1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire sur les forces et les difficultés (Strengths and Difficulties Questionnaire, SDQ), développé initialement par le pédopsychiatre britannique Robert Goodman en 1997, constitue l’un des instruments de dépistage comportemental et émotionnel les plus largement validés et administrés à l’échelle internationale chez l’enfant et l’adolescent. Conçu initialement comme une alternative concise et modernisée au questionnaire de Rutter (Rutter Children’s Behaviour Questionnaire) et à la Child Behavior Checklist (CBCL) d’Achenbach, le SDQ destiné aux parents permet d’évaluer de manière équilibrée tant les compétences pro-sociales et les ressources adaptatives de l’enfant que ses difficultés psychologiques et relationnelles potentielles.
L’instrument comporte 25 items fondamentaux standardisés, répartis équitablement en cinq échelles factorielles distinctes de cinq items chacune : (1) les symptômes émotionnels (emotional symptoms), (2) les problèmes de comportement (conduct problems), (3) l’hyperactivité et inattention (hyperactivity/inattention), (4) les problèmes de relations avec les pairs (peer relationship problems) et (5) le comportement prosocial (prosocial behaviour). Les items sont évalués selon une échelle ordinale de type Likert en trois points (« Pas vrai » [Not True], « Un peu vrai » [Somewhat True], « Tout à fait vrai » [Certainly True]). La somme des quatre premières dimensions génère un Score Total de Difficultés variant de 0 à 40, tandis que l’échelle prosociale forme un indice autonome de résilience interpersonnelle variant de 0 à 10.
Le SDQ intègre également un module d’impact optionnel mais cliniquement crucial (Impact Supplement), qui quantifie la chronicité des troubles, la détresse ressentie par l’enfant ainsi que les répercussions fonctionnelles sur la vie quotidienne (famille, apprentissages, amitiés, loisirs) et le fardeau supporté par l’entourage. Les propriétés psychométriques établies au sein de vastes cohortes normatives et cliniques (en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne et aux États-Unis) démontrent une excellente consistance interne pour le score global (alpha de Cronbach typiquement compris entre 0,78 et 0,86), une fidélité test-retest substantielle (coefficients de corrélation intraclasse généralement supérieurs à 0,72 sur 2 à 4 semaines), ainsi qu’une remarquable validité de critère pour discriminer les troubles internalisés et externalisés au regard des classifications diagnostiques internationales (CIM-10/CIM-11 et DSM-5).
2. Mots-clés / Keywords
Strengths and Difficulties Questionnaire, SDQ parents, dépistage psychopathologique, psychopathologie du développement, comportement prosocial, troubles du comportement, hyperactivité, symptômes émotionnels, relations avec les pairs, évaluation psychométrique, santé mentale de l’enfant.
3. Auteurs / Authors
Le Strengths and Difficulties Questionnaire a été créé et formalisé sous la direction scientifique de :
- Robert Goodman, M.A., Ph.D., FRCP, FRCPsych — Professeur émérite de pédopsychiatrie cérébrale et comportementale au Department of Child and Adolescent Psychiatry, Institute of Psychiatry, Psychology & Neuroscience (IoPPN), King’s College London, Royaume-Uni.
- Anna Goodman, Ph.D. — Épidémiologiste, London School of Hygiene & Tropical Medicine (LSHTM), Londres, Royaume-Uni (contributions majeures à la structure factorielle bifactorielle et aux modèles internalisé/externalisé).
- Howard Meltzer et Valerie Bailey — Chercheurs collaborateurs associés aux premières grandes vagues d’enquêtes nationales britanniques sur la santé mentale de l’enfance pour l’Office for National Statistics (ONS).
Contact et correspondance institutionnelle : Les requêtes scientifiques, les directives méthodologiques et les clés d’évaluation automatisée sont coordonnées via la plateforme officielle de référence hébergée sous la direction des équipes du King’s College : Youthinmind Ltd / sdqinfo.org.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du SDQ version parents est d’offrir une modalité de dépistage (screening) rapide, éthique, sensible et multidimensionnelle des risques psychopathologiques chez les enfants et adolescents âgés de 2 à 17 ans (avec des ajustements lexicaux mineurs pour la tranche préscolaire 2-4 ans). Contrairement aux échelles d’évaluation traditionnelles du XXe siècle qui focalisaient exclusivement leur attention sur les déficits, les comportements déviants et la symptomatologie aiguë, le SDQ est intentionnellement bâti selon un modèle dualiste de santé mentale intégrant les forces (ressources prosociales, empathie, réciprocité) et les difficultés (troubles internalisés et externalisés).
