents. Par exemple, deux patients présentant un apport calorique inadapté peuvent posséder des architectures psychologiques radicalement divergentes : l’un peut être dominé par un locus de contrôle externe lié à la chance et une anxiété alimentaire diffuse, tandis que l’autre peut souffrir d’un perfectionnisme alimentaire rigide associé à une auto-culpabilisation punitive. Le MPEQ facilite ainsi l’élaboration d’interventions personnalisées, notamment dans le cadre des thérapies cognitivo-comportementales (TCC). En recherche empirique, il sert d’instrument pour modéliser les prédicteurs psychosociaux de l’adhésion aux programmes nutritionnels, de l’obésité et de l’orthorexie nerveuse.

5. Construit psychologique

Le MPEQ conceptualise le comportement alimentaire non comme un acte physiologique isolé, mais comme un système dynamique multidimensionnel composé de 26 sous-échelles opératoires. Chaque dimension cible un construit psychologique spécifique, incarné par une série d’items calibrés :

  • 1. Optimisme alimentaire (Eating Optimism) : Anticipation positive quant à la santé future de ses habitudes alimentaires (ex. attentes favorables sur la trajectoire nutritionnelle future).
  • 2. Troubles alimentaires perçus / Responsabilité de rétablissement (Eating Disorder Recovery) : Croyance de l’individu en sa capacité active à se rétablir et à surmonter d’éventuels dérèglements alimentaires s’ils venaient à survenir.
  • 3. Perfectionnisme alimentaire (Eating Perfectionism) : Exigence de standards nutritionnels irréalistes et recherche compulsive d’une alimentation sans faille (ex. volonté que ses habitudes soient parfaites sous tous les aspects).
  • 4. Auto-surveillance alimentaire publique (Eating Self-Monitoring) : Vigilance accrue quant à la manière dont autrui perçoit, évalue et réagit à ses conduites alimentaires à table.
  • 5. Estime de soi alimentaire (Eating Self-Esteem) : Fierté, valorisation personnelle et sentiment de dignité dérivés de la gestion de ses choix nutritionnels.
  • 6. Locus de contrôle alimentaire – Autrui puissant (Power-Other Locus of Eating Control) : Attribution de ses comportements alimentaires à des figures d’autorité ou d’influence externe (famille, pairs, modèles, célébrités).
  • 7. Affirmation de soi alimentaire (Eating Assertiveness) : Aptitude à défendre activement ses besoins et préférences nutritionnels face aux sollicitations, pressions ou désaccords de l’entourage.
  • 8. Appétit sain (Healthy Eating Appetite) : Perception d’un appétit vigoureux, robuste et biologiquement bien régulé.
  • 9. Motivation pour une alimentation saine (Motivation for Healthy Eating) : Volonté intrinsèque d’investir du temps et des efforts soutenus dans le maintien de patrons nutritionnels favorables à la santé.
  • 10. Désirabilité sociale alimentaire (Eating Social Desirability) : Échelle de validité évaluant la tendance à présenter une image alimentaire artificiellement irréprochable (ex. prétendre n’avoir jamais mangé de malbouffe de toute sa vie).
  • 11. Prévention des troubles alimentaires (Eating Disorder Prevention) : Conviction qu’une vigilance diététique proactive et des habitudes saines suffisent à immuniser l’individu contre l’émergence de pathologies alimentaires.
  • 12. Locus de contrôle alimentaire – Chance et fatalisme (Chance-Luck Locus of Eating Control) : Croyance selon laquelle la qualité et le type de nourriture consommée dépendent du hasard, des circonstances fortuites ou de la chance.
  • 13. Conscience alimentaire (Eating Consciousness) : Focalisation attentionnelle et temps cognitif alloué à la réflexion sur ses routines et patrons alimentaires.
  • 14. Auto-perception du statut alimentaire (Eating Status Self-Perception) : Jugement évaluatif global porté sur la qualité et la salubrité actuelle de ses conduites de nutrition.
  • 15. Locus de contrôle alimentaire interne (Internal Locus of Eating Control) : Sentiment d’agence personnelle, où l’individu se perçoit comme l’unique et direct maître de ses choix et apports alimentaires.
  • 16. Motivation à éviter l’excès alimentaire (Motivation to Avoid Unhealthy Eating) : Effort conscient déployé pour prévenir la suralimentation et restreindre les prises excessives.
  • 17. Auto-efficacité alimentaire (Eating Self-Efficacy) : Sentiment de compétence personnelle quant à sa capacité à planifier et exécuter avec succès des comportements alimentaires nutritifs.
  • 18. Auto-blâme des troubles alimentaires (Eating Disorder Self-Blame) : Tendance cognitive à s’attribuer l’entière responsabilité punitive et le blâme moral en cas de détérioration de ses conduites de nutrition.
  • 19. Schémas de soi alimentaires (Eating Self-Schemata) : Centralité identitaire accordée à l’alimentation saine ; importance structurante de la nutrition dans la définition du concept de soi.
  • 20. Consistance des réponses alimentaires (Eating Response Consistency) : Échelle de validité interne mesurant la cohérence des réponses au moyen d’items redondants pour détecter les patrons aléatoires ou inattentifs.
  • 21. Peur de la prise de poids (Fear of Becoming Overweight) : Anxiété ciblée, phobie de l’adiposité corporelle et appréhension marquée de grossir.
  • 22. Dépression alimentaire (Eating Depression) : Affects dépressifs, sentiment de tristesse, d’abattement et de désespoir induits par ses habitudes nutritionnelles.
  • 23. Satisfaction alimentaire (Eating Satisfaction) : Contentement hédonique et affectif éprouvé à l’égard de sa façon globale de s’alimenter.
  • 24. Anxiété alimentaire (Eating Anxiety) : Nervosité, tension et appréhension émotionnelle activées par la pensée de ses habitudes alimentaires.
  • 25. Culpabilité et honte alimentaires (Eating Guilt-Shame) : Sentiments moraux négatifs intériorisés, embarras et auto-réprobation consécutifs à la prise alimentaire.
  • 26. Colère alimentaire (Eating Anger) : Irritation, ressentiment et colère dirigés contre soi-même en raison de ses comportements alimentaires.

