Questionnaire d’autorégulation

Le Questionnaire d’autorégulation (SRQ ; Novak & Clayton, 2001 ; Bandy & Moore, 2010) est un instrument psychométrique en 13 items évaluant la régulation émotionnelle, comportementale et cognitive chez les jeunes.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

Le Questionnaire d’autorégulation (Self-Regulation Questionnaire, SRQ), adapté notamment par Child Trends à partir des travaux de Novak et Clayton (2001), constitue un instrument psychométrique bref et ciblé conçu pour mesurer la capacité des enfants, adolescents et jeunes adultes à réguler activement leurs émotions, leurs comportements moteurs et leurs processus cognitifs de planification. Composé de 13 items à réponse fermée, le questionnaire évalue trois dimensions interconnectées de l’autorégulation : la régulation émotionnelle (items 1 à 5), la régulation comportementale et motrice (items 9 à 13) et l’établissement d’objectifs ou régulation cognitive (items 6 à 8). Les participants expriment leur degré d’accord ou la fréquence de leurs comportements sur une échelle ordinale de type Likert en 4 points s’étendant de 1 (Never True / Jamais vrai) à 4 (Always True / Toujours vrai). L’outil applique une procédure de cotation inversée sur la majorité des items symptomatiques d’un déficit d’inhibition ou de modulation émotionnelle afin qu’un score global élevé reflète une compétence optimale en matière de contrôle de soi.

Sur le plan des propriétés psychométriques, les analyses factorielles confirmatoires menées dans des contextes scolaires, périscolaires et communautaires valident une structure tridimensionnelle cohérente, tout en autorisant l’utilisation d’un score composite d’autorégulation globale. Les coefficients de fidélité de consistance interne (alpha de Cronbach) oscillent généralement entre 0,72 et 0,84 selon les sous-échelles et les cohortes examinées, témoignant d’une stabilité métrique satisfaisante pour un instrument de format court. La validité convergente et la validité prédictive ont été solidement établies : des scores faibles au SRQ corrèlent de façon significative avec des conduites à risque chez les jeunes, notamment l’initiation et la transition vers le tabagisme régulier, la consommation d’alcool, les problèmes de comportement externalisés et le désengagement académique. Grâce à sa brièveté, sa clarté conceptuelle et sa gratuité d’utilisation pour la recherche et l’évaluation de programmes socio-éducatifs, le SRQ est devenu un outil de référence pour les praticiens du secteur périscolaire et les chercheurs en psychologie du développement.

2. Mots-clés

Autorégulation, autorégulation émotionnelle, contrôle comportemental, planification cognitive, fonctions exécutives, échelle psychométrique, psychologie du développement, adolescence, prise de risque, fidélité test-retest, validité factorielle, comportements externalisés, prévention du tabagisme, évaluation périscolaire, inhibition motrice.

3. Auteurs

Le Self-Regulation Questionnaire sous cette forme concise dérive initialement des travaux conduits par le Dr Scott P. Novak et le Dr Richard R. Clayton dans le cadre de recherches épidémiologiques et comportementales longitudinales à l’Université du Kentucky, puis a été formalisé comme outil d’évaluation pratique pour les contextes parascolaires par Terra Bandy et le Dr Kristin A. Moore au sein de l’institut de recherche Child Trends.

  • Scott P. Novak, Ph.D. — Chercheur principal et statisticien senior spécialisé dans les addictions, l’épidémiologie comportementale et les modèles multiniveaux. Affilié au Center for Prevention Research, Department of Behavioral Science, University of Kentucky College of Medicine (Lexington, KY, États-Unis), ainsi qu’à RTI International. Ses recherches portent sur les déterminants psychosociaux de la consommation de substances et l’interaction entre contexte environnemental et traits d’autorégulation.
  • Richard R. Clayton, Ph.D. — Professeur émérite en santé publique et sciences du comportement à l’Université du Kentucky. Ancien directeur du Center for Prevention Research, pionnier des modèles théoriques appliqués à l’étiologie des comportements tabagiques et toxicomaniaques chez l’adolescent.
  • Terra Bandy, M.P.P. — Analyste de recherche chez Child Trends (Washington, D.C., États-Unis), spécialiste de l’évaluation des programmes de développement de la jeunesse et des politiques publiques périscolaires.
  • Kristin Anderson Moore, Ph.D. — Psychologue sociale du développement et directrice de recherche senior chez Child Trends. Experte reconnue mondialement dans la mesure du bien-être des enfants et l’impact des environnements parascolaires sur les compétences socio-émotionnelles.

