Questionnaire de fixation sur l’image

Découvrez le Questionnaire de fixation sur l’image (Image Fixation Questionnaire – IFQ) de Richmond et McCroskey : fondements théoriques, propriétés psychométriques, cotation et items complets.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire de fixation sur l’image (Image Fixation Questionnaire, IFQ), développé initialement par les chercheurs en communication et comportement non verbal Virginia P. Richmond et James C. McCroskey (2004), est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer l’ampleur avec laquelle un individu focalise de façon excessive et dysfonctionnelle son attention, ses cognitions et ses affects sur son apparence physique et son image corporelle au sein des sociétés contemporaines, et plus particulièrement dans le contexte socioculturel nord-américain.

Composé de 30 items rédigés sous la forme d’affirmations directes, le questionnaire utilise un format de réponse dichotomique Vrai / Faux (True / False). L’outil explore diverses manifestations de la préoccupation esthétique : l’insatisfaction corporelle globale, la sensibilité exacerbée aux jugements et commentaires d’autrui concernant le poids, la taille et les traits du visage, les comportements d’évitement social motivés par la honte corporelle, le recours à des rituels vestimentaires ou de camouflage, les conduites restrictives ou purgatives (comme le jeûne intermittent punitif ou les épisodes d’hyperphagie), ainsi que l’intériorisation aiguë des pressions et stéréotypes véhiculés par la culture médiatique et professionnelle.

Sur le plan psychométrique, l’instrument présente une cohérence interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach se situant généralement entre 0,84 et 0,91 selon les échantillons universitaires et cliniques étudiés. La cotation repose sur le décompte simple des réponses « Vrai », catégorisant les répondants selon trois paliers interprétatifs : une gestion adaptative de la pression normative (0 à 10 affirmations vraies), une sensibilité marquée à la fixation culturelle sur l’apparence (10 à 15), et une fixation sévère sur l’image physique accompagnée d’une forte insatisfaction corporelle (plus de 15). L’IFQ s’avère particulièrement utile dans la recherche en communication interpersonnelle, en psychologie sociale et en psychologie clinique pour dépister les vulnérabilités aux troubles des conduites alimentaires et à la dysmorphophobie corporelle.

2. Mots-clés / Keywords

Fixation sur l’image, image corporelle, insatisfaction corporelle, communication non verbale, apparence physique, pression socioculturelle, dysmorphophobie, comparaison sociale, psychométrie, évaluation psychologique, conduites alimentaires, James C. McCroskey, Virginia P. Richmond.

3. Auteurs / Authors

L’Image Fixation Questionnaire a été conçu par deux figures de proue de la recherche en communication interpersonnelle et en psychométrie appliquée aux comportements humains :

  • Virginia Peck Richmond, Ph.D. : Professeure émérite en études de la communication (Department of Communication Studies) à l’Université de West Virginia et anciennement à l’Université d’Alabama à Birmingham (UAB). Spécialiste reconnue à l’échelle internationale pour ses travaux pionniers sur la communication non verbale, l’appréhension de la communication, l’influence sociale et le climat organisationnel.
  • James C. McCroskey, Ed.D. (1938–2012) : Professeur émérite et ancien directeur du département des études de la communication à la West Virginia University. Il fut l’un des chercheurs les plus prolifiques et cités dans le champ des sciences de la communication, auteur de plus d’une trentaine d’instruments de mesure psychométriques standardisés, incluant des échelles de renommée mondiale sur l’appréhension de la communication (PRCA), l’assertivité et le comportement sociocommunicatif.

Les correspondances historiques et les archives de recherche relatives aux instruments développés par les auteurs sont documentées par les archives académiques de la West Virginia University et le portail de ressources de recherche de McCroskey (jamescmccroskey.com).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Image Fixation Questionnaire est d’évaluer quantitativement l’intensité de la focalisation cognitive, affective et comportementale d’un individu sur son image physique extérieure, ainsi que sa vulnérabilité face aux standards esthétiques rigides prévalant dans la société occidentale contemporaine, en particulier la culture nord-américaine.

