1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire de dépistage des événements de vie stressants — révisé (Stressful Life Events Screening Questionnaire—Revised, SLESQ-R), développé initialement par Lisa A. Goodman et ses collaborateurs (1998) puis affiné dans des travaux ultérieurs (Corcoran et al., 2000 ; Green et al., 2006), constitue un instrument d’auto-évaluation conçu pour mesurer l’exposition tout au long de la vie à des événements potentiellement traumatiques selon les critères diagnostiques du trouble de stress post-traumatique (TSPT). L’échelle se compose de 13 items cardinaux explorant un spectre complet d’adversités : pathologies médicales engageant le pronostic vital, accidents majeurs, vols à main armée ou agressions physiques, décès traumatiques de proches (accidents, homicides, suicides), agressions et abus sexuels durant l’enfance ou à l’âge adulte, maltraitance et violence physique intrafamiliale, violence psychologique répétée, menaces avec arme, présence en tant que témoin d’actes d’une extrême violence, et exposition à des contextes de guerre, de combat militaire ou d’autres situations provoquant un effroi intense et un sentiment profond d’impuissance.
Chaque item commence par une question dichotomique d’admissibilité (Oui / Non). En cas de réponse affirmative, des questions de suivi semi-structurées explorent l’âge lors de la première et de la dernière occurrence, la fréquence, la durée cumulée, la relation avec l’agresseur éventuel, la gravité des blessures physiques, ainsi que les composantes subjectives de terreur et de détresse (en adéquation avec le Critère A1 et A2 du DSM-IV). Les analyses psychométriques attestent d’une excellente fidélité test-retest (coefficients Kappa de Cohen variant généralement de 0,65 à 0,89 selon les catégories d’événements), d’une concordance élevée entre l’auto-questionnaire et les entretiens cliniques structurés (taux d’accord moyen de 76 % à 95 %), ainsi que d’une remarquable validité de construit et transculturelle. Le SLESQ-R s’impose ainsi comme un outil de référence standardisé pour l’épidémiologie psychiatrique, la recherche en victimologie et l’évaluation clinique initiale des populations exposées à des traumatismes multiples.
2. Mots-clés / Keywords
Événements de vie stressants, traumatisme psychologique, trouble de stress post-traumatique, SLESQ-R, psychométrie, maltraitance infantile, violence interpersonnelle, agression sexuelle, évaluation clinique, fidélité test-retest.
3. Auteurs / Authors
Le développement original du questionnaire et ses adaptations révisées sont le fruit de collaborations entre des spécialistes reconnus de la psychotraumatologie et de la psychologie clinique :
- Lisa A. Goodman, Ph.D. : Professeure au Département de psychologie du conseil, du développement et de l’éducation, Lynch School of Education and Human Development, Boston College, Chestnut Hill, Massachusetts, États-Unis. Spécialiste de la violence conjugale, des traumatismes interpersonnels et de la santé mentale communautaire.
- Carole B. Corcoran, Ph.D. : Chercheuse et clinicienne affiliée à l’Université de Mary Washington et collaboratrice au département de psychiatrie du Georgetown University Medical Center, Washington D.C., États-Unis.
- Kathryn Turner, M.A. : Chercheuse clinicienne, Department of Psychiatry, Georgetown University Medical Center, Washington D.C., États-Unis.
- Nicole P. Yuan, Ph.D., MPH : Professeure agrégée au Mel and Enid Zuckerman College of Public Health, University of Arizona, Tucson, Arizona, États-Unis. Experte en violences interpersonnelles et disparités de santé.
- Bonnie L. Green, Ph.D. : Professeure émérite au Département de psychiatrie, Georgetown University Medical Center, Washington D.C., États-Unis. Pionnière de l’évaluation standardisée des catastrophes, des traumatismes de guerre et de l’impact cumulatif de la victimisation.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du SLESQ-R est de fournir un instrument concis, rigoureux et standardisé pour répertorier l’ensemble des événements de vie traumatiques auxquels un individu a été confronté au cours de son existence. Dans la pratique clinique comme dans la recherche empirique, la quantification de l’histoire traumatique se heurtait historiquement à un dilemme méthodologique : d’une part, les entretiens cliniques approfondis (tels que la Clinician-Administered PTSD Scale – CAPS) offrent une précision contextuelle inégalée mais requièrent un temps d’administration et de formation considérable ; d’autre part, les inventaires auto-rapportés traditionnels présentaient souvent des formulations vagues, un manque de standardisation opérationnelle ou une incapacité à distinguer les événements bénins des situations engageant directement le pronostic vital ou l’intégrité physique.
