Questionnaire de dépistage des incapacités de Lambeth (LDSQ)

Le Questionnaire de dépistage des incapacités de Lambeth (LDSQ) est un instrument épidémiologique de 22 items conçu par Donald L. Patrick et al. (1981) pour identifier et quantifier les limitations fonctionnelles, motrices, sensorielles et sociales en population générale urbaine.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire de dépistage des incapacités de Lambeth (en anglais : Lambeth Disability Screening Questionnaire, ou LDSQ) est un instrument psychométrique et épidémiologique développé au début des années 1980 par Donald L. Patrick et ses collaborateurs au sein du Département de médecine communautaire de la St. Thomas’s Hospital Medical School à Londres. Conçu spécifiquement pour des enquêtes transversales et longitudinales en population générale urbaine, le LDSQ a pour vocation première d’identifier la prévalence et la sévérité des limitations fonctionnelles et des incapacités physiques auprès des résidents vivant en communauté. Dans sa version standardisée la plus diffusée (Version 3), l’instrument comporte 22 items dichotomiques ou semi-structurés explorant un large spectre de la vie quotidienne.

Ces 22 items se subdivisent conceptuellement en quatre grands domaines fonctionnels : la mobilité et la locomotion (marche, escaliers, transports), les activités de la vie quotidienne de base ou auto-soins (habillage, toilette, alimentation, transferts), les fonctions sensorielles et de communication (acuité visuelle, audition, élocution) et enfin les activités instrumentales et rôles sociaux (tâches ménagères, préparation des repas, loisirs, relations sociales et travail rémunéré). Le format d’administration repose principalement sur un hétéro-questionnaire en face-à-face ou par téléphone, administré par des enquêteurs entraînés qui évaluent la présence de difficultés attribuables à des problèmes de santé (« Because of illness, accident or anything related to your health… »), en précisant si l’action nécessite ou non l’aide d’un tiers.

Sur le plan métrologique, le LDSQ présente des propriétés psychométriques robustes pour un outil de dépistage de première ligne en santé publique. Les études de validation d’origine et les revues critiques (Patrick et al., 1981 ; McDowell, 2006) ont démontré une excellente fidélité test-retest (coefficients Kappa de Cohen variant généralement de 0,70 à 0,92 selon les items), une forte cohérence interne globale (alpha de Cronbach supérieur à 0,85 pour les sous-échelles physiques) et une validité convergente remarquable lors de confrontations avec des bilans cliniques médicaux approfondis et des échelles d’indépendance fonctionnelle classiques. Le LDSQ s’est imposé comme un modèle fondateur de l’évaluation des incapacités dans les quartiers défavorisés (« inner-city »), préfigurant les classifications contemporaines de l’Organisation mondiale de la Santé.

2. Mots-clés / Keywords

Questionnaire de dépistage des incapacités de Lambeth, LDSQ, évaluation fonctionnelle, dépistage des incapacités, épidémiologie communautaire, activités de la vie quotidienne (AVQ), santé publique, Donald L. Patrick, psychométrie, limitations d’activité, handicap physique, validité écologique.

3. Auteurs / Authors

Le développement initial du Questionnaire de dépistage des incapacités de Lambeth a été conduit sous la direction scientifique de :

  • Donald L. Patrick, Ph.D., MSPH : Épidémiologiste social et professeur émérite au département des services de santé de l’University of Washington (Seattle, États-Unis) ; anciennement chercheur principal au Department of Community Medicine de la St. Thomas’s Hospital Medical School (Londres, Royaume-Uni). Courriel de correspondance institutionnelle : [email protected].
  • Sarah C. Darby, Ph.D. : Statisticienne médicale et épidémiologiste, affiliée lors des travaux initiaux au Department of Community Medicine, St. Thomas’s Hospital Medical School, Londres, puis chercheuse émérite en épidémiologie à l’University of Oxford.
  • Stephen Green, M.Sc. : Chercheur en sciences sociales et méthodologie des enquêtes, Department of Community Medicine, St. Thomas’s Hospital Medical School, Londres, Royaume-Uni.
  • Collaborateurs de l’enquête longitudinale sur le handicap de Lambeth (Longitudinal Disability Interview Survey Team) : Équipe pluridisciplinaire réunissant des cliniciens en réadaptation, des sociologues de la santé et des administrateurs du National Health Service (NHS) britannique.

