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Questionnaire de camouflage des traits autistiques (CAT-Q)

Le Questionnaire de camouflage des traits autistiques (CAT-Q) est un outil psychométrique de référence mesurant les stratégies de masquage, compensation et assimilation sociale chez les adultes autistes et neurotypiques.

PUBLIÉ

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire de camouflage des traits autistiques (Camouflaging Autistic Traits Questionnaire, ou CAT-Q) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé par Laura Hull et ses collaborateurs (2019) afin d’évaluer quantitativement les stratégies de camouflage social déployées par les individus autistes et neurotypiques. Le camouflage désigne l’ensemble des efforts conscients ou inconscients visant à masquer des traits autistiques, à compenser des difficultés socio-communicatives ou à adopter des comportements d’assimilation pour s’intégrer dans un environnement social majoritairement neurotypique. L’instrument est composé de 25 items répartis selon une structure tri-factorielle robuste comprenant trois sous-échelles distinctes : la Compensation (9 items), le Masquage (8 items) et l’Assimilation (8 items).

Les participants répondent au moyen d’une échelle de Likert en 7 points, allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »), cinq items faisant l’objet d’une cotation inversée. Les propriétés psychométriques établies lors de la validation princeps sur un échantillon de 832 participants (dont 354 personnes diagnostiquées autistes) révèlent une consistance interne globale remarquable (α de Cronbach = 0,94 pour l’échelle totale ; α oscillant entre 0,85 et 0,92 pour les sous-échelles), ainsi qu’une excellente stabilité temporelle test-retest (r = 0,86 sur un intervalle de trois mois). Les analyses factorielles confirmatoires ont validé le modèle à trois dimensions de premier ordre subordonnées à un facteur général de camouflage. Le CAT-Q s’impose aujourd’hui dans la recherche internationale et la pratique clinique comme l’outil standard pour comprendre le phénotype autistique féminin, expliquer les retards ou biais diagnostiques et documenter l’impact délétère de l’effort adaptatif continu sur la santé mentale, notamment l’épuisement autistique (autistic burnout), l’anxiété et la dépression.

2. Mots-clés / Keywords

Camouflage autistique, trouble du spectre de l’autisme, CAT-Q, masquage social, compensation comportementale, assimilation sociale, psychométrie, évaluation clinique, phénotype féminin de l’autisme, santé mentale.

3. Auteurs / Authors

Le Questionnaire de camouflage des traits autistiques a été conçu et validé par une équipe de chercheurs de premier plan rattachés à plusieurs centres d’excellence britanniques :

  • Laura Hull : Department of Clinical, Educational and Health Psychology, University College London (UCL), Londres, Royaume-Uni. Spécialiste des trajectoires socio-adaptatives et du genre dans l’autisme. Courriel institutionnel de correspondance disponible via l’UCL : [email protected].
  • Will Mandy : Professor of Clinical Psychology, Division of Psychology and Language Sciences, University College London (UCL), Londres, Royaume-Uni. Expert mondial des manifestations atypiques du spectre de l’autisme et des barrières diagnostiques.
  • Meng-Chuan Lai (賴孟泉) : Child and Youth Mental Health Collaborative, Centre for Addiction and Mental Health, Department of Psychiatry, Université de Toronto, Toronto, Canada ; Autism Research Centre, University of Cambridge, Cambridge, Royaume-Uni.
  • Simon Baron-Cohen : Autism Research Centre, Department of Psychiatry, Université de Cambridge, Cambridge, Royaume-Uni. Figure tutélaire de la recherche en cognition sociale et neurodéveloppement.
  • Carrie Allison : Autism Research Centre, Department of Psychiatry, Université de Cambridge, Cambridge, Royaume-Uni. Directrice de stratégie de recherche en épidémiologie psychiatrique.
  • Paula Smith : Autism Research Centre, Department of Psychiatry, Université de Cambridge, Cambridge, Royaume-Uni.
  • K. V. Petrides : Professor of Psychology and Psychometrics, UCL Psychometric Laboratory, University College London, Londres, Royaume-Uni. Expert en modélisation psychométrique et intelligence émotionnelle des traits.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du CAT-Q est de fournir une mesure standardisée, fiable et valide des comportements de camouflage social déployés par les individus dans leurs interactions quotidiennes. Historiquement, le trouble du spectre de l’autisme (TSA) a été modélisé à partir d’observations comportementales menées quasi exclusivement auprès de jeunes garçons présentant des profils classiques et très visibles. Cette approche a conduit à une méconnaissance profonde des profils d’individus – particulièrement des femmes, des filles et des personnes non-binaires – capables d’apprendre de manière explicite et cognitive les codes de l’interaction sociale pour masquer leurs particularités neurodéveloppementales.

