1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire d’évaluation des stresseurs professionnels (Workplace Stressors Assessment Questionnaire, WSAQ) est un instrument psychométrique développé par Mohammed H. Mahmood, Stephen Joel Coons, Mary C. Guy et Kenneth R. Pelletier en 2010. Conçu pour répondre aux impératifs de la santé au travail et de la psychologie organisationnelle moderne, le WSAQ propose une évaluation quantitative rigoureuse des facteurs de stress au travail auxquels sont exposés les salariés au sein de divers environnements professionnels. L’instrument est constitué de 22 items répartis au sein de six dimensions psychométriques distinctes mais interdépendantes : les Demandes (5 items), le Contrôle (6 items), le Soutien (3 items), le Rôle (2 items), les Relations interpersonnelles (2 items) et les Récompenses (4 items).
Les participants évaluent leur degré d’accord ou la fréquence de leur exposition sur une double modalité d’échelles de Likert en cinq points, variant de « tout à fait d’accord » (1) à « pas du tout d’accord » (5), et de « jamais » (1) à « toujours » (5). Les items orientés positivement font l’objet d’un codage inversé afin d’assurer une directionnalité cohérente du score global vers une quantification du fardeau psychosocial. Les propriétés psychométriques initiales de l’outil mettent en évidence une consistance interne exceptionnelle, attestée par un coefficient alpha de Cronbach global de 0,95 pour l’ensemble du questionnaire. Les sous-échelles individuelles démontrent également des coefficients de fiabilité robustes : 0,84 pour les Demandes, 0,86 pour le Contrôle, 0,77 pour le Soutien, 0,83 pour le Rôle, 0,74 pour les Relations et 0,86 pour les Récompenses.
En intégrant et en synthétisant les postulats fondamentaux des modèles théoriques dominants du stress au travail — notamment le modèle Demande-Contrôle-Soutien de Karasek, le modèle du Déséquilibre Effort-Récompense de Siegrist et les normes de gestion du Health and Safety Executive (HSE) britannique —, le WSAQ offre une mesure parcimonieuse, fiable et valide pour le diagnostic ergonomique, les audits organisationnels, la recherche épidémiologique et l’évaluation préventive de la santé mentale au travail.
2. Mots-clés / Keywords
Workplace Stressors Assessment Questionnaire, WSAQ, stress au travail, risques psychosociaux, santé organisationnelle, psychométrie du travail, modèle demande-contrôle, modèle effort-récompense, ergonomie cognitive, épuisement professionnel, consistance interne, validité factorielle.
3. Auteurs / Authors
Le Questionnaire d’évaluation des stresseurs professionnels a été conçu, développé et validé empiriquement par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs rattachés à des institutions académiques de premier plan dans le domaine des sciences pharmaceutiques, de l’économie de la santé et de la médecine du travail :
- Mohammed H. Mahmood, PhD : Chercheur associé au Center for Health Outcomes and Pharmacoeconomic Research (HOPE), College of Pharmacy, University of Arizona, Tucson, Arizona, États-Unis. Ses travaux portent principalement sur l’évaluation des résultats de santé au travail, la pharmacoéconomie et la modélisation des déterminants psychosociaux de la productivité.
- Stephen Joel Coons, PhD : Professeur émérite et directeur de recherche en évaluation des résultats rapportés par les patients (Patient-Reported Outcomes, PRO) ; anciennement directeur exécutif du Patient-Reported Outcome Consortium au Critical Path Institute, Tucson, Arizona. Expert reconnu à l’échelle internationale dans la méthodologie psychométrique et le développement d’échelles standardisées.
- Mary C. Guy, MS : Analyste statistique et méthodologiste en recherche sur les résultats de santé, rattachée au Center for Health Outcomes and Pharmacoeconomic Research, University of Arizona, Tucson, Arizona. Spécialisée dans la modélisation statistique avancée et la validation factorielle appliquée aux sciences comportementales.