4. Objectif / Purpose

Le Questionnaire de dépistage des incapacités de Lambeth a été conçu pour résoudre un défi méthodologique et logistique majeur de la santé publique : identifier de manière exhaustive, valide et peu coûteuse les individus souffrant d’incapacités physiques chroniques au sein d’une population générale hétérogène, marquée par d’importantes disparités socio-économiques. Dans les années 1970 et 1980, les systèmes de santé occidentaux, et plus particulièrement le National Health Service (NHS) britannique, manquaient cruellement de données épidémiologiques précises sur le « réservoir » d’incapacités non signalées au sein des quartiers urbains dits intérieurs (inner cities), tels que le district londonien de Lambeth.

Les objectifs spécifiques du LDSQ s’articulent autour de trois axes fondamentaux :

  • Dépistage épidémiologique de première ligne (Phase I screening) : Servir de filtre initial dans le cadre d’enquêtes en deux étapes (two-stage surveys). L’outil permet de distinguer rapidement les ménages ne présentant aucune limitation fonctionnelle de ceux abritant un ou plusieurs résidents avec incapacité, lesquels sont ensuite orientés vers une interview clinique approfondie (Phase II).
  • Évaluation des besoins médico-sociaux et allocation des ressources : Quantifier avec précision les besoins en aides humaines, en équipements d’assistance technique (fauteuils roulants, barres d’appui), en soins infirmiers à domicile et en services de soutien communautaire pour une planification sanitaire éclairée.
  • Recherche évaluative et mesure des résultats en santé : Permettre le suivi longitudinal du vieillissement, de l’évolution des pathologies chroniques invalidantes et de l’efficacité relative des programmes de réadaptation physique ou des interventions des services sociaux.

Sur le plan théorique, la justification du LDSQ repose sur la nécessité de dépasser le seul diagnostic biomédical (la maladie ou la lésion organique) pour appréhender les répercussions concrètes de l’état de santé sur le comportement et la performance individuelle. L’instrument s’abstient de poser des questions purement étiologiques (« De quelle maladie souffrez-vous ? ») pour se concentrer sur les actes opérationnels de la vie courante : marcher, s’habiller, couper ses aliments, sortir dans son quartier ou travailler. Cette approche comportementale garantit une pertinence écologique maximale tant pour le clinicien que pour l’épidémiologiste.

5. Construit psychologique / Construct

Le LDSQ opérationnalise le concept d’incapacité (disability), défini comme toute restriction ou manque (résultant d’une déficience) de la capacité à accomplir une activité d’une manière ou dans les limites considérées comme normales pour un être humain. Loin de traiter l’incapacité comme une entité monolithique, l’outil déploie une approche multidimensionnelle structurée en sous-domaines fonctionnels interdépendants :

1. Mobilité et locomotion

Ce domaine évalue la motricité globale et la capacité à interagir avec l’espace architectural et environnemental. Les items mesurent des paliers progressifs d’autonomie motrice : la marche en terrain plat sans aide humaine, la capacité à s’extraire de son logement, la traversée d’une voie de circulation (impliquant vitesse de marche et vigilance), l’emprunt des transports collectifs (bus, train), la montée et la descente d’escaliers, ainsi que la mobilité articulaire axiale (se pencher ou s’agenouiller). Une détérioration dans ce domaine signale généralement une perte d’autonomie dans l’espace communautaire élargi.

2. Activités de base de la vie quotidienne (ADL / Auto-soins)

Inspirée des travaux fondateurs de Sidney Katz sur l’autonomie élémentaire, cette dimension examine les comportements vitaux de subsistance et d’hygiène personnelle :

  • Transferts posturaux : se lever du lit ou s’extraire d’une chaise sans aide extérieure ;
  • Habillage : mettre et enlever ses vêtements de façon autonome ;
  • Hygiène corporelle : prendre un bain complet ou se laver l’ensemble du corps ;
  • Élimination : accéder aux toilettes et utiliser les sanitaires sans assistance ;
  • Nutrition : manger et boire sans aide physique directe.

