Questionnaire de l’alliance d’aide

Le Questionnaire de l’alliance d’aide (HAq-II), conçu par Lester Luborsky et ses collaborateurs (1996), est un instrument psychométrique de référence évaluant la qualité de la relation thérapeutique et la collaboration entre patient et praticien en 19 items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

Le Questionnaire de l’alliance d’aide (communément désigné sous l’acronyme anglophone Helping Alliance Questionnaire ou HAq, et dans sa version révisée HAq-II) constitue l’un des instruments psychométriques pionniers et les plus rigoureusement validés pour l’évaluation de l’alliance thérapeutique en psychothérapie. Initialement conceptualisé par Lester Luborsky au milieu des années 1970 au sein du Center for Psychotherapy Research de l’Université de Pennsylvanie, puis formellement révisé et standardisé sous la forme du HAq-II par Luborsky, Barber, Siqueland, Johnson, Najavits, Frank et Daley en 1996, cet outil vise à quantifier l’expérience collaborative et affective partagée entre le patient et le psychothérapeute.

Le HAq-II est composé de 19 items auto-rapportés, administrables tant au patient (version patient) qu’au thérapeute (version thérapeute). Les répondants évaluent leur degré d’accord sur une échelle de type Likert en 6 points, s’échelonnant de 1 (« fortement en désaccord ») à 6 (« fortement en accord »). L’instrument se caractérise par une structure factorielle prédominante unifactorielle reflétant une alliance globale unifiée, tout en intégrant historiquement les deux sous-dimensions théorisées par Luborsky : l’alliance de type 1 (le sentiment d’être soutenu, compris et aidé par le clinicien) et l’alliance de type 2 (le sentiment de collaboration active, de travail conjoint et d’objectifs partagés dans la résolution des difficultés psychologiques).

Sur le plan psychométrique, le HAq-II démontre des qualités exceptionnelles : une consistance interne robuste avec un alpha de Cronbach oscillant entre 0,90 et 0,93 pour la version patient et entre 0,88 et 0,91 pour la version thérapeute, une fidélité test-retest substantielle, ainsi qu’une excellente validité convergente avec d’autres mesures de référence telles que le Working Alliance Inventory (WAI) et la California Psychotherapy Alliance Scale (CALPAS). De surcroît, le questionnaire manifeste une validité prédictive remarquable à l’égard des résultats cliniques et de la réduction symptomatique à l’issue du traitement psychothérapeutique.

2. Mots-clés

Alliance thérapeutique, alliance d’aide, HAq-II, Lester Luborsky, psychométrie, relation thérapeutique, évaluation des processus, résultat de la psychothérapie, échelle de Likert, fidélité test-retest, validité prédictive, recherche en psychothérapie.

3. Auteurs

Le Helping Alliance Questionnaire a été élaboré et perfectionné par une équipe de chercheurs de premier plan rattachés au Département de psychiatrie de l’École de médecine Perelman de l’Université de Pennsylvanie (Philadelphie, États-Unis) :

  • Lester Luborsky, Ph.D. (1920–2009) : Professeur émérite de psychologie en psychiatrie à l’Université de Pennsylvanie, pionnier mondial de la recherche empirique sur la psychanalyse et la psychothérapie, créateur de la méthode du noyau relationnel conflictuel central (Core Conflictual Relationship Theme, CCRT) et du concept d’alliance d’aide empirique.
  • Jacques P. Barber, Ph.D., ABPP : Chercheur éminent en psychothérapie, ancien directeur de recherche au Center for Psychotherapy Research de l’Université de Pennsylvanie, actuellement doyen et professeur à l’Institut Gordon F. Derner d’études psychologiques avancées de l’Université Adelphi.
  • Lynne Siqueland, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse affiliée au Center for Psychotherapy Research de l’Université de Pennsylvanie, spécialiste des troubles anxieux et des processus relationnels chez l’enfant et l’adulte.
  • Scott Johnson, Ph.D. : Statisticien et chercheur en psychométrie au sein du même centre de recherche clinique.
  • Lisa M. Najavits, Ph.D. : Professeure de psychiatrie à l’École de médecine de l’Université de Boston et chercheuse affiliée à Harvard Medical School, mondialement reconnue pour ses travaux sur les comorbidités trauma-addiction (modèle Seeking Safety).
  • Anthony Frank, M.D. : Psychiatre et clinicien chercheur, ayant contribué aux essais comparatifs de psychothérapies de la dépression et de la dépendance aux substances.
  • Dennis Daley, Ph.D. : Spécialiste de l’addictologie et professeur de psychiatrie à la Faculté de médecine de l’Université de Pittsburgh.

