Questionnaire de dépistage des événements de vie stressants — Révisé (SLESQ-R)

Le Questionnaire de dépistage des événements de vie stressants — Révisé (SLESQ-R) est un instrument psychométrique mesurant l’exposition cumulée aux événements potentiellement traumatiques au cours de la vie (critère A du DSM-IV). Présentation complète, cadre théorique, validité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire de dépistage des événements de vie stressants — Révisé (Stressful Life Events Screening Questionnaire—Revised, SLESQ-R ; Goodman et al., 1998) est un instrument psychométrique auto-rapporté ou hétéro-administré conçu pour évaluer de manière exhaustive l’exposition cumulée aux événements potentiellement traumatiques au cours de la vie entière. Développé initialement pour opérationnaliser le critère A du diagnostic de l’état de stress post-traumatique (ESPT / PTSD) selon les nomenclatures du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV), le SLESQ-R se compose de 13 items thématiques fondamentaux couvrant un large éventail d’expériences aversives : maladies engageant le pronostic vital, accidents majeurs, agressions physiques et armées, deuils traumatiques (homicides, suicides, accidents de proches), fausses couches, abus sexuels et viols, maltraitance infantile, violence conjugale et entre partenaires intimes, violences psychologiques répétées, menaces de mort avec arme, exposition en tant que témoin de violences extrêmes, traumatismes de guerre et événements non répertoriés d’horreur ou d’impuissance extrême.

Chaque question filtre dichotomique (Oui / Non) est assortie de sondages cliniques approfondis documentant l’âge de survenue, la fréquence des épisodes, la durée de l’exposition chronique, la nature des blessures subies, l’implication d’une hospitalisation et la relation entretenue avec l’agresseur. D’un point de vue psychométrique, le SLESQ-R ne suit pas un modèle de mesure réflexif classique (rendant les indices de consistance interne comme l’alpha de Cronbach conceptuellement inadaptés), mais constitue un indice cumulatif formatif. Ses qualités métrologiques sont appuyées par une excellente stabilité temporelle test-retest (coefficients kappa de Cohen médians oscillant généralement entre 0,73 et 0,89 selon les catégories d’événements) et une solide validité convergente attestée par des corrélations robustes avec la sévérité des symptômes post-traumatiques, la détresse psychologique globale, la dépression majeure et les antécédents d’hospitalisation psychiatrique. Cet instrument s’impose comme une référence méthodologique tant en recherche clinique épidémiologique que dans l’évaluation psychologique standardisée des populations vulnérables.

2. Mots-clés / Keywords

Événements de vie stressants, traumatisme psychologique, état de stress post-traumatique, dépistage du traumatisme, violences interpersonnelles, maltraitance infantile, violence conjugale, psychométrie clinique, échelle formative, fidélité test-retest.

3. Auteurs / Authors

Le Stressful Life Events Screening Questionnaire et sa version révisée (SLESQ-R) ont été conceptualisés et validés par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés en psychologie clinique, en victimologie et en santé mentale des populations exposées aux traumatismes :

  • Lisa A. Goodman, Ph.D. — Professeure émérite au Département de psychologie du conseil, du développement et de l’éducation du Boston College (Chestnut Hill, Massachusetts, États-Unis). Ses travaux portent sur les violences interpersonnelles, la victimisation des femmes et l’intersectionnalité entre justice sociale et traumatisme. Courriel académique institutionnel : [email protected].
  • Carole B. Corcoran, Ph.D. — Chercheuse et clinicienne affiliée à l’Université de Georgetown et au Centre national pour le SSPT (National Center for PTSD), spécialisée dans l’évaluation empirique des trajectoires d’exposition aversive.
  • Kathy Turner, M.A. — Collaboratrice de recherche, Département de psychiatrie, Georgetown University Medical Center, Washington D.C., États-Unis.
  • Nicole P. Yuan, Ph.D., MPH — Professeure associée au Mel and Enid Zuckerman College of Public Health de l’Université de l’Arizona, experte des disparités de santé et de l’impact des traumatismes historiques et communautaires.
  • Bonnie L. Green, Ph.D. — Professeure émérite de psychiatrie au Georgetown University Medical Center, figure majeure de la recherche internationale sur la mesure des désastres, du viol et des traumatismes de guerre.

