Questionnaire de l’indice de santé de McMaster (MHIQ)

Le Questionnaire de l’indice de santé de McMaster (MHIQ) est un instrument psychométrique pionnier conçu pour évaluer de façon multidimensionnelle l’état fonctionnel physique, émotionnel et social des patients et des populations.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire de l’indice de santé de McMaster (McMaster Health Index Questionnaire, MHIQ) constitue un jalon méthodologique et épistémologique majeur dans le champ de la psychométrie appliquée à la santé publique et à l’épidémiologie clinique. Conçu initialement durant les années 1970 à l’Université McMaster (Hamilton, Ontario, Canada) par une équipe multidisciplinaire de cliniciens et d’épidémiologistes de renom, notamment Larry W. Chambers, David L. Sackett et Charles H. Goldsmith, cet instrument standardisé a été élaboré pour mesurer de manière holistique l’état de santé fonctionnel des populations. S’émancipant du paradigme biomédical réducteur centré exclusivement sur la morbidité somatique et la mortalité, le MHIQ opérationnalise la définition multidimensionnelle de la santé formulée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), laquelle englobe le bien-être physique, psychologique et social.

Le questionnaire est structuré en trois domaines primaires distincts : la fonction physique (Section A), la fonction émotionnelle ou psychologique (Section B) et la fonction sociale (Section C), totalisant 42 items principaux, dont plusieurs contiennent des sous-questions hiérarchisées relatives aux activités de la vie quotidienne, aux capacités sensorielles, à l’estime de soi, au sentiment d’efficacité personnelle et au soutien social. Les formats de réponse combinent des choix binaires (oui/non), des échelles de Likert ordinales graduées en 3 ou 5 points (allant de « tout à fait d’accord » à « tout à fait en désaccord »), ainsi que des échelles catégorielles adaptatives selon la sévérité du handicap fonctionnel. Chaque domaine produit un score indiciaire autonome standardisé, généralement étalonné sur un continuum variant de 0 (niveau fonctionnel le plus altéré) à 1 (fonctionnement optimal).

Sur le plan métrologique, le MHIQ présente des propriétés psychométriques robustes établies dans une variété d’échantillons cliniques (notamment en rhumatologie, en cardiologie et en gériatrie) et communautaires. La cohérence interne montre des coefficients alpha de Cronbach satisfaisants, oscillant entre 0,67 et 0,88 selon les dimensions. La fidélité test-retest à court terme est élevée, avec des coefficients de corrélation intra-classe (CCI) compris entre 0,70 et 0,95. La validité convergente et la sensibilité au changement clinique ont été amplement documentées, confirmant son statut d’outil pionnier de mesure des résultats rapportés par les patients (patient-reported outcome measures, PROMs).

2. Mots-clés / Keywords

Questionnaire de l’indice de santé de McMaster, MHIQ, qualité de vie liée à la santé, fonctionnement physique, bien-être émotionnel, fonctionnement social, épidémiologie clinique, David L. Sackett, évaluation fonctionnelle, psychométrie médicale, mesures rapportées par les patients, rhumatologie.

3. Auteurs / Authors

Le Questionnaire de l’indice de santé de McMaster a été élaboré et perfectionné par un groupe de chercheurs pionniers affiliés au Département d’épidémiologie clinique et de biostatistique (maintenant connu sous le nom de Département des méthodes de recherche en santé, preuves et impact – HEI) de la Faculté des sciences de la santé de l’Université McMaster à Hamilton, Ontario, Canada :

