Questionnaire de soutien social – Forme abrégée (SSQSR)

Le Questionnaire de soutien social – Forme abrégée (SSQSR / SSQ-6) est un instrument psychométrique développé par Sarason et al. (1987) évaluant le nombre de soutiens disponibles et la satisfaction perçue.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire de soutien social – Forme abrégée (couramment désigné par l’acronyme anglophone SSQSR pour Social Support Questionnaire – Short Form, ou SSQ-6) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation développé par Irwin G. Sarason, Barbara R. Sarason, Edward N. Shearin et Gregory R. Pierce en 1987. Conçu pour pallier la lourdeur d’administration de l’échelle princeps en 27 items (Sarason et al., 1983), le SSQSR évalue avec une grande précision deux dimensions fondamentales et distinctes du soutien social perçu : la dimension quantitative ou structurelle, correspondant au nombre de pourvoyeurs de soutien disponibles en cas de besoin (score SSQ-N, pour Number), et la dimension qualitative ou évaluative, reflétant le degré de satisfaction de l’individu à l’égard de ce soutien (score SSQ-S, pour Satisfaction).

Le questionnaire est composé de 6 items décrivant des situations spécifiques de détresse psychologique, de pression environnementale ou de besoin d’affiliation émotionnelle. Pour chacun des six scénarios, le participant est invité dans un premier temps à lister les personnes de son entourage sur lesquelles il peut réellement compter (jusqu’à un maximum généralement fixé à 9 personnes par item), puis dans un second temps à évaluer son niveau de satisfaction global sur une échelle de type Likert en 6 points, allant de 1 (« Très insatisfait ») à 6 (« Très satisfait »). Deux scores composites moyens sont ainsi dérivés.

Sur le plan métrologique, le SSQSR présente des propriétés psychométriques exceptionnelles. La cohérence interne est particulièrement robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant régulièrement entre 0,90 et 0,93 pour la sous-échelle du Nombre (SSQ-N), et entre 0,90 et 0,94 pour la sous-échelle de Satisfaction (SSQ-S). La fidélité test-retest à quatre semaines confirme la grande stabilité temporelle du construit. Les corrélations entre cette forme abrégée à 6 items et l’échelle originale à 27 items dépassent 0,95, démontrant une fidélité de forme parallèle remarquable sans perte substantielle d’information. Cet outil est ainsi devenu un standard international en psychologie de la santé, en épidémiologie psychiatrique et en psychologie clinique pour investiguer le rôle modérateur et médiateur du soutien social face aux stresseurs de la vie quotidienne.

2. Mots-clés / Keywords

Soutien social perçu, SSQSR, SSQ-6, Irwin G. Sarason, psychométrie, évaluation psychologique, réseau social, satisfaction relationnelle, modèle tampon du stress, santé mentale, échelle de mesure, régulation émotionnelle, adaptation au stress, psychologie de la santé.

3. Auteurs / Authors

Le Social Support Questionnaire – Short Form a été formalisé et validé par une équipe de chercheurs de premier plan rattachés au département de psychologie de l’Université de Washington à Seattle (États-Unis) :

  • Irwin G. Sarason, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université de Washington. Pionnier des recherches contemporaines sur l’anxiété d’évaluation, le stress, le coping et la psychologie de la personnalité. Ses travaux ont profondément redéfini l’opérationnalisation du soutien social au cours des années 1980 et 1990.
  • Barbara R. Sarason, Ph.D. : Chercheuse et professeure associée de psychologie à l’Université de Washington, co-auteure majeure des théories liant le sentiment de soutien social au sentiment fondamental de sécurité développementale et d’attachement chez l’adulte.
  • Edward N. Shearin, Ph.D. : Chercheur associé au département de psychologie de l’Université de Washington lors du développement de la forme abrégée, spécialiste de la modélisation statistique, des réductions d’échelles et de l’analyse factorielle.
  • Gregory R. Pierce, Ph.D. : Professeur de psychologie (ultérieurement rattaché au Hamilton College, Clinton, New York), expert reconnu de l’interface entre les théories de l’attachement, les relations interpersonnelles et l’ajustement émotionnel.

Correspondance historique : Department of Psychology, University of Washington, Seattle, Washington 98195, États-Unis.