Applications cliniques
Dans les centres de consultation médico-psychologique, les services de pédopsychiatrie et la pédiatrie générale, le SDQ remplit une triple fonction :
- Triage initial : Identifier rapidement la nature et la sévérité des difficultés dès l’admission, permettant de prioriser les enfants nécessitant une évaluation diagnostique approfondie.
- Perspective multi-informateurs : La version pour parents s’intègre au système triangulé du SDQ (parents, enseignants, auto-évaluation par l’adolescent dès 11 ans), offrant une comparaison standardisée de l’expression des difficultés selon le contexte environnemental (domicile vs école).
- Mesure de l’efficacité thérapeutique : Utilisé en pré- et post-intervention (suivi longitudinal ou protocoles Routine Outcome Measurement), il quantifie avec précision l’évolution des scores et la réduction de l’impact fonctionnel sur la dynamique familiale.
Applications en recherche et épidémiologie
Grâce à son format ultra-concis (généralement rempli en moins de cinq à huit minutes), le questionnaire a été massivement déployé dans les grandes enquêtes épidémiologiques en santé publique, les études longitudinales de cohortes de naissances (comme la Millennium Cohort Study au Royaume-Uni ou l’étude ELFE en France) et les évaluations de programmes de soutien à la parentalité. Sa structure brève permet de limiter significativement l’attrition des données et la lassitude des répondants tout en maintenant des métriques psychométriques robustes.
5. Construit psychologique / Construct
Le SDQ opérationnalise la psychopathologie développementale de l’enfant à travers cinq dimensions corrélées mais conceptuellement autonomes, complétées par un construit d’interférence fonctionnelle.
1. Symptômes émotionnels (Items 3, 8, 13, 16, 24)
Ce construit mesure l’axe internalisé de la détresse psychologique. Il évalue l’anxiété générale, les inquiétudes excessives, l’humeur dépressive ou dysphorique, les plaintes somatiques sans cause médicale organique avérée (maux de tête, maux de ventre, nausées) ainsi que l’anxiété de séparation et les craintes spécifiques. Un score élevé reflète une vulnérabilité aux troubles anxieux et aux épisodes dépressifs caractérisés.
2. Problèmes de comportement (Items 5, 7, 12, 18, 22)
Cette dimension capture l’axe externalisé des perturbations de conduite et des troubles de l’opposition. Elle évalue la dysrégulation colérique (accès de colère fréquents), l’opposition envers les figures d’autorité (désobéissance, refus d’obtempérer), l’agressivité interpersonnelle (bagarres, harcèlement d’autres enfants) et les comportements antisociaux manifestes (mensonges répétés, tricherie, vols, rancœur ou méchanceté délibérée). Elle permet de repérer les signes précurseurs du trouble oppositionnel avec provocation (TOP) et du trouble des conduites.
3. Hyperactivité et inattention (Items 2, 10, 15, 21, 25)
Centrée sur les manifestations centrales du Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH), cette sous-échelle examine l’agitation motrice (incapacité à rester en place, mouvements incessants des mains ou des pieds), l’impulsivité cognitive et comportementale (agir sans réfléchir au préalable) et les déficits de l’attention soutenue (distractibilité accrue, difficulté à mener une tâche jusqu’à son terme).
4. Problèmes de relations avec les pairs (Items 6, 11, 14, 19, 23)
Ce domaine évalue l’adaptation sociale au sein du groupe d’âge. Il saisit l’isolement social (préférence pour le jeu solitaire), les difficultés à nouer et conserver des amitiés stables, le rejet ou l’impopularité auprès des pairs, les situations de victimisation (être la cible de moqueries ou de harcèlement) ainsi qu’une tendance atypique à rechercher préférentiellement la compagnie des adultes au détriment des pairs, souvent révélatrice de maladresses socio-émotionnelles ou de troubles du spectre de l’autisme.