4. Objectif / Purpose

Le SLESQ-R a été conçu pour combler un vide méthodologique critique dans l’évaluation de l’histoire traumatique. Avant l’émergence de cet outil, la littérature souffrait d’une dichotomie préjudiciable : d’un côté, des entretiens cliniques approfondis mais extrêmement chronophages (comme la Clinician-Administered PTSD Scale – CAPS), difficilement généralisables aux grandes cohortes épidémiologiques ; de l’autre, des listes de contrôle ultra-brèves souvent imprécises, incapables de contextualiser l’exposition ou d’éliminer les faux positifs induits par une mauvaise compréhension subjective des répondants.

L’objectif fondamental du SLESQ-R est de fournir un instrument standardisé, efficient et complet, permettant d’identifier à la fois la survenue objective d’événements catastrophiques (conformément au critère A.1 du DSM-IV et aux critères du DSM-5) et les paramètres paramétriques essentiels de cette exposition. Plus précisément, l’outil vise à :

  • Différencier l’exposition directe, le témoignage et la notification : Il distingue précisément les situations où la personne a été elle-même en danger de mort ou agressée de celles où elle a été témoin d’actes violents ou a appris la disparition brutale d’un proche.
  • Quantifier la chronométrie et la récurrence : Pour les formes de victimisation interpersonnelle (viols, agressions sexuelles, violences domestiques, maltraitance infantile), l’outil quantifie le nombre d’occurrences et l’étendue temporelle (d’un épisode isolé à une exposition étalée sur plus de cinq ans).
  • Caractériser le contexte relationnel de l’agression : Identifier si l’auteur de l’acte était un parent, un conjoint, une connaissance ou un étranger, un facteur prédictif déterminant dans l’émergence des traumatismes complexes et des troubles de l’attachement.

Dans la pratique clinique, le SLESQ-R sert d’outil d’anamnèse structuré guidant le plan thérapeutique en désensibilisation (EMDR, thérapies cognitivo-comportementales axées sur le trauma). En épidémiologie et en psychopathologie quantitative, il permet d’étudier la charge allostatique et les mécanismes de vulnérabilité cumulative aux comorbidités psychiatriques (trouble dépressif caractérisé, abus de substances psychoactives, somatisation chronique).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par le SLESQ-R est l’exposition traumatique cumulée au cours de la vie (lifetime cumulative trauma exposure). Contrairement aux échelles d’évaluation du stress quotidien ou des tracas de la vie courante (ex. Daily Hassles Scale), le SLESQ-R cible des événements de haute intensité caractérisés par une menace vitale directe, une atteinte grave à l’intégrité physique ou psychique, ou une rupture brutale de l’homéostasie relationnelle. Ce construit s’articule autour de plusieurs dimensions phénoménologiques :

1. Traumatismes non interpersonnels et médicaux

Cette dimension regroupe les menaces physiques involontaires telles que les maladies engageant le pronostic vital (Item 1) et les accidents graves de la circulation ou industriels (Item 2). Ces événements activent le système nerveux autonome dans une modalité de survie face à un choc externe neutre, sans intention de nuire de la part d’autrui.

2. Violences interpersonnelles criminelles et communautaires

Composée des vols à main armée ou agressions physiques avec force (Item 3) et des menaces directes avec arme à feu ou arme blanche (Item 10). Ce domaine mesure l’impact psychologique de l’hostilité humaine prédatrice issue d’inconnus ou du milieu social élargi.

3. Deuils traumatiques et pertes brutales

L’Item 4 capture la perte inattendue et violente d’une figure d’attachement primaire (homicide, suicide, accident mortel d’un proche parent ou conjoint) ainsi que le traumatisme reproductif lié aux fausses couches. Ces événements ciblent spécifiquement le noyau affectif et les processus de deuil complexe persistant.