Sur le plan théorique, le camouflage comble l’écart entre la compétence socio-communicative apparente d’un individu en milieu écologique et son fonctionnement neurocognitif réel sous-jacent. Un individu peut sembler engager une conversation fluide, maintenir un contact visuel et utiliser une gestuelle appropriée tout en éprouvant une surcharge cognitive extrême, une détresse sensorielle interne et un sentiment persistant d’inauthenticité. Le CAT-Q a donc été construit pour quantifier précisément cette disparité interne/externe.

Sur le plan clinique, l’instrument répond à des impératifs majeurs :

  • Affiner la démarche diagnostique : Identifier le camouflage permet aux cliniciens de ne pas écarter un diagnostic de TSA chez une personne dont les manifestations extérieures semblent « typiques » lors d’un entretien standardisé (comme l’ADOS-2). Le CAT-Q éclaire la raison pour laquelle de nombreuses femmes adultes reçoivent un diagnostic tardif, souvent après des décennies d’errance médicale.
  • Évaluer le coût psychologique et les risques psychiatriques : Un score élevé au CAT-Q est étroitement corrélé à une vulnérabilité psychologique accrue. Le maintien prolongé d’une façade sociale exige un investissement exécutif colossal qui précipite le « burn-out autistique », des épisodes dépressifs majeurs, des troubles de l’anxiété sociale et une élévation alarmante du risque d’idéations et de comportements suicidaires.
  • Guider l’accompagnement psychothérapeutique : En thérapie, le CAT-Q aide le patient à déconstruire les mécanismes de suradaptation, à reconnaître les situations génératrices d’épuisement et à cultiver un fonctionnement plus authentique et sécurisant.

Dans la recherche académique, l’échelle permet de standardiser la mesure du camouflage entre les cohortes, d’étudier les corrélats neurobiologiques de l’inhibition comportementale et d’explorer les variations phénotypiques liées au genre et aux identités marginalisées.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique de « camouflage autistique » opérationnalisé dans le CAT-Q est multidimensionnel. Il s’articule autour de trois composantes interdépendantes mais conceptuellement dissociables :

La Compensation

La sous-échelle Compensation (9 items) regroupe les stratégies proactives et cognitives développées par l’individu pour pallier des difficultés intrinsèques de communication non verbale et verbale. Ne disposant pas de réponses intuitives spontanées, la personne autiste recourt à des algorithmes intellectuels, à l’analyse méthodique des dynamiques de groupe et à l’imitation ciblée. Par exemple, l’individu apprend des scripts conversationnels prédéfinis (« Si l’autre mentionne le week-end, je dois demander ce qu’il a fait »), s’entraîne devant un miroir, étudie minutieusement les interactions dans les fictions télévisuelles ou cinématographiques, ou reproduit sciemment l’intonation et le vocabulaire de ses pairs pour soutenir le flux verbal. Cette compensation exige une mobilisation soutenue des fonctions exécutives et de la mémoire de travail.

