Questionnaire d’incapacité liée à la lombalgie d’Oswestry

Analyse psychométrique détaillée du Questionnaire d’incapacité liée à la lombalgie d’Oswestry (ODI) : propriétés métrologiques, validité, fidélité et cotation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire d’incapacité liée à la lombalgie d’Oswestry (communément désigné sous l’acronyme ODI pour Oswestry Disability Index ou Oswestry Low Back Pain Disability Questionnaire) constitue l’étalon-or international (gold standard) pour l’évaluation de l’incapacité fonctionnelle et de la limitation d’activité induites par la lombalgie aiguë, subaiguë et chronique. Initialement développé à la fin des années 1970 par Jeremy Fairbank et ses collaborateurs à l’hôpital orthopédique Robert Jones et Agnes Hunt à Oswestry (Royaume-Uni), puis officialisé dans la littérature médicale en 1980, cet instrument auto-administré capture l’impact multidimensionnel de la douleur rachidienne sur les gestes élémentaires et complexes de la vie quotidienne.

L’instrument se compose de 10 sections spécifiques explorant l’intensité de la douleur, les soins personnels, le port de charges, la marche, la station assise, la station debout, le sommeil, la vie sexuelle, la vie sociale et les déplacements. Chaque section propose six énoncés ordonnés selon un format d’échelle de type Guttman, gradués de 0 (absence d’incapacité) à 5 (incapacité maximale). Le score global est exprimé sous la forme d’un pourcentage d’incapacité allant de 0 % à 100 %, stratifié en cinq catégories cliniques allant de l’incapacité minimale à l’alitement complet ou l’exagération symptomatique.

Sur le plan métrologique, l’ODI présente d’excellentes qualités psychométriques confirmées à travers des centaines d’études internationales : une cohérence interne robuste (alpha de Cronbach généralement compris entre 0,71 et 0,87), une fidélité test-retest remarquable (coefficients de corrélation intraclasse allant de 0,83 à 0,99 selon les délais de passation), ainsi qu’une sensibilité au changement cliniquement pertinente, matérialisée par une différence minimale cliniquement importante (MCID) de 10 à 12 points de pourcentage (ou une réduction relative de 30 %).

2. Mots-clés / Keywords

Oswestry Disability Index, ODI, lombalgie, incapacité fonctionnelle, évaluation de la douleur, psychométrie, rachis lombaire, fidélité test-retest, validité de construit, différence minimale cliniquement importante (MCID), rééducation fonctionnelle, qualité de vie liée à la santé.

3. Auteurs / Authors

Le développement initial du questionnaire a été conduit par une équipe pluridisciplinaire de chirurgiens orthopédistes, physiothérapeutes et chercheurs cliniciens rattachés au centre d’études rachidiennes du Robert Jones and Agnes Hunt Orthopaedic Hospital à Oswestry, dans le Shropshire (Royaume-Uni), ainsi qu’au Nuffield Orthopaedic Centre d’Oxford :

  • Jeremy C. T. Fairbank, MD, FRCS : Chirurgien orthopédique émérite, Nuffield Department of Orthopaedics, Rheumatology and Musculoskeletal Sciences (NDORMS), Université d’Oxford, Royaume-Uni.
  • John Couper, MCSP : Physiothérapeute clinicien, Robert Jones and Agnes Hunt Orthopaedic Hospital, Oswestry, Royaume-Uni.
  • John B. Davies : Chercheur en réadaptation et biomécanique clinique, Oswestry, Royaume-Uni.
  • John P. O’Brien, PhD, FRCS : Chirurgien orthopédiste spécialiste du rachis, Robert Jones and Agnes Hunt Orthopaedic Hospital, Oswestry, Royaume-Uni.
  • Paul B. Pynsent, PhD : Biostatisticien et directeur de recherche au Research and Teaching Centre, Royal Orthopaedic Hospital, Birmingham, Royaume-Uni (co-auteur des révisions méthodologiques et psychométriques majeures de l’échelle, notamment la version 2.0 et la revue de 2000).