5. Comportement prosocial (Items 1, 4, 9, 17, 20)
Contrairement aux quatre dimensions pathologiques, cette échelle évalue les compétences socio-affectives positives. Elle quantifie l’empathie (prendre en compte les sentiments d’autrui), la générosité et le partage (prêter volontiers ses jouets ou ses affaires), les comportements d’entraide spontanés envers les personnes en détresse, la bienveillance envers les enfants plus jeunes et l’offre d’assistance active. Un score bas sur cette échelle constitue un indicateur précoce de traits d’insensibilité émotionnelle (callous-unemotional traits).
6. L’évaluation de l’impact fonctionnel (Impact Supplement)
Goodman a introduit le construit de fardeau et d’entrave fonctionnelle pour éviter les faux positifs statistiques. Un enfant peut manifester des symptômes comportementaux mineurs sans que ceux-ci ne compromettent son fonctionnement adaptatif. Le module d’impact mesure la perception par les parents de la détresse de l’enfant, l’entrave causée dans les quatre domaines majeurs de sa vie (foyer, relations amicales, apprentissages scolaires, activités de loisirs) et le retentissement global sur l’équilibre familial.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le SDQ s’enracine au confluent de la psychopathologie développementale théorisée par Dante Cicchetti et Michael Rutter, et des modèles dimensionnels contemporains de la nosologie psychiatrique, tels que formalisés par le consortium HiTOP (Hierarchical Taxonomy of Psychopathology).
Le modèle des dimensions internalisées et externalisées
Dans la filiation directe des travaux pionniers de Thomas Achenbach, le comportement de l’enfant est conceptualisé selon deux grands spectres d’expression de la souffrance :
- Le spectre internalisé : Regroupant les symptômes où la détresse est dirigée vers l’intérieur (anxiété, repli, inhibition, somatisation, affects dépressifs). Dans le SDQ, ce spectre est opérationnalisé par le regroupement des échelles Symptômes émotionnels et Problèmes avec les pairs.
- Le spectre externalisé : Caractérisé par des conduites dirigées vers l’environnement extérieur (agitation, perturbation des règles, agressivité, déficit du contrôle inhibiteur). Il est représenté dans le SDQ par la fusion des échelles Problèmes de comportement et Hyperactivité/inattention.
Le modèle de santé mentale complète (Dual-Continuum Model)
Sur le plan métathéorique, Goodman s’est détaché du réductionnisme biomédical strict en intégrant la perspective de la psychologie positive et du développement adaptatif (Keyes, 2005). La santé mentale n’est pas simplement définie comme l’absence de troubles psychiatriques, mais comme la coexistence d’un niveau bas de psychopathologie et d’un niveau élevé de compétences prosociales et de bien-être relationnel. En incorporant cinq items positifs dans un instrument de dépistage, le SDQ réduit considérablement la stigmatisation perçue par les parents lors du remplissage du questionnaire, améliorant de facto l’alliance thérapeutique et la validité écologique des réponses recueillies.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité du SDQ version parents ont fait l’objet de centaines d’investigations indépendantes à travers plus de 80 pays, démontrant une robustesse psychométrique remarquable.
Validité de construit et factorielle
Les analyses factorielles confirmatoires conduites sur d’immenses cohortes en population générale (par exemple, Goodman, 2001, sur plus de 10 000 enfants britanniques) ont validé l’adéquation du modèle à cinq facteurs originaux (CFI > 0,93 ; RMSEA < 0,05). De plus, les travaux méthodologiques ultérieurs d’Anna Goodman et al. (2010) ont établi que dans les échantillons épidémiologiques non cliniques, un modèle hiérarchique à deux facteurs de second ordre (Internalisé vs Externalisé) ainsi qu’un modèle bifactoriel offrent un ajustement statistique supérieur, autorisant l’utilisation de sous-scores synthétiques.
Validité convergente et discriminante
La validité convergente du SDQ parents a été amplement établie par sa forte corrélation avec des instruments préexistants de référence :
- Les corrélations entre le Score Total de Difficultés du SDQ et le score total de la CBCL d’Achenbach oscillent de façon consistante entre r = 0,70 et r = 0,82 selon les études.
- L’échelle d’Hyperactivité/inattention présente de très fortes corrélations (r = 0,75 à 0,85) avec les échelles spécialisées de Conners (Conners’ Rating Scales).
- L’échelle des Symptômes émotionnels corrèle significativement (r = 0,65 à 0,74) avec la Revised Children’s Manifest Anxiety Scale (RCMAS) et le Children’s Depression Inventory (CDI).