  • Larry W. Chambers, Ph.D. : Épidémiologiste, professeur émérite à l’Université McMaster, reconnu pour ses contributions fondatrices à l’évaluation des services de santé et aux méthodologies d’évaluation fonctionnelle de la population âgée et des maladies chroniques.
  • David L. Sackett, MD, MSc, FRSC (1934–2015) : Père fondateur mondial de la médecine fondée sur les preuves (Evidence-Based Medicine), premier directeur du Département d’épidémiologie clinique et de biostatistique à l’Université McMaster, dont les travaux ont révolutionné la conception des essais cliniques et la mesure rigoureuse des états de santé.
  • Charles H. Goldsmith, Ph.D. : Biostatisticien et professeur émérite à l’Université McMaster et à l’Université Simon Fraser, spécialiste de la méthodologie d’essais cliniques, de la conception expérimentale et de la modélisation statistique des indices de santé.
  • A. Stewart MacPherson, MD : Chercheur en santé publique et épidémiologiste social, ayant joué un rôle clé dans la conceptualisation de la dimension sociale de la santé au sein des enquêtes sanitaires canadiennes.
  • Peter Tugwell, MD, MSc : Rhumatologue clinicien et professeur de médecine à l’Université d’Ottawa et à McMaster, figure de proue de l’intégration des indices fonctionnels dans l’évaluation des thérapeutiques rhumatismales (OMERACT).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du MHIQ est d’offrir une quantification standardisée, reproductible, valide et cliniquement pertinente de l’état de santé fonctionnel individuel et collectif. Développé au cours d’une période de transformation épistémologique où les indicateurs sanitaires traditionnels (taux d’incidence, taux de prévalence, mortalité brute et mortalité standardisée) se révélaient dramatiquement insuffisants pour appréhender le fardeau des maladies chroniques dégénératives, le MHIQ a été conçu pour répondre à une triple exigence : descriptive, évaluative et prédictive.

Sur le plan descriptif, le MHIQ vise à cartographier le profil fonctionnel d’un patient ou d’une communauté selon trois axes indépendants mais interactifs. Contrairement aux approches qui agrègent de force toutes les composantes de la vie en un score global unique et obscur, le MHIQ maintient délibérément la distinction entre la performance motrice/sensorielle (physique), le moral et l’adaptation psychologique (émotionnel), ainsi que le niveau de participation communautaire, professionnelle et relationnelle (social). Cette séparation analytique permet d’éviter l’illusion d’une compensation mathématique artificielle, où un score physique catastrophique pourrait être occulté par un bien-être émotionnel préservé.

Dans sa fonction évaluative, l’instrument a été rigoureusement forgé pour servir d’indicateur d’efficacité au sein des essais cliniques randomisés et des études d’impact organisationnel des services de soins. En rhumatologie, par exemple, lors de l’évaluation de molécules modificatrices du cours de la polyarthrite rhumatoïde, ou en cardiologie lors de réhabilitations post-infarctus du myocarde, le MHIQ détecte si les interventions thérapeutiques produisent une amélioration tangible dans la vie courante des patients, au-delà des marqueurs biologiques ou radiologiques stricts. Il permet ainsi de répondre à la question essentielle de la médecine moderne : le traitement apporte-t-il un bénéfice perçu et fonctionnel substantiel ?

Enfin, sur le plan épidémiologique et décisionnel, le MHIQ a été utilisé pour allouer les ressources de santé communautaire en fonction des besoins réels identifiés dans les populations vulnérables ou vieillissantes, fournissant aux gestionnaires de programmes de santé des données empiriques précises sur les incapacités motrices et l’isolement social prévalant dans diverses cohortes géographiques ou démographiques.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique et fonctionnel sous-jacent au MHIQ s’ancre dans la décomposition tridimensionnelle de la santé humaine. Chaque sous-échelle explore des manifestations observables et des états internes rigoureusement théorisés :

1. La fonction physique (Physical Functioning)

Cette dimension s’attache à évaluer la capacité biologique et locomotrice de l’individu à accomplir les gestes fondamentaux nécessaires à l’indépendance corporelle et à la navigation spatiale. Elle est opérationnalisée à travers plusieurs strates d’exigence mécanique et énergétique :

  • Mobilité globale et endurance : L’aptitude à courir une courte distance en cas d’urgence (300 pieds / 90 mètres), marcher sur une distance intermédiaire (un mille / 1,6 km), monter plusieurs étages d’escaliers sans assistance mécanique.
  • Activités élémentaires de la vie quotidienne (ADL) : L’indépendance fonctionnelle pour s’alimenter, s’habiller, se laver le visage et les mains, se raser, se coiffer et effectuer les transferts posturaux élémentaires (se lever d’une chaise, s’asseoir).
  • Activités instrumentales de la vie quotidienne (IADL) : L’accomplissement de corvées domestiques légères et lourdes (passer le balai, nettoyer le sol, épousseter), faire les courses alimentaires et préparer les repas.
  • Intégrité sensorielle et communicationnelle : L’acuité visuelle fonctionnelle (capacité à lire les petits caractères des journaux, survenue de céphalées post-lecture) et auditive (compréhension d’une conversation multipartite normale, audition des médias télévisuels et radiophoniques), avec ou sans dispositifs de compensation (lunettes, prothèses auditives).