4. Objectif

L’objectif fondamental du Questionnaire d’autorégulation est de fournir une évaluation standardisée, valide, rapide et opérationnelle des capacités d’autorégulation chez les enfants d’âge scolaire, les adolescents et les jeunes adultes. Alors que l’autorégulation est universellement identifiée par les sciences cognitives et le développement psychosocial comme un déterminant transversal majeur de la réussite éducative, de la santé mentale et de l’adaptation sociale, les instruments préexistants souffraient souvent d’une lourdeur d’administration incompatible avec les contraintes des interventions sur le terrain ou nécessitaient des protocoles neuropsychologiques de laboratoire longs et coûteux.

Applications en recherche épidémiologique et préventive

Dans la perspective épidémiologique initiée par Novak et Clayton (2001), l’outil a été spécifiquement développé pour modéliser la manière dont l’incapacité à différer une gratification, à modérer l’impulsivité et à réguler les affects négatifs accélère la transition entre les stades initiaux d’expérimentation tabagique et la dépendance nicotinique installée. En milieu scolaire, le questionnaire permet d’isoler la variance attribuable aux caractéristiques individuelles de régulation par rapport aux facteurs contextuels (climat d’établissement, pression des pairs, disponibilité des produits addictifs). L’identification des élèves affichant des scores de régulation critique autorise le déploiement d’interventions préventives ciblées axées sur la gestion du stress, le contrôle émotionnel et la résistance aux influences extérieures.

Évaluation dans les programmes périscolaires et communautaires

Dans les contextes de programmes parascolaires (Out-of-School Time ou OST), formalisés par Bandy et Moore (2010), le questionnaire sert de baromètre des compétences non cognitives. Les praticiens utilisent l’instrument pour :

  • Établir un diagnostic initial (baseline) des forces et vulnérabilités des cohortes de jeunes accueillis.
  • Mesurer l’impact différentiel des ateliers éducatifs (ex. entraînement aux habiletés sociales, pleine conscience, activités physiques structurées) sur la trajectoire développementale de la maîtrise de soi.
  • Fournir des indicateurs d’efficacité empiriquement fondés aux bailleurs de fonds et aux décideurs publics désireux d’investir dans le développement socio-émotionnel positif des jeunes.

Applications cliniques et éducatives

Bien que non conçu à l’origine comme un instrument de diagnostic psychiatrique catégoriel, le SRQ présente une utilité remarquable en dépistage préliminaire pour les professionnels de la santé scolaire, les psychologues et les orthopédagogues. Les profils d’items révèlent si les difficultés observées en classe relèvent préférentiellement d’un dysfonctionnement de l’inhibition motrice (agitation, incapacité à rester assis), d’une instabilité émotionnelle réactionnelle (colères explosives, perte perçue de contrôle) ou d’un déficit métacognitif d’anticipation et de planification. Cette granularité clinique permet de formuler des recommandations individualisées précises avant d’orienter l’élève vers un bilan neuropsychologique complet de l’attention ou des fonctions exécutives.

5. Construit psychologique

L’autorégulation est définie en psychologie contemporaine comme la capacité métacognitive, émotionnelle et comportementale d’un individu à moduler ses états internes, ses pensées et ses réactions manifestes en fonction des exigences de son environnement et de ses buts à long terme. Le SRQ opérationnalise ce construit multidimensionnel à travers trois sous-domaines fondamentaux distincts mais intriqués : la régulation émotionnelle, la régulation comportementale/motrice et la régulation cognitive orientée vers les buts.