4. Objectif / Purpose

Le principal objectif du développement du SSQSR a été de répondre à une contrainte méthodologique majeure rencontrée par les chercheurs et les cliniciens : la longueur prohibitive du Social Support Questionnaire original en 27 items (Sarason et al., 1983). L’administration de l’échelle princeps exigeait en effet que le sujet réponde à 27 paires de questions (soit 54 réponses distinctes impliquant la remémoration et l’écriture de listes de prénoms), ce qui induisait une charge cognitive et un temps de passation importants (souvent 15 à 25 minutes). Dans les protocoles de recherche épidémiologique lourds, les études longitudinales en santé publique ou les évaluations en milieu hospitalier où les patients sont affaiblis ou surchargés par de multiples batteries de tests, l’utilisation de l’échelle longue augmentait substantiellement les taux de non-réponse et l’attrition des cohortes.

Sarason, Sarason, Shearin et Pierce (1987) ont donc cherché à créer un instrument parcimonieux, administrable en moins de cinq minutes, capable de reproduire la fidélité et la structure bidimensionnelle de l’instrument original sans compromettre sa validité de construit. Sur le plan fondamental, le SSQSR poursuit un double objectif théorique et clinique :

Différenciation de la taille du réseau et de l’adéquation perçue

De nombreux outils antérieurs confondaient la disponibilité objective du réseau social (nombre de contacts, statut marital, fréquence des visites) et l’expérience subjective de se sentir soutenu, aimé et validé. Le SSQSR résout cette ambiguïté en isolant systématiquement le nombre d’individus identifiés comme fiables (SSQ-N) de la satisfaction globale quant à la qualité de cette présence (SSQ-S). Cette distinction est capitale : des recherches cliniques massives ont montré qu’avoir un vaste carnet d’adresses ne protège pas nécessairement de la détresse psychologique si les relations sous-jacentes sont conflictuelles, ambiguës ou inadéquates.

Applications cliniques et en recherche translationnelle

En pratique clinique, le SSQSR sert à cartographier rapidement les ressources écologiques d’un patient. Il est fréquemment mobilisé lors de la prise en charge de troubles dépressifs majeurs, de troubles anxieux, d’addictions ou dans le cadre de diagnostics oncologiques et cardiovasculaires. Un score d’insatisfaction persistant (SSQ-S faible), même en présence de pourvoyeurs identifiés (SSQ-N élevé), constitue souvent un marqueur psychopathologique de dysfonctionnements interpersonnels, d’insécurité d’attachement ou de schémas cognitifs d’isolement social. En épidémiologie, la forme abrégée permet d’intégrer l’évaluation du soutien social dans de vastes cohortes nationales pour étudier son rôle prédictif sur la mortalité toutes causes confondues, l’adhésion aux traitements médicaux et les biomarqueurs du stress chronique (charge allostatique).

5. Construit psychologique / Construct

Le SSQSR opérationnalise le construit psychologique de soutien social perçu (perceived social support), défini non pas comme l’assistance matérielle ou comportementale objectivement reçue (received social support), mais comme la croyance cognitive stable et intériorisée qu’une aide appropriée, bienveillante et efficace sera accessible en cas de nécessité environnementale ou émotionnelle. Ce construit est théorisé comme une disposition relativement stable de la personnalité, étroitement liée au sentiment fondamental d’acceptation sociale et à l’histoire développementale des relations interpersonnelles de l’individu.

Le questionnaire conceptualise ce soutien à travers deux dimensions orthogonales ou faiblement corrélées :

1. La dimension structurelle / quantitative : La disponibilité perçue (SSQ-N)

Cette dimension mesure le nombre effectif de pourvoyeurs de soutien social que l’individu est capable d’identifier spontanément pour faire face à des situations de vulnérabilité. Elle renvoie à la densité perçue du réseau de sécurité immédiat. Dans le SSQSR, le sujet peut nommer jusqu’à neuf personnes par item (membres de la famille, conjoints, amis, collègues, professionnels ou voisins). Cette composante reflète l’ampleur des ancrages sociaux et la disponibilité concrète perçue par le sujet :

  • Exemple d’activation du construit : Face à la question « Sur qui pouvez-vous réellement compter pour vous aider lorsque vous en avez besoin ? », le sujet évalue la présence tangible d’alliés prêts à s’engager activement à ses côtés.