Le Masquage

Le Masquage (8 items) correspond aux tactiques d’occultation ou de suppression active des traits autistiques, des stéréotypies et des réactions affectives spontanées perçues comme déviantes ou socialement inacceptables. L’individu s’efforce de paraître calme, détendu ou engagé, même lorsqu’il vit une crise de saturation sensorielle ou de stress relationnel. Cette dimension englobe le contrôle volontaire du regard (forcer le contact oculaire en appliquant une règle géométrique ou temporelle arbitraire), l’ajustement forcé des expressions faciales (sourire et hocher de la tête mécaniquement) et l’inhibition des mouvements d’autorégulation corporelle (comme le « stimming » ou le balancement). L’individu s’applique ainsi à dissimuler tout comportement pouvant trahir son inconfort ou son neurotype.

L’Assimilation

L’Assimilation (8 items) reflète les tentatives de l’individu de se fondre dans la masse sociale afin d’éviter le rejet, l’ostracisme ou le harcèlement, au détriment de sa propre identité. Contrairement à la compensation (orientée sur les techniques de conversation) et au masquage (orienté sur le contrôle corporel), l’assimilation touche directement au sentiment de soi et à l’authenticité existentielle. Elle capture le sentiment de « jouer un rôle » sur une scène de théâtre, la contrainte de se forcer à interagir malgré un épuisement profond, la tendance à adopter les centres d’intérêt d’autrui pour être toléré, et la sensation douloureuse de perdre ses repères identitaires intimes dans le groupe. Un score élevé d’assimilation traduit fréquemment une aliénation de soi et un fort sentiment d’illégitimité sociale.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement théorique du CAT-Q s’inscrit à la croisée de la psychologie cognitive, de la théorie sociologique de la présentation de soi et de la psychopathologie neurodéveloppementale contemporaine.

Le modèle puise directement dans la sociologie interactionniste d’Erving Goffman (1959) sur la « mise en scène de la vie quotidienne » et la gestion du stigmate (Goffman, 1963). Goffman démontre que tout individu utilise des techniques de contrôle des impressions pour préserver son image sociale ; toutefois, chez les individus porteurs d’un stigmate invisible (ou discréditable), l’effort d’ajustement devient une nécessité permanente de survie pour échapper aux sanctions sociales. Dans l’autisme, ce modèle prend une acuité physiologique particulière : ce qui est une adaptation fluide chez le neurotypique devient chez l’autiste une surveillance cognitive continue à haute intensité énergétique.

Sur le plan neurocognitif, le camouflage est ancré dans la théorie de la théorie de l’esprit (Baron-Cohen et al., 1985) et le modèle de la « théorie de l’esprit compensatoire » (Livingston & Happé, 2017). Francesca Happé et Lucy Anne Livingston ont théorisé le paradoxe cognitif de l’autisme à haut niveau de fonctionnement : alors que les mécanismes sous-jacents de traitement intuitif de la théorie de l’esprit demeurent atypiques, certains individus parviennent, grâce à une intelligence générale (QI) verbale ou fluide préservée et à des capacités exécutives solides, à déduire logiquement les états mentaux d’autrui au moyen d’un raisonnement déductif explicite (top-down). Ce processus « compensationnel » permet des performances comportementales correctes en milieu structuré, tout en masquant le déficit sociocognitif primaire.

Enfin, le cadre intègre la perspective féministe et intersectionnelle du neurodéveloppement proposée par Lai, Mandy et leurs collègues (2015, 2017). Les attentes socioculturelles de genre imposent aux filles et aux femmes des exigences accrues en matière de réciprocité émotionnelle, de maintien de la cohésion sociale et de nuance relationnelle. Ces pressions socialisatrices agissent comme un catalyseur puissant du camouflage, expliquant pourquoi le ratio de diagnostic hommes/femmes a été historiquement sous-estimé et pourquoi de nombreuses femmes autistes présentent un phénotype intériorisé.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du CAT-Q a été rigoureusement démontrée à travers plusieurs axes méthodologiques lors de l’étude princeps de Hull et al. (2019) et de ses réplications internationales ultérieures.

