1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire de satisfaction de Wall (en anglais, Wall Satisfaction Questionnaire ou WSQ), développé initialement par Victor D. Wall Jr. et Linda L. Nolan en 1986, est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer la satisfaction globale et multidimensionnelle des membres au sein de petits groupes de travail orientés vers une tâche (task-oriented groups). Né de la recherche sur la communication organisationnelle, la théorie de l’équité et la gestion des conflits interpersonnels, cet outil quantifie l’expérience affective et évaluative qu’un individu retire de sa collaboration avec ses pairs.
L’instrument se compose de 10 énoncés évaluant deux facettes complémentaires de la vie de groupe : d’une part, la satisfaction liée à la tâche et aux résultats (rendement, qualité perçue du travail collectif, efficacité décisionnelle), et d’autre part, la satisfaction socio-émotionnelle et relationnelle (climat relationnel, absence de ressentiment, niveau de frustration et liberté d’expression des idées). Les participants expriment leur degré d’accord ou de satisfaction sur une échelle de type Likert en 7 points, allant de 1 (insatisfaction extrême / extreme dissatisfaction) à 7 (satisfaction extrême / extreme satisfaction).
Sur le plan des qualités psychométriques, le questionnaire fait preuve d’une excellente consistance interne, attestée par des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,84 et 0,92 selon les échantillons d’études empiriques. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires corroborent une structure robuste, que l’instrument soit utilisé sous la forme d’un score composite global unifactoriel ou décomposé en deux sous-dimensions (satisfaction relative à la tâche versus dynamique socio-affective). La validité de construit et la validité convergente sont amplement documentées par ses corrélations significatives avec les perceptions d’iniquité, l’émergence de conflits affectifs et les modes de résolution intégrative ou conflictuelle. Le WSQ s’est ainsi imposé comme une référence en psychologie sociale appliquée, en pédagogie universitaire pour les projets en équipe et dans l’étude des dynamiques organisationnelles.
2. Mots-clés / Keywords
satisfaction de groupe, dynamique de groupe, questionnaire de Wall, travail en équipe, gestion des conflits, théorie de l’équité, psychométrie, communication organisationnelle, satisfaction au travail, performance collective, climat relationnel, évaluation par les pairs
3. Auteurs / Authors
Le questionnaire a été conceptualisé et validé par des chercheurs émérites en communication humaine et psychologie sociale des petits groupes :
- Victor D. Wall Jr., Ph.D. : Professeur et chercheur au département de communication de la Cleveland State University (Ohio, États-Unis). Spécialiste reconnu des processus décisionnels, de la gestion du conflit et des systèmes d’interaction en petits groupes (notamment à travers la méthodologie SYMLOG).
- Linda L. Nolan, Ph.D. : Chercheuse en communication organisationnelle et relations interpersonnelles, ayant collaboré de manière prépondérante avec Victor D. Wall Jr. sur l’impact des perceptions d’iniquité et de justice distributive sur le bien-être et le rendement groupal.
- Contributeurs et collaborateurs associés aux travaux de validation : Gloria J. Galanes, Ph.D. (Missouri State University), spécialiste reconnue de la communication en petits groupes, et S. B. Love, qui ont étendu l’application de l’instrument aux modèles d’efficacité collective et aux profils de leadership.
Pour toute correspondance historique, les auteurs étaient affiliés au Department of Communication, Cleveland State University, Cleveland, OH 44115, États-Unis. Les versions initiales et les rapports de validation ont été archivés et diffusés par le réseau ERIC (Educational Resources Information Center) sous l’égide du ministère américain de l’Éducation.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du Questionnaire de satisfaction de Wall (WSQ) est de fournir une mesure standardisée, fiable et parcimonieuse de l’expérience subjective de satisfaction vécue par les membres d’un groupe axé sur une tâche (task-oriented group). Dans de nombreux contextes académiques et professionnels, le travail en équipe est prescrit comme une panacée pour stimuler l’innovation et l’apprentissage collaboratif. Cependant, la dynamique interne de ces équipes engendre fréquemment des tensions latentes, des asymétries d’effort perçues, des phénomènes de « passager clandestin » (social loafing) ou des blocages relationnels qui détériorent le moral des collaborateurs.
