Questionnaire de Coping

Le Questionnaire de Coping (CQ), développé par Jim Orford et ses collègues, évalue les stratégies d’adaptation des membres de l’entourage face à l’addiction d’un proche à travers 30 items mesurant le coping engagé, tolérant et par retrait.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire de Coping (Coping Questionnaire, CQ), développé initialement par Jim Orford et ses collaborateurs au sein de l’Université de Birmingham, constitue l’un des instruments psychométriques de référence dédiés à l’évaluation des stratégies d’adaptation déployées par les membres de l’entourage (conjoints, parents, fratrie, proches aidants) confrontés aux comportements addictifs d’un proche (alcoolodépendance, toxicomanie, jeu d’argent pathologique). S’inscrivant directement dans le modèle conceptuel du stress, de la tension et du coping (Stress-Strain-Coping-Support Model ou modèle SSCS), cet outil d’auto-évaluation composé de 30 items mesure la fréquence à laquelle un proche a recours à des comportements spécifiques au cours des derniers mois face à la consommation de la personne dépendante.

L’inventaire opérationnalise le coping familial à travers trois dimensions factorielles principales : (1) le coping engagé (Engaged Coping, CQ-E, 14 items), qui englobe les tentatives de contrôle, de confrontation, de négociation ou d’expression émotionnelle directe ; (2) le coping tolérant ou inactif (Tolerant-Inactive Coping, CQ-T, 9 items), caractérisé par l’évitement du conflit, la dissimulation de la consommation, la résignation, la prise en charge des conséquences négatives et la facilitation involontaire (enabling) ; et (3) le coping par retrait (Withdrawal Coping, CQ-W, calculé à partir de 8 items avec cotation différentielle), orienté vers la préservation de soi, la prise de distance émotionnelle et physique, et la poursuite d’intérêts personnels indépendants du proche dépendant. Les participants répondent sur une échelle d’évaluation ordinale en 4 points allant de 0 (« Non / Jamais ») à 3 (« Souvent »).

Les propriétés psychométriques du CQ ont été rigoureusement validées dans de multiples contextes transculturels (Royaume-Uni, Mexique, Italie, Australie, Iran). La consistance interne mesurée par le coefficient alpha de Cronbach est généralement satisfaisante à excellente, oscillant typiquement entre 0,78 et 0,87 pour le coping engagé, entre 0,69 et 0,79 pour le coping tolérant, et entre 0,61 et 0,75 pour le coping par retrait. L’instrument démontre une validité convergente et prédictive robuste : les styles de coping engagé et tolérant sont systématiquement corrélés de manière positive avec la détresse psychologique et physique du membre de la famille, mesurée notamment par le General Health Questionnaire (GHQ-12), tandis que le coping par retrait assertif est généralement associé à une réduction des tensions familiales et à une meilleure préservation du bien-être de l’aidant.

2. Mots-clés / Keywords

Questionnaire de Coping, Coping Questionnaire (CQ), Modèle SSCS, Addictions familiales, Stratégies d’adaptation, Entourage de personnes dépendantes, Coping engagé, Coping tolérant, Coping par retrait, Psychométrie clinique, Dépendance à l’alcool, Familles et addictions.

3. Auteurs / Authors

Le Questionnaire de Coping a été conçu et validé par une équipe de chercheurs britanniques de premier plan spécialisés dans la psychologie clinique des addictions et l’impact intrafamilial de l’usage de substances :

  • Jim Orford, PhD, FBPsS : Professeur émérite de psychologie clinique et communautaire à l’École de psychologie de l’Université de Birmingham (Royaume-Uni), pionnier de la recherche internationale sur les proches aidants face aux conduites addictives et cofondateur du réseau Addiction and the Family International Network (AFINet).
  • Lorna Templeton, BSc, MSc : Chercheuse indépendante et associée honoraire de recherche à l’Université de Bath et à l’Université de Bristol, spécialiste de l’évaluation psychosociale de la prise en charge des familles affectées par les dépendances.
  • Richard Velleman, PhD : Professeur émérite de psychologie de la santé mentale à l’Université de Bath (Royaume-Uni), codirecteur du groupe de recherche sur l’évaluation des interventions familiales et de l’approche « 5-Step Method ».
  • Arlene Copello, PhD : Professeur de recherche en psychologie clinique à l’Université de Birmingham et au Birmingham and Solihull Mental Health NHS Foundation Trust, expert en interventions systémiques et familiales dans le domaine des addictions.