Validité de construit et validité factorielle

La validité de construit a été établie par des modélisations en équations structurelles. Les analyses factorielles confirmatoires ont attesté que le modèle hiérarchique à trois facteurs de premier ordre (Compensation, Masquage, Assimilation) subordonnés à un facteur général de camouflage présentait des indices d’adéquation excellents dans la cohorte autiste (RMSEA = 0,051, CFI = 0,948, TLI = 0,942), surpassant significativement les modèles unifactoriels ou bifactoriels indépendants.

Validité convergente

La validité convergente a été démontrée en examinant les associations statistiques entre le CAT-Q et des mesures connexes :

  • Quotient du Spectre de l’Autisme (AQ) : Les corrélations entre le score total du CAT-Q et les scores d’évaluation des traits autistiques (AQ) sont positives et modérées (r compris entre 0,35 et 0,52 selon les sous-groupes), confirmant que le camouflage est lié à la présence de traits autistiques sans se confondre avec la sévérité perçue de ces traits.
  • Estime de soi et anxiété sociale : Le CAT-Q est positivement et fortement corrélé à l’anxiété sociale (évaluée via la Social Phobia Inventory, r ≈ 0,54, p < 0,001) et négativement corrélé à l’estime de soi (mesurée via la Rosenberg Self-Esteem Scale, r ≈ -0,48, p < 0,001). Plus l’individu camoufle, plus son anxiété relationnelle est élevée et son estime de soi fragile.
  • Dépression et détresse psychologique : Des corrélations significatives (r ≈ 0,40 à 0,45) sont observées avec les échelles de dépression du PHQ-9.

Validité discriminante et différences de groupe

La validité discriminante est étayée par la capacité de l’outil à différencier des sous-populations distinctes :

  • Comparaison autistes vs neurotypiques : Les participants autistes obtiennent des scores totaux au CAT-Q significativement plus élevés (Moyenne = 101,47, Écart-type = 24,19) que les participants neurotypiques (Moyenne = 90,83, Écart-type = 24,44), avec une taille d’effet notable (d de Cohen = 0,44, p < 0,001).
  • Différences de genre : Au sein du groupe autiste, les femmes présentent des scores de camouflage significativement supérieurs à ceux des hommes autistes (Moyenne femmes = 106,78 vs Moyenne hommes = 95,95, p < 0,001, d = 0,46). Cette différence est particulièrement marquée sur la sous-échelle Assimilation. Des patterns similaires d’élévation sont observés chez les individus non-binaires.

8. Fidélité / Reliability

L’instrument bénéficie d’une précision de mesure étayée par des indices de consistance interne et de reproductibilité temporelle élevés.

Consistance interne

Dans l’échantillon princeps de Hull et al. (2019), le coefficient alpha de Cronbach (α) pour l’échelle globale est de 0,94 chez les individus autistes et de 0,93 chez les individus neurotypiques, témoignant d’une excellente cohérence d’ensemble sans redondance excessive d’items. L’évaluation de la consistance interne par sous-échelle donne les valeurs suivantes dans la cohorte autiste :

  • Compensation : α = 0,91
  • Masquage : α = 0,85
  • Assimilation : α = 0,92

Le coefficient oméga de McDonald (ω), indicateur plus robuste face à l’hétérogénéité des saturations factorielles, confirme cette robustesse avec un ω hiérarchique supérieur à 0,88 pour l’ensemble des dimensions testées.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La fidélité test-retest a été mesurée auprès d’un sous-échantillon réévalué après un intervalle temporel de trois mois. Le coefficient de corrélation de Pearson obtenu pour le score total est de r = 0,86 (p < 0,001), indiquant une très bonne stabilité temporelle des comportements et stratégies de camouflage chez l’adulte. Pour les sous-échelles, les corrélations test-retest s’établissent à :