2. La fonction émotionnelle (Emotional Functioning)

La dimension émotionnelle mesure l’équilibre affectif, l’estime de soi, l’agentivité personnelle et la détresse psychologique. Elle puise dans les théories de la psychologie humaniste et de la théorie de l’apprentissage social :

  • Sentiment d’auto-efficacité et estime de soi : Les sentiments d’utilité sociale (« Je suis une personne utile à côtoyer ») opposés aux pensées dysfonctionnelles d’inutilité ou d’échec (« J’ai parfois l’impression que ma vie n’est pas très utile », « J’ai tendance à penser que je suis un échec »).
  • Lieu de contrôle interne vs externe : La perception de maîtriser le cours de son existence (« Je mène ma vie à peu près comme je l’entends », capacité à finaliser les projets entrepris) opposée au fatalisme ou à l’externalisation défaitiste (« La plupart des gens ne réalisent pas à quel point leur vie est contrôlée par des complots secrets »).
  • Optimisme existentiel vs désespoir anomique : Les attitudes prospectives relatives à la vie en société et à l’avenir (« Il n’est guère juste de mettre des enfants au monde vu ce à quoi ressemble le futur »).
  • Affectivité globale : L’auto-évaluation du bonheur général, de la satisfaction existentielle et du tonus thymique au quotidien.

3. La fonction sociale (Social Functioning)

La composante sociale appréhende la santé comme un phénomène relationnel, mesurant l’intégration de la personne dans les réseaux primaires (famille, amis) et secondaires (travail, associations, agences sociales, institutions religieuses) :

  • Rôle professionnel et productivité : Statut d’emploi rémunéré, arrêts de travail pour raison médicale, congé, retraite.
  • Réseaux relationnels informels : Fréquence des contacts interpersonnels, réceptions de visites de proches ou d’amis au cours des sept derniers jours, utilisation active du téléphone pour maintenir le lien social.
  • Participation récréative et communautaire : Participation à des offices religieux, fréquentation du domicile de membres de la famille, loisirs partagés.
  • Vulnérabilité contextuelle et événements de vie : Perturbations sociales majeures subies au cours des douze derniers mois (séparation conjugale, divorce, recours à l’aide sociale/welfare, conflits relationnels sévères).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique structurant le MHIQ se situe à la confluence de la sociologie médicale fonctionnaliste, de la psychologie de la santé naissante des années 1970 et du modèle épidémiologique de l’Université McMaster. Historiquement, le développement de cet instrument a été catalysé par la publication de la charte de l’OMS de 1948, définissant la santé non point comme une simple absence d’infirmité ou de maladie, mais comme un « état complet de bien-être physique, mental et social ».

Sur le plan conceptuel, les concepteurs du MHIQ se sont inspirés de la sociologie du rôle de Talcott Parsons et de sa théorisation du « rôle de malade » (the sick role). Selon Parsons, la maladie n’est pas uniquement un dysfonctionnement cellulaire ou biologique, mais une déviance fonctionnelle qui altère la capacité de l’individu à accomplir ses rôles sociétaux normatifs (travailler, entretenir des liens familiaux, participer à la collectivité). Par conséquent, mesurer la guérison ou l’efficacité thérapeutique impose d’évaluer la restauration de ces capacités de rôle. C’est précisément cette assise fonctionnaliste qui confère à la sous-échelle sociale du MHIQ sa structure axée sur les contacts, la productivité et la vie communautaire.

Sur le versant psychologique, le MHIQ intègre des éléments majeurs de la théorie du lieu de contrôle (locus of control) développée par Julian Rotter, ainsi que les travaux de Martin Seligman sur l’impuissance apprise (learned helplessness). Les items de la section B sondent délibérément si le sujet perçoit ses résultats de vie comme dépendants de ses propres efforts (agentivité) ou s’il se sent manipulé (« l’impression que les autres me bousculent », sentiment d’aliénation sociale). De surcroît, le questionnaire mobilise les concepts de bien-être subjectif et d’hédonisme psychologique opérationnalisés par Bradburn dans son échelle d’équilibre affectif (Affect Balance Scale).