4. Objectif

L’objectif fondamental du Questionnaire de l’alliance d’aide est d’opérationnaliser et de quantifier avec précision la qualité de la relation de travail et du lien affectif unissant le patient à son psychothérapeute. Contrairement à des évaluations globales informelles ou intuitives de la relation d’aide, le HAq-II a été développé pour fournir une mesure standardisée, rapide, peu coûteuse et statistiquement rigoureuse, répondant simultanément à des impératifs cliniques et à des exigences méthodologiques de recherche empirique.

Justification théorique et clinique

Historiquement, les praticiens et théoriciens de divers courants psychothérapeutiques (psychanalytique, cognitivo-comportemental, humaniste-rogérien et systémique) ont convergé vers le constat que la qualité de la relation thérapeutique constitue l’un des facteurs communs les plus déterminants de l’efficacité de toute intervention psychologique. Toutefois, avant le développement d’outils tels que le HAq, cette dimension demeurait largement cantonnée à des conceptualisations abstraites. Luborsky et ses collègues ont cherché à capturer la perception directe du patient quant au soutien bienveillant reçu et à l’effort conjoint fourni pour surmonter les difficultés cliniques.

Applications en recherche

Dans le domaine de la recherche en psychothérapie et des essais cliniques randomisés, le HAq-II remplit plusieurs fonctions critiques :

  • Prédiction des résultats thérapeutiques (Outcome Prediction) : L’échelle permet de déterminer dans quelle mesure l’intensité de l’alliance mesurée précocement (généralement entre la 2e et la 5e séance) prédit la réduction symptomatique, l’amélioration de la qualité de vie ou le risque d’abandon prématuré du traitement (dropout).
  • Étude des mécanismes de changement : Elle sert à examiner les interactions complexes entre les techniques psychothérapeutiques spécifiques (interprétations, restructuration cognitive, exposition) et les facteurs relationnels non spécifiques.
  • Analyse comparative inter-traitements : L’outil a été largement mobilisé dans de grandes études multicentriques, telles que le National Institute of Mental Health Treatment of Depression Collaborative Research Program (TDCRP) ou le NIDA Cocaine Treatment Study, afin de vérifier si l’alliance varie selon les modalités d’intervention (thérapie cognitive, psychothérapie psychodynamique brève, pharmacothérapie avec soutien clinique).

Applications en pratique clinique courante

En clinique appliquée, le HAq-II s’inscrit au cœur des démarches de suivi systématique des résultats et des processus (Routine Outcome Monitoring, ROM). Administré périodiquement, il offre un baromètre sensible permettant :

  • L’identification précoce des ruptures d’alliance (alliance ruptures), qui se traduisent par une baisse subite des scores ou une stagnation à des niveaux anormalement bas.
  • La comparaison des perspectives dyadiques grâce à la passation conjointe des versions patient et thérapeute, mettant en exergue les divergences d’appréciation où le thérapeute sous-estime l’inconfort ou la méfiance du patient.
  • Le réajustement ciblé du cadre de travail, des tâches prescrites ou des attitudes relationnelles pour favoriser la réparation relationnelle et prévenir l’attrition.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique évalué par le Helping Alliance Questionnaire est l’alliance d’aide (Helping Alliance), une déclinaison empirique et relationnelle spécifique de l’alliance thérapeutique. Bien que les analyses factorielles contemporaines soutiennent la prépondérance d’un score composite global, l’architecture conceptuelle sous-jacente s’articule autour de composantes complémentaires finement intriquées.

L’Alliance de Type 1 : Le sentiment d’être soutenu et compris

Initialement décrite par Luborsky (1976), l’alliance de type 1 caractérise principalement les phases initiales de la prise en charge. Elle repose sur la perception par le patient que le psychothérapeute est un allié bienveillant, digne de confiance, chaleureux et investi dans sa guérison. Le patient éprouve la conviction profonde qu’il peut s’appuyer sur le thérapeute face à sa souffrance psychique.