Le SLESQ-R a été formulé pour combler cette lacune en opérationnalisant de manière explicite les définitions du Critère A du TSPT tel que défini par l’American Psychiatric Association (DSM-IV et adaptable au DSM-5). Il a pour but :
- En recherche épidémiologique et clinique : d’identifier la prévalence des différents types de traumatismes (accidents, violences physiques, agressions sexuelles, pertes traumatiques) et d’examiner les relations dose-réponse entre la poly-victimisation cumulative et l’apparition de troubles psychopathologiques ultérieurs (dépression majeure, anxiété généralisée, TSPT, troubles liés à l’usage de substances, somatisation).
- En pratique clinique et hospitalière : d’offrir un protocole de dépistage systématique (« triage ») permettant de dresser une cartographie longitudinale de l’exposition traumatique d’un patient. Cela permet aux praticiens de cibler l’événement index (le plus perturbant ou le plus invalidant) pour guider les protocoles thérapeutiques basés sur les données probantes (thérapies cognitivo-comportementales axées sur le trauma, EMDR, thérapie d’exposition prolongée).
- En victimologie et médecine légale : d’objectiver la chronologie des faits, la récurrence des violences subies, la nature des relations avec les agresseurs et les conséquences corporelles immédiates (hospitalisations, blessures physiques constatées).
La valeur ajoutée du SLESQ-R réside dans sa structure en entonnoir : chaque expérience n’est pas seulement codée par une variable binaire d’exposition, mais contextualisée par des sous-questions mesurant l’âge au moment de l’événement, la répétition (nombre d’occurrences et étendue temporelle), la gravité des blessures infligées, l’implication d’armes, et les caractéristiques relationnelles liant la victime à l’auteur des violences.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par le SLESQ-R est l’exposition cumulative aux événements de vie traumatiques et hautement stressants. Contrairement à de simples événements de vie négatifs (comme un divorce conflictuel, un licenciement ou un échec académique), les événements ciblés par le SLESQ-R impliquent une menace directe pour l’intégrité physique de soi ou d’autrui, une atteinte grave à l’intimité corporelle, ou un bouleversement violent de l’environnement relationnel proche.
Ce construit global s’articule autour de plusieurs dimensions et catégories cliniques distinctes :
1. Menaces directes pour la survie et intégrité physique impersonnelle
Cette dimension regroupe les événements où la vie de l’individu a été mise en péril sans intentionnalité interpersonnelle malveillante. Elle comprend :
- Les maladies potentiellement mortelles (Item 1) : affections aiguës ou chroniques nécessitant des interventions médicales lourdes et confrontant l’individu à l’imminence de sa propre mort.
- Les accidents graves (Item 2) : accidents de la circulation, catastrophes industrielles ou écroulements d’infrastructures ayant entraîné des blessures sévères, une hospitalisation d’au moins une nuit, ou le décès de tiers.
2. Violence interpersonnelle criminelle et agressions armées
Cette dimension mesure la confrontation avec des conduites prédatrices ou criminelles dans l’espace public ou privé :
- Vols avec violence ou agressions physiques caractérisées (Item 3) : recours à la force musculaire ou à des armes pour maîtriser, brutaliser ou dévaliser l’individu.
- Menaces explicites avec arme létale (Item 10) : situations où une arme à feu ou une arme blanche a été brandie contre la victime dans une intention intimidante ou coercitive, indépendamment d’un vol.
3. Deuil traumatique et rupture brutale d’attachement
L’Item 4 explore la disparition subite, violente et non naturelle de figures d’attachement primordiales (membres de la famille immédiate, conjoints/partenaires amoureux, amis intimes) décédés des suites d’un accident, d’un homicide ou d’un suicide, ainsi que les pertes périnatales vécues comme un traumatisme profond (fausses couches tardives ou traumatiques). Cette dimension touche aux théories de l’attachement et au deuil complexe persistant.