Affiliation collective institutionnelle d’origine : Alcohol, Drugs, Gambling and Addiction Research Group, School of Psychology, The University of Birmingham, Edgbaston, Birmingham B15 2TT, Royaume-Uni.

4. Objectif / Purpose

L’impact des conduites addictives (qu’il s’agisse de la consommation d’alcool, de drogues illicites ou de la pratique problématique des jeux de hasard et d’argent) sur le système familial est reconnu comme l’un des stresseurs chroniques les plus destructeurs en santé mentale et en médecine communautaire. Historiquement, la littérature psychiatrique a souvent abordé les membres de la famille sous des prismes psychopathologiques ou stigmatisants, tels que le concept controversé de « codépendance » ou des théories assignant au conjoint un rôle d’instigateur névrotique du comportement addictif. L’objectif fondamental du Questionnaire de Coping est d’opérer une rupture paradigmatique radicale avec ces modèles culpabilisants, en repositionnant les proches comme des individus ordinaires soumis à un stress chronique extraordinaire et cherchant activement, par divers moyens comportementaux et cognitifs, à faire face à une situation hautement anxiogène et déstabilisante.

Sur le plan clinique, le CQ a pour finalité première d’évaluer la palette de réponses comportementales mises en œuvre par les aidants naturels afin d’orienter le travail thérapeutique, notamment dans le cadre de la méthode standardisée « 5-Step Method » conçue pour les membres de l’entourage. L’instrument permet au praticien d’identifier les comportements qui, bien qu’intentionnés de manière protectrice ou désespérée, exacerbent involontairement la détresse de l’aidant et la dynamique de consommation (par exemple, le coping tolérant qui dissimule les dettes ou couvre les absences de l’usager, ou le coping engagé hyper-réactif ponctué d’injonctions et de disputes incessantes). L’évaluation sert de base à une psychoéducation guidée visant à promouvoir un retrait indépendant et bienveillant (désengagement protecteur sans rejet cruel), reconnu cliniquement comme favorisant à la fois la résilience du proche et la responsabilisation de l’usager.

Dans le domaine de la recherche empirique et épidémiologique, le questionnaire fournit une mesure quantitative standardisée pour :

  • Tester empiriquement les liens de causalité et les effets médiateurs ou modérateurs entre l’intensité de l’addiction du proche, la charge de stress perçue, les réponses d’adaptation et les conséquences sur la santé physique et psychique de la famille ;
  • Mesurer l’efficacité des interventions psychosociales destinées exclusivement aux familles (sans nécessiter la présence ou la motivation au changement de l’individu dépendant) ;
  • Conduire des comparaisons transculturelles sur les normes sociétales et genrées qui conditionnent les styles de coping, notamment dans des contextes collectifs versus individualistes.

5. Construit psychologique / Construct

Le Questionnaire de Coping mesure le construit psychologique de l’adaptation comportementale intrafamiliale face à l’addiction. Contrairement aux échelles généralistes de coping (telles que le WCC de Folkman et Lazarus ou le Brief COPE de Carver), le CQ capture des configurations d’actions, de verbalisations et d’affects intrinsèquement situées dans l’écologie relationnelle propre aux conduites d’addiction. La modélisation factorielle isole trois sous-échelles mutuellement distinctes mais interconnectées :

1. Le Coping Engagé (Engaged Coping — CQ-E, 14 items)

Ce style regroupe l’ensemble des tentatives actives, directes et interpersonnelles visant à modifier le comportement de consommation de l’usager ou à reprendre le contrôle sur une dynamique perçue comme intolérable. Cette dimension intègre deux facettes fonctionnelles complémentaires :

  • La confrontation assertive et la recherche d’accord : par exemple, s’asseoir calmement pour discuter franchement des solutions à apporter au problème d’alcool (item 5), clarifier les attentes vis-à-vis des responsabilités familiales (item 21), ou aider à régulariser la situation financière (item 26).
  • Le contrôle émotionnel, punitif ou coercitif : déclencher des disputes (item 6), supplier la personne de cesser (item 7), imposer des règles restrictives (item 11), surveiller ses moindres faits et gestes (item 17), accuser le proche de ne plus aimer les siens (item 25), ou fouiller pour trouver et détruire les bouteilles ou substances (item 28).