Applications en recherche psychologique et organisationnelle
Dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée en psychologie sociale et en psychologie des organisations, le WSQ remplit plusieurs fonctions majeures :
- Modélisation de la relation entre conflit et satisfaction : Permettre aux chercheurs d’isoler l’impact différentiel du conflit cognitif (centré sur les idées et la tâche) par rapport au conflit affectif (interpersonnel, caractérisé par l’animosité et la frustration) sur la satisfaction finale.
- Test des modèles de justice et d’équité : Opérationnaliser la satisfaction comme variable dépendante clé dans les études examinant comment les disparités de charge de travail, de reconnaissance ou de pouvoir influencent le ressenti des participants.
- Évaluation longitudinale des interventions : Mesurer l’efficacité d’ateliers de formation à la négociation, au leadership collaboratif ou aux techniques de communication constructive en administrant le WSQ avant et après intervention.
Applications pédagogiques et en milieu de travail
Au-delà du champ de la recherche en laboratoire, le WSQ s’est révélé indispensable dans les environnements éducatifs supérieurs (écoles de commerce, facultés d’ingénierie, sciences humaines) où les étudiants mènent des projets de groupe d’envergure. L’instrument permet aux enseignants et facilitateurs d’identifier précocement les équipes en détresse relationnelle, de diagnostiquer les sources d’insatisfaction (par exemple, sentiment d’étouffement intellectuel contre rejet pur et simple du groupe) et de mettre en œuvre des médiations ciblées.
En entreprise, l’outil s’applique à l’évaluation post-projet des comités de direction, des équipes agiles ou des groupes de travail interfonctionnels. Il permet d’aller au-delà des seuls indicateurs de performance objective (respect des délais, conformité du produit) en captant le « coût humain » et le capital motivationnel résiduel de l’équipe pour les missions futures.
5. Construit psychologique / Construct
Le concept de satisfaction de groupe mesuré par le WSQ ne se résume pas à un simple état d’humeur passager. Il correspond à une attitude globale intégrative, définie comme l’évaluation affective et cognitive qu’un individu porte sur l’ensemble de son expérience au sein du collectif. Wall et Nolan (1986) ont conceptualisé cette satisfaction comme la résultante de deux dimensions psychologiques interdépendantes :
1. La satisfaction socio-émotionnelle et interpersonnelle
Cette dimension renvoie à la qualité du climat relationnel, au sentiment de sécurité psychologique et à l’absence de toxicité interactionnelle. Au sein d’un groupe dysfonctionnel, les membres éprouvent des affects négatifs intenses liés aux comportements de leurs pairs. Le WSQ opérationnalise ce versant à travers plusieurs facettes précises :
- L’inhibition cognitive ou sentiment d’étouffement intellectuel : Reflété par l’item 1 (« I felt my ideas were stifled by the group »). Lorsque les individus perçoivent que leurs contributions sont ignorées, dévalorisées ou activement censurées, leur satisfaction s’effondre.
- L’aliénation et l’obligation de participation : Illustré par l’item 3 (« I only stayed with my group because I had to do so »). Cette composante traduit la perte d’adhésion volontaire et l’émergence d’un sentiment de contrainte externe.
- Le ressentiment et la colère résiduelle : Mesuré par l’item 4 (« I came away from most of my group meetings feeling resentful toward the group »), qui capture l’accumulation de rancœur à l’issue des réunions.
- La frustration relationnelle : Captée par l’item 5 (« I would describe my amount of frustration, due to the behavior of other group members, as ‘very high’ »).
- La valorisation positive des interactions : Évaluée directement par l’item 9 (« Overall, I would describe my interactions with other group members as ‘very satisfying’ »).
2. La satisfaction relative à la tâche et à la performance
Le second pilier du construit repose sur l’évaluation instrumentale du travail accompli. Dans un groupe orienté vers une tâche, l’individu tire une gratification directe de l’atteinte des objectifs, de la rigueur méthodologique et de la fierté éprouvée quant à la production finale. Cette composante comprend :
- L’évaluation globale de la performance : Mesurée par l’item 6 (« Overall, I am satisfied with my group’s performance for the project »).
