1. Résumé
Le Questionnaire de Conscience Émotionnelle (Emotion Awareness Questionnaire, EAQ), initialement développé par Carolien Rieffe et ses collaborateurs en 2007 puis révisé sous une forme stabilisée à 30 items en 2008 (EAQ30), est un instrument psychométrique auto-rapporté conçu pour évaluer la manière dont les enfants et les adolescents identifient, traitent, différencient et communiquent leurs états affectifs. Reposant sur une conceptualisation fonctionnelle des émotions, l’EAQ postule que la conscience émotionnelle ne se réduit pas à une capacité cognitive unitaire ou à l’absence d’alexithymie, mais constitue une compétence multidimensionnelle essentielle à l’autorégulation adaptative et à la navigation sociale au cours du développement.
L’instrument comporte 30 items répartis sur six sous-échelles distinctes : Differentiating Emotions (Différenciation des émotions, 7 items), Verbal Sharing of Emotions (Partage verbal des émotions, 3 items), Not Hiding Emotions (Non-dissimulation des émotions, 5 items), Bodily Awareness (Conscience corporelle des états affectifs, 5 items), Attending to Others’ Emotions (Attention portée aux émotions d’autrui, 5 items) et Analyses of Emotions (Analyse cognitive des causes émotionnelles, 5 items). Les participants répondent à l’aide d’une échelle ordinale à trois points d’ancrage (0 = not true, 1 = sometimes true, 2 = true), spécialement adaptée aux compétences cognitives et linguistiques des enfants d’âge scolaire (dès 8-9 ans) jusqu’à l’adolescence (16 ans).
Sur le plan métrologique, l’EAQ démontre une structure factorielle robuste confirmée par des analyses factorielles confirmatoires (AFC), avec des indices d’adéquation satisfaisants. Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) oscillent généralement entre 0,64 et 0,77 selon les sous-échelles et les échantillons normatifs ou cliniques. De nombreuses études internationales ont validé sa fidélité test-retest ainsi que sa validité de critère, mettant en évidence des corrélations négatives robustes entre une conscience émotionnelle déficitaire (notamment des scores faibles en différenciation et une tendance élevée à la dissimulation) et des symptômes internalisés tels que l’anxiété, la dépression et les plaintes somatiques chez l’enfant.
2. Mots-clés
Conscience émotionnelle, Emotion Awareness Questionnaire, EAQ, régulation émotionnelle, psychopathologie développementale, alexithymie, symptômes internalisés, enfance et adolescence, validation psychométrique, analyse factorielle confirmatoire, compétences socio-émotionnelles, évaluation affective.
3. Auteurs
L’EAQ a été conçu et validé par une équipe de chercheurs en psychologie du développement et en psychométrie affiliés principalement à l’Université de Leyde (Pays-Bas) et à University College London (Royaume-Uni) :
- Carolien Rieffe : Professeure en psychologie du développement, Département de psychologie du développement, Faculté des sciences sociales et comportementales, Université de Leyde, Pays-Bas. Contact : [email protected] ; directrice de recherche au laboratoire Focus on Emotions.
- Paul Oosterveld : Psychométricien et méthodologiste, spécialisé dans l’évaluation des propriétés structurelles des échelles de mesure psychologiques.
- Anne C. Miers : Maître de conférences et chercheuse en psychologie clinique du développement, Université de Leyde, spécialisée dans les troubles anxieux pédiatriques.
- Mark Meerum Terwogt : Professeur émérite en psychologie du développement, Université libre d’Amsterdam (Vrije Universiteit Amsterdam), spécialiste de la métacognition émotionnelle chez l’enfant.
- K. V. Petrides : Professeur de psychologie et de psychométrie à l’University College London (UCL), pionnier de la théorie de l’intelligence émotionnelle trait (Trait Emotional Intelligence).
- Verena Ly, C. Cowan, A. Tolland : Chercheurs associés ayant collaboré aux premières phases d’élaboration empirique et d’étalonnage psychométrique.
4. Objectif
Le Questionnaire de Conscience Émotionnelle a été conçu pour combler un vide méthodologique majeur dans la littérature clinique et développementale. Jusqu’au milieu des années 2000, la plupart des outils évaluant le traitement des émotions chez les jeunes s’appuyaient soit sur des adaptations directes d’échelles pour adultes mesurant l’alexithymie (comme la Toronto Alexithymia Scale – TAS-20), soit sur des rapports indirects parentaux ou enseignants. Ces instruments présentaient d’importantes limites : d’une part, les items pour adultes contiennent un vocabulaire abstrait inadapté aux jeunes ; d’autre part, la perspective déficitaire de l’alexithymie échoue à capturer les stratégies métacognitives adaptatives mises en œuvre par les enfants pour décoder leurs émotions.