- Kenneth R. Pelletier, PhD, MD : Professeur clinicien de médecine au Department of Medicine, University of California School of Medicine, San Francisco (UCSF) et University of Arizona College of Medicine. Auteur prolifique et autorité pionnière dans le domaine de la médecine préventive, du bien-être au travail (corporate wellness) et de la rentabilité médico-économique des programmes de promotion de la santé en entreprise.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du WSAQ est de fournir une mesure standardisée, psychométriquement robuste et facilement administrable des principaux stresseurs psychosociaux émanant de l’environnement de travail. Bien que la littérature scientifique ait documenté depuis plusieurs décennies l’impact délétère du stress chronique sur la santé physique (troubles cardiovasculaires, troubles musculosquelettiques) et psychologique (dépression, anxiété, burnout), les praticiens et les chercheurs étaient fréquemment confrontés à un dilemme méthodologique : utiliser des instruments exhaustifs mais extrêmement longs (engendrant fatigue et baisse de conformité des répondants) ou recourir à des instruments ultracourts mais manquant de profondeur dimensionnelle et de fidélité psychométrique.
Le WSAQ a été spécifiquement calibré pour combler cette lacune en opérationnalisant une approche intégrative. Il mesure six sources distinctes de friction psychosociale au travail afin de permettre :
- Le diagnostic étiologique organisationnel : L’identification précise des leviers dysfonctionnels au sein d’une organisation (par exemple, une charge de réunions excessive versus un flou sur les objectifs de rôle) plutôt que le recueil d’un score de stress global et indifférencié qui ne permet pas d’action corrective ciblée.
- La prévention primaire des risques psychosociaux : L’outil sert d’indicateur précoce d’alerte lors des audits de santé et sécurité au travail (SST). En identifiant les départements ou les strates hiérarchiques soumis à un déséquilibre critique entre demandes et ressources, il permet de mettre en place des interventions ergonomiques et structurelles avant l’apparition de pathologies cliniques.
- L’évaluation des interventions de santé au travail : Utilisé selon un protocole longitudinal pré- et post-intervention, le WSAQ permet d’évaluer scientifiquement l’efficacité de politiques managériales, de formations à la gestion des priorités ou de refontes de processus décisionnels.
- La recherche épidémiologique et pharmacoéconomique : L’échelle permet de modéliser avec précision l’impact des stresseurs professionnels sur des variables macroscopiques telles que le présentéisme, l’absentéisme pour cause de maladie, la perte de productivité globale et la rotation volontaire du personnel (turnover).
En contexte clinique et de médecine préventive, le questionnaire peut également être mobilisé par les psychologues du travail et les médecins du travail lors d’entretiens individuels pour objectiver l’exposition environnementale du travailleur, distinguant ainsi la part de souffrance liée aux vulnérabilités individuelles de celle attribuable aux contingences de l’organisation du travail.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par le WSAQ est multidimensionnel et reflète l’ensemble des transactions délétères entre l’individu et son cadre de travail organisationnel. Les auteurs ont structuré ce construit autour de six dimensions interconnectées :
1. Les Demandes (Demands)
La sous-échelle des Demandes évalue la surcharge quantitative de travail, les contraintes temporelles, ainsi que l’interférence conflictuelle entre le travail et la vie personnelle. Ce construit capture :
- L’inefficience organisationnelle induite par des sollicitations excessives et non productives (par exemple, la surabondance de réunions qui entrave l’accomplissement des missions premières).
- Le conflit travail-famille et le déversement négatif (negative spillover) des préoccupations professionnelles sur la sphère privée, caractérisé par l’incapacité psychologique à déconnecter et à récupérer sur le plan physiologique une fois à domicile.
- L’inadéquation entre le volume de travail exigé et les capacités de réalisation de haute qualité, plongeant l’employé dans un sentiment de compromis permanent sur la qualité de sa production.
- La présence d’injonctions contradictoires et d’exigences divergentes imposées par différents interlocuteurs ou procédures.
2. Le Contrôle (Control)
Cette dimension évalue l’autonomie décisionnelle, la latitude d’action et le pouvoir d’influence du travailleur sur l’exécution de ses tâches et les processus organisationnels. Elle englobe :
- La satisfaction perçue quant au degré de maîtrise exercé sur son propre travail.
- La clarté et l’assurance relatives à son niveau d’autorité formelle au sein de la structure.
- L’efficacité de la gouvernance décisionnelle (les personnes chargées des décisions possèdent-elles l’autorité réelle pour les concrétiser ?).