2. La dimension évaluative / qualitative : La satisfaction relationnelle (SSQ-S)

Cette dimension capture le jugement qualitatif porté par l’individu sur la suffisance, la chaleur et l’adéquation du soutien perçu. Deux individus disposant exactement du même nombre de pourvoyeurs (par exemple, trois personnes) peuvent manifester des niveaux d’évaluation radicalement opposés : l’un peut s’estimer pleinement comblé et sécurisé par ce noyau intime (score de 6/6), tandis que l’autre peut ressentir une profonde insatisfaction liée à l’incompréhension ou au manque de syntonie émotionnelle de ses proches (score de 1 ou 2/6). C’est généralement la dimension de satisfaction (SSQ-S) qui entretient les liens les plus robustes avec la santé mentale et la diminution des symptômes de dépression et d’anxiété.

Les composantes fonctionnelles couvertes par les 6 items

Les six items du SSQSR ont été rigoureusement sélectionnés parmi les 27 items princeps pour refléter les principales fonctions psychologiques du soutien social :

  • Le soutien instrumental et de fiabilité (Item 1) : Disponibilité concrète et loyauté en situation d’urgence ou de besoin pratique.
  • La régulation de la tension et de l’anxiété (Item 2) : Capacité du réseau à induire un apaisement émotionnel, une désescalade physiologique du stress et un état de relaxation.
  • L’acceptation inconditionnelle et le soutien d’estime (Item 3) : Sentiment d’être reconnu et validé dans sa globalité, incluant ses forces et ses vulnérabilités (« worst and best points »).
  • L’affection bienveillante et inconditionnelle (Item 4) : Croyance fondamentale que des figures d’attachement se soucient sincèrement de son bien-être indépendamment des aléas de la vie.
  • Le réconfort face à l’humeur dépressive (Item 5) : Assistance relationnelle pour surmonter les épisodes de découragement général (« down-in-the-dumps ») et restaurer un affect positif.
  • La consolation face à la détresse aiguë (Item 6) : Capacité du réseau à apporter une sollicitude empathique lors de crises émotionnelles intenses ou de chocs affectifs.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement du SSQ et de sa forme courte SSQSR s’ancre à la croisée de trois paradigmes théoriques majeurs de la psychologie contemporaine :

1. Le modèle transactionnel du stress et du coping (Lazarus & Folkman)

Dans la théorie transactionnelle du stress développée par Richard Lazarus et Susan Folkman (1984), le stress résulte d’une évaluation cognitive où les exigences perçues de l’environnement excèdent les ressources disponibles de l’individu. Le soutien social perçu intervient directement lors de l’évaluation secondaire (l’inventaire des ressources d’adaptation). Savoir que des personnes compétentes, fiables et bienveillantes sont prêtes à intervenir désamorce la perception de menace. L’individu évalue la situation comme un défi gérable plutôt que comme une catastrophe insurmontable, ce qui atténue la réactivité neuroendocrinienne et autonomique.

2. Le modèle tampon contre le modèle des effets directs (Cohen & Wills)

Dans leur méta-analyse fondatrice, Sheldon Cohen et Thomas A. Wills (1985) ont opposé deux mécanismes par lesquels les relations sociales influencent la santé : le modèle des effets directs (l’intégration sociale globale est bénéfique en tout temps, indépendamment de la présence de stresseurs) et le modèle tampon (stress-buffering model). Le SSQSR s’aligne principalement avec le modèle tampon : les items sont explicitement contextualisés dans des moments de vulnérabilité (« when you need help », « under pressure », « very upset »). Les Sarason ont démontré que la croyance en la disponibilité du soutien agit comme un amortisseur psychologique qui protège la personne contre les effets délétères des événements de vie traumatisants ou chroniquement stressants.

3. La théorie de l’attachement chez l’adulte et les schémas relationnels

Une contribution théorique originale des époux Sarason (Sarason, Pierce, & Sarason, 1990) a été de concevoir le soutien social perçu comme l’expression d’un schéma relationnel d’attachement intériorisé, en résonance directe avec les travaux de John Bowlby. Selon cette perspective, le score au SSQSR ne mesure pas seulement le tissu social objectif présent, mais traduit un modèle interne opérant (working model) du soi et des autres. Les individus présentant un attachement sécure ont intériorisé la conviction qu’ils sont dignes d’amour et que les autres sont fiables et réconfortants ; ils obtiennent ainsi des scores élevés en satisfaction (SSQ-S). À l’inverse, les profils insécures-évitants ou insécures-anxieux manifestent une méfiance ou une insatisfaction chronique, percevant le soutien disponible comme insuffisant, défaillant ou intrusif.