Applications en recherche
Dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée en psychologie du développement, l’EAQ sert de paradigme d’évaluation pour étudier les trajectoires socio-émotionnelles typiques et atypiques. Il permet d’analyser :
- Les mécanismes médiateurs par lesquels les déficits de traitement émotionnel contribuent à l’apparition de troubles internalisés (dépression majeure, anxiété de séparation, anxiété sociale) ou externalisés (troubles du comportement, agressivité relationnelle).
- L’impact des déficits sensoriels ou neurodéveloppementaux sur la cognition émotionnelle, notamment chez les enfants sourds ou malentendants, ainsi que chez les jeunes présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA).
- Les liens longitudinaux entre l’attachement parent-enfant, le climat familial et la capacité à verbaliser et analyser ses ressentis internes.
Applications cliniques et éducatives
En pratique clinique pédopsychiatrique et psychologique, l’EAQ fournit un profil granulaire des forces et vulnérabilités affectives du jeune patient. Plutôt que de fournir un score global indifférencié, l’EAQ met en lumière des dimensions spécifiques ciblables par des interventions psychothérapeutiques ciblées (telles que les thérapies cognitivo-comportementales ou les programmes d’entraînement aux compétences socio-émotionnelles). Par exemple, un enfant présentant une forte conscience corporelle associée à une incapacité à différencier ses émotions sera particulièrement à risque de somatisation. L’outil aide ainsi les cliniciens à calibrer la psychoéducation affective, l’étiquetage des affects et les stratégies d’expression verbale.
5. Construit psychologique
Le construit de conscience émotionnelle (emotional awareness) évalué par l’EAQ désigne l’aptitude métacognitive et phénoménologique d’un individu à reconnaître consciemment ses états émotionnels internes, à leur attribuer une signification cognitive, à appréhender leurs manifestations physiologiques et à réguler leur communication interpersonnelle. Carolien Rieffe et ses collègues ont opérationnalisé ce construit en six sous-dimensions interdépendantes :
1. Différenciation des émotions (Differentiating Emotions)
Cette dimension évalue la capacité à discriminer précisément entre différentes catégories d’affects (par exemple, distinguer la tristesse de la colère ou de la peur) et à identifier les déclencheurs proximaux de son humeur. Un déficit dans cette composante se traduit par une confusion affective (« Je me sens mal mais je ne sais pas si c’est de la colère ou de la peur ») et correspond au noyau conceptuel de la difficulté d’identification des sentiments propre à l’alexithymie. Exemple d’item (inversé) : « It is difficult to know whether I feel sad or angry or something else ».
2. Partage verbal des émotions (Verbal Sharing of Emotions)
Cette sous-échelle mesure la propension et la facilité subjective perçue à exprimer verbalement ses sentiments intimes à des pairs ou des tiers significatifs. Elle évalue l’utilisation du langage comme outil de régulation sociale et de recherche de soutien affectif. Un score élevé reflète une aisance communicative (« Je peux facilement expliquer à un ami ce que je ressens »), tandis qu’un score faible indique une barrière linguistique ou psychosociale face à l’exposition affective. Exemple : « I find it hard to talk to anyone about how I feel ».
3. Non-dissimulation des émotions (Not Hiding Emotions)
Cette dimension examine la tendance volontaire à masquer, inhiber ou réprimer l’expression extérieure de ses affects négatifs en contexte relationnel. Contrairement au partage verbal qui mesure la capacité d’élaboration narrative, la dissimulation renvoie à l’effort de façade (par exemple, feindre que tout va bien). Une tendance chronique à cacher ses affects est fréquemment associée à l’anxiété sociale et à la rumination dépressive. Exemple : « When I am angry or upset, I try to hide this ».
4. Conscience corporelle (Bodily Awareness)
Cette composante capture l’attention portée aux corrélats somatosensoriels et viscéraux accompagnant les émotions (tensions abdominales, faiblesse musculaire, accélération cardiaque). Si la perception somatique est une composante physiologique fondamentale de l’affect, une focalisation exclusive ou excessive sur les sensations corporelles sans capacité de labellisation cognitive conduit fréquemment à des plaintes somatiques inexpliquées. Exemple : « When I am scared or nervous, I feel something in my tummy ».
5. Attention portée aux émotions d’autrui (Attending to Others’ Emotions)
Cette sous-échelle reflète l’intérêt accordé aux signaux affectifs manifestés par les pairs, formant la base de l’empathie cognitive et affective. Elle mesure la vigilance sociale quant aux besoins émotionnels des amis. Une faible attention aux affects d’autrui peut signaler un désengagement relationnel ou des difficultés de réciprocité sociale. Exemple : « It is important to know how my friends are feeling ».