4. Objectif / Purpose

Le Questionnaire d’incapacité liée à la lombalgie d’Oswestry a été conçu pour combler une lacune fondamentale dans l’évaluation de la pathologie rachidienne : la dissociation fréquente entre les anomalies anatomopathologiques visibles à l’imagerie médicale (radiographies, IRM, tomodensitométries) et le niveau réel de limitation fonctionnelle rapporté par le patient. L’objectif premier de l’échelle est de quantifier le retentissement subjectif mais objectivable de la douleur lombaire sur la réalisation des activités fondamentales de la vie quotidienne.

Applications cliniques

En pratique médicale, chirurgicale et kinésithérapique, l’ODI sert d’outil d’évaluation initiale de la sévérité du handicap fonctionnel. Il permet :

  • D’établir un état des lieux fonctionnel de référence lors de la première consultation de rhumatologie, de médecine physique et de réadaptation (MPR) ou de chirurgie rachidienne ;
  • D’orienter la décision thérapeutique, notamment dans l’arbitrage entre un traitement conservateur (kinésithérapie active, infiltration épidurale, école du dos) et une indication chirurgicale (décompression radiculaire, arthrodèse lombaire, prothèse discale) ;
  • De suivre longitudinalement l’évolution du patient tout au long de sa rééducation en mesurant l’efficacité objective des interventions thérapeutiques ;
  • D’identifier les conduites d’évitement ou la majoration non organique des plaintes (les scores dépassant 80 % en l’absence de déficit neurologique majeur ou de pathologie inflammatoire aiguë alertant sur une possible détresse psychologique ou un comportement de maladie anormal).

Applications en recherche clinique et épidémiologique

Dans le domaine de la recherche, l’ODI représente le critère de jugement principal (primary outcome measure) préconisé par les consensus méthodologiques internationaux (tels que l’initiative COMET et les recommandations de l’OMERACT) pour les essais cliniques randomisés portant sur la lombalgie. Sa standardisation internationale et ses multiples traductions transculturelles validées permettent la comparaison directe de cohortes thérapeutiques à travers le monde, qu’il s’agisse d’évaluer de nouvelles techniques chirurgicales mini-invasives, des programmes de restauration fonctionnelle du rachis ou des molécules analgésiques innovantes.

5. Construit psychologique / Construct

L’ODI opérationnalise le construit d’incapacité fonctionnelle (disability), tel que défini originellement par la Classification internationale des déficiences, incapacités et handicaps (CIDIH) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), puis reformulé en tant que « limitation d’activité » et « restriction de participation » au sein de la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF).

Contrairement à une mesure unidimensionnelle de l’intensité douloureuse brute (comme l’Échelle Visuelle Analogique – EVA), l’ODI saisit la manière dont la douleur s’articule avec les contraintes mécaniques, biomécaniques, posturales et psychosociales. Chacune des dix sections explore une facette distincte de l’appareil fonctionnel :