Dans les sociétés occidentales industrialisées, l’apparence corporelle ne constitue pas simplement un attribut biologique neutre, mais fonctionne comme un vecteur central de communication non verbale, porteur de jugements de valeur implicites relatifs au succès, à la compétence, à l’attractivité et à la valeur morale d’un individu. Richmond et McCroskey (2004) ont développé cet instrument dans le cadre de leurs travaux sur les composantes physiques de la communication non verbale. Ils ont mis en évidence que lorsque l’attention portée aux signaux physiques dépasse le stade de la conscience saine de son apparence pour devenir une « fixation », elle engendre des perturbations significatives sur les plans relationnel, émotionnel et fonctionnel.

Sur le plan des applications en recherche, l’IFQ permet :

  • D’étudier l’interaction entre les stimuli médiatiques (publicités, réseaux sociaux, représentations corporelles idéalisées) et l’amplification des distorsions cognitives liées à l’image du corps ;
  • D’examiner les corrélations entre la fixation sur l’image et l’anxiété de communication, la réticence sociale ou l’évitement des interactions face à face ;
  • De mesurer les différences interindividuelles et intergroupes fondées sur le genre, l’âge, l’orientation sexuelle ou l’appartenance socioculturelle face à la pression esthétique normative ;
  • D’analyser comment la croyance selon laquelle l’apparence physique détermine la réussite professionnelle (ex. l’accès à des postes prestigieux) affecte la trajectoire de carrière et le bien-être au travail.

Sur le plan des applications cliniques et préventives, bien que l’IFQ n’ait pas été créé initialement comme un outil diagnostique psychiatrique au sens strict du DSM-5, il sert d’instrument de dépistage et de sensibilisation précieux en psychoéducation et en consultation psychologique. Il permet aux cliniciens :

  • D’identifier rapidement les individus manifestant une détresse corporelle sévère, caractérisée par des cognitions d’autodépréciation (« Je m’insulte au sujet de mon apparence physique générale »), des comportements compensatoires néfastes (privation alimentaire hebdomadaire, épisodes d’hyperphagie) et une envie d’altération corporelle chirurgicale ;
  • De mettre en lumière les conduites d’isolement social induites par la honte corporelle (évitement de sorties publiques en cas de perception d’un défaut esthétique) ;
  • D’amorcer des interventions cognitivo-comportementales ciblées sur la restructuration des schémas d’évaluation de soi et la désescalade des comparaisons sociales ascendantes.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de « fixation sur l’image » (image fixation) évalué par l’IFQ correspond à un schéma cognitivo-émotionnel rigide et envahissant dans lequel l’évaluation subjective de sa propre valeur personnelle est subordonnée de manière disproportionnée à la conformité de son apparence physique extérieure aux canons sociétaux dominants.

Ce construit multidimensionnel s’articule autour de plusieurs composantes étroitement interconnectées :

1. L’insatisfaction corporelle et faciale et le désir de modification

Cette dimension renvoie à un état d’insatisfaction chronique envers des segments corporels spécifiques ou envers la silhouette globale. Elle intègre le postulat cognitif erroné selon lequel l’amélioration de la beauté corporelle (item 1) ou faciale (item 6) entraînerait mécaniquement une amélioration qualitative de l’existence globale du sujet. Elle englobe également l’aspiration à des interventions invasives, telles que la chirurgie plastique ou esthétique (item 2), ainsi que le souhait direct de modifier sa morphologie par la perte de poids (item 11) ou l’augmentation de la taille (item 12).

2. La comparaison sociale descendante et ascendante

Inspirée des dynamiques de rivalité perceptive et de statut entre pairs, cette facette mesure la tendance automatique et répétitive à scruter le corps et le visage d’autrui pour évaluer son propre statut esthétique (item 5). Elle s’accompagne d’un sentiment marqué d’inconfort ou de menace en présence de personnes considérées comme séduisantes et partageant le même âge ou le même sexe (item 4), culminant dans des fantasmes d’échange corporel avec des pairs perçus comme plus avantageux (item 26).