Bien que motivé par une volonté de résolution de problème ou d’expression d’une souffrance légitime, un score élevé de coping engagé hyper-confrontant se traduit fréquemment par une escalade symétrique des conflits, de l’épuisement émotionnel et une détérioration rapide de la santé psychologique de l’aidant.

2. Le Coping Tolérant ou Inactif (Tolerant-Inactive Coping — CQ-T, 9 items)

Le coping tolérant se définit par une posture de soumission, d’accommodation passive ou de capitulation face aux comportements addictifs et à leurs conséquences. Il reflète un sentiment profond d’impuissance et de désespoir. Ce pattern comprend :

  • La facilitation involontaire (Enabling) : donner de l’argent tout en sachant qu’il sera utilisé pour acheter de l’alcool (item 4), nettoyer les souillures ou mettre la personne au lit après une ivresse (item 3), trouver des excuses pour dissimuler l’état de l’usager auprès de tiers ou endosser la responsabilité à sa place (item 27).
  • L’inhibition et la paralysie décisionnelle : se sentir trop effrayé pour entreprendre la moindre action (item 10), se sentir trop désespéré (item 14), être incapable de prendre une décision (item 23), et faire semblant que tout va bien pour préserver une façade de normalité (item 30).
  • La résignation fataliste : accepter la situation comme une fatalité immuable de l’existence (item 24).

Ce mode d’adaptation est empiriquement le plus pathogène pour l’aidant, présentant les corrélations positives les plus élevées avec les scores de dépression, d’anxiété clinique et de symptômes somatoformes.

3. Le Coping par Retrait (Withdrawal Coping — CQ-W, coté sur 8 items)

Cette dimension opérationnalise la capacité du membre de la famille à instaurer des frontières psychologiques, émotionnelles et physiques claires entre sa propre vie et le trouble addictif de son proche. Il s’agit d’un réinvestissement de soi qui se décline selon :

  • Le détachement émotionnel et comportemental : s’éloigner ou s’isoler lorsque la personne est sous l’emprise de la substance (item 8), vaquer à ses propres occupations en agissant comme si le proche n’était pas là (item 18), ou éviter l’usager dans la mesure du possible (item 15).
  • Le recentrage personnel et familial : faire passer les besoins des autres membres du foyer avant ceux du proche dépendant (item 2), s’engager dans de nouveaux centres d’intérêt, loisirs ou engagements associatifs/professionnels indépendants (item 12), et prendre soin de soi en s’accordant des plaisirs personnels (item 29).

Dans l’algorithme de calcul psychométrique standard, deux items d’engagement interpersonnel direct (item 5 et item 22) sont soustraits de ce score, reflétant le fait que le retrait implique un désengagement des interactions dyadiques directes focalisées sur le problème addictif. Un score élevé de coping par retrait est corrélé à une réduction à moyen terme de l’impact traumatique du stress familial.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement théorique sous-tendant le Questionnaire de Coping s’enracine dans la théorie transactionnelle du stress et de l’adaptation formulée par Richard Lazarus et Susan Folkman (1984), enrichie et contextualisée dans le Modèle Stress-Tension-Coping-Soutien (Stress-Strain-Coping-Support Model — SSCS) conçu par Jim Orford, Richard Velleman, Alex Copello et Lorna Templeton à l’orée des années 2000.

Le modèle SSCS repose sur une série de propositions épistémologiques et cliniques claires :

  1. Le comportement addictif comme stresseur environnemental chronique : Vivre auprès d’une personne aux prises avec une addiction expose les membres du foyer à des stresseurs continus, sévères et imprévisibles (instabilité financière, ruptures communicationnelles, agressivité verbale ou physique, négligence des rôles parentaux ou conjugaux, honte sociale et isolement).
  2. La tension (Strain) comme résultat universel : L’exposition prolongée à ces stresseurs induit une tension biopsychosociale inévitable, se traduisant par une morbidité psychologique (troubles dépressifs, anxiété généralisée, attaques de panique) et somatique (troubles du sommeil, céphalées de tension, troubles gastro-intestinaux, hypertension artérielle).
  3. Le coping comme médiateur fondamental : L’intensité de la tension ressentie ne dépend pas uniquement de la gravité de la consommation de la personne dépendante, mais est fortement modulée par la nature des stratégies de coping adoptées par l’aidant. Le coping n’est pas un trait de personnalité rigide, mais un ensemble dynamique d’actions et de processus d’évaluation cognitive (évaluation primaire de la menace et évaluation secondaire des ressources disponibles).
  4. Le rôle modulateur du soutien social : Le modèle postule que l’accès à un soutien social de qualité (émotionnel, informatif, matériel) permet d’atténuer les tensions et favorise l’adoption de stratégies d’adaptation plus saines, à l’opposé du repli ou de la tolérance passive induits par la stigmatisation sociale.