Cette dimension s’exprime dans le questionnaire à travers des items évaluant la dépendance sécurisante (ex. Item 1 : « I feel I can depend upon the therapist »), l’empathie perçue (Item 2 : « I feel the therapist understands me »), la bienveillance désintéressée (Item 3 : « I feel the therapist wants me to achieve my goals ») et l’appréciation mutuelle (Item 9 : « I like the therapist as a person » ; Item 18 : « I believe the therapist likes me as a person »). L’alliance de type 1 puise ses racines dans l’attachement sécure et le sentiment de sécurité psychologique indispensable à toute introspection.

L’Alliance de Type 2 : La collaboration active et l’effort conjoint

L’alliance de type 2 renvoie à une phase plus mature ou active du processus thérapeutique, où la relation transcende le simple réconfort affectif pour devenir un véritable partenariat instrumental. Elle reflète le sentiment d’un travail d’équipe partagé, caractérisé par un engagement mutuel dans la résolution des problèmes et une communauté de vision quant aux origines des troubles et aux méthodes thérapeutiques appliquées.

Dans le HAq-II, cette collaboration se manifeste concrètement dans l’évaluation de l’effort partagé (Item 5 : « I feel I am working together with the therapist in a joint effort »), la concordance cognitive sur la nature des souffrances (Item 6 : « I believe we have similar ideas about the nature of my problems »), la capacité à co-construire des solutions séance après séance (Item 10 : « In most sessions, the therapist and I find a way to work on my problems together ») et l’investissement personnel du patient (Item 14 : « I want very much to work out my problems »).

Les indicateurs d’entrave relationnelle et de méfiance

Une force majeure du construit opérationnalisé dans le HAq-II réside dans l’intégration explicite d’items négatifs ou inversés capturant les freins et frictions relationnelles. L’alliance n’est pas uniquement définie par la présence de sentiments positifs, mais aussi par l’absence relative de doutes paralysants, de ruptures de communication ou de décalages techniques.

Ces manifestations incluent la méfiance envers le discernement du clinicien (Item 4 : « At times I distrust the therapist’s judgment »), l’inadéquation perçue des techniques utilisées (Item 8 : « The procedures used in my therapy are not well suited to my needs »), les comportements du thérapeute perçus comme entravant la progression (Item 11 : « The therapist relates to me in ways that slow up the progress of the therapy »), l’inutilité ressentie de certains échanges (Item 16 : « The therapist and I sometimes have unprofitable exchanges ») et la distance émotionnelle perçue (Item 19 : « At times the therapist seems distant »).

6. Cadre théorique

L’élaboration du Helping Alliance Questionnaire s’inscrit au carrefour de la tradition psychodynamique psychanalytique et de la psychologie clinique empirique nord-américaine. La conceptualisation développée par Luborsky procède d’une tentative pionnière de transposer des concepts psychanalytiques réputés insaisissables en entités observables, quantifiables et soumises aux canons de la validation scientifique.

Les racines psychanalytiques : Du transfert à l’alliance de travail

L’origine lointaine du concept remonte aux écrits de Sigmund Freud, qui soulignait dès 1912 et 1913 que le succès de la cure psychanalytique requiert l’attachement initial du patient au médecin sous la forme d’un « transfert positif non contestable » ou conscient, permettant la mise en place d’une collaboration rationnelle. Par la suite, plusieurs théoriciens post-freudiens de la psychologie du Moi ont enrichi cette notion :

  • Richard Sterba (1934) a forgé le concept d’« alliance du Moi » (ego alliance), décrivant la scission thérapeutique du Moi du patient, dont la partie rationnelle s’allie au Moi de l’analyste pour observer et analyser les conflits pulsionnels inconscients.
  • Elizabeth Zetzel (1956) a formalisé l’expression « alliance thérapeutique » (therapeutic alliance), insistant sur le fait que la capacité du patient à nouer un lien stable avec l’analyste repose sur la qualité de ses relations d’objet précoces (notamment la relation mère-enfant).
  • Ralph Greenson (1965, 1967) a popularisé l’« alliance de travail » (working alliance), la distinguant vigoureusement du transfert névrotique : l’alliance de travail désigne la relation réelle, authentique et coopérative entre le patient et le praticien.

La conceptualisation pantheorique et l’apport de Luborsky

À la fin des années 1970, Edward Bordin (1979) a proposé un modèle pantheorique tripartite de l’alliance de travail articulé autour de trois piliers interdépendants : l’accord sur les buts (goals), l’accord sur les tâches (tasks) et le développement de liens affectifs (bonds). Si le modèle de Bordin a inspiré le célèbre Working Alliance Inventory (WAI) d’Horvath et Greenberg, Lester Luborsky a suivi une démarche complémentaire mais distincte.

