Questionnaire de qualité de vie de McGill (MQOL)

Le Questionnaire de qualité de vie de McGill (MQOL) est un instrument psychométrique développé pour mesurer la qualité de vie en soins palliatifs et oncologie avancée, intégrant les dimensions physiques, psychologiques, existentielles et sociales.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire de qualité de vie de McGill (McGill Quality of Life Questionnaire, MQOL) est un instrument de mesure psychométrique conçu spécifiquement pour évaluer la qualité de vie chez les personnes atteintes de maladies graves ou évolutives, en particulier dans les phases avancées du cancer et en contexte de soins palliatifs. Élaboré au milieu des années 1990 par S. Robin Cohen et Balfour M. Mount à l’Université McGill de Montréal, le MQOL répond aux lacunes des outils oncologiques traditionnels qui surpondéraient l’état fonctionnel et les limitations physiques au détriment de la sphère psychologique et spirituelle.

Le questionnaire est structuré en plusieurs sections : la partie A mesure un score global de qualité de vie sur un item unique ; la partie B aborde les symptômes physiques (jusqu’à trois symptômes rapportés par le patient) et le bien-être physique global ; la partie C examine les dimensions psychologiques, existentielles et le soutien social ; et la partie D (optionnelle) permet de recueillir qualitativement les éléments ayant influencé la qualité de vie du patient. Au total, le MQOL comprend 16 items quantitatifs cotés sur une échelle numérique allant de 0 à 10, évaluant les expériences vécues au cours des deux derniers jours. Les analyses factorielles confirment l’existence de quatre à cinq domaines distincts : les symptômes physiques, l’état physique, le bien-être psychologique, le bien-être existentiel et le soutien social.

Sur le plan métrique, le MQOL présente d’excellentes qualités psychométriques avec un coefficient alpha de Cronbach global oscillant généralement entre 0,83 et 0,88 selon les cohortes cliniques. Sa validité convergente et sa validité de construit ont été abondamment démontrées par des corrélations significatives avec d’autres échelles reconnues telles que le Spitzer Quality of Life Index ou l’EORTC QLQ-C30. Sa contribution majeure à la psychométrie clinique réside dans la validation empirique du rôle pivot du domaine existentiel dans la préservation d’une qualité de vie subjective élevée, même face au déclin corporel terminal.

2. Mots-clés / Keywords

Qualité de vie, soins palliatifs, McGill Quality of Life Questionnaire, MQOL, bien-être existentiel, oncologie, psychométrie, détresse psychologique, santé perçue, évaluation clinique.

3. Auteurs / Authors

Le Questionnaire de qualité de vie de McGill a été conçu par une équipe interdisciplinaire de chercheurs et de cliniciens affiliés à la division de soins palliatifs et au département d’oncologie de l’Université McGill ainsi qu’à l’Hôpital Royal Victoria de Montréal (Québec, Canada) :

  • S. Robin Cohen, Ph.D. : Professeure émérite au Département d’oncologie et à l’École de sciences infirmières Ingram de l’Université McGill. Chercheuse principale dans le développement et la validation transculturelle du MQOL et de ses dérivés (MQOL-Expanded). Affiliation institutionnelle : Centre de recherche translationnelle sur le cancer Segal, Hôpital général juif, Montréal, Canada. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Balfour M. Mount, O.C., O.Q., M.D., FRCSC : Chirurgien urologue, professeur émérite de médecine palliative à l’Université McGill. Il est universellement reconnu comme le père fondateur des soins palliatifs en Amérique du Nord, ayant créé en 1975 la première unité hospitalière intégrée de soins palliatifs au monde à l’Hôpital Royal Victoria.
  • Monique I. Strobel, M.Sc. et Flavie Bui, M.Sc. : Collaboratrices scientifiques et biostatisticiennes associées aux premières études de validation psychométrique à l’Université McGill.
  • Eduardo Bruera, M.D. : Oncologue et spécialiste de renommée mondiale en médecine palliative (actuellement au MD Anderson Cancer Center, University of Texas), ayant co-dirigé les études de validation multicentriques canadiennes du MQOL.