Dans cette perspective, le CQ dépasse la conception moralisatrice du coping pour reconnaître que les réactions d’un proche sont des tentatives compréhensibles de navigation dans un environnement hautement toxique et incertain. Les auteurs s’inspirent également des théories des systèmes familiaux (Bowen, Minuchin), en observant comment les frontières intrafamiliales sont érodées par l’addiction et comment le coping par retrait permet de rétablir une différenciation saine du soi face à la fusion pathologique induite par la dynamique addictive.

7. Validité / Validity

L’évaluation des propriétés métrologiques du Questionnaire de Coping a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques menées auprès de larges cohortes de familles affectées, attestant d’une validité de construit, d’une validité convergente et d’une validité transculturelle robustes.

Validité de Construit et Structurelle

La validité structurelle du CQ a été confirmée à l’origine par Orford, Templeton, Velleman et Copello (2005) sur un échantillon clinique britannique de près de 1 000 proches de personnes consommatrices d’alcool ou de drogues. Les analyses en composantes principales et analyses factorielles confirmatoires ont corroboré l’existence des trois dimensions théoriques (Engagé, Tolérant, Retrait), expliquant une proportion significative de la variance totale des comportements d’adaptation observés.

Validité Convergente et Concourante

La validité convergente a été démontrée par des corrélations hautement significatives entre les sous-échelles du CQ et d’autres instruments validés évaluant la psychopathologie et les perturbations systémiques :

  • Corrélation avec la santé générale (GHQ-12) : Les scores au Coping Tolérant (CQ-T) présentent une corrélation positive forte avec les scores du General Health Questionnaire ($r = 0,42$ à $0,55$, $p < 0,001$), confirmant que plus un proche adopte une attitude d’acceptation passive et de camouflage, plus sa détresse psychologique est élevée. Le Coping Engagé (CQ-E) montre également des corrélations positives modérées ($r = 0,25$ à $0,38$, $p < 0,01$). À l'inverse, l'évolution vers un Coping par Retrait indépendant est corrélée négativement avec la morbidité psychiatrique mesurée au fil du suivi longitudinal.
  • Corrélation avec la tension familiale (Family Strain Questionnaire — FSQ) : Le CQ-T et les composantes agressives du CQ-E corrèlent positivement avec les sous-échelles de tension physique et émotionnelle du FSQ ($r > 0,45$), établissant que ces stratégies s’inscrivent dans un contexte d’épuisement objectif des ressources du foyer.

Validité Discriminante et Transculturelle

Le CQ démontre une excellente sensibilité au changement dans les essais cliniques évaluant les interventions de type 5-Step Method. Après intervention, on observe une réduction statistiquement significative des scores de coping tolérant et de coping engagé конфликтuel, parallèlement à une stabilisation ou une augmentation du coping par retrait assertif. L’instrument a également prouvé son invariance de mesure à travers des cultures contrastées, notamment au Mexique, en Italie, en Nouvelle-Zélande, en Iran et en Inde, illustrant l’universalité des trois grands axes d’adaptation familiale face au désordre addictif.

8. Fidélité / Reliability

Les études psychométriques menées sur le Questionnaire de Coping rapportent des indices de fidélité cohérents à travers divers échantillons cliniques et communautaires :

Consistance Interne

  • Coping Engagé (CQ-E, 14 items) : Présente systématiquement les coefficients de consistance interne les plus élevés, avec un alpha de Cronbach ($lpha$) s’échelonnant généralement entre 0,80 et 0,86 dans les études de référence britanniques (Orford et al., 2005) et internationales, reflétant une grande homogénéité des items explorant l’intervention active.
  • Coping Tolérant (CQ-T, 9 items) : Affiche une consistance interne satisfaisante, avec des coefficients $lpha$ oscillant entre 0,72 et 0,79 selon les cohortes, confirmant la cohérence du construit d’impuissance et de prise en charge compensatoire.
  • Coping par Retrait (CQ-W, 8 items) : En raison de sa structure bifactorielle inhérente (combinant des items d’éloignement direct et la soustraction d’items de confrontation positive) et d’un nombre restreint d’items positifs, cette échelle présente une fidélité interne légèrement plus modérée, variant typiquement entre 0,62 et 0,74. Cette valeur demeure acceptable pour une échelle de recherche multidimensionnelle en psychologie comportementale.