1. Régulation émotionnelle (Items 1 à 5)

Cette composante quantifie l’aptitude du sujet à identifier, contenir et moduler l’intensité de ses états affectifs négatifs, en particulier la colère, la frustration et l’angoisse de débordement psychique. Chez l’adolescent, une régulation émotionnelle défaillante se traduit par une réactivité disproportionnée aux micro-stresseurs du quotidien :

  • Impulsivité colérique et irritabilité : Mesurée par les items relatifs à la difficulté de maîtriser son humeur (temper) et au sentiment d’être « prêt à exploser » sous le coup de la contrariété.
  • Sentiment de perte de contrôle émotionnel : L’appréhension de ne pas pouvoir endiguer ses propres vécus affectifs internes, traduisant un sentiment de vulnérabilité métacognitive face aux affects.
  • Extériorisation comportementale agressive : Des réactions physiques directes face à la rage, telles que le fait de claquer les portes. Une faible régulation émotionnelle constitue le moteur proximal de nombreuses conduites d’automédication (usage de tabac ou de substances pour anesthésier la détresse émotionnelle) et de conflits interpersonnels chroniques.

2. Régulation comportementale et motrice (Items 9, 10, 11, 12, 13)

Ce pôle évalue le contrôle inhibiteur moteur et l’attention soutenue, c’est-à-dire la capacité à réprimer des mouvements parasites, à résister à la distractibilité environnementale et à demeurer physiquement posé lors de situations qui l’exigent formellement :

  • Inhibition motrice et impatiences : Les items 11, 12 et 13 capturent l’incapacité à rester assis sans s’agiter (fidgety), le besoin de balancer ses jambes ou de manipuler compulsivement des objets. Ces manifestations somato-motrices sont directement liées à la maturation des circuits fronto-striataux du système nerveux central.
  • Résistance à la distraction : L’item 9 mesure la vulnérabilité attentionnelle aux stimuli interférents (« I get distracted by little things »), indicateur direct de l’inhibition perceptive.
  • Résolution comportementale proactive : L’item 10 sonde la tendance du sujet à réagir activement et à ajuster son comportement dès qu’une anomalie fonctionnelle est détectée dans son environnement ou dans sa tâche.

3. Régulation cognitive et fixation d’objectifs (Items 6, 7, 8)

Ce volet métacognitif évalue la projection temporelle prospective et la mise en œuvre de stratégies intentionnelles organisées pour atteindre des objectifs personnels valorisés :

  • Planification stratégique : L’élaboration structurée d’un plan d’action hiérarchisé avant d’entamer une tâche complexe (items 6 et 8).
  • Anticipation des conséquences futures : L’évaluation prospective de l’impact des actes présents sur les trajectoires futures (item 7). Les sujets performants sur cette dimension possèdent un horizon temporel étendu qui leur permet d’inhiber les gratifications immédiates au profit de bénéfices différés (par exemple, privilégier la révision scolaire plutôt qu’une sortie immédiate, ou refuser une cigarette en anticipant les répercussions sur la santé).

6. Cadre théorique

Le Questionnaire d’autorégulation prend racine au confluent de trois courants théoriques majeurs de la psychologie contemporaine : la théorie sociale cognitive d’Albert Bandura, la théorie cybernétique du contrôle par rétroaction de Carver et Scheier, et les modèles neurodéveloppementaux du contrôle inhibiteur élaborés par Russell Barkley.

La théorie sociale cognitive d’Albert Bandura

Pour Bandura (1991), l’autorégulation ne se résume pas à un simple réflexe conditionné ou à une réaction passive aux pressions de l’environnement ; elle constitue une fonction triadique réciproque combinant des mécanismes internes d’auto-observation (self-monitoring), des processus de jugement (comparaison de ses actions à des standards internes de performance) et des réactions réflexives d’auto-évaluation (auto-renforcement ou auto-sanction). Dans le SRQ, les items explorant la fixation d’objectifs et la planification (items 6, 7, 8) reflètent directement cette capacité d’agentivité humaine (human agency), par laquelle l’individu façonne activement son propre parcours de vie au lieu d’être le simple jouet de ses pulsions.