Luborsky s’est fondé sur l’analyse minutieuse de transcriptions de séances enregistrées (le système Penn Helping Alliance Rating Scale). Il a constaté que les patients dont l’état clinique s’améliorait faisaient fréquemment référence au sentiment fondamental d’être soutenus (Type 1), puis évoluaient vers l’expression d’un engagement concerté dans une tâche commune (Type 2). Conscient de la lourdeur méthodologique du codage par des juges externes, Luborsky a développé le HAq initial pour capturer directement la perspective subjective du patient, instaurant ainsi l’auto-questionnaire comme étalon de mesure de l’alliance au sein de la communauté scientifique internationale.

7. Validité

Les propriétés métrologiques de validité du HAq-II ont été investiguées de façon approfondie par Luborsky et ses collaborateurs (1996) dans une étude de référence portant sur d’importants échantillons cliniques (notamment des patients souffrant de dépendance aux substances et de troubles dépressifs majeurs), puis confirmées dans de multiples études internationales indépendantes.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente du HAq-II a été démontrée par des corrélations fortes et hautement significatives avec les échelles concurrentes d’alliance thérapeutique préexistantes :

  • Corrélation avec le HAq-I original : Le HAq-II présente une corrélation de r = 0,74 à r = 0,81 avec l’ancienne version, attestant qu’il mesure le même noyau théorique tout en améliorant significativement les indices de distribution et de discrimination.
  • Convergence avec le Working Alliance Inventory (WAI) : Les coefficients de corrélation de Pearson entre le score global du HAq-II et l’échelle globale du WAI varient entre r = 0,68 et r = 0,83 (p < 0,001), avec des associations particulièrement marquées avec la sous-échelle du Lien (Bond) et celle des Tâches (Tasks).
  • Convergence avec la California Psychotherapy Alliance Scale (CALPAS) : Des corrélations substantielles (r compris entre 0,62 et 0,77) ont été documentées entre le HAq-II et les scores composites de la CALPAS.

Validité discriminante

La validité discriminante du HAq-II est attestée par sa capacité à mesurer un processus relationnel indépendant de la sévérité initiale des symptômes ou de variables démographiques. Les recherches indiquent que les scores d’alliance obtenus au HAq-II lors des séances précoces ne corrèlent que faiblement avec les scores initiaux de dépression mesurés par l’inventaire de dépression de Beck (BDI) ou avec les échelles d’anxiété (r se situant généralement entre -0,10 et -0,18, non significatif dans la plupart des cohortes). Cela confirme que l’alliance mesurée n’est pas un simple reflet de la détresse psychologique globale du patient au moment de l’admission.

Validité prédictive

La validité prédictive du HAq-II constitue l’un de ses atouts majeurs. Dans l’étude princeps de Luborsky et al. (1996), les scores du HAq-II évalués en début de thérapie (séance 2 ou 3) prédisaient significativement l’amélioration symptomatique post-traitement (corrélations moyennes avec les critères d’évaluation des résultats comprises entre r = 0,25 et r = 0,38, p < 0,01). Ces résultats concordent parfaitement avec les grandes méta-analyses sur l’alliance thérapeutique (ex. Horvath et al., 2011 ; Flückiger et al., 2018), rapportant une corrélation globale constante de r ≈ 0,28 entre l’alliance et le succès thérapeutique global, indépendamment du modèle d’intervention.

8. Fidélité

Le HAq-II a été spécifiquement conçu pour corriger les limites de consistance interne constatées dans la version originale du HAq-I, qui souffrait d’effets de plafond marqués et d’un nombre élevé d’items redondants.

Consistance interne

Les études psychométriques mettent en évidence une consistance interne remarquable pour l’ensemble des 19 items :

  • Version Patient : Le coefficient alpha de Cronbach rapporté par Luborsky et al. (1996) atteint α = 0,93 au sein d’une cohorte clinique hétérogène. Dans les réplications ultérieures, ce coefficient oscille constamment entre 0,90 et 0,94.
  • Version Thérapeute : Pour les praticiens évaluant l’alliance, la consistance interne demeure très solide, avec des valeurs d’alpha de Cronbach variant entre α = 0,88 et α = 0,91.
  • Corrélations item-total : Toutes les corrélations item-total corrigées dépassent le seuil recommandé de 0,40, la majorité se situant entre 0,55 et 0,78, ce qui démontre que chaque énoncé contribue de façon significative et homogène à la mesure de l’alliance globale.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

L’évaluation de la fidélité temporelle en psychothérapie présente une particularité conceptuelle : l’alliance est par nature un construit dynamique sujet à des fluctuations normales au cours de la cure. Néanmoins, lorsque le test est administré à bref intervalle (entre la séance 2 et la séance 3, en l’absence de rupture relationnelle majeure), le coefficient de stabilité test-retest atteint r = 0,78 à 0,84, témoignant d’une stabilité métrologique excellente tout en préservant la sensibilité aux évolutions cliniques réelles.