4. Objectif / Purpose

Contexte clinique et justification épistémologique

L’évaluation de la qualité de vie liée à la santé (HRQoL) a longtemps été dominée par des instruments biomédicaux issus de la recherche oncologique curative, tels que les questionnaires de l’EORTC (EORTC QLQ-C30) ou de la FACT (Functional Assessment of Cancer Therapy). Bien que rigoureux, ces outils reposent sur un paradigme où la qualité de vie est largement indexée sur l’autonomie motrice, la capacité de travail et la préservation fonctionnelle. Or, en soins palliatifs et en phase terminale de maladies chroniques (cancers avancés, insuffisance cardiaque terminale, maladies neurodégénératives), les capacités fonctionnelles et physiques subissent une dégradation inéluctable.

Si la qualité de vie était strictement fonctionnelle, toute personne en phase palliative terminale obtiendrait nécessairement un score tendant vers zéro. Pourtant, les observations cliniques des équipes soignantes montraient l’exact opposé : de nombreux patients, malgré une dépendance physique totale et une charge symptomatique lourde, rapportaient un sentiment de paix intérieure, une plénitude existentielle et une qualité de vie globale jugée satisfaisante, voire excellente. L’objectif fondamental de la création du MQOL était de corriger ce biais méthodologique en concevant une échelle capable d’appréhender la qualité de vie globale sans la confondre avec la seule performance fonctionnelle.

Applications en recherche et en pratique clinique

Le MQOL remplit une triple fonction dans l’écosystème médical et psychologique contemporain :

  • Mesure de résultats cliniques rapportés par les patients (PROMs) : Permettre aux cliniciens de suivre en temps réel la réponse aux traitements symptomatiques, aux thérapies de soutien et aux interventions psycho-oncologiques.
  • Recherche évaluative en soins palliatifs : Servir de critère d’efficacité primaire ou secondaire dans les essais cliniques randomisés comparant différentes stratégies d’accompagnement ou de gestion de la douleur et des symptômes réfractaires.
  • Outil de communication interpersonnelle : La structure semi-ouverte du MQOL (notamment la désignation libre des symptômes les plus invalidants en Partie B et la section narrative en Partie D) sert de médiateur de parole entre le malade, sa famille et l’équipe interdisciplinaire pour identifier les priorités vécues par la personne en fin de vie.

Le choix d’un horizon temporel resserré (« over the past 2 days » / au cours des 2 derniers jours) est expressément calibré pour la trajectoire instable des patients en phase avancée, chez qui un horizon temporel de plusieurs semaines ou mois serait inopérant en raison des fluctuations journalières rapides de l’état clinique.

5. Construit psychologique / Construct

Le MQOL opérationnalise la qualité de vie comme une entité multidimensionnelle et dynamique, déterminée par l’interaction subjective de cinq construits fondamentaux :

1. Score global de qualité de vie (Partie A)

Ce construit unitaire évalue l’intégration cognitive et affective globale que fait le sujet de son existence immédiate, en intégrant explicitement les domaines physique, émotionnel, social, spirituel et financier. Il sert de point d’ancrage subjectif indépendant du détail des symptômes.

2. Symptômes physiques et fardeau corporel (Partie B, items 1 à 3)

Contrairement aux listes de contrôle fixes qui imposent une liste prédéfinie de symptômes pouvant être sans rapport avec la réalité du sujet, le MQOL adopte une approche semi-individualisée. Le patient nomme lui-même jusqu’à trois symptômes corporels qui constituent ses plus grands problèmes (par exemple : nausées, dyspnée, asthénie, constipation, douleur neuropathique) et cote la gravité de chacun sur une échelle de 0 à 10. Ce construit reflète le fardeau symptomatique perçu.

3. Bien-être physique général (Partie B, item 4)

Ce construit évalue la sensation somatique globale (« Over the past 2 days I have felt physically terrible / physically well »). Il capture l’expérience corporelle unifiée du patient, distincte de l’intensité ponctuelle d’un symptôme particulier.

4. Bien-être psychologique (Partie C, items 5 à 8)

Cette dimension quantifie les états affectifs négatifs fréquemment rencontrés en situation d’affection létale :

  • L’humeur dépressive (item 5) ;
  • L’anxiété et la nervosité (item 6) ;
  • La tristesse chronique ou envahissante (item 7) ;
  • L’appréhension et la terreur face au futur (item 8), mesurant l’angoisse anticipatoire de la mort et de l’agonie.