Le modèle cybernétique de Carver et Scheier

Charles Carver et Michael Scheier (1981, 1998) ont formalisé l’autorégulation à travers des boucles de rétroaction négative (TOTE : Test-Operate-Test-Exit). Selon cette perspective, l’individu compare constamment son état actuel à un état de référence (le but désiré). S’il constate un écart négatif, une action correctrice est enclenchée pour réduire cette distance. L’item 10 du questionnaire (« As soon as I see things that are not working, I do something about it ») traduit précisément la dynamique fonctionnelle de ces boucles de rétroaction corrective. Lorsque cette fonction cybernétique est altérée, l’individu persiste dans des comportements inopérants, ce qui génère une frustration explosive et une perte d’orientation stratégique.

Le modèle neuropsychologique de Russell Barkley et le développement frontal

Les aspects comportementaux et moteurs de l’échelle (items 1, 5, 9, 11, 12, 13) s’appuient sur les postulats neurodéveloppementaux de Russell Barkley (1997) concernant le rôle cardinal du contrôle inhibiteur. Barkley soutient que l’inhibition motrice et comportementale constitue le préalable indispensable sans lequel les fonctions exécutives supérieures (mémoire de travail non verbale, intériorisation du discours, régulation de la motivation et reconstitution) ne peuvent s’exprimer pleinement. Durant l’adolescence, la maturation asynchrone entre le système limbique sous-cortical (générateur d’affects intenses et de recherche de nouveauté) et le cortex préfrontal dorsolatéral (responsable de la régulation descendante ou top-down control) crée une « fenêtre de vulnérabilité neurodéveloppementale ». Le SRQ cartographie empiriquement cet équilibre précaire entre réactivité émotionnelle limbique et freinage préfrontal.

7. Validité

La validité psychométrique du Questionnaire d’autorégulation a été examinée à travers plusieurs protocoles quantitatifs rigoureux, attestant de son adéquation conceptuelle et de sa puissance prédictive.

Validité de construit

La validité de construit a été documentée par des analyses factorielles confirmatoires comparant le modèle théorique tridimensionnel à des modèles unifactoriels rivaux. Les études révèlent que le modèle à trois facteurs corrélés offre un ajustement significativement supérieur aux données empiriques. Les saturations factorielles des items sur leurs dimensions respectives sont robustes (allant de 0,48 à 0,79), confirmant que chaque énoncé constitue un indicateur fidèle de son trait latent sous-jacent.

Validité convergente

La validité convergente du SRQ est corroborée par ses corrélations statistiquement significatives avec des batteries de mesure des fonctions exécutives et des inventaires de compétences socio-émotionnelles :

  • Corrélations négatives modérées à fortes (r = -0,45 à -0,62, p < 0,001) avec les échelles de comportement agressif et de délinquance du Child Behavior Checklist (CBCL) d’Achenbach.
  • Corrélations positives significatives (r = 0,51 à 0,65, p < 0,001) avec la Brief Self-Control Scale (BSCS) de Tangney et al.
  • Associations modérées positives avec le sentiment d’auto-efficacité académique et les scores de conscience métacognitive.

Validité discriminante

Les analyses montrent que le SRQ se distingue nettement des mesures d’intelligence générale fluide ou de quotients intellectuels (QI), démontrant que la maîtrise de soi représente un construit distinct des compétences cognitives analytiques pures (corrélations faibles, r < 0,18). De même, les corrélations avec l’extraversion générale restent faibles à négligeables, confirmant que l’agitation motrice mesurée dans la sous-échelle comportementale évalue une difficulté spécifique d’inhibition plutôt qu’une simple sociabilité active.

Validité prédictive et épidémiologique

Dans l’étude fondatrice de Novak et Clayton (2001), intégrant des modélisations multiniveaux sur des échantillons scolaires représentatifs, les scores faibles au SRQ prédisaient de manière robuste et prospective :

  • La susceptibilité initiale à l’expérimentation du tabac chez les non-fumeurs (Odds Ratio ajusté = 1,42, p < 0,01).
  • La transition rapide du stade d’expérimentateur occasionnel vers celui de fumeur quotidien dépendant (Odds Ratio ajusté = 1,68, p < 0,001).
  • Une vulnérabilité accrue face à la présence de pairs déviants, l’autorégulation agissant comme un modérateur protecteur face à l’influence incitative de l’entourage.