  • Compensation : r = 0,84
  • Masquage : r = 0,80
  • Assimilation : r = 0,83

Ces données démontrent que bien que le camouflage soit modulé par le contexte social immédiat, la disposition globale à recourir à ces stratégies constitue un trait comportemental relativement stable.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le développement psychométrique du CAT-Q s’est appuyé sur une démarche rigoureuse en deux étapes, combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)

À partir d’un ensemble initial de 42 items générés sur la base d’entretiens qualitatifs avec des adultes autistes, une AFE a été menée avec rotation oblique (Promax), afin de tenir compte des inter-corrélations théoriques et empiriques attendues entre les différentes dimensions du camouflage. L’analyse des valeurs propres (critère de Kaiser > 1) et l’examen du diagramme de sédimentation (scree plot de Cattell) ont clairement mis en évidence une structure sous-jacente à trois facteurs principaux, expliquant 52,8 % de la variance totale :

  • Facteur 1 (Compensation) : Saturation forte d’items reflétant l’apprentissage guidé et l’application explicite de règles sociales (items 1, 4, 5, 8, 9, 14, 16, 18, 22 ; saturations factorielles comprises entre 0,46 et 0,83).
  • Facteur 2 (Masquage) : Saturation d’items décrivant l’inhibition des comportements naturels et le contrôle délibéré du regard et du corps (items 2, 6, 10, 11, 15, 19, 23, 24 ; saturations comprises entre 0,42 et 0,78).
  • Facteur 3 (Assimilation) : Saturation d’items caractérisant le besoin d’effacer ses particularités pour se fondre dans le groupe et la sensation d’inauthenticité (items 3, 7, 12, 13, 17, 20, 21, 25 ; saturations comprises entre 0,48 et 0,85).

Les items présentant des saturations croisées élevées (> 0,35 sur plusieurs facteurs) ou des saturations primaires insuffisantes (< 0,40) ont été éliminés, aboutissant à la version finale de 25 items.

Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)

Une AFC a été appliquée sur un échantillon indépendant afin de tester la validité structurelle du modèle. La structure tri-factorielle hiérarchique a présenté d’excellents indices d’ajustement aux données empiriques :

  • Ratio Khi-deux sur degrés de liberté (χ²/dl) : 2,14 (valeur < 3 considérée comme exemplaire).
  • CFI (Comparative Fit Index) : 0,948 chez les autistes et 0,951 chez les neurotypiques.
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : 0,942.
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : 0,051 (intervalle de confiance à 90 % : [0,046 ; 0,056]).
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : 0,047.

Les saturations standardisées de l’ensemble des 25 items sur leurs facteurs respectifs dépassent toutes le seuil conventionnel de 0,45 (variant entre 0,48 et 0,84, p < 0,001). Enfin, les analyses d’invariance de mesure multigroupes ont confirmé une invariance métrique et scalaire selon le genre et selon le statut diagnostique (autiste vs neurotypique), garantissant la comparabilité des scores moyens.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le CAT-Q est un instrument psychométrique auto-rapporté d’évaluation des stratégies d’adaptation socio-comportementale.