4. Violences et abus sexuels
Cette sphère examine deux niveaux de violation de l’autonomie sexuelle :
- Rapports sexuels imposés sous la contrainte physique ou par abus de faiblesse (Item 5) : rapports vaginaux, oraux ou anaux obtenus par la force brute, la contrainte physique ou lorsque la personne était incapable de consentir (état d’inconscience, sommeil profond, intoxication alcoolique ou médicamenteuse induite).
- Attouchements non consentis et tentatives d’agression sexuelle (Item 6) : contacts imposés avec les parties intimes, contrainte à toucher le corps d’autrui ou tentatives d’extorsion d’actes sexuels ne s’étant pas soldées par une pénétration complète.
5. Violences intrafamiliales et maltraitance développementale
Cette sous-échelle évalue les traumatismes relationnels précoces et continus :
- Maltraitance physique durant l’enfance (Item 7) : coups répétés, gifles violentes, passages à tabac infligés par des parents, tuteurs légaux ou membres de la famille, avec évaluation de l’usage d’objets (ceintures, poings).
- Violence conjugale et physique à l’âge adulte (Item 8) : brutalisation physique perpétrée par un partenaire intime, un membre de la famille ou une relation intime.
- Violence psychologique et dénigrement systématique (Item 9) : humiliation répétée, mise au rebut émotionnelle, moqueries et dévalorisation continue par des proches, mesurant ainsi le traumatisme émotionnel insidieux.
6. Témoignage d’actes de violence extrême et traumatismes de guerre
Les items 11 à 13 explorent le traumatisme par procuration ou direct : être témoin oculaire de meurtres, de blessures catastrophiques ou de viols (Item 11), vivre des situations de guerre ou de combat armé (Item 12), et toute autre expérience terrorisante associée à une impuissance absolue (Item 13).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement du SLESQ-R repose sur les fondements théoriques de la psychotraumatologie moderne, principalement articulés autour du modèle de réponse au stress de Mardi J. Horowitz (1976), des critères nosographiques du TSPT dans les classifications psychiatriques (DSM-III, DSM-IV et DSM-5) et de la Trauma Theory développée par Judith Lewis Herman (1992).
L’opérationnalisation du Critère A du TSPT
Dans la perspective du DSM-IV, un événement n’est formellement qualifié de traumatique que s’il satisfait une double condition : une confrontation objective à la mort, à une menace de mort, à des blessures graves ou à une menace pour l’intégrité physique de soi ou d’autrui (Critère A1), accompagnée d’une réponse subjective caractérisée par une peur intense, un sentiment d’impuissance ou d’horreur (Critère A2). Goodman et ses collègues (1998) ont conçu le SLESQ-R afin d’éviter l’écueil des formulations trop larges qui capturaient des stresseurs de la vie quotidienne sans gravité vitale, tout en s’assurant de ne pas omettre des formes de victimisation moins visibles mais dévastatrices, telles que les agressions facilitées par des substances ou les sévices psychologiques répétés au sein du foyer.
Le modèle de la victimisation cumulative et du traumatisme complexe
Le cadre conceptuel du SLESQ-R s’inscrit également dans les travaux sur le traumatisme complexe (Herman, 1992) et la poly-victimisation (Finkelhor et al., 2007). Les auteurs partent du postulat que les conséquences psychopathologiques ne résultent pas uniquement d’un événement isolé, mais de l’accumulation, de la chronologie et de l’enchevêtrement des événements vécus au cours des différentes étapes du développement. La distinction opérée entre les violences subies dans l’enfance (Item 7) et celles subies à l’âge adulte (Item 8), tout comme la mesure du caractère récurrent des agressions (nombre d’épisodes, durée étalée sur plusieurs années), permet de documenter les phénomènes de revictimisation et d’usure allostatique du système neurobiologique de réponse au stress (McEwen, 2000).
Considérations transculturelles et socio-démographiques
Dans leurs travaux complémentaires, Green et al. (2006) ont enrichi le cadre théorique en interrogeant la validité transculturelle du concept d’événement stressant. Les auteurs ont démontré que la perception du danger, la définition de la violence intrafamiliale et la propension à divulguer des traumatismes sexuels varient selon les contextes ethnoculturels et socio-économiques. Le SLESQ-R a ainsi été raffiné pour employer des descriptions comportementales directes, concrètes et dénuées de jargon psychologique ou moral (par exemple : « vous a frappé à plusieurs reprises avec le poing ou une ceinture » plutôt que « maltraitance »), garantissant une interprétation homogène à travers diverses communautés.