  • Section 1 — Intensité de la douleur (Pain Intensity) : Évalue le ressenti nociceptif ou neuropathique immédiat du patient, de l’indolence complète à une douleur intolérable. Cette dimension sert d’ancrage symptomatique à l’ensemble du profil d’incapacité.
  • Section 2 — Soins personnels (Personal Care) : Mesure l’autonomie dans les activités de la vie quotidienne élémentaires (se laver, s’habiller). Ce domaine explore la souplesse rachidienne et la tolérance aux mouvements de flexion antérieure du tronc nécessaires à l’hygiène et à l’habillage.
  • Section 3 — Port de charges (Lifting) : Analyse la tolérance aux contraintes mécaniques axiales et à l’élévation d’objets. Ce domaine est particulièrement sensible aux craintes kinésiophobiques et aux capacités de verrouillage lombaire lors des efforts de soulèvement.
  • Section 4 — Marche (Walking) : Quantifie l’endurance locomotrice et le périmètre de marche sans boiterie ni arrêt obligatoire, reflétant la claudication neurogène (canal lombaire étroit) ou l’intolérance musculo-squelettique à la locomotion prolongée.
  • Section 5 — Station assise (Sitting) : Évalue la tolérance à la pression intradiscale accrue inhérente à la posture assise prolongée, une plainte fréquente chez les patients souffrant de discopathie dégénérative ou de hernie discale lombaire.
  • Section 6 — Station debout (Standing) : Mesure la capacité de maintien postural statique érigé, une position qui sollicite préférentiellement les articulations facettaires postérieures et les muscles spinaux érecteurs.
  • Section 7 — Sommeil (Sleeping) : Évalue l’interférence de la douleur avec la continuité du repos nocturne. Ce domaine est crucial, car la perturbation du sommeil altère la modulation descendante de la douleur et amplifie la fatigue centrale.
  • Section 8 — Vie sexuelle (Sex Life) : Explore l’impact de la pathologie rachidienne sur l’intimité physique et relationnelle. Bien que parfois omise pour des raisons de pudeur culturelle, cette section aborde un indicateur majeur de qualité de vie et de bien-être conjugal.
  • Section 9 — Vie sociale (Social Life) : Mesure le niveau de restriction de la participation sociale, allant de la pratique sportive aux activités de loisirs, jusqu’au confinement complet au domicile, précurseur de l’isolement social.
  • Section 10 — Déplacements (Travelling) : Évalue l’aptitude à effectuer des trajets en voiture, en transports en commun ou en train, situation combinant contraintes posturales statiques, vibrations mécaniques et transferts articulaires.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de l’ODI s’inscrit au carrefour de la médecine orthopédique mécaniste et de l’essor du modèle biopsychosocial développé par George Engel (1977) et adapté à la rachialgie par Gordon Waddell (1987). Historiquement, la prise en charge de la lombalgie reposait sur un modèle biomédical réducteur postulant une corrélation directe et linéaire entre la lésion anatomique (pincement discal, ostéophytose, spondylolisthésis) et le niveau de plainte du sujet.

L’ODI a révolutionné ce paradigme en reconnaissant que l’incapacité n’est pas la simple conséquence physique d’une lésion organique, mais le produit d’interactions complexes entre :

  • Les facteurs biologiques (charge discale, inflammation radiculaire, contracture musculaire paravertébrale) ;
  • Les facteurs psychologiques (croyances d’évitement de la douleur modélisées par le modèle de la peur-évitement de Vlaeyen et Linton, catastrophisme, sentiment d’auto-efficacité) ;
  • Les facteurs sociaux et environnementaux (exigences professionnelles ergonomiques, soutien de l’entourage, compensation médico-légale).

Dans la perspective de la théorie de l’apprentissage et du comportement de maladie (illness behavior) conceptualisé par Mechanic et Waddell, l’ODI saisit la manière dont le patient adapte concrètement son comportement face à la menace douloureuse. L’échelle reflète les renoncements progressifs de l’individu : limitation d’abord des activités les plus lourdes et énergivores (sport, port de charges), puis des activités récréatives et sociales, pour atteindre enfin, dans les formes sévères, les activités fondamentales de survie et d’hygiène personnelle.

7. Validité / Validity

L’Oswestry Disability Index a fait l’objet de centaines d’études de validation transculturelle et d’évaluation psychométrique rigoureuse à travers le monde (notamment les synthèses de Fairbank & Pynsent, 2000, et de Davidson & Keating, 2002).

Validité de contenu et d’apparence

La validité de contenu a été établie lors de la genèse de l’outil par des entretiens approfondis menés auprès de patients lombalgiques hospitalisés et ambulatoires. Les dix domaines retenus couvrent l’intégralité du spectre des limitations physiques rapportées dans la vie quotidienne, conférant à l’instrument une excellente validité apparente tant pour les cliniciens que pour les usagers.

Validité convergente et concourante

La validité convergente de l’ODI a été abondamment démontrée par des corrélations modérées à fortes avec d’autres échelles d’incapacité et de douleur :

  • Questionnaire de Roland-Morris (RMDQ) : Des corrélations de Pearson et de Spearman oscillant entre r = 0,70 et r = 0,85 sont systématiquement observées. Bien que les deux échelles soient corrélées, l’ODI présente une plus grande sensibilité aux incapacités sévères et dans les populations chirurgicales, tandis que le Roland-Morris est souvent plus discriminant dans les lombalgies légères à modérées en soins primaires.
  • Échelle Visuelle Analogique (EVA) et Échelle Numérique (EN) de la douleur : Les corrélations se situent classiquement entre r = 0,55 et r = 0,72, démontrant que l’incapacité est liée à la douleur sans s’y réduire totalement.
  • SF-36 (Medical Outcomes Study Short-Form Health Survey) : L’ODI corrèle fortement et négativement avec le score de fonctionnement physique (Physical Functioning, r = -0,65 à -0,78) et la composante physique globale (PCS, r = -0,60 à -0,72), confirmant sa validité dans l’évaluation de la santé physique globale.