6. Cadre théorique

Le développement du MPEQ par William E. Snell s’inscrit au confluent de plusieurs paradigmes majeurs de la psychologie contemporaine : la théorie sociale cognitive, les théories de l’attribution et du locus de contrôle, ainsi que les modèles transactionnels du stress et des émotions.

En premier lieu, le MPEQ puise directement dans les travaux pionniers de Julian Rotter (1966) sur le Locus of Control (lieu de maîtrise), ultérieurement adaptés au domaine de la santé par Wallston et al. (1978) avec la Multidimensional Health Locus of Control Scale. Snell applique cette triade fondamentale au champ nutritionnel en découpant le contrôle perçu en trois vecteurs distincts : le contrôle interne (l’individu maîtrise ses actes), le contrôle externe dévolu à des autrui puissants (médecins, parents, figures médiatiques) et le contrôle fataliste (attribué au hasard ou aux disponibilités environnementales fortuites). Cette distinction permet de comprendre pourquoi certains individus s’estiment acteurs de leur santé tandis que d’autres adoptent une posture de résignation acquise.

En second lieu, la théorie de l’auto-efficacité d’Albert Bandura (1977, 1997) constitue le socle des dimensions mesurant la compétence perçue (sous-échelle 17) et l’affirmation de soi (sous-échelle 7). Selon Bandura, la croyance en son aptitude à surmonter les obstacles est le prédicteur le plus robuste du changement comportemental effectif. Dans le MPEQ, cette auto-efficacité interagit avec les schémas de soi (Markus, 1977) : lorsqu’une alimentation saine est intégrée dans le schéma cognitif du soi (sous-échelle 19), l’individu déploie des processus d’auto-surveillance et de régulation active pour maintenir la cohérence de son identité.

En troisième lieu, le modèle d’évaluation cognitive des émotions de Richard Lazarus et Susan Folkman (1984) éclaire la partition des échelles affectives du questionnaire. Le MPEQ ne traite pas l’affect négatif comme une variable globale indifférenciée, mais isole méticuleusement les émotions discrètes : la honte/culpabilité (évaluation d’une transgression de normes internes), l’anxiété (anticipation d’une menace ou d’une perte de contrôle), la dépression (constat d’impuissance et de perte) et la colère (frustration dirigée contre les échecs d’auto-régulation). Cette différenciation est congruente avec les conceptualisations contemporaines des thérapies basées sur la compassion et la régulation émotionnelle appliquée aux troubles alimentaires.