  • Nom complet de l’instrument : Questionnaire de camouflage des traits autistiques (Camouflaging Autistic Traits Questionnaire – CAT-Q).
  • Type d’administration : Auto-questionnaire individuel (format papier-crayon ou informatisé).
  • Population cible : Adultes et adolescents (dès 16 ans) avec ou sans diagnostic de trouble du spectre de l’autisme.
  • Durée de passation : Environ 5 à 10 minutes.
  • Nombre total d’items : 25 items.
  • Échelle de réponse (Response Scale) : Échelle de Likert en 7 points (7-point Likert scale) :
    1 = Strongly Disagree (Pas du tout d’accord)
    2 = Disagree (Pas d’accord)
    3 = Somewhat Disagree (Plutôt pas d’accord)
    4 = Neither Agree nor Disagree (Ni en désaccord ni d’accord)
    5 = Somewhat Agree (Plutôt d’accord)
    6 = Agree (D’accord)
    7 = Strongly Agree (Tout à fait d’accord)
  • Répartition des sous-échelles :
    • Compensation (9 items) : 1, 4, 5, 8, 9, 14, 16, 18, 22.
    • Masquage (Masking, 8 items) : 2, 6, 10, 11, 15, 19, 23, 24.
    • Assimilation (8 items) : 3, 7, 12, 13, 17, 20, 21, 25.
  • Règles de cotation et inversion des scores :
    • Les items directs sont cotés de 1 à 7, les scores les plus élevés reflétant un niveau supérieur de camouflage.
    • Cinq items formulés positivement quant à l’absence de camouflage font l’objet d’une cotation inversée (scored 7 to 1) : Items 3, 10, 11, 13 et 21 (une réponse 1 devient 7, 2 devient 6, 3 devient 5, 4 reste 4, 5 devient 3, 6 devient 2, 7 devient 1).
  • Calcul des scores et interprétation :
    • Score total global : Somme des 25 items cotés (étendue théorique : de 25 à 175).
    • Score Compensation : Somme des 9 items (étendue : 9 à 63).
    • Score Masquage : Somme des 8 items (étendue : 8 à 56).
    • Score Assimilation : Somme des 8 items (étendue : 8 à 56).
    • Interprétation : Dans l’étude de validation princeps, un score total supérieur ou égal à 100 est fréquemment observé chez les adultes autistes (notamment les femmes dont la moyenne avoisine 107), signalant un niveau substantiel de camouflage associé à un risque élevé de fatigue cognitive et d’épuisement émotionnel.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2019.
  • Auteurs détenteurs des droits : Laura Hull, Will Mandy, Meng-Chuan Lai, Simon Baron-Cohen, Carrie Allison, Paula Smith, et K. V. Petrides.
  • Article princeps de référence : Publié dans le Journal of Autism and Developmental Disorders (Springer Nature).
  • Conditions d’utilisation et licence : L’instrument CAT-Q est mis à la disposition de la communauté scientifique et des praticiens cliniciens sous licence Open Access (Creative Commons Attribution 4.0 International – CC BY 4.0). L’utilisation à des fins de recherche académique, d’évaluation diagnostique et de pratique clinique non commerciale est libre et gratuite.
  • Tarification : Accès 100 % gratuit (aucun droit d’enregistrement ou redevance commerciale requis pour la passation de l’échelle).
  • Modifications et traductions : Toute adaptation, traduction transculturelle ou intégration dans un protocole d’investigation doit créditer explicitement l’article princeps de Hull et al. (2019).

12. Références / References

Les publications fondatrices suivantes régissent l’élaboration, l’évaluation psychométrique et le cadre théorique du CAT-Q :

