Questionnaire sur les forces et les difficultés (SDQ) – auto-évaluation

Découvrez une analyse académique complète du Questionnaire sur les forces et les difficultés (SDQ) en version auto-évaluation : dimensions psychométriques, validité, fidélité et administration.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire sur les forces et les difficultés (Strengths and Difficulties Questionnaire, SDQ), développé initialement par le pédopsychiatre britannique Robert Goodman en 1997, puis adapté en version auto-rapportée (self-completion) en 1998 avec Howard Meltzer et Victor Bailey, constitue l’un des instruments de dépistage comportemental et émotionnel les plus largement utilisés à l’échelle internationale chez l’enfant et l’adolescent (âgés de 11 à 17 ans). Conçu comme une alternative moderne, concise et axée tant sur les compétences positives que sur les psychopathologies par rapport aux échelles classiques comme le Child Behavior Checklist (CBCL) ou le questionnaire de Rutter, le SDQ auto-administré comprend 25 items fondamentaux répartis de manière équilibrée sur cinq échelles distinctes de 5 items chacune : les symptômes émotionnels, les troubles des conduites, l’hyperactivité/inattention, les problèmes relationnels avec les pairs, et les comportements prosociaux.

Les 20 premiers items relevant des quatre sous-échelles de difficultés sont additionnés pour calculer un score total de difficultés (allant de 0 à 40), tandis que l’échelle de comportement prosocial (0 à 10) évalue les ressources relationnelles et l’empathie du jeune de manière autonome. Chaque item est évalué sur une échelle de Likert à trois points (« Not True » [Ce n’est pas vrai], « Somewhat True » [C’est un peu vrai], « Certainly True » [C’est tout à fait vrai]). En complément de ces 25 items, l’instrument propose un supplément d’impact (Impact Supplement) évaluant la chronicité perçue, la détresse ressentie par le jeune et la répercussion fonctionnelle des difficultés sur la vie quotidienne (milieu familial, amitiés, apprentissages scolaires et activités de loisirs).

Les propriétés psychométriques de la version auto-administrée du SDQ démontrent une consistance interne satisfaisante à robuste pour le score total (alpha de Cronbach généralement situé entre 0,78 et 0,84 selon les larges cohortes épidémiologiques) et acceptable pour les sous-échelles individuelles (coefficients alpha variant de 0,65 à 0,76). Les analyses factorielles confirmatoires appuient la validité de construit du modèle à cinq facteurs corrélés, tout en validant également, en population générale à faible risque, une structure de second ordre combinant les difficultés en macro-dimensions internalisées et externalisées. Présentant une excellente validité convergente avec les critères diagnostiques du DSM et de la CIM ainsi qu’avec les outils standardisés d’évaluation psychiatrique, le SDQ auto-rapporté est devenu un standard incontournable en épidémiologie psychiatrique, en milieu scolaire et en clinique infanto-juvénile.

2. Mots-clés / Keywords

SDQ, Strengths and Difficulties Questionnaire, auto-évaluation, adolescence, psychopathologie développementale, dépistage comportemental, symptômes émotionnels, hyperactivité, troubles des conduites, comportement prosocial, santé mentale des adolescents, psychométrie.

3. Auteurs / Authors

La version auto-administrée du SDQ a été élaborée et validée par une équipe de chercheurs britanniques de premier plan :

  • Robert Goodman, Ph.D., FRCPsych : Professeur émérite de pédopsychiatrie au Department of Child and Adolescent Psychiatry, Institute of Psychiatry, Psychology & Neuroscience (IoPPN), King’s College London, Royaume-Uni. Auteur principal et concepteur initial du SDQ. Contact académique via Youthinmind / SDQinfo (sdqinfo.com).
  • Howard Meltzer, Ph.D. (1944–2013) : Psychologue social et statisticien, anciennement affilié à l’Office for National Statistics (ONS) et professeur de santé mentale communautaire au Department of Health Sciences, University of Leicester, Royaume-Uni. Expert reconnu en enquêtes épidémiologiques nationales sur la santé mentale infanto-juvénile.
  • Victor Bailey, MRCPsych : Pédopsychiatre clinicien, consultant au sein des services de santé mentale infanto-juvénile (CAMHS) et chercheur associé à l’Institute of Psychiatry, King’s College London, Royaume-Uni.