- Le pouvoir de participation directe aux choix stratégiques ou opérationnels impactant son quotidien.
- La liberté méthodologique dans le choix des modalités de réalisation du travail et la consultation préalable lors des transitions ou transformations organisationnelles.
3. Le Soutien (Support)
Le soutien psychosocial opérationnalisé dans le WSAQ prend en compte tant le soutien instrumental que le soutien émotionnel et technique émanant de l’environnement social immédiat :
- Le soutien horizontal des pairs (collègues) : disposition à s’entraider en cas de surcharge ponctuelle ou de tâches complexes.
- Le soutien vertical de la hiérarchie (superviseurs) : accessibilité, écoute et compétence d’aide du responsable direct face à des obstacles professionnels.
- Le retour d’information constructif (supportive feedback), facteur clé de régulation psychologique et de valorisation de la compétence technique.
4. Le Rôle (Role)
La dimension du Rôle mesure l’absence d’ambiguïté de rôle au sein de l’unité de travail. Elle examine :
- La clarté cognitive des buts et des objectifs opérationnels assignés au groupe de travail.
- La transparence et la délimitation précise des devoirs, prérogatives et responsabilités professionnelles individuelles. Une carence dans ce domaine constitue un facteur majeur d’anxiété de performance et d’insécurité psychologique.
5. Les Relations interpersonnelles (Relationships)
Cette sous-échelle s’intéresse au climat social et aux tensions relationnelles horizontales ou verticales au sein de l’équipe :
- La présence de conflits interpersonnels chroniques, de querelles intestines et de chicaneries (bickering) au sein du collectif.
- Le degré d’entrave causé par les incompatibilités de personnalité ou les relations hostiles sur la capacité individuelle à délivrer un travail d’excellence, traduisant une dégradation du capital relationnel de l’organisation.
6. Les Récompenses (Rewards)
Cette dimension s’ancre dans la théorie de la justice organisationnelle et de la reconnaissance symbolique et matérielle. Elle évalue :
- Le sentiment d’appréciation et d’estime porté à l’activité accomplie.
- La proportionnalité perçue entre les investissements personnels consentis et les rétributions reçues (justice distributive).
- Le respect interpersonnel témoigné tant par la communauté des pairs que par la ligne managériale supérieure.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement du WSAQ repose sur une armature théorique solide qui réalise la synthèse des trois modèles les plus influents de la psychologie de la santé au travail des quatre dernières décennies :
1. Le modèle Demande-Contrôle-Soutien de Karasek et Theorell
Formulé initialement par Robert Karasek (1979) puis enrichi par Töres Theorell (1990), le modèle Job Demand-Control (JDC) postule que le stress au travail (nommé job strain) n’est pas simplement fonction d’une charge de travail élevée, mais résulte d’une conjonction néfaste entre des exigences psychologiques fortes (demandes) et une faible latitude décisionnelle (contrôle). Lorsque ces conditions critiques sont réunies en l’absence d’un amortisseur relationnel (faible soutien social), le risque de morbidité cardiovasculaire et de détresse psychologique s’accroît de façon exponentielle (situation d’isolement-tension ou iso-strain).
Le WSAQ operacionalise directement ces trois concepts via ses sous-échelles Demands, Control et Support, permettant de capturer les configurations d’emplois passifs, actifs, tendus ou détendus décrits par la matrice de Karasek.
2. Le modèle du Déséquilibre Effort-Récompense de Siegrist
Développé par Johannes Siegrist (1996), le modèle Effort-Reward Imbalance (ERI) déplace la focale vers la réciprocité sociale et le principe de justice distributive. Selon Siegrist, une situation prolongée où les efforts fournis par l’employé (temps, énergie physique, implication cognitive et émotionnelle) sont élevés alors que les gratifications en retour (salaire, estime, opportunités de carrière, sécurité de l’emploi) sont perçues comme inadéquates déclenche des réactions physiologiques de stress aigu et chronique.
Le WSAQ intègre explicitement cette dialectique à travers sa sous-échelle Rewards, qui explore la reconnaissance perçue et le respect mérité de la part des collègues et de la hiérarchie en regard des efforts déployés.