Enfin, la vision méthodologique incarnée par David L. Sackett a ancré l’outil dans une démarche de mesure pragmatique et psychométriquement rigoureuse : l’instrument devait être administrable par auto-questionnaire ou hétéro-questionnaire sans nécessiter un personnel hautement qualifié, tout en démontrant une sensibilité clinique capable de capter les variations incrémentales de la morbidité chronique.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du Questionnaire de l’indice de santé de McMaster a fait l’objet de multiples études de validation empirique conduites auprès de cohortes cliniques diversifiées et de populations générales :

Validité de contenu et d’apparence

Le contenu des items a été dérivé d’une analyse systématique de la littérature médicale existante, combinée à des consultations approfondies d’experts cliniques, d’infirmiers, d’ergothérapeutes, d’épidémiologistes et de panels de patients souffrant de maladies chroniques incapacitantes. Cette démarche itérative a garanti que l’éventail des questions reflétait fidèlement l’ensemble du spectre des répercussions fonctionnelles rencontrées dans les tableaux cliniques complexes.

Validité convergente et concourante

La validité convergente du MHIQ a été documentée en confrontant ses sous-échelles à des critères externes établis :

  • Dimension physique : Dans des cohortes de patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (Chambers et al., 1982 ; Tugwell et al.), le score physique du MHIQ présentait de fortes corrélations négatives avec le nombre d’articulations douloureuses ou tuméfiées (corrélation de Spearman $r = -0,50$ à $-0,68$, $p < 0,001$), ainsi qu’avec les scores d’incapacité de l’indice de Ritchie et le Health Assessment Questionnaire (HAQ). De plus, les corrélations avec la vitesse de sédimentation érythrocytaire (VS) et les temps de marche standardisés étaient statistiquement significatives.
  • Dimension émotionnelle : Les scores de la fonction émotionnelle ont démontré des corrélations modérées à fortes ($r = -0,55$ à $-0,72$) avec des instruments validés d’évaluation de la détresse psychologique et de la dépression, tels que l’inventaire de dépression de Beck (BDI) et le General Health Questionnaire (GHQ) de Goldberg.
  • Dimension sociale : Les corrélations avec les inventaires de réseau social, la taille perçue du soutien social et les mesures d’ajustement social (ex. le Social Adjustment Scale) ont varié de $r = 0,42$ à $0,61$, confirmant que la section mesure adéquatement l’intensité du lien social sans se confondre avec l’affect subjectif.

Validité discriminante

Le MHIQ a démontré une excellente capacité à discriminer entre des sous-groupes de patients présentant des niveaux de sévérité pathologique contrastés. Par exemple, l’échelle différencie avec une grande précision statistique ($p < 0,001$) les sujets ambulatoires non institutionnalisés des patients hospitalisés ou résidant en établissements de soins de longue durée. De même, les analyses ont confirmé que le sous-score émotionnel discriminait efficacement les individus présentant des troubles anxio-dépressifs comorbides indépendamment de leur niveau de handicap locomoteur physique.

Sensibilité au changement (Validité évaluative)

Dans des essais randomisés contrôlés évaluant des médicaments anti-inflammatoires et des protocoles de rééducation physique (Chambers, Haight, Norman et al., 1987), le MHIQ a montré une réactivité clinique remarquable : les grandeurs d’effet (effect sizes de Cohen) et les indices de réactivité standardisés se situaient entre 0,45 et 0,80 pour les dimensions physique et globale après plusieurs mois d’intervention thérapeutique.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique du MHIQ a été évaluée à travers les paradigmes de la cohérence interne et de la stabilité temporelle (test-retest) :

Cohérence interne

Les indices d’homogénéité interne calculés à l’aide du coefficient alpha de Cronbach reflètent une cohérence solide tout en évitant la redondance excessive des items :

  • Fonction physique : $\alpha = 0,76$ à $0,88$, selon que l’échantillon soit issu de la population générale ou d’une cohorte de patients atteints de pathologies dégénératives sévères.
  • Fonction émotionnelle : $\alpha = 0,67$ à $0,78$, ce qui est considéré comme très adéquat pour une échelle mesurant des construits psychologiques hétérogènes (locus de contrôle, estime de soi, optimisme).
  • Fonction sociale : $\alpha = 0,64$ à $0,73$. Cette valeur plus modérée s’explique par la nature cumulative et formative plutôt que strictement réflexive des indicateurs sociaux (par exemple, le fait d’avoir reçu un appel téléphonique d’une agence sociale n’est pas nécessairement corrélé au fait d’avoir visité un parent).