4. Objectif / Purpose

Le Questionnaire sur les forces et les difficultés en version auto-administrée a été spécifiquement développé pour combler un manque méthodologique majeur dans l’évaluation psychologique et psychiatrique des jeunes âgés de 11 à 17 ans. Historiquement, l’évaluation des troubles comportementaux et émotionnels chez l’enfant reposait quasi exclusivement sur les déclarations hétéro-rapportées émanant des parents ou des enseignants (par exemple via le questionnaire de Rutter ou les échelles d’Achenbach). Or, les recherches en psychopathologie développementale ont formellement démontré que les informateurs adultes ont tendance à sous-estimer de manière substantielle la symptomatologie internalisée (anxiété, affects dépressifs, somatisations, sentiments de solitude), que les adolescents ressentent de manière intime sans nécessairement l’extérioriser par des conduites perturbatrices.

L’objectif fondamental du SDQ auto-rapporté est donc de fournir un instrument bref, non stigmatisant, convivial et standardisé, permettant à l’adolescent de verbaliser lui-même son vécu subjectif, ses difficultés quotidiennes mais également ses forces interpersonnelles. Contrairement aux inventaires traditionnels centrés exclusivement sur les déficits et les déviances comportementales, l’inclusion explicite de forces positives (comme les conduites d’entraide, le partage et l’empathie) modifie la dynamique de passation, favorise une meilleure alliance d’évaluation et prévient le biais de réactivité ou de rejet souvent provoqué par les questionnaires de dépistage psychiatrique chez les jeunes.

En pratique clinique, le SDQ auto-administré est utilisé dès la consultation initiale d’accueil au sein des centres médico-psychologiques (CMP), des maisons des adolescents ou des services de pédopsychiatrie ambulatoire. Il permet d’obtenir rapidement un profil individualisé des difficultés perçues, de croiser cette perspective avec celles des parents et des enseignants (principe de l’évaluation multi-informateurs) et de mesurer l’évolution clinique à la suite d’une psychothérapie ou d’un traitement pharmacologique. En recherche épidémiologique et en santé publique, la concision du SDQ (rempli en environ 5 à 10 minutes) en fait l’outil d’élection pour les enquêtes nationales de prévalence, les études de cohortes longitudinales et l’évaluation de programmes scolaires de promotion de la santé mentale et de prévention du harcèlement.

5. Construit psychologique / Construct

Le SDQ auto-évaluation opérationnalise la santé mentale infanto-juvénile non pas comme une entité unidimensionnelle, mais comme une constellation de comportements et d’affects regroupés en cinq dimensions corrélées de cinq items chacune, complétées par une mesure d’impact fonctionnel :

1. Symptômes émotionnels (Emotional Symptoms Subscale)

Cette dimension évalue l’anxiété générale, les affects dépressifs, l’inconfort social et les manifestations somatiques du stress chez l’adolescent. Les items explorent la présence récurrente de céphalées ou de maux de ventre inexpliqués (somatisation), la tendance à se faire beaucoup de soucis (ruminations anxieuses), le sentiment de tristesse, de déprime ou de larmes faciles, la peur excessive dans les situations nouvelles ou inhabituelles, ainsi que la présence de peurs invalidantes. Cette dimension reflète fidèlement la sphère internalisée des troubles de l’humeur et des troubles anxieux selon les classifications nosologiques contemporaines.

2. Troubles des conduites (Conduct Problems Subscale)

Cette sous-échelle cible les manifestations comportementales externalisées dirigées contre les règles sociales, l’autorité ou les pairs. Elle explore les accès de colère sévères et la perte de contrôle émotionnel, les comportements de désobéissance ou de rébellion face aux demandes des adultes, la propension à s’engager dans des bagarres physiques ou à contraindre autrui, les comportements de tromperie ou de mensonge, ainsi que les actes de délinquance mineure tels que le vol à la maison, à l’école ou à l’extérieur. Elle discrimine les conduites d’opposition avec provocation et les troubles des conduites débutants.

3. Hyperactivité et inattention (Hyperactivity/Inattention Subscale)

Cette échelle opérationnalise la triade clinique caractéristique du Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH). Les items mesurent l’agitation motrice (difficulté à rester assis tranquillement), la motricité fébrile (gigoter continuellement, remuer sur son siège), la distractibilité cognitive et les troubles de la concentration, l’impulsivité cognitive et motrice (agir sans réfléchir au préalable) et l’incapacité à maintenir l’effort pour mener à terme les tâches scolaires ou domestiques entamées.