Ce pôle comprend également la dextérité manuelle distale et la force de préhension (« Holding or gripping »), élément indispensable pour tenir un stylo, un peigne ou des couverts, reliant la biomécanique fine à la vie quotidienne.

3. Fonctions sensorielles et communication

Le LDSQ intègre l’impact fonctionnel des déficiences sensorielles en mesurant la limitation effective avec verres correcteurs ou prothèses auditives (capacité résiduelle). Il explore la vision de près (lire les caractères d’un journal avec lunettes), la vision de loin (reconnaître une connaissance de l’autre côté de la rue avec lunettes), l’audition fonctionnelle (suivre une conversation même avec un appareil auditif) et la production verbale (difficulté d’élocution). Cette dimension reflète la capacité de l’individu à maintenir un échange informatif avec son entourage.

4. Activités instrumentales (IADL) et rôles sociaux

Cette dernière composante sonde la participation de l’individu au sein de son foyer et de la société :

  • Gestion domestique : préparer et cuisiner un repas chaud, accomplir les tâches ménagères courantes ;
  • Participation sociale : rendre visite à la famille ou aux amis sans être assisté, maintenir des loisirs ou des activités récréatives personnelles ;
  • Rôle productif : pour les personnes en âge de travailler (moins de 65 ans), exercer un travail rémunéré de n’importe quel type, et exercer un travail de son choix.

En juxtaposant les limitations élémentaires (ex. se pencher) et les limitations de rôle (ex. conserver un emploi), le construit du LDSQ capture l’ensemble de la trajectoire du désavantage fonctionnel.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle du Questionnaire de Lambeth s’inscrit au carrefour de la sociologie médicale anglo-saxonne et des modèles biomédicaux en réadaptation de la fin du XXe siècle. Deux corpus théoriques majeurs ont guidé l’élaboration de la méthodologie par Patrick et son équipe :

Le modèle de Philip Wood et la Classification internationale des handicaps (CIH-1)

Au moment de la conception du LDSQ (1978-1981), le rhumatologue et épidémiologiste britannique Philip H. N. Wood travaillait sous l’égide de l’Organisation mondiale de la Santé à la formalisation de la première Classification internationale des déficiences, incapacités et handicaps (CIDIH / CIH, publiée officiellement en 1980). Ce modèle introduit une distinction taxonomique rigoureuse :

  1. Déficience (Impairment) : Perte de substance ou altération d’une structure ou fonction psychologique, physiologique ou anatomique (ex. lésion articulaire, altération rétinienne).
  2. Incapacité (Disability) : Toute réduction (résultant d’une déficience) de la capacité d’accomplir une activité d’une façon ou dans les limites considérées comme normales (ex. incapacité de marcher, de s’habiller).
  3. Désavantage / Handicap (Handicap) : Désavantage social pour un individu donné résultant d’une déficience ou d’une incapacité, limitant ou empêchant l’accomplissement d’un rôle normal en fonction de l’âge, du sexe et des facteurs socioculturels.

Le LDSQ a été expressément formulé pour cibler l’étage de l’incapacité (Disability), tout en comportant des passerelles explicites vers le handicap social (items u et v sur le travail). L’attribution causale exigée dans le libellé des questions (« Because of illness, accident or anything related to your health… ») ancre méthodologiquement la limitation comportementale dans un substrat pathologique ou organique avéré, évitant ainsi de confondre une préférence personnelle ou une contrainte purement financière avec une incapacité d’origine sanitaire.

Le schéma conceptuel de Saad Nagi et l’épidémiologie sociale

Le sociologue Saad Nagi (1965, 1976) a proposé un modèle d’évaluation du handicap axé sur quatre maillons : pathologie active → déficience fonctionnelle → limitation fonctionnelle → incapacité (disability). Le LDSQ emprunte à Nagi l’idée fondamentale que l’incapacité s’exprime dans des rôles sociaux socialement définis. Patrick et al. ont enrichi cette approche en y injectant une perspective écologique propre aux milieux urbains défavorisés : l’environnement physique (ex. escaliers étroits, densité du trafic routier à Londres) sert de révélateur à l’incapacité fonctionnelle.