Validité discriminante et prédictive

L’ODI discrimine parfaitement les sujets sains des patients souffrant de lombalgie, ainsi que les patients en arrêt de travail de ceux poursuivant leur activité professionnelle. De nombreuses études prospectives confirment sa validité prédictive : un score ODI élevé pré-thérapeutique constitue un facteur de risque indépendant d’échec du retour au travail, de chronicisation de la douleur et d’insatisfaction post-chirurgicale.

Sensibilité au changement et MCID

La sensibilité au changement de l’ODI est remarquable. La littérature méthodologique moderne s’accorde sur une différence minimale cliniquement importante (MCID) comprise entre 10 et 12 points de pourcentage (ou une réduction relative de 30 % à 50 % par rapport au score initial) pour caractériser une amélioration significative après une prise en charge chirurgicale ou de réhabilitation intensive (Ostelo et al., 2008).

8. Fidélité / Reliability

Les études métrologiques attribuent à l’Oswestry Disability Index une excellente stabilité temporelle et une consistance interne robuste dans des contextes cliniques variés.

Cohérence interne

La cohérence interne de l’ODI a été évaluée dans de multiples cohortes linguistiques et cliniques :

  • Le coefficient alpha de Cronbach oscille généralement entre 0,71 et 0,88 dans les populations de patients lombalgiques chroniques, indiquant une très bonne homogénéité des items sans redondance excessive.
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,40 et 0,75, confirmant que chaque section contribue significativement à la mesure de l’incapacité globale.

Fidélité test-retest

La fidélité test-retest a été étudiée sur des intervalles de temps variant de 24 heures à plusieurs semaines chez des patients dont l’état clinique était stable :

  • À un intervalle de 24 à 48 heures, les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) rapportés sont extrêmement élevés, variant entre 0,91 et 0,99 (Fairbank & Pynsent, 2000).
  • À un intervalle de 1 à 4 semaines, les CCI restent stables entre 0,83 et 0,94, démontrant une excellente reproductibilité temporelle de la mesure.

Erreur de mesure et changement minimal détectable

L’erreur standard de mesure (SEM) se situe généralement entre 3,5 et 5 points de pourcentage. Le changement minimal détectable (MDC ou Smallest Detectable Change à 95 % de confiance) est établi entre 10 et 15 points selon les populations, ce qui garantit qu’une variation supérieure à ce seuil ne relève pas d’une fluctuation aléatoire de mesure mais d’une véritable modification clinique.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La dimensionnalité factorielle de l’ODI a suscité de nombreux débats psychométriques, oscillant entre le modèle unidimensionnel d’origine et des structures bifactorielles ou trifactorielles selon les méthodes d’analyse employées (Analyse Factorielle Exploratoire – AFE et Analyse Factorielle Confirmatoire – AFC).

Structure unidimensionnelle originale

Dans sa conceptualisation d’origine et dans les revues majeures de Fairbank et Pynsent (2000), l’ODI est traité comme un instrument essentiellement unidimensionnel mesurant un construit latent global d’incapacité lombaire. L’analyse en composantes principales révèle de manière récurrente un premier facteur dominant expliquant entre 45 % et 60 % de la variance totale, satisfaisant ainsi aux critères de Reckase pour l’unidimensionnalité pratique.

Modèles bidimensionnels

Plusieurs études psychométriques rigoureuses (notamment les travaux appliquant l’analyse factorielle confirmatoire ou la modélisation de Rasch) ont mis en évidence l’existence de deux dimensions corrélées :

  • Facteur 1 — Incapacité physique et activités dynamiques (Dynamic activities) : Regroupe principalement les sections Port de charges (charges), Marche, Station debout, et Soins personnels. Les saturations factorielles pour ces items sont typiquement élevées (> 0,65).
  • Facteur 2 — Tolérance posturale statique et répercussions psychosociales (Sedentary / Social activities) : Comprend la Station assise, le Sommeil, la Vie sexuelle, la Vie sociale et les Déplacements.