6. Analyse des émotions (Analyses of Emotions)
Cette dimension cognitive mesure la motivation active et la tendance délibérée à chercher le sens, les causes et l’utilité fonctionnelle de ses propres ressentis (« Pourquoi suis-je triste ? Que m’indique cette frustration ? »). Elle représente le versant métacognitif de la réflexivité émotionnelle. Contrairement à la rumination dysfonctionnelle, l’analyse émotionnelle s’oriente vers la compréhension et la résolution adaptative des situations stressantes. Exemple : « When I am angry or upset, I try to understand why ».
6. Cadre théorique
L’architecture de l’EAQ s’enracine dans l’approche fonctionnaliste des émotions, conceptualisée par des théoriciens contemporains tels que Joseph Campos, Carolyn Saarni (théorie de la compétence émotionnelle) et Nico Frijda. Selon le paradigme fonctionnaliste, les émotions ne sont pas des perturbations désorganisées du comportement, mais des systèmes de réponse adaptatifs évolués destinés à signaler à l’organisme l’état de ses relations avec l’environnement par rapport à ses buts personnels.
Le modèle multiniveau de la conscience émotionnelle
L’instrument dialogue également avec le modèle développemental de la conscience émotionnelle (Levels of Emotional Awareness Model, LEAM) formulé par Richard Lane et Gary Schwartz. Selon Lane et Schwartz, l’intégration des signaux affectifs progresse hiérarchiquement : des sensations corporelles globales et indifférenciées (stade somatosensoriel) vers la différenciation conceptuelle d’affects discrets, pour aboutir à la capacité métacognitive de décoder des mélanges émotionnels complexes tant chez soi que chez autrui. L’EAQ traduit cette progression développementale en items concrets adaptés à la période charnière où la pensée opératoire concrète s’étend vers la pensée formelle (stade piagétien).
Distinction avec l’alexithymie traditionnelle
La théorie sous-tendant l’EAQ se distingue expressément des postulats freudiens et psychosomatiques de Nemiah et Sifneos relatifs à l’alexithymie d’origine déficitaire adulte. Rieffe et ses collègues ont démontré que chez l’enfant d’âge scolaire, l’absence de verbalisation ou de différenciation n’est pas obligatoirement un trait structurel invariable ou neuro-lésionnel. Il s’agit plutôt d’une étape de l’apprentissage social où l’environnement d’attachement, la socialisation des émotions et l’auto-efficacité jouent un rôle dynamique. Ainsi, mesurer la propension à dissimuler délibérément ses affects ou à analyser activement leurs causes situe l’EAQ à l’intersection de la cognition sociale et de la théorie de la régulation émotionnelle de James Gross.
7. Validité
La validité psychométrique de l’EAQ a fait l’objet d’évaluations rigoureuses auprès d’échantillons normatifs et cliniques totalisant plusieurs milliers d’enfants et adolescents à travers l’Europe (Pays-Bas, Royaume-Uni, Italie, Espagne) et d’autres contextes culturels.
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente de l’EAQ a été examinée par rapport à d’autres instruments évaluant des dimensions voisines ou opposées :
- Alexithymie : La sous-échelle Differentiating Emotions présente une forte corrélation inverse avec l’échelle d’alexithymie pour enfants (TAS-C) et spécifiquement avec le facteur « difficulté à identifier les sentiments » ($r = -0,55$ à $-0,68$, $p < 0,001$).
- Intelligence émotionnelle trait : Les dimensions de différenciation, de partage verbal et d’analyse des émotions montrent des associations positives significatives avec les sous-échelles d’efficacité émotionnelle du Trait Emotional Intelligence Questionnaire – Child Form (TEIQue-CF) de Petrides et al. ($r$ oscillant entre $0,40$ et $0,62$).
- Compétence sociale et empathie : La dimension Attending to Others’ Emotions corrèle positivement avec les échelles d’empathie cognitive et de prosocialité mesurées via le Strengths and Difficulties Questionnaire (SDQ) ($r = 0,45$, $p < 0,001$).
Validité discriminante et prédictive des symptômes internalisés
La validité discriminante et prédictive de l’EAQ constitue l’un de ses points forts les plus documentés dans la littérature pédopsychiatrique (Rieffe et al., 2008) :
- Symptômes dépressifs : Des régressions linéaires multiples indiquent qu’une faible différenciation émotionnelle ($eta = -0,38$, $p < 0,001$) et une propension marquée à dissimuler ses émotions ($eta = 0,29$, $p < 0,001$) prédisent de façon indépendante les scores de dépression évalués par le Children’s Depression Inventory (CDI), expliquant jusqu’à 32 % de la variance des scores dépressifs.