4. Violences sexuelles et atteintes à l’intimité

Ce pôle regroupe les pénétrations sexuelles imposées sous la contrainte, la force physique ou en état de vulnérabilité (sommeil, intoxication) (Item 5), ainsi que les attouchements non consentis et les tentatives de coercition sexuelle (Item 6). Il évalue la violation de l’autonomie corporelle, fréquemment associée aux sentiments de honte toxique, de culpabilité et aux dissociations péritraumatiques.

5. Maltraitance développementale et violence conjugale

Les sévices physiques infantiles perpétrés par des figures tutélaires (Item 7), les violences physiques intrafamiliales et conjugales subies à l’âge adulte (Item 8) et les abus psychologiques / humiliations chroniques répétées (Item 9). Ces situations d’emprise mesurent ce que Judith Herman qualifie de traumatisme complexe, marqué par une répétition au sein de liens censés apporter protection et réconfort.

6. Témoignage de violence et traumatismes extrêmes / de guerre

Comprend l’observation directe de scènes où une tierce personne a été tuée, gravement blessée ou agressée (Item 11), les contextes de guerre, de combat militaire ou de zones de conflit armé (Item 12), et une catégorie résiduelle ouverte pour les expériences d’horreur ou d’impuissance extrême non couvertes par les items précédents (Item 13).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le socle théorique du SLESQ-R repose sur les modèles biopsychosociaux de la traumatologie contemporaine, articulés principalement autour de trois cadres conceptuels majeurs :

Le modèle diagnostique du critère A du DSM

Historiquement, l’introduction de l’état de stress post-traumatique dans le DSM-III (1980) exigeait un événement « hors de l’expérience humaine ordinaire ». Le DSM-IV a raffiné cette définition en instaurant le critère A : une confrontation objective à la mort, à une menace de mort, à des blessures graves ou à une menace pour l’intégrité physique de soi-même ou d’autrui (Critère A.1), accompagnée d’une réponse subjective de peur intense, d’impuissance ou d’horreur (Critère A.2). Goodman et ses collaborateurs (1998) ont scrupuleusement traduit ces exigences nosographiques en items comportementaux concrets, écartant les formulations floues pour se concentrer sur des descripteurs factuels observables.

La théorie de la victimisation cumulative et de la poly-victimisation

Popularisée par des théoriciens comme David Finkelhor (concept de poly-victimization) et Bruce McEwen (concept de charge allostatique), cette approche postule que les événements traumatiques ne se produisent pas de manière aléatoire et indépendante dans une biographie. L’exposition à un premier événement traumatique (particulièrement durant l’enfance) augmente drastiquement la probabilité de revictimisation ultérieure. Le SLESQ-R a été conçu pour opérationnaliser ce principe d’accumulation : le pronostic psychopathologique ne dépend pas uniquement de l’événement « index » le plus sévère, mais du fardeau cumulé d’adversité supporté par le système neurobiologique de gestion du stress.

La typologie des traumatismes interpersonnels vs non interpersonnels

Le cadre théorique sous-jacent au SLESQ-R opère une distinction nette entre les traumatismes de type « accidentel / naturel » et les traumatismes de type « intentionnel / interpersonnel » (Charuvastra & Cloitre, 2008). Les violences infligées intentionnellement par un congénère détruisent la confiance fondamentale dans le tissu social, génèrent un sentiment de trahison (betrayal trauma de Jennifer Freyd) et sont associées à des taux d’ESPT nettement plus élevés que les catastrophes naturelles ou les maladies physiques. Le SLESQ-R accorde une place prépondérante à cette dimension relationnelle grâce à ses questions de suivi sur l’identité de l’agresseur.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité du SLESQ-R ont fait l’objet de multiples investigations empiriques dans des populations variées (étudiants, femmes de la communauté, patientes en soins primaires, vétérans et minorités ethniques).

Validité de contenu et de construit

La validité de contenu découle directement de la méthode de construction de l’outil : chaque item a été généré sur la base d’une revue systématique des instruments existants (tels que la Trauma History Questionnaire et le Life Events Checklist) et d’une confrontation directe avec les critères opérationnels du DSM-IV. La présence de sous-questions ouvertes vérifiant la nature de l’événement évite les faux positifs (par exemple, un participant répondant « Oui » à une menace de mort pour un événement anodin), garantissant que seuls les événements atteignant le seuil de gravité clinique sont comptabilisés.