3. Les Normes de gestion du Health and Safety Executive (HSE)
Au début des années 2000, le Health and Safety Executive britannique (Mackay et al., 2004) a défini un cadre de référence normatif en six dimensions majeures pour identifier les risques psychosociaux en milieu professionnel : les demandes, le contrôle, le soutien, le rôle, les relations et le changement. L’architecture du WSAQ s’inspire largement de cette typologie holistique en intégrant formellement les dimensions de clarté du Rôle et de qualité des Relations, deux sources majeures d’épuisement cognitif et d’usure morale souvent négligées par les versions classiques des questionnaires de Karasek et de Siegrist.
7. Validité / Validity
Les données psychométriques issues de l’étude de validation initiale menée par Mahmood et ses collaborateurs (2010) auprès d’échantillons diversifiés de salariés soutiennent fermement la validité de construit, la validité convergente et la validité discriminante du WSAQ :
Validité de contenu et d’apparence
La constitution initiale du pool d’items a fait l’objet d’une revue systématique d’experts en santé au travail, en psychométrie et en ergonomie comportementale. Chaque énoncé a été rigoureusement analysé afin d’éliminer les redondances linguistiques, les formulations ambiguës et les biais d’approbation. Les items sélectionnés reflètent sans ambiguïté les réalités concrètes et contemporaines du monde du travail, telles que l’inflation du temps passé en réunions et les interférences technologiques sur le repos au domicile.
Validité convergente et concourante
La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives entre les scores du WSAQ et plusieurs critères cliniques et comportementaux standardisés :
- Les scores élevés aux dimensions de stress (Demandes, Conflits relationnels) et les scores faibles aux dimensions protectrices (Contrôle, Soutien, Récompenses) présentent des corrélations positives modérées à fortes (r variant typiquement de 0,45 à 0,65, p < 0,001) avec les échelles d’épuisement émotionnel (mesurées par exemple via le Maslach Burnout Inventory ou le Copenhagen Burnout Inventory).
- Une corrélation inverse substantielle a été établie avec l’indice de santé générale (GHQ-12) et l’auto-évaluation de la santé physique (SF-12 / SF-36).
- Le WSAQ montre une corrélation robuste avec les mesures de présentéisme (Work Limitations Questionnaire) et les déclarations d’arrêts maladie, confirmant que des scores défavorables au questionnaire sont prédictifs d’une perte d’efficacité fonctionnelle et de morbidité déclarée.
Validité discriminante
Les analyses corrélationnelles et les matrices multi-traits multi-méthodes confirment que les six sous-échelles mesurent des entités empiriquement distinctes. Bien que modérément corrélées entre elles (les corrélations inter-facteurs se situant principalement entre 0,25 et 0,55), aucune des sous-échelles ne présente de colinéarité excessive susceptible d’indiquer une redondance de mesure. De plus, le WSAQ discrimine nettement les profils de stress au sein de différentes catégories socioprofessionnelles (cadres versus ouvriers versus employés de service).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité du WSAQ a été évaluée au moyen de multiples indicateurs statistiques dans le travail princeps de Mahmood et al. (2010) :
Consistance interne
La consistance interne a été documentée via le calcul des coefficients de Cronbach pour chaque dimension ainsi que pour le score total composite :
- Demandes (Demands) : α = 0,84 (5 items). Indique une excellente cohérence dans la mesure de la surcharge de travail et de l’interférence vie pro-vie perso.
- Contrôle (Control) : α = 0,86 (6 items). Témoigne d’une grande stabilité interne de l’estimation de l’autonomie et de la prise de décision.
- Soutien (Support) : α = 0,77 (3 items). Démontre une consistance adéquate malgré le nombre restreint d’items.
- Rôle (Role) : α = 0,83 (2 items). Révèle une forte corrélation inter-items (r > 0,70) pour la clarté des objectifs et responsabilités.
- Relations (Relationships) : α = 0,74 (2 items). Fiabilité très satisfaisante pour une échelle à deux items capturant les frictions interpersonnelles.
- Récompenses (Rewards) : α = 0,86 (4 items). Confirme l’excellente homogénéité des mesures de justice et de respect perçus.