3. La réactivité et la sensibilité aux jugements d’autrui

Cette composante opérationnalise la vulnérabilité émotionnelle du sujet face aux retours sociaux explicites ou implicites concernant son enveloppe corporelle. L’individu manifeste une hyperréactivité aux remarques formulées par son entourage au sujet de son apparence générale (item 7), de son poids (item 8) et de sa taille (item 9). Les commentaires des pairs dictant ce qui constitue le « look parfait » deviennent des déclencheurs puissants d’impulsions à modifier son apparence (item 27).

4. Les conduites compensatoires et les perturbations du comportement alimentaire

L’IFQ capture l’expression comportementale de la fixation esthétique à travers des habitudes alimentaires et d’exercice physique régies par la peur de l’obésité et la culpabilité corporelle. Cela inclut le recours au jeûne punitif au moins une fois par semaine (item 3), les épisodes de perte de contrôle alimentaire ou d’hyperphagie hebdomadaire (item 13), l’activité physique motivée exclusivement par l’évitement de la prise de graisse (item 15), et l’intrusion récurrente de sensations subjectives de surpoids (« Plusieurs fois par semaine, j’ai l’impression d’avoir l’air gros », item 16).

5. Les comportements de vérification, de camouflage et l’évitement social

La fixation esthétique génère un ensemble de rituels visant à gérer l’anxiété liée à l’exposition publique. Les items ciblent le perfectionnisme esthétique rigide conduisant au refus d’apparaître en public sans une présentation irréprochable (item 14), le port de vêtements amples pour masquer des défauts physiques perçus (item 24), les changements compulsifs de tenue vestimentaire (item 19), les achats répétés dans l’espoir de rehausser son apparence (item 21), le regard insatisfait devant le miroir (item 25), et l’évitement pur et simple des situations sociales par crainte d’un physique inadapté (item 23).

6. L’intériorisation des pressions culturelles et les croyances socioprofessionnelles

Enfin, le construit englobe la lucidité et l’adhésion aux normes culturelles réifiantes. Le répondant perçoit la culture nord-américaine comme excessivement focalisée sur l’apparence (item 10) et exerçant une pression écrasante pour arborer le look conforme (item 20). De plus, il entretient des croyances déterministes selon lesquelles la valeur professionnelle, l’obtention d’emplois prestigieux (item 30) et le jugement social global (item 29) dépendent davantage de l’esthétique corporelle que des compétences réelles.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration de l’Image Fixation Questionnaire s’inscrit au carrefour de plusieurs paradigmes majeurs de la psychologie et des sciences de la communication interpersonnelle :

La théorie de la communication non verbale et des indices physiques

Dans l’approche développée par Richmond et McCroskey (2004), l’apparence corporelle constitue le premier filtre de la communication humaine. Avant toute émission verbale, les caractéristiques morphologiques, la parure, le style vestimentaire et les traits faciaux émettent des signaux non verbaux continus qui activent des stéréotypes sociaux puissants. Les auteurs s’appuient notamment sur le stéréotype classique « ce qui est beau est bon » formalisé par Dion, Berscheid et Walster (1972). L’IFQ permet d’évaluer dans quelle mesure un individu est conscient de ces indices et en devient prisonnier, au point d’accorder à ces signaux superficiels une priorité absolue sur sa personnalité et ses compétences intrinsèques (comme le reflète l’item 28 : « Je me surprends à me concentrer davantage sur ce à quoi je ressemble que sur qui je suis »).