- La validité discriminante est étayée par de faibles corrélations entre l’échelle de Comportement prosocial et les scores de difficultés externalisées (généralement r < -0,25), confirmant que l’empathie constitue une dimension distincte et non l’exact inverse symétrique du trouble des conduites.
Validité prédictive et sensibilité diagnostique
L’algorithme prédictif du SDQ (Goodman et al., 2000) a démontré une grande précision pour identifier les cas psychiatriques avérés (psychiatric caseness) évalués par des entretiens cliniques semi-structurés standardisés (comme le CAPA ou le DAWBA) :
- La sensibilité pour la détection globale des troubles psychiatriques pédiatriques varie entre 75 % et 85 %.
- La spécificité dépasse fréquemment 80 % à 90 % en population générale.
- L’adjonction du score du supplément d’impact réduit considérablement les faux positifs statistiques, augmentant la valeur prédictive positive (VPP) en milieu de soins primaires.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité du SDQ version parents a été quantifiée à travers de multiples paramètres incluant la consistance interne, la stabilité temporelle test-retest et la fidélité inter-évaluateurs.
Consistance interne (Cohérence de l’échelle)
Étant donné la brièveté délibérée de chaque sous-échelle (seulement 5 items par dimension), les coefficients alpha de Cronbach observés dans les études normatives sont considérés comme très satisfaisants :
- Score Total de Difficultés : alpha compris entre 0,80 et 0,86, dénotant une excellente homogénéité globale des items de psychopathologie.
- Hyperactivité/inattention : alpha de 0,75 à 0,82.
- Symptômes émotionnels : alpha de 0,72 à 0,78.
- Problèmes de comportement : alpha de 0,65 à 0,73 (la variabilité des items allant de la crise de colère au vol explique une dispersion légèrement supérieure).
- Comportement prosocial : alpha de 0,68 à 0,74.
- Problèmes avec les pairs : alpha de 0,60 à 0,69 (fréquemment le coefficient le plus modeste en raison de la nature hétérogène de l’isolement social et de la victimisation).
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle sur des intervalles de 2 à 4 semaines chez des parents d’enfants non cliniques montre des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de corrélation de Pearson très solides :
- Score Total de Difficultés : r = 0,77 à 0,85.
- Sous-échelles individuelles : indices variant de r = 0,68 à 0,81.
- Sur un intervalle plus long de 4 à 6 mois, la stabilité demeure modérée à forte (r autour de 0,60 à 0,70), reflétant fidèlement à la fois la stabilité des traits de personnalité et la réactivité de l’instrument aux transitions environnementales de l’enfant.
Accord inter-évaluateurs (Parents vs Enseignants / Auto-évaluation)
L’accord entre informateurs suit fidèlement les standards de la psychopathologie développementale (méta-analyses d’Achenbach) : les corrélations entre les évaluations des mères et des pères sont élevées (r = 0,65 à 0,80), tandis que les corrélations entre les rapports des parents et ceux des enseignants se situent dans une fourchette modérée (r = 0,35 à 0,48), ce qui ne signale pas une déficience de l’outil mais bien la spécificité situationnelle de l’expression des comportements de l’enfant (domicile vs classe).
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle du SDQ a suscité une intense production scientifique en psychométrie moderne, mobilisant à la fois l’analyse factorielle exploratoire (AFE), l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) et la modélisation en équations structurelles multigroupes (MIMIC et invariance de mesure).
La structure pentafactorielle originale de Goodman
Dans l’étude princeps de Goodman (1997, 2001), une AFE avec rotation oblimin ou varimax a systématiquement extrait cinq facteurs avec des valeurs propres supérieures à 1, expliquant environ 45 % à 55 % de la variance totale. Les saturations factorielles des items sur leurs dimensions théoriques respectives sont remarquablement nettes :
- Pour les symptômes émotionnels, les saturations des cinq items s’échelonnent généralement de 0,52 à 0,76.
- Pour l’hyperactivité/inattention, les saturations principales s’étendent de 0,58 à 0,81.
- Pour les problèmes de comportement, les saturations s’établissent entre 0,48 et 0,72.
- Pour le comportement prosocial, les saturations sont particulièrement homogènes, variant de 0,55 à 0,78.
- Pour les problèmes avec les pairs, les saturations oscillent entre 0,45 et 0,68.