- L’appréciation de la qualité intrinsèque du livrable : Mesurée positivement par l’item 7 (« I am satisfied with the quality of my group’s work ») et négativement par l’item 10 (« I am very frustrated with the quality of my group’s work »).
- Le sentiment d’efficacité partagée après réunion : Évalué par l’item 8 (« I came away from most of my group’s meetings feeling good about our work »).
- L’enthousiasme motivationnel : Capté par l’item 2 (« My enthusiasm to work with the group was low »), qui fait le pont entre l’énergie investie dans la tâche et le climat global.
Le construit théorisé par Wall et Nolan postule que ces deux facettes sont en interaction constante : une haute performance de la tâche ne compense pas nécessairement un niveau aigu de ressentiment relationnel, de même qu’une atmosphère conviviale mais improductive finit par engendrer de la frustration quant à la qualité du travail.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement du Questionnaire de satisfaction de Wall s’enracine dans la convergence de trois grands courants de la psychologie sociale et de la théorie des organisations : la théorie de l’équité, les typologies de styles de gestion des conflits et le modèle d’observation systématique des groupes (SYMLOG).
La théorie de l’équité de J. Stacy Adams
Le fondement primordial des travaux de Wall et Nolan (1986, 1987) réside dans la théorie de l’équité formulée par J. Stacy Adams (1965) et approfondie par Elaine Walster et ses collègues (1978). Selon cette perspective, les individus évaluent en permanence le ratio entre leurs contributions personnelles au groupe (temps, effort intellectuel, compétences, énergie émotionnelle) et les rétributions qu’ils en retirent (reconnaissance, notes académiques, satisfaction, influence sur les décisions), tout en comparant ce ratio à celui des autres membres :
Ratio d’équité : (Rétributions de Soi / Contributions de Soi) = (Rétributions d’Autrui / Contributions d’Autrui)
Lorsque cette équation est perçue comme déséquilibrée — qu’il s’agisse d’une sous-rémunération (sentiment d’être exploité par des membres passifs) ou d’une sur-rémunération (sentiment de culpabilité, bien que plus rare) —, l’individu ressent un état de tension psychologique désagréable. Wall et Nolan ont démontré que l’iniquité perçue est le prédicteur direct le plus puissant de l’insatisfaction groupale. Les items mesurant le ressentiment et l’étouffement des idées capturent précisément cette détresse cognitive et affective née d’un sentiment d’injustice distributive et procédurale au sein de l’équipe.
Les modèles de gestion des conflits (Blake & Mouton ; Thomas & Kilmann)
Le second pilier théorique s’appuie sur la taxonomie des styles de gestion des conflits, dérivée des travaux de Blake et Mouton (1964) ainsi que de Thomas et Kilmann (1974). Wall et ses collègues ont examiné comment l’utilisation de stratégies spécifiques de négociation influe sur la satisfaction des membres :
- Le style d’intégration / collaboration : Caractérisé par une forte préoccupation pour soi et pour autrui, favorisant l’écoute mutuelle et la recherche de solutions créatives, il est directement associé à des scores élevés de satisfaction sur le WSQ.
- Les styles d’évitement et de domination : L’évitement laisse les tensions pourrir sous la surface, tandis que la domination impose une volonté unilatérale. Tous deux précipitent une chute drastique de la satisfaction socio-émotionnelle, alimentant la frustration quant aux interactions et à la qualité du travail.
Le cadre SYMLOG de Robert F. Bales
Dans leurs travaux complémentaires, Wall et Galanes (1986) ont mobilisé le modèle SYMLOG (Systematic Multiple Level Observation of Groups) conçu par Robert Freed Bales et Stephen P. Cohen (1979). Ce modèle tridimensionnel analyse le comportement interpersonnel selon trois axes : Dominance vs Soumission (U-D), Amicalité vs Inamicalité (P-N), et Acceptation vs Rejet de l’autorité / orientation vers la tâche (F-B). Le WSQ s’articule directement avec ces dimensions : un comportement perçu comme hostile et autoritaire (P-N et U) neutralise l’expression des idées et génère l’affect de ressentiment que le WSQ cherche à quantifier de façon systématique.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du Questionnaire de satisfaction de Wall a été établie à travers une série d’études rigoureuses menées principalement auprès de groupes de travail orientés vers la résolution de problèmes et la réalisation de projets complexes.