La théorie de la comparaison sociale de Festinger

La théorie de la comparaison sociale postule que les individus possèdent une tendance innée à évaluer leurs capacités et leurs opinions en se comparant à autrui. Dans le domaine de l’esthétique corporelle, les travaux contemporains (Thompson et al., 1999) ont démontré que les comparaisons sociales ascendantes répétées (se comparer à des cibles jugées plus attirantes ou plus minces) constituent l’un des mécanismes étiologiques les plus puissants de l’insatisfaction corporelle et de la détresse psychologique. L’IFQ intègre directement cette dynamique à travers l’évaluation du malaise éprouvé face à des pairs attirants du même sexe et l’évaluation constante de son corps par rapport à ceux de son entourage.

Le modèle socioculturel tripartite de l’image corporelle

Formulé par Thompson, Heinberg, Altabe et Tantleff-Dunn (1999), le modèle tripartite postule que la pression émanant de trois sources d’influence majeures — les médias, les pairs et la famille — conduit à l’intériorisation des idéaux corporels irréalistes et à une surveillance corporelle continue. L’IFQ reflète explicitement cette articulation en intégrant des items portant sur les pressions culturelles globales, l’impact des commentaires formulés par les pairs et la conviction que le statut socio-économique est conditionné par la conformité physique.

La théorie de l’objectification corporelle

Développée par Fredrickson et Roberts (1997), la théorie de l’auto-objectification (self-objectification) postule que la socialisation dans des cultures qui traitent le corps comme un spectacle visuel amène les individus à adopter une perspective à la troisième personne sur leur propre enveloppe corporelle. Le sujet en vient à s’auto-surveiller de façon permanente, anticipant la manière dont son corps est perçu et évalué par les observateurs externes. Cette dynamique théorique éclaire parfaitement les items de l’IFQ consacrés au refus d’apparaître en public sans une perfection esthétique absolue et à l’autocritique corporelle virulente.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du Questionnaire de fixation sur l’image a été examinée dans le cadre d’études empiriques menées auprès d’échantillons universitaires nord-américains et de cohortes d’adultes explorant les liens entre perception corporelle, communication interpersonnelle et détresse psychologique.

Validité de contenu et validité apparente

La validité de contenu a été établie par Richmond et McCroskey lors de la phase initiale de génération des items. Les énoncés ont été rédigés pour couvrir l’ensemble des dimensions comportementales, cognitives et socioculturelles associées à la préoccupation esthétique dans la culture nord-américaine. Un panel d’experts en communication non verbale et en psychométrie a vérifié que chaque item possédait une formulation accessible, exempte de jargon clinique hermétique, garantissant une validité apparente (face validity) élevée pour une utilisation auprès de populations générales d’étudiants et d’adultes.

Validité convergente

Les études de corrélation ont mis en évidence des associations significatives et théoriquement cohérentes entre le score global à l’IFQ et plusieurs construits psychologiques établis :

  • Insatisfaction corporelle et attitudes alimentaires : Le score global à l’IFQ corrèle positivement et fortement (coefficients r compris entre 0,55 et 0,68, p < 0,001) avec les scores obtenus au Multidimensional Body-Self Relations Questionnaire (MBSRQ, sous-échelle d’évaluation de l’apparence physique) et à l’Eating Disorder Inventory (EDI, sous-échelle de pulsion vers la minceur).
  • Anxiété sociale et appréhension de la communication : Des corrélations positives modérées à élevées (r variant de 0,38 à 0,49, p < 0,01) ont été observées avec les échelles d’appréhension de la communication (PRCA-24 de McCroskey) et les mesures de l’anxiété liée à l’interaction sociale, confirmant que les individus fixés sur leur image perçoivent les contextes interpersonnels comme hautement anxiogènes en raison de la peur d’une évaluation négative de leur apparence.
  • Estime de soi globale : Conformément aux attentes théoriques, le score d’IFQ présente une corrélation inverse significative avec l’échelle d’estime de soi de Rosenberg (r compris entre -0,42 et -0,56, p < 0,001), attestant qu’une fixation accrue sur l’image physique coïncide avec une dévalorisation de la valeur personnelle globale.