Fidélité test-retest et concordance inter-juges

Lors d’évaluations conduites à un intervalle de ré-application compris entre une et trois semaines auprès de patients chroniques stables :

  • Les coefficients de corrélation intra-classe (CCI) ou les coefficients de corrélation de Pearson pour la fonction physique se sont échelonnés entre $0,78$ et $0,95$.
  • Pour la dimension émotionnelle, la stabilité test-retest a montré des coefficients oscillant entre $0,70$ et $0,82$.
  • Pour la dimension sociale, les coefficients de concordance se situaient entre $0,68$ et $0,80$.

De surcroît, la concordance entre les modes d’administration (auto-passation supervisée, passation postale, ou interview menée par un enquêteur formé) a été testée rigoureusement par Chambers et ses collègues (1987), révélant des coefficients kappa de Cohen et des coefficients de corrélation inter-méthodes supérieurs à $0,75$, confirmant l’interchangeabilité pratique des modes de recueil des données.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations psychométriques fondées sur l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et les modélisations en équations structurelles de type analyse factorielle confirmatoire (AFC) corroborent la structure sous-jacente tripartite du MHIQ.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors des premières analyses en composantes principales (ACP) avec rotation orthogonale (Varimax) et oblique (Promax) conduites sur les cohortes de validation ontariennes :

  • Trois facteurs dominants à valeurs propres supérieures à 1,5 (critère de Kaiser) ont émergé de manière systématique, expliquant conjointement entre 42 % et 54 % de la variance totale des scores.
  • Facteur 1 (Aptitude physique et mobilité) : Regroupe massivement les items de la section A (items 1, 2a-j, 3, 4, 5, 6, 7). Les saturations factorielles de ces items sur l’axe locomoteur et ADL sont particulièrement élevées, s’échelonnant majoritairement entre $0,52$ et $0,84$.
  • Facteur 2 (Affect et sentiment d’efficacité personnelle) : Saturé de façon prépondérante par les items de la section B (items 10, 12, 13, 16, 17, 20, 21, 22, 26) ainsi que les items d’auto-évaluation du bonheur général et de la fonction émotionnelle de la section C (items 29, 30, 33). Les saturations oscillent entre $0,45$ et $0,77$.
  • Facteur 3 (Réseau et participation sociale) : Réunit les items décrivant les activités récréatives, l’emploi, les visites hebdomadaires et l’utilisation des moyens de communication (items 34, 36, 37, 39, 41), avec des saturations factorielles comprises entre $0,40$ et $0,69$.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Les modélisations confirmatoires ont testé l’adéquation d’un modèle à trois facteurs orthogonaux comparé à un modèle à trois facteurs corrélés et à un modèle unidimensionnel à facteur général de santé. Les indices d’ajustement indiquent sans ambiguïté la supériorité du modèle à trois facteurs corrélés :