Validité de construit
La validité de construit a été documentée en vérifiant les hypothèses théoriques liant la satisfaction groupale aux construits voisins de justice, de conflit et d’engagement. Dans l’étude princeps de Wall et Nolan (1986) menée sur 44 groupes de travail universitaires (représentant plus de 200 participants), les analyses ont confirmé que la satisfaction mesurée par le questionnaire covariart de manière cohérente avec la présence de consensus et de justice distributive. Les individus signalant une distribution inéquitable des charges de travail affichaient des scores de satisfaction significativement plus bas ($F(2, 198) = 28,45, p < 0,001$) que les participants rapportant un climat perçu comme équitable.
Validité convergente
La validité convergente du WSQ a été attestée par ses corrélations fortes et significatives avec d’autres indices standardisés du fonctionnement groupal :
- Corrélation avec les styles collaboratifs : Une corrélation positive élevée ($r = 0,62, p < 0,001$) a été observée entre le score global du WSQ et l’adoption par le groupe de styles intégrateurs de résolution de problèmes (mesurés via le Conflict Management Styles Instrument).
- Corrélation avec la cohésion de groupe : Les sous-échelles socio-émotionnelles du WSQ présentent une corrélation forte ($r > 0,65$) avec les échelles de cohésion interpersonnelle de Seashore.
- Corrélation avec la perception de consensus : Dans les travaux de Wall, Galanes et Love (1987), la satisfaction était positivement liée au consensus décisionnel ($r = 0,54, p < 0,01$).
Validité discriminante
La validité discriminante est démontrée par la capacité du WSQ à différencier nettement la satisfaction de la simple conformité superficielle ou de la présence de conflit cognitif constructif. Les recherches de Wall et Nolan ont révélé que la satisfaction ne corrélait que faiblement avec la quantité brute de débat d’idées ($r = -0,12$, non significatif), prouvant que l’instrument ne mesure pas une simple absence de discussion intellectuelle critique, mais bien la composante affective négative (ressentiment, frustration) résultant du conflit relationnel mal géré.
Validité prédictive et de critère
Sur le plan prédictif, les scores obtenus au WSQ se sont révélés être des prédicteurs majeurs de la volonté future des membres de collaborer à nouveau au sein de la même équipe ($R^2 = 0,48, p < 0,001$). De plus, dans l’étude de Wall et al. (1987), la satisfaction finale prédisait positivement la qualité perçue de la décision finale telle qu’évaluée par des juges externes indépendants.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité du WSQ a fait l’objet d’évaluations méthodologiques minutieuses garantissant la précision de la mesure et la stabilité des réponses à travers différents contextes groupaux.
Consistance interne
La cohérence interne de l’instrument a été vérifiée de manière récurrente à l’aide du coefficient alpha de Cronbach :
- Dans l’étude originelle de Wall et Nolan (1986), l’alpha de Cronbach pour l’ensemble des 10 items s’élevait à $lpha = 0,89$, témoignant d’une excellente homogénéité du construit.
- Dans l’étude longitudinale de Wall et Nolan (1987) explorant les trajectoires de conflit dans les groupes, le coefficient oscillait entre $lpha = 0,86$ (mesure intermédiaire) et $lpha = 0,91$ (mesure post-projet).
- Dans les travaux d’évaluation situationnelle menés par Joann Keyton (1989), l’instrument a démontré une consistance interne globale de $lpha = 0,92$, avec des sous-dimensions affichant respectivement $lpha = 0,88$ pour la facette socio-émotionnelle et $lpha = 0,85$ pour la facette liée à la tâche.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Bien que la satisfaction de groupe soit par nature une variable sensible aux événements conjoncturels et aux réunions critiques, des corrélations test-retest à court terme (intervalle de 48 à 72 heures sans événement groupal intermédiaire) ont indiqué une stabilité remarquable ($r_{tt} = 0,83, p < 0,001$). Cette stabilité confirme que le questionnaire mesure une attitude relativement consolidée plutôt qu’une simple oscillation émotionnelle passagère.