5. Bien-être existentiel (Partie C, items 9 à 14)

Il s’agit du cœur théorique distinctif du MQOL. Cette dimension regroupe des concepts issus de la philosophie existentielle et de la logothérapie :

  • Sens et finalité de la vie (Item 9) : Degré auquel la vie est ressentie comme ayant une signification ou étant vide de sens.
  • Accomplissement des objectifs de vie (Item 10) : Perception de réalisation personnelle et de plénitude face à sa trajectoire de vie.
  • Valeur intrinsèque de la vie (Item 11) : Sentiment que la vie passée et présente en a valu la peine (worthwhile).
  • Locus de contrôle et agentivité (Item 12) : Sentiment de maîtrise et de contrôle sur sa propre existence, préservant l’autonomie décisionnelle malgré la dépendance physique.
  • Estime de soi et dignité (Item 13) : Sentiment de valeur personnelle intacte en tant qu’être humain (self-worth).
  • Appréciation existentielle du temps (Item 14) : Perception des jours vécus soit comme un fardeau intolérable, soit comme un don précieux (a burden vs a gift).

6. Soutien social (Partie C, items 15 et 16)

Cette composante évalue la perception de l’environnement relationnel et sociétal. L’item 15 mesure le sentiment de vivre dans un monde attentif et bienveillant envers ses besoins par opposition à un environnement impersonnel et indifférent. L’item 16 évalue le sentiment d’être soutenu de manière tangible et affective par ses proches et la communauté.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’héritage de Viktor Frankl et la logothérapie

Le soubassement conceptuel du MQOL s’ancre profondément dans la logothérapie formulée par le psychiatre autrichien Viktor Frankl dans son ouvrage fondamental Découvrir un sens à sa vie (1946). Frankl postule que la principale force motrice de l’être humain n’est ni le principe de plaisir freudien ni la volonté de puissance adlérienne, mais la « volonté de sens » (will to meaning). Selon Frankl, l’individu conserve la liberté ultime de choisir son attitude face à la souffrance inévitable, trouvant un sens à l’existence même dans les conditions les plus tragiques de la finitude.

Balfour Mount a transposé cette vision ontologique au lit du malade mourant. Le MQOL postule qu’un individu dont l’intégrité biologique s’effondre peut néanmoins faire l’expérience d’une transcendance et d’une maturation psychologique si sa quête de sens est préservée. L’absence de corrélation directe entre le déclin physique et la qualité de vie globale s’explique théoriquement par le fait que le domaine existentiel agit comme un médiateur psychologique puissant amortissant le choc du déclin somatique.

Le modèle de la douleur totale de Dame Cicely Saunders

Le questionnaire s’inspire également des travaux précurseurs de Dame Cicely Saunders sur le concept de « douleur totale » (total pain). Saunders soutenait que la souffrance des patients en fin de vie résulte de l’entrelacement indissociable de quatre dimensions : physique, psychologique, sociale et spirituelle. Tout outil évaluant la qualité de vie qui omettrait le spirituel ou l’existentiel commettrait une erreur de spécification majeure en occultant les souffrances morales et l’angoisse de néantisation.

Salutogenèse et sens de la cohérence d’Antonovsky

Enfin, le modèle théorique intègre la perspective de la salutogenèse développée par Aaron Antonovsky. Le concept de « sens de la cohérence » (Sense of Coherence, SOC) explique pourquoi certains individus maintiennent un équilibre psychique supérieur face à des facteurs de stress extrêmes. Dans le MQOL, les items mesurant le sentiment de contrôle, l’utilité ressentie et la perception du monde comme un lieu réceptif opérationnalisent les composantes de compréhensibilité, de gérabilité et de significativité d’Antonovsky.

7. Validité / Validity

Validité de contenu

La validité de contenu a été établie dès la phase initiale de conception par Cohen et al. (1995) via des entretiens approfondis menés auprès de patients atteints de cancer à divers stades de la maladie (phase active, curative et phase palliative), de soignants et de professionnels multidisciplinaires (médecins, infirmières, psychologues, aumôniers). Les patients ont spécifiquement insisté sur le fait que la capacité à marcher ou à travailler ne définissait pas leur qualité de vie, mais que le sentiment de rester digne, aimé et connecté à un dessein personnel était primordial.

Validité convergente et concurrente

Dans l’étude princeps menée auprès de 145 patients (Cohen et al., 1995), les corrélations de Pearson ont confirmé une convergence robuste :

  • Le score total du MQOL corrèle significativement avec l’indice de qualité de vie de Spitzer (Spitzer QL-Index) ($r = 0,69$, $p < 0,001$).
  • L’item de qualité de vie globale (Partie A) corrèle à $r = 0,59$ avec le score total du MQOL et à $r = 0,66$ avec le Spitzer QL-Index.
  • Les sous-échelles psychologique et physique du MQOL présentent des corrélations modérées à fortes avec les dimensions équivalentes de l’EORTC QLQ-C30 ($r = 0,55$ à $r = 0,72$).