- Score Total (Total Scale) : α = 0,95 (22 items). Démontre une consistance interne globale exceptionnelle de l’instrument en tant que métrique globale de charge psychosociale.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Dans les sous-groupes examinés sur des intervalles stables de deux à quatre semaines en l’absence de modifications structurelles de l’environnement de travail, les coefficients de corrélation intra-classe (CCI) pour les sous-échelles dépassent 0,75, confirmant que le WSAQ capture des états d’exposition environnementale relativement stables et non de simples fluctuations d’humeur transitoires.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle du WSAQ a été vérifiée par une combinaison d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) lors de ses phases d’élaboration et de validation empirique :
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Lors des phases initiales d’analyse sur l’échantillon de dérivation, une analyse en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin direct, en raison des interrelations théoriques attendues entre les stresseurs) a été exécutée. L’examen du graphique d’éboulis des valeurs propres (scree plot de Cattell) et le critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1,0) ont clairement corroboré la solution à six facteurs.
Tous les items présentaient des saturations factorielles primaires élevées sur leur facteur assigné (saturations oscillant majoritairement entre 0,60 et 0,88) avec des saturations croisées (cross-loadings) négligeables (inférieures à 0,30), confirmant l’attribution univoque de chaque énoncé à son construit théorique cible.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Une modélisation par équations structurelles a été déployée pour comparer la structure à six facteurs corrélés à d’autres modèles alternatifs concurrents (notamment un modèle unidimensionnel à un seul facteur et un modèle orthogonal à six facteurs non corrélés). Le modèle théorique à six facteurs corrélés a démontré des indices d’ajustement nettement supérieurs et conformes aux critères méthodologiques les plus rigoureux :
- χ²/ddl : ratio généralement inférieur à 2,5, indiquant un bon ajustement global.
- CFI (Comparative Fit Index) : > 0,93, témoignant d’une excellente spécification du modèle par rapport au modèle d’indépendance.
- TLI (Tucker-Lewis Index) : > 0,92, confirmant la parcimonie et la robustesse de l’architecture.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : < 0,06 (avec un intervalle de confiance à 90 % serré), attestant d’une faible erreur d’approximation résiduelle dans la population.
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : < 0,05, indiquant que les matrices de covariance observées et prédites sont hautement convergentes.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le WSAQ est un inventaire auto-administré (disponible sur support papier ou sous format numérique informatisé) composé de 22 propositions rédigées à la première personne du singulier.
Caractéristiques techniques
- Nature de l’outil : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation environnementale et perceptive.
- Nombre d’items : 22 items au total.
- Durée d’administration : Environ 5 à 8 minutes, ce qui le rend particulièrement adapté aux enquêtes en entreprise à grande échelle où le temps alloué est contraint.
- Échelles de réponse : Selon les items, l’échelle utilise une réponse de type Likert en 5 points évaluant :
- Le niveau d’accord : de 1 (« Tout à fait d’accord » / Agree) à 5 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree).
- La fréquence perçue : de 1 (« Jamais » / Never) à 5 (« Toujours » / Always).
Modalités de cotation et calcul des scores
- Items inversés : Quatorze items sont formulés de manière positive et portent l’indication d’inversion « (r) ». Il s’agit de la totalité des items composant les sous-échelles Contrôle (6 items), Soutien (3 items), Rôle (2 items) et Récompenses (4 items). Ces items doivent être recodés (score inversé = 6 – score initial) avant toute agrégation statistique, de sorte qu’une valeur numérique plus élevée reflète toujours un niveau de risque ou de stresseur plus prononcé.
- Calcul des sous-échelles : Pour chaque dimension, on calcule soit la somme brute, soit la moyenne arithmétique des items composants (après recodage des items inversés). L’utilisation de moyennes (sur une échelle continue de 1 à 5) est préconisée pour faciliter les comparaisons inter-échelles :
- Score de Demandes (5 items)
- Score de Contrôle (6 items, inversés)
- Score de Soutien (3 items, inversés)
- Score de Rôle (2 items, inversés)
- Score de Relations (2 items)
- Score de Récompenses (4 items, inversés)
- Score Global : Le score composite total est obtenu par la somme ou la moyenne de l’ensemble des 22 items recodés, offrant une métrique unidimensionnelle générale du niveau d’exposition au stress professionnel au sein de l’organisation.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
Année de publication princeps : 2010.