Validité convergente et concourante

Dans l’étude princeps de Goodman et al. (1998) menée auprès d’un échantillon diversifié d’étudiants de premier cycle (N = 87), le score total du SLESQ a démontré une corrélation positive statistiquement significative avec l’échelle de mesure des symptômes du stress post-traumatique (Posttraumatic Stress Diagnostic Scale – PDS ; r = 0,42, p < 0,001) et avec les scores de la Symptom Checklist-90-Revised (SCL-90-R ; r = 0,38, p < 0,001). Les individus rapportant au moins un événement traumatique au SLESQ présentaient des scores de détresse psychologique significativement plus élevés que ceux n’en rapportant aucun (t = 3,45, p < 0,01).

Validité culturelle et transculturelle

Dans une étude d’envergure, Green et al. (2006) ont examiné la validité culturelle du SLESQ auprès d’un échantillon multiethnique de 366 femmes à faibles revenus consultant dans des cliniques de soins de santé primaires (Afro-Américaines, Hispaniques nées aux États-Unis, Hispaniques immigrées et Caucasiennes). Les analyses ont révélé que la formulation concrète des items préserve son intelligibilité et sa pertinence à travers les différentes sous-cultures, bien que la prévalence des types d’événements diverge selon les contextes sociodémographiques (taux d’homicides de proches plus élevés chez les minorités défavorisées, agressions sexuelles rapportées de façon constante à travers les groupes). L’accord entre le SLESQ auto-rapporté et un entretien clinique indépendant a montré une concordance globale élevée (taux d’accord moyen de 84 % à 96 % selon les types d’événements).

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation métrologique de la fidélité d’une liste de contrôle d’événements de vie (event checklist) exige une démarche distincte de celle appliquée aux échelles psychologiques traditionnelles :

Spécificité méthodologique : L’alpha de Cronbach est-il pertinent ?

En psychométrie, le coefficient alpha de Cronbach présuppose un modèle de mesure réflexif, dans lequel les items sont des manifestations interchangeables d’un trait latent sous-jacent (par exemple, l’anxiété qui sous-tend des palpitations, des tremblements et des pensées d’inquiétude). Or, une échelle d’événements de vie traumatiques est un modèle formatif ou un inventaire composite : le fait d’avoir eu un accident de voiture n’augmente pas intrinsèquement la probabilité d’avoir subi une fausse couche ou un cambriolage à main armée. Par conséquent, une faible consistance interne globale n’indique nullement un défaut de qualité métrologique, mais reflète la diversité empirique des épreuves vécues. Le calcul d’un alpha global est donc formellement déconseillé pour cet instrument.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Le paramètre psychométrique déterminant pour le SLESQ-R est sa stabilité test-retest, évaluée par le coefficient kappa de Cohen (κ) pour les items dichotomiques et le pourcentage de concordance brute. Dans l’étude de validation initiale de Goodman et al. (1998), l’intervalle de réévaluation était de deux à trois semaines :

  • Excellente stabilité (κ > 0,80) : Les items portant sur des événements tangibles et hautement saillants présentaient les coefficients les plus élevés : maladie grave (κ = 0,89 ; accord brut de 97 %), accident potentiellement mortel (κ = 0,83 ; accord de 94 %), meurtre ou suicide d’un proche (κ = 0,86 ; accord de 95 %).
  • Bonne à très bonne stabilité (0,60 ≤ κ ≤ 0,80) : Les agressions sexuelles physiques (Item 5 : κ = 0,73 ; accord de 92 %), les sévices corporels répétés dans l’enfance (Item 7 : κ = 0,78 ; accord de 91 %) et les vols avec arme (Item 3 : κ = 0,74 ; accord de 93 %).
  • Stabilité modérée (0,45 ≤ κ ≤ 0,60) : L’item d’abus émotionnel/humiliation verbale (Item 9 : κ = 0,54 ; accord de 82 %) et les attouchements sexuels sans force explicite (Item 6 : κ = 0,58) ont montré une variabilité légèrement supérieure, liée à la fluctuation des seuils d’interprétation cognitive subjective des participants au fil du temps.