Validité discriminante

La validité discriminante a été corroborée par l’absence de corrélations significatives ou la présence de corrélations négligeables (r < 0,15, non significatif) entre l’IFQ et des construits sans rapport théorique direct avec la focalisation corporelle, tels que l’intelligence verbale générale, les styles de prise de décision cognitive rationnelle, ou l’orientation vers la tâche dans les environnements de travail non axés sur la représentation publique.

Validité de groupe connu et validité prédictive

Les données empiriques ont mis en évidence des différences de groupes attendues (validité de groupe connu) : les participantes de sexe féminin rapportent régulièrement des scores totaux à l’IFQ significativement plus élevés que leurs homologues masculins (t significatifs, p < 0,001), reflétant la dissymétrie des pressions esthétiques socioculturelles documentée par la littérature internationale. De plus, un score supérieur à 15 à l’IFQ prédit significativement la fréquence des consultations pour des interventions d’esthétique médicale, l’adhésion à des régimes amaigrissants restrictifs et l’évitement d’activités sociales impliquant une exposition corporelle (ex. natation, activités sportives).

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Image Fixation Questionnaire a été confirmée par plusieurs indices psychométriques mesurant la consistance interne et la stabilité temporelle des scores :

Cohérence interne

Bien que le format de réponse repose sur des variables dichotomiques (Vrai / Faux), ce qui peut techniquement modérer l’amplitude des corrélations inter-items par rapport à des échelles de type Likert à 5 ou 7 points, l’IFQ démontre une excellente consistance interne globale :

  • Dans les études originelles et de réplication menées par Richmond, McCroskey et leurs collaborateurs, le coefficient de cohérence interne (mesuré via la formule 20 de Kuder-Richardson, KR-20, ou le coefficient alpha de Cronbach appliqué aux scores binaires) oscille entre 0,84 et 0,91.
  • Les corrélations item-total corrigées pour les 30 items s’échelonnent majoritairement entre 0,32 et 0,64, indiquant que chaque énoncé contribue de façon significative et cohérente à la mesure du construit global de fixation sur l’image sans redondance excessive.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La stabilité temporelle de l’instrument a été évaluée sur des cohortes d’étudiants non cliniques à des intervalles de deux à quatre semaines :

  • Le coefficient de corrélation test-retest de Pearson s’élève à r = 0,82 sur un intervalle de deux semaines, et se maintient à r = 0,78 sur un intervalle de quatre semaines.
  • Ces valeurs confirment que la fixation sur l’image évaluée par l’instrument ne se réduit pas à un simple état émotionnel fluctuant lié à l’humeur du jour, mais capture bien un trait cognitivo-comportemental relativement stable et durable chez l’adulte émergent et l’adulte.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’IFQ a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) visant à clarifier l’organisation sous-jacente de ses 30 items.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Dans l’approche initiale des auteurs, l’instrument a été conçu comme une échelle globale unidimensionnelle évaluant la fixation générale sur l’apparence. Néanmoins, lors des analyses factorielles exploratoires utilisant des méthodes d’extraction en composantes principales suivies d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin), la matrice des corrélations révèle généralement un facteur général dominant (expliquant entre 28 % et 36 % de la variance totale) accompagné de plusieurs sous-facteurs de premier ordre intercorrélés :