- Anxiété et angoisse somatique : Une forte conscience corporelle combinée à une faible différenciation cognitive des émotions prédit significativement l’anxiété somatique et généralisée (évaluée par le RCADS). En d’autres termes, les enfants qui ressentent une activation viscérale intense sans réussir à mettre des mots sur l’affect attribuent ces sensations à une pathologie somatique ou à un danger diffus, alimentant le cercle vicieux de l’hypochondrie et des phobies scolaires.
8. Fidélité
Les paramètres de fidélité de l’EAQ ont été établis dans les publications séminales de Rieffe et al. (2007, 2008) et répliqués dans de nombreuses études transculturelles.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Pour un questionnaire destiné aux enfants dès l’âge de 8 ans et comportant des sous-échelles brèves (certaines de 3 à 5 items), les coefficients de consistance interne atteignent des seuils satisfaisants à bons :
- Differentiating Emotions (7 items) : $\alpha = 0,67$ (2007) ; $\alpha = 0,74$ (2008).
- Verbal Sharing of Emotions (3 items) : $\alpha = 0,68$ (2007) ; $\alpha = 0,77$ (2008).
- Not Hiding Emotions (5 items) : $\alpha = 0,68$ (2007) ; $\alpha = 0,76$ (2008).
- Bodily Awareness (5 items) : $\alpha = 0,64$ (2007) ; $\alpha = 0,74$ (2008).
- Attending to Others’ Emotions (5 items) : $\alpha = 0,65$ (2007) ; $\alpha = 0,77$ (2008).
- Analyses of Emotions (5 items) : $\alpha = 0,65$ (2007) ; $\alpha = 0,77$ (2008).
L’accroissement notable de la cohérence interne entre la version préliminaire de 2007 et la version stabilisée de 2008 résulte du réajustement des formulations et de la suppression d’items présentant des corrélations item-total sous-optimales.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Dans une sous-cohorte d’enfants d’âge scolaire réévalués à un intervalle de quatre semaines (Rieffe et al., 2008), les coefficients de corrélation intra-classe (CCI) et de Pearson se sont échelonnés entre 0,61 et 0,79, attestant d’une stabilité temporelle satisfaisante pour un trait développemental influencé par la maturation socio-affective.
9. Analyse factorielle
La structuration multidimensionnelle de l’EAQ a fait l’objet de procédures psychométriques approfondies, alliant analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales et modélisations en équations structurelles par analyses factorielles confirmatoires (AFC).
Structure factorielle confirmatoire (AFC)
L’étude de Rieffe et al. (2008), menée auprès d’une cohorte de 691 enfants et adolescents néerlandais âgés de 9 à 16 ans, a comparé plusieurs structures concurrentes à l’aide du logiciel AMOS/LISREL :
- Un modèle unifactoriel (tous les items sous un facteur unique de « conscience émotionnelle » globale), qui a démontré une inadéquation flagrante aux données ($\chi^2 / ext{dl} > 5,8$ ; $ ext{CFI} < 0,60$ ; $ ext{RMSEA} > 0,10$).
- Un modèle orthogonal à six facteurs, également rejeté car interdisant les covariations théoriques légitimes entre les compétences métacognitives.
- Un modèle oblique à six facteurs inter-reliés, qui s’est avéré le plus parcimonieux et le mieux ajusté aux données empiriques. Les indices d’ajustement rapportés répondent aux normes standards d’acceptabilité : $\chi^2 (390) = 753,24$, $p < 0,001$ ; $ ext{CFI} = 0,91$ ; $ ext{TLI} = 0,90$ ; $ ext{RMSEA} = 0,041$ (IC 90 % [0,037 – 0,046]) ; $ ext{SRMR} = 0,049$.
Saturations factorielles des items
Toutes les saturations factorielles standardisées ($lambda$) des 30 items sur leurs facteurs désignés respectifs sont statistiquement significatives ($p < 0,001$) et oscillent généralement entre 0,42 et 0,78. Le facteur Differentiating Emotions présente les saturations les plus homogènes, avec les items 1, 7 et 19 qui saturent au-delà de 0,65, confirmant leur rôle d’indicateurs sentinelles de la granularité affective chez l’enfant.
Les covariances inter-factorielles révèlent des corrélations modérées à élevées : par exemple, le partage verbal (Verbal Sharing) et la non-dissimulation (Not Hiding) sont positivement corrélés ($r pprox 0,48$), confirmant qu’ils représentent deux facettes distinctes mais coordonnées de la communication affective dirigée vers autrui.