Fidélité Test-Retest

La stabilité temporelle a été documentée lors d’études longitudinales chez des groupes témoins en attente d’intervention (sur des intervalles de 6 à 12 semaines). Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de corrélation de Pearson se situent entre 0,68 et 0,78 pour les trois sous-échelles en l’absence de changement majeur dans la dynamique addictive du proche, ce qui atteste d’une stabilité relative du pattern de coping dans des conditions environnementales inchangées tout en préservant la réactivité de l’outil aux changements induits par une thérapie.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La genèse factorielle du Questionnaire de Coping s’appuie sur une tradition de recherches empiriques initiée dès les travaux pionniers de Jim Orford et Guthrie (1976), puis formalisée dans les vastes études psychométriques d’Orford et ses collaborateurs (2005, 2010).

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Les extractions initiales par analyse en composantes principales (ACP) avec rotation orthogonale (Varimax) puis oblique (Oblimin) ont systématiquement identifié trois facteurs prépondérants extrayant les valeurs propres (eigenvalues) supérieures au critère de Kaiser (> 1,5), confirmant le modèle tridimensionnel :

  • Facteur 1 (Engagement / Confrontation active) : Regroupe les items décrivant les discussions franches, le contrôle des consommations, les disputes, la surveillance et l’imposition de règles. Les saturations factorielles (factor loadings) pour ces items s’échelonnent de 0,42 à 0,76. Par exemple, l’item 17 (« Surveillance des faits et gestes ») et l’item 9 (« Explication claire de la détresse causée ») saturent massivement sur ce facteur (> 0,65).
  • Facteur 2 (Tolérance / Inaction / Facilitation) : Réunit les items reflétant la paralysie face au problème, la prise en charge des dégâts, le financement involontaire et la dissimulation. Les saturations varient entre 0,40 et 0,71. L’item 27 (« Couvrir les conséquences / trouver des excuses ») et l’item 23 (« Incapacité à prendre des décisions ») constituent les marqueurs factoriels les plus purs de cette dimension.
  • Facteur 3 (Retrait / Indépendance) : Isole les comportements d’auto-préservation, d’investissement dans des activités extérieures et de distanciation physique lors des épisodes d’intoxication. Les saturations se situent entre 0,38 et 0,68 (notamment l’item 8 et l’item 18). L’item 5 (« Discuter franchement ») et l’item 22 (« Prendre sa défense ») présentent des saturations négatives notables sur ce facteur de retrait, justifiant leur traitement par inversion ou soustraction dans l’équation de calcul du score final de retrait.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les modélisations par équations structurelles menées sur des échantillons confirmatoires ont comparé un modèle unifactoriel global, un modèle à deux facteurs (coping actif vs passif) et le modèle cible à trois facteurs corrélés. Les indices d’adéquation confirment la supériorité nette du modèle tridimensionnel :

  • $chi^2 / ext{dl} < 2,3$ ;
  • Comparative Fit Index (CFI) $ge 0,91$ ;
  • Tucker-Lewis Index (TLI) $ge 0,89$ ;
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) compris entre 0,046 et 0,058 ($IC_{90%}$ [0,041 ; 0,064]).

