1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire des plaintes à quatre dimensions (en néerlandais : Vierdimensionale Klachtenlijst, ou 4DKL ; connu à l’échelle internationale sous l’appellation Four-Dimensional Symptom Questionnaire, 4DSQ) est un instrument psychométrique auto-administré conçu initialement en 1994 par le médecin généraliste et épidémiologiste néerlandais Berend Terluin. Composé de 50 items ordinaux, l’instrument a été spécifiquement développé pour les soins de santé primaires et la médecine du travail afin de pallier les limites des échelles psychiatriques traditionnelles, souvent inadaptées à la sémiologie ambulatoire. Le 4DKL permet de distinguer clairement la détresse psychologique non spécifique (distress), traduisant une réaction adaptative de tension ou de démoralisation face aux stresseurs de la vie quotidienne, de trois entités psychopathologiques distinctes : la dépression (syndrome dépressif caractérisé), l’anxiété (troubles paniques et phobiques) et la somatisation (expression corporelle de la souffrance psychologique et dysfonctionnement neurovégétatif).
Chaque item évalue la présence de symptômes au cours de la semaine écoulée à travers une échelle en 5 points, recodée de manière novatrice selon un système à trois niveaux (0, 1, 2) afin de neutraliser les biais de réponse et de mesurer la sévérité clinique plutôt que la simple fréquence anecdotique. Les propriétés psychométriques du 4DKL, étayées par l’analyse des échelles de Mokken, la théorie de réponse aux items (TRI) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC), démontrent une excellente cohérence interne (coefficients alpha de Cronbach s’échelonnant de 0,79 à 0,94 selon les dimensions) ainsi qu’une remarquable validité discriminante vis-à-vis des critères diagnostiques du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV et DSM-5). Utilisé dans les démarches de triage clinique, de détection précoce du burnout et de suivi longitudinal de la charge allostatique, le 4DKL constitue un outil de référence international pour prévenir la surmédicalisation des réponses normales au stress tout en identifiant avec acuité les troubles psychiatriques requérant une intervention ciblée.
2. Mots-clés / Keywords
Questionnaire des plaintes à quatre dimensions, 4DKL, 4DSQ, Berend Terluin, détresse psychologique, dépression, anxiété, somatisation, soins de santé primaires, psychométrie, analyse factorielle confirmatoire, théorie de réponse aux items, médecine du travail.
3. Auteurs / Authors
Le 4DKL a été conceptualisé et validé par Berend Terluin, médecin généraliste, chercheur et professeur agrégé au sein du Département de médecine générale et de médecine des personnes âgées (Department of General Practice and Elderly Care Medicine) de l’Amsterdam UMC, rattaché à la Vrije Universiteit Amsterdam (Pays-Bas). Ses travaux de recherche clinique portent principalement sur l’épidémiologie des troubles mentaux communs (Common Mental Disorders), l’évaluation des réactions d’adaptation, le burnout, l’incapacité de travail pour motifs psychologiques et le développement d’outils de mesure adaptés à la pratique de première ligne.
Au fil des décennies, le développement et la validation transculturelle de l’outil ont bénéficié de collaborations scientifiques majeures avec des psychométriciens et épidémiologistes de renom, notamment :
- Henk C. W. de Vet, professeur d’épidémiologie clinique et de clinimétrie à l’Amsterdam UMC, spécialiste de la validation d’instruments de mesure de santé.
- Corine M. Brouwers et Willem van Rhenen, chercheurs en santé au travail et ergonomie organisationnelle, ayant largement contribué à l’application du questionnaire dans les cohortes de travailleurs et à la validation des scores seuils pour le retour à l’emploi.
- Karin D. van der Klink, clinicienne spécialisée dans les interventions cognitivo-comportementales et la réhabilitation professionnelle précoce.
Pour tout renseignement institutionnel, les correspondances scientifiques sont dirigées vers le Department of General Practice and Elderly Care Medicine, Amsterdam Public Health Research Institute, Amsterdam UMC, Vrije Universiteit Amsterdam, Van der Boechorststraat 7, 1081 BT Amsterdam, Pays-Bas (Courriel institutionnel : [email protected]).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du 4DKL est de résoudre le dilemme diagnostique persistant auquel sont confrontés les praticiens de première ligne (médecins de famille, infirmiers de pratique avancée, psychologues de santé, médecins du travail) face aux patients exprimant des plaintes psychosociales hétérogènes. Dans les consultations ambulatoires, une proportion substantielle d’individus présente des états de souffrance psychique caractérisés par une fatigue intense, une irritabilité, des ruminations, des troubles mineurs du sommeil et des douleurs musculosquelettiques non spécifiques. Or, les instruments d’évaluation psychiatrique issus de la psychiatrie hospitalière ou académique (tels que l’inventaire de dépression de Beck ou l’échelle d’anxiété de Hamilton) tendent à surévaluer ces manifestations réactionnelles, conduisant fréquemment à une assimilation abusive du stress adaptatif à un trouble dépressif majeur ou à un trouble panique.