10. Instrument de mesure
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report measure).
- Population cible : Enfants d’âge scolaire et adolescents, généralement de 8-9 ans à 16 ans. Peut être administré au-delà dans le cadre d’études sur l’alexithymie chez de jeunes adultes.
- Nombre total d’items : 30 items univoques formulés à la première personne du singulier.
- Format des réponses : Échelle de Likert ordinale à 3 points :
- 0 = not true (faux / pas vrai)
- 1 = sometimes true (parfois vrai)
- 2 = true (vrai / souvent vrai)
- Durée d’administration : Environ 10 à 15 minutes en passation individuelle ou collective en milieu scolaire.
- Répartition des sous-échelles :
- Différenciation des émotions (Differentiating Emotions) : items 1, 7, 13, 19, 24, 29, 30 (7 items).
- Partage verbal des émotions (Verbal Sharing of Emotions) : items 2, 8, 14 (3 items).
- Non-dissimulation des émotions (Not Hiding Emotions) : items 3, 9, 15, 20, 25 (5 items).
- Conscience corporelle (Bodily Awareness) : items 4, 10, 16, 21, 26 (5 items).
- Attention portée aux émotions d’autrui (Attending to Others’ Emotions) : items 5, 11, 17, 22, 27 (5 items).
- Analyse des émotions (Analyses of Emotions) : items 6, 12, 18, 23, 28 (5 items).
- Cotation et recodage (Scoring) : Les items rédigés sous une forme inversée ou symptomatique doivent être préalablement inversés avant d’établir les moyennes ou scores composites de chaque dimension, de telle sorte qu’un score plus élevé reflète systématiquement une conscience émotionnelle accrue ou un fonctionnement socio-émotionnel plus adaptatif. Les items à inverser (recoder : 0 devient 2, 1 reste 1, 2 devient 0) sont au nombre de 20 : 1, 2, 3, 4, 7, 8, 9, 10, 11, 13, 15, 19, 20, 21, 22, 24, 25, 26, 29, 30. Des scores moyens sont calculés pour chaque sous-échelle en divisant la somme des items recodés par le nombre d’items de la sous-échelle.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication initiale : 2007 (version 36 items dans Personality and Individual Differences) ; révision finale à 30 items (EAQ30) publiée en 2008.
- Statut des droits et accessibilité : L’EAQ est un instrument disponible en libre accès pour la recherche académique et la pratique clinique non commerciale (Open Access / Domaine public académique sous réserve de citation appropriée).
- Coût d’utilisation : Gratuit (aucun coût d’achat ni frais d’accréditation ou de redevance).
- Diffusion et téléchargement : Les versions officielles multilingues (anglais, néerlandais, espagnol, italien, français) ainsi que le protocole de cotation sont mis à disposition de la communauté scientifique par le groupe de recherche Focus on Emotions dirigé par la Pre Carolien Rieffe via les dépôts institutionnels de l’Université de Leyde (www.focusonemotions.nl).
12. Références
- Campos, J. J., Mumme, D. L., Kermoian, R., & Campos, R. G. (1994). A functionalist perspective on the nature of emotion. Monographs of the Society for Research in Child Development, 59(2-3), 284–303. https://doi.org/10.1111/j.1540-5834.1994.tb01289.x
- Lane, R. D., & Schwartz, G. E. (1987). Levels of emotional awareness: A cognitive-developmental theory and its application to psychopathology. American Journal of Psychiatry, 144(2), 133–143. https://doi.org/10.1176/ajp.144.2.133
- Petrides, K. V., Sangareau, Y., Furnham, A., & Frederickson, N. (2006). Trait emotional intelligence and children’s peer relations at school. Social Development, 15(3), 537–547. https://doi.org/10.1111/j.1467-9507.2006.00355.x
- Rieffe, C., Meerum Terwogt, M., Petrides, K. V., Cowan, C., Miers, A. C., & Tolland, A. (2007). Psychometric properties of the Emotion Awareness Questionnaire for children. Personality and Individual Differences, 43(1), 95–105. https://doi.org/10.1016/j.paid.2006.11.015
- Rieffe, C., Oosterveld, P., Miers, A. C., Meerum Terwogt, M., & Ly, V. (2008). Emotion awareness and internalising symptoms in children and adolescents: The Emotion Awareness Questionnaire revised. Personality and Individual Differences, 45(8), 756–761. https://doi.org/10.1016/j.paid.2008.08.001
- Saarni, C. (1999). The development of emotional competence. Guilford Press.