Analyses par la théorie des réponses aux items (TRI / Modèle de Rasch)

Les modélisations de Rasch indiquent que les items de l’ODI se distribuent harmonieusement le long du continuum de sévérité de l’incapacité. L’item « Port de charges » est le plus fréquemment endossé à un niveau d’incapacité faible (seuil d’apparition bas), tandis que les items « Soins personnels » et « Marche » requièrent un niveau d’atteinte fonctionnelle beaucoup plus sévère pour présenter des scores maximaux (4 ou 5). Bien que des fonctionnements différentiels d’items (DIF) mineurs aient été identifiés selon le sexe ou l’âge pour les sections « Vie sexuelle » ou « Port de charges », le score agrégé conserve une validité psychométrique robuste pour l’usage clinique quotidien.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation fonctionnelle (Patient-Reported Outcome Measure – PROM).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou formulaire électronique auto-administré sur tablette/ordinateur. Peut être assisté par le clinicien si le patient présente des difficultés de lecture.
  • Nombre d’items : 10 sections thématiques indépendantes.
  • Échelle de réponse : Chaque section comprend 6 énoncés hiérarchisés selon une échelle ordinale de type Guttman, scorés de 0 (incapacité minimale ou nulle) à 5 (incapacité maximale).
  • Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes.
  • Calcul du score brut et pourcentage d’incapacité :
    • Pour chaque section, le patient sélectionne une seule affirmation. L’énoncé coché vaut de 0 à 5 points.
    • Le score total brut correspond à la somme des points de toutes les sections répondues (maximum de 50 points si les 10 sections sont complétées).
    • Le pourcentage d’incapacité est calculé par la formule suivante :

      Score d'incapacité (%) = (Somme des points obtenus / Score maximal possible) × 100
    • Gestion des données manquantes : Si une section n’est pas remplie (par exemple la section 8 sur la vie sexuelle lorsqu’elle n’est pas applicable ou omise par le patient), le score maximal possible devient 45 points au lieu de 50. La formule s’ajuste alors : (Score brut / 45) × 100. Si plus de deux sections sont omises, la validité du score global est compromise et le questionnaire doit être considéré comme incomplet.
  • Grille d’interprétation clinique :
    • 0 % à 20 % — Incapacité minimale (Minimal disability) : Le patient s’adapte à la plupart des actes de la vie quotidienne. En dehors de conseils d’hygiène de vie, de levage et d’exercices physiques, aucun traitement médical lourd n’est généralement requis.
    • 21 % à 40 % — Incapacité modérée (Moderate disability) : La douleur occasionne des difficultés accrues pour s’asseoir, soulever des charges et rester debout. Les voyages et la vie sociale sont plus complexes. Une prise en charge conservatrice ciblée (kinésithérapie active, analgésie adaptée) est indiquée.
    • 41 % à 60 % — Incapacité sévère (Severe disability) : La douleur perturbe l’ensemble des activités quotidiennes, le sommeil et la vie sociale. Une investigation diagnostique approfondie et une prise en charge multidisciplinaire intensive sont nécessaires.
    • 61 % à 80 % — Lombalgie invalidante / handicap majeur (Crippling back pain) : La douleur lombaire entrave tous les aspects de la vie quotidienne. Une intervention médicale spécialisée ou une évaluation chirurgicale s’avère indispensable.
    • 81 % à 100 % — Alitement ou exagération des symptômes : Le patient est soit alité en permanence en raison d’une urgence rachidienne ou d’un déficit fonctionnel majeur, soit en situation de dramatisation/exagération symptomatique nécessitant une évaluation psychologique et médico-légale minutieuse.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de création / publication initiale : 1980 (Fairbank, Couper, Davies, O’Brien). Des versions révisées ont été publiées en 1989 (version Baker/Pynsent) et 2000 (Fairbank & Pynsent, Spine).
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Les droits d’auteur de l’instrument original et de ses révisions officielles sont détenus par Jeremy Fairbank et ses co-auteurs. La gestion des licences et la distribution internationale des versions validées et traduites sont coordonnées par Mapi Research Trust / ICON Clinical Research (ePROVIDE).
  • Conditions d’utilisation et tarifs :
    • Usage clinique individuel et recherche académique non financée : L’utilisation de l’instrument est généralement accordée à titre gratuit ou moyennant des frais administratifs symboliques, sous réserve de remplir une demande d’accord d’utilisation auprès du détenteur des droits ou de la plateforme officielle.
    • Essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique ou commerciale : Des frais de licence par patient ou par protocole sont appliqués. Les utilisateurs commerciaux doivent obligatoirement acquérir une licence officielle auprès de Mapi Research Trust / ePROVIDE avant toute administration.