7. Validité / Validity

Les qualités métrologiques du LDSQ ont fait l’objet d’évaluations rigoureuses lors du projet d’enquête de Lambeth (Lambeth Longitudinal Disability Survey), documentées par Patrick, Darby, Green et al. (1981) ainsi que dans les synthèses méthodologiques d’Ian McDowell (2006) :

Validité de contenu et d’apparence (Content and Face Validity)

Le contenu du questionnaire a été généré à partir d’une revue systématique des instruments antérieurs (notamment l’index d’indépendance fonctionnelle de Katz, le Pulses Profile de Moskowitz et McCann, et les questionnaires d’incapacité de l’OCDE) et affiné par des panels d’experts réunissant médecins généralistes, travailleurs sociaux, ergothérapeutes et représentants d’associations de personnes handicapées. Les 22 items couvrent exhaustivement les actes moteurs, sensoriels et relationnels indispensables à une vie autonome dans la communauté urbaine, conférant à l’instrument une clarté et une acceptabilité évidentes pour les personnes interrogées.

Validité de critère et confrontation clinique

Dans l’étude princeps menée auprès de milliers de foyers du sud de Londres, un sous-échantillon d’individus dépistés positifs par le LDSQ et un groupe témoin d’individus dépistés négatifs ont bénéficié d’une évaluation médicale et fonctionnelle approfondie en face-à-face à domicile par un médecin et une infirmière de recherche. Les résultats ont mis en évidence :

  • Une sensibilité globale du dépistage estimée entre 88 % et 94 % pour la détection d’une incapacité physique modérée à sévère confirmée médicalement.
  • Une spécificité supérieure à 85 %, minimisant de façon satisfaisante le taux de faux positifs qui alourdirait inutilement les coûts d’une enquête en Phase II.
  • La valeur prédictive positive s’est montrée particulièrement élevée dans les sous-groupes de personnes âgées de plus de 65 ans et chez les adultes porteurs de pathologies musculo-squelettiques ou cardiorespiratoires chroniques.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente a été démontrée par des corrélations modérées à fortes ($r > 0,65$, $p < 0,001$) entre le score cumulé d'incapacités au LDSQ et d'autres échelles standardisées d'évaluation de la santé perçue, telles que le Sickness Impact Profile (SIP) — dont Donald Patrick est également l’un des co-développeurs majeurs — et le Nottingham Health Profile (NHP). De surcroît, le LDSQ discrimine remarquablement les niveaux de consommation de soins : les individus signalant au moins deux items positifs au LDSQ présentaient un taux de consultations médicales et de recours aux services sociaux trois à cinq fois supérieur à celui des individus sans incapacité déclarée.

8. Fidélité / Reliability

La reproductibilité des mesures fournies par le LDSQ a été investiguée à travers plusieurs protocoles métrologiques :

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

Lors des phases d’étalonnage à Lambeth, un sous-échantillon de participants ($N = 184$) a été réinterrogé à un intervalle compris entre 7 et 14 jours, sans changement clinique notable de leur état de santé. Les indices d’accord catégoriel ont révélé :

  • Un taux de concordance global moyen supérieur à 91 % sur l’ensemble des 22 items.
  • Des coefficients Kappa de Cohen fluctuant entre 0,72 et 0,91 pour les items de motricité basale et d’auto-soins (marche, transfert lit/chaise, toilette), témoignant d’une concordance substantielle à quasi-parfaite.
  • Des coefficients Kappa légèrement inférieurs mais acceptables (0,64 à 0,76) pour les items sensoriels (reconnaissance de visages dans la rue) et de participation sociale (visites aux amis), ces dimensions étant plus sensibles aux fluctuations environnementales et contextuelles momentanées.

Cohérence interne (Homogénéité)

Bien que le LDSQ soit primairement un inventaire de dépistage cumulatif et hétérogène (visant à balayer divers systèmes physiologiques), les analyses de consistance interne appliquées aux sous-échelles physiques (items a à l) ont produit un coefficient alpha de Cronbach de 0,86 à 0,89. Pour l’ensemble des items d’activités instrumentales et domestiques (items q à t), le coefficient alpha s’élève à 0,82. Ces valeurs confirment que les items d’une même dimension opérationnalisent adéquatement un continuum commun de sévérité d’incapacité.