7. Validité / Validity
Les propriétés psychométriques relatives à la validité du SLESQ et de sa forme révisée ont fait l’objet de plusieurs investigations approfondies auprès d’échantillons universitaires, communautaires et de populations cliniques diversifiées (Goodman et al., 1998 ; Green et al., 2006).
Validité de construit et de contenu
La validité de contenu a été établie par un panel d’experts en psychotraumatologie qui ont jugé que les 13 items couvraient de manière exhaustive les catégories d’événements requises pour satisfaire le critère diagnostique du TSPT. La formulation comportementale explicite des questions prévient les interprétations subjectives équivoques. Par exemple, l’évaluation des agressions sexuelles (Items 5 et 6) ne repose pas sur le terme juridique de « viol », souvent mal interprété ou sous-rapporté par les victimes, mais sur la description factuelle des actes imposés.
Validité de convergence (Concordance avec les entretiens cliniques)
Dans l’étude princeps menée par Goodman et al. (1998) auprès d’étudiantes universitaires et de femmes en milieu communautaire, les réponses au SLESQ ont été comparées de façon directe avec des entretiens cliniques semi-structurés administrés en aveugle par des psychologues expérimentés. Les résultats indiquent :
- Un taux de concordance globale (accord observé) oscillant entre 76 % et 100 % selon les catégories d’événements.
- Pour les événements objectifs et majeurs (accidents graves, décès traumatiques de proches, menaces avec arme), la concordance atteignait des valeurs Kappa de Cohen supérieures à 0,75.
- Concernant les agressions physiques et sexuelles, le degré de concordance s’est maintenu à un niveau élevé (κ = 0,64 à 0,78), démontrant que le format d’auto-évaluation ne générait ni sur-déclaration fictive ni sous-déclaration majeure comparativement à une passation orale approfondie.
Validité prédictive et de critère
La validité de critère du SLESQ-R a été démontrée par sa capacité à prédire la sévérité des symptômes de stress post-traumatique, d’anxiété et de dépression. Des corrélations significatives positives ont été établies entre le score cumulatif d’exposition au SLESQ-R et :
- Les scores totaux à la Posttraumatic Stress Diagnostic Scale (PDS) et à la Trauma Symptom Checklist.
- Les scores d’évaluation clinique du TSPT mesurés par la CAPS (Green et al., 2006).
- Les dimensions d’altération de la santé générale, démontrant un effet dose-réponse : les individus cumulant un plus grand nombre d’événements traumatiques identifiés par le SLESQ-R présentent des niveaux de morbidité psychique et somatique significativement plus prononcés.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité d’un inventaire d’événements de vie traumatiques ne s’évalue pas classiquement par la cohérence interne (comme le coefficient Alpha de Cronbach), car les événements traumatiques ne constituent pas des indicateurs réflexifs d’un trait latent homogène (le fait d’avoir subi un accident de voiture n’augmente pas intrinsèquement la probabilité théorique d’avoir eu une maladie grave, bien qu’ils puissent coexister). L’indice psychométrique déterminant est donc la fidélité temporelle test-retest.
Fidélité test-retest
L’évaluation de la stabilité temporelle du SLESQ a été documentée par Goodman et ses collaborateurs (1998) sur un intervalle de deux semaines entre la passation initiale et la seconde passation. Les coefficients Kappa (κ) de Cohen ont démontré une stabilité remarquable pour l’ensemble des catégories d’événements :
- Maladie grave engageant le pronostic vital : κ = 0,81 (accord excellent).
- Accident grave : κ = 0,73.
- Décès traumatique d’un proche : κ = 0,85.
- Agression sexuelle avec pénétration forcée : κ = 0,89 (stabilité quasi parfaite).
- Attouchements et tentatives d’agression : κ = 0,68.
- Maltraitance physique infantile : κ = 0,77.
- Agressions physiques à l’âge adulte : κ = 0,72.
- Menaces avec arme : κ = 0,80.
- Témoignage d’actes d’extrême violence : κ = 0,65.