9. Analyse factorielle

Dans l’article de révision de 1996, Luborsky et son équipe ont procédé à des analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmatoires (AFC) approfondies afin d’élucider la structure dimensionnelle du HAq-II.

Structure unifactorielle dominante

Les analyses en composantes principales avec rotation oblique ont systématiquement révélé la présence d’un facteur général prédominant expliquant à lui seul plus de 45 % à 52 % de la variance totale des scores. Le tracé d’effondrement des valeurs propres (scree plot de Cattell) met en évidence une rupture nette après le premier facteur, ce qui a conduit les auteurs à préconiser l’utilisation d’un score composite unique dans la majorité des protocoles expérimentaux et cliniques.

Saturations factorielles des items

Les saturations factorielles (factor loadings) sur ce premier facteur général s’avèrent particulièrement élevées :

  • Les items positifs reflétant la collaboration active et le lien sécurisant (ex. Item 5 : « travail conjoint », Item 10 : « trouver une façon de travailler ensemble », Item 12 : « bonne relation établie ») présentent des saturations massives comprises entre 0,70 et 0,86.
  • Les items formulés négativement (Items 4, 8, 11, 16, 19), bien qu’inversés lors du calcul du score, saturent de façon consistante et appropriée sur ce même facteur général avec des valeurs oscillant entre 0,45 et 0,65.

Modèles alternatifs bifactoriels

Bien que le modèle unifactoriel soit universellement préconisé pour l’interprétation courante, des analyses factorielles confirmatoires ultérieures menées sur de larges échantillons ont testé des structures bifactorielles distinguant le « Soutien et Compréhension » (Type 1) de la « Collaboration active » (Type 2), ou isolant un artefact de méthode lié aux items négatifs. Les indices d’ajustement (CFI > 0,94 ; TLI > 0,93 ; RMSEA < 0,06) confirment que le modèle bifactoriel avec facteur général d’alliance sous-jacent est hautement satisfaisant, validant ainsi la pertinence d’agréger l’ensemble des énoncés en un indice unifié d’alliance d’aide.

10. Instrument de mesure

  • Nom complet de l’instrument : Questionnaire de l’alliance d’aide (The Helping Alliance Questionnaire – HAq-II).
  • Type de mesure : Auto-questionnaire psychométrique auto-rapporté (passation individuelle).
  • Versions disponibles : Deux versions dyadiques parallèles : Version Patient (19 items) et Version Thérapeute (19 items).
  • Nombre total d’items : 19 items.
  • Format et échelle de réponse : Échelle de type Likert en 6 points sans point médian neutre :
    • 1 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
    • 2 = En désaccord (Disagree)
    • 3 = Légèrement en désaccord (Slightly disagree)
    • 4 = Légèrement en accord (Slightly agree)
    • 5 = En accord (Agree)
    • 6 = Fortement en accord (Strongly agree)
  • Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes par passation.
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Items inversés (cotation réverse) : Les items négatifs 4, 8, 11, 16 et 19 doivent faire l’objet d’une inversion de cotation avant tout calcul (le score transformé = 7 − score brut, de sorte que 1 devient 6, 2 devient 5, 3 devient 4, 4 devient 3, 5 devient 2, 6 devient 1).
    • Score total : Le score global d’alliance est obtenu en effectuant la somme des 19 items (ou la moyenne arithmétique de 1 à 6). La somme varie de 19 à 114 points. Un score plus élevé reflète une alliance d’aide de qualité supérieure.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication princeps : 1996 pour la version révisée standardisée (HAq-II) ; 1976/1984 pour les versions préliminaires de Luborsky (HAq-I).
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Droits académiques détenus initialement par les auteurs et l’Université de Pennsylvanie (Center for Psychotherapy Research). L’article méthodologique fondateur a été publié dans The Journal of Psychotherapy Practice and Research.
  • Tarification et accessibilité : Libre de droits et gratuit pour la recherche académique, l’enseignement universitaire et la pratique clinique non commerciale. L’instrument est accessible dans le domaine public académique et consultable librement dans les publications d’origine et sur les archives documentaires de l’Université de Pennsylvanie.
  • Conditions d’utilisation : L’administration et l’interprétation clinique doivent être supervisées par des professionnels de la santé mentale (psychologues, psychiatres, psychothérapeutes) ou des chercheurs formés aux méthodes psychométriques. Toute modification substantielle du libellé des items exige l’accord préalable des titulaires des droits pour maintenir la validité des normes.