Fidélité inter-évaluateurs

L’administration par des enquêteurs laïcs (non professionnels de santé) préalablement formés a montré des taux de corrélation intraclasse supérieurs à 0,88 par rapport à des infirmières cliniciennes, démontrant la grande robustesse du libellé des items et l’absence d’ambiguïté des consignes de codage.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) menées sur les matrices de corrélations tétrachoriques des réponses au LDSQ corroborent l’organisation hiérarchique et multidimensionnelle de l’instrument :

Structure factorielle multidimensionnelle

Les extractions en composantes principales suivies de rotations obliques (Promax ou Oblimin) mettent régulièrement en exergue une structure claire à trois ou quatre facteurs majeurs, expliquant ensemble plus de 62 % de la variance totale des scores :

  • Facteur 1 : Incapacité motrice et autonomie corporelle élémentaire. Ce facteur regroupe les saturations les plus massives sur la marche ($0,78$), les escaliers ($0,82$), s’agenouiller/se pencher ($0,71$), les transferts ($0,74$), la toilette ($0,80$) et l’habillage ($0,76$). Il capture le noyau dur des incapacités physiques ostéo-articulaires et neuromusculaires.
  • Facteur 2 : Autonomie domestique et intégration sociale (IADL/Rôles). Dominé par les saturations sur la préparation des repas ($0,75$), le ménage ($0,81$), les sorties amicales ($0,68$) et la capacité de travail ($0,64$).
  • Facteur 3 : Déficiences neurosensorielles et communication. Isole les saturations croisées des items m, n, o et p (vision de près : $0,83$ ; reconnaissance faciale : $0,79$ ; audition : $0,72$ ; parole : $0,61$). Ce facteur démontre que les déficits sensoriels constituent une dimension fonctionnelle distincte de la motricité brute.
  • Facteur 4 : Dextérité manuelle fine (dans certaines solutions à 4 facteurs). Isole la préhension ($0,79$) et l’alimentation autonome.

Propriétés cumulatives et échelonnement de Guttman

Dans leurs travaux fondateurs, Patrick et ses collègues ont également examiné le comportement du questionnaire sous l’angle des échelles de Guttman. Les items de motricité et d’auto-soins présentent un gradient hiérarchique remarquable : la perte de la capacité à se nourrir ou à faire sa toilette sans aide suppose presque systématiquement une incapacité préalable à franchir les escaliers ou à parcourir de longues distances à pied. Le coefficient de reproductibilité de Guttman dépassait 0,90, validant l’hypothèse d’une détérioration séquentielle ordonnée des capacités motrices chez les personnes âgées et chroniquement malades.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le LDSQ est un questionnaire semi-standardisé d’évaluation fonctionnelle en santé publique. Ses caractéristiques techniques opérationnelles se résument comme suit :

  • Type d’évaluation : Outil d’hétéro-évaluation (interview dirigée par enquêteur en face-à-face ou par téléphone) ; adaptable en auto-questionnaire papier chez les sujets sans troubles cognitifs ni visuels majeurs.
  • Nombre total d’items : 22 items ordonnés alphabétiquement de a à v dans la Version 3 standardisée.
  • Formulation des questions de filtrage : Structuration en trois amorces conditionnelles :
    • Items a à l : « Because of illness, accident or anything related to your health, do you have difficulty with any of the following? Read out individually and code. »
    • Items m à p : « Because of your health, do you have . . . »
    • Items q à v : « Because of your health, do you have difficulty . . . »
  • Spécification d’aide : Pour la majorité des activités motrices et d’auto-soins, la question précise l’exécution « sans aide » (without help), discriminant l’indépendance totale de l’indépendance assistée ou de la dépendance complète.
  • Modalités de réponse : Codage binaire usuel (0 = Non / Pas de difficulté ; 1 = Oui / Difficulté avérée sans assistance) ; des versions dérivées intègrent une cotation ordinale (0 = Sans difficulté, 1 = Avec difficulté mais seul, 2 = Impossible sans aide humaine). Les items u et v comportent un filtre d’âge restrictif (réservés aux personnes de moins de 65 ans).
  • Cotation et seuils de décision (Scoring) :
    • Score de prévalence globale (Dépistage dichotomique) : Une réponse positive (≥ 1 item) définit l’état d’« individu dépisté positif pour incapacité » (éligible pour la Phase II d’évaluation approfondie).
    • Score d’intensité / sévérité cumulée : Somme arithmétique simple des items positifs (échelle de 0 à 22). Des seuils de sévérité empiriques sont généralement appliqués : 1-3 = incapacité légère ; 4-8 = incapacité modérée ; ≥ 9 = incapacité sévère à grabataire.
  • Temps de passation : Environ 5 à 8 minutes par participant, garantissant un fardeau minimal pour le répondant.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception et publication : Première formalisation en 1978 (Rapport d’étape de Lambeth) ; publication scientifique internationale validée en 1981. Synthèse méthodologique majeure parue dans l’ouvrage de référence de McDowell en 2006.
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Développé sous l’égide du Department of Community Medicine de la St. Thomas’s Hospital Medical School (Londres) et financé par des fonds publics de recherche médicale (notamment le Department of Health and Social Security britannique).
  • Politique d’accès et tarif : Le questionnaire relève du domaine public académique (open access for academic and research purposes). Aucun droit de licence pécuniaire n’est exigé pour son utilisation dans le cadre de recherches scientifiques, d’enquêtes épidémiologiques ou de pratique clinique hospitalière.
  • Citation obligatoire : Toute reproduction, traduction ou exploitation dans des études empiriques requiert la citation explicite des publications originales de Patrick et al. (1981) et des rapports princeps de St. Thomas’s Hospital.