  • Baron-Cohen, S., Leslie, A. M., & Frith, U. (1985). Does the autistic child have a “theory of mind”? Cognition, 21(1), 37–46. https://doi.org/10.1016/0010-0277(85)90022-8
  • Goffman, E. (1959). The presentation of self in everyday life. Anchor Books.
  • Goffman, E. (1963). Stigma: Notes on the management of spoiled identity. Prentice-Hall.
  • Hull, L., Mandy, W., Lai, M.-C., Baron-Cohen, S., Allison, C., Smith, P., & Petrides, K. V. (2019). Development and validation of the Camouflaging Autistic Traits Questionnaire (CAT-Q). Journal of Autism and Developmental Disorders, 49(3), 819–833. https://doi.org/10.1007/s10803-018-3792-6
  • Hull, L., Petrides, K. V., Allison, C., Smith, P., Baron-Cohen, S., Lai, M.-C., & Mandy, W. (2017). “Putting on my best normal”: Social camouflaging in adults with autism spectrum conditions. Journal of Autism and Developmental Disorders, 47(8), 2519–2534. https://doi.org/10.1007/s10803-017-3166-5
  • Lai, M.-C., Lombardo, M. V., Pasco, G., Ruigrok, A. N., Wheelwright, S. J., Sadek, S. A., Chakrabarti, B., & Baron-Cohen, S. (2011). A behavioral comparison of male and female adults with high functioning autism spectrum conditions. PLOS ONE, 6(6), Article e20835. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0020835
  • Lai, M.-C., Lombardo, M. V., Ruigrok, A. N., Chakrabarti, B., Auyeung, B., Szatmari, P., Happé, F., & Baron-Cohen, S. (2017). Quantifying and exploring camouflaging in men and women with autism. Autism, 21(6), 690–702. https://doi.org/10.1177/1362361316671012
  • Livingston, L. A., & Happé, F. (2017). Conceptualising compensation in neurodevelopmental disorders: Reflections from autism spectrum disorder. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 80, 729–742. https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2017.06.005
  • Livingston, L. A., Shah, P., & Happé, F. (2019). Compensation in autism: Why we might be missing the diagnosis. npj Science of Learning, 4, Article 11. https://doi.org/10.1038/s41539-019-0051-6

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale:
7-point Likert scale: 1 = Strongly Disagree, 2 = Disagree, 3 = Somewhat Disagree, 4 = Neither Agree nor Disagree, 5 = Somewhat Agree, 6 = Agree, 7 = Strongly Agree

  1. When I am interacting with someone, I deliberately copy their body language or facial expressions.
  2. I monitor my body language or facial expressions so that I appear relaxed.
  3. I rarely feel the need to put on any kind of act in order to get through a social situation.
  4. I have developed a script to follow in social situations.
  5. I will repeat phrases that I have heard others say in the exact same way.
  6. I adjust my body language or facial expressions so that I appear interested by the person I am interacting with.
  7. In social situations, I feel like I’m ‘performing’ rather than being myself.
  8. In my social interactions, I need to introduce topics to keep the conversation flowing.
  9. I have spent time learning social skills from television shows and films, and try to use these in my interactions.
  10. I don’t feel the need to make eye contact with other people if I don’t want to.
  11. In social interactions, I do not pay attention to what my face or body are doing.
  12. In social situations, I feel like I am pretending to be ‘normal’.
  13. I do not feel the need to alter my personality in order to make people like me.
  14. I try to find out what other people’s interests are so that I can talk to them about these, even if I don’t find them interesting.
  15. I make eye contact because I know I am supposed to, not because it comes naturally.
  16. In social situations, I look to others to see how they are behaving and try to copy them.
  17. I have to force myself to interact with people when I am in social situations.
  18. I have tried to improve my understanding of social skills by watching other people.
  19. I monitor my body language or facial expressions so that I appear interested by the person I am interacting with.
  20. In social situations, I feel that if I’m not myself then people will like me more.
  21. I feel free to be myself when I am with other people.
  22. I learn how people use their bodies and faces to interact by watching television or films, or by reading fiction.
  23. I adjust my body language or facial expressions so that I appear relaxed.
  24. When I’m in a social situation, I deliberately smile and nod to show I am listening, even if I’m not.
  25. I lose my sense of self when I am trying to relate to other people in social situations.

Citer cet article

memjavad (2026, septembre 4). Questionnaire de camouflage des traits autistiques (CAT-Q). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-camouflage-des-traits-autistiques-cat-q/
memjavad. “Questionnaire de camouflage des traits autistiques (CAT-Q).” Base de données de psychologie en français, 4 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-camouflage-des-traits-autistiques-cat-q/.
memjavad. “Questionnaire de camouflage des traits autistiques (CAT-Q).” Base de données de psychologie en français. septembre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-de-camouflage-des-traits-autistiques-cat-q/.