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Coping Questionnaire (CQ).
  • Nature de l’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation standardisé (auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé).
  • Population cible : Adultes et adolescents (membres de la famille, conjoints, parents, enfants adultes, partenaires ou proches significatifs) vivant avec ou étant profondément impactés par un proche souffrant d’une addiction (alcool, drogues illicites, médicaments psychotropes, jeu de hasard pathologique).
  • Nombre total d’items : 30 items comportementaux.
  • Échelle de réponse : Échelle de fréquence ordinale en 4 points (cotée de 0 à 3) :
    • 0 = Non / Jamais (NO)
    • 1 = Une ou deux fois (ONCE OR TWICE)
    • 2 = Parfois (SOMETIMES)
    • 3 = Souvent (OFTEN)
  • Durée d’administration : Environ 10 à 15 minutes.
  • Modalités de calcul des scores (Cotation) :
    • Score de Coping Engagé (CQ-E) : Somme brute directe des 14 items suivants : 1, 5, 6, 7, 9, 11, 13, 16, 17, 19, 21, 25, 26 et 28. L’étendue théorique du score varie de 0 à 42 points.
    • Score de Coping Tolérant ou Inactif (CQ-T) : Somme brute directe des 9 items suivants : 3, 4, 10, 14, 20, 23, 24, 27 et 30. L’étendue théorique du score varie de 0 à 27 points.
    • Score de Coping par Retrait (CQ-W) : Algorithme spécifique : calculer la somme des items 2, 8, 12, 15, 18 et 29, soustraire les scores obtenus aux items 5 et 22, puis ajouter une constante de 6 (pour neutraliser les scores négatifs et garantir des valeurs strictement positives). L’étendue théorique du score varie de 0 à 24 points. (Note psychométrique : l’item 5 contribue positivement au score CQ-E et au score total, mais négativement à la dimension CQ-W).
    • Score Total de Coping (CQ-TOT) : Somme globale des items (certaines versions cliniques utilisent la somme totale directe pour mesurer l’intensité globale des efforts de coping).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception et publication de référence : Développé sous sa forme actuelle en 2005 (formalisation par Orford, Templeton, Velleman & Copello dans la revue Addiction), issu de protocoles de recherche initiés dès la fin des années 1970.
  • Statut des droits d’auteur : © Copyright détenu par le Alcohol, Drugs, Gambling and Addiction Research Group, School of Psychology, The University of Birmingham (Royaume-Uni).
  • Conditions d’accès et d’utilisation : L’instrument est mis à disposition sous un régime libre de droits (Open Access) pour la recherche académique, scientifique et l’usage clinique à but non lucratif. Les praticiens et chercheurs sont autorisés à reproduire et administrer le questionnaire sans paiement de redevance, sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources des auteurs.
  • Distribution institutionnelle : Diffusé via le réseau international AFINet (Addiction and the Family International Network) et le National Centre for Education and Training on Addiction (NCETA) de l’Université Flinders.
  • Utilisation commerciale : Toute incorporation dans des plateformes logicielles commerciales ou des programmes lucratifs nécessite une autorisation expresse préalable des auteurs ou du bureau de transfert technologique de l’Université de Birmingham.

12. Références / References

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Refused to lend her money or to help her out financial in other ways?
2

Put the interests of other members of the family before hers?
3

Put yourself out for her‚ for example by getting her to bed or by clearing up mess after her after she had been drinking?
4

Given her money even when you thought it would be spent on drink?
5

Sat down together with her and talked frankly about what could be done about her drinking?
6

Started an argument with her about her drinking?
7

Pleaded with her about her consumption of alcohol?
8

When she was under the influence of drink‚ left her alone to look after herself or kept out of her way?
9

Made it quite clear to her that her drinking was causing you upset and that it had got to change?
10

Felt too frightened to do anything?
11

Tried to limit her drinking by making some rule about it‚ for example forbidding drinking in the house‚ or stopping her bringing drinking friends home?
12

Pursued your own interests or looked for new interests or occupation for yourself‚ or got more involved in a political‚ church‚ sports or other organization?
13

Encouraged her to take an oath or promise not to drink?
14

Felt too hopeless to do anything?
15

Avoided her as much as possible because of her drinking?
16

Got moody or emotional with her?
17

Watched her every move or checked up on her or kept a close eye on her?
18

Got on with your own things or acted as if she wasn’t there?
19

Made it clear that you won’t accept her reasons for drinking‚ or cover up for her?
20

Made threats that you didn’t really mean to carry out?
21

Made clear to her your expectations of what she should do to contribute to the family?
22

Stuck up for her or stood by her when others were criticizing her?
23

Got in a state where you didn’t or couldn’t make any decision?
24

Accepted the situation as a part of life that couldn’t be changed?
25

Accused her of not loving you‚ or of letting you down?
26

Sat down with her to help her sort out the financial situation?
27

When things have happened as a result of her drinking‚ made excuses for her‚ covered up for her‚ or taken the blame yourself?
28

Searched for her drink or hidden or disposed of it yourself?
29

Sometimes put yourself first by looking after yourself or giving yourself treats?
30

Tried to keep things looking normal‚ pretended all was well when it wasn’t or hidden the extent of her drinking?
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Questionnaire de Coping. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-coping/
Looti, Mohammed. “Questionnaire de Coping.” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-coping/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de Coping.” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-coping/.