Le 4DKL poursuit ainsi une triple finalité clinique et épidémiologique :
- La différenciation diagnostique entre détresse adaptative et troubles psychiatriques spécifiques : L’outil isole la « détresse » (distress), comprise comme l’effort psychologique et physiologique direct déployé par l’individu pour faire face à des agents stresseurs, des entités sémiologiques que sont les troubles anxieux phobiques/paniques et les épisodes dépressifs majeurs. Cette distinction évite tant le sous-diagnostic des troubles mentaux graves que la surmédication (notamment par antidépresseurs ou anxiolytiques) des crises de vie et des états d’épuisement passagers.
- L’objectivation de la somatisation : En pratique générale, la souffrance psychique s’exprime très couramment par des plaintes somatiques fonctionnelles. Le 4DKL permet de quantifier précisément l’intensité des symptômes somatoformes et des manifestations neurovégétatives, offrant au clinicien une base chiffrée pour aborder les liens psychosomatiques avec le patient sans invalider son vécu corporel.
- L’orientation décisionnelle et le suivi en médecine du travail : Le questionnaire permet de grader le niveau de dysfonctionnement professionnel, d’évaluer le risque d’absentéisme de longue durée lié au syndrome de burnout ou aux troubles de l’adaptation, et de mesurer l’efficacité des interventions psychothérapeutiques ou organisationnelles par une passation séquentielle.
5. Construit psychologique / Construct
Le 4DKL repose sur un modèle multidimensionnel comprenant 50 items articulés autour de quatre construits cliniques et théoriques distincts, mutuellement corrélés mais conceptuellement autonomes :
1. La Détresse (Distress – 16 items)
La dimension de détresse constitue l’axe central du 4DKL. Elle mesure la réponse générale, non spécifique, de l’organisme et de la psyché face au stress psychosocial et à la surcharge allostatique. Ce construit englobe la sensation d’être submergé (« ne plus être capable de faire face »), la tension psychique continue, l’épuisement cognitif (« difficulté à penser clairement »), les fluctuations de l’humeur et la démoralisation secondaire. Contrairement à la dépression clinique, la détresse est une réaction proportionnelle aux stresseurs de l’environnement ; si le stresseur disparaît ou si les ressources d’adaptation augmentent, la détresse diminue rapidement. Un score élevé reflète un état de crise ou de pré-burnout qui entrave le fonctionnement sans pour autant signifier une structure psychopathologique autonome.
2. La Dépression (Depression – 6 items)
La sous-échelle de dépression du 4DKL a été volontairement épurée de ses symptômes végétatifs et de fatigue (qui se retrouvent dans les échelles de somatisation et de détresse) pour se concentrer exclusivement sur les symptômes cardinaux et spécifiques du trouble dépressif caractérisé au sens du DSM-5. Elle évalue l’anhédonie profonde (perte de la capacité d’éprouver du plaisir), la perte totale d’intérêt pour les activités, le sentiment de désespoir absolu, la dévalorisation de soi ou la culpabilité excessive, ainsi que les idéations suicidaires (« avoir souhaité être mort »). Cette sous-échelle présente un seuil d’activation clinique élevé : seuls les patients présentant une véritable pathologie thymique obtiennent des scores significatifs, éliminant ainsi les faux positifs induits par la simple tristesse réactionnelle.
3. L’Anxiété (Anxiety – 12 items)
Cette dimension évalue l’anxiété pathologique autonome, dissociée de la simple nervosité liée au stress. Elle cible spécifiquement les manifestations de l’angoisse paroxystique, les crises d’angoisse ou de panique, la peur phobique (agoraphobie, peur de sortir de chez soi, peur d’être seul) et les cognitions de catastrophe imminente (peur de devenir fou, peur de perdre le contrôle, peur de s’évanouir ou de souffrir d’une maladie létale). Les items de cette échelle explorent les mécanismes d’évitement et l’activation du système de peur conditionnée caractéristique des troubles anxieux structurés (trouble panique, trouble anxiété généralisée, anxiété sociale).