Le débat psychométrique : Modèle à 5 facteurs vs Modèle tripartite Internalisation/Externalisation
Dans les populations générales à faible prévalence clinique, plusieurs études indépendantes (notamment Goodman, Lamping & Ploubidis, 2010) ont relevé que les sous-échelles de Problèmes de comportement et d’Hyperactivité d’une part, et de Symptômes émotionnels et Problèmes avec les pairs d’autre part, présentent des intercorrélations élevées (souvent r > 0,55). Une modélisation factorielle confirmatoire d’ordre supérieur ou bifactorielle a démontré d’excellents indices d’ajustement :
| Modèle Testé | CFI | TLI | RMSEA |
|---|---|---|---|
| Modèle unidimensionnel (1 facteur général) | 0,72 | 0,69 | 0,089 |
| Modèle original à 5 facteurs corrélés | 0,93 | 0,92 | 0,046 |
| Modèle à 3 facteurs (Internalisé, Externalisé, Prosocial) | 0,92 | 0,91 | 0,050 |
| Modèle bifactoriel (Facteur général de psychopathologie « p » + facteurs spécifiques) | 0,96 | 0,95 | 0,038 |
Ces résultats indiquent que pour le dépistage clinique ciblé, la décomposition en 5 sous-échelles est hautement informative, tandis que pour la recherche épidémiologique en population générale, l’utilisation des composites plus larges « Troubles internalisés » (items 3, 6, 8, 11, 13, 14, 16, 19, 23, 24) et « Troubles externalisés » (items 2, 5, 7, 10, 12, 15, 18, 21, 22, 25) maximise la puissance statistique et la stabilité métrique.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Hétéro-évaluation standardisée complétée par les parents, tuteurs légaux ou personnes référentes prenant soin de l’enfant.
- Population cible : Enfants et adolescents âgés de 4 à 17 ans (une version adaptée existe pour les 2-4 ans avec légères modifications lexicales).
- Nombre d’items : 25 items de base + 5 questions additionnelles dans le supplément d’impact.
- Format des réponses : Échelle de Likert à 3 modalités ordonnées :
- Not True (Pas vrai)
- Somewhat True (Un peu vrai)
- Certainly True (Tout à fait vrai)
- Système de cotation des 25 items :
- Items formulés négativement (difficultés standard) : Not True = 0 point, Somewhat True = 1 point, Certainly True = 2 points.
- Items formulés positivement (cotation inversée) : Il existe 5 items formulés de façon positive parmi les échelles de difficultés qui doivent être impérativement inversés (Not True = 2 points, Somewhat True = 1 point, Certainly True = 0 point). Ce sont les items : 7 (Généralement sage), 11 (A au moins un bon ami), 14 (Généralement aimé des autres enfants), 21 (Peut réfléchir avant d’agir), 25 (Bonne attention).
- Items de l’échelle prosociale (Items 1, 4, 9, 17, 20) : Not True = 0 point, Somewhat True = 1 point, Certainly True = 2 points. Attention : l’échelle prosociale n’est JAMAIS inversée et ne s’additionne JAMAIS au Score Total de Difficultés.
- Calcul des scores synthétiques :
- Score de symptômes émotionnels : Somme des items 3, 8, 13, 16, 24 (Étendue : 0 à 10).
- Score de problèmes de comportement : Somme des items 5, 7, 12, 18, 22 (Étendue : 0 à 10).
- Score d’hyperactivité/inattention : Somme des items 2, 10, 15, 21, 25 (Étendue : 0 à 10).
- Score de problèmes avec les pairs : Somme des items 6, 11, 14, 19, 23 (Étendue : 0 à 10).
- Score de comportement prosocial : Somme des items 1, 4, 9, 17, 20 (Étendue : 0 à 10).
- Score Total de Difficultés (Total Difficulties Score) : Somme des 4 échelles de difficultés (Émotionnel + Conduite + Hyperactivité + Pairs). Score total variant de 0 à 40.
- Cotation du supplément d’impact :
- La détresse ressentie (« Not at all » = 0, « Only a little » = 0, « A medium amount » = 1, « A great deal » = 2).
- Les 4 sphères de retentissement fonctionnel (Maison, Amitiés, Apprentissages, Loisirs) : cotées de façon identique (« Not at all » = 0, « Only a little » = 0, « A medium amount » = 1, « A great deal » = 2).