12. Références / References

  • Baker, D. J., Pynsent, P. B., & Fairbank, J. C. T. (1989). The Oswestry Disability Index revisited: Its reliability, repeatability and validity, and a comparison with the St. Thomas’s Disability Index. In M. O. Roland & J. R. Jenner (Eds.), Back pain: New approaches to rehabilitation and education (pp. 174–186). Manchester University Press.
  • Davidson, M., & Keating, J. L. (2002). A comparison of five low back disability questionnaires: Reliability and responsiveness. Physical Therapy, 82(1), 8–24. https://doi.org/10.1093/ptj/82.1.8
  • Engel, G. L. (1977). The need for a new medical model: A challenge for biomedicine. Science, 196(4286), 129–136. https://doi.org/10.1126/science.847460
  • Fairbank, J. C. T., Couper, J., Davies, J. B., & O’Brien, J. P. (1980). The Oswestry Low Back Pain Disability Questionnaire. Physiotherapy, 66(8), 271–273.
  • Fairbank, J. C. T., & Pynsent, P. B. (2000). The Oswestry Disability Index. Spine, 25(22), 2940–2953. https://doi.org/10.1097/00007632-200011150-00017
  • Fritz, J. M., & Irrgang, J. J. (2001). A comparison of a modified Oswestry Low Back Pain Disability Questionnaire and the Quebec Back Pain Disability Scale. Physical Therapy, 81(2), 776–788. https://doi.org/10.1093/ptj/81.2.776
  • McDowell, I. (2006). Measuring health: A guide to rating scales and questionnaires (3rd ed.). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195165678.001.0001
  • Ostelo, R. W., Deyo, R. A., Stratford, P., Waddell, G., Croft, P., Von Korff, M., Bouter, L. M., & de Vet, H. C. (2008). Interpreting change scores for pain and functional status in low back pain: Towards international consensus regarding minimal important change. Spine, 33(1), 90–94. https://doi.org/10.1097/BRS.0b013e31815e3a10
  • Roland, M., & Morris, R. (1983). A study of the natural history of back pain: Part I: Development of a reliable and sensitive measure of disability in low-back pain. Spine, 8(2), 141–144. https://doi.org/10.1097/00007632-198303000-00004
  • Torenbeek, M., Caulfield, B., Garrett, M., & Van Harten, W. H. (2001). Current use of outcome measures for stroke and low back pain rehabilitation in five European countries: First results of the ACROSS project. International Journal of Rehabilitation Research, 24(2), 95–101. https://doi.org/10.1097/00004356-200106000-00003
  • Waddell, G. (1987). 1987 Volvo award in clinical sciences: A new clinical model for the treatment of low-back pain. Spine, 12(7), 632–644. https://doi.org/10.1097/00007632-198709000-00002

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: This questionnaire has been designed to give your doctor information as to how your back pain has affected your ability to manage in everyday life. Please answer every section, and mark in each section only the ONE box which applies to you. We realise you may consider that two of the statements in any one section relate to you, but please just mark the box which most closely describes your problem.
Response Scale: 6-point Guttman-style categorical scale per section (scored 0 to 5, where 0 indicates least disability and 5 indicates greatest disability)
Scoring / Reverse Items: Each section is scored on a 0 to 5 scale (the first statement = 0, the last statement = 5). Total score is calculated by summing the scores of all answered sections, dividing by the maximum possible score (50 if all 10 sections are completed, or 45 if Section 8 is omitted), and multiplying by 100 to yield a percentage score (0% to 100% disability).
1