4. La Somatisation (Somatization – 16 items)
La somatisation capture l’expression somatosensorielle de la tension et de l’hyperréactivité du système nerveux autonome. Les items recouvrent un large éventail de symptômes physiques fonctionnels pour lesquels aucune étiologie organique univoque n’est immédiatement retrouvée : céphalées de tension, douleurs dorsales et cervicales, paresthésies des extrémités, sensations vertigineuses, palpitations, oppression thoracique, troubles gastro-intestinaux fonctionnels (nausées, douleurs gastriques, instabilité du transit) et épuisement physique global. Ce score reflète l’amplification somatosensorielle et la propension du patient à vivre et communiquer sa détresse émotionnelle par l’intermédiaire de métaphores corporelles.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le fondement théorique du 4DKL s’articule autour de la synthèse entre l’approche bioclinique du stress et les modèles structuraux de la psychopathologie affective contemporaine.
Le modèle du syndrome général d’adaptation et de la charge allostatique
L’échelle puise ses racines conceptuelles dans les travaux historiques de Hans Selye sur le syndrome général d’adaptation, enrichis par le concept de charge allostatique développé par Bruce McEwen. Selon ce modèle, l’exposition prolongée à des exigences environnementales excessives mobilise l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et le système nerveux autonome sympathique. Le 4DKL conceptualise la dimension Distress comme la manifestation phénoménologique de cette phase de résistance prolongée, où l’individu maintient un niveau de fonctionnement élevé au prix d’un épuisement neuro-affectif. Lorsque les mécanismes allostatiques sont débordés, la détresse peut servir de terreau à la décompensation vers une pathologie psychiatrique structurée ou un effondrement fonctionnel.
Le concept de démoralisation de Jerome Frank
Terluin s’est explicitement appuyé sur la notion de démoralisation théorisée par Jerome Frank (1973). La démoralisation est définie comme un sentiment d’impuissance, d’incompétence subjective et d’isolement survenant lorsqu’un individu prend conscience qu’il ne parvient plus à maîtriser les stresseurs de son existence. Dans le 4DKL, la détresse capture exactement cette dimension transdiagnostique : elle n’est pas une entité nosologique discrète, mais une condition universelle partagée par la plupart des personnes consultant en soins primaires.
Le modèle tripartite de Clark et Watson
Le 4DKL s’inscrit en continuité critique avec le modèle tripartite de l’anxiété et de la dépression élaboré par Lee Anna Clark et David Watson (1991). Ce modèle postule l’existence :
- D’un facteur général d’affectivité négative (détresse générale partagée) ;
- D’un facteur spécifique d’hyperactivation physiologique (spécifique à l’anxiété) ;
- D’un facteur spécifique de faible affectivité positive ou anhédonie (spécifique à la dépression).
Terluin a opérationnalisé cette architecture en démontrant que l’affectivité négative générale correspondait à l’axe Détresse, tandis que les manifestations somatiques de l’activation autonome devaient être traitées comme une dimension indépendante (Somatisation), distincte de l’hyperactivité phobique et cognitive (Anxiété) et de l’extinction du système de récompense (Dépression).
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du 4DKL a fait l’objet d’investigations approfondies à travers des cohortes cliniques de grande envergure en soins primaires, en santé au travail et en population générale.
Validité de construit et échelle non paramétrique de Mokken
Lors de la phase initiale de conception, la structure du 4DKL a été soumise à l’analyse d’échelle de Mokken (Mokken Scale Analysis, modèle non paramétrique de la théorie de réponse aux items). Les résultats ont confirmé que les quatre sous-échelles constituent des échelles cumulatives unidimensionnelles au sens de Loevinger, avec des coefficients d’homogénéité (H de Loevinger) systématiquement supérieurs à 0,40, témoignant d’une excellente hiérarchie des items : les items de détresse mesurent un continuum allant de la fatigue réactive à la sensation de perte de contrôle complète, tandis que l’échelle de dépression ne s’active qu’à partir de niveaux sévères de souffrance.
Validité convergente et concourante
La validité convergente a été démontrée par des corrélations fortes et cohérentes avec des instruments étalons internationaux :
- La sous-échelle Détresse présente une corrélation élevée avec le General Health Questionnaire (GHQ-12, $r = 0,75$ à $0,82$) et l’échelle de détresse psychologique de Kessler (K10).