4. Problèmes relationnels avec les pairs (Peer Relationship Problems Subscale)

Cette composante examine la qualité de l’intégration sociale et du réseau relationnel de l’adolescent. Les items sondent la tendance à l’isolement social ou à la solitude préférentielle par rapport au groupe d’âge, l’absence d’amis proches ou de confidents, le sentiment subjectif d’être mal aimé ou rejeté par les autres jeunes, l’exposition à des phénomènes de victimisation ou de harcèlement (bullying), ainsi qu’une proximité préférentielle paradoxale avec les adultes plutôt qu’avec les jeunes du même âge, indice fréquent d’atypie socio-émotionnelle.

5. Comportement prosocial (Prosocial Behaviour Subscale)

Contrairement aux échelles psychopathologiques traditionnelles purement déficitaires, cette sous-échelle isole les compétences positives interpersonnelles, l’empathie affective et les conduites altruistes. Elle interroge l’attention portée aux sentiments d’autrui, le comportement espontané de partage (ressources, nourriture, jeux), la serviabilité active envers une personne blessée ou contrariée, la gentillesse protectrice envers les enfants plus jeunes et la disposition naturelle à offrir son aide aux adultes et aux pairs. Cette dimension constitue un facteur de résilience protecteur essentiel.

Score total de difficultés et supplément d’impact

Le score total de difficultés est obtenu en additionnant les quatre dimensions problématiques (symptômes émotionnels + conduites + hyperactivité + pairs), générant une note globale sur 40. Le supplément d’impact vient enrichir cette évaluation dimensionnelle en quantifiant la charge globale (burden) : il mesure si le jeune a le sentiment d’avoir des difficultés, leur durée d’évolution (chronicité), la détresse émotionnelle générée, et le retentissement concret sur quatre domaines majeurs de sa vie (famille, amitiés, scolarité, loisirs), tout en interrogeant la gêne imposée à son entourage.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement du SDQ s’enracine au confluent de la psychopathologie développementale (Cicchetti, Sroufe), de la tradition dimensionnelle en épidémiologie psychiatrique initiée par Sir Michael Rutter et Thomas Achenbach, et des approches issues de la psychologie positive et du modèle des compétences psychosociales.

Au niveau nosographique, le SDQ s’articule directement avec les grands systèmes diagnostiques internationaux que sont le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV puis DSM-5 de l’American Psychiatric Association) et la Classification internationale des maladies (CIM-10 / CIM-11 de l’Organisation Mondiale de la Santé). Robert Goodman a conçu le questionnaire pour qu’il opérationnalise de manière parsimonieuse les entités nosologiques les plus prévalentes chez les jeunes : les troubles dépressifs et anxieux (échelle émotionnelle), le trouble des conduites et le trouble oppositionnel avec provocation (échelle des conduites), et le trouble hyperkinétique / TDAH (échelle d’hyperactivité-inattention).

Le modèle sous-jacent repose sur la distinction conceptuelle et empirique majeure établie par Thomas Achenbach entre deux grands spectres psychopathologiques d’ordre supérieur :

  • Le spectre internalisé (Internalising problems), qui regroupe les souffrances tournées vers l’intérieur du soi, caractérisées par l’inhibition, la dysphorie, l’anxiété et le repli social (sous-échelles émotionnelle et pairs du SDQ).
  • Le spectre externalisé (Externalising problems), caractérisé par la désinhibition comportementale, l’agressivité, l’impulsivité et le non-respect des conventions environnementales (sous-échelles de conduites et d’hyperactivité/inattention).

Sur le plan développemental, Goodman et ses collaborateurs ont également intégré la notion essentielle de détresse et d’altération fonctionnelle (functional impairment). En accord avec la théorie clinique moderne, la simple présence de symptômes comportementaux ou affectifs ne saurait définir à elle seule une pathologie psychiatrique caractérisée. La gravité clinique découle de l’interaction entre les symptômes et l’entrave qu’ils imposent aux trajectoires adaptatives du jeune dans son écosystème (système écologique de Bronfenbrenner). C’est pourquoi le cadre théorique du SDQ inclut obligatoirement la composante d’impact, conceptualisant la santé mentale comme un équilibre dynamique entre facteurs de risque (difficultés), compétences relationnelles adaptatives (prosocialité) et fonctionnement écologique global.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du SDQ auto-administré a fait l’objet d’investigations exhaustives dans de nombreux pays et contextes cliniques ou scolaires.