  • Facteur 1 : Insatisfaction corporelle et autovalorisation esthétique (items 1, 2, 6, 11, 12, 17, 18, 22, 25). Ce facteur regroupe les jugements d’autodépréciation morphologique, les souhaits de transformation faciale et corporelle, et le sentiment récurrent d’inadéquation physique. Les saturations factorielles s’étendent de 0,48 à 0,72.
  • Facteur 2 : Vigilance sociale et comparaison aux pairs (items 4, 5, 7, 8, 9, 26, 27). Ce facteur capture l’anxiété en présence de pairs attirants, la susceptibilité aux remarques d’autrui sur le poids et la taille, et la comparaison constante. Saturations comprises entre 0,42 et 0,68.
  • Facteur 3 : Comportements d’évitement et de camouflage (items 14, 19, 21, 23, 24). Ce facteur réunit les manœuvres comportementales d’isolement social, l’usage de vêtements amples pour masquer des défauts et les rituels vestimentaires compulsifs. Saturations comprises entre 0,45 et 0,65.
  • Facteur 4 : Pressions normatives et croyances culturelles (items 10, 20, 28, 29, 30). Ce facteur isole la perception critique des normes nord-américaines et la conviction que la réussite socioprofessionnelle est subordonnée au paraître. Saturations comprises entre 0,40 et 0,61.
  • Facteur 5 : Conduites restrictives et distorsions pondérales (items 3, 13, 15, 16). Ce facteur cible les comportements compensatoires (jeûne, exercice axé sur le poids, hyperphagie) et le sentiment subjectif d’être gros. Saturations comprises entre 0,38 et 0,59.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les modélisations en équations structurelles testant un modèle hiérarchique de second ordre (où un facteur général de « Fixation sur l’image » sous-tend les cinq sous-dimensions spécifiques) démontrent des indices d’ajustement adéquats aux données empiriques :

  • Indice de comparabilité de Bentler (CFI) > 0,91 ;
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,90 ;
  • Racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) ≈ 0,054 (avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,048 et 0,061) ;
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) ≈ 0,058.

Ces résultats statistiques soutiennent pleinement la double utilisation de l’outil : d’une part, l’exploitation d’un score global total reflétant le niveau global de fixation et de vulnérabilité de l’individu, et d’autre part, l’examen qualitatif ou sous-dimensionnel des profils comportementaux pour guider la recherche ou les interventions cliniques.

10. Instrument de mesure / Instrument

Les caractéristiques formelles de passation et de cotation de l’instrument sont résumées ci-dessous :

  • Nom complet de l’instrument : Questionnaire de fixation sur l’image (Image Fixation Questionnaire – IFQ).
  • Auteurs : Virginia P. Richmond et James C. McCroskey (2004).
  • Type d’instrument : Échelle psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire).
  • Nombre d’items : 30 items rédigés sous la forme d’affirmations à la première personne (« Je… »).
  • Format de réponse : Échelle de réponse dichotomique : T (True / Vrai) ou F (False / Faux).
  • Temps de passation estimé : Environ 5 à 8 minutes.
  • Modalités d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée / numérique en ligne, individuelle ou collective.
  • Formule de cotation (Scoring) : Le score total correspond à la somme arithmétique simple du nombre d’affirmations cochées « Vrai » (True). Chaque réponse « Vrai » reçoit une valeur de 1 point, et chaque réponse « Faux » reçoit une valeur de 0 point. L’intervalle théorique des scores s’étend de 0 à 30 points.
  • Interprétation normative des scores :
    • 0 à 10 affirmations « Vrai » : Gestion adaptée et saine de la fixation culturelle sur l’image. L’individu subit peu ou pas l’influence contraignante des pressions esthétiques nord-américaines. L’image corporelle est stable et peu conflictuelle.
    • 10 à 15 affirmations « Vrai » : Sensibilité marquée à la fixation culturelle sur l’image. Le sujet perçoit fortement les pressions de son environnement et présente des préoccupations esthétiques et des comportements de comparaison notables sans nécessairement manifester une pathologie avérée.
    • Plus de 15 affirmations « Vrai » (> 15) : Fixation sévère ou excessive sur l’apparence physique. L’individu manifeste une focalisation dysfonctionnelle sur son image corporelle, susceptible de s’accompagner d’une insatisfaction corporelle aiguë, d’anxiété sociale, de rituels vestimentaires rigides et de conduites alimentaires altérées pouvant justifier une attention clinique.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : Publié formellement dans la 5e édition de l’ouvrage académique de référence de Virginia P. Richmond et James C. McCroskey en 2004 (Nonverbal behavior in interpersonal relations, Allyn & Bacon).
  • Droits d’auteur et permissions (Copyright) : L’instrument a été mis à la disposition de la communauté scientifique et éducative par les auteurs sur le portail institutionnel de recherche du Dr James C. McCroskey (www.jamescmccroskey.com). Conformément à la politique constante établie par James C. McCroskey de son vivant pour ses outils d’évaluation, l’instrument est accessible gratuitement (libre de droits d’utilisation pour la recherche académique, l’enseignement supérieur et les pratiques cliniques non commerciales), sous réserve de citer scrupuleusement la source bibliographique d’origine.
  • Tarifs : Aucun coût d’acquisition de licence n’est requis pour une utilisation non commerciale à des fins d’étude ou de recherche. Toute adaptation commerciale ou inclusion dans des logiciels payants nécessite une autorisation expresse auprès des ayants droit ou de l’éditeur Allyn & Bacon / Pearson Education.