L’accord test-retest sur le nombre total d’événements rapportés a affiché un coefficient de corrélation intra-classe (CCI) élevé de r = 0,89 (p < 0,001), attestant d’une constance remarquable du profil d’exposition global de l’individu.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

En raison de la nature formative de l’inventaire, l’analyse factorielle exploratoire (AFE) ou confirmatoire (AFC) linéaire classique ne vise pas à dégager une « dimension sous-jacente » unique, mais sert à identifier des motifs de co-occurrence ou des regroupements d’adversité environnementale.

Modélisation des classes latentes et typologies d’exposition

Les analyses factorielles d’information complète pour variables catégorielles et les modélisations en classes latentes (Latent Class Analysis – LCA) appliquées aux données du SLESQ-R révèlent généralement une structuration empirique en 3 ou 4 grappes distinctes de victimisation :

  • Facteur / Classe 1 : Victimisation interpersonnelle poly-traumatique. Ce profil regroupe de fortes saturations sur les items 5 (viol/agression sexuelle sévère), 6 (attouchements non consentis), 7 (maltraitance physique infantile) et 8 (violence conjugale à l’âge adulte). Les coefficients de saturation tétrachorique pour ces items dépassent régulièrement 0,65 dans les modèles multidimensionnels.
  • Facteur / Classe 2 : Dangers physiques exogènes et accidents. Caractérisé par des saturations élevées sur les items 1 (maladie grave engageant le pronostic vital) et 2 (accident majeur), avec des corrélations faibles ou nulles vis-à-vis des items de violence sexuelle.
  • Facteur / Classe 3 : Violence criminelle et urbaine. Saturé principalement par l’item 3 (vol avec force physique/arme), l’item 10 (menace directe avec couteau/arme à feu) et l’item 11 (témoin de mort ou de violences graves).
  • Facteur / Classe 4 : Pertes et deuils traumatiques. Regroupant de façon quasi isolée l’item 4 (décès brutal d’un proche par suicide, homicide ou accident).

Les modèles d’équations structurelles confirment que la classe « Victimisation interpersonnelle » présente le coefficient de régression le plus lourd (β allant de 0,45 à 0,60) dans la prédiction des diagnostics de dépression majeure, de troubles anxieux et de trouble de la personnalité borderline, comparativement aux traumatismes non interpersonnels.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Questionnaire de dépistage des événements de vie stressants — Révisé (Stressful Life Events Screening Questionnaire—Revised, SLESQ-R).
  • Format d’administration : Questionnaire auto-administré sur support papier-crayon ou informatique, ou administré sous forme d’entretien clinique semi-structuré.
  • Nombre d’items fondamentaux : 13 items thématiques dichotomiques.
  • Format de réponse :
    • Question filtre initiale : Binaire (Non / Oui).
    • Sous-questions de suivi conditionnelles (si « Oui ») :
      • Âge de la première survenue ou de chaque survenue (numérique ouvert).
      • Fréquence des occurrences : 1 fois, 2-4 fois, 5-10 fois, plus de 10 fois.
      • Durée de l’exposition (pour les violences répétées) : 6 mois ou moins, 7 mois à 2 ans, plus de 2 ans mais moins de 5 ans, 5 ans ou plus.
      • Lien avec l’agresseur / auteur : parent, conjoint/partenaire, membre de la famille, ami, inconnu, autre.
      • Conséquences physiques : blessures corporelles subies, hospitalisation d’au moins une nuit (Non / Oui).
      • Description qualitative libre pour vérification clinique du seuil de gravité.
  • Durée moyenne de passation : Environ 10 à 20 minutes (la durée augmente proportionnellement au nombre d’événements positifs nécessitant de remplir les questions de suivi).
  • Cotation et scores :
    • Score d’exposition cumulée brute : Somme des réponses « Oui » aux 13 questions filtres principales (étendue : 0 à 13).
    • Indice d’exposition à la violence interpersonnelle : Sous-score calculé sur les items 3, 5, 6, 7, 8, 9 et 10.
    • Indice de chronicité / fréquence : Pondération du score en intégrant le volume des répétitions et l’étalement dans le temps.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception originale : 1998 (publication princeps par Lisa A. Goodman et ses collègues dans le Journal of Traumatic Stress).
  • Année de révision : 2000 (standardisation méthodologique des sous-questions de suivi de la fréquence et de la durée dans les ouvrages de référence de Corcoran et al.).
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : Le SLESQ-R est un instrument du domaine public à visée scientifique et clinique (open-access research tool). Les auteurs ont expressément rendu l’instrument disponible sans redevance financière ni frais d’utilisation pour les praticiens de la santé mentale et les chercheurs universitaires.
  • Tarifs : Gratuit (aucun coût de licence ni d’achat de matériel).
  • Conditions d’utilisation : L’utilisation de l’outil requiert la citation appropriée de l’article princeps de 1998 et des travaux associés. Aucune modification substantielle des items ne doit être apportée sans validation préalable afin de préserver les propriétés psychométriques établies.