7. Validité

Les études de validation psychométrique menées par Snell et ses collaborateurs ont établi les qualités métrologiques du MPEQ à travers plusieurs cohortes universitaires et communautaires :

  • Validité de construit et validité convergente : Les sous-échelles du MPEQ corrèlent de manière théoriquement cohérente avec divers instruments validés. Les dimensions affectives négatives (dépression, anxiété, honte/culpabilité alimentaires) présentent de fortes corrélations positives (r variant de 0,48 à 0,68, p < 0,001) avec les scores de la Beck Depression Inventory (BDI) et de la State-Trait Anxiety Inventory (STAI). La dimension de « Peur de la prise de poids » et le « Perfectionnisme alimentaire » corrèlent positivement avec les échelles de pulsion à la minceur (Drive for Thinness) et d’insatisfaction corporelle de l’Eating Disorder Inventory (EDI) (r = 0,55 à 0,71). À l’inverse, l’auto-efficacité alimentaire corrèle positivement avec l’échelle d’auto-efficacité générale de Schwarzer et Jerusalem (r = 0,45).
  • Validité discriminante : Le MPEQ parvient à discriminer avec netteté les échantillons tout-venant des populations présentant des symptômes subcliniques ou cliniques de boulimie et d’anorexie. Les individus issus de cohortes cliniques obtiennent des scores significativement plus élevés sur l’auto-blâme, le perfectionnisme, la peur d’engraisser et les affects négatifs, tout en enregistrant des scores nettement effondrés en matière d’estime de soi alimentaire et de locus de contrôle interne. De plus, la sous-échelle de désirabilité sociale alimentaire ne présente que des corrélations faibles à négligeables avec les autres dimensions (la majorité des coefficients r étant inférieurs à 0,15), démontrant que les réponses aux dimensions substantielles ne sont pas de simples artéfacts de conformisme social.
  • Validité prédictive : Les scores combinés de motivation, d’auto-efficacité et de locus interne prédisent de manière statistiquement significative l’adhésion à long terme à des régimes alimentaires équilibrés et la perte de poids lors de programmes de gestion pondérale sur 6 mois, expliquant jusqu’à 28 % de la variance comportementale au-delà des variables sociodémographiques.

8. Fidélité

La fidélité du MPEQ a été évaluée au moyen de la consistance interne et de la stabilité temporelle :

  • Consistance interne : Dans les échantillons initiaux analysés par Snell, les coefficients alpha de Cronbach pour les 26 sous-échelles oscillent entre un niveau acceptable et un niveau excellent. Les sous-échelles affectives affichent une consistance interne particulièrement élevée : l’anxiété alimentaire (α = 0,88), la dépression alimentaire (α = 0,89), la culpabilité-honte alimentaire (α = 0,87), la peur de prendre du poids (α = 0,86) et la satisfaction alimentaire (α = 0,85). Les dimensions cognitives et motivationnelles présentent également d’excellents indices : perfectionnisme alimentaire (α = 0,83), auto-efficacité (α = 0,82), locus interne (α = 0,79) et motivation pour une alimentation saine (α = 0,84). Les échelles relatives au locus de contrôle externe (chance et autrui puissant) présentent des valeurs situées entre 0,71 et 0,76.
  • Fidélité test-retest : Lors d’évaluations conduites sur un intervalle de trois à quatre semaines chez des étudiants universitaires, les coefficients de corrélation test-retest (r) se sont échelonnés entre 0,72 et 0,86 pour l’ensemble des sous-échelles, témoignant d’une stabilité temporelle remarquable des traits et des attitudes alimentaires mesurés, tout en conservant une sensibilité aux changements thérapeutiques majeurs.

9. Analyse factorielle

La structure factorielle du MPEQ a été explorée par Snell à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) avec rotation oblique (Promax) et orthogonale (Varimax), suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) pour tester la robustesse du modèle :