  • L’indice de comparative fit (CFI) et le Tucker-Lewis Index (TLI) atteignent des valeurs supérieures à $0,90$.
  • La racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) se maintient en dessous du seuil recommandé de $0,06$ (IC 90 % : $0,048 – 0,064$).
  • Les corrélations inter-facteurs restent modérées : la corrélation entre le facteur physique et le facteur émotionnel est généralement comprise entre $r = 0,30$ et $0,42$ ; celle entre le facteur émotionnel et le facteur social entre $r = 0,35$ et $0,48$ ; et celle entre le facteur physique et le facteur social entre $r = 0,25$ et $0,38$. Cette amplitude modérée des intercorrélations confirme empiriquement que chaque sous-échelle apporte une information clinique spécifique non redondante.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’instrument : Questionnaire de santé fonctionnelle globale et de qualité de vie liée à la santé (HRQoL) ; mesure des résultats rapportés par les patients (PROM).
  • Format d’administration : Auto-questionnaire papier-crayon ou numérique ; hétéro-questionnaire administré en face-à-face ou par entretien téléphonique assisté.
  • Temps de passation : Environ 15 à 25 minutes selon l’âge et le niveau d’incapacité du participant.
  • Nombre d’items : 42 questions principales comportant de multiples sous-questions conditionnelles (ramifications arborescentes pour la mobilité, la vue, l’ouïe, les activités domestiques et le statut de travail).
  • Structure des domaines :
    • Section A (Items 1 à 9) : Santé physique, locomotion, activités de la vie quotidienne (ADL/IADL), acuité sensorielle (vision, audition).
    • Section B (Items 10 à 27) : Bien-être psychologique, estime de soi, perception de contrôle, attitudes existentielles.
    • Section C (Items 28 à 42) : Auto-évaluation globale de la santé, fonction sociale, emploi, réseau de relations et événements de vie récents.
  • Formats de réponse :
    • Format binaire : (1) Non / No, (2) Oui / Yes ; ou (1) Difficulté, (2) Pas de difficulté.
    • Échelle ordinale de fréquence/intensité : Échelle en 3 points (Jamais, Parfois, Toujours ; Très bon, Assez bon, Pas très bon ; Très heureux, Assez heureux, Pas très heureux).
    • Échelle de Likert d’accord en 5 points (Section B) : (1) Tout à fait d’accord, (2) D’accord, (3) Neutre, (4) En désaccord, (5) Tout à fait en désaccord.
    • Échelle ordinale de fonctionnement en 5 points (Section C) : (1) Bon, (2) Bon à moyen, (3) Moyen, (4) Moyen à mauvais, (5) Mauvais.
    • Questions à choix multiple et réponses ouvertes numériques (ex. mois/années écoulés depuis les dernières vacances).
  • Cotation et calcul des scores :
    • Les réponses de chaque item sont recodées de telle sorte qu’une valeur plus élevée reflète un meilleur niveau de fonctionnement.
    • Chaque section principale génère un score d’indice indépendant (Indice physique, Indice émotionnel, Indice social).
    • Les scores bruts sont ensuite transformés par une formule linéaire pour être normalisés sur une échelle conventionnelle de 0 à 1, où 0 représente l’incapacité maximale ou la détresse la plus profonde, et 1 représente une santé et un fonctionnement optimaux.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1976 (premières publications par Chambers, Sackett, Goldsmith et MacPherson). Versions révisées et consolidées publiées en 1982, 1984, 1987 et 1993.
  • Propriété intellectuelle : Développé sous l’égide académique de la Faculté des sciences de la santé de l’Université McMaster (Hamilton, Ontario, Canada).
  • Statut d’utilisation et licence : Le MHIQ fait partie du domaine public académique pour la recherche clinique non commerciale, les travaux épidémiologiques et l’enseignement universitaire. Les praticiens et chercheurs sont autorisés à reproduire et employer le questionnaire à des fins de recherche fondamentale ou appliquée, sous réserve de citer scrupuleusement les publications méthodologiques princeps.
  • Tarification : Accès gratuit sans redevance d’utilisation requise pour les projets académiques et hospitaliers à but non lucratif. Pour toute utilisation commerciale ou incorporation dans un essai pharmaceutique sponsorisé, une demande formelle auprès des instances détentrices des droits à l’Université McMaster est recommandée.

12. Références / References

Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives au Questionnaire de l’indice de santé de McMaster comprennent :

  • Chambers, L. W., Sackett, D. L., Goldsmith, C. H., MacPherson, A. S., & McAuley, R. G. (1976). Development and application of an index of social function. Health Services Research, 11(4), 430–441. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1071943/
  • Sackett, D. L., Chambers, L. W., MacPherson, A. S., Goldsmith, C. H., & McAuley, R. G. (1977). The development and application of indices of health: General methods and a summary of results. American Journal of Public Health, 67(5), 423–428. https://doi.org/10.2105/ajph.67.5.423
  • Chambers, L. W., MacDonald, L. A., Tugwell, P., Buchanan, W. W., & Kraag, G. (1982). The McMaster Health Index Questionnaire as a measure of quality of life for patients with rheumatoid disease. The Journal of Rheumatology, 9(5), 780–784.
  • Chambers, L. W. (1984). The McMaster Health Index Questionnaire. In N. K. Wenger, M. E. Mattson, C. D. Furberg, & J. Elinson (Eds.), Assessment of Quality of Life in Clinical Trials of Cardiovascular Therapies (pp. 160–164). Le Jacq Publishing.
  • Chambers, L. W., Haight, M., Norman, G., & MacDonald, L. (1987). Sensitivity to change and the effect of mode of administration on health status measurement. Medical Care, 25(6), 470–479. https://doi.org/10.1097/00005650-198706000-00002
  • Chambers, L. W. (1993). The McMaster Health Index Questionnaire: An update. In S. R. Walker & R. M. Rosser (Eds.), Quality of Life Assessment: Key Issues in the 1990s (pp. 131–149). Kluwer Academic Publishers. https://doi.org/10.1007/978-94-011-2988-6_11
  • McDowell, I. (2006). Measuring Health: A Guide to Rating Scales and Questionnaires (3rd ed.). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195165678.001.0001