7. Validité / Validity

Les études empiriques initiales et les décennies de recherche subséquentes attestent de la solidité psychométrique du SSQSR sur l’ensemble des dimensions de la validité métrologique :

Validité de construit et sélection des items

Pour construire la version abrégée, Sarason, Sarason, Shearin et Pierce (1987) ont analysé les données de grands échantillons universitaires et communautaires ayant complété l’échelle originale à 27 items. Les 6 items ont été retenus par une méthode d’optimisation psychométrique stricte : ils présentaient les saturations factorielles les plus élevées sur les composantes de premier ordre, les corrélations item-total les plus fortes, tout en couvrant de manière équilibrée les différentes facettes fonctionnelles du soutien (émotionnelle, cognitive et instrumentale). Les coefficients de corrélation entre les scores totaux du SSQ-27 et ceux du SSQ-6 atteignent r = 0,96 pour la sous-échelle du Nombre et r = 0,97 pour la sous-échelle de Satisfaction, confirmant une quasi-équivalence conceptuelle et statistique entre les deux formes.

Validité convergente

Le SSQSR présente des corrélations convergentes hautement significatives et théoriquement cohérentes avec une pluralité de construits psychologiques :

  • Sentiment de solitude : Les corrélations entre la satisfaction à l’égard du soutien (SSQ-S) et l’échelle de solitude de l’UCLA (UCLA Loneliness Scale) sont fortement négatives, oscillant typiquement entre r = -0,50 et r = -0,65.
  • Estime de soi : Des corrélations positives substantielles (r = 0,35 à 0,48) sont observées avec l’échelle d’estime de soi de Rosenberg.
  • Affects dépressifs et anxieux : Le score SSQ-S corrèle négativement de manière constante avec le Beck Depression Inventory (BDI ; r = -0,30 à -0,45) et avec l’inventaire d’anxiété État-Trait de Spielberger (STAI ; r = -0,25 à -0,40).
  • Optimisme et résilience : Le score est positivement corrélé avec l’orientation vers la vie mesurée par le LOT-R (Life Orientation Test-Revised).

Validité discriminante

Le SSQSR se distingue nettement de la simple désirabilité sociale. Les corrélations avec des instruments tels que l’échelle de Marlowe-Crowne demeurent très modestes (généralement inférieures à r = 0,18), démontrant que les réponses ne reflètent pas une tendance systématique à se présenter sous un jour favorable. Par ailleurs, bien que le score SSQ-S soit négativement lié au névrosisme (stabilité émotionnelle), les analyses de régression multiple montrent qu’il prédit la détresse psychologique et l’ajustement émotionnel même après contrôle statistique strict des traits du modèle des Big Five.

Validité prédictive et écologique

Sur le plan prédictif, le SSQSR s’est révélé un puissant prédicteur de la santé physique et mentale :

  • Dans des études expérimentales de laboratoire (stress induit par le Trier Social Stress Test), les individus affichant un score SSQ-S élevé démontrent une réactivité cardiovasculaire atténuée (fréquence cardiaque et pression artérielle) et un retour plus rapide à la ligne de base du cortisol salivaire.
  • Dans le champ médical, des scores faibles au SSQSR prédisent significativement une observance thérapeutique moindre, une durée d’hospitalisation accrue et un risque accru de récidive coronarienne chez des patients post-infarctus.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité du SSQSR a été documentée au sein de multiples échantillons normatifs et cliniques :

Cohérence interne (Consistance interne)

Malgré la réduction substantielle du nombre d’items de 27 à 6, la consistance interne demeure remarquable :

  • Sous-échelle SSQ-N (Nombre) : Les estimations du coefficient alpha de Cronbach rapportées dans l’étude princeps de Sarason et al. (1987) s’élèvent à α = 0,93. Les études de réplication indépendantes obtiennent des coefficients systématiquement compris entre 0,89 et 0,93.
  • Sous-échelle SSQ-S (Satisfaction) : L’alpha de Cronbach est tout aussi élevé, mesuré à α = 0,90 dans l’étude originale de 1987, avec des valeurs oscillant entre 0,88 et 0,94 selon les contextes linguistiques et culturels de validation.
  • Ces valeurs témoignent d’une excellente homogénéité sans redondance excessive des items, ce qui garantit que l’échelle extrait un signal psychométrique de premier ordre très propre.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La stabilité temporelle a été mesurée dans plusieurs cohortes longitudinales :