  • Structure de premier ordre : Les analyses factorielles confirment l’autonomie des 26 dimensions postulées. Chaque sous-échelle est composée d’un ensemble de 5 items (à l’exception de certaines échelles calibrées pour des critères de redondance et de consistance), avec des saturations factorielles (factor loadings) primaires généralement supérieures à 0,50, tandis que les saturations croisées demeurent inférieures à 0,25.
  • Structure de second ordre : L’analyse factorielle d’ordre supérieur extrait quatre grands métaco-facteurs regroupant les dimensions de base :
    1. Le facteur de Détresse Affective et Vulnérabilité Alimentaire : regroupe la dépression alimentaire, l’anxiété, la culpabilité-honte, la colère alimentaire, la peur du surpoids et l’auto-blâme.
    2. Le facteur d’Agence et d’Auto-régulation Nutritionnelle : rassemble le locus de contrôle interne, l’auto-efficacité alimentaire, l’affirmation de soi et l’estime de soi alimentaire.
    3. Le facteur d’Hétéronomie et de Fatalisme : combine le locus de contrôle lié aux autrui puissants et le locus lié à la chance.
    4. Le facteur de Normativité et Perfectionnisme Cognitif : intègre le perfectionnisme alimentaire, l’auto-surveillance publique, la conscience alimentaire et les schémas de soi.
  • Indices d’ajustement (AFC) : Les modèles confirmatoires de second ordre indiquent un ajustement satisfaisant aux données (RMSEA = 0,051, CFI = 0,91, TLI = 0,90, SRMR = 0,058), confirmant la validité structurelle de cette architecture conceptuelle.

10. Instrument de mesure

  • Nom complet de l’outil : Multidimensional Psychology of Eating Questionnaire (MPEQ).
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory).
  • Nombre total d’items : 130 items répartis sur 26 sous-échelles.
  • Format des réponses : Échelle de Likert ordinale à 5 modalités d’évaluation :
    • A = Not at all characteristic of me (Pas du tout caractéristique de moi)
    • B = Slightly characteristic of me (Légèrement caractéristique de moi)
    • C = Somewhat characteristic of me (Assez caractéristique de moi)
    • D = Moderately characteristic of me (Modérément caractéristique de moi)
    • E = Very characteristic of me (Tout à fait caractéristique de moi)
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Chaque lettre est convertie en valeur numérique : A = 0, B = 1, C = 2, D = 3, E = 4 (ou alternativement cotée de 1 à 5 selon les conventions du laboratoire).
    • Certains items inversés sont recodés avant le calcul (par exemple, les items 119 et 125 pour la peur de grossir).
    • Le score pour chaque sous-échelle s’obtient en sommant ou en moyennant les items affectés à ladite sous-échelle, générant un score continu par dimension.
    • Les deux échelles de contrôle de validité (« Désirabilité sociale alimentaire », item 10, 30, 50, 70, 90 ; et « Consistance des réponses », comparant des paires d’items quasi identiques telles que les items 9/20, 19/40, 51/60, 68/100, 80/93) permettent d’exclure les protocoles invalides ou frauduleux.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de conception et publication : 2001 (révisions et droits d’auteur 2001-2008).
  • Titulaire des droits d’auteur : © William E. Snell, Jr., Ph.D.
  • Conditions d’utilisation et permissions : L’instrument a été mis gracieusement à la disposition de la communauté scientifique mondiale pour des finalités exclusives de recherche universitaire et d’enseignement non commercial. Les chercheurs et cliniciens sont autorisés à reproduire et administrer le MPEQ sous réserve de citer expressément l’auteur et ses travaux de référence.
  • Tarification : Accès libre (gratuit) pour la recherche académique et l’évaluation clinique non lucrative. Toute exploitation commerciale dans des logiciels payants ou des programmes privés de perte de poids requiert une autorisation écrite préalable de l’auteur.

12. Références

Les publications fondamentales et travaux théoriques associés au MPEQ incluent :

  • Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
  • Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman.
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • Markus, H. (1977). Self-schemata and processing information about the self. Journal of Personality and Social Psychology, 35(2), 63–78. https://doi.org/10.1037/0022-3514.35.2.63
  • Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
  • Snell, W. E., Jr. (2001). The Multidimensional Psychology of Eating Questionnaire (MPEQ): Conceptualization, measure, and clinical correlates. Southeast Missouri State University.
  • Snell, W. E., Jr., Johnson, G., & Lloyd, B. (2002). The Multidimensional Psychology of Eating Questionnaire: Reliability and validity in college populations. American Journal of Health Behavior, 26(4), 289–301.
  • Wallston, K. A., Wallston, B. S., & DeVellis, R. (1978). Development of the Multidimensional Health Locus of Control (MHLC) Scales. Health Education Monographs, 6(2), 160–170. https://doi.org/10.1177/109019817800600107

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:
A = Not at all characteristic of me.
B = Slightly characteristic of me.
C = Somewhat characteristic of me.
D = Moderately characteristic of me.
E = Very characteristic of me.