Validité de construit

La validité de construit du SDQ auto-rapporté a été initialement établie par Goodman, Meltzer et Bailey (1998) dans une étude pilote comparant des adolescents de la population générale britannique (n = 432) à des adolescents consultant dans des cliniques psychiatriques spécialisées (n = 117). Les adolescents de l’échantillon clinique ont obtenu des scores significativement plus élevés pour l’ensemble des dimensions de difficultés (p < 0,001) et un score prosocial significativement plus faible, attestant de la capacité de l’outil à refléter la sévérité psychopathologique théoriquement attendue.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente du SDQ auto-administré est particulièrement robuste lorsqu’il est confronté à des instruments diagnostiques standardisés plus exhaustifs :

  • Des corrélations élevées (r = 0,70 à 0,75) sont observées entre le score total de difficultés du SDQ et les scores totaux du Youth Self-Report (YSR) d’Achenbach.
  • La sous-échelle des symptômes émotionnels corrèle fortement (r > 0,68) avec des échelles spécifiques de dépression (comme le CDI de Kovacs) et d’anxiété (comme le RCMAS ou la MASC).
  • La sous-échelle d’hyperactivité/inattention présente une excellente convergence avec les échelles de Conners auto-rapportées et les critères diagnostiques du TDAH (r = 0,65 à 0,72).
  • La validité discriminante est étayée par des corrélations faibles à nulles (r < 0,15) entre l’échelle de comportement prosocial et les échelles de difficultés externalisées ou internalisées, prouvant qu’elle mesure un construit orthogonal bien différencié.

Validité prédictive et sensibilité au diagnostic clinique

Dans l’enquête épidémiologique nationale britannique portant sur plus de 4 000 jeunes (Goodman, 2001), les scores au SDQ auto-administré prédisaient avec une grande précision l’attribution d’un diagnostic psychiatrique formel (établi via des entretiens cliniques structurés de type DAWBA – Development and Well-Being Assessment). Les adolescents se situant au-dessus du 90e percentile au score total de difficultés avaient un risque relatif multiplié par 6 à 10 de présenter un trouble psychiatrique cliniquement avéré. De plus, la spécificité du SDQ auto-administré dépasse fréquemment 85 % à 90 % en milieu communautaire.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité psychométrique de la version auto-administrée du SDQ a été minutieusement évaluée à travers des mesures de consistance interne et de stabilité temporelle (test-retest).

Consistance interne

Dans les études de validation de référence portant sur des échantillons représentatifs d’adolescents (Goodman et al., 1998 ; Goodman, 2001 ; Goodman, Lamping & Ploubidis, 2010), les indices de consistance interne présentent les caractéristiques suivantes :

  • Score total de difficultés : Le coefficient alpha de Cronbach varie de 0,78 à 0,84, ce qui démontre une excellente homogénéité pour un instrument de dépistage bref de 20 items.
  • Symptômes émotionnels : alpha de Cronbach généralement mesuré entre 0,68 et 0,76.
  • Hyperactivité/inattention : alpha de Cronbach oscillant entre 0,66 et 0,73.
  • Troubles des conduites : alpha de Cronbach se situant entre 0,58 et 0,66. Ce coefficient légèrement plus modeste s’explique par la nature hétérogène des comportements antisociaux couverts en seulement cinq items (allant de la simple colère au vol qualifié).
  • Problèmes avec les pairs : alpha de Cronbach compris entre 0,55 et 0,63, reflétant également une diversité de situations interpersonnelles (isolement passif versus harcèlement actif).
  • Comportement prosocial : alpha de Cronbach se maintenant de manière stable entre 0,65 et 0,72.

Stabilité test-retest

La stabilité temporelle de la version auto-rapportée a été établie sur des intervalles variant de deux semaines à six mois. Dans l’étude pilote de Goodman, Meltzer et Bailey (1998), le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) ou de Spearman à un intervalle moyen de 4 à 6 semaines était de 0,72 pour le score total de difficultés, de 0,68 pour les symptômes émotionnels, de 0,74 pour l’hyperactivité et de 0,62 pour les conduites, attestant d’une bonne stabilité temporelle tout en demeurant sensible aux changements contextuels et aux interventions thérapeutiques.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle du SDQ auto-administré a fait l’objet de multiples travaux en analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) à travers diverses cultures linguistiques et contextes d’échantillonnage.