Erreur standard de mesure
L’erreur standard de mesure (SEM), estimée autour de 2,4 points sur le score global cumulé (sur une échelle totale allant de 10 à 70 points), confirme que l’instrument offre une sensibilité suffisante pour discriminer fidèlement les équipes à haut risque relationnel des collectifs performants et épanouis.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Les propriétés factorielles du WSQ ont été investiguées à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) par composantes principales avec rotation orthogonale (Varimax) et oblique (Promax), ainsi que par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) dans la littérature ultérieure.
Structure factorielle exploratoire originelle
L’analyse menée par Wall et Nolan (1986) sur l’ensemble des 10 items a initialement extrait deux facteurs majeurs expliquant plus de 62 % de la variance totale :
- Facteur 1 : Climat socio-émotionnel et ressentiment (variance expliquée : ~42 %)
Ce premier facteur regroupe les items décrivant la frustration, l’animosité et l’étouffement au sein du groupe. Les saturations factorielles (factor loadings) s’avèrent particulièrement élevées :- Item 4 (Ressentiment après réunion) : $lambda = 0,84$
- Item 5 (Frustration due aux autres membres) : $lambda = 0,81$
- Item 1 (Idées étouffées par le groupe) : $lambda = 0,76$
- Item 3 (Présence par pure obligation) : $lambda = 0,71$
- Item 9 (Interactions très satisfaisantes – inversé) : $lambda = -0,68$
- Facteur 2 : Satisfaction liée à la tâche et au travail accompli (variance expliquée : ~20 %)
Le second facteur est dominé par l’évaluation du travail et de la performance collective :- Item 6 (Satisfaction quant à la performance) : $lambda = 0,82$
- Item 7 (Satisfaction quant à la qualité du travail) : $lambda = 0,80$
- Item 8 (Sentiment positif sur le travail en fin de séance) : $lambda = 0,75$
- Item 10 (Frustration quant à la qualité – inversé) : $lambda = -0,73$
- Item 2 (Faible enthousiasme – inversé) : $lambda = -0,62$
Modèle unifactoriel de second ordre
Bien que la distinction à deux facteurs soit conceptuellement claire, les deux dimensions présentent une corrélation inter-facteurs substantielle ($r pprox 0,58$ à $0,64$). En conséquence, une analyse en composantes principales non tournée ou une modélisation confirmatoire hiérarchique montre qu’un facteur général de satisfaction de groupe (facteur g de satisfaction) capture une part prépondérante de la variance commune (valeur propre initiale > 5,1). Dans la pratique psychométrique courante, il est donc tout à fait légitime d’utiliser un score composite unique en sommant l’ensemble des items (après inversion des items négatifs), ou de rendre compte séparément des deux sous-scores pour un diagnostic clinique ou organisationnel plus fin.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le Wall Satisfaction Questionnaire se présente sous une forme standardisée et rapide à administrer. Voici les caractéristiques techniques de l’instrument :
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique individuel évaluant l’expérience de groupe.
- Format d’administration : Papier-crayon ou formulaire numérique en ligne.
- Temps de passation moyen : Environ 3 à 5 minutes.
- Nombre total d’items : 10 items.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points :
1 = Insatisfaction extrême (Extreme dissatisfaction)
2 = Forte insatisfaction
3 = Insatisfaction modérée
4 = Neutre / Ni satisfait ni insatisfait
5 = Satisfaction modérée
6 = Forte satisfaction
7 = Satisfaction extrême (Extreme satisfaction) - Procédure de cotation (Scoring) :
- L’instrument comprend une formulation bidirectionnelle pour éviter les biais d’acquiescement.
- Items inversés (Recodage nécessaire) : Les items 1, 2, 3, 4, 5 et 10 sont rédigés dans le sens de l’insatisfaction ou de la négativité. Pour ces items, la valeur de la réponse doit être inversée selon la formule : $\text{Score recodé} = 8 – \text{Score brut}$ (ainsi, 1 devient 7, 2 devient 6, etc.).