  • Sur un intervalle de quatre semaines, Sarason et ses collaborateurs ont rapporté des coefficients de corrélation test-retest de r = 0,90 pour la dimension SSQ-N et de r = 0,83 pour la dimension SSQ-S.
  • Sur des périodes plus longues (6 mois à 1 an), la fidélité test-retest demeure modérée à forte (r = 0,60 à 0,75), reflétant le statut théorique du soutien social perçu : un construit dispositionnel globalement stable, mais capable de fluctuer modérément en réponse à des transitions biographiques majeures (séparation, deuil, déménagement, entrée à l’université).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle du SSQSR a été abondamment vérifiée par des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) :

Structure à deux facteurs

Les modélisations en analyse factorielle exploratoire (extraction en composantes principales ou factorisation en axes principaux suivie de rotations obliques ou varimax) font émerger sans ambiguïté une solution bidimensionnelle très claire :

  • Facteur 1 : Disponibilité / Taille du réseau de soutien (SSQ-N). Les 6 items demandant d’énumérer les individus saturent exclusivement sur ce facteur, avec des saturations factorielles très élevées s’échelonnant typiquement entre 0,72 et 0,88.
  • Facteur 2 : Satisfaction à l’égard du soutien perçu (SSQ-S). Les 6 items évaluant le degré de satisfaction saturent de façon concordante sur ce second facteur, avec des saturations oscillant entre 0,74 et 0,89.
  • Il n’existe virtuellement aucune saturation croisée significative (< 0,20) entre les items de comptage et les items de satisfaction, ce qui atteste d’une séparation nette des deux dimensions au niveau latent.

Validation confirmatoire (AFC)

Dans les modélisations d’équations structurelles contemporaines (SEM), le modèle à deux facteurs corrélés surpasse systématiquement le modèle unidimensionnel :

  • Les indices d’ajustement pour le modèle bidimensionnel sont généralement excellents : Comparative Fit Index (CFI) > 0,96 ; Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,95 ; Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) < 0,06 (avec intervalle de confiance à 90 % inférieur à 0,08) ; et Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) < 0,04.
  • La corrélation inter-factorielle entre SSQ-N et SSQ-S est généralement modérée (se situant typiquement entre r = 0,25 et r = 0,40), démontrant que la quantité de soutien perçu et l’évaluation qualitative de ce soutien partagent une variance commune modeste (environ 10 à 15 %), mais constituent bel et bien deux entités latentes distinctes qu’il convient de coter séparément.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le SSQSR est un auto-questionnaire standardisé sur papier-crayon ou administré par voie informatique. Ses caractéristiques d’administration et de calcul sont structurées comme suit :

  • Type de test : Auto-évaluation psychométrique du soutien social perçu (disponibilité et satisfaction).
  • Format : Questionnaire structuré en 6 scénarios de vie contenant chacun deux questions complémentaires (Partie 1 : énumération ; Partie 2 : satisfaction).
  • Nombre total d’items : 6 items principaux générant 12 données quantitatives (6 scores de nombre et 6 scores de satisfaction).
  • Temps de passation estimé : 3 à 5 minutes (contre 15 à 25 minutes pour la version originale à 27 items).
  • Format de réponse pour le Nombre (SSQ-N) : Le sujet liste les initiales ou prénoms (et la relation : ex. ami, mère, conjoint) de toutes les personnes sur lesquelles il peut réellement compter. Le nombre de personnes inscrites pour chaque item est dénombré (conventionnellement plafonné à un maximum de 9 personnes par item ; si aucune personne n’est mentionnée, la valeur 0 est attribuée).
  • Format de réponse pour la Satisfaction (SSQ-S) : Échelle de Likert ordinale en 6 points :
    • 1 = Very Dissatisfied (Très insatisfait)
    • 2 = Fairly Dissatisfied (Plutôt insatisfait)
    • 3 = A Little Dissatisfied (Un peu insatisfait)
    • 4 = A Little Satisfied (Un peu satisfait)
    • 5 = Fairly Satisfied (Plutôt satisfait)
    • 6 = Very Satisfied (Très satisfait)
  • Calcul des scores (Cotation) :
    • Score SSQ-N (Moyenne du nombre) : Somme totale des personnes identifiées sur les 6 items, divisée par 6. Le score final varie théoriquement de 0 à 9. Une moyenne élevée indique un réseau disponible perçu comme étendu.
    • Score SSQ-S (Moyenne de satisfaction) : Somme des scores de satisfaction sur les 6 items, divisée par 6. Le score final varie de 1,00 à 6,00. Une moyenne élevée traduit un haut degré de satisfaction à l’égard de l’aide disponible.
    • Règle d’or psychométrique : Les deux scores ne doivent jamais être agrégés en un score global total composite unique, car cela masquerait la dissociation théorique essentielle entre quantité de contacts et satisfaction émotionnelle.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Le Social Support Questionnaire – Short Form a été formalisé dans un manuscrit non publié en 1986 par Irwin G. Sarason et Edward N. Shearin à l’Université de Washington, puis publié officiellement dans la littérature scientifique en 1987 au sein de deux articles fondateurs (Sarason, Shearin, Pierce, & Sarason, 1987 ; Sarason, Sarason, Shearin, & Pierce, 1987).