Cadre légal et droits de reproduction : Le Workplace Stressors Assessment Questionnaire (WSAQ) a été publié pour la première fois dans le Journal of Occupational and Environmental Medicine (JOEM), publication officielle de l’American College of Occupational and Environmental Medicine (ACOEM), édité par Wolters Kluwer Health, Inc. Les droits patrimoniaux de l’article scientifique et de son contenu d’origine sont régis par les conventions de l’éditeur.
Utilisation en recherche académique et non commerciale : L’instrument est fréquemment accessible et utilisable à des fins de recherche purement académique, d’études doctorales ou d’évaluation clinique non lucrative sous condition de citation explicite de l’article princeps de Mahmood et al. (2010). Aucune redevance n’est généralement demandée aux équipes universitaires pour l’application des 22 items dans des protocoles scientifiques à but non lucratif.
Utilisation commerciale, audits privés et plateformes en ligne : Toute intégration de l’outil dans des logiciels commerciaux de ressources humaines, des plateformes payantes d’évaluation du bien-être ou des prestations de conseil d’audit d’entreprise peut nécessiter une autorisation expresse ou l’acquisition d’une licence d’exploitation auprès des auteurs ou de Wolters Kluwer RightsLink. Il appartient à tout praticien d’effectuer les démarches nécessaires de vérification de licence avant tout déploiement commercial.
12. Références / References
- Bakker, A. B., & Demerouti, E. (2007). The Job Demands-Resources model: State of the art. Journal of Managerial Psychology, 22(3), 309–328. https://doi.org/10.1108/02683940710733641
- Karasek, R. A. (1979). Job demands, job decision latitude, and mental strain: Implications for job redesign. Administrative Science Quarterly, 24(2), 285–308. https://doi.org/10.2307/2392498
- Karasek, R., & Theorell, T. (1990). Healthy work: Stress, productivity, and the reconstruction of working life. Basic Books.
- Mackay, C. J., Cousins, R., Kelly, P. J., Lee, S., & McCaig, R. H. (2004). ‘Management Standards’ and work-related stress in the UK: Policy background and science. Work & Stress, 18(2), 91–112. https://doi.org/10.1080/02678370410001727474
- Mahmood, M. H., Coons, S. J., Guy, M. C., & Pelletier, K. R. (2010). Development and testing of the Workplace Stressors Assessment Questionnaire. Journal of Occupational and Environmental Medicine, 52(12), 1192–1200. https://doi.org/10.1097/JOM.0b013e3181fd27c3
- Siegrist, J. (1996). Adverse health effects of high-effort/low-reward conditions. Journal of Occupational Health Psychology, 1(1), 27–41. https://doi.org/10.1037/1076-8998.1.1.27
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions to respondents: Please indicate your level of agreement or the frequency of your experience for each of the following statements using the 5-point scale provided (1 = Agree / Always, to 5 = Strongly disagree / Never). Items marked with (r) are reverse-scored prior to calculating stress indices.
Demands
- The number of meetings I must attend interferes with my ability to get the job done.
- The demands of work negatively affect my personal relationships outside of work.
- It is difficult to unwind at home due to my preoccupations with my job.
- I have to do more work than I can do well.
- I find it difficult to do my job because of conflicting demands.
Control
- I am satisfied with the amount of control I have over my job. (r)
- I feel certain about how much authority I have in my job. (r)
- Individuals or teams responsible for making decisions have the appropriate authority to implement them. (r)
- I have the opportunity to take part in making decisions that affect me. (r)
- I have a choice in deciding how I do my work. (r)
- My colleagues and I are consulted about change. (r)
Support
- If the work gets difficult, my colleagues will help me. (r)
- I am given supportive feedback on the work I do. (r)
- I can rely on my supervisor to help me out with a work problem. (r)
Role
- I am clear about my work goals and objectives for my work group. (r)
- I am clear what my duties and responsibilities are at work. (r)
Relationships
- There is too much bickering in my work group.
- Personality conflicts or strained relationships interfere with my ability to get quality work done.
Rewards
- I feel that the work I do is appreciated. (r)
- I feel my efforts are rewarded the way they should. (r)
- I receive the respect I deserve from my colleagues. (r)
- I receive the respect I deserve from my supervisor(s). (r)