12. Références

Les travaux scientifiques et manuels de référence documentant l’élaboration et la validation du HAq-II comprennent :

  • Bordin, E. S. (1979). The generalizability of the psychoanalytic concept of the working alliance. Psychotherapy: Theory, Research & Practice, 16(3), 252–260. https://doi.org/10.1037/h0085885
  • Flückiger, C., Del Re, A. C., Wampold, B. E., & Horvath, A. O. (2018). The alliance in adult psychotherapy: A meta-analytic synthesis. Psychotherapy, 55(4), 316–340. https://doi.org/10.1037/pst0000172
  • Freud, S. (1913). Further recommendations on the technique of psycho-analysis: On beginning the treatment. The Standard Edition of the Complete Psychological Works of Sigmund Freud, 12, 121–144.
  • Greenson, R. R. (1965). The working alliance and the transference neurosis. The Psychoanalytic Quarterly, 34(2), 155–181. https://doi.org/10.1080/21674086.1965.11927403
  • Horvath, A. O., Del Re, A. C., Flückiger, C., & Symonds, D. (2011). Alliance in individual psychotherapy. Psychotherapy, 48(1), 9–16. https://doi.org/10.1037/a0022186
  • Luborsky, L. (1976). Helping alliances in psychotherapy: The groundwork for a study of their relationship to its outcome. In J. L. Cleghorn (Ed.), Successful Psychotherapy (pp. 92–116). Brunner/Mazel.
  • Luborsky, L., Barber, J. P., Siqueland, L., Johnson, S., Najavits, L. M., Frank, A., & Daley, D. (1996). The Revised Helping Alliance Questionnaire (HAq-II): Psychometric properties. The Journal of Psychotherapy Practice and Research, 5(3), 260–271. PMC3330424
  • Luborsky, L., Crits-Christoph, P., Alexander, L., Margolis, M., & Cohen, M. (1983). Two helping alliance methods for predicting outcomes of psychotherapy: A counting signs vs. a global rating method. The Journal of Nervous and Mental Disease, 171(8), 480–491. https://doi.org/10.1097/00005053-198308000-00005
  • Sterba, R. (1934). The fate of the ego in analytic therapy. The International Journal of Psychoanalysis, 15, 117–126.
  • Zetzel, E. R. (1956). Current concepts of transference. The International Journal of Psychoanalysis, 37, 369–376.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: These are ways that a person may feel or behave in relation to  another person -‎- their therapist. Consider carefully your relationship with your therapist‚ and then mark each statement according to how strongly you agree or disagree. Please mark every one.
1

I feel I can depend upon the therapist.
2

I feel the therapist understands me.
3

I feel the therapist wants me to achieve my goals.
4

At times I distrust the therapist's judgment.
5

I feel I am working together with the therapist in a joint effort.
6

I believe we have similar ideas about the nature of my problems.
7

I generally respect the therapist's views about me.
8

The procedures used in my therapy are not well suited to my needs.
9

I like the therapist as a person.
10

In most sessions‚ the therapist and I find a way to work on my problems together.
11

The therapist relates to me in ways that slow up the progress of the therapy.
12

A good relationship has formed with my therapist.
13

The therapist appears to be experienced in helping people.
14

I want very much to work out my problems.
15

The therapist and I have meaningful exchanges.
16

The therapist and I sometimes have unprofitable exchanges.
17

From time to time‚ we both talk about the same important events in my past.
18

I believe the therapist likes me as a person.
19

At times the therapist seems distant.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Questionnaire de l’alliance d’aide. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-lalliance-daide-haq-ii/
Looti, Mohammed. “Questionnaire de l’alliance d’aide.” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-lalliance-daide-haq-ii/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de l’alliance d’aide.” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-lalliance-daide-haq-ii/.