Validité discriminante

Une découverte psychométrique centrale des études de Cohen et al. (1995, 1997) est la corrélation très faible entre l’indice de performance fonctionnelle de Karnofsky (KPS) ou l’échelle ECOG et le score total du MQOL ($r = 0,22$ à $0,31$). De plus, la sous-échelle existentielle ne présente aucune corrélation significative avec le statut de performance physique ($r < 0,15$, non significatif). Cette absence de liaison statistique forte prouve la validité discriminante du MQOL : il mesure bien la qualité de vie vécue et non le niveau de performance locomotrice ou l'autonomie physique.

Modélisation prédictive et importance du domaine existentiel

Dans l’étude multicentrique canadienne (Cohen et al., 1997) regroupant 394 patients suivis en milieu hospitalier, ambulatoire et à domicile, des régressions linéaires multiples ont été conduites pour prédire l’item de qualité de vie globale (Partie A) à partir des sous-échelles du MQOL. Les résultats ont montré que le domaine existentiel expliquait la plus grande part de variance unique ($R^2$ partiel le plus élevé), surpassant le domaine des symptômes physiques. Ce résultat empirique a révolutionné l’évaluation palliative en démontrant que l’apaisement existentiel est le premier déterminant de la qualité de vie en fin de vie.

8. Fidélité / Reliability

Cohérence interne

La consistance interne du MQOL a été évaluée à de multiples reprises dans des populations multiculturelles et des milieux cliniques variés. Les valeurs du coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) issues des principales études de validation se répartissent comme suit :

  • Score total du MQOL : $lpha = 0,83$ à $0,88$, indiquant une excellente consistance interne sans redondance excessive des items.
  • Sous-échelle Bien-être psychologique (4 items) : $lpha = 0,82$ à $0,86$.
  • Sous-échelle Bien-être existentiel (6 items) : $lpha = 0,75$ à $0,83$.
  • Sous-échelle Symptômes physiques (3 items cotés) : $lpha = 0,65$ à $0,78$ (la modération relative de l’alpha s’explique par l’hétérogénéité des symptômes choisis librement par les patients).
  • Sous-échelle Bien-être physique (item unique ou combiné) : Métriquement corrélé aux symptômes physiques.
  • Sous-échelle Soutien social (2 items) : $lpha = 0,60$ à $0,74$ (acceptable pour une échelle brève de deux items).

Fidélité test-retest

L’évaluation de la stabilité temporelle par test-retest pose un défi méthodologique en soins palliatifs en raison de la détérioration clinique naturelle ou de l’ajustement rapide des thérapeutiques antalgiques. Dans l’étude de Cohen et al. (1995), une fidélité test-retest a été administrée à un sous-groupe de patients stables à un intervalle de 2 jours (48 heures). Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) se sont échelonnés entre 0,70 et 0,86 pour les différentes sous-échelles et le score total, attestant d’une stabilité temporelle remarquable tout en préservant la sensibilité aux variations cliniques réelles.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Analyses factorielles exploratoires (AFE)

Lors de la validation initiale menée par Cohen et al. (1995, 1997), des analyses factorielles exploratoires avec rotation orthogonale (Varimax) et oblique (Oblimin) ont été menées sur les 16 items des parties B et C. Ces analyses ont mis en évidence une structure à quatre ou cinq facteurs selon le traitement des items physiques :

  1. Facteur Existenciel : Items 9, 10, 11, 12, 13 et 14. Les saturations factorielles s’échelonnent de 0,52 à 0,82. Ce facteur capte la plus grande part de variance de l’échelle.
  2. Facteur Psychologique : Items 5, 6, 7 et 8. Saturations factorielles comprises entre 0,64 et 0,86. Ce facteur se distingue nettement des préoccupations physiques.
  3. Facteur Symptômes physiques : Items 1, 2 et 3 de la partie B. Saturations comprises entre 0,60 et 0,78.
  4. Facteur Bien-être physique : L’item 4 (« physically terrible / physically well ») sature soit sur son propre facteur isolé, soit conjointement avec les symptômes physiques dans une solution à quatre facteurs.
  5. Facteur Soutien social : Items 15 et 16. Saturations factorielles de 0,68 et 0,84.

Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Des travaux ultérieurs de validation transculturelle (notamment les versions en français, mandarin, espagnol, allemand, suédois et japonais) ont testé la validité de cette structure via des analyses d’équations structurelles (SEM). Les indices d’ajustement de l’AFC confirment l’adéquation du modèle théorique à 4 ou 5 sous-échelles avec des indices de conformité satisfaisants :

  • Comparative Fit Index (CFI) $> 0,92$
  • Tucker-Lewis Index (TLI) $> 0,90$
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $< 0,06$ ($IC_{90%} [0,048 ; 0,072]$)
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) $< 0,055$

Ces résultats confirment que le modèle factoriel multidimensionnel est invariant à travers différents profils nosologiques et contextes culturels de soins palliatifs.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Questionnaire de qualité de vie de McGill (McGill Quality of Life Questionnaire — MQOL).
  • Typologie : Auto-questionnaire patient rapporté (PROM), administrable sous forme d’hétéro-évaluation assistée par un soignant ou un assistant de recherche si le patient présente une asthénie majeure.
  • Nombre total d’items :
    • Partie A : 1 item global (qualité de vie générale) ;
    • Partie B : 4 items physiques (items 1 à 3 = symptômes physiques auto-générés ; item 4 = bien-être physique général) ;
    • Partie C : 12 items (items 5 à 8 = domaine psychologique ; items 9 à 14 = domaine existentiel ; items 15 et 16 = soutien social) ;
    • Partie D : Section qualitative ouverte (optionnelle).
    • Total des items quantitatifs analysés : 16 items (items 1 à 16) + 1 item global (Partie A).
  • Période de référence temporelle : Les deux derniers jours (« over the past 2 days »).
  • Échelle de réponse : Échelle numérique continue de 0 à 10 pour chaque item, bornée par des ancres sémantiques bipolaires textuelles.
  • Cotation et inversion des scores :
    • Le principe du MQOL est qu’un score final plus élevé reflète toujours une meilleure qualité de vie (échelle de 0 à 10).
    • Pour les items formulés négativement (où 10 correspond au pire état ou au symptôme maximal), le score doit être inversé avant le calcul en appliquant la formule : $\text{Score ajusté} = 10 – \text{Score brut}$.
    • Les items nécessitant une inversion sont : les items de symptômes 1, 2 et 3 de la partie B (où 10 = « Tremendous problem »), les items psychologiques 5, 6, 7 et 8 de la partie C (où 10 = « Extremely / Always / Terrified »), et l’item 13 (où l’ancrage inversé stipule 1 = « Completely agree » et 10 = « Completely disagree »).
    • Les items positifs (item 4, items 9, 10, 11, 12, 14, 15, 16) conservent leur valeur directe (0 = pire, 10 = optimal).
  • Calcul des sous-scores et du score total :
    • Score de la sous-échelle Symptômes physiques : Moyenne des items 1, 2 et 3 inversés. Si le patient n’a rapporté aucun symptôme physique (mention « none »), le score attribué à cette sous-échelle est de 10.
    • Score de la sous-échelle État physique : Valeur de l’item 4.
    • Score de la sous-échelle Psychologique : Moyenne des scores ajustés des items 5, 6, 7 et 8.
    • Score de la sous-échelle Existentielle : Moyenne des scores des items 9, 10, 11, 12, 13 (inversé) et 14.
    • Score de la sous-échelle Soutien : Moyenne des scores des items 15 et 16.
    • Score Total MQOL : Calculé comme la moyenne arithmétique des quatre ou cinq sous-échelles (ou la moyenne des 16 items individuels ajustés). Le score total varie ainsi entre 0 et 10.
  • Temps de passation estimé : 5 à 10 minutes en moyenne.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de première publication : 1995 (première publication princeps par le Dr S. Robin Cohen et al. dans la revue Palliative Medicine). Version élargie (MQOL-E) publiée en 2006/2019.
  • Statut du droit d’auteur : Le McGill Quality of Life Questionnaire est la propriété intellectuelle de ses auteurs et de l’Université McGill.
  • Politique d’accès et frais d’utilisation : L’instrument est accessible gratuitement (sans frais de licence) pour une utilisation clinique courante, les soins aux malades et la recherche académique à but non lucratif.
  • Conditions d’utilisation : L’intégrité du texte et des ancres doit être scrupuleusement respectée. Les citations appropriées des articles princeps de Cohen et al. (1995, 1997) sont obligatoires dans toute communication, mémoire, thèse ou publication scientifique exploitant l’échelle. Pour toute utilisation commerciale ou industrielle (par exemple, dans le cadre d’un essai clinique parrainé par une entreprise pharmaceutique à but lucratif), une autorisation préalable doit être demandée auprès du bureau de transfert de technologie ou de valorisation de la recherche de l’Université McGill.