  1. I expect that my eating habits will be excellent in the future.
  2. When I don’t eat in a healthy fashion‚ I myself am in control of whether this improves.
  3. My goal is for my eating habits/tendencies to be perfect in every way.
  4. I pay particularly close attention to how others react to my personal eating habits.
  5. I derive a sense of self-pride from the way I handle my own eating habits.
  6. My eating habits are determined largely by other more powerful people (e.g.‚ parents‚ family).
  7. I assertively pursue my nutritional needs.
  8. I have a strong and healthy appetite.
  9. I’m very motivated to develop and maintain healthy patterns of eating.
  10. I have never eaten any junk food in my entire lifetime.
  11. If I am careful with my diet‚ then I will be able to prevent myself from having an eating problem.
  12. My own personal eating habits are determined mostly by chance happenings.
  13. I am very aware of my eating habits and patterns.
  14. I have good eating habits and behaviors.
  15. My eating habits and behaviors are something that I myself am directly in charge of.
  16. I try to do things that keep me from eating too much.
  17. I have the ability to take care of my own eating-nutritional requirements.
  18. I am to blame for those times when I don’t eat very well.
  19. Not only do I have healthy eating habits‚ but it is important to me that I keep these healthy eating habits.
  20. I’m very motivated to develop and maintain healthy patterns of eating.
  21. I believe that in the future my eating habits will be healthy and nutritional.
  22. When my eating habits are poor‚ I myself am responsible for improving them.
  23. I always strive to be totally « perfect » in my eating tendencies/habits.
  24. I’m very concerned with how others evaluate my eating and mealtime habits.
  25. I am proud of the healthy eating habits I have established.
  26. My eating habits are largely determined by people other than myself (e.g.‚ friends‚ family).
  27. When others want me to eat foods of poor nutritional value‚ I simply refuse.
  28. My appetite for food is always strong and robust.
  29. I’m strongly motivated to devote time-effort to maintaining good eating habits.
  30. In my adult life‚ I have never eaten any food with my fingers.
  31. I can prevent myself from having any eating problems by developing positive eating behaviors.
  32. The type of food that I eat is influenced largely by luck and chance (i.e.‚ by whatever food happens to be around).
  33. I tend to spend a considerable amount of time thinking about my eating habits.
  34. My current eating habits and behaviors are healthy and nutritional.
  35. My eating habits and behaviors are something that I alone am responsible for.
  36. I am motivated to keep myself from eating more than I need.
  37. I am competent enough to make sure that my eating habits are healthy and nutritious.
  38. If my eating and nutritional habits were to deteriorate‚ I would be the person to blame.
  39. Not only do I watch my food intake (i.e.‚ how much I actually eat)‚ but it’s important to me that I do so.
  40. Not only do I have healthy eating habits‚ but it is important to me that I keep these healthy eating habits.
  41. I do not expect to suffer any eating problems in the future.
  42. If I were to develop an eating disorder‚ I myself would be responsible for getting better.
  43. I am perfectionist when it comes to taking care of my own eating/nutritional needs.
  44. I’m very concerned about what others think of my eating habits and behaviors.
  45. I am pleased with how well I handle my own eating habits and behaviors.
  46. My eating behavior is strongly influenced by the actions of powerful others (e.g.‚ celebrities‚ models).
  47. When I have a disagreement with someone about my nutritional preferences‚ I tell them so.
  48. I never seem to lack a strong healthy appetite.
  49. I have a strong desire to adhere to a healthy pattern of eating behaviors.
  50. I have never eaten more than I needed at any meal.
  51. If I just practice healthy eating habits‚ then I will be able to avoid any eating problems in the future.
  52. My eating behaviors (i.e.‚ the types of food that I eat) are determined by luck.
  53. I think about my eating habits more than most people do.
  54. I am a person who has healthy eating habits.
  55. The type and amount of food that I eat is largely determined by my own actions.
  56. I try to avoid engaging eating too much of anything.
  57. I have the skills and ability to guarantee good‚ healthy eating behaviors for myself.
  58. If I were to develop an eating disorder‚ then I’d be to blame for not taking good care of myself.
  59. I am careful about my nutritional and eating tendencies‚ and it’s important to me that I am careful.
  60. If I just practice healthy eating habits‚ then I will be able to avoid any eating problems in the future.
  61. I will probably experience a number of eating problems in the future.
  62. If I were to develop any eating problems‚ my recovery would depend in large part on my own actions.
  63. It is very essential that I develop and maintain the very best possible eating habits.