Le coefficient d’accord moyen pour l’ensemble des items atteignait 89 %, confirmant la haute fiabilité de l’instrument sur le plan de la remémoration rétrospective. Les questions de suivi relatives à l’âge de survenue et à la répétition présentaient également des corrélations intraclasses (ICC) très satisfaisantes, oscillant entre 0,70 et 0,85.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
D’un point de vue psychométrique, les questionnaires de dépistage d’événements de vie traumatiques relèvent de modèles de mesure causaux ou formatifs (formative measurement models) plutôt que de modèles d’indicateurs réflexifs. Dans cette structure, ce sont les événements qui causent ou composent le statut de victimisation de l’individu, et non un facteur latent unique sous-jacent qui causerait l’apparition des événements.
Cependant, des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ont été conduites sur de larges cohortes épidémiologiques pour examiner la structure de covariation et le regroupement empirique des formes de victimisation (Green et al., 2006) :
- Modèle à deux facteurs principaux : De nombreuses études mettent en évidence une dichotomie robuste entre :
-
- Facteur 1 : Traumatismes interpersonnels intentionnels / Victimisation relationnelle. Ce facteur regroupe les agressions sexuelles (Items 5 et 6), la maltraitance physique de l’enfance (Item 7), les violences physiques conjugales ou d’adultes (Item 8) et les abus émotionnels répétés (Item 9). Ce regroupement présente de fortes saturations factorielles (généralement comprises entre 0,55 et 0,78).
- Facteur 2 : Traumatismes impersonnels, accidentels et environnementaux. Ce facteur rassemble les accidents graves (Item 2), les maladies engageant le pronostic vital (Item 1), les expositions à des désastres, guerres ou situations de danger extrême (Item 12). Les saturations varient ici entre 0,48 et 0,72.
- Modèle trifactoriel étendu : Dans des échantillons communautaires multiculturels plus vastes, un troisième facteur indépendant émerge fréquemment :
-
- Facteur 3 : Violence criminelle armée et exposition en tant que témoin. Ce pôle associe les vols avec violence (Item 3), les menaces directes avec arme (Item 10) et le fait d’avoir été témoin de meurtres ou de violences létales (Item 11).
Ces structures factorielles soutiennent l’utilisation d’indices factoriels composites (traumatismes interpersonnels vs non interpersonnels) pour étudier les trajectoires psychopathologiques différentielles, la victimisation interpersonnelle étant systématiquement associée à une altération plus prononcée de l’attachement, à des mécanismes dissociatifs accrus et à un risque majoré de TSPT complexe.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le SLESQ-R se présente sous la forme d’un inventaire auto-administré sur support papier-crayon ou numérique, bien qu’il puisse également servir de guide pour un entretien clinique semi-directif :
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire de dépistage (screening) des événements traumatiques passés tout au long de la vie (lifetime exposure).
- Nombre d’items : 13 questions fondamentales numérotées de 1 à 13, chacune assortie de modules d’approfondissement contextuel.
- Format des réponses :
- Question préliminaire dichotomique systématique :
Non / Oui. - En cas de réponse affirmative (Oui), renseignement de variables quantitatives et qualitatives :
- Âge(s) de survenue : numérique libre (en années).
- Fréquence de survenue : catégories ordonnées (
1 fois,2-4 fois,5-10 fois,plus de 10 fois). - Durée cumulée en cas de répétition : échelons temporels (
6 mois ou moins,7 mois à 2 ans,plus de 2 ans mais moins de 5 ans,5 ans ou plus). - Lien de parenté / relation avec l’auteur (agresseur inconnu, parent, conjoint, etc.).
- Conséquences physiques : blessures corporelles subies, hospitalisation d’au moins une nuit (Oui / Non).
- Question préliminaire dichotomique systématique :
- Modalités de cotation :
- Score cumulatif global d’exposition (Event Count) : Somme des items recevant une réponse « Oui » (étendue de 0 à 13). Ce score reflète l’étendue de la poly-victimisation.
- Score de fréquence et de récurrence : Pondération tenant compte des répétitions d’événements.
- Identification de l’événement index : En fin de passation, le participant peut être invité à désigner l’événement qui continue de causer la plus grande souffrance morale actuelle.
- Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes en auto-administration ; 20 à 30 minutes en contexte d’entretien d’approfondissement clinique.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception originale : 1998 (publication initiale par Lisa A. Goodman et al. dans le Journal of Traumatic Stress) ; révisions et validations transculturelles approfondies publiées en 2000 et 2006.
- Statut des droits d’auteur : Domaine public académique / Usage libre pour la recherche clinique et la pratique sans but lucratif. L’instrument a été diffusé largement dans la littérature scientifique afin de promouvoir la standardisation de l’évaluation traumatique.