- La sous-échelle Dépression montre une corrélation robuste avec l’inventaire de dépression de Beck (BDI-II, $r = 0,72$ à $0,78$) et le sous-score de dépression de la Symptom Checklist-90-R (SCL-90-R).
- La sous-échelle Anxiété corrèle fortement avec l’échelle d’anxiété de Hamilton (HAM-A) et le State-Trait Anxiety Inventory (STAI-Trait, $r = 0,68$ à $0,76$).
- La sous-échelle Somatisation présente des corrélations significatives avec l’échelle PHQ-15 (Patient Health Questionnaire-15, $r = 0,74$) et la sous-dimension de somatisation de la SCL-90-R.
Validité discriminante et diagnostique (Courbes ROC)
L’apport majeur du 4DKL réside dans sa capacité à discriminer les troubles psychiatriques caractérisés de la détresse adaptative. En utilisant les diagnostics structurés du Composite International Diagnostic Interview (CIDI) basé sur le DSM-IV comme gold standard, des études épidémiologiques menées sur plus de 2 000 patients de médecine générale ont révélé :
- Pour le diagnostic d’épisode dépressif majeur : la sous-échelle Dépression démontre une surface sous la courbe ROC (AUC) de 0,87 à 0,92, avec une spécificité supérieure à 90 % pour les scores seuils élevés ($ge 6$), évitant ainsi de qualifier faussement de dépressifs les patients en état de stress aigu.
- Pour les troubles anxieux (panique, agoraphobie, phobie sociale) : la sous-échelle Anxiété présente une AUC oscillant entre 0,83 et 0,89, discriminant nettement les états d’alerte situationnelle des perturbations phobiques fixes.
- Les études de fonctionnement différentiel des items (DIF) confirment que les items ne présentent pas de biais systématiques majeurs en fonction du genre, de l’âge ou du niveau d’éducation.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité du 4DKL a été documentée au sein de multiples contextes cliniques et professionnels.
Cohérence interne
Les indices de cohérence interne (mesurés par l’alpha de Cronbach et l’oméga de McDonald) atteignent d’excellents niveaux pour l’ensemble des sous-échelles dans les études de référence menées par Terluin et al. (2004, 2006) :
- Détresse (16 items) : $\alpha = 0,90$ à $0,94$ ;
- Dépression (6 items) : $\alpha = 0,82$ à $0,92$ ;
- Anxiété (12 items) : $\alpha = 0,79$ à $0,88$ ;
- Somatisation (16 items) : $\alpha = 0,80$ à $0,86$.
La valeur de l’alpha pour l’échelle de dépression est particulièrement remarquable compte tenu de son format court (seulement 6 items), attestant d’une très forte homogénéité conceptuelle sans redondance sémantique superflue.
Fidélité test-retest et stabilité temporelle
L’évaluation de la stabilité test-retest a été menée chez des sujets stables en milieu professionnel et en ambulatoire à un intervalle de 1 à 2 semaines. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) rapportés sont :
- Détresse : $\text{CCI} = 0,89$ à $0,92$ ;
- Dépression : $\text{CCI} = 0,84$ à $0,88$ ;
- Anxiété : $\text{CCI} = 0,82$ à $0,87$ ;
- Somatisation : $\text{CCI} = 0,85$ à $0,90$.
L’erreur standard de mesure (SEM) et la plus petite différence détectable (Smallest Detectable Change, SDC) ont été calculées pour permettre un suivi clinique individuel fiable : un changement de plus de 5 points sur l’échelle de Détresse ou de plus de 2 points sur l’échelle de Dépression traduit une véritable évolution clinique au seuil de confiance de 95 %.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle du 4DKL a été rigoureusement confirmée par de multiples analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Lors des premières phases de développement, l’analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) a mis en évidence quatre facteurs principaux correspondant sans ambiguïté aux quatre dimensions théoriques. Les facteurs expliquent ensemble plus de 52 % de la variance totale des scores. Les saturations factorielles des items sur leur dimension assignée dépassent généralement 0,50, tandis que les saturations croisées sur les autres facteurs restent très faibles (généralement inférieures à 0,25), corroborant l’indépendance fonctionnelle des concepts.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Dans les études de réplication à large échelle (notamment Terluin et al., 2006, 2016), plusieurs modèles concurrents ont été testés : un modèle unidimensionnel global de détresse psychologique, un modèle tridimensionnel (fusionnant détresse et dépression ou détresse et anxiété) et le modèle cible à 4 facteurs corrélés. Les indices d’ajustement soutiennent invariablement la supériorité du modèle à 4 facteurs :
- Chi-deux normé ($\chi^2 / ext{dl}$) : $< 3,0$ ;
- CFI (Comparative Fit Index) : $> 0,93$ ;
- TLI (Tucker-Lewis Index) : $> 0,92$ ;
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : $< 0,045$ (intervalle de confiance à 90 % : $0,042 – 0,048$) ;
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : $< 0,050$.