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Today‚ are you physically able to run a short distance‚ say 300 feet‚ if you are in a hurry? (This is about the length of a football field or soccer pitch.) (1) NO‚ (2) YES
2

Today‚ do you (or would you) have any physical difficulty at all with
3

Today‚ are you physically able to take part in any sports (hockey‚ swimming‚ bowling‚ golf‚ and so forth) or exercise regularly? (1) NO‚ (2) YES
4

At present‚ are you physically able to walk out-of-doors by yourself when the weather is good? (1) NO‚ (2) YES
5

ONLY WITHIN A ROOM
6

CAN’T WALK AT ALL
7

Do you have any physical difficulty at all driving a car by yourself?
8

Do you wear glasses? (1) NO‚ (2) YES
9

Do you wear a hearing aid? (1) NO‚ (2) YES
10

I sometimes feel that my life is not very useful.
11

Everyone should have someone in his life whose happiness means as much to him as his own.
12

I am a useful person to have around.
13

I am inclined to feel that I’m a failure.
14

Many people are unhappy because they do not know what they want out of life.
15

In a society where almost everyone is out for himself‚ people soon come to distrust each other.
16

I am a quick thinker.
17

Some people feel that they run their lives pretty much the way they want to and this is the case with me.
18

There are many people who don’t know what to do with their lives.
19

Most people don’t realize how much their lives are controlled by plots hatched in secret by others.
20

People feel affectionate toward me.
21

I would say I nearly always finish things once I start them.
22

When I make plans ahead‚ I usually get to carry out things the way I expected.
23

I think most married people lead trapped (frustrated or miserable) lives.
24

It’s hardly fair to bring children into the world the way things look for the future.
25

Some people feel as if other people push them around a good bit‚ and I feel this way too.
26

I am usually alert.
27

Nowadays a person has to live pretty much for today and let tomorrow take care of itself.
28

How would you say your health is today? Would you say your health is (Circle your answer)
29

Taking all things together‚ how would you say things are today? Would you say you are
30

In general‚ how satisfying do you find the way you’re spending your life today? Would you call it
31

How would you say your physical functioning is today? (By this we mean the ability to move around‚ see‚ hear‚ and talk.)
32

How would you say your social function is today? (By this we mean your ability to work‚ to have friends‚ and to get along with your family.)
33

How would you say your emotional functioning is today? (By this we mean your ability to remain in good spirits most of the time and to be usually happy and satisfied with your life.) (Circle your answer)
34

Are you presently working on a job for wages‚ either full- or part-time?
35

How much time‚ in a one-week period‚ do you usually spend watching television?
36

Which of the following describe your usual social and recreational activities?
37

Has anyone visited you in the last week? (Circle your answer)
38

Do you have a telephone? (1) NO‚ (2) YES
39

Have you used your telephone in the last week to call
40

Have you been called in the last week by a social agency representative? (1) NO‚ (2) YES
41

How long has it been since you last had a holiday?
42

During the last year‚ have any of the following things happened to you?
★

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Looti, M. (2026, octobre 3). Questionnaire de l’indice de santé de McMaster (MHIQ). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-lindice-de-sante-de-mcmaster-mhiq/
Looti, Mohammed. “Questionnaire de l’indice de santé de McMaster (MHIQ).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-lindice-de-sante-de-mcmaster-mhiq/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de l’indice de santé de McMaster (MHIQ).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-lindice-de-sante-de-mcmaster-mhiq/.