12. Références / References

  • Charuvastra, A., & Cloitre, M. (2008). Social bonds and posttraumatic stress disorder. Annual Review of Psychology, 59, 301–328. https://doi.org/10.1146/annurev.psych.58.110405.085650
  • Corcoran, C. B., Green, B. L., Goodman, L. A., & Krinsley, K. E. (2000). Conceptual and methodological issues in trauma history assessment. Dans A. Shalev, R. Yehuda, & A. McFarlane (Éds.), International Handbook of Human Response to Trauma (pp. 223–232). Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4615-4177-6_16
  • Goodman, L. A., Corcoran, C., Turner, K., Yuan, N., & Green, B. L. (1998). Assessing traumatic event exposure: General issues and preliminary findings for the Stressful Life Events Screening Questionnaire. Journal of Traumatic Stress, 11(3), 521–542. https://doi.org/10.1023/A:1024456713321
  • Green, B. L., Chung, J. Y., Daroowalla, A., Kaltman, S., & DeBenedictis, C. (2006). Evaluating the cultural validity of the Stressful Life Events Screening Questionnaire. Violence Against Women, 12(12), 1191–1213. https://doi.org/10.1177/1077801206294711

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Have you ever had a life-threatening illness?
2

Were you ever in a life-threatening accident?
3

Was physical force or a weapon ever used against you in a robbery or mugging?
4

Has an immediate family member‚ romantic partner‚ or very close friend died because of accident‚ homicide‚ or suicide?
5

At any time‚ has anyone (parent‚ other family member‚ romantic partner‚ stranger or someone else) ever physically forced you to have intercourse‚ or to have oral or anal sex against your wishes‚ or when you were helpless‚ such as being asleep or intoxicated?
6

Other than experiences mentioned in earlier questions‚ has anyone ever touched private parts of your body‚ made you touch their body‚ or tried to make you to have sex against your wishes?
7

When you were a child‚ did a parent‚ caregiver or other person ever slap you repeatedly‚ beat you‚ or otherwise attack or harm you?
8

As an adult‚ have you ever been kicked‚ beaten‚ slapped around or otherwise physically harmed by a romantic partner‚ date‚ family member‚ stranger‚ or someone else?
9

Has a parent‚ romantic partner‚ or family member repeatedly ridiculed you‚ put you down‚ ignored you‚ or told you were no good?
10

Other than the experiences already covered‚ has anyone ever threatened you with a weapon like a knife or gun?
11

Have you ever been present when another person was killed? Seriously injured? Sexually or physically assaulted?
12

Have you ever been in any other situation where you were seriously injured or your life was in danger (e.g.‚ involved in military combat or living in a war zone)?
13

Have you ever been in any other situation that was extremely frightening or horrifying‚ or one in which you felt extremely helpless‚ that you haven't reported?
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Questionnaire de dépistage des événements de vie stressants — Révisé (SLESQ-R). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-depistage-evenements-vie-stressants-revise-slesq-r/
Looti, Mohammed. “Questionnaire de dépistage des événements de vie stressants — Révisé (SLESQ-R).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-depistage-evenements-vie-stressants-revise-slesq-r/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de dépistage des événements de vie stressants — Révisé (SLESQ-R).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-depistage-evenements-vie-stressants-revise-slesq-r/.