  64. I’m concerned about the public impression created by my own personal eating habits.
  65. I have positive feelings about my own eating behavior.
  66. In order to have good eating habits‚ I have to conform to other more powerful people.
  67. I am not at all passive about getting my nutritional needs fulfilled.
  68. I always seem to be ‘adequately’ hungry.
  69. It’s really important to me that I pay careful attention to my own eating habits.
  70. I have never eaten off of anyone else’s plate.
  71. I will be able to avoid any future eating problems‚ if I just attend to my own eating habits.
  72. My eating habits and tendencies are caused by luck and other chance-related experiences.
  73. I notice immediately when I deviate from my usual eating habits.
  74. My eating behavior needs a lot of work in order to be healthy and beneficial.
  75. The amount that I eat at any particular meal is a matter of my own personal control.
  76. I really want to prevent myself from overeating.
  77. I am able to handle my own eating and nutritional needs.
  78. If I were to start eating in an unhealthy way‚ then it would be my own fault for letting it happen.
  79. It’s important to me that I pay attention to my eating habits‚ and I actually do so.
  80. I’m very aware of any changes that may occur in my eating patterns.
  81. I anticipate that my eating habits and behaviors will deteriorate in the future.
  82. If I developed an eating disorder‚ my recovery would depend on how I myself dealt with the problem.
  83. I set the very highest standards for my eating/nutritional habits.
  84. I’m concerned about what other people think of my eating habits and table manners.
  85. I feel good about the way I manage my own eating needs and requirements.
  86. My eating behavior is largely determined by people who have considerable influence and control over me.
  87. I don’t eat food that is bad for me just because someone serves it to me.
  88. I always have a strong appetite.
  89. I strive to to maintain a consistent and healthy pattern of eating.
  90. I have never rushed through a meal at any time in my life.
  91. If I just pay attention to my diet‚ I will be able to prevent myself from having any eating problems.
  92. I believe that chance and luck play an important role in my eating habits and tendencies.
  93. I’m very aware of any changes that may occur in my eating patterns.
  94. My eating habits and behaviors are in immediate need of attention.
  95. Eating nutritious‚ healthy food is a matter of my own personal control and effort.
  96. I am really motivated to avoid eating an excessive amount of food.
  97. I am capable of taking care of my own eating-nutritional needs.
  98. If I were to develop poor eating habits‚ then it would be my own fault.
  99. I monitor my daily eating routines‚ and it’s really important to me that I do this.
  100. I always seem to be « adequately » hungry.
  101. I am afraid of becoming overweight.
  102. I am depressed about my eating habits.
  103. I am satisfied with my eating habits.
  104. I feel anxious when I think about my eating habits.
  105. I feel ashamed of my eating habits.
  106. I am angry about my eating habits/tendencies.
  107. I have a fear of becoming fat.
  108. My current eating/nutritional habits leave me feeling unhappy and sad.
  109. I am satisfied with my eating tendencies/nutritional habits.
  110. I’m worried about the nature of my eating habits and behaviors.
  111. My eating tendencies are embarrassing to me.
  112. My usual eating habits leave me feeling angry.
  113. I am fearful of gaining a great deal of weight.
  114. I feel sad about my usually eating tendencies and proclivities.
  115. I feel dissatisfied with my eating patterns.
  116. Thinking about my eating habits leaves me with an uneasy feeling.
  117. I am ashamed of my eating patterns.
  118. My eating habits and mannerisms cause me to feel angry.
  119. I don’t have much fear about becoming overweight.
  120. I feel down in the dumps about my eating habits.
  121. I am pleased with my usual patterns of eating.
  122. I am more anxious about my eating habits than most people are.
  123. When I think about my eating habits‚ I feel shame.
  124. I experience feelings of anger about my eating preferences and habits.
  125. I’m not afraid of becoming fat.
  126. After I eat‚ I become depressed about the food I’ve eaten.
  127. My eating behaviors are satisfying to me.
  128. I feel nervous when I think about my eating patterns and habits.
  129. After I eat‚ I feel guilty about what I’ve eaten.
  130. I feel angry about my eating tendencies.
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 9). Le Questionnaire Multidimensionnel de Psychologie de l’Alimentation (MPEQ). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-multidimensionnel-psychologie-alimentation-mpeq/
Looti, Mohammed. “Le Questionnaire Multidimensionnel de Psychologie de l’Alimentation (MPEQ).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-multidimensionnel-psychologie-alimentation-mpeq/.
Looti, Mohammed. “Le Questionnaire Multidimensionnel de Psychologie de l’Alimentation (MPEQ).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-multidimensionnel-psychologie-alimentation-mpeq/.