12. Références / References

  • Cohen, S. R., Mount, B. M., Strobel, M. I., & Bui, F. (1995). The McGill Quality of Life Questionnaire: A measure of quality of life appropriate for people with advanced disease. A preliminary study of validity and acceptability. Palliative Medicine, 9(3), 207–219. https://doi.org/10.1177/026921639500900306
  • Cohen, S. R., Mount, B. M., Bruera, E., Provost, M., Rowe, J., & Tong, K. (1997). Validity of the McGill Quality of Life Questionnaire in the palliative care setting: A multi-centre Canadian study demonstrating the importance of the existential domain. Palliative Medicine, 11(1), 3–20. https://doi.org/10.1177/026921639701100102
  • Cohen, S. R., & Mount, B. M. (2000). Living with cancer: « Good » days and « bad » days—What produces them? Cancer, 89(8), 1854–1865. https://doi.org/10.1191/026921601678320304
  • Cohen, S. R., Leis, A., Kuhl, D., Charbonneau, C., Ritvo, P., & Ashbury, F. D. (2006). QOLLTI-F: Measuring family carer quality of life. Palliative Medicine, 20(8), 755–767. https://doi.org/10.1177/0269216306072347
  • Cohen, S. R., Sawatzky, R., Russell, L. B., Shahidi, J., Heyland, D. K., & Gadermann, A. M. (2017). Measuring the quality of life of people at the end of life: The McGill Quality of Life Questionnaire-Expanded. Palliative Medicine, 31(2), 120–129. https://doi.org/10.1177/0269216316659603
  • Frankl, V. E. (1946). Ein Psycholog erlebt das Konzentrationslager (trad. fr. Découvrir un sens à sa vie). Éditions de l’Homme.
  • Spitzer, W. O., Dobson, A. J., Hall, J., Chesterman, E., Levi, J., Shepherd, R., Battista, R. N., & Catchlove, B. R. (1981). Measuring the quality of life of cancer patients: A concise QL-index for use by physicians. Journal of Chronic Diseases, 34(12), 585–597. https://doi.org/10.1016/0021-9681(81)90058-8

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

For the questions in Part “B‚” please list the PHYSICAL SYMPTOMS OR BIGGEST PROBLEMS for you over the past 2 days. (Some examples are pain‚ tiredness‚ weakness‚ nausea‚ vomiting‚ constipation‚ diarrhea‚ trouble sleeping‚ shortness of breath‚ lack of appetite‚ sweating‚ and immobility. Feel free to refer to others if necessary).
2

Circle the number that best shows how big a problem each one has been for you OVER THE PAST 2 DAYS.
3

If‚ over the past 2 days‚ you had NO physical symptoms or problems‚ or only one or two‚ answer for each of the ones you have had and write “none” for the extra questions in Part B‚ then continue with Part C.
4

Over the past 2 days I have felt:
5

Over the past 2 days‚ I have been depressed:
6

Over the past 2 days‚ I have been nervous or worried:
7

Over the past 2 days‚ how much of the time did you feel sad?
8

Over the past 2 days‚ when I thought of the future‚ I was:
9

Over the past 2 days‚ my life has been:
10

Over the past 2 days‚ when I thought about my whole life‚ I felt that in achieving life goals I have:
11

Over the past 2 days‚ when I thought about my life‚ I felt that my life to this point has been:
12

Over the past 2 days‚ I have felt that I have:
13

Over the past 2 days‚ I felt good about myself as a person.
14

To me‚ the past 2 days were:
15

Over the past 2 days‚ the world has been:
16

Over the past 2 days‚ I have felt supported:
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Questionnaire de qualité de vie de McGill (MQOL). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-qualite-de-vie-de-mcgill-mqol/
Looti, Mohammed. “Questionnaire de qualité de vie de McGill (MQOL).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-qualite-de-vie-de-mcgill-mqol/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de qualité de vie de McGill (MQOL).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-qualite-de-vie-de-mcgill-mqol/.