  • Droits d’utilisation et permissions : L’instrument relève du domaine de la recherche académique fondamentale. Les auteurs ont placé l’échelle à la disposition de la communauté scientifique sans frais de licence commerciale. Il peut être utilisé librement à des fins de recherche non commerciale, de thèses doctorales et de pratique clinique, sous réserve de citer scrupuleusement les publications de référence princeps (Sarason et al., 1987).
  • Tarifs : Gratuit pour l’usage académique, clinique et de recherche non commerciale. Aucune redevance n’est exigée pour son administration standard.
  • Utilisations commerciales ou traductions officielles : Toute incorporation dans un logiciel propriétaire commercial ou toute publication d’une adaptation transculturelle formelle nécessite l’autorisation formelle des titulaires des droits ou du département de psychologie de l’Université de Washington.

12. Références / References

Les publications de référence ci-dessous fournissent le cadre théorique, les données de validation métrologique et les applications cliniques du SSQ et de sa forme abrégée SSQSR :

  • Cohen, S., & Wills, T. A. (1985). Stress, social support, and the buffering hypothesis. Psychological Bulletin, 98(2), 310–357. https://doi.org/10.1037/0033-2909.98.2.310
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • McGowan, J. C. (2012). Religious affiliation and gender: Differences in the association between religiousness and psychological distress (Doctoral dissertation, Columbia University). Columbia Academic Commons. http://academiccommons.columbia.edu/item/ac:174326
  • Sarason, B. R., Pierce, G. R., & Sarason, I. G. (1990). Conceptualizing and measuring social support. In B. R. Sarason, I. G. Sarason, & G. R. Pierce (Eds.), Social support: An interactional view (pp. 9–25). John Wiley & Sons.
  • Sarason, B. R., Shearin, E. N., Pierce, G. R., & Sarason, I. G. (1987). Interrelations of social support measures: Theoretical and practical implications. Journal of Personality and Social Psychology, 52(4), 813–832. https://doi.org/10.1037/0022-3514.52.4.813
  • Sarason, I. G., Levine, H. M., Basham, R. B., & Sarason, B. R. (1983). Assessing social support: The Social Support Questionnaire. Journal of Personality and Social Psychology, 44(1), 127–139. https://doi.org/10.1037/0022-3514.44.1.127
  • Sarason, I. G., & Shearin, E. N. (1986). The Short Form of the Social Support Questionnaire (Unpublished manuscript). Department of Psychology, University of Washington, Seattle, WA.
  • Sarason, I. G., Sarason, B. R., Shearin, E. N., & Pierce, G. R. (1987). A brief measure of social support: Practical and theoretical implications. Journal of Social and Personal Relationships, 4(4), 497–510. https://doi.org/10.1177/0265407587044007

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Whom can you really count on to be dependable when you need help?
2

Whom can you really count on to help you feel more relaxed when you are under pressure or tense?
3

Who accepts you totally‚ including both your worst and best points?
4

Whom can you really count on to care about you‚ regardless of what is happening to you?
5

Whom can you really count on to help you feel better when you are feeling generally down-in-the-dumps?
6

Whom can you count on to console you when you are very upset?
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 2). Questionnaire de soutien social – Forme abrégée (SSQSR). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-soutien-social-forme-abregee-ssqsr/
Looti, Mohammed. “Questionnaire de soutien social – Forme abrégée (SSQSR).” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-soutien-social-forme-abregee-ssqsr/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de soutien social – Forme abrégée (SSQSR).” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-soutien-social-forme-abregee-ssqsr/.