Structure à cinq facteurs corrélés

L’analyse factorielle confirmatoire menée par Goodman (2001) et répliquée à l’échelle internationale confirme que le modèle théorique à cinq facteurs fournit un ajustement statistique satisfaisant aux données empiriques des adolescents. Les indices d’ajustement couramment rapportés dans la littérature sont conformes aux critères psychométriques recommandés :

  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,90 à 0,93
  • Comparative Fit Index (CFI) > 0,91 à 0,94
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) compris entre 0,035 et 0,048
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) < 0,050

Les saturations factorielles standardisées (factor loadings) des items sur leur facteur théorique respectif sont généralement modérées à fortes, se situant majoritairement entre 0,45 et 0,75. Les items inversés (items 7, 11, 14, 21, 25) présentent parfois des saturations factorielles légèrement inférieures, un phénomène classique dans les auto-questionnaires administrés à des adolescents.

Modèle bifactoriel et structure de second ordre (Internalisé / Externalisé)

Dans une contribution méthodologique majeure, Goodman, Lamping et Ploubidis (2010) ont analysé la structure factorielle du SDQ auprès d’un échantillon épidémiologique représentatif britannique de plus de 18 000 jeunes. Leurs résultats ont mis en lumière une importante distinction pragmatique :

  • En population clinique : Le modèle à cinq sous-échelles individuelles offre la meilleure granularité diagnostique pour séparer spécifiquement les troubles attentionnels, oppositionnels, affectifs ou sociaux.
  • En population générale à faible risque : Les corrélations résiduelles élevées entre les problèmes de conduites et l’hyperactivité d’une part, et entre les symptômes émotionnels et les problèmes de pairs d’autre part, justifient l’utilisation d’une structure à trois facteurs d’ordre supérieur : une sous-échelle Internalisée (regroupant les 10 items d’émotions et de pairs), une sous-échelle Externalisée (regroupant les 10 items de conduites et d’hyperactivité) et la sous-échelle Prosociale (5 items). Cette alternative présente une consistance interne accrue (alpha > 0,75 pour l’internalisé et > 0,78 pour l’externalisé) et une adéquation factorielle optimale pour le dépistage de masse.

    10. Instrument de mesure / Instrument

    L’instrument se caractérise par une ergonomie soignée, optimisée pour une passation rapide et autonome par l’adolescent :

    • Type d’instrument : Questionnaire de dépistage psychologique et psychopathologique auto-administré (self-report screening inventory).
    • Population cible : Adolescents âgés de 11 à 17 ans (disponible également en versions hétéro-évaluées pour parents et enseignants de 2 à 17 ans).
    • Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes pour la totalité des items et du supplément d’impact.
    • Composition du test : 25 items de base complétés par un supplément d’impact optionnel mais fortement recommandé de 5 items principaux.
    • Échelle de réponse des 25 items : Échelle ordinale de Likert à 3 points :
      • Not True (Ce n’est pas vrai) = 0 point
      • Somewhat True (C’est un peu vrai) = 1 point
      • Certainly True (C’est tout à fait vrai) = 2 points
    • Inversion de cotation : Cinq items rédigés sous forme positive sont cotés de manière inversée (Not True = 2, Somewhat True = 1, Certainly True = 0) :
      • Item 7 (« I usually do as I am told »)
      • Item 11 (« I have one good friend or more »)
      • Item 14 (« Other people my age generally like me »)
      • Item 21 (« I think before I do things »)
      • Item 25 (« I finish the work I’m doing. My attention is good »)
    • Calcul des scores dimensionnels (de 0 à 10 chacun) :
      • Score de symptômes émotionnels : Somme des items 3, 8, 13, 16, 24
      • Score de troubles des conduites : Somme des items 5, 7*, 12, 18, 22 (*inversé)
      • Score d’hyperactivité/inattention : Somme des items 2, 10, 15, 21*, 25* (*inversés)
      • Score de problèmes relationnels avec les pairs : Somme des items 6, 11*, 14*, 19, 23 (*inversés)
      • Score de comportement prosocial : Somme des items 1, 4, 9, 17, 20
    • Score total de difficultés (Total Difficulties Score) : Calculé par la somme des quatre échelles problématiques (Émotionnel + Conduites + Hyperactivité + Pairs), s’étendant de 0 à 40 points. L’échelle prosociale n’est jamais intégrée dans le total des difficultés.
    • Cotation du supplément d’impact : Évalue l’interférence dans quatre domaines (maison, amis, apprentissages, loisirs) et la détresse personnelle sur une échelle : « Not at all » (0), « Only a little » (0), « A medium amount » (1), « A great deal » (2). Le score total d’impact varie ainsi de 0 à 10.