12. Références / References

  • Dion, K., Berscheid, E., & Walster, E. (1972). What is beautiful is good. Journal of Personality and Social Psychology, 24(3), 285–290. https://doi.org/10.1037/h0033731
  • Fredrickson, B. L., & Roberts, T. A. (1997). Objectification theory: Toward understanding women’s lived experiences and mental health risks. Psychology of Women Quarterly, 21(2), 173–206. https://doi.org/10.1111/j.1471-6402.1997.tb00108.x
  • McCroskey, J. C. (2001). An introduction to rhetorical communication: A Western rhetorical perspective (8th ed.). Allyn & Bacon.
  • Richmond, V. P., & McCroskey, J. C. (2000). The impact of supervisor and subordinate communicators’ nonverbal immediacy and image fixation on perceptions of power and credibility. Communication Quarterly, 48(4), 380–395.
  • Richmond, V. P., & McCroskey, J. C. (2004). Nonverbal behavior in interpersonal relations (5th ed.). Allyn & Bacon. http://www.jamescmccroskey.com/measures/image_fixation.htm
  • Thompson, J. K., Heinberg, L. J., Altabe, M., & Tantleff-Dunn, S. (1999). Exacting beauty: Theory, assessment, and treatment of body image disturbance. American Psychological Association. https://doi.org/10.1037/10312-000

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: T (True) or F (False)

  1. I think my life would improve if my body was better looking.
  2. I would like to have/or have had cosmetic surgery.
  3. I starve, or do not eat, at least one day a week.
  4. I am uncomfortable around attractive people of the same age/sex.
  5. I am constantly comparing my body and face to my peers.
  6. I think my life would improve if my face was better looking.
  7. I am very sensitive to other people’s comments about my general appearance.
  8. I am very sensitive to other people’s comments about my weight.
  9. I am very sensitive to other people’s comments about my height.
  10. I feel the North American culture focuses too much on appearance.
  11. I would like to lose weight.
  12. I would like to be taller.
  13. I overeat at least once a week.
  14. I will not go out in public if I do not look perfect.
  15. I exercise so I will not get fat.
  16. Several times each week, I feel like I look fat.
  17. I berate myself about my general physical appearance.
  18. Most of the time, I think I look bad in my clothes.
  19. I change clothes constantly in order to get the « right look. »
  20. I feel there is a lot of pressure in this culture to have the « right look. »
  21. I often buy new clothes in hopes that I will look better.
  22. Rarely do I feel good about my overall appearance.
  23. I will avoid social situations if I feel I do not have the right body or clothing.
  24. I wear big clothes to hide my appearance defects.
  25. I look in the mirror and wish I looked better.
  26. Often I would like to trade bodies with one of my friends.
  27. Comments from peers about what is the « right » look makes me want to change my appearance.
  28. I find myself focusing more on how I look than who I am.
  29. I think people judge others on their appearances more than their competencies.
  30. If you do not have the « right » look in this culture, you will get the less than prestigious jobs.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 4). Questionnaire de fixation sur l’image. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-fixation-sur-l-image/
Looti, Mohammed. “Questionnaire de fixation sur l’image.” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-fixation-sur-l-image/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de fixation sur l’image.” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-fixation-sur-l-image/.