Des analyses d’invariance de mesure (multigroupes) ont établi une stricte invariance métrique et scalaire selon le sexe et l’âge, garantissant que les comparaisons épidémiologiques entre sous-groupes ne sont pas faussées par des propriétés d’items variables.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le 4DKL est un questionnaire structuré présentant des caractéristiques techniques spécifiques :
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique / Inventaire clinique de symptômes.
- Nombre total d’items : 50 items formulés de manière concise et directe.
- Période de référence : La semaine écoulée (« au cours de la semaine passée » / de afgelopen week).
- Échelle de réponse originale (5 points) :
- Nee (Non)
- Soms (Parfois)
- Regelmatig (Régulièrement)
- Vaak (Souvent)
- Heel vaak of voortdurend (Très souvent ou continuellement)
- Système de cotation psychométrique (0-1-2-2-2) :
Afin de limiter le bruit de mesure produit par des symptômes légers et occasionnels tout en évitant d’attribuer un poids excessif aux variations subjectives entre « souvent » et « continuellement », Berend Terluin a établi une règle de cotation spécifique :
- « Nee » (Non) = 0 point
- « Soms » (Parfois) = 1 point
- « Regelmatig » (Régulièrement) = 2 points
- « Vaak » (Souvent) = 2 points
- « Heel vaak of voortdurend » (Très souvent ou continuellement) = 2 points
- Composition des 4 sous-échelles et étendues des scores :
- Détresse : 16 items (Items 1 à 12, 17, 21, 23, 27) — Score total de 0 à 32.
- Dépression : 6 items (Items 25, 29, 30, 31, 32, 49) — Score total de 0 à 12.
- Anxiété : 12 items (Items 19, 24, 26, 28, 38, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48) — Score total de 0 à 24.
- Somatisation : 16 items (Items 13, 14, 15, 16, 18, 20, 22, 33, 34, 35, 36, 37, 39, 40, 41, 50) — Score total de 0 à 32.
- Seuils cliniques interprétatifs de référence :
- Détresse : 0-10 (faible/normal), 11-20 (modérément élevé, stress significatif), 21-32 (fortement élevé, risque d’épuisement/burnout sévère).
- Dépression : 0-2 (faible), 3-5 (modéré, symptomatologie dépressive suspecte), 6-12 (fortement élevé, très forte probabilité d’épisode dépressif majeur).
- Anxiété : 0-3 (faible), 4-10 (modéré, vigilance requise), 11-24 (fortement élevé, probabilité élevée de trouble anxieux caractérisé).
- Somatisation : 0-10 (faible), 11-20 (modérément élevé, somatisation réactionnelle), 21-32 (fortement élevé, trouble à symptomatologie somatique probable).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
Le 4DKL a été développé initialement en 1994 (version pilote), formalisé et standardisé aux Pays-Bas en 1996, puis diffusé à l’international dans sa version anglaise validée en 2006.
Conditions de licence et droits d’utilisation :
- L’instrument est protégé par le droit d’auteur (© Berend Terluin).
- Pour la pratique clinique individuelle, la médecine générale, la santé au travail non commerciale et la recherche académique non subventionnée par l’industrie, le questionnaire est accessible gratuitement (open access à visée clinique et de recherche).
- Toute intégration dans des logiciels médicaux commerciaux, des plateformes payantes d’évaluation des risques psychosociaux en entreprise ou des essais cliniques financés par l’industrie pharmaceutique nécessite une autorisation écrite préalable de l’auteur et peut donner lieu à des redevances de licence.
- Les demandes d’adaptation transculturelle ou d’utilisation en contexte de recherche à grande échelle doivent être soumises au concepteur via le département de recherche de l’Amsterdam UMC.
12. Références / References
- Frank, J. D. (1973). Persuasion and healing: A comparative study of psychotherapy (Rev. ed.). Johns Hopkins University Press.
- Terluin, B. (1994). De Vierdimensionale Klachtenlijst (4DKL): Een vragenlijst voor het meten van distress, depressie, angst en somatisatie [The Four-Dimensional Symptom Questionnaire (4DSQ): A questionnaire to measure distress, depression, anxiety and somatization]. Huisarts en Wetenschap, 37(9), 386-396.