- Le fardeau familial n’est pas inclus dans le score d’impact de l’enfant mais analysé comme variable contextuelle autonome.
- Score d’impact total : somme des 5 items cotés (Étendue : 0 à 10).
- Seuils de classification clinique (Normes britanniques et internationales) :
- Score Total de Difficultés : 0-13 = Proche de la moyenne (Normal) ; 14-16 = Légèrement élevé (Borderline) ; 17-40 = Élevé ou très élevé (Anormal / Clinique).
- Score Prosocial : 8-10 = Normal ; 7 = Légèrement bas (Borderline) ; 0-6 = Très bas (Clinique).
- Score d’Impact : 0 = Normal ; 1 = Borderline ; 2 à 10 = Cliniquement significatif.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception initiale : 1997 (publication princeps du Research Note par Robert Goodman). Le supplément d’impact a été officialisé en 1999.
- Statut du Copyright : Détenu par Robert Goodman et Youthinmind Ltd.
- Politique de licence et tarification :
- Usage clinique et académique non commercial : Le SDQ est disponible gratuitement en accès libre pour les cliniciens individuels, les services hospitaliers publics, les écoles et les chercheurs non financés par des organismes commerciaux. Les formulaires papier peuvent être téléchargés sans frais sur le site officiel.
- Conditions strictes de gratuité : Le questionnaire doit être utilisé dans son format intégral sans altération des items, de l’ordre ou de la mise en page. Il est strictement interdit d’intégrer le SDQ dans un logiciel commercial propriétaire ou de le faire payer sans accord contractuel.
- Usage commercial ou informatique à grande échelle : Toute intégration dans un système d’information hospitalier commercial, une plateforme payante de télémédecine ou un essai clinique financé par l’industrie pharmaceutique nécessite l’obtention préalable d’une licence payante auprès de Youthinmind.
- Ressource officielle en ligne : L’ensemble des traductions officielles (validées dans plus de 85 langues) et les algorithmes de cotation automatisée sont accessibles sur www.sdqinfo.org.
12. Références / References
- Goodman, R. (1997). The Strengths and Difficulties Questionnaire: A research note. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 38(5), 581–586. https://doi.org/10.1111/j.1469-7610.1997.tb01545.x
- Goodman, R., Meltzer, H., & Bailey, V. (1998). The Strengths and Difficulties Questionnaire: A pilot study on the validity of the self-report version. European Child & Adolescent Psychiatry, 7(3), 125–130. https://doi.org/10.1007/s007870050057
- Goodman, R. (1999). The extended version of the Strengths and Difficulties Questionnaire as a guide to child psychiatric caseness and consequent burden. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 40(5), 791–799. https://doi.org/10.1111/1469-7610.00494
- Goodman, R. (2001). Psychometric properties of the strengths and difficulties questionnaire. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 40(11), 1337–1345. https://doi.org/10.1097/00004583-200111000-00015
- Goodman, R., Renfrew, D., & Mullick, M. (2000). Predicting type of psychiatric disorder from Strengths and Difficulties Questionnaire (SDQ) scores in child mental health clinics in London and Dhaka. European Child & Adolescent Psychiatry, 9(2), 129–134. https://doi.org/10.1007/s007870050008
- Goodman, A., Lamping, D. L., & Ploubidis, G. B. (2010). When to use broader internalising and externalising subscales instead of the hypothesised five subscales on the Strengths and Difficulties Questionnaire (SDQ): Data from British parents, teachers and children. Journal of Abnormal Child Psychology, 38(8), 1179–1191. https://doi.org/10.1007/s10802-010-9434-x
- Shojaei, T., Wazana, A., Pitrou, I., & Kovess, V. (2009). The Strengths and Difficulties Questionnaire: Validation study of the French version on a representative sample of preschool children. European Child & Adolescent Psychiatry, 18(4), 251–260. https://doi.org/10.1007/s00787-008-0724-y
- Stone, L. L., Otten, R., Engels, R. C., Vermulst, A. A., & Janssens, J. M. (2010). Psychometric properties of the parent and teacher versions of the strengths and difficulties questionnaire for 4- to 12-year-olds: A review. Clinical Child and Family Psychology Review, 13(3), 254–274. https://doi.org/10.1007/s10567-010-0071-2