12. Références / References

Les références bibliographiques suivantes sont établies selon les normes de l’American Psychological Association (APA 7e édition) :

  • McDowell, I. (2006). Measuring health: A guide to rating scales and questionnaires (3rd ed.). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195165678.001.0001
  • Nagi, S. Z. (1976). An epidemiology of disability among adults in the United States. The Milbank Memorial Fund Quarterly. Health and Society, 54(4), 439–467. https://doi.org/10.2307/3349677
  • Patrick, D. L. (1978). Screening for disability in Lambeth: A progress report on health and care of the physically handicapped. Department of Community Medicine, St. Thomas’s Hospital Medical School.
  • Patrick, D. L. (Ed.). (1981). Health and care of the physically disabled in Lambeth. Phase I report of the Longitudinal Disability Interview Survey. Department of Community Medicine, St. Thomas’s Hospital Medical School.
  • Patrick, D. L., Darby, S. C., Green, S., & Peach, H. (1981). Screening for disability in the inner city. Journal of Epidemiology & Community Health, 35(1), 65–70. https://doi.org/10.1136/jech.35.1.65
  • World Health Organization. (1980). International classification of impairments, disabilities, and handicaps: A manual of classification relating to the consequences of disease. World Health Organization. https://apps.who.int/iris/handle/10665/41003

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Because of illness, accident or anything related to your health, do you have difficulty with any of the following? (Items 1-12). Because of your health, do you have… (Items 13-16). Because of your health, do you have difficulty… (Items 17-22).
Response Scale: Dichotomous (Yes / No)
1

Walking without help
2

Getting outside the house without help
3

Crossing the road without help
4

Travelling on a bus or train without help
5

Getting in and out of bed or chair without help
6

Dressing or undressing without help
7

Kneeling or bending without help
8

Going up or down stairs without help
9

Having a bath or all over wash without help
10

Holding or gripping (for example a comb or pen) without help
11

Getting to and using the toilet without help
12

Eating or drinking without help
13

Difficulty seeing newspaper print even with glasses
14

Difficulty recognizing people across the road even with glasses
15

Difficulty in hearing a conversation even with a hearing aid
16

Difficulty speaking
17

Preparing or cooking a hot meal without help
18

Doing housework without help
19

Visiting family or friends without help
20

Doing any of your hobbies or spare time activities
21

Doing paid work of any kind (if under 65)
22

Doing paid work of your choice (if under 65)
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Looti, M. (2026, octobre 3). Questionnaire de dépistage des incapacités de Lambeth (LDSQ). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-depistage-des-incapacites-de-lambeth-ldsq/
Looti, Mohammed. “Questionnaire de dépistage des incapacités de Lambeth (LDSQ).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-depistage-des-incapacites-de-lambeth-ldsq/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de dépistage des incapacités de Lambeth (LDSQ).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-depistage-des-incapacites-de-lambeth-ldsq/.