- Terluin, B. (1996). De Vierdimensionale Klachtenlijst (4DKL): Handleiding [The Four-Dimensional Symptom Questionnaire (4DSQ): Manual]. Vrije Universiteit, Vakgroep Huisartsgeneeskunde.
- Terluin, B., van Marwijk, H. W., Adèr, H. J., & de Vet, H. C. (2004). The Four-Dimensional Symptom Questionnaire (4DSQ): Detecting depressive and anxiety disorders in general practice. BMC Family Practice, 5, Article 18. https://doi.org/10.1186/1471-2296-5-18
- Terluin, B., van Marwijk, H. W., Adèr, H. J., & de Vet, H. C. (2006). The Four-Dimensional Symptom Questionnaire (4DSQ): A validation study of a multidimensional self-report questionnaire, to assess distress, depression, anxiety and somatization in general practice. Family Practice, 23(1), 130-137. https://doi.org/10.1093/fampra/cmi086
- Terluin, B., Smits, N., Brouwers, E. P., & de Vet, H. C. (2016). The Four-Dimensional Symptom Questionnaire (4DSQ) in the general population: Scale morphology and norms. Quality of Life Research, 25(8), 2097-2106. https://doi.org/10.1007/s11136-016-1254-2
- Watson, D., & Clark, L. A. (1984). Negative affectivity: The disposition to experience aversive emotional states. Psychological Bulletin, 96(3), 465-490. https://doi.org/10.1037/0033-2909.96.3.465
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale: 5-punts schaal: nee (0 punten), soms (1 punt), regelmatig (2 punten), vaak (2 punten), heel vaak of voortdurend (2 punten)
- Heeft u de afgelopen week last gehad van duizeligheid of een licht gevoel in het hoofd?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van een slap gevoel in de benen?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van overmatig zweten?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van hartkloppingen?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van een brok in de keel of moeite met slikken?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van pijn in de maagstreek?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van buikpijn of een pijnlijk gevoel in de buik?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van wazig zien of vlekken voor de ogen?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van kortademigheid of benauwdheid?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van misselijkheid of maagklachten?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van pijn op de borst of rond het hart?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van een verlamd of lam gevoel in armen of benen?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van pijn in de nek?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van rugpijn?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van overmatige vermoeidheid?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van zware of pijnlijke spieren?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van hoofdpijn?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van tintelende vingers of tenen?
- Heeft u de afgelopen week het gevoel gehad dat u niets meer aankon?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van plotselinge opvliegers of koude rillingen?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van een opgejaagd gevoel vanbinnen?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van verstopping of diarree?
- Heeft u de afgelopen week moeite gehad om helder na te denken?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van slapeloosheid of slecht slapen?
- Heeft u de afgelopen week gedacht: ‘was ik maar dood’?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van beven of trillen?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van angst- of paniekaanvallen?
- Heeft u de afgelopen week last gehad van gespannen spieren?
- Heeft u de afgelopen week het gevoel gehad dat niets u meer interesseert?
- Heeft u de afgelopen week het gevoel gehad dat het leven geen zin meer heeft?
- Heeft u de afgelopen week gemerkt dat u nergens meer van kon genieten?
- Heeft u de afgelopen week zich somber of neerslachtig gevoeld?
- Had u de afgelopen week moeite om de dingen op een rijtje te zetten?
- Voelde u zich de afgelopen week snel geïrriteerd of geprikkeld?
- Zag u de afgelopen week erg op tegen de dagelijkse beslommeringen?
- Voelde u zich de afgelopen week lusteloos?
- Was u de afgelopen week snel emotioneel of van streek?
- Was u de afgelopen week bang om in paniek te raken?
- Voelde u zich de afgelopen week gespannen?
- Voelde u zich de afgelopen week angstig?
- Maakte u zich de afgelopen week overal zorgen over?
- Was u de afgelopen week bang om alleen te zijn?
- Voelde u zich de afgelopen week plotseling bang zonder duidelijke reden?
- Was u de afgelopen week bang om de controle over uzelf te verliezen?
- Was u de afgelopen week bang dat u een ernstige ziekte had?
- Was u de afgelopen week bang om flauw te vallen?
- Was u de afgelopen week bang om het huis uit te gaan?
- Was u de afgelopen week bang om gek te worden?
- Voelde u zich de afgelopen week waardeloos of schuldig?
- Voelde u zich de afgelopen week onrustig of rusteloos?