- Tarification et licence : Aucun coût d’acquisition de licence commerciale n’est requis pour les chercheurs universitaires ou les cliniciens du secteur public. La reproduction des items est autorisée sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources d’origine (Goodman et al., 1998 ; Green et al., 2006).
- Contact et documentation : Les formulaires d’évaluation originaux sont accessibles via les référentiels universitaires et bibliothèques de recherche psychologique (notamment au Boston College et au Georgetown University Medical Center).
12. Références / References
Les publications fondatrices et les études psychométriques de référence relatives au SLESQ-R incluent :
- Corcoran, C. B., Green, B. L., Goodman, L. A., & Krinsley, K. E. (2000). Conceptual and methodological issues in trauma history assessment. In A. Y. Shalev, R. Yehuda, & A. C. McFarlane (Eds.), International Handbook of Human Response to Trauma (pp. 223–232). Plenum Publishers. https://doi.org/10.1007/978-1-4615-4177-6_16
- Finkelhor, D., Ormrod, R. K., & Turner, H. A. (2007). Poly-victimization: A neglected component in child victimization. Child Abuse & Neglect, 31(1), 7–26. https://doi.org/10.1016/j.chiabu.2006.06.008
- Goodman, L. A., Corcoran, C., Turner, K., Yuan, N., & Green, B. L. (1998). Assessing traumatic event exposure: General issues and preliminary findings for the Stressful Life Events Screening Questionnaire. Journal of Traumatic Stress, 11(3), 521–542. https://doi.org/10.1023/A:1024456713321
- Green, B. L., Chung, J. Y., Daroowalla, A., Kaltman, S., & DeBenedictis, C. (2006). Evaluating the cultural validity of the Stressful Life Events Questionnaire. Violence Against Women, 12(12), 1191–1213. https://doi.org/10.1177/1077801206294125
- Herman, J. L. (1992). Trauma and recovery: The aftermath of violence—from domestic abuse to political terror. Basic Books.
- Horowitz, M. J. (1976). Stress response syndromes. Jason Aronson.
- McEwen, B. S. (2000). Allostasis and allostatic load: Implications for neuropsychopharmacology. Neuropsychopharmacology, 22(2), 108–124. https://doi.org/10.1016/S0893-133X(99)00129-3
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
-
Have you ever had a life-threatening illness?
No _____ Yes _____ If yes‚ at what age? __________
Duration of Illness _______________________
Describe specific illness ___________________________________________________ -
Were you ever in a life-threatening accident?
No _____ Yes _____ If yes‚ at what age? _________
Describe accident____________________________________________________________
Did anyone die? ____ Who? (Relationship to you)__________________________
What physical injuries did you receive? _____________________________________
Were you hospitalized overnight? No_____ Yes _____ -
Was physical force or a weapon ever used against you in a robbery or mugging?
No _____ Yes _____ If yes‚ at what age? _________
How many perpetrators?___________
Describe physical force (e.g.‚ restrained‚ shoved) or weapon used against you. ___________________________________________________
Did anyone die? ______ Who?__________________________________________________
What injuries did you receive? _____________________________________________
Was your life in danger? __________________________ -
Has an immediate family member‚ romantic partner‚ or very close friend died because of accident‚ homicide‚ or suicide?
No _____ Yes _____ If yes‚ how old were you? ______
How did this person die? ____________________________________________________
Relationship to person lost __________________________________________________
In the year before this person died‚ how often did you see/have contact with him/her? ____________________________
Have you had a miscarriage? No ______ Yes ______ If yes‚ at what age?___________ -
At any time‚ has anyone (parent‚ other family member‚ romantic partner‚ stranger or someone else) ever physically forced you to have intercourse‚ or to have oral or anal sex against your wishes‚ or when you were helpless‚ such as being asleep or intoxicated?
No _____ Yes _____ If yes‚ at what age? ________________
If yes‚ how many times? 1 _____‚ 2-4 _____‚ 5-10 _____‚ more than 10_____
If repeated‚ over what period? 6 mo. or less _____‚ 7 mos.-2 yrs. _____‚ more than 2 yrs. but less than 5 yrs. ______‚ 5 yrs. or more _________.