Section 1 – Pain Intensity
2

[0] I have no pain at the moment.
3

[1] The pain is very mild at the moment.
4

[2] The pain is moderate at the moment.
5

[3] The pain is fairly severe at the moment.
6

[4] The pain is very severe at the moment.
7

[5] The pain is the worst imaginable at the moment.
2

Section 2 – Personal Care (washing, dressing, etc.)
3

[0] I can look after myself normally without causing extra pain.
4

[1] I can look after myself normally but it is very painful.
5

[2] It is painful to look after myself and I am slow and careful.
6

[3] I need some help but manage most of my personal care.
7

[4] I need help every day in most aspects of self care.
8

[5] I do not get dressed, wash with difficulty and stay in bed.
3

Section 3 – Lifting
4

[0] I can lift heavy weights without extra pain.
5

[1] I can lift heavy weights but it gives extra pain.
6

[2] Pain prevents me from lifting heavy weights off the floor, but I can manage if they are conveniently positioned, e.g. on a table.
7

[3] Pain prevents me from lifting heavy weights, but I can manage light to medium weights if they are conveniently positioned.
8

[4] I can lift only very light weights.
9

[5] I cannot lift or carry anything at all.
4

Section 4 – Walking
5

[0] Pain does not prevent me walking any distance.
6

[1] Pain prevents me from walking more than 1 mile.
7

[2] Pain prevents me from walking more than 1/2 mile.
8

[3] Pain prevents me from walking more than 100 yards.
9

[4] I can only walk using a stick or crutches.
10

[5] I am in bed most of the time and have to crawl to the toilet.
5

Section 5 – Sitting
6

[0] I can sit in any chair as long as I like.
7

[1] I can only sit in my favourite chair as long as I like.
8

[2] Pain prevents me sitting more than one hour.
9

[3] Pain prevents me from sitting more than 30 minutes.
10

[4] Pain prevents me from sitting more than 10 minutes.
11

[5] Pain prevents me from sitting at all.
6

Section 6 – Standing
7

[0] I can stand as long as I want without extra pain.
8

[1] I can stand as long as I want but it gives me extra pain.
9

[2] Pain prevents me from standing for more than 1 hour.
10

[3] Pain prevents me from standing for more than 30 minutes.
11

[4] Pain prevents me from standing for more than 10 minutes.
12

[5] Pain prevents me from standing at all.
7

Section 7 – Sleeping
8

[0] My sleep is never disturbed by pain.
9

[1] My sleep is occasionally disturbed by pain.
10

[2] Because of pain I have less than 6 hours sleep.
11

[3] Because of pain I have less than 4 hours sleep.
12

[4] Because of pain I have less than 2 hours sleep.
13

[5] Pain prevents me from sleeping at all.
8

Section 8 – Sex Life (if applicable)
9

[0] My sex life is normal and causes no extra pain.
10

[1] My sex life is normal but causes some extra pain.
11

[2] My sex life is nearly normal but is very painful.
12

[3] My sex life is severely restricted by pain.
13

[4] My sex life is nearly absent because of pain.
14

[5] Pain prevents any sex life at all.
9

Section 9 – Social Life
10

[0] My social life is normal and gives me no extra pain.
11

[1] My social life is normal but increases the degree of pain.
12

[2] Pain has no significant effect on my social life apart from limiting my more energetic interests, e.g. sport, etc.
13

[3] Pain has restricted my social life and I do not go out as often.
14

[4] Pain has restricted my social life to my home.
15

[5] I have no social life because of pain.
10

Section 10 – Travelling
11

[0] I can travel anywhere without pain.
12

[1] I can travel anywhere but it gives me extra pain.
13

[2] Pain is bad but I manage journeys over two hours.
14

[3] Pain restricts me to journeys of less than one hour.
15

[4] Pain restricts me to short necessary journeys under 30 minutes.
16

[5] Pain prevents me from travelling except to receive treatment.
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Questionnaire d’incapacité liée à la lombalgie d’Oswestry. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-incapacite-lombalgie-oswestry-odi/
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’incapacité liée à la lombalgie d’Oswestry.” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-incapacite-lombalgie-oswestry-odi/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’incapacité liée à la lombalgie d’Oswestry.” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-incapacite-lombalgie-oswestry-odi/.