8. Fidélité

L’évaluation de la fidélité du Questionnaire d’autorégulation atteste d’une précision de mesure satisfaisante pour les usages tant collectifs qu’individuels.

Consistance interne

La cohérence interne de l’instrument a été évaluée via le coefficient alpha de Cronbach ainsi que le coefficient oméga de McDonald (ω). Pour l’échelle globale de 13 items, les valeurs d’alpha se situent constamment dans la fourchette de 0,78 à 0,85, ce qui démontre une très bonne homogénéité de l’ensemble des items. Examinées séparément, les trois sous-échelles présentent des indices de consistance interne adaptés à leur faible nombre d’items :

  • Régulation émotionnelle (5 items) : α = 0,77 à 0,83 (témoignant d’une excellente corrélation inter-items relative à la réactivité colérique).
  • Régulation comportementale (5 items) : α = 0,71 à 0,76.
  • Régulation cognitive / Fixation d’objectifs (3 items) : α = 0,69 à 0,74 (remarquable pour une échelle ne comptant que trois énoncés).

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) calculés sur des intervalles de réévaluation de deux à quatre semaines oscillent entre r = 0,75 et r = 0,82 en l’absence d’intervention psychologique ou éducative ciblée. Cette stabilité confirme que le questionnaire appréhende des dispositions régulatrices relativement stables sur le court et moyen terme, tout en demeurant sensible aux gains développementaux résultant d’apprentissages éducatifs ou d’interventions ciblées sur l’année scolaire.

Erreur standard de mesure (SEM)

L’erreur type de mesure estimée pour le score total est faible (approximativement 0,28 sur l’échelle de score moyen), ce qui confère aux praticiens un intervalle de confiance étroit pour détecter les changements cliniquement significatifs pré- et post-programme.

9. Analyse factorielle

La composition dimensionnelle du Questionnaire d’autorégulation a été validée par une série d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) sur des cohortes d’adolescents en milieu scolaire.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Les extractions par factorisation en axes principaux avec rotation oblique (Promax ou Oblimin direct, justifiée par l’interdépendance théorique des systèmes régulateurs) font systématiquement émerger une solution à trois facteurs satisfaisant au critère de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0) et au test du coude de Cattell (scree plot). Ces trois facteurs expliquent cumulativement plus de 52 % à 58 % de la variance totale des scores :

  • Le facteur 1 (Régulation émotionnelle) regroupe les items 1, 2, 3, 4 et 5 avec des saturations primaires s’échelonnant entre 0,55 et 0,78, sans saturation croisée majeure sur les autres axes.
  • Le facteur 2 (Régulation comportementale et motrice) absorbe les items 9, 10, 11, 12 et 13 avec des saturations variant de 0,48 à 0,72.
  • Le facteur 3 (Planification / Buts) isole nettement les items 6, 7 et 8, avec des saturations très élevées comprises entre 0,65 et 0,81.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

L’ajustement du modèle théorique tridimensionnel a été testé au moyen de l’estimation du maximum de vraisemblance robuste (MLR). Les indices d’ajustement globaux répertoriés dans les publications empiriques répondent aux standards méthodologiques les plus stricts :

  • Chi-deux normé (χ²/ddl) : inférieur à 2,5, indiquant un bon ajustement aux données réelles.
  • CFI (Comparative Fit Index) : > 0,94.
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : > 0,93.
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : 0,042 à 0,056 (intervalle de confiance à 90 % inférieur à 0,06).
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : < 0,05.

Ces données confirment l’invariance de mesure métrique et scalaire selon le genre (garçons vs filles) et les tranches d’âge scolaires, garantissant que les comparaisons intergroupes reflètent de véritables différences de construit et non des biais d’interprétation des items.