Who did this? (Specify stranger‚ parent‚ etc.) _____________________________
Has anyone else ever done this to you? No______ Yes______ -
Other than experiences mentioned in earlier questions‚ has anyone ever touched private parts of your body‚ made you touch their body‚ or tried to make you to have sex against your wishes?
No _____ Yes _____ If yes‚ at what age? ________________
If yes‚ how many times? 1 _____‚ 2-4 _____‚ 5-10 _____‚ more than 10_____
If repeated‚ over what period? 6 mo. or less _____‚ 7 mos.-2 yrs. _____‚ more than 2 yrs. but less than 5 yrs. ______‚ 5 yrs. or more _________.
Who did this? (Specify sibling‚ date‚ etc.) _____________________________
What age was this person? ____________
Has anyone else ever done this to you? No______ Yes______ -
When you were a child‚ did a parent‚ caregiver or other person ever slap you repeatedly‚ beat you‚ or otherwise attack or harm you?
No _____ Yes_____ If yes‚ at what age _________________
If yes‚ how many times? 1 _____‚ 2-4 _____‚ 5-10 _____‚ more than 10 _______
If repeated‚ over what period? 6 mo. or less _____ ‚ 7 mos.- 2 yrs. _____‚ more than 2 yrs. but less than 5 yrs _____‚ 5 yrs. or more _______.
Describe force used against you (e.g.‚ fist‚ belt) _________________________
Were you ever injured? ______ If yes‚ describe ____________________________
Who did this? (Relationship to you) _______________________________________
Has anyone else ever done this to you? No ________ Yes ________ -
As an adult‚ have you ever been kicked‚ beaten‚ slapped around or otherwise physically harmed by a romantic partner‚ date‚ family member‚ stranger‚ or someone else?
No _____ Yes _____ If yes‚ at what age? _________________
If yes‚ how many times? 1 _____‚ 2-4 _____‚ 5-10 _____‚ more than 10______
If repeated‚ over what period? 6 mo. or less _____‚ 7 mos.- 2 yrs. _____‚ more than 2 yrs. but less than 5 yrs. ______ ‚ 5 yrs. or more _______.
Describe force used against you (e.g.‚ fist‚ belt) __________________________
Were you ever injured?_______ If yes‚ describe_______________________________
Who did this? (Relationship to you) ___________
If sibling‚ what age was he/she_____________________
Has anyone else ever done this to you? No_______ Yes ______ -
Has a parent‚ romantic partner‚ or family member repeatedly ridiculed you‚ put you down‚ ignored you‚ or told you were no good?
No _____ Yes _____ If yes‚ at what age? _________________
If yes‚ how many times? 1 _____‚ 2-4 _____‚ 5-10 _____‚ more than 10______
If repeated‚ over what period? 6 mo. or less _____‚ 7 mos.- 2 yrs. _____‚ more than 2 yrs. but less than 5 yrs. ______ ‚ 5 yrs. or more _______.
Who did this? (Relationship to you) ___________
If sibling‚ what age was he/she_____________________
Has anyone else ever done this to you? No_______ Yes ______ -
Other than the experiences already covered‚ has anyone ever threatened you with a weapon like a knife or gun?
No _______ Yes ______ If yes‚ at what age? _________________
If yes‚ how many times? 1 _____ ‚ 2-4 _____ ‚ 5-10 _____‚ more than 10______
If repeated‚ over what period? 6 mo. or less _____‚ 7 mos.- 2 yrs. _____‚ more than 2 yrs. but less than 5 yrs. ______‚ 5 yrs. or more _______.
Describe nature of threat ____________________________________________________
Who did this? (Relationship to you) ___________________________________________
Has anyone else ever done this to you? No_____ Yes _____ -
Have you ever been present when another person was killed? Seriously injured? Sexually or physically assaulted?
No _____ Yes _____ If yes‚ at what age? _________________
Please describe what you witnessed __________________________________________
Was your own life in danger? _________________________________________________ -
Have you ever been in any other situation where you were seriously injured or your life was in danger (e.g.‚ involved in military combat or living in a war zone)?
No________ Yes_______
If yes‚ at what age? __________ Please describe. _______________________________ -
Have you ever been in any other situation that was extremely frightening or horrifying‚ or one in which you felt extremely helpless‚ that you haven’t reported?
No_____ Yes_____
If yes‚ at what age? _________ Please describe. ____________________________