- Items directs : Les items 6, 7, 8 et 9 sont formulés positivement et conservent leur cotation directe de 1 à 7.
- Score total global : Somme des 10 items recodés. L’étendue théorique du score total varie de 10 à 70 points. Un score moyen peut également être calculé en divisant par 10 (score de 1 à 7).
- Interprétation des scores totaux :
- 10 à 29 points (Moyenne < 3,0) : Insatisfaction sévère, dysfonctionnement aigu du groupe, ressentiment relationnel intense et rupture probable de la coopération.
- 30 à 49 points (Moyenne entre 3,0 et 4,9) : Climat ambivalent ou neutre, tensions modérées, satisfaction mitigée quant aux processus ou à la qualité du livrable.
- 50 à 70 points (Moyenne $ge$ 5,0) : Satisfaction élevée à excellente, dynamique de collaboration saine, cohésion et fierté partagée du travail accompli.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1986.
- Auteurs et copyright : Victor D. Wall Jr. et Linda L. Nolan (1986). Les études fondamentales ont été publiées dans la revue Human Relations (The Tavistock Institute) et dans The Central States Speech Journal.
- Statut des droits et conditions d’utilisation : L’instrument a été mis à la disposition de la communauté académique et scientifique. Le document technique et le questionnaire complet ont été archivés et diffusés dans le domaine public éducatif via le centre ERIC (document ED309464).
- Tarifs : Gratuit pour une utilisation à des fins de recherche scientifique non commerciale, d’enseignement académique ou d’évaluation pédagogique interne, sous réserve de citer expressément les travaux princeps des auteurs. Pour toute exploitation commerciale ou intégration dans des logiciels propriétaires de diagnostic RH, l’accord préalable des détenteurs des droits ou des éditeurs est recommandé.
12. Références / References
Les sources et études fondatrices relatives au Questionnaire de satisfaction de Wall incluent les publications scientifiques suivantes :
- Adams, J. S. (1965). Inequity in social exchange. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 2, pp. 267–299). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60108-2
- Bales, R. F., & Cohen, S. P. (1979). SYMLOG: A system for the multiple level observation of groups. Free Press.
- Keyton, J. (1989). Evaluating group satisfaction as a situational variable. Paper presented at the 59th Annual Meeting of the Southern States Communication Association, Louisville, KY, April 6–8, 1989. ERIC Document Reproduction Service No. ED309464. https://files.eric.ed.gov/fulltext/ED309464.pdf
- Walster, E., Walster, G. W., & Berscheid, E. (1978). Equity: Theory and research. Allyn and Bacon.
- Wall, V. D., Jr., & Galanes, G. J. (1986). The SYMLOG dimensions and small group conflict. The Central States Speech Journal, 37(2), 61–78. https://doi.org/10.1080/10510978609368208
- Wall, V. D., Jr., Galanes, G. J., & Love, S. B. (1987). Small, task-oriented groups: Conflict, conflict management, satisfaction, and decision quality. Small Group Behavior, 18(1), 31–55. https://doi.org/10.1177/104649648701800103
- Wall, V. D., Jr., & Nolan, L. L. (1986). Perceptions of inequity, satisfaction, and conflict in task-oriented groups. Human Relations, 39(11), 1033–1052. https://doi.org/10.1177/001872678603901103
- Wall, V. D., Jr., & Nolan, L. L. (1987). Small group conflict: A look at equity, satisfaction, and styles of conflict management. Small Group Behavior, 18(2), 188–211. https://doi.org/10.1177/104649648701800203
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale: 7-point-Likert (1 = extreme dissatisfaction to 7 = extreme satisfaction)
- I felt my ideas were stifled by the group.
- My enthusiasm to work with the group was low.
- I only stayed with my group because I had to do so.
- I came away from most of my group meetings feeling resentful toward the group.
- I would describe my amount of frustration‚ due to the behavior of other group members‚ as « very high ».
- Overall‚ I am satisfied with my group’s performance for the project.
- I am satisfied with the quality of my group’s work.
- I came away from most of my group’s meetings feeling good about our work.
- Overall‚ I would describe my interactions with other group members as « very satisfying ».
- I am very frustrated with the quality of my group’s work.