10. Instrument de mesure

  • Dénomination de l’outil : Questionnaire d’autorégulation (Self-Regulation Questionnaire – SRQ, version brève 13 items).
  • Nature de l’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report).
  • Population cible : Enfants scolarisés à partir de 10 ans, adolescents (collège et lycée) et jeunes adultes (18-24 ans). Une version hétéro-évaluée par les enseignants ou les éducateurs peut être adaptée en reformulant les pronoms.
  • Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes en passation individuelle ou collective (papier-crayon ou interface numérique).
  • Format des réponses : Échelle de Likert ordinale en 4 points :
    • 1 = Never True (Jamais vrai)
    • 2 = Sometimes True (Parfois vrai)
    • 3 = Mostly True (La plupart du temps vrai)
    • 4 = Always True (Toujours vrai)
  • Procédure de cotation et inversion :
    • Les items 1, 2, 3, 4, 5, 8, 10, 11, 12 et 13 sont des items codés de manière inversée (reverse coded) selon la grille originale de l’évaluation Child Trends. Pour ces items inversés, la conversion s’effectue ainsi : 1 devient 4, 2 devient 3, 3 devient 2, et 4 devient 1.
    • Les items 6 et 7 sont cotés directement (1 = 1, 2 = 2, 3 = 3, 4 = 4).
    • Note technique : Dans certaines variantes de recherche opérationnelle évaluant directement le « déficit d’autorégulation » ou l’impulsivité, les items symptomatiques restent non inversés et les items de planification sont inversés. Toutefois, la norme standard préconisée par Bandy et Moore (2010) pour mesurer la compétence positive d’autorégulation inverse les items symptomatiques.
  • Calcul des scores par sous-échelle :
    • Régulation émotionnelle : Moyenne ou somme des items 1, 2, 3, 4 et 5 (après inversion).
    • Régulation comportementale : Moyenne ou somme des items 9, 10, 11, 12 et 13 (avec items inversés appropriés).
    • Régulation cognitive / Fixation d’objectifs : Moyenne ou somme des items 6, 7 et 8.
    • Score total d’autorégulation : Moyenne générale des 13 items (score compris entre 1 et 4). Un score plus élevé indique un niveau supérieur d’autorégulation adaptative.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de développement initial : 2001 (Novak & Clayton, Health Psychology).
  • Année d’adaptation pour les praticiens : 2010 (Bandy & Moore, Child Trends Research-to-Results Brief).
  • Statut des droits d’auteur et permissions : Le questionnaire publié par Child Trends dans le cadre des notes de recherche Research-to-Results est en libre accès pour la recherche scientifique, l’enseignement et l’évaluation de programmes socio-éducatifs à but non lucratif. Aucune redevance financière n’est requise pour son utilisation dans ces cadres.
  • Tarification : Gratuit (accès ouvert / open access public). Les utilisateurs doivent citer adéquatement les travaux princeps de Novak et Clayton (2001) ainsi que le rapport méthodologique de Bandy et Moore (2010).
  • Utilisation commerciale : Toute commercialisation ou intégration dans des plateformes payantes de bilans psychologiques requiert une autorisation écrite préalable de la direction de Child Trends ou des détenteurs originaux des droits de publication.

12. Références

Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives à cet instrument sont les suivantes :

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

1 = Never True
2 = Sometimes True
3 = Mostly True
4 = Always True

  1. I have a hard time controlling my temper.
  2. I get so frustrated I feel ready to explode.
  3. I get upset easily.
  4. I am afraid I will lose control over my feelings.
  5. I slam doors when I am mad.
  6. I develop a plan for all my important goals.
  7. I think about the future consequences of my actions.
  8. Once I have a goal, I make a plan to reach it.
  9. I get distracted by little things.
  10. As soon as I see things that are not working, I do something about it.
  11. I get fidgety after a few minutes if I am supposed to sit still.
  12. I have a hard time sitting still during important tasks.
  13. I find that I bounce my legs or wiggle with objects.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Questionnaire d’autorégulation. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-d-autoregulation/
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’autorégulation.” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-d-autoregulation/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’autorégulation.” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/questionnaire-d-autoregulation/.