    11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

    • Année de publication initiale du SDQ auto-administré : 1998 (suite à la publication de la version parents/enseignants en 1997).
    • Détenteur des droits et copyright : © Robert Goodman / Youthinmind Ltd.
    • Tarification et accès : Le SDQ est un instrument sous licence gratuite pour une utilisation clinique non commerciale et pour la recherche académique. Les versions papier peuvent être téléchargées, imprimées et photocopiées sans frais directement depuis le site officiel SDQinfo.com.
    • Conditions d’utilisation et intégrité : L’instrument doit impérativement être utilisé dans sa formulation exacte, sans altération des items, sans suppression du logo ou des mentions de copyright. Toute intégration dans un logiciel commercial, une application payante ou une étude commanditée par l’industrie pharmaceutique nécessite l’obtention préalable d’une licence payante auprès de Youthinmind.
    • Disponibilité multilingue : Le questionnaire a fait l’objet de traductions officielles dans plus de 85 langues (dont le français), rigoureusement contrôlées par des protocoles de rétro-traduction (back-translation) disponibles sur le portail officiel de l’auteur.

    12. Références / References

    Les publications fondatrices et études psychométriques majeures relatives au SDQ sont recensées ci-dessous :

    • Goodman, R. (1997). The Strengths and Difficulties Questionnaire: A research note. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 38(5), 581–586. https://doi.org/10.1111/j.1469-7610.1997.tb01545.x
    • Goodman, R., Meltzer, H., & Bailey, V. (1998). The Strengths and Difficulties Questionnaire: A pilot study on the validity of the self-report version. European Child & Adolescent Psychiatry, 7(3), 125–130. https://doi.org/10.1007/s007870050057
    • Goodman, R. (1999). The extended version of the Strengths and Difficulties Questionnaire as a guide to child psychiatric caseness and consequent burden. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 40(5), 791–801. https://doi.org/10.1111/1469-7610.00494
    • Goodman, R. (2001). Psychometric properties of the strengths and difficulties questionnaire. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 40(11), 1337–1345. https://doi.org/10.1097/00004583-200111000-00015
    • Goodman, A., Lamping, D. L., & Ploubidis, G. B. (2010). When to use broader internalising and externalising subscales instead of the hypothesised five subscales on the Strengths and Difficulties Questionnaire (SDQ): Data from British parents, teachers and children. Journal of Abnormal Child Psychology, 38(8), 1179–1191. https://doi.org/10.1007/s10802-010-9434-x
    • Achenbach, T. M., & Rescorla, L. A. (2001). Manual for the ASEBA School-Age Forms & Profiles. University of Vermont, Research Center for Children, Youth, & Families. https://aseba.org/

    13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

    Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
    1

    I try to be nice to other people. I care about their feelings
    2

    I am restless‚ I cannot stay still for long
    3

    I get a lot of headaches‚ stomach-aches or sickness
    4

    I usually share with others‚ for example CD’s‚ games‚ food
    5

    I get very angry and often lose my temper
    6

    I would rather be alone than with people of my age
    7

    I usually do as I am told
    8

    I worry a lot
    9

    I am helpful if someone is hurt‚ upset or feeling ill
    10

    I am constantly fidgeting or squirming
    11

    I have one good friend or more
    12

    I fight a lot. I can make other people do what I want
    13

    I am often unhappy‚ depressed or tearful
    14

    Other people my age generally like me
    15

    I am easily distracted‚ I find it difficult to concentrate
    16

    I am nervous in new situations. I easily lose confidence
    17

    I am kind to younger children
    18

    I am often accused of lying or cheating
    19

    Other children or young people pick on me or bully me
    20

    I often offer to help others (parents‚ teachers‚ children)
    21

    I think before I do things
    22

    I take things that are not mine from home‚ school or elsewhere
    23

    I get along better with adults than with people my own age
    24

    I have many fears‚ I am easily scared
    25

    I finish the work I'm doing. My attention is good
    ★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Questionnaire sur les forces et les difficultés (SDQ) – auto-évaluation. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-forces-difficultes-sdq-auto-evaluation/
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les forces et les difficultés (SDQ) – auto-évaluation.” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-forces-difficultes-sdq-auto-evaluation/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les forces et les difficultés (SDQ) – auto-évaluation.” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-forces-